ARCHIVE fête ses 25 ans avec le public nantais!

Histoire de célébrer avec un public fidèle depuis vingt-cinq ans la sortie de leur album rétrospective, Archive est en tournée en France pour trois dates exceptionnelles (avant un retour bien plus long à la fin de l’année). Les anglais passaient par Stéréolux (Nantes) ce 14 mai. Le temps n’a fait que pâtiner leur incroyable mélange de rock instrumental entremêlé de nappes électros. Trois heures de concert entre ombres et lasers.

Les organisateurs avaient prévenu : les photographes autorisés devraient shooter avec leur écran et ne surtout pas glisser l’oeil derrière le viseur car la débauche de lasers pouvait être dangereuse pour les rétines. On savait les britanniques passés maîtres en matière de lumières et effets scéniques, on glissait cette fois dans la dimension supérieure dans ce show anniversaire mis en place pour souffler un quart de siècle d’une aventure musicale unique.

Formé en 1994 sous la houlette de Darius Keeler et Danny Griffiths, Archive se présente alors comme un groupe de trip hop. Plutôt sombre, le premier album sorti deux ans plus tard bénéficie de la présence de la chanteuse Roya Arab et flirte aussi avec le rap. Près de vingt ans plus tard, « Londinium » demeure une référence absolue en matière de trip hop, une forme de perfection un peu « étalon » vers laquelle beaucoup ont essayé de tendre sans jamais égaler les lignes des anglais.

Après des tensions au sein du groupe, Suzanne Woofer devient la nouvelle voix d’Archive et s’impose avec brio dans « Take my head » sorti en 1999, un album plus solaire, nettement plus mélodique et plus trip pop, ce qui provoquera de belles discussions parmi les fans historiques et ceux qui préfèrent cette nouvelle direction.

Autre gros changement en 2001 quand Archive, qui n’a décidément pas le goût pour la solidité de son line up, remplace sa chanteuse par Craig Walker, ex chanteur du groupe de punk irlandais, Power of Dreams. Walker laissera son empreinte jusqu’en 2004. Et Archive continuera à chercher son renouveau permanent en intégrant de nouveaux membres successifs. Holly Martin fait son entrée en 2012. Cette arrivée souffle de nouvelles inspirations et des arrangements inédits. « You make me feel » devient rapidement un très gros succès.

« 25 » était sans doute la plus belle manière de fêter cet impressionnant parcours d’un quart de siècle où le succès, le doute et l’envie ont toujours résisté aux courants successifs. Une belle manière également d’offrir aux fans qui n’ont jamais déserté les rangs un opus souvenir dans lequel a été ajouté un inédit, « Remains of nothing » avec Band of Skulls. Ne restait plus qu’à programmer quelques concerts évènements, trois dates dont Nantes et Paris (La Seine Musicale, où sera d’ailleurs effectuée une  captation). Trois dates sold out sitôt la mise en vente. 

A Stéréolux, la grande salle archi pleine a réservé un accueil magistral aux anglais. Il est vrai que le show, impressionnante déferlante de lights et de lasers en tous genres, spectaculaire dans sa mise en lumière (avec toujours cette habitude de laisser les musiciens dans une ombre d’où ils ne sortaient que rarement) s’articulait sur une set list qui n’avait rien oublié. Trois heures de concert (avec, originalité, un entracte en milieu de soirée) qui a régalé le public venu parfois de très très loin. Dans cette pénombre lacérée par les lasers, Archive a alterné plages mélodiques et montées en puissance où le rock prenait le dessus sur le trip hop et l’électro, où le sombre le disputait à des parties plus lumineuses. Enveloppantes autant qu’envoutantes.

En novembre, les anglais repasseront pour une longue tournée française, de Lille à Marseille, en passant par Perpignan, le Havre ou bien encore Brest et Lyon. En quittant Stéréolux, certains les avaient déjà inscrites sur leur agenda. Si l’ossature d’Archive a joué la carte du changement, le style est demeuré et le public s’est laissé prendre aux charme quasi hypnotisant d’un groupe phare qui a réussi à rester au sommet de son genre sans jamais se paraphraser.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.