Charlie Boisseau : un premier album qui va créer la surprise

Il a les apparences contre lui : un accent ensoleillé porté par une voix douce, un physique de beau gosse et un sourire spontané. De quoi en faire un prince éternel dans des imaginaires trop sensibles au formatage et le cantonner dans des mélopées dégoulinantes de mièvrerie faussement romantique. Charlie Boisseau (ex The Voice, ex « La Légende du Roi Arthur ») est pourtant loin de ce portrait réducteur et il ne s’y laissera pas enfermé. Souriant, incontestablement, dissipé tendance blagueur, voire même adepte de la vanne dont il est le premier à rire en plissant son regard azur (tant qu’à faire, autant avoir le kit intégral), il est avant tout un artiste complet, auteur-compositeur-interprète, qui sait exactement… ce qu’il ne veut pas. En janvier, sortira le single issu de son tout premier album. Attention : la surprise est de taille. Ca va faire du bruit.

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Il n’a pas trente ans, s’est fait connaître il y a à peine plus de trois ans mais donne l’impression d’avoir déjà vécu plusieurs vies. Sa longue silhouette blonde laisserait supposer son lot de candeur alors que ce jeune homme à l’allure d’éternel adolescent taille sa route avec détermination, la certitude de ses envies, ses coups de coeur pour marche-pieds, l’énergie et la passion pour moteur.

Ceux qui se souviennent de sa première prestation devant les juges de la saison 3 de « The Voice » en 2014 sont finalement les moins surpris par ce parcours sans temps morts.  S’accompagnant à la guitare, il lui avait suffi de quelques secondes pour donner à Garou l’envie de se retourner grâce à une interprétation très personnelle de la célébrissime « Que je t’aime » de Johnny Hallyday. Des envolées haut perchées, une présence évidente malgré un jeu d’instrument encore timide, Charlie Boisseau avait crevé l’écran. Il ne le savait pas encore mais ses rêves d’artiste venaient de trouver leur appui. Les quarts de finale sonneront le glas de sa présence dans l’émission mais le jeune alésien, encore infirmier de son état, n’était pas prêt de retrouver les couloirs de l’hôpital.

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C’est Dove Attia himself qui a signé la piqure du rappel. Un artiste venait de lui faire faux bond alors que le casting de sa nouvelle comédie musicale, « La Légende du Roi Arthur » avait été révélé et la promotion largement entamée. Il s’est aussitôt souvenu de ce jeune homme aperçu dans The Voice, à la personnalité et au physique idéal pour reprendre le rôle de Lancelot du Lac. « A priori, je ne m’étais pas projeté dans ce genre de projet », observe Charlie Boisseau. « Mais quand Dove Attia en personne décroche son téléphone pour t’appeler, franchement… tu n’as pas beaucoup d’hésitations! Tu n’es personne, tu as tout à prouver, tu rêves de faire ce métier et le producteur du Roi Soleil, de Mozart, de 1789 dit qu’il te veut… J’aurais été qui pour refuser ? » Et il a bien fait quand on regarde l’intensité de ce passage sous cote de maille. Après des mois de succès au Palais des Congrès de Paris, une tournée triomphale à travers la France aux côtés de Florent Mothe, Camille Lou, Fabien Incardona et Zaho (entre autres), le jeune homme a conquis des milliers de fans!

« La dernière représentation a eu lieu à Lille en Juin mais c’est encore très présent. Cette période a été d’une intensité incroyable. Le maniement de l’épée, les combats, le jeu d’acteur, le chant… Il y avait tellement à maitriser. Les rencontres avec le public pendant les voyages de promotion ou pour les traditionnelles séances de dédicaces d’après représentations ont été très heureuses. Je me sens chanceux et reconnaissant pour ces gens qui date après date se sont mis à me soutenir. Le public des comédies musicales est réputé très fidèle et chaleureux, j’espère que mon disque leur plaira. Il me ressemble vraiment en tout cas. »

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Discret depuis le début de l’interview, Jeff Barnel approuve en souriant. Il est celui sans lequel cet album n’aurait pas pu voir le jour, l’autre composante d’un duo désormais indissociable. Celui qui a totalement été bluffé par ce jeune artiste osant imposer ses couleurs sur le tube mythique d’Hallyday. Le hasard de connaissances communes a permis de les réunir. Les dés étaient jetés. Et là, on ne peut s’empêcher de souligner la chance de Charlie Boisseau. Après Dove Attia, Jeff Barnel qui lui proposait de le produire… Jeff Barnel, le compositeur de nombreux tubes pour Marie Laforêt, Claude François, Herbert Léonard, Demis Roussos, de « Salut à toi l’artiste »interprété par Nicole Rieu au concours de l’ Eurovision en 1975 et de quelques uns des plus grands succès de Dalida. Durant plus de dix ans aux côtés de sa grande amie, il signe notamment « Salma ya Salama », « Mourir sur scène », « Pour en arriver là »… De quoi imposer le respect !

« Je me consacrais à d’autres activités et puis j’ai vu Charlie dans the Voice. Lorsqu’on s’est rencontré, j’ai vu la belle personne qu’il était en plus d’ être un artiste plein de talents. J’ai eu envie de reprendre du service pour l’accompagner. Et je dois reconnaitre que ça me rend très heureux. »

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Il suffit de les regarder fonctionner pour voir que la complicité n’est pas feinte et l’admiration réciproque. Ces deux là sont partis pour aller loin, Jeff Barnel apportant son sens de la composition, sa musicalité mais également son humour et ses anecdotes passionnantes dans la corbeille de ce binôme vraiment beau à observer tandis que Charlie Boisseau peut livrer en confiance ses textes, ses propres partitions et cette voix unique qui le rend immédiatement identifiable.

Ne restait plus qu’à trouver le label qui accepterait de signer ce premier album! Tache bien délicate dans un monde du disques en déliquescence, où acceptation signifie souvent auteurs et musiques imposés.. quand on n’est pas tout simplement rejeté. Mais Jeff Barnel n’est pas homme à renoncer. Il a pris son bâton de pèlerin et c’est finalement Scorpio Music, le label français indépendant fondé par Henri Belolo en 1976, qui a offert son contrat.

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Plus connu pour des artistes de dance et de black music tels que Martin Garrix, DJ Assad, Avicii, Hermes House Band (la reprise d’ « I will survive » qui a été un énorme tube), Village People, Scorpio a eu un véritable coup de coeur pour le projet de Charlie Boisseau et envie de miser sur cette nouvelle carte « chanson française ». « Je me sens extrêmement chanceux, » souligne l’artiste.

« Je n’ai aucune pression, aucune contrainte musicale. Je peux vraiment faire le disque qui me ressemble dans lequel figureront des textes, musiques, co-signées avec Jeff mais également des paroles d’auteurs qu’il connait depuis longtemps. Plusieurs titres sont déjà enregistrés. Les choses vont aller très vite désormais : tournage du clip du premier single dont la sortie est prévue courant janvier, séances studio pour les titres manquants… Je suis impatient de pouvoir tenir cet album mais au delà de cela, de le présenter et de recueillir les réactions du public. Le réalisateur est Thierry de Cara, à qui l’on doit le premier album des Fréro Delavega… Un grand professionnel dont les conseils sont précieux. L’équipe est vraiment belle et je suis chanceux, je vous dis !»

Impossible de déflorer le premier extrait. Mais une chose est sûre : ce mix gagnant d’un texte efficace signé Anne Sila (remarquée dans la saison 4 de The Voice), d’une musique entrainante qui reste en mémoire et d’une réalisation superbe envoie au delà de toute attente. La voix de Charlie Boisseau peut jouer sur toute la gamme. 2017 s’annonce grand et beau. Le rythme de cet incroyable parcours n’est pas prêt de ralentir.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET. Crédit photo plan large // Magali MICHEL.

– Un immense merci à Jeff Barnel, Charlie Boisseau, Thierry de Cara, pour leur accueil, leur disponibilité. Ce très joli moment restera en mémoire. –


« J’EN AI DES TAS », PREMIER TITRE TAILLE POUR LE SUCCES 

Le décompte avait été lancé voilà dix jours à grand renfort d’extraits de la chanson, d’images du tout premier clip accompagnant la destinée de ce titre chargé d’ouvrir la voix à l’album à venir. Le suspens a pris fin ce matin, « J’en ai des tas » est désormais en ligne (et téléchargeable sur toutes les bonnes plateformes, celles de téléchargement légal… car on ne répétera jamais assez l’importance du respect accordé aux artistes et des conséquence du piratage sur le métier).

Charlie Boisseau peut être rassuré : les commentaires sont enthousiastes et les compteurs s’envolent. On pouvait s’y attendre quand on avait eu le privilège d’une écoute en très large avant première. La chanson (écrite par Anne Sila), superbement réalisée par Thierry de Cara qui y a glissé toute sa griffe, permet à Charlie Boisseau de montrer toutes les couleurs de sa voix au grain si particulier, de jouer avec les envolées et les changements de ton. Impossible de résister ! Une seule écoute et le refrain s’impose déjà dans les mémoires.

Le clip, à la fois simple et original, inattendu, dégage une pureté qui n’exclue pas la sensualité. Parti pris audacieux mais qui semble là encore gagnant. L’album est annoncé dans les toutes prochaines semaines. Charlie Boisseau trace sa voix avec talent et un enthousiasme touchant que l’on a plaisir à partager.

M.M.

– Pour télécharger « J’en ai des tas »: https://charlieboisseau.lnk.to/V-ZokYD

 

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Stendhal on the rocks: le bon cocktail du «Rouge et le Noir»

La troupe du « Rouge et le Noir » a dévoilé ce mardi huit titres de l’opéra rock qui s’installera au Palace (Paris) à la fin septembre. Plein d’humour, rythmé, loin des présentations parfois très (trop) sages, ce showcase a su mettre en lumière une troupe que l’on sent déjà soudée, des voix multicolores et des personnalités au charisme évident qui augurent d’un spectacle résolument actuel. Beaucoup plus rock qu’opéra.                 DSC_7651 DSC_7625

Albert Cohen l’a rappelé, quand on lui a suggéré cette adaptation musicale de l’oeuvre de Stendhal, il a eu un peu de mal à se projeter et ne se voyait pas vraiment arpenter ces sentiers de la littérature française . Classique parmi les classiques, ayant fait souffrir des milliers de lycéens auxquels échappait la dimension sociale et romantique de l’oeuvre, le producteur (« Mozart, l’Opéra Rock », «1789, les Amants de la Bastille », « Les 10 Commandements », « Mistinguett, reine des années folles», pour ne citer que ceux là) pensait l’aventure bien hasardeuse. Mais Sorel, auteur-compositeur-interprète (qui a emprunté son pseudo au personnage et connaît son Rouge et le Noir par coeur) aidé de sa complice, Marie-Laure Combelles, a su trouver les mots. Et l’enthousiasme a rapidement supplanté la curiosité.

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Il y avait un peu de l’incrédulité initiale d’Albert Cohen dans chacun en ce soir de présentation. « Le Rouge et le Noir.. !? Etrange comme idée, non ? (…)  Mais il y a quand même de belles signatures alors ça peut créer la surprise. » Des personnalités de renom, il est indéniable qu’autour du berceau, il y en a un joli nombre. Alexandre Bonstein (comédien, chanteur mais aussi auteur de « Créatures », quatre fois nominé aux Molières) s’est chargé du livret. C’est à lui que l’on doit la coupe sévère, les savants « mixages » dans les six-cent-trente pages de l’oeuvre d’origine mais qui jamais ne trahissent. A ses côtés, deux références encore, François Chouquet, complice de longue date d’Albert Cohen (« Mozart », «1789 », « Mistinguett», c’était déjà lui), partagera la mise en scène avec Laurent Seroussi, illustre réalisateur de clips (Gaëtan Roussel, Calogero, Yael Naïm…), plus spécialement chargé de la partie scénique musicale et visuelle.

Et puis, qui dit opéra rock dit chansons… La direction artistique de ce « Rouge et le Noir » a échu à Vincent Baguian, orfèvre du mot, auteur, compositeur, interprète, à qui l’on doit bon nombre des titres des derniers spectacles d’Albert Cohen et de Dove Attia. Il a convaincu Zazie, amie de longue date, d’écrire avec lui, William Rousseau (auteur pour de nombreux artistes et compositeur de la plupart des musiques de « Mozart », « Mistinguett») et Sorel bien sûr, signant les partitions.

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Ne restait plus qu’à trouver la distribution. Et c’est au désormais incontournable Bruno Berbérès, l’homme qui repère les talents de The Voice comme des principaux spectacles actuels, qu’a été confiée cette lourde tache. Côme, finaliste de l’édition 2015 de The Voice, s’est imposé assez vite. A vingt et un ans, totalement passionné, il apporte la fraicheur, l’enthousiasme et une forme de candeur qui rendent son Julien Sorel évident. Magnétique, Côme a un charisme bluffant, qui ne tient pas qu’à son physique de jeune premier. Il chante, se pose et impose. Lorsqu’il a débarqué en milieu de showcase, longue redingote noire, chemise blanche à jabot subtilement ouverte dans un slim en cuir noir, le ton était donné. « Rockmantique », comme avait souligné Zazie en début de soirée, vivant ses morceaux comme s’il était en concert, à l’image du parti pris de ce spectacle où chaque soir, les morceaux seront joués par quatre musiciens visibles sur scène, parfaitement intégrés dans la mise en scène. En plus du premier single sorti en février, Côme a interprété un titre bien rock, «Dans le noir, je vois rouge» puis, avec la troupe au grand complet, la très belle « Les maudits mots d’amour ».

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Autour de Côme, dans le rôle de Louise de Rénal, Haylen. La jeune femme s’est illustrée dans la dernière saison de The Voice avec sa voix puissante, son sens de la scène et une belle énergie.

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Julie Fournier, née voilà vingt et un ans dans une famille de musiciens, artiste jusqu’au bout des ongles, campera Mathilde de la Mole.

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Belle surprise pour tous ceux qui l’admiraient dans The Voice (même cuvée que Côme), Yoann Launay (team Zazie !) mettra son inventivité au service de Géronimo. Ce rôle de narrateur est fait pour lui. Le jeune homme a assuré avec humour, aisance et naturel, les enchaînements du showcase et lorsqu’il se mettait ensuite à chanter, sa voix puissante et rauque servie par ses qualités d’interprète a déclenché les applaudissements. Dans son perfecto noir, le décalage était chargé d’ironie lorsqu’il a interprété « Que c’est bon d’atre un bourgeois ». Il s’affirme déjà comme l’un des piliers du spectacle.

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Patrice Maktav, ancien de la première Star Academy, qui a écrit et composé pour Olivia Ruiz, formé au Conservatoire de Genève et au Cours Florent, acteur, chanteur, « crash poète » comme il aime à se qualifier, Lorenzo Da Ponte dans « Mozart, l’Opéra rock », superbe Léon Voltera dans «Mistinguett, reine des années folles », endossera les habits de Monsieur Valenod. Il a suffi de quelques accords avec Elsa Pérusin (Mme Valenod),  pour se dire une fois de plus que cet artiste n’a pas la carrière qu’il mérite et la renommée qui irait avec. Une chose est sûre : le couple Valenod, son exubérance, son absence de scrupule et son goût pour le kitsch, ne passera pas inaperçu avec ces deux personnalités fortes.
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Le Marquis de la Mole sera joué par Michel Lerousseau (aperçu dans de nombreuses séries TV et au théâtre dans « Queviva Offenbach », « Un violon sur le toit » ou plus, « Le voyage extraordinaire de Jules Verne ), Cynthia Tolleron (qui a fondé avec Julie Fournier le duo « Dyade »), ancienne également du Cours Florent, sera Elisa, la femme de ménage de Louise et Philippe Escande, fort de son parcours au théâtre et dans les comédies musicales (il revient d’une longue tournée en Corée avec «Mozart l’Opéra rock») sera Monsieur de Rénal.

Les huit titres présentés mardi soir (dont le désormais tube «La Gloire à mes genoux ») ont révélé une bande son vitaminée, rock et pop, cultivant l’ironie ou la tendresse, illuminant parfaitement les textes léchés écrits à quatre mains par le tandem Zazie-Baguian. « Ca me faisait rire de participer non pas à une comédie musicale mais à un opéra rock, et donc de proposer des textes qui racontent une histoire à un public qui peut les vivre comme dans un concert rock ou pop » avait expliqué Zazie en préambule. En final et en version chorale, la troupe a repris « Les maudits mots d’amour », le nouveau single de ce « Rouge et le Noir », qui sait parfaitement rester dans les mémoires.

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Il reste désormais quatre mois aux neufs comédiens et aux musiciens pour se préparer. Lever de rideau le 29 septembre, pour deux-cents représentations. Dans une rentrée qui s’annonce riche donc concurrentielle avec le retour des « Dix Commandements », de « Notre Dame de Paris », les inédits « Saturday Night Fever» ou bien encore « Hit Parade », cet opéra rock pourrait bien créer la surprise et mettre tout le monde d’accord.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

– http://lerougelenoir.fr –

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Fabien Incardona récolte les bonnes notes de sa détermination

Les télé-crochets ont été des concours de circonstances heureux permettant à Fabien Incardona d’entrer dans « La légende du Roi Arthur ». Si Méléagant ne décroche pas Excalibur, l’artiste lui a trouvé son public grâce à une voix exceptionnelle. Rencontre avec un auteur-compositeur, interprète qui n’a pas fini de surprendre.

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Depuis quelques semaines, le regard s’est souligné de crayon noir et donne à son regard vert une force supplémentaire. Un détail qui n’a pas échappé. Fabien Incardona ne prolonge pas hors scène les maquillages de Méléagant. Il n’a pas non plus été attaqué par la folie du personnage qu’il campe dans « La légende du Roi Arthur » depuis septembre dernier. C’est au contraire avec un sens aigu de sa carrière qu’il a entamé sa « mue ». La tournée de la comédie musicale s’achevant fin juin à Lille, celui qui a été l’une des grandes révélations du spectacle anticipe déjà l’après et se glisse dans les atours de celui qu’il sera au moment de la sortie de son album. En septembre si tout va bien.

Déterminé. Le qualificatif lui colle parfaitement. A six ans, Fabien Incardona glissait des cassettes dans son magnéto et lançait, sans doute possible, « je veux devenir une vedette! ». Vingt cinq ans plus tard, son parcours confirme qu’il ne s’agissait pas d’une lubie enfantine. Chanter, plus qu’une raison, une façon de vivre.

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« J’ai commencé à étudier le chant vers huit ans. Très jeune, je me suis produit sur scène. Toutes les occasions étaient bonnes pour apprendre. Et puis en 2006, j’ai eu la chance d’intégrer « Entrée des artistes », l’ émission-concours de Pascal Sevran et tout s’est accéléré. »

Quatre mille candidats pour dix huit places. Le challenge était beau mais Fabien Incardona avait l’envie en moteur. La voix était déjà remarquable, capable de décrocher toutes les notes, y compris les plus hautes. « Le programme, diffusé sur France 2, passait toutes les semaines. J’y suis resté six mois et j’y ai beaucoup appris. Le répertoire était celui de la chanson française la plus classique. Pascal Sevran, qui était un immense professionnel, était aussi très exigeant. Pas question de se rater! J’ai fini deuxième. De quoi me conforter encore dans mes envies de poursuite.» Il n’attendra d’ailleurs pas longtemps puisqu’on vient aussitôt lui proposer le casting de L’Eurovision. Michel Drucker à la présentation, Natacha Saint-Pierre, Charles Aznavour et Lara Fabian dans le jury. Même pas peur! Fabien Incardona fonce et se place deuxième. « C’est toujours à stress ce genre de concours, évidemment. Mais côtoyer des artistes de cette trempe, entendre leurs commentaires plus que positifs, a une fois de plus renforcé mes certitudes. Je ne me trompais pas de chemin! »

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Quelques mois plus tard, Gérard Presgurvic, metteur en scène de la comédie musicale « Roméo et Juliette, les enfants de Vérone », l’engage comme doublure pour la tournée asiatique et la reprise au Palais des Congrès de Paris. « L’expérience a duré six mois. On ne va pas se mentir, être doublure génère forcément des frustrations. Mais cela reste néanmoins un très beau moment. »

En 2011, Fabien Incardona quitte son Var natal pour Paris. Grand fan de Queen et des Doors, il devient alors la voix d’un groupe rock, « Gravity off », qui sortira un EP assez remarqué avec notamment « Purple and red » où sa voix fait des merveilles… et lui permet de se faire remarquer pour les castings de la troisième saison de « The Voice ». « Cela reste encore aujourd’hui un souvenir totalement incroyable. J’ai chanté « Wuthering Heights » de Kate Bush. C’est une chanson magnifique et assez difficile à interpréter. Comme cela était arrivé une ou deux fois depuis le début de l’émission, je n’avais pas été placé face aux fameux fauteuils rouges mais dans un cylindre de tissu. Du coup, le jury ne me voyait pas… mais je ne voyais rien d’autre non plus que ce rideau. A la fin, j’ai entendu le public hurler et applaudir avec enthousiasme. Je me suis dit, « c’est bon! » Et puis quand le rideau est tombé, j’ai vu qu’aucun ne s’était retourné. Le jury a beau m’avoir dit ensuite qu’il avait fait une erreur, ça a été une vraie douche froide. Un mélange d’immense incompréhension et de déception. Après… et bien il faut quand même avancer et ne pas rester focalisé sur cet échec! Il n’y a pas de chemin sans cailloux…»

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Le voilà donc essuyant les plâtres de « Rising Star », le télé-crochet dont M6 espérait beaucoup. Pas de fauteuils rouges cette fois mais un mur d’écran qui se lève en cas de succès. Fabien Incardona fera deux soirées, avec « Prendre racines » de Calogero et « SOS d’un terrien en détresse » de Balavoine. Dove Attia (producteur à succès de « Mozart, l’opéra rock », « 1789, les amants de la Bastille », pour ne prendre que les spectacles les plus récents) est devant sa télé. « Il me contacte et trois jours après, je suis face à lui. Il me parle avec cette passion qui lui est propre de sa prochaine comédie musicale, me dit qu’il me voit dans Méléagant, ce sombre personnage qui enlèvera Guenièvre, d’Arthur, joué par Florent Mothe, de cette légende de la Table Ronde et de Giuliano Peparini auquel il a confié la mise en scène… Qui n’aurait pas été convaincu ? J’étais sur un nuage. Les titres sont magnifiques. Après quatre mois au Palais des Congrès et quatre mois de tournée dans toute la France, je les interprète avec une envie intacte. Je m’autorise même parfois quelques notes supplémentaires. C’est le charme du spectacle vivant, rien n’est figé et on peut répondre aux attentes du public en se faisant plaisir. »

Entre les deux show de la journée, dans sa loge du Zénith de Nantes, Fabien Incardona est d’une disponibilité et d’un enthousiasme touchants. « Méléagant a quand même une personnalité de dingue. Sans mauvais jeu de mots. Il est torturé, complexe. J’ai longuement travaillé pour l’habiter tel que le souhaitait Giuliano Peparini. Nous avons tous énormément bossé le jeu d’acteur et pour beaucoup aussi, le maniement de l’épée. C’était une grosse pression, un rôle exigeant pour lequel j’ai du aller dans mes retranchements. Je n’en tire que des moments de bonheur. Il n’y a eu qu’un seul souci quand deux semaines avant la première, j’ai chuté en répétition dans une scène où je devais descendre en vitesse un escalier. Mes chaussures plateformes de treize centimètres m’ont trahi…. Une belle entorse. Une semaine d’angoisse et une légère modification prudente de mise en scène, rien de dramatique au final. »

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En juin pourtant, il faudra raccrocher l’épée. Fabien Incardona n’aura pas le temps de se laisser gagner par le vide laissé par la fin de la tournée, il sera en pleine finition de son album. « Je veux pouvoir en être fier, me dire qu’il me ressemble, que c’est bien celui dont je rêvais. Alors je ne fais aucune concession. Avec mon groupe, nous avions sorti un EP, réalisé grâce à MyMajorCompany. Plus deux-cents fans s’étaient associés au projet et avaient rapidement permis de récolter les 12000 euros nécessaires. Nous avons enregistré à Orléans et au bout d’un an, nous avions ces six titres,   toujours disponibles d’ailleurs sur les plateformes de téléchargements. « Change », le titre qui a donné son nom à l’EP a visiblement beaucoup plu. On a donné un concert à la Boule Noire, à Paris et ça a vraiment été une très belle date, un grand succès. Du coup, forcément, ça donne envie de revivre des moments aussi forts et ça exerce une petite pression. Il faut que ce soit à la hauteur de toutes les attentes, des miennes notamment! J’ai déjà plusieurs titres prêts et je poursuis avec Mike Dean, mon parolier, qui me connaît bien puisqu’il se trouve être aussi mon meilleur ami. Je trouve l’inspiration en Islande, pays qui m’est cher et où je reviens très souvent. Je me confronte à ces paysages exceptionnels, je me balade et je laisse venir les émotions. Je ne veux pas déflorer l’album alors je dirais juste que ça parlera de l’amour, de la vie… Ce sera très pop, avec une coloration indienne… je dois rencontrer des maisons de disques. Si tout va bien, la sortie se fera en septembre. En attendant, je travaille aussi mon look car nous sommes dans une société où l’image est primordiale. Je commence à me présenter tel que je me produirai sur scène. Je garderai ces bagues, souvenirs de mes voyages, ce collier, qui m’est cher. Et ce regard avec ce trait de crayon discret… J’espère que le public qui m’aimait dans « La Légende d’Arthur » me suivra dans ce nouveau chapitre encore plus personnel…»

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A priori, si l’on en juge par tous ceux qui l’ acclament et l’attendent après chaque représentation, Fabien Incardona a quelques raisons de rester confiant. Avec des compositions à la hauteur de cette voix incomparable, il décrochera lui aussi sa couronne.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET. 

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Côme va ébouriffer le Rouge et le Noir

Un an après avoir marqué la finale de The Voice, Côme décroche le premier rôle du « Rouge et le Noir », la nouvelle production d’Albert Cohen. A partir du 22 septembre prochain, il sera à l’affiche du Palace (Paris) dans cet opéra-rock en deux actes annoncé comme hautement novateur. Un challenge important qui n’empêche pas Côme de penser à la suite et sa carrière solo…La suite qui commence même dès à présent car le jeune homme, du haut de ses vingt ans et de son enthousiasme impressionnant entend bien mener ses deux projets de front.                                 14549378674260_photo_hd_26711

Perfecto qui ne fait pas semblant, tee shirt sur slim noir, bagues sans équivoque et chevelure bouclée joyeusement indisciplinée, le nouveau Julien Sorel n’aura pas de mal à oser le rock dans la nouvelle production d’Albert Cohen (à qui l’on doit déjà, entre autres, Mistinguett mais aussi « 1789, les amants de la Bastille », « Le Roi Soleil », « Doty et le Magicien d’Oz » en duo avec Dove Attia  et bien sûr, « Mozart, l’Opéra Rock ».) « Ce « Rouge et le Noir », d’après l’oeuvre de Stendhal, sera lui aussi un opéra rock mais il ne faut absolument pas comparer les deux productions. Ici, il y aura un vrai groupe en côté de scène, qui jouera chaque soir, pas de danseurs et pas de décors… Mais des images 3D qui seront parait-il incroyables. J’ai hâte de découvrir tout ça, hâte que l’aventure prenne un rythme encore plus fort. »

Avec un enthousiasme que rien ne semble devoir atteindre mais qui pourrait au contraire le protéger des bémols éventuels, Côme a l’impatience de ses vingt ans. Il y a peu, il jouait encore avec un groupe de potes, n’avait jamais fait de reprises et n’envisageait surtout pas de pousser la note… Il aura donc fallu la grâce d’un heureux hasard, un casting sauvage dans le studio où les copains répétaient, pour qu’il soit repéré et assure un parcours sans faute jusqu’à la finale de The Voice, où il a fini challenger de Lilian Renaud.

« J’avais toujours assimilé ce type d’émissions à de la télé réalité puisque je ne regardais pas. Et puis en y participant, j’ai vite compris l’opportunité que je pouvais en tirer, les enseignements, les conseils pour moi qui avais appris à jouer de la guitare devant des vidéos sur internet et n’avais jamais suivi de cours de chant. Les coachs ne sont d’ailleurs pas ceux qui vous guident le plus car ils sont présents mais de façon relative. On ne va pas se mentir : on est potes jusqu’à une certaine limite et on ne se fréquente pas assez pour partir ensemble en vacances. Mais cela n’a pas empêché Jenifer de dire qu’elle était contente de ce qui m’arrivait. Bref, The Voice a été un accélérateur et une très très belle aubaine que je ne regrette absolument pas, même si les chansons que j’ai eues à interpréter n’étaient pas celles que je préférais a priori.

Et puis c’est aussi The Voice qui m’a amené sur ce superbe projet. Bruno Berberes qui caste pour la télé devait composer la troupe du Rouge et Le Noir. Il m’a soumis le projet… et j’ai visiblement rempli les critères. Me voilà dans la peau de ce jeune homme issu des classes pauvres, qui rêve d’ascension sociale, ce fils de charpentier brutal qui se destinait à une carrière dans l’Eglise, séduit la femme du couple qui l’avait choisi comme précepteur de ses enfants avant de devoir fuir puis fait un enfant à Mathilde de la Môle, ce qui exacerbera la jalousie de Mme de Renal, son ex maîtresse. Le côté ambitieux, la soif de vivre de Julien Sorel, ce sont des choses qui me parlent. En revanche, son côté manipulateur, la façon dont il se joue de chacun, j’en serais bien incapable. Et ça rend le rôle encore plus passionnant à endosser. »

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Si le livret et l’adaptation reviennent à Alexandre Bonstein, la mise en scène étant assurée par François Chouquet (et Laurent Seroussi), fidèle parmi les fidèles du tandem Attia-Cohen, c’est à Zazie et Vincent Baguian que reviendra l’écriture des chansons, William Rousseau et Sorel (le prédestiné !) composant la partition. « L’album doit sortir le 26 août donc bien sûr, tout n’est pas écrit. Parfois, des extraits sont proposés et je fais des essais voix pour voir ce que cela donne. Ce que j’ai découvert pour le moment déchire assez. Et visiblement ça plaît : je viens d’apprendre que « La gloire à mes genoux », le premier extrait, venait de se classer en tête des titres français sur Itunes! Incroyable, non ?! Le côté live chaque soir pour servir la partition, le son, qui ressemblera à celui d’un concert, la notion d’opéra rock qui rendra impossible toute comparaison avec une comédie musicale, tout ça est assez excitant. Il va falloir que je travaille énormément pour ne pas me laisser avoir par la peur. Je n’échapperai pas au stress mais la certitude d’avoir bossé jusqu’au moindre détail sera rassurant. »

Le voile n’a pas encore été levé sur les autres compagnons d’aventure de Côme. Quatre jeunes femmes figurent dans le dernier carré. « Laquelle portera Mme de Rénal? moi-même, je ne le sais pas. Je dois les rencontrer dans les jours à venir. On verra peut-être alors avec laquelle cela fonctionne le mieux. Quand la troupe sera au complet, il va falloir donner son maximum immédiatement car septembre, c’est presque demain! Je me dis que je dois aussi acquérir une hygiène de vie parfaite, je vais essayer en tout cas, et me préparer comme un athlète de haut niveau qui n’a pas le droit de rater ses jeux olympiques. »

Un entraînement de champion qui ne sera pas inutile en effet : comme si ce projet ne suffisait pas, le jeune auteur-compositeur entend porter en parallèle son projet personnel. Il a constitué un groupe et voit actuellement la meilleure formule à retenir pour la scène. « Il y a un EP sur lequel je bosse depuis pas mal de temps. Albert Cohen a entendu ce que je faisais et l’EP va peut être se transformer en  album. Du coup, nous pourrions même le jouer au Palace. C’est énorme, c’est une somme de travail colossale mais franchement, c’est incroyable et je n’en reviens toujours pas d’avoir autant de chance. Sans avoir besoin d’intriguer et de manipuler comme ce fascinant Julien Sorel! »

En attendant que la partition s’écrive et que soient révélés les autres chanteurs à l’affiche du « Rouge et le Noir », le premier clip vient de sortir. Tourné voilà plusieurs semaines dans des décors magnifiques, avec un Come-Julien Sorel à la coiffure assagie et lissée et à l’apparence impeccablement romantique. Un clip qui livre quelques pistes mais pour connaître la direction prise par la mise en scène finale, il faudra patienter encore. « Jusqu’où pouvez-vous allez par amour ? » interroge l’affiche. Début de réponse, celle de Julien Sorel en tout cas, le 22 septembre sur la scène du Palace.

Magali MICHEL.

 

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