Chromatics sort son nouvel album et s’invite au Pitchfork parisien

Pour la 9ème année consécutive, le Pitchfork Music Festival installe à Paris, sous la grande halle de la Villette, sa déclinaison française. Du 31 Octobre au 2 Novembre, plus de cinquante artistes se partageront les scènes. Avec de grands retours et de belles surprises à la clé.

Neuf ans déjà que cette manifestation qui fait les belles heures de la fin juillet à Chicago a posé sa version française dans la capitale. Groupes indés, hip-hop, rock, dance ou electro, la grande Halle de la Villette a rapidement fait le plein et trouvé sa pleine justification. L’an dernier, Blodd Orange, Mac de Marco, Chvrches , Stephen Malkmus avec The Jicks ou bien encore DJ Koze avaient laissé des souvenirs impérissables. Pour cette nouvelle édition, ils seront plus de cinquante à se presser sur les quatre scènes, avec de belles surprises en perspective.

The 1975.

Toujours très attendu, ovationné lors des derniers Brit Awards, The 1975 et Matty Heally, son charismatique leader, continuent de s’imposer comme l’ un des grands noms de la scène britanniques. Entre rock alternatif et electro indé, The 1975 a multiplié les inspirations et sait d’entrée de jeu entrainer son public. 

Chromatics.

Tout aussi espéré, Chromatics débarquera avec une bonne partie de son nouvel album, « Closer to Grey », le premier opus depuis 2012 et une période ô combien compliquée (en 2016, après une expérience de mort imminente, Johnny Jewel avait détruit toutes les copies physiques de ce qui devait être leur nouvel album). C’est donc peu dire si la curiosité est totale pour les fans auxquels les EP, sortis au fil de ces sept ans, n’avaient pu suffire et avaient suivi les aventures du collectif entre espoirs et déceptions. Après  cette période mouvementée, Chromatics semble prendre un nouveau départ. Le mystère sera levé dans quelques jours…

Charli XCX.

Avec ses tubes entêtants, on ne présente plus Charli XCX, nouvelle reine de la planète pop. Ses apparitions en France sont toujours autant attendues. Elle aussi vient de sortir un nouvel album, sobrement intitulé « Charli », pour lequel elle s’est attachée la participation de Lizzo, Sky Ferreira et même (cocorico) de Christine and the Queens.

Belle & Sebastian.

Et puis, comment ne pas citer la présence de Belle & Sebastian? Après plus de vingt ans de cvarrière, les écossais n’ont rien perdu de leur fougue. Les joyeux drilles autour de Stuart Murdoch livrent cette même pop joyeuse, qui n’exclut ni la mélancolie ni la fragilité, mais sonne toujours juste et vraie.

Quatre noms dans une longue liste d’interprètes qui devrait laisser leurs empreintes dans cette nouvelle édition. Le compte à rebours est lancé !

Programmation complète :

Jeudi 31 octobre : Skepta, mura Masa, Hamza, Zola, Ateyaba, slowthai, Celeste, Charlotte Dos Santos, Duendita, Ezra Collective, Flohio, Kojaque, Kojeu Radical, Master Peace, Retro X, Sean, The Comet is coming, Yussef Dayes.

Skepta.

Ateyaba.

Zola.

Vendredi 1er Novembre : Chromatics, Belle & Sebastian, Prima Scream, John Talabot, Weyes Blood, Barrie, Briston Maroney, Chai, Desire, Helado Negro, Jackie Mendoza, Loving, Nelson Beer, Nilüfer Yanuya, Orville Peck, Sheer Mag, Sons of Raphael, Squid.

Primal Scream.

John Talabot.

Barrie.

Samedi 2 Novembre : The 1975, Charli XCX, 2manydjs, Agar Agar, Aurora, SebastiAn, Aeris Roves, BEA1991, Caroline Polachek, Ela Minus, Jamila Woods, Jessica Pratt, Khadyak, Kedr Livanskiy, Korantemas, Mk.gee, oklou, tobi lou.

Agar Agar.

Aurora.

SebastiAn.

– Pour tout renseignement : pitchforkmusicfestival.fr – 

L’attraction 1975.

Pour sa dixième édition, le Main Square Festival avait offert la Green Room aux anglais de The 1975. Décoiffant.

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Les musiciens se sont installés. L’un après l’autre. Puis Matthew Healy, chanteur, guitariste et charismatique leader du groupe est arrivé. Silhouette archi fine dans son slim troué, son perfecto sur chemise de soie généreusement ouverte… ce qui déclenche l’hystérie des fans féminines de cette jeune formation, née sur les confins de Manchester. « Matty!!! » Ca hurle sévère, ça rit du côté d’un duo anglais qui agite des pancartes. « You look so cool ».

Cool incontestablement, il essaie d’en donner l’image. Il pose son paquet de cigarettes. Dépose délicatement la bouteille de Bordeaux, complice insolite de cette soirée. Et cherche discrètement d’où monte l’interpellation. Mais déjà résonnent les premières notes de « The City », l’un de leurs plus gros succès. Le concert de The 1975 est lancé. C’est parti pour une heure de rock indé, bien dans l’air du temps et pourtant, avec une mélancolie inédite derrière les riffs.

Vingt cinq ans de moyenne d’âge, se connaissant depuis le collège et plaquant des accords sur des covers bien ficelées avant de se lancer dans l’aventure de la composition, les 1975 bénéficient d’une large couverture médiatique depuis que leur premier album éponyme, sorti en septembre 2013 (co-produit par Mike Crossey, qui avait précédemment travaillé avec les Arctic Monkeys), truste les meilleures places des charts britanniques.

Se reconnaissant une influence multiple, de Prince à My Bloody Valentine en passant par Brian Eno et Peter Gabriel, ils essaient malgré tout de livrer leurs propres couleurs, avec des thèmes abordés sans concession : la drogue, le sexe, l’amour, la mort, l’espoir aussi malgré tout. Car il existe bien une part sombre dans ces morceaux là, que le décor, sobrement composé d’un grand encadrement blanc sur fond noir, parfaitement esthétique, reflète subtilement. Et à bien y regarder, il n’est pas si cool que ça Matthew Healy qui a besoin d’en griller des cigarettes et de régulièrement avaler quelques gorgées de Bordeaux. Comme si le trac devait se chasser grâce à ça. Comme s’il lui fallait ces deux béquilles pour tenir la scène devant ces milliers de spectateurs qui ne regardent que lui.

Il devrait pourtant être rassuré par le succès de ses prestations précédentes. Une première présence au Coachella Festival, des premières parties de Muse, The Neighbourhood et même des Rolling Stones à Hyde Park en juillet 2013. Sans parler des tournées quasiment toutes à guichets fermés dans tout le Royaume Uni, l’Amérique du Nord, l’Europe et même l’Australie. Depuis la sortie de ce premier album, après quatre EPs qui avaient bien amorcé la voie, le parcours du groupe ne connait pas d’embûche.

Il n’en connaîtra pas davantage ce soir. Sa voix si particulière sait capter l’auditoire. Le public est réceptif et la setlist, parfaite, joue entre émotions et énergie. « Milk », « Money », « So Far », tous les succès sont là, sans oublier les incontournables tubes, « Girls », « Chocolate » et « Sex » qui bouclent le concert sous un tonnerre d’applaudissements. The 1975 maîtrise parfaitement l’art de la scène. Manquaient juste davantage d’échanges qui auraient rendu la relation plus forte encore avec le public. Mais sous ses allures de bad boy, le leader de The 1975 est finalement bien plus tendre qu’il n’y parait. La tournée européenne qui se poursuit à l’automne et passera par la France finira peut être par le convaincre de sa légitimité.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

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The 1975. Nouveaux rockeurs.

Groupe de Rock Alternatif venu de Manchester, the 1975 est composé de Matthew Healy (voix/guitare), Adam Hann (guitare), George Daniel (batterie), et Ross MacDonald (basse). Formé depuis plus de dix ans, le groupe a déjà à son actif quatre EPs (Facedown, Sex, Music for cars et IV) ainsi qu’un album éponyme. Mélangeant avec bonheur les genres musicaux, ce groupe, récemment popularisé, est une explosion à lui seul. The 1975 était à la Maroquinerie, Paris le 10 Novembre dernier promettant une soirée chargée en émotions. Ambiance. 

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Ce groupe, encore peu connu, est promis à un grand avenir. A suivre de très près donc!

Setlist: The City, Milk, Money, So Far, Talk, Head.Cars, An Encounter, Settle Down, Heart Out, Girls, Robbers, 12, Pressure, Chocolate.

Rappels: Sex, You.

 Sophie BRANDET.

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