PORTRAIT: Kemar (No One Is Innocent), l’engagement musicien

Il est celui qui est à l’origine de No One is Innocent, l’un des piliers de la scène rock française, il écume les scènes depuis un quart de siècle et pourtant, on ne sait pas grand chose de Kemar, son chanteur (on pourrait dire son « leader » mais il la joue bien trop collectif pour aimer ça). No One Is Innocent sera de retour à Paris le 21 Novembre pour un grand rendez-vous à la Cigale, l’occasion de consacrer un portrait à celui qui est (désolée  Kemar !), le premier d’entre eux.

Un nom de famille (Gulbenkian)  qui signe les origines arméniennes mais c’est un parisien pure souche, amoureux de son arrondissement, de ce coin de la capitale où il a grandi et où il vit toujours aujourd’hui. Comme la plupart de ses potes, sa bande d’hier et celle d’ aujourd’hui avec lesquels il lui arrive de prolonger les soirées. Mais en pleine tournée avec No One is Innocent et avec la Cigale en ligne de mire, Kemar, bosseur invétéré, privilégie actuellement la forme. 

Du point de vue de l’état-civil, il est (de peu) l’ainé de la bande mais à les voir évoluer ensemble, à la ville comme à la scène, bien malin qui saurait faire la différence. Une pêche d’enfer, une silhouette affutée à la Iggy Pop, le temps n’a pas plus de prise sur son physique que sur sa capacité à réagir face à l’actualité. Et pourtant, mine de rien, cela fait quand même près d’un quart de siècle que No One Is Innocent, porté par Kemar, truste le devant de la scène rock française et s’affirme avec ses textes puissants servis par des partitions de plus en plus musclées.

« C’est sûr qu’en 1993, quand on a sorti notre CD quatre titres, je n’aurais pas imaginé ce chemin. Ce sont les Trans musicales de Rennes qui nous ont permis de trouver un label pour éditer notre premier album. Je ne faisais pas le malin quand je suis allé faire écouter nos morceaux même si j’avais vraiment le sentiment profond que « La Peau » notamment, avec ses paroles fortes, universelles, portées par cette musique tribale rappelant les tribus indiennes, était une vraie bonne chanson. Et puis on a été disque d’or avec plus de cent mille exemplaires vendus. Même si le marché du disque n’était pas encore dans son état actuel, 100.000 exemplaires c’était une sacrée performance, ce genre de trucs qui fait quand même sacrément plaisir! » confie Kemar dans un immense sourire. 

Arrivé de Paris en début d’après-midi, balances faites, No One joue à Nantes dans le cadre de la tournée « Du bruit dans l’ hexagone », quelques dates communes avec les potes de Tagada Jones). Kemar a les yeux rieurs. La date est sold out, la grande salle de Stéréolux est magnifique et partager l’affiche avec Niko Jones et sa bande (sans oublier ce soir là encore les définitivement punks Sales Majestés) pour ce périple qui va se poursuivre jusqu’en Normandie via Brest devant des foules compactes, il ne boude pas son plaisir. Vingt cinq ans après les débuts, il n’est pas blasé. Loin de là!

Il est vrai que le groupe a connu une histoire à rebonds. « Utopia », le deuxième album, enregistré à Woodstock, avait été suivi d’une très longue tournée, de très longs moments passés sur les routes qui avaient sans doute contribué à la séparation en 1998. Musicien dans l’âme, Kemar a saisi l’opportunité de cette mise en pause pour enregistrer en 2002 un album solo, le très beau « Prénom Betty ». « Je n’avais plus la moelle pour la vie de groupe telle que nous la vivions. On était rincé par quatre années de folie, par trop de concerts et les tensions dans le groupe devenaient trop fortes. Alors comme j’adore voyager, je suis parti aux Philippines et c’est sans doute ce qui a inspiré mon album. J’y ai retrouvé une part de calme à défaut de sérénité et une espèce de paix reposante après ces années portées par la contestation. » 

Ainsi sont nés onze titres sur le fil de la confidence où le chanteur laisse pleinement s’exprimer cette voix reconnaissable entre mille, et où il ose parler à la première personne. Il y a des ruptures, de la passion, des croyances envolées, des envies. Les mots sont justes et savamment posés, le cynisme rejoint des envolées plus poétiques. On ne peut s’empêcher de penser à Gainsbourg. Avec ses titres qui pour certains sont indémodables, on ne peut aussi que regretter la non réédition de « Prénom Betty » 

« Je ne sais pas s’il faut y voir du regret. C’est le passé, c’est ainsi. Seul le présent et ce que l’on veut faire de l’avenir a de l’importance, non ? » interroge Kemar. « Et puis qui dit que ce premier album solo ne sera pas suivi d’un second ? » poursuit il avec le regard amusé de celui qui lance son interlocuteur sur une piste sans en distribuer l’éclairage.

Quelques mois après la sortie de son album, Kemar rencontre alors K-mille. Avec celui ci, compositeur venu de la scène electro (il est le compositeur de « UHT », groupe électronique underground), il retrouve la pêche pour de nouvelles écritures. Cela aurait pu donner un autre disque en son nom propre mais l’évidence a roulé… Ce serait la renaissance de No One is Innocent. Les anciens membres n’ont pas embarqué dans l’aventure mais Emmanuel de Arriba, pote de lycée devenu auteur, a donné les premiers couplets d’une co-écriture qui n’a jamais failli depuis. « On se connaît par coeur. On a la même vision du monde, les mêmes énervements, les mêmes aspirations alors écrire ensemble se fait dans la confiance et dans la facilité. « Révolution . com » est sorti en 2004. No One était relancé. 

« Il n’y a pas de recette. Quand on sort un album, je ne me suis jamais enfermé dans des certitudes. J’ai beau avoir la conviction que certains titres sont indiscutables, je me demande encore ce que la maison de disques va en penser. Le nerf de la guerre, aussi idiot ou évident que cela puisse paraître, c’est d’écrire de bonnes chansons. La musique doit suivre. Les meilleurs accords, les lignes de basse, la simplicité parfois, peuvent être extrêmement difficiles à trouver et on peut chercher des heures jusqu’à l’obsession. Le message n’en sera que plus fort s’il passe sur des partitions soignées jusque dans la moindre note. »

Après avoir pas mal changé la composition de son équipe, No One is Innocent ne bouge plus et n’a sans doute jamais été aussi fort. Shanka (François Maigret), le plus ancien du groupe après Kemar, est un guitariste surdoué à qui rien ne semble impossible. Bertrand (Dessoliers) assure à la basse et Gaël (Chosson) à la batterie. Quant à Popy (Bertrand Laussinotte), arrivé au moment de la création de « Propaganda », il a une imagination et une aisance indiscutables. Accessoirement aussi, ce line up là s’entend comme larrons en foire et ça se voit sur scène comme ça se ressent dans les albums. 

« On avait assuré les premières parties de Motörhead et des Gun’s lors de leurs cinq Zénith en 2012. « Drugstore » était sorti un an avant. Mais c’est avec « Propaganda » en 2015 que le groupe a pris un nouvel essor. On a retrouvé toute notre ADN lorsque Popy est arrivé à la deuxième guitare. «Silencio», « Djihad Propaganda », « Kids are on the run » et « Charlie » sont devenus incontournables. La tournée qui a suivi a été énorme et puis il y a eu le Stade de France en mai 2016 avant AC/DC puis un nouveau Stade en juin de l’année suivante avec Les Insus. Ouvrir pour des musiciens comme AC/DC que l’on admire et écoute depuis longtemps est un truc assez énorme mais on a eu assez peu de contacts. On dispose de peu de temps et de peu de souplesse technique pour faire les balances, on joue, on se dit qu’il faut kiffer au maximum, on le vit avec une certaine inconscience… et c’est déjà fin! Avec Les Insus, cela a été plus chaleureux. Nous avions croisé Jean-Louis Aubert dans un festival, il m’a dit beaucoup aimer No One et regretter de ne pas nous avoir vus plus souvent. Et puis la proposition du Stade est arrivée. Cela fait d’autant plus plaisir quand c’est un choix personnel et non un arrangement entre labels. Alors on a encore plus kiffé! Et tous ces souvenirs partagés ont épaissi les liens entre nous.»

Après l’impressionnant « Propaganda », qui était unanimement une réussite totale, un écho terrible aux évènements, ceux de Charlie Hebdo en tête, on pensait que No One Is innocent avait atteint son sommet. Renouveler le succès avait des allures de pari quasi impossible. Erreur de route… Ces types là, Kemar en tête, ne sont pas du genre à se laisser scléroser par les résultats. Seules l’envie et l’urgence à écrire, le besoin presque viscéral de composer et de poser des mots, sont les moteurs. « Assez tôt après la fin de la tournée, on a eu envie de se retrouver et d’écrire. Shanka et Popy ont balancé des trucs impressionnants et la musique a entraîné les thèmes, « Frankenstein », « Ali », « A la gloire du marché » sont venus assez vite. Politiquement, les élections françaises avaient porté Macron au pouvoir mais il était encore trop récemment élu pour nous donner matière à écrire alors que la toute puissance de la finance, les revenants de Syrie constituaient des sujets que nous ne pouvions laisser de côté. » 

Et cela a donné ce « Frankenstein » sorti en mars dernier, davantage dans la réflexion, moins à vif, moins en « réaction » immédiate que Propaganda mais comme tout album de No One qui se respecte avec cette force, cette évidence et son engagement citoyen particulièrement fort. « Fred (Duquesne) a enregistré et produit avec le talent qu’on lui connaît. Je ne dis pas ça parce que c’est un pote mais il a un professionnalisme, une exigence et un savoir faire qui nous poussent vers le haut. Avant de poser ma voix, je travaille encore plus. Je sais qu’une fois en studio, s’il décide de reprendre ne serait ce qu’un morceau de phrase qui ne lui plaît pas, s’il doute, il ne lâchera rien… Alors autant être prêt ! »

Avec ce septième opus effectivement, No One Is Innocent impose encore une fois sa marque. Les guitares sont puissantes, inventives, les partitions imposent et sur scène, le « Frankenstein Tour » montre toute son énergie. Sur la scène comme dans la salle, personne ne reste en place. Dopés à ce dynamisme, sautant, virevoltant, frappant avec la rage du boxeur devant livrer son meilleur combat, Kemar et sa bande mouillent la chemise. Et ce n’est même pas une posture. Pour autant, Kemar ne veut pas non plus être résumé à ses sauts désormais largement immortalisés. « Ce serait quand même réducteur! On donne tout, on est à l’instinct mais il y a des moments où on regarde le public droit dans les yeux pour mieux faire passer le message et le convaincre. Parfois d’ailleurs, quand je viens discuter avec les gens après le concert, certains commentaires prouvent qu’il y en a dont les idées sont diamétralement opposées aux nôtres. Ca se voit à leurs remarques. Peut-être qu’ on aura ouvert une réflexion, un débat.. Qui sait ? » 

Généreux à l’extrême, profondément humaniste, Kemar n’a jamais oublié les messages de tolérance portés par son père, qui lui a raconté le drame arménien mais n’a jamais été dans un esprit de revanche. Une ouverture d’esprit que le musicien a toujours appliquée. Même si ses colères contre les extrémistes de tous bords, le racisme, le fait du prince (notamment financier) n’ont pas cédé avec l’âge, Kemar ne se voit cependant pas aussi agile ou bondissant avec dix ans de plus. « Dans l’idéal, No One aurait une fin de carrière à la Zidane. En plein succès! »  commente ce passionné de foot. Que les fans des « Kids » se rassurent, le coup de sifflet final n’est pourtant pas pour demain. Il y aura encore au moins un ou deux albums et avec les tournées qui vont de pair, cela repousse encore loin l’échéance. « J’ai pas mal d’envies. Mes rêves de rock énervé ont été exaucés avec No One. Mon Graal serait désormais de chanter du blues electro, du « Johnny Cash electro », si on peut tenter le lien. Cela pourrait se faire avec K-mille, avec lequel j’avais relancé No One, Tom Fire, un musicien et producteur influencé à la fois par l’electro, le reggae et le hip hop… Ce ne sont encore que des pistes mais c’est vrai que j’adorerais (…) On verra si cela se concrétise. Je viens déjà de vivre une belle expérience avec Merzhin. Le groupe, qui est lui aussi très engagé politiquement, m’a invité quand il enregistrait son nouvel album pour partager un titre, « Nomades ». Il parle de ces populations immenses qui ont vécu et vivent encore sur les routes, par choix ou par obligation. Les gars de Merzhin sont de chouettes mecs, plein de bienveillance. J’ai été super accueilli et je trouve que le titre accroche bien. En tout cas, depuis sa sortie cet été, on nous en parle avec plein de positivité. »

« Je ne suis pas obsédé et n’ai aucun souci de reconnaissance absolue, » poursuit Kemar, « mais j’ai encore plein de choses à raconter. Et puis surtout d’abord, plein de choses à vivre avec No One. J’adore ce groupe, j’adore jouer et partager tout avec ces gars là. Quand on se regroupe autour de la batterie, qui est vraiment l’élément central de tout, c’est hyper fort. J’aime mater mes potes sur scène car à chaque concert, c’est pareil, on monte et on joue comme si c’était la dernière fois. » 

Par chance, ce ne sera pas le cas. Dans plus de cinq heures (No One Is Innocent joue à 23h, dernier de la soirée), Kemar sera sur scène. Ses acolytes se sont égrainés entre hôtel pour se reposer et visite touristique du voisinage. Lui ne sortira pas de la salle. A peine une sieste express dans les loges puis il prendra des nouvelles de chacun, y compris des copains des autres groupes. Profondément humain, attentif aux autres, soucieux que chacun se sente parfaitement bien (les écueils des tournées du tout début ont servi d’expérience), Kemar, l’artiste prolixe, est une personnalité rare. Touchant jusque dans ses colères. Un « honnête homme », la fougue et la modernité en plus.

Magali MICHEL.

Reportage Photos // Sophie BRANDET.

– Un énorme merci à Kemar pour sa disponibilité et à No One is Innocent, équipe technique comprise, pour sa confiance. – 

Pleymo remet le son pour ses 20 ans!

Reformé pour célébrer son vingtième anniversaire, Pleymo a repris la route pour quelques dates. Un périple français qui passait par Stéréolux à Nantes le 17 Mars. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le sextet n’a rien perdu de son énergie.

En 2007, après dix ans de succès (et même une nomination aux Victoires de la Musique 2004), ils avaient subitement déclaré la fin de l’aventure Pleymo, laissant sur la touche tous ceux qui avaient adoré leur metal novateur dans lequel un DJ avait osé pointé le bout de ses samples. C’est donc peu dire si l’annonce de leur retour sur scène, histoire de saluer en musique leurs vingt ans (idée quelque peu originale car le parcours compte quand même dix ans de silence), a fait grand bruit. « Ils font partie de la grande période Watcha, Empyr, Mass Hysteria, même si Mass est un peu à part car le groupe n’a jamais arrêté et n’a peut être jamais été aussi encensé. Dans tous les cas, impossible de ne pas être là! » observait ce trentenaire venu de Bretagne jusqu’à la Nantes pour partager l’une des dates de cette tournée française inscrite en ce mois de mars 2018. « Le combo est à l’identique. Ca devrait envoyer! »

Il n’a pas fallu longtemps pour le vérifier. Succédant à Vegastar, autre référence du nu metal français (pilier de la team Nowhere avec Aqme ou bien encore Enhancer) Mark Maggiori (chant) et Franck Bailleul (DJ) vont rapidement prouver que leur tandem n’a rien perdu de sa complicité. Et ce n’est pas uniquement parce qu’ils arborent le même bermuda ! A leurs côtés, Benoit Julliard (basse), Davy Portela et Erik de Villoutreys (guitare), sans oublier bien évidemment Fred Ceraudo (batterie).

Dès les premiers accords, le public de Stéréolux est à fond, heureux de vivre cet évènement qui semblait encore tellement improbable voilà quelques semaines. « United Nowhere » sonne le La, huit cents spectateurs jouent les choeurs avec un enthousiasme impressionnant. C’est parti pour près d’une heure et demi de concert où énergie et partage seront les maitres mots.

Mark Maggiori (qui est aussi un peintre doué et est à l’origine de la pochette du dernier album comme des nouveaux tee shirts du groupe) espérait ce retour largement gagnant mais il n’imaginait peut-être pas l’intensité avec laquelle le public reprendrait des morceaux dont certains ont quand même près de vingt ans. Il chante, il regarde, il saute et arpente la scène, échangeant souvent avec Franck Bailleul lorsque celui-ci quitte les platines pour le micro et entonne son flow parfait. Leur joie n’est pas feinte et largement communicative. On peut dire que ces deux là ont la pêche et ils entendent bien le faire savoir.

« Ce soir c’est le grand soir », « Rock », « Adrénaline », « Tout le monde se lève », « 1977 », «Chérubin», « Nawak »… les titres filent sans temps morts dans une set list savamment choisie et  que l’on imagine conçue avec difficulté car il a forcément fallu choisir et donc… renoncer. Le groupe a misé sur un mélange judicieux de toutes ses références, avec un accent plus largement porté sur les deuxième et troisième albums, deux opus que le public avait en son temps largement plébiscité. Ils sonnaient donc comme une évidence. « Muck », « Le nouveau monde », « Je regrette », « New Wave » mais aussi « Tank club », « Polyester Môme » et un medley rythmeront eux aussi la soirée. Mark Maggiori semble encore meilleur et encore plus survolté au fur et à mesure que se déroule la soirée. Une chose est certaine, les paroles autant que les partitions n’ont pas vieilli, le mordant est toujours là et la patine Pleymo intacte.

Trois petits tours de piste après le rappel, le temps d’offrir « Blöhm » et « Divine Excuse » pour finir magistralement avec l’inoxydable « Zephyr » et le groupe s’en est allé. Restera le souvenir de ce rendez-vous surprise à la conception parfaite. Si l’idée, en tous cas officiellement, d’une tournée plus longue après cette courte parenthèse hexagonale (il reste encore Lille le 29 Mars et Strasbourg le lendemain), et ce double passage parisien sold out (dont l’Olympia le 31 Mars) n’a pas encore trouvé sa concrétisation, les retardataires pourront toujours se rattraper au Hellfest où le groupe est attendu en Juin prochain. Une petite détour par la Grand’ Mecque du metal avant d’autres dates surprises? A l’impossible, Pleymo n’est pas tenu!

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

PLEYMO EN TOURNEE FRANCAISE 

Le 29 Mars 2017, l’annonce avait déchaîné les enthousiasmes : Pleymo, groupe français de néo metal devenu mythique, allait se reformer et (mieux !) se produire en France, en Belgique et en Russie l’espace de quelques dates afin de célébrer les vingt ans du groupe. Succès immédiat et rush sur la billetterie, le concert du Trianon est sold out en quelques heures, un second passage parisien à l’ Olympia est organisé dans la foulée.

Véritables bêtes de scène, les six parisiens allient paroles savamment rappées à une musique bien vénère qui rappellent les plus beaux accords de Deftones ou Korn, un mixage détonnant qui a assuré leur succès jusqu’à leur séparation, laissant leurs milliers de fans dans l’attente de leur retour.

A force de l’évoquer vainement, certains avaient fini par ne plus y croire mais cette fois, Pleymo est bien de retour et prêt à en découdre. Enthousiaste, doté d’une envie de jouer à nouveau ensemble et de servir au public leurs meilleurs morceaux.

Sept villes ont été programmées dans l’hexagone, sept escales qu’il vaudra mieux ne pas manquer. Après Nimes (le 9 Mars), Villeurbanne (le 10), Ramonville (le 15), Cenon (le 16), Pleymo se produira à Nantes (Stéréolux) le samedi 17 Mars avant de rejoindre Lille (le 29), Strasbourg (le 30) et un final en apothéose à l’Olympia de Paris le 31.

Histoire de rajouter à la fête, Vegastar aussi reprend du service. Le quatuor français, entre rock, power pop, new wave et heavy metal, assurera la première partie.

Crédit photos: BERZERKER.

LIVE REPORT: Loïc Nottet, le savoir tout faire!

Et dire qu’il n’a que vingt et un ans ! Si un bulletin de naissance est généralement accessoire voire même réducteur, avec Loïc Nottet, on ne peut pas manquer de souligner cette grande jeunesse qui porte avec brio une maturité artistique, une aisance bluffante. Chanteur ou danseur voire même acteur… Choisir aurait été renoncer alors il a orchestré tous ses talents pour livrer un spectacle impressionnant de virtuosité. Parti sur les routes en avril, le « Selfocracy Tour » s’est achevé ce 13 Décembre à Nantes comme il avait commencé, par un accueil triomphal.

La veille, il a avait vécu son premier Olympia parisien. Sold out évidemment. Mais ce soir à Nantes marque la fin de la tournée, alors Loïc Nottet a conservé toute son énergie, cette fougue et cette improbable aisance qui ne cessent d’étonner. Dans la salle, un public familial, chaleureux, des jeunes filles qui le suivent depuis ses débuts et n’ont pas hésité à braver le froid plus de trois heures pour être au pied de la scène, des parents qui accompagnent avec plaisir pour voir ce jeune prodige belge qui a volé la vedette à tous les participants de la saison 6 de « Danse avec les Stars », décrochant le trophée avec plus de 68% des suffrages.

Une projection en noir et blanc sur écran géant. On aperçoit Loïc Nottet qui se confronte à son reflet démultiplié par des dizaines de miroirs comme autant d’autres lui même qui agitent et perturbent sa pensée. Un pantalon droit un peu court, une chemise blanche sous pull noir. Les deux musiciens ont eux aussi adopté la panoplie, le couple de danseurs également. Un instant, quand s’interrompt la vidéo et que tournent les silhouettes autour des miroirs installés sur scène, on ne sait plus qui est qui, lequel est le vrai Loïc Nottet. Et puis la voix cristalline du jeune homme laisse percer les premiers accords, le doute n’est alors plus permis.

« Selfocracy », le premier album sorti en mars dernier, ayant été pensé comme un sorte de conte musical, la set list reprend logiquement les douze morceaux dans leur ordre d’origine. Et ce n’est pas cliché que d’affirmer combien sur scène, Loïc Nottet leur offre une dimension supplémentaire, à l’image de « Million Eyes », le tube repris en boucle sur toutes les radios. La voix virevolte, l’artiste parcourt l’espace, joue et danse, seul ou avec ses deux partenaires, sans jamais perdre en énergie.

On comprend mieux ce qui avait pu séduire Marie-Claude Pietragalla, alors juré de « Danse avec les Stars ». Le jeune homme est d’une espèce inconnue, quelque part entre Billy Eliott et un pantin en mousse, un performeur-acteur né qui trouverait sa place dans « Le Théâtre du Corps », la compagnie que l’ancienne Etoile de l’Opéra a fondée avec Julien Derouault. La gestuelle est impeccable, les chorégraphies pleines de grâce et de modernité (comme ce magnifique pas de deux avec sa danseuse qui laisse le public scotché par tant de maîtrise).

Et c’est là, une fois de plus que l’on repense à sa jeunesse et à ce parcours qui n’a que trois ans (si l’on excepte la danse, commencée à âge de neuf ans). En janvier 2014, Loïc Nottet impressionne dans la troisième saison de « The Voice » Belgique dont il finira deuxième. En octobre de cette même année, son premier clip, reprise de « Chandelier » de Sia est une telle réussite que Sia elle-même le saluera et le partagera avec ses millions de followers. Appelé pour représenter son pays au concours de l’Eurovision en Mai 2015, Loïc Nottet compose alors « Rhythm Inside ». Sa prestation impressionne une fois de plus, tant par sa mise en scène que par ses capacités vocales: le jeune homme décrochera la 4ème place… mais surtout une popularité forte, l’émission étant vue par près de deux-cents millions de spectateurs à travers le monde. « Rhythm Inside » est disque d’or en Belgique, en Suède, plus d’une quinzaine de pays le mettront en haut de leurs charts. « Danse avec les Stars » bouclera en France cette mise en lumière aussi forte que rapide.

« Vous m’avez connu par mon album ou par l’émission ? » interroge Loïc Nottet. « Levez la main ceux qui n’ont pas encore écouté mon disque…! C’est bête parce que ce soir c’est la finale de l’émission et du coup vous allez la rater! » Facétieux, à l’aise dans les échanges avec le public, expliquant son parcours comme s’il faisait du stand up depuis toujours, il révèle un humour improbable, qui surfe sur l’autodérision et la confession. Sa description de la façon dont il compose, assis dans le salon parental, devant une TV muette diffusant des films d’horreur, est assez unique. Mais il le martèle à plusieurs reprises. Peut-être sont-ils plusieurs dans sa tête mais il n’est pas fou. Belge, oui, mais pas fou!

Généreux, prenant le temps de l’échange avec les spectateurs, remerciant pour les nombreux cadeaux, faisant monter sur scène un enfant vêtu comme le personnage de l’un de ses clips, couché à plat ventre pour réussir un selfie avec une jeune femme de la fosse, Loïc Nottet sonne aussi vrai et juste que sa voix.

« Rhythm Inside » sera le dernier morceau de cet ultime concert. Si le plus beau signe de réussite d’un chanteur est de laisser le public sans voix, alors Loïc Nottet a atteint son but. Et il a l’avenir devant lui…

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Beth Ditto revient en solo et en pleine forme !

Beth Ditto a fait salle comble et ouvert avec brio la nouvelle saison de Stéréolux (Nantes). Fidèle à elle même, l’américaine a livré un show brillant et montré toute son aisance dans ce parcours désormais en solo, sans ses deux acolytes de Gossip. 

Les fans attendaient qu’elle soit elle-même et se livre à ces audaces verbales dont elle a le secret. Beth Ditto ne les a pas fait longtemps attendre (sans mauvaise référence au quart d’heure de retard d’arrivée sur scène). Après avoir ouvert toute énergie dehors avec un « Oh my God » du meilleur effet, l’américaine a laissé résonner son rire si reconnaissable et lancé « C’est bizarre. Tout est bizarre ici. Oui, vous là à Nantes, vous avez même un éléphant… Un éléphant !! Je vais le monter celui là, si si! »  avant de reprendre le cours de ses titres de sa voix puissante et enchaîné avec « In and out », « I wrote the Book » et « Fake suggar ».

Lorsque Gossip, son célébrissime groupe de pop-rock, a décidé de se séparer, Beth Ditto a pris le temps de la réflexion puis compris qu’elle ne pouvait renoncer à la musique. Alors elle le ferait en solo, en s’essayant à des textes qui n’auraient pas déplu à ses « idoles » à elle : Billie Holiday, Aretha Franklin, Janis Joplin, Donna Summer ou bien encore Nirvana, Pearl Jam et Simone de Beauvoir, des références très assumées pour montrer que l’anticonformisme est la seule voie possible pour survivre en ces temps compliqués.

Pétillante, provoc’, militante de la cause lesbienne, Beth Ditto est devenue une égérie bien malgré elle. « Fake Sugar », son premier album sans ses deux comparses qui avaient su faire danser la planète entière, est de très haut vol. La jeune femme confirme que sous ses abords de ronde parfaitement assumée, aussi facilement joviale que grande gueule, elle est aussi une vraie musicienne, grande adoratrice du blues, de la soul, du rock comme de la pop, qu’elle mixe savamment.

Sans laisser de temps mort, Beth Ditto présente plusieurs de ses nouveaux morceaux comme « We could run », « Lovers » qui prennent sur scène une belle dimension. Pas mal de titres des EP précédents également, tel le superbe « Open Heart Surgery ».

Il aurait été impossible de faire l’impasse sur quelques morceaux de Gossip, cela aurait été prendre le risque de se mettre à dos une bonne partie du public. Cela aurait été aussi peu conforme à l’esprit de la chanteuse qui ne renie rien et garde au contraire le meilleur de ces incroyables années d’énorme succès en trio. C’est dire alors l’enthousiasme de la salle pleine à craquer lorsqu’ont résonné les premières notes de « Standing in the Way of Control », « Heavy Cross » ou de « Love Long Distance ». Il y a décidément des succès auxquels on ne peut échapper.

Pendant tout le concert, Beth Ditto ne se départira pas de son sourire et aura avec le public de véritables échanges. Alors forcément, lorsque la salle s’est rallumée, après « Fire » en ultime morceau et une petite heure et quart de concert, il y avait comme un goût de trop peu. Mais l’américaine n’est qu’au début de sa nouvelle route. Forcément, elle repassera par là. Une chose est sûre, en ouvrant sa nouvelle saison avec une artiste de cette trempe là, Stéréolux ne s’est pas trompé.

Sophie BRANDET.

Vianney, au fil du beau !

Parce qu’ils sont nés tous les deux en 1991 et interprètent sur scène, accompagnés de leur seule guitare, ides chansons qu’ils écrivent et composent eux-mêmes, la France a très vite considéré Vianney comme son Ed Sheeran. Peut-être. Mais la comparaison, aussi évidente soit elle, reste réductrice car Vianney, a ce truc bien à lui, cette marque de fabrique très « french touch » comme on dirait de l’autre côté de la Manche qui le rend au final assez inclassable. Une classe à part.

Ses fans sont bien cet avis et c’est sans doute ce qui explique la longue (très longue) file d’attente visible depuis le milieu d’après midi aux abords de Stéréolux où il va se produire ce 2 Mars à guichets complets, toutes les places étant parties incroyablement vite. Un succès qui n’en finit pas de grossir et n’a jamais connu de trêve depuis l’inoubliable « Pas là», chanté, repris, déformé, plébiscité des milliers de fois et qui a lancé son interprète de façon fulgurante voilà près de trois ans. « Pas davantage? » serait on presque tenté de dire tant Vianney semble ancré dans le paysage de la chanson française depuis beaucoup plus longtemps que ça à force de refrains à succès, son second album ayant connu une réussite toute aussi spectaculaire.

Cette nouvelle tournée, c’est d’ailleurs l’occasion pour lui de défendre ses morceaux les plus récents. L’humour y a toute sa place, comme précédemment, mais de cet humour plaisir du mot qui permet de draper les sentiments d’un voile plus facilement exprimable. « Sans le dire », « Je m’en fous », « Fils à papa », la très jolie « Quand je serai père » ou bien encore « Dumbo »… Le public connaît toutes les paroles par coeur. Un public très familial, des parents avec leurs filles ados, des enfants plus jeunes, le côté « politiquement correct » ou « propre sur lui » de Vianney n’y est sans doute pas étranger mais les mauvaises langues peuvent passer leurs boutades, le succès ne s’attrape pas seulement à coup de chemise sous pull-over à col rond. D’autres s’y seraient déjà essayé.

Vianney a cette gentillesse naturelle, ce regard sur l’autre, il scrute chaque spectateur avec la flamme de l’amoureux dans son premier rendez-vous galant. Il donne tout, capte les émotions, écoute, plaisante. Quand il entonne ce qui fait désormais partie de ses inévitables comme « Veronica », « On est bien comme ça », « je te déteste » et bien évidemment donc le célébrissime « Pas là », c’est toute la salle qui la joue chorale. Plaisir partagé des deux côtés de la scène. Ovation quand surviennent en cadeau final « Je m’en vais » et « Moi aimer toi » qui laisseront le public aphone.

La Victoire de la Musique l’a auréolé avec superbe et n’a peut-être jamais été aussi légitimement attribuée. Mais elle ne l’a pas changé. Il y a deux ans, Vianney ouvrait le Printemps de Bourges et se produisait juste avant Yaël Naïm. Un set d’une demi heure, un éclairage élégant mais discret, ses guitares (il n’avait pas encore Pauline!) et le grand chapiteau pour baptême du feu. Déjà il avait séduit et s’ était lancé avec l’envie pour adrénaline. Tout était déjà en place. Deux ans plus tard, seule la taille des salles a changé et la longueur de la tournée. D’ailleurs, il reviendra à Nantes en novembre (le 17) mais cette fois, ce sera le Zénith et ses 9.000 places. « Oublie moi »  qu’il disait… Le public ne semble pas prêt d’y souscrire.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Nantes ovationne Gojira

Après Nancy et Clermont-Ferrand, Gojira faisait escale à Nantes ce 25 janvier. Troisième étape d’une tournée française à guichets fermés. La prochaine devra prévoir des dates supplémentaires ou des salles plus grandes car le Magma Tour fait carton plein. Un succès largement mérité. 

Le Hellfest avait à peine plus de quatre mois quand a été faite l’annonce de la (mini)tournée française de Gojira, sept villes, comme un détour hexagonal de la tournée européenne. Mais en quelques jours, la date nantaise a été sold out, portée par l’envie des fans de les revoir dans un soir à eux, hors festival. Car on ne va pas se mentir, si les festivals sont d’immenses fêtes aux ambiances et aux rencontres uniques, de grands barnums souvent prestigieux que les artistes adorent et qui signent le succès (surtout quand le nom est écrit en bien lisible en haut de l’affiche), ce n’est pas toujours le meilleur endroit pour apprécier ses formations préférées. Le nombre est là, le public est énorme mais entre ceux qui patientent déjà bruyamment pour la formation suivante ou ceux qui restent front de scène pour « voir ce que ça donne », il faut vraiment être devant les stages pour vivre le concert à fond et partager ce moment avec les musiciens. Sans parler du temps imparti, une cinquantaine de minutes maximum, seules les groupes fermant la journée disposant d’une demi heure supplémentaire. De ce point de vue, les tournées en nom propre permettent une meilleure écoute, un autre partage, comme une dose d’intimité retrouvée. En toute subjectivité assumée!

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C’est donc à guichets fermés que le quatuor porte-drapeau du metal français (la seule formation hexagonale qui ait quand même connu une tournée à elle seule en Europe et aux Etats-Unis. Respect!), s’est produit à Stéréolux ce 25 janvier. Les fans de la première heure, ceux qui accompagnent Gojira depuis (déjà) deux décennies, avaient bravé les températures polaires pour patienter de longues heures avant l’ouverture des portes. Dans les rangs resserrés par cette passion commune, les anecdotes s’ échangeaient, les avis s’emmêlaient sur ce qui devait être le meilleur parmi les six albums studio. « From Mars to Sirius », « L’ Enfant sauvage », « Terra Incognita »? Ou bien encore « Magma », le dernier en date?

Pas de véritables oppositions, une évidence plutôt quant à l’évolution affichée par « Magma ». Pour porter ces textes empreints d’une spiritualité encore plus vive, mixant poésie et philosophie, le chant clair fait son apparition. Une belle mise en danger pour Joe Duplantier, le chant clair ne permettant plus de se cacher et n’autorisant surtout pas les fausses notes. Mais sa voix réussit largement le défi. Certaines partitions de l’album se montrent elles aussi joliment complexes. On pense notamment à « Low Lands » (qui n’a toujours pas rejoint la set list… ceci expliquant peut être cela). Alors quels titres seraient au programme de cette échappée française? Une heure et demi plus tard, force était de reconnaître que la sélection, qui avait du être un joli casse-tête, était des plus pertinentes. Puissante. Energique. Musicale. Largement metal. Laissant la part belle aux titres récents mais reprenant aussi pour un plaisir plus que partagé, les grands moments de « From Mars to Sirius », « Terra Incognita » ou « The Way of all Flesh ».

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Après une première partie laissée aux Suisses de Nostromo, le groupe se reformant pour la première fois depuis onze ans et prouvant que le poids des ans n’avait eu raison ni de sa hargne, ni de son énergie, c’est à Mario Duplantier que revient la charge d’ouvrir. Il ne fait pas dans la demi mesure et l’on comprend dès l’intro d’ « Only Pain » pourquoi le bayonnais est considéré comme l’un des meilleurs batteurs actuels. Impressionnant, d’une énergie qui semble « no limit », il met tout le monde d’accord. La mécanique de haute précision Gojira est en marche et ne connaîtra alors aucun temps mort.

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Joe Duplantier porte les titres avec une voix à l’aisance évidente et un plaisir du jeu que partagent largement Christian Andreu et Jean-Michel Labadie. Parler de « machine de guerre » serait une facilité gratuite avec ce quatuor tellement ancré dans les valeurs humaines, les préoccupations universelles. Le death metal peut aussi insuffler d’extraordinaires leçons de vie, eux le prouvent en tout cas.

Avec des morceaux comme « Silvera », Gojira intègre davantage de solos et ces moments prennent sur scène une dimension supplémentaire. On s’est toujours un peu demandé pourquoi les solos n’avaient pas plus de places dans les concerts jusqu’à présent tant les jeux de cordes sont redoutables. Eux ne se sont peut être jamais posés la question. En tous les cas, ces passages là qui répondent et équilibrent les champs laissés à la seule batterie et à la maestria de Mario Duplantier, sont bel et bien à l’ordre de la soirée désormais et il serait dommage de les en bannir. Sur scène comme dans le public, c’est plaisir majuscule.

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Plaisir encore que celui de pouvoir réentendre « Terra Incognita », « Wisdom Comes » ou « Vacuity » qui déchaînent des ovations. « Nantes, vous êtes cinglés! Quel public! Merci !! », lance alors Joe Duplantier. « On ne s’attendait pas à ce que ces dates françaises soient toutes sold out. C’est un cadeau extraordinaire, on a beaucoup de chance. »

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Impossible enfin de ne pas parler de la technique qui entoure le concert et fait partie intégrante de sa réussite. Le son est impeccable, puissant mais ne s’amuse pas aux rapports de force au risque de compromettre l’écoute. Quant aux lumières, elles méritent une mention spéciale. Rarement un concert de metal a poussé vers autant d’idées fortes, de rythmes. Dans un domaine où très souvent il n’existe pas d’alternative, c’est back drop et quelques lumières aveuglantes ou bien feux d’artifices et accessoires à tous les étages, Gojira s’offre un imagier créé sur mesure par Anne Deguehegny avec un habillage grande classe qui rajoute à sa puissance mais n’exclut ni subtilité, ni élégance. Et quand c’est un nantais, Nico Riot (Chirac Design) qui est aux commandes, on aurait tort de ne pas le citer.

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Lorsque tout tire vers l’excellence et le partage, il n’y a sans doute pas de hasard. Gojira a vingt ans. Et beaucoup à jouer encore.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.