La cuvée prometteuse du 43ème Printemps de Bourges

La 43ème édition du Printemps de Bourges se déroulera du 16 au 21 avril prochains. Le festival berrichon, qui donne le La de la saison des festivals, mêlera comme à ses habitudes valeurs sûres (Hubert-Félix Thiéfaine, Zazie, Gaëtan Roussel), artistes plus récemment plébiscités (Clara Luciani, Jeanne Added) et nouvelles recrues des Inouïs, à qui on peut souhaiter une trajectoire aussi heureuse que celle d’Eddy de Pretto, Odezenne ou Radio Elvis, les deux derniers repassant cette année par Bourges. Et puis il y aura ce moment très attendu, un grand hommage rendu par Izia, Arthur et Ken Higelin à leur père disparu l’an dernier.

On a beaucoup fustigé le Printemps de Bourges, « rendez-vous parisien de province », « détour des pros ne venant que pour partager des verres entre gens de bonne compagnie ». Certains pensaient même que le départ de Daniel Colling, âme fondatrice, et l’arrivée de Gérard Pont transformerait le Printemps en énième festival, avec ses mêmes artistes que l’on retrouve partout quand ils sont en tournée, une sorte de Francofolies berrichonnes, Gérard Pont étant également grand ordonnateur de la manifestation rochelaise. Faire et laisser dire… Après les années difficiles, la météo catastrophique et les finances dans le rouge, le Printemps de Bourges a réussi à se redresser et trouver le rythme pour tenir la tête haute, une mutation sans se rogner et conserver ce qui est dans son ADN, la présentation au public de ceux qui feront la musique de demain, en parallèle de la présence de grosses têtes d’affiche.

Hommage à Jacques Higelin, 18Avril, le Palais d’Auron.

Pour cette 43ème édition, on peut d’ores et déjà affirmer que l’hommage rendu par les trois enfants de Jacques Higelin, Izia, Arthur et Ken et bon nombre de ses amis, dans un spectacle intitulé «Jacques, Joseph, Victor… dort » sera l’une des soirées marquantes. Autre évènement très attendu, le nouvel arrangement de « L’homme à la tête de chou » de Jean-Claude Gallota, un spectacle qui mêlera musique et danse et célèbrera Serge Gainsbourg et Alain Bashung. Dans un genre totalement différent encore, Rodolphe Burger se produira à l’Abbaye de Noirlac pour un spectacle spécialement conçu pour l’édifice millénaire.

Quatorze anciens Inouïs seront également de la fête avec notamment Aloïze Sauvage, Odezenne, ou Radio Elvis. La sélection des Inouïs 2019 sera quant à elle révélée le 21 Février. Au fil des ans, cette sélection est devenue une véritable référence et beaucoup se pressent pour bénéficier de ce « label ».

Aloïse Sauvage, 19Avril, l’Auditorium.

En plus des soirées hip-hop le 18 avril (avec entre autres, Dod Saint Jude et Pongo) et rock (Lady Bird, Rendez-vous…) le 19, la nouvelle scène de la chanson pop francophone sera aussi présente avec Hubert Lenoir, Requin Chagrin ou bien encore Bleu Toucan.

Hubert-Félix Thiéfaine, 17Avril, le W.

Zazie, 18Avril, le W.

Lou Doillon, 18Avril, l’Auditorium.

Aya Nakamura, 21Avril, le W.

Mais pour que la fête soit complète, il ne fallait pas oublier des têtes d’affiche fédératrices. Hubert-Félix Thiéfaine viendra donc célébrer ses 40 ans de carrière. Boulevard des Airs, Zazie, Lou Doillon, Charlie Winston, Gaëtan Roussel feront eux aussi le détour par le Berry. Tout comme la jeune Aya Nakamura, récemment nommée aux Victoires de la musique, qui se produira pour la première fois sur une scène du Printemps.

Jeanne Added, 19Avril, le W + le Palais d’Auron.

Vald, 18Avril, la Halle au Blé.

Gringe, 18Avril, la Halle au Blé.

Autres concerts très attendus, ceux de Jeanne Added, Victoire de l’artiste féminine de l’année, la talentueuse Clara Luciani, Ofenbach, Thérapie Taxi, Vitalic ou Salut c’est cool. La musique urbaine ne sera pas en reste avec Gringe, l’Ordre du Périph, Vald mais aussi Columbine ou Giorgio. La cuvée 2019 s’annonce prometteuse.

–  Programme complet et réservations sur printempsdebourges.com – 

Le premier Main Square Festival à guichets fermés: c’était show!

120.000 festivaliers, 36 concerts, 20.000 pass trois jours vendus plus de cinq mois avant l’ouverture du festival, 45.000 visiteurs uniques pour suivre les dix concerts (dont celui de Muse) diffusés en direct via le webcast du site internet, l’édition 2015 du Main Square d’Arras a été celle de tous les records (de quoi justifier le partenariat reconduit pour cinq ans avec la ville d’Arras). Retour sur ces trois jours de folie.                  DSC_6425_Fotor

D’abord, il y a eu cette invitée de dernière minute: la canicule! Lorsque le Festival a accueilli ses premiers participants, le mercure flirtait avec les 40° entre les murs de la Citadelle où l’ombre est des plus réduites. De quoi justifier la prise d’assaut du stand du merchandising officiel, ses casquettes et ses panamas. L’an dernier, les ponchos jouaient les remparts modestes contre la pluie. Cette année, le couvre-chef avait des airs de précieux graal. Mais il ne faut pas bouder son plaisir : un festival sans pluie reste malgré tout la meilleure des options. Même si celui là démarrait sous la très, très grosse chaleur.

Ensuite, il y avait cette programmation exceptionnelle, accrochant aussi bien la première date française de Muse que le premier festival hexagonal de James Bay, The Script, Hozier ou bien encore Sheppard. Au fil des révélations successives, on se disait que cette édition était décidément celle de toutes les envies. Quitte à la jouer perso, on aurait bien troqué untel contre les Fall Out Boy ou tel autre contre The Dukes, la révélation rock de ces derniers mois mais en dehors de ça… des heures de plaisir en perspective.

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Sheppard // Green Room.

Passée la déception de ne pouvoir découvrir GEORGE EZRA sur scène (le jeune britannique de vingt et un ans, souffrant, avait dû déclarer forfait pour trois concerts), cap sur la Green Room où la tribu SHEPPARD (deux soeurs, leur frère et trois copains musiciens) donnait immédiatement le ton de cette première journée . Les jeunes australiens, ignorant la chaleur, ont facilement entrainé le public avec leur pop rock joyeux. « Geronimo », leur tube qui a même réussi l’exploit de ravir à Pharrell Williams et son « Happy » la tête des charts dans pas mal de pays, a  été repris par des milliers de spectateurs enthousiastes… qui auraient bien repris encore de ces airs ultra-vitaminés.

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Hozier // Main Stage.

Ambiance plus calme avec HOZIER sur la Main Stage. Les boucles brunes retenues en chignon, ses presque deux mètres portant beau la chemise légèrement ouverte sur le tee-shirt échancré coordonné, le jeune irlandais soigne visiblement son apparence. Lui que l’on dit timide, n’a jamais quitté ses lunettes de soleil sombres. Mais le sourire était aussi généreux que ses échanges avec le public arrageois. Changeant régulièrement de guitare, Hozier se donne à fond. La veille, il enflammait un Olympia (Paris) plein à craquer. Il avait envie de rejouer la partition avec le même succès au Main Square. Pari compliqué car la chaleur pénalisait manifestement les énergies. Même l’ entrainant « Angel of small Death and the Codeine Scene » a eu du mal à lutter. Peut-être l’horaire encore tôt dans l’apres-midi ? Peut-être l’immense Main Stage, la Green Room se prêtant peut-être davantage à ses paroles pleines de sens et ses refrains plus intimistes. En fin de set, « Take me to Church » a heureusement mis tout le monde d’accord et des milliers de spectateurs ont entonné ce succès planétaire avec son auteur.

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The Script // Main Stage.

Ce vendredi ayant décidément des airs de ballade irlandaise, le trio de THE SCRIPT, qui expérimentait son premier festival français, a raflé le premier très gros succès de la journée (Interview et Live Review). Sur scène, entre proximité et rires, airs à faire vibrer des stades entiers, Dany O’Donoghue, Mark Sheehan et Glen Power envoient. Et le public répond massivement. Totalement bluffant.

Plus introverti, Lenny Kravitz assure le show avec la facilité d’un vieux routier de la scène. La barbe dense, lunettes de soleil malgré l’horaire tardif, pantalon de cuir, tee shirt coloré sous gilet léopard, l’américain revenait au Main Square six ans après son premier passage. Le musicien semble parfois un peu dans un ailleurs musical,  comme ce moment improbable, ce « Mama said » étiré sur plus d’un quart d’heure, avec long solo de guitare, batterie, saxo et.. trompette. Mais Lenny Kravitz sait qu’il peut tout se permettre et ses fans sont ravis. Les tubes sont tous là, d’ « American Woman » à « Are you gonna Go my Way », en passant par « I Belong to you » et bien sûr « Fly away ». Après, les perpétuels insatisfaits pourront toujours râler, Lenny Kravitz, c’est quand même « the Touch of Class ».

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Kodaline // Green Room.

Un premier quart d’heure manqué pour cause d’horaire qui se chevauche et se réjouir ensuite de pouvoir applaudir KODALINE. En 2013, le quatuor irlandais sortait « In a Perfect World », son premier opus. Un nom que le recul croirait prédestiné tant le succès ne cesse de grossir depuis. Il y a quelques années, ils assuraient la première partie de la tournée européenne des Cranberries, deux disques plus tard et les voilà en haut des line up. Un  univers bien à eux, à la fois moderne et nostalgique, beaucoup moins léger qu’il n’y parait, le public ne s’y est pas trompé et les quatre beaux gosses ne semblent pas prêts d’en avoir fini avec le succès.

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Shaka Ponk // Main Stage.

Changement d’ambiance enfin, avec les SHAKA PONK. La joyeuse bande de Frah et Sam débarque avec ses nouvelles tenues immaculées, Goz, son singe, ses projections hyper calibrées et tout ce qui a contribué à en faire l’un des groupes majeurs de la scène rock française. Les « monkeys », leurs fans dont les rangs ne cessent de grossir, exultent et se moquent bien que la pendule affiche 2 heures quand s’éteindront les amplis. D’un bout à l’autre du concert, ils reprennent chaque morceau, ils rient, ils sautent, certainement l’un des meilleurs publics du moment. Espérons juste, que les Shaka, à force d’être à l’affiche de la quasi totalité des festivals cette année ne finiront pas par perdre un peu de leurs charmes. Avancer à pas dosés, susciter l’envie, sont parfois gages de durée.

Un samedi placé sous le signe de MUSE.

Vers 10 heures, la longue avenue entre Parc et Citadelle voyait débarquer les plus téméraires, ces fans historiques de MUSE qui n’auraient manqué la première date française de leurs idoles pour rien au monde. Une heure plus tard, ils étaient déjà plusieurs centaines. Et à 13h30 quand les portes se sont ouvertes, on aurait pu croire au départ d’un sprint. Malgré les sacs à dos lestés par la poche à boisson remplie au maximum, les sandwiches et tout le kit de survie du parfait festivalier, il s’agissait d’obtenir la meilleure place, au premier rang, si possible au milieu. Pas forcément pour être vus (le trio ne provoque pas la même hystérie que les One Direction) mais pour voir le mieux possible et se donner l’illusion, peut-être, que Matthew Bellamy a beau être une star, il n’en reste pas moins accessible. Et le manège s’est poursuivi jusqu’à ce que la Citadelle ne puisse plus grossir ses rangs davantage.

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Coasts // Green Room.

Mauvaise pioche pour les artistes se produisant sur la Green Room. Vraiment pas de chance pour JAMES BAY notamment qui aurait tellement mérité un succès plus massif (Live Review) et COASTS, jeune formation originaire de Bristol dont le rock indie n’a pas connu l’engouement escompté. Le leader, qui affichait un ego assez insupportable et le bassiste, roi du jeu de mèche, y trouveront peut-être un enseignement. Toute expérience doit porter ses fruits…

Jour de chance en revanche pour TWIN ATLANTIC. Les quatre écossais ont sorti trois albums et parcouru le monde avec leur rock puissant. Leurs fans français les attendaient depuis longtemps, ils n’ont pas été déçus. Un show enlevé, brillant, hyper énergique et musicalement au top. Chance aussi pour Mat Bastard, le leader de SKIP THE USE. « J’ai envie que tous les américains et tous les anglais qui nous écoutent derrière la scène se disent « C’est qui ces malades? Vous êtes prêts? » Et le lillois de réussir à faire assoir les 35.000 personnes déjà massées face à la scène, à les faire danser, jouer, chanter. Chaque concert de Skip The Use est un vrai moment d’euphorie. Celui de ce Main Square restera indéniablement dans les souvenirs.

Et puis vint l’heure de MUSE. Un petit quart d’heure de retard (assez pour prolonger l’expérience de l’extrême promiscuité, des pieds qui se piétinent, des bières qui vous rincent sans autorisation, des allés avec volonté de retour de tous ceux que la vessie trahissait, de la mauvaise foi un brin batailleuse de ces autres qui tentent de se faufiler malgré l’impossibilité totale du projet) et Matthew Bellamy débarque sur scène, la silhouette fine, le visage fermé. Le guitariste laisse éclater ses riffs les plus fameux. La setlist est  idéalement dosée, une forte présence de singles à succès et les plus belles plages de « Drones », leur dernier opus, plus rock que les précédents, largement salués par la critique.

Qu’on aime ou pas, difficile de ne pas se laisser avoir par la mise en place, les airs reconnaissables sitôt les premiers accords, l’énorme machinerie sur scène, depuis les projections jusqu’à l’impressionnant lancé de confettis. Le lâcher de ballons, incontournable chez Muse, est également de la fête. « Madness », « Starlight », « Dead inside », « Plug In Baby », il ne manque personne! La voix de Bellamy est juste, la puissance sans défaut, ses complices jouent à la perfection. Peu d’échanges avec le public mais un « On aime la France » qui glissera un peu de baume sur les frustrations. Le final est bluffant. MUSE a retrouvé sa meilleure inspiration.

La tristesse du départ malgré un « Happy » très show.

Les troisièmes et derniers jours de festival sont souvent les plus difficiles. Les organismes accusent le manque de sommeil, les jambes, qui ont piétiné et patienté durant des heures, se font plus lourdes et le moral connaît lui aussi une baisse de régime : un dernier tour de concerts et il faudra se quitter, décompter jusqu’à la prochaine édition.

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Tiken Jah Fakoly // Main Stage.

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IAM // Main Stage.

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Lilly Wood & The Prick // Main Stage.

 Une averse assez rapide pour ne pas gêner, des températures plus supportables, la météo a joué participatif jusqu’au bout! Assez raccord avec la programmation du jour : l’ivoirien TIKEN JAH FAKOLY, en grand sage humaniste, militant des droits de l’homme, appelant à soutenir le Burundi qui se construit, apostrophant les états corrompus d’une Afrique qu’il rêve plus proche de ses habitants, plus à même d’offrir à chacun santé, sécurité, éducation, égalité… Son reggae, que l’on dit digne héritier de Bob Marley, fait plutôt penser aux partitions d’Ali Farka Touré. Beaucoup de musiciens sur scène, des choristes-danseuses largement mises en valeur, le spectacle était total.

De la chaleur toujours et jusque dans l’accent également, avec IAM. Plus de vingt cinq ans que les Marseillais portent l’étendard du rap français. Les chansons récentes sont moins des usines à tubes que « le Mia » (qui a enthousiasmé le public ce dimanche encore) mais le succès est toujours là. Inter-générationnelle, la bande d’Akhenaton, a résisté au temps et se présente toujours dans sa formation d’origine. Le rap n’est pas notre musique favorite mais les marseillais maîtrisent incontestablement le genre et savent tenir la scène sans temps morts. Respect.

En 2011, ils étaient nominés aux Victoires de la Musique parmi les Révélations du Public.. qu’ils décrochaient haut la main. Quatre ans plus tard, Nili Hadida et Benjamin Cotto (ben oui, ils ont aussi un vrai nom et prénom!), autrement dit LILLY WOOD AND THE PRICK, duo parmi les plus brillants de la pop française, s’imposait facilement sur la Main Stage. Plein d’humour, prenant un plaisir manifeste à jouer devant un parterre aussi impressionnant, les complices ont mixé titres de leur deuxième album (là encore, couronné de succès) et les tubes qui les avaient lancés. Un dosage judicieux à l’évidence.

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Sam Smith // Green Room.

Pause soul ensuite sur la Green Room avec SAM SMITH, vingt-trois ans, mais ayant l’air de chanter depuis toujours, un album qui a raflé tous les trophées et cinq singles vendus par millions. Une popularité et un succès planétaire qui expliquent l’immense succès offert par le public du Main Square: des milliers de fans attendaient depuis le début d’après-midi pour l’entendre interpréter « Money on my Mind », « I’m not the only one » et bien sûr, « Stay with me ».

La mise en scène est originale et élégante, les trois choristes tiennent une vraie place. Quant à la voix de Sam Smith, récemment opérée aux Etats Unis, elle a retrouvé puissance et nuances. C’est à nouveau un vrai beau moment, une parenthèse tendresse en ces dernières heures de festival. Visiblement touché, le jeune homme a du mal à cacher son émotion. Et c’est les larmes aux yeux qu’il repartira, remerciant à nouveau, regrettant de devoir abandonner la scène alors que le public le réclame encore.

Belle affiche décidément sur la Green Room qui avait vu quelques heures plus tôt l’australien JOSEF SALVAT séduire sans peine avec sa voix cde crooner et ses refrains nostalgiques. Largement médiatisé depuis sa reprise de « Diamonds » de Rihanna, l’australien est un artiste bien plus large que ce cover. « In your Prime », son premier album lui a permis de connaitre une reconnaissance internationale, pleinement justifiée.

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Mumford & Sons // Main Stage.

Changement de registre avec les MUMFORD AND SONS, joyeuse bande britannique qui a de très nombreux fans en France mais qui se produit trop rarement chez nous. C’est dire si leur venue était attendue! Avec ses accents rétro, le groupe né dans l’est de Londres, a très vite connu le succès parmi la scène néo folk. Le premier album, il y a tout juste cinq ans, a été salué dès sa sortie mais c’est le deuxième opus, « Babel », qui permettra le vrai succès. Sur scène, la complicité des compères, tous beaux garçons, ce qui ne gâche rien,  est totale. Chacun tient son rôle avec efficacité. Le banjo, la contrebasse et la mandoline, souvent absents des partitions rocks, s’imposent ici avec superbe. Le chanteur maîtrise parfaitement le français et les traits d’humour sont autant de moments complices avec des spectateurs totalement acquis à leur cause. Pour beaucoup (et nous en étions!), ce concert était la grosse attente de la journée. Un seul regret : les soixante-dix minutes se sont écoulés bien trop vite.DSC_6548 DSC_6526

Pharrell Williams // Main Stage.

Enfin, difficile de ne pas parler de l’homme au chapeau, Monsieur succès mondial de 2013, celui dont le titre a été repris par des millions de fans dans le monde, mis en images des millions de fois avec des scénarios plus ou moins réussis : PHARRELL WILLIAMS. Si beaucoup l’ont découvert à cette occasion, l’américain affiche pourtant plus de vingt ans de carrière. Avec son groupe, The Neptunes, devenu duo de producteurs, il faisait même partie des professionnels les plus recherchés par les stars internationales à qui il a offert leurs plus gros hits.

Ses deux derniers albums solo ont visiblement bénéficié de toute cette expérience et de ses précieuses recettes car ils se sont placés très vite dans les meilleures ventes. Exigeant, ultra professionnel, Pharrell Williams a incontestablement le sens de la création. Sur scène, avec ses danseuses et choristes qui assurent un vrai show à l’américaine, tout est cadré et ne laisse aucune place à l’improvisation. Les lumières comme les projections ont elles aussi laissé la part belle à l’innovation. Pharrell Williams démarre son set avec « Freedom », son tout nouveau titre puis enchaîne avec plusieurs morceaux extraits de l’album « Girl ». Quelques anciens tubes enchaînés puis les incontournables « Rockstar » et « Lapdance » pour lesquels des fans sont invités à le rejoindre sur scène. L’hystérie est à son comble avec « She wants to move », morceau où seules les filles peuvent prolonger le mom

L’artiste est visiblement d’humeur souriante. Un peu diva mais cent pour cent musicien, il enchaîne les morceaux avec grâce. « Lose yourself to Dance » encore, « Get lucky » de Daft Punk bien sûr et « Happy » pour dernière danse. Bonne idée que de nous faire bouger. Le vent tentait de reprendre des forces et il faisait frais soudain dans la Citadelle. A moins que ces frissons soient ceux de l’émotion du départ…

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

Main Square Festival: 14 nouveaux noms confirmés!

On en sait désormais un peu plus sur l’édition 2015 du Main Square Festival. Les organisateurs viennent tout juste de révéler quatorze nouveaux noms. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ il y a du beau monde ! A Lenny Kravitz et Shaka Ponk le vendredi 3 juillet, s’ajouteront donc les irlandais de The Script, Hozier, la révélation de ces derniers mois, qui effectuera la veille son premier Olympia parisien à guichets fermés, George Ezra, Rone et Patrice.

Le lendemain, Madeon, Fakear, BRNS et Skip The Use, la joyeuse bande de Matt Bastard, compléteront la soirée emmenée par Muse.

Dimanche enfin, clôture en apothéose et de très grosses surprises avec l’ajout de Sam Smith, IAM, Tiken Jah Fakoly, Rudimental et The Avener complétant une affiche où figuraient déjà Pharrel Williams et Lilly Wood and the Prick.

Fidèle à ses engagements initiaux, le Main Square poursuit son exploration de tous les genres musicaux. Un parti pris manifestement payant si on en juge par l’engouement suscité lors de la mise en vente des billets (en vente notamment sur le site mainsquarefestival.fr – 115 euros le pass trois jours – 49 euros le pass 1 jour vendredi et dimanche. Pour la journée de samedi, c’ est déjà complet).


Update.

Dites donc le Main Square… Vous en avez encore beaucoup des annonces de ce niveau ? Ceux qui pensaient que la programmation jouerait un peu plus soft après l’édition du dixième anniversaire l’an dernier et ses quatre jours incroyables vont pouvoir réviser leurs augures: chaque semaine apporte encore son lot de (grosses) surprises ! Alors que l’on pensait le line up complet et qu’on piaffait déjà d’impatience face à cette affiche au delà des attentes les plus folles, voilà donc six autres noms. Et pas des moindres !

Le 3 juillet, c’est Lindsey Stirling, violoniste performeuse californienne (ultra récompensée, près d’un milliard de vues sur Youtube) qui ajoutera la Citadelle Calaisienne à sa tournée internationale. Le vendredi toujours, Sheppard, les australiens à qui l’on doit le tubesque « Geronimo » sera aussi de la fête. Une pop enjouée qui depuis près de six ans s’étend bien au delà de leur Brisbane natale. Enfin, grosse nouvelle annonce pour ce premier jour, la présence des irlandais de Kodaline ! Ils viennent de boucler un Trianon sold out. Leur nouvel album, « Coming up for air » est un succès international. Attention poids lourds! Pour mémo, il y avait déjà Shaka Ponk et Lenny Kravitz, The Script et George Ezra (notamment) pour ce jour ouverture…

Le 4 juillet, Circa Waves et son indie rock né voilà deux ans sur les confins de Liverpool se glisseront dans une affiche à laquelle vient également d’être annoncée Mumford and Sons. Presque dix ans que les rockeurs londoniens accrochent à coups de morceaux hyper léchés et de paroles ciselées (qui leur a d’ailleurs valu le Grammy de l’album 2013) mais leurs tournées passent rarement par la France. Leur venue au Mainsquare a donc ravi leurs nombreux fans qui se désespéraient de ne pas les voir sur scène. Autre annonce choc, celle de la venue de Royal Blood. Le duo basse-batterie de Brighton devrait cartonner alors que Muse, Fakear et Skip the Use sont aussi (et accessoirement !!) attendus.

Le 5 juillet, Oscar and the Wolf derrière lequel se cache Max Colombie, musicien belge qui livre une musique aux contours inclassables et Love Makonnen, autrement dit Makonnen Sheran, jeune artiste américain de 25 ans, auteur d’un hip hop singulier ont eux aussi été portés sur les listes… alors que Sam Smith, Lilly Wood and the Prick, Pharrell Williams et Iam (entre autres) actionneront le bouquet final de trois jours ultra haut de gamme.

Magali MICHEL.

En scène, ça tourne!

Cette fois, on y est ! Balayés les derniers grains de sable, foutus squatters de nos Converse post baignades. Estompé le bruit mécanique des vagues échouées sur le rivage. Même si la météo la joue fourbe et tente de faire diversion pendant que les feuillages décrochent, la rentrée n’est pas belle mais bien là. Ses réveils anticipés, ses périphériques saturés. Et sa course constante. Pas le jogging matinal parmi les pins. Non ! la course contre le temps, la course pour tout et souvent pour rien. Il y a de la grise mine sous le bronzage. Bonne nouvelle pourtant : la rentrée 2014 sera un bon millésime. Coté concerts, le plus difficile sera donc de choisir. A vos agendas!

Beck.

Le 11 septembre, Beck sera au Zénith de Paris avec Sean Lennon (oui, le fils de!) Le songwriter le plus prolifique de ces dernières années devrait encore une fois faire salle pleine. Deux jours plus tard, lui succédera la sublime Lauryn Hill (ex-Fugees) et son soul si maîtrisé. Changement radical de registre le 30, avec The Libertines et son incontrôlable leader, Pete Doherty. Quand le musicien est dans un jour « avec », ou plutôt sans ses démons énivrants, la performance est au rendez-vous et le moment toujours mémorable.

Dans la série, gros barnum, Jay Z et Beyonce installeront leur « On the run Tour » au Stade de France les 12 et 13. Il va falloir jouer vite pour tenter de reprendre « Single Lady » avec la belle dans les tribunes de Saint-Denis car le second soir est complet et le premier le sera sous peu.

Américaine aussi mais dans la série « old legend » cette fois, Joan Baez organise son sitting à l’Olympia du 30 septembre au 7 Octobre. L’ égérie du folk contestataire des années 60 est en tournée mondiale depuis plusieurs mois; la « Dylan au féminin » a toujours autant de succès et il ne reste plus que quelques places pour les deux derniers soirs.

Des airs contestataires aussi souvent chez Sanseverino qui s’attaque cette fois au répertoire des années trente. Ce nouvel opus, intitulé « Le petit bal perdu », sera (notamment) interprété dans le cadre intimiste du Divan du Monde (Paris) le 20, deux jours avant la sortie de l’album.

Christine and the Queens.

Ca chauffera aussi du côté des tour-bus: Florent Pagny s’élancera le 15 pour trois mois. Pascal Obispo poursuit sa tournée triomphale jusqu’au 19 décembre. Etienne Daho, largement rassuré par sa tournée estivale, promènera son « Diskonoir Tour » du 27 septembre jusqu’au 20 décembre. CharlElie Couture a momentanément oublié ses toiles et son atelier new yorkais pour revenir le temps de quelques dates, du 22 septembre au 23 Novembre. Miossec sera voyageur du 7 Octobre au 8 décembre. Michel Jonasz et Jean-Yves d’Angelo, son complice de toujours, reposeront leur « Piano Voix -saison 2 » du 19 septembre au 30 Mai pour vingt-cinq dates, avec passage au Casino de Paris le 6 février. Quant à la nantaise Christine and the Queens, véritable révélation 2014, désormais entourée de danseurs et musiciens, elle se promènera (après son passage au Festival Scopitones de Nantes) jusqu’à la fin de l’année.

En septembre encore, Louis Delort et The Sheperds se remettront en route. Plusieurs dates de la tournée avaient été reportées, le premier album du groupe étant repoussé à l’automne. Tout est désormais prêt pour le partage. De quoi réjouir leurs nombreux fans que les premiers extraits avaient rendu très impatients. Le 20 septembre, le groupe sera en concert à la Chapelle Vendomoise (Loir et Cher) – à noter en première partie, la présence d’Al Delort (oui, le père de!), incomparable jongleur de mots, observateur aigu de la vie et de ses errements- avant une tournée jalonnée de nombreuses dates dont le Trianon (Paris), le 9 octobre.

Louis Bertignac démarrera au Divan du Monde (Paris) le 9 Octobre une série de concerts intimistes puis enchaînera sur une tournée de salles plus importantes l’an prochain. Son nouvel album est lui aussi très attendu.

Kyo, qui a réussi son retour après une décennie de silence, démarre son « Graal Tour » le 2 octobre (Olympia le 23, déjà complet) et le poursuit au moins jusqu’à la fin février. Le trio anglais de London Grammar repassera en France pour quatre dates exceptionnelles (dont Dijon le 30 septembre et le Palais des Sports de Paris le 22 Octobre). Anglais lui aussi, Lewis Watson sortira ses guitares le 6 octobre au Casino de Paris.

FFF, qui a été de tous les festivals ou presque cet été, poursuit sa route. Après Bayonne le 8 septembre, ce sera Le Petit Bain (Paris) dans le cadre des « Villes des musiques du Monde ». Même chose du côté de Skip The Use. Redémarrage le 25 septembre à Dijon pour deux mois dont une escale au Zénith de Paris le 10 octobre.

Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc créeront l’évènement au Palais Omnisports de Bercy du 5 au 9 novembre. Plus de 80.000 spectateurs et une billetterie prise d’assaut sitôt l’ouverture. « Les Vieilles Canailles » font recette. Respect.

Bercy, qui est en pleine rénovation, restera ouvert pour quelques soirs supplémentaires et accueillera Kylie minogue le 15 novembre, Elton John le 19, les Shaka Ponk le 20, Lenny Kravitz le 23 (sa tournée se poursuivra ensuite en France) et la toujours étonnante Lady Gaga le 24. Fort du succès de son dernier album, disque de platine quelques jours après sa sortie, Calogero y allumera ses « feux d’artifices » le 22 avant de poursuivre sa tournée pour plusieurs mois.

Ed Sheeran sera en concert à Villeurbanne le 22 Novembre et le 27 au Bataclan (Paris) avant de revenir pour plusieurs dates exceptionnelles en février. Sa présence de ce côté ci de la Manche est un évènement qu’il vaut mieux ne pas rater car le monde entier s’arrache ce jeune britannique, dont on ne compte plus ni les tubes, ni le récompenses.

De quoi tenir jusqu’aux fêtes de fin d’année. Au moins. Choisir, c’est renoncer dit-on. Malin!! Et celui qui n’a pas envie de renoncer, il fait comment ?

Magali MICHEL.