Le premier Main Square Festival à guichets fermés: c’était show!

120.000 festivaliers, 36 concerts, 20.000 pass trois jours vendus plus de cinq mois avant l’ouverture du festival, 45.000 visiteurs uniques pour suivre les dix concerts (dont celui de Muse) diffusés en direct via le webcast du site internet, l’édition 2015 du Main Square d’Arras a été celle de tous les records (de quoi justifier le partenariat reconduit pour cinq ans avec la ville d’Arras). Retour sur ces trois jours de folie.                  DSC_6425_Fotor

D’abord, il y a eu cette invitée de dernière minute: la canicule! Lorsque le Festival a accueilli ses premiers participants, le mercure flirtait avec les 40° entre les murs de la Citadelle où l’ombre est des plus réduites. De quoi justifier la prise d’assaut du stand du merchandising officiel, ses casquettes et ses panamas. L’an dernier, les ponchos jouaient les remparts modestes contre la pluie. Cette année, le couvre-chef avait des airs de précieux graal. Mais il ne faut pas bouder son plaisir : un festival sans pluie reste malgré tout la meilleure des options. Même si celui là démarrait sous la très, très grosse chaleur.

Ensuite, il y avait cette programmation exceptionnelle, accrochant aussi bien la première date française de Muse que le premier festival hexagonal de James Bay, The Script, Hozier ou bien encore Sheppard. Au fil des révélations successives, on se disait que cette édition était décidément celle de toutes les envies. Quitte à la jouer perso, on aurait bien troqué untel contre les Fall Out Boy ou tel autre contre The Dukes, la révélation rock de ces derniers mois mais en dehors de ça… des heures de plaisir en perspective.

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Sheppard // Green Room.

Passée la déception de ne pouvoir découvrir GEORGE EZRA sur scène (le jeune britannique de vingt et un ans, souffrant, avait dû déclarer forfait pour trois concerts), cap sur la Green Room où la tribu SHEPPARD (deux soeurs, leur frère et trois copains musiciens) donnait immédiatement le ton de cette première journée . Les jeunes australiens, ignorant la chaleur, ont facilement entrainé le public avec leur pop rock joyeux. « Geronimo », leur tube qui a même réussi l’exploit de ravir à Pharrell Williams et son « Happy » la tête des charts dans pas mal de pays, a  été repris par des milliers de spectateurs enthousiastes… qui auraient bien repris encore de ces airs ultra-vitaminés.

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Hozier // Main Stage.

Ambiance plus calme avec HOZIER sur la Main Stage. Les boucles brunes retenues en chignon, ses presque deux mètres portant beau la chemise légèrement ouverte sur le tee-shirt échancré coordonné, le jeune irlandais soigne visiblement son apparence. Lui que l’on dit timide, n’a jamais quitté ses lunettes de soleil sombres. Mais le sourire était aussi généreux que ses échanges avec le public arrageois. Changeant régulièrement de guitare, Hozier se donne à fond. La veille, il enflammait un Olympia (Paris) plein à craquer. Il avait envie de rejouer la partition avec le même succès au Main Square. Pari compliqué car la chaleur pénalisait manifestement les énergies. Même l’ entrainant « Angel of small Death and the Codeine Scene » a eu du mal à lutter. Peut-être l’horaire encore tôt dans l’apres-midi ? Peut-être l’immense Main Stage, la Green Room se prêtant peut-être davantage à ses paroles pleines de sens et ses refrains plus intimistes. En fin de set, « Take me to Church » a heureusement mis tout le monde d’accord et des milliers de spectateurs ont entonné ce succès planétaire avec son auteur.

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The Script // Main Stage.

Ce vendredi ayant décidément des airs de ballade irlandaise, le trio de THE SCRIPT, qui expérimentait son premier festival français, a raflé le premier très gros succès de la journée (Interview et Live Review). Sur scène, entre proximité et rires, airs à faire vibrer des stades entiers, Dany O’Donoghue, Mark Sheehan et Glen Power envoient. Et le public répond massivement. Totalement bluffant.

Plus introverti, Lenny Kravitz assure le show avec la facilité d’un vieux routier de la scène. La barbe dense, lunettes de soleil malgré l’horaire tardif, pantalon de cuir, tee shirt coloré sous gilet léopard, l’américain revenait au Main Square six ans après son premier passage. Le musicien semble parfois un peu dans un ailleurs musical,  comme ce moment improbable, ce « Mama said » étiré sur plus d’un quart d’heure, avec long solo de guitare, batterie, saxo et.. trompette. Mais Lenny Kravitz sait qu’il peut tout se permettre et ses fans sont ravis. Les tubes sont tous là, d’ « American Woman » à « Are you gonna Go my Way », en passant par « I Belong to you » et bien sûr « Fly away ». Après, les perpétuels insatisfaits pourront toujours râler, Lenny Kravitz, c’est quand même « the Touch of Class ».

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Kodaline // Green Room.

Un premier quart d’heure manqué pour cause d’horaire qui se chevauche et se réjouir ensuite de pouvoir applaudir KODALINE. En 2013, le quatuor irlandais sortait « In a Perfect World », son premier opus. Un nom que le recul croirait prédestiné tant le succès ne cesse de grossir depuis. Il y a quelques années, ils assuraient la première partie de la tournée européenne des Cranberries, deux disques plus tard et les voilà en haut des line up. Un  univers bien à eux, à la fois moderne et nostalgique, beaucoup moins léger qu’il n’y parait, le public ne s’y est pas trompé et les quatre beaux gosses ne semblent pas prêts d’en avoir fini avec le succès.

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Shaka Ponk // Main Stage.

Changement d’ambiance enfin, avec les SHAKA PONK. La joyeuse bande de Frah et Sam débarque avec ses nouvelles tenues immaculées, Goz, son singe, ses projections hyper calibrées et tout ce qui a contribué à en faire l’un des groupes majeurs de la scène rock française. Les « monkeys », leurs fans dont les rangs ne cessent de grossir, exultent et se moquent bien que la pendule affiche 2 heures quand s’éteindront les amplis. D’un bout à l’autre du concert, ils reprennent chaque morceau, ils rient, ils sautent, certainement l’un des meilleurs publics du moment. Espérons juste, que les Shaka, à force d’être à l’affiche de la quasi totalité des festivals cette année ne finiront pas par perdre un peu de leurs charmes. Avancer à pas dosés, susciter l’envie, sont parfois gages de durée.

Un samedi placé sous le signe de MUSE.

Vers 10 heures, la longue avenue entre Parc et Citadelle voyait débarquer les plus téméraires, ces fans historiques de MUSE qui n’auraient manqué la première date française de leurs idoles pour rien au monde. Une heure plus tard, ils étaient déjà plusieurs centaines. Et à 13h30 quand les portes se sont ouvertes, on aurait pu croire au départ d’un sprint. Malgré les sacs à dos lestés par la poche à boisson remplie au maximum, les sandwiches et tout le kit de survie du parfait festivalier, il s’agissait d’obtenir la meilleure place, au premier rang, si possible au milieu. Pas forcément pour être vus (le trio ne provoque pas la même hystérie que les One Direction) mais pour voir le mieux possible et se donner l’illusion, peut-être, que Matthew Bellamy a beau être une star, il n’en reste pas moins accessible. Et le manège s’est poursuivi jusqu’à ce que la Citadelle ne puisse plus grossir ses rangs davantage.

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Coasts // Green Room.

Mauvaise pioche pour les artistes se produisant sur la Green Room. Vraiment pas de chance pour JAMES BAY notamment qui aurait tellement mérité un succès plus massif (Live Review) et COASTS, jeune formation originaire de Bristol dont le rock indie n’a pas connu l’engouement escompté. Le leader, qui affichait un ego assez insupportable et le bassiste, roi du jeu de mèche, y trouveront peut-être un enseignement. Toute expérience doit porter ses fruits…

Jour de chance en revanche pour TWIN ATLANTIC. Les quatre écossais ont sorti trois albums et parcouru le monde avec leur rock puissant. Leurs fans français les attendaient depuis longtemps, ils n’ont pas été déçus. Un show enlevé, brillant, hyper énergique et musicalement au top. Chance aussi pour Mat Bastard, le leader de SKIP THE USE. « J’ai envie que tous les américains et tous les anglais qui nous écoutent derrière la scène se disent « C’est qui ces malades? Vous êtes prêts? » Et le lillois de réussir à faire assoir les 35.000 personnes déjà massées face à la scène, à les faire danser, jouer, chanter. Chaque concert de Skip The Use est un vrai moment d’euphorie. Celui de ce Main Square restera indéniablement dans les souvenirs.

Et puis vint l’heure de MUSE. Un petit quart d’heure de retard (assez pour prolonger l’expérience de l’extrême promiscuité, des pieds qui se piétinent, des bières qui vous rincent sans autorisation, des allés avec volonté de retour de tous ceux que la vessie trahissait, de la mauvaise foi un brin batailleuse de ces autres qui tentent de se faufiler malgré l’impossibilité totale du projet) et Matthew Bellamy débarque sur scène, la silhouette fine, le visage fermé. Le guitariste laisse éclater ses riffs les plus fameux. La setlist est  idéalement dosée, une forte présence de singles à succès et les plus belles plages de « Drones », leur dernier opus, plus rock que les précédents, largement salués par la critique.

Qu’on aime ou pas, difficile de ne pas se laisser avoir par la mise en place, les airs reconnaissables sitôt les premiers accords, l’énorme machinerie sur scène, depuis les projections jusqu’à l’impressionnant lancé de confettis. Le lâcher de ballons, incontournable chez Muse, est également de la fête. « Madness », « Starlight », « Dead inside », « Plug In Baby », il ne manque personne! La voix de Bellamy est juste, la puissance sans défaut, ses complices jouent à la perfection. Peu d’échanges avec le public mais un « On aime la France » qui glissera un peu de baume sur les frustrations. Le final est bluffant. MUSE a retrouvé sa meilleure inspiration.

La tristesse du départ malgré un « Happy » très show.

Les troisièmes et derniers jours de festival sont souvent les plus difficiles. Les organismes accusent le manque de sommeil, les jambes, qui ont piétiné et patienté durant des heures, se font plus lourdes et le moral connaît lui aussi une baisse de régime : un dernier tour de concerts et il faudra se quitter, décompter jusqu’à la prochaine édition.

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Tiken Jah Fakoly // Main Stage.

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IAM // Main Stage.

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Lilly Wood & The Prick // Main Stage.

 Une averse assez rapide pour ne pas gêner, des températures plus supportables, la météo a joué participatif jusqu’au bout! Assez raccord avec la programmation du jour : l’ivoirien TIKEN JAH FAKOLY, en grand sage humaniste, militant des droits de l’homme, appelant à soutenir le Burundi qui se construit, apostrophant les états corrompus d’une Afrique qu’il rêve plus proche de ses habitants, plus à même d’offrir à chacun santé, sécurité, éducation, égalité… Son reggae, que l’on dit digne héritier de Bob Marley, fait plutôt penser aux partitions d’Ali Farka Touré. Beaucoup de musiciens sur scène, des choristes-danseuses largement mises en valeur, le spectacle était total.

De la chaleur toujours et jusque dans l’accent également, avec IAM. Plus de vingt cinq ans que les Marseillais portent l’étendard du rap français. Les chansons récentes sont moins des usines à tubes que « le Mia » (qui a enthousiasmé le public ce dimanche encore) mais le succès est toujours là. Inter-générationnelle, la bande d’Akhenaton, a résisté au temps et se présente toujours dans sa formation d’origine. Le rap n’est pas notre musique favorite mais les marseillais maîtrisent incontestablement le genre et savent tenir la scène sans temps morts. Respect.

En 2011, ils étaient nominés aux Victoires de la Musique parmi les Révélations du Public.. qu’ils décrochaient haut la main. Quatre ans plus tard, Nili Hadida et Benjamin Cotto (ben oui, ils ont aussi un vrai nom et prénom!), autrement dit LILLY WOOD AND THE PRICK, duo parmi les plus brillants de la pop française, s’imposait facilement sur la Main Stage. Plein d’humour, prenant un plaisir manifeste à jouer devant un parterre aussi impressionnant, les complices ont mixé titres de leur deuxième album (là encore, couronné de succès) et les tubes qui les avaient lancés. Un dosage judicieux à l’évidence.

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Sam Smith // Green Room.

Pause soul ensuite sur la Green Room avec SAM SMITH, vingt-trois ans, mais ayant l’air de chanter depuis toujours, un album qui a raflé tous les trophées et cinq singles vendus par millions. Une popularité et un succès planétaire qui expliquent l’immense succès offert par le public du Main Square: des milliers de fans attendaient depuis le début d’après-midi pour l’entendre interpréter « Money on my Mind », « I’m not the only one » et bien sûr, « Stay with me ».

La mise en scène est originale et élégante, les trois choristes tiennent une vraie place. Quant à la voix de Sam Smith, récemment opérée aux Etats Unis, elle a retrouvé puissance et nuances. C’est à nouveau un vrai beau moment, une parenthèse tendresse en ces dernières heures de festival. Visiblement touché, le jeune homme a du mal à cacher son émotion. Et c’est les larmes aux yeux qu’il repartira, remerciant à nouveau, regrettant de devoir abandonner la scène alors que le public le réclame encore.

Belle affiche décidément sur la Green Room qui avait vu quelques heures plus tôt l’australien JOSEF SALVAT séduire sans peine avec sa voix cde crooner et ses refrains nostalgiques. Largement médiatisé depuis sa reprise de « Diamonds » de Rihanna, l’australien est un artiste bien plus large que ce cover. « In your Prime », son premier album lui a permis de connaitre une reconnaissance internationale, pleinement justifiée.

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Mumford & Sons // Main Stage.

Changement de registre avec les MUMFORD AND SONS, joyeuse bande britannique qui a de très nombreux fans en France mais qui se produit trop rarement chez nous. C’est dire si leur venue était attendue! Avec ses accents rétro, le groupe né dans l’est de Londres, a très vite connu le succès parmi la scène néo folk. Le premier album, il y a tout juste cinq ans, a été salué dès sa sortie mais c’est le deuxième opus, « Babel », qui permettra le vrai succès. Sur scène, la complicité des compères, tous beaux garçons, ce qui ne gâche rien,  est totale. Chacun tient son rôle avec efficacité. Le banjo, la contrebasse et la mandoline, souvent absents des partitions rocks, s’imposent ici avec superbe. Le chanteur maîtrise parfaitement le français et les traits d’humour sont autant de moments complices avec des spectateurs totalement acquis à leur cause. Pour beaucoup (et nous en étions!), ce concert était la grosse attente de la journée. Un seul regret : les soixante-dix minutes se sont écoulés bien trop vite.DSC_6548 DSC_6526

Pharrell Williams // Main Stage.

Enfin, difficile de ne pas parler de l’homme au chapeau, Monsieur succès mondial de 2013, celui dont le titre a été repris par des millions de fans dans le monde, mis en images des millions de fois avec des scénarios plus ou moins réussis : PHARRELL WILLIAMS. Si beaucoup l’ont découvert à cette occasion, l’américain affiche pourtant plus de vingt ans de carrière. Avec son groupe, The Neptunes, devenu duo de producteurs, il faisait même partie des professionnels les plus recherchés par les stars internationales à qui il a offert leurs plus gros hits.

Ses deux derniers albums solo ont visiblement bénéficié de toute cette expérience et de ses précieuses recettes car ils se sont placés très vite dans les meilleures ventes. Exigeant, ultra professionnel, Pharrell Williams a incontestablement le sens de la création. Sur scène, avec ses danseuses et choristes qui assurent un vrai show à l’américaine, tout est cadré et ne laisse aucune place à l’improvisation. Les lumières comme les projections ont elles aussi laissé la part belle à l’innovation. Pharrell Williams démarre son set avec « Freedom », son tout nouveau titre puis enchaîne avec plusieurs morceaux extraits de l’album « Girl ». Quelques anciens tubes enchaînés puis les incontournables « Rockstar » et « Lapdance » pour lesquels des fans sont invités à le rejoindre sur scène. L’hystérie est à son comble avec « She wants to move », morceau où seules les filles peuvent prolonger le mom

L’artiste est visiblement d’humeur souriante. Un peu diva mais cent pour cent musicien, il enchaîne les morceaux avec grâce. « Lose yourself to Dance » encore, « Get lucky » de Daft Punk bien sûr et « Happy » pour dernière danse. Bonne idée que de nous faire bouger. Le vent tentait de reprendre des forces et il faisait frais soudain dans la Citadelle. A moins que ces frissons soient ceux de l’émotion du départ…

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

Encore un Couvre Feu qui va faire du bruit

Pour sa 14ème édition, les 21,22 et 23 août 2015, le Festival COUVRE FEU (Corsept, Loire-Atlantique) s’affirme une fois de plus comme l’un des rendez-vous incontournables de l’été. Trois jours de fête, une programmation mixant têtes d’affiche et découvertes, la bande dessinée en invitée inédite… 

Shaka Ponk.

L’affiche, révélée par vagues successives, avait lâché le (gros) morceau d’entrée de jeu : SHAKA PONK serait bien de la fête cette année et aurait même l’honneur de fermer le ban dimanche soir. On ne présente plus la bande de Frah et de la sublime Sam. Leur rock énervé et incomparable en a fait depuis une dizaine d’années l’un des groupes phares de la scène française. Et Goz, le 7ème personnage de l’histoire, ne semble pas parti pour voir diminuer le nombre de ses Monkeys adorateurs.

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TriggerFinger.

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John Butler Trio.

Autre grosse surprise, la présence de JOHN BUTLER TRIO (dimanche). En quelques années, des singles devenus hits et voilà John Butler, prodige de la guitare australien, ses deux complices à la basse et à la batterie, face à un succès planétaire. Le sixième opus a été enregistré en seulement vingt jours, plus roots mais toujours dans un joyeux mélange reggae,folk, rock. Ce sera l’une des premières occasions de le découvrir sur scène.

Le retour de TRIGGERFINGER (vendredi) dans la région ravira tous ceux qui n’avaient pu assister au concert d’anthologie donné par Ruben Block, Monsieur Paul et Mario Goossens lors du dernier Hellfest. Les élégants belges s’affirment depuis trois albums avec leur rock puissant qui flirte avec le metal et le blues.

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De la Soul.

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Little Big.

Et puis bien sûr, impossible de les manquer (vendredi), DE LA SOUL, référence mondiale du hip hop depuis plus de vingt ans sera en escale exceptionnelle à Corsept. Le trio américain, également connu pour l’influence qu’il a exercée sur l’essor du jazz rap, qui se revendique fan de Gainsbourg, ne cesse de multiplier les collaborations insolites (Gorillaz, Cake..) Pour ce concert que l’on annonce énorme, DE LA SOUL sera entouré d’une dizaine de musiciens.

A ne pas manquer non plus, SOJA (vendredi). Partout où ils jouent, Jacob Hemphill et ses acolytes font un tabac avec leur reggae pêchu. Avec plus de 200.000 albums vendus et des concerts dans plus d’une vingtaine de pays, Soja sème sa philosophie pacifique avec bonheur. Le 5ème album est une réussite et le plaisir du partage manifeste.

Petit coup de projecteur personnel encore sur LITTLE BIG (samedi). Plus de cinq millions de vues sur Youtube pour leur titre « Every day I’m drinking », des clips totalement loufoques mais un vrai sens de la musique et d’une électro de qualité, le quatuor a délaissé provisoirement sa Russie natale pour une tournée européenne. Ils viennent de mettre le feu au Ferrailleur (Nantes). Il ne faut absolument pas passer à côté de ces drôles d’énergumènes.

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The Gaslight Anthem.

LA FIANCEE DU PIRATE, NETSKY, NAAMAN, COUAC, THE GASLIGHT ANTHEM… la liste est longue de tous ceux qui doivent être encore inscrits sur les tablettes. impossible de tous les citer. En trois jours, ce sont vingt huit groupes qui se répartiront les trois scènes. Avec en parallèle, du théâtre d’improvisation, un des sept chapiteaux consacré à la Bande dessinée et plus spécialement dédié à la création originale, s’inspirant du livre de Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau, « Le singe de Hartlepool » et plein d’autres animations. Le tout pour un tarif que l’organisation souhaite toujours aussi serré, 60 euros le pass trois jours dans les réseaux habituels, 27 euros la pass un jour (29€ sur place). Immanquable, on le disait !

– http://www.couvrefeu.com –

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The Dukes ont le sens du contre-courant.

Avec leur deuxième album et une année de concerts non stop,  The Dukes creusent leur place dans une partition qui refuse le copier-coller. Un parfait dosage de rock-punk-pop-blues et une devise qui résume parfaitement: « sweet songs with unsweet sounds ». Rencontre.

Parc des Expositions de Tours, vendredi 3 avril. Dans la grande Halle, on cale les derniers réglages de The Dukes, qui, comme la veille à Amiens, jouera en première partie des Shaka Ponk. Ambiance mi-studieuse mi-potache. Si Greg Jacks (Grégory Abitbol), récemment  débarqué de Phoenix (Arizona) où il vit désormais, n’a pas échappé aux cernes du décalage horaire et de la fatigue de la veille, l’énergie déployée devant la batterie prouve qu’il ne faut pourtant pas se fier aux apparences! A ses côtés, Shanka (François Maigret) balance ses riffs pour la balance. Commence alors la reprise de « F… you » d’Archive. Et là on se dit qu’on n’a pas effectué le déplacement pour rien. Jérôme Mathis (Pour Oublier Productions), qui assure tournées et développement, avait raison: ces deux là envoient avec la précision d’un orfèvre, une puissance incroyable mais surtout une couleur totalement nouvelle. Et puisque les goûts ne se discutent pas, on soulignera que cette reprise de « F… you » est encore plus géniale que l’originale! Point de vue visiblement partagé par Steve, le clavier des Shakas, assis en tailleur sur le devant de la scène, et qui ne cache pas son enthousiasme. Tout comme Ion, le batteur, qui a failli en tomber de son skate. S’ensuivent de larges extraits des titres qu’ils joueront dans la soirée. Même euphorie en retour. Avec ce deuxième album, les Dukes repoussent les lois de la gravité et bousculent les frontières ultra verrouillées du milieu musical.

Ce n’était pourtant pas gagné quand voilà cinq  ans, après des dizaines de concerts au sein de No One is Innocent (et plein d’autres aventures musicales respectives), les deux compères décidaient de former The Dukes, groupe estampillé indie-rock, l’un à la batterie, l’autre à la guitare et au chant. Les morceaux écrits et composés par Shanka sont finalisés en commun, deux autres musiciens se joignent à l’aventure. « Victory », le premier album, est enregistré en Suède à Umea, en plein terreau post-hardcore, par Magnus Lindberg (producteur et batteur de Cult of Luna) que Shanka connaissait pour avoir assuré, avec son premier groupe… la première partie de Cult of the Luna.  Le disque est mixé à Bruxelles par Charles de Schutter, producteur ultra sollicité, à la manière des groupes de power-pop des années quatre-vingt-dix et des sons de guitare à la suédoise. Cet objectif atteint, The Dukes peuvent embarquer pour la tournée européenne des anglais de The Subways. Au final, plus de deux ans de scène qui ont beaucoup appris et permis de poser les bases de ce projet pas comme les autres.

Le deuxième album, enregistré à Los Angeles avec Jamie Candiloro (REM, Courtney Love…) et avec Steve Galtara à la basse, une fois encore mixé par Charles de Schutter, arrive trois ans après le premier mais les douze titres de « Smoke against the beat » ont eu raison d’attendre : guitares virvoltantes, refrains entêtants, The Dukes gardent le bon cap. Aucune note discordante dans les critiques.

« Après bientôt un an de route avec cet album, on peut dresser un bilan positif car faire autre chose que du hip hop ou de l’électro aujourd’hui, ce n’est pas choisir la voie de la facilité », constate Shanka. « Nous avons pourtant la chance d’avoir été signé par un beau label, Caroline, qui croit vraiment en nous et a compris que nous ne serions jamais des suiveurs dans ce monde tristement apathique où le nombre de « likes » sur une page et le nombre de followers semblent devenus les seuls indicateurs possibles. »

Se reconnaissant des influences chez The White Stripes, The Dandy Warhols, Elliott Murphy ou bien encore The Stooges, les morceaux défilent et frappent. La guitare electro-acoustique de « Just in Case » que rejoint une batterie très présente est aussi efficace que les paroles. Le titre d’ouverture place déjà la barre très haut, le morceau éponyme ne sera pas en reste. Shanka, dont la voix semble de plus en plus affirmée, n’entend pas laisser les cordes à l’arrière plan et fait de ce moment un vrai marqueur de l’album. Au total, douze morceaux ultra pêchus, avec une mention spéciale pour « Daisy’s Eyes », « The Grey People » et « Genius ». En toute subjectivité assumée. 

Greg approuve dans un large sourire. S’il n’en restait qu’un… ça ne pouvait être que ces deux là ! Ca sonne comme une évidence quand on voit la complicité qui les lie. A l’origine, The Dukes était pourtant un quatuor. Le tempo aura finalement eu raison de ne pas être le même pour tous : la fluidité et l’envie n’en sont ressorties que plus fortes. Plus blues, plus pop, plus punk, « Smoke against the beat » met au défi les courants contraires!

Sur scène, aucun temps mort. Dans une mise en lumière inédite, appuyée sur des tubes en verre de taille inégale, avec des incrustations videos sur la grosse caisse, les Dukes se renvoient la balle. L’énergie est totale, la partition ultra précise. Mélange de puissance no limite et de poésie brute. Définitivement rock et pourtant totalement accessible. Rien n’est laissé au hasard. La technique elle-même a été supervisée au millimètre près, permettant à Smoki, leur emblème mi-loup, mi-crocodile de s’y inscrire avec la force de l’insolite, tel le meilleur personnage d’un auteur de cartoons. « Smoki est né un matin d’hiver 2012. Shanka passait les fêtes de fin d’année chez lui, dans l’Est de la France, lorsqu’il m’a envoyé ce dessin. Le premier jet était déjà parfait. J’ai été enthousiasmé! » se souvient Greg. « Je n’ai  pas de formation de dessinateur mais je griffonnais lorsque j’étais jeune. Le fait d’être en famille a dû inspirer ces croquis! » poursuit l’intéressé. « J’ai cherché la meilleure version et nous avons abouti à celle-ci. Pour le dessin animé illustrant « Grey people », armé d’ un simple marqueur, j’ai réalisé plus de huit-cents dessins. Cela peut sembler énorme mais l’avantage était double : personne mieux que nous ne pouvait traduire nos idées et financièrement, cela évitait les frais d’un tiers! Smoki est  désormais incontournable et une quinzaine de dessinateurs de BD que nous admirons (Charlie Adlart, Gérald Parel, Carl Critchlow…)  l’ont décliné à leurs façons. Cette partie Art’n’Roll, devenue aussi prioritaire que le reste, s’est traduite dans la conception du digipack et du livret (….) Nous ne sommes pas un groupe à mascotte mais Smoki est l’autre interprète qui permet d’identifier notre projet. »

Smoki sera donc aussi du voyage dans la tournée américaine que les Dukes effectueront aux Etats-Unis au mois de mai, à l’occasion de la sortie de l’album de l’autre côté de l’Atlantique. « On ne prétend pas être américain! On n’ ambitionne pas de révolutionner le milieu là-bas. Mais jouer dans des clubs de deux ou trois cents places face à des spectateurs qui vont nous découvrir est une aventure passionnante. Le hasard d’une présence peut aussi faire la différence et entraîner des dates supplémentaires. C’est assez excitant car ce seront quasiment nos derniers concerts avant la finalisation du troisième album. Quatre ou cinq titres sont presque prêts. Nous évoluons, la tendance générale est plutôt bien définie… Ca devrait s’enchainer assez vite. Livraison probable courant 2016! »

Il va donc falloir faire vite et surligner les dates de leurs derniers concerts avant ce repli pour ne pas manquer la rencontre avec ces deux musiciens exceptionnels, interprètes éblouissants, (le 1er Mai à Incourt en Belgique, le 13 à Juvigny et le 27 juin à Septmonts, dans le cadre du festival Pic’arts, notamment). Ce vendredi là à Tours, le public des Shakas Ponk leur a réservé une ovation. Au royaume des Dukes, les fans étaient rois. Et en auraient bien repris pour beaucoup plus longtemps encore. Il n’y pas de hasard…

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

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Poupet ou la recette du cocktail euphorisant!

Sur les quatorze têtes d’affiche du 29ème Festival de Poupet, dix investiront pour la première fois la scène du théâtre de verdure. Entre retour d’anciens illustres et nouveaux venus dont la renommée n’est plus à faire, les organisateurs ont mitonné une affiche propre à séduire toutes les envies. De Véronique Sanson à Shaka Ponk en passant par Bob Sinclar ou Jeff Panacloc, les nuits d’été vont encore être belles du côté de Saint-Malô-du-Bois.

Malins les organisateurs qui dès jeudi soir semaient les énigmes pour faire deviner quelques unes des têtes d’affiche de Poupet 2015 ! Ça jouait par vagues entières sur les réseaux sociaux. Calogero, les Shaka Ponk avaient facilement été trouvés. Jeff Panacloc aussi (mais lui, c’était plus simple : l’info était déjà sur sa page Facebook). D’autres assuraient la présence de Christine And the Queens (en raison de son origine nantaise qui faisait d’elle une voisine inévitable !), quand d’autres encore rêvaient d’Asaf Avidan et de Noah.

                                                                                                                                     Yannick Noah.

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Au final, rêve exaucé pour… Yannick Noah! Le parrain du Festival, sera là dès le deuxième soir, le 3 Juillet, avec Irma en première partie (le Festival reste fidèle à la jeune artiste à laquelle il offre sa troisième invitation depuis 2010). Personne n’a oublié la venue de Noah en 2011. Une soirée aussi ensoleillée que prolongée tard dans la nuit. Il présentera cette fois ses « combats ordinaires », titre de son nouvel album, qui n’a rien de commun. Mais il glissera forcément aussi les accords qui ont fait ses premiers succès.

Exaucé également pour l’extraordinaire Asaf Avidan, celui sur lequel pleuvent les superlatifs depuis son premier album solo en 2013 et qui enchaîne les tournées à travers le monde, il sera en étape exceptionnelle le 2 juillet. Asaf Avidan était déjà venu en 2013. Il aura cette fois l’honneur d’ouvrir le festival. Il va donc falloir jouer rapide côté réservations .

Calogero.

Exaucé enfin, samedi 4 Juillet, pour Calogero. Son dernier album a connu un succès phénoménal à l’heure de la crise du disque, la critique a été unanime et ses concerts se jouent tous à guichets fermés. Une chance supplémentaire pour les recalés de la billetterie ou ceux qui espéraient revoir ce chanteur compositeur-interprète, auteur de bandes originales de films aussi à ses heures perdues. Ses « feux d’artifice » devraient éclater encore plus beaux dans le théâtre de verdure vendéen.

                                                                                                                         Moussier Tombola.

  Fatal Bazooka.

                                                                                                                                   Bob Sinclar.

Pour la soirée la plus délirante du festival, c’est le vendredi 10 juillet que ça se passe. « Poupet déraille – face B » réunira trois spécialistes de la fête: Moussier Tombola (mais si, « logobitombo », 100 000 000 de vues sur YouTube), Michaël Youn alias Fatal Bazooka et ses succès aux paroles improbables qui a déjà prévu de mettre le feu comme jamais. Et enfin, Bob Sinclar, le DJ français désormais globe trotteur tant on se l’arrache de l’Australie aux États Unis, d’Ibiza au Royaume Uni. Il laissera résonner sa French Touch sur ses platines et le public dansera sans répit. Pour l’occasion, costumes kitsch obligatoires. Ressortez les collants fluos, les jogging à paillettes ou les colliers dorés chers à Baracuda… Trop ne sera jamais assez !!

The D+© - 7 (c) Alice Moitie¦ü

The Do.

                                                                                                                                         George Ezra.

Retour à plus de calme le mercredi 15 juillet. Le tandem de The Do et sa musique aussi syncopée que futuriste ouvrira la soirée puis laissera place à George Ezra, vingt et un ans mais déjà couronné de succès et ultra sollicité. Son fameux « Budapest » est un tube planétaire. Sa voix et sa seule guitare sèche, des airs qui empruntent au folk, au blues… Ezra, gentleman anglais, est l’une des plus grandes révélations scène de ces derniers mois.

Parce que la famille recense les talents, les Chedid ont finalement décidé de repartir en tournée de façon groupée. Louis, le père, mais aussi M comme Mathieu, Joseph, qui a également son propre univers sous le nom de Selim et Anna, qui prenait souvent en charge les visuels de la bande et vient de se lancer à son tour, en faisant entendre sa voix sous le nom de Nach. Pour voir la famille Chedid, rendez-vous le dimanche 19 juillet.

                                                                                      Joseph, Louis, Anna & Matthieu Chedid.

Jeff Panacloc.

La veille, la voix viendra de l’intérieur !! Jeff Panacloc et son fameux Jean-Marc, le singe survolté et roi de l’insolence. Qui de Jeff ou de Jean-Marc a le dessus sur l’autre ? La peluche n’est t’elle que marionnette parlante dans les bras de son maître? Pas si sûr! Seule certitude, le rire sera de la soirée.

                                                                                                                                Véronique Sanson.

Shaka Ponk.

Autres singes, autres rythmes le vendredi 24 juillet. Faut-il encore présenter Sam, la sculpturale chanteuse, Frah, son acolyte, Ion, Mandris, CC et Steve, la fabuleuse team des Shaka Ponk ? Chaque album est un succès, chaque tournée remplit des salles de plus en plus énormes. Leur rock mutant, multicolore et inclassable va encore une fois attirer les fans du groupe depuis la France entière.

Enfin, parce qu’elle est rare, qu’elle a inscrit la majeure partie de ses titres au patrimoine de la chanson hexagonale, le Festival de Poupet a décidé de mettre à l’honneur Veronique Sanson qui elle même mettra la soirée sous les couleurs de trois de ses plus fabuleux albums : Le Maudit, Vancouver et Hollywood. Voyage assuré. Embarquement le vendredi 17 juillet.

Avec cette première livraison de noms, les organisateurs réussissent l’exploit de convoquer les envies et de jouer avec nos impatiences. Quand on sait leur habileté dans l’art du dressage de festival, on se dit que le banquet est déjà superbe mais que les invités de dernière heure seront obligatoirement de même tenue. En attendant ces ultimes révélations, on fait passer le message. En juillet, ne nous cherchez pas, c’est en Vendée qu’il faut passer ses soirées.

Magali MICHEL.

Ouverture de la billetterie le mardi 24 mars.

www.festival-poupet.com

Muse passera par le Main Square Festival!

Mises en vente des premiers billets pour plusieurs festivals de l’été prochain. Et déjà des têtes d’affiches qui font sauter la banque : Muse, Pharrell Williams, Slipknot, Iggy Pop, les Shaka Ponk… Le plus difficile sera de choisir.

En cette période de l’année, les places de concerts et plus encore les pass pour les festivals donnant matière à idées de cadeaux, les organisateurs lèvent traditionnellement le voile sur un pan de leur programmation et ouvrent les billetteries. Outre l’intérêt financier, cela permet de sonder les réactions, de peaufiner les line-up et de compléter utilement les programmations. Le pari est assez peu risqué pour le fan qui aura son précieux sésame à prix plus intéressant et devrait s’y retrouver de toutes façons lors de la révélation complète de l’affiche.

Pas de suspens inutile du côté du Hellfest, qui a annoncé à la mi-novembre près de cent-trente des cent-quatre-vingt groupes présents en juin prochain à Clisson. (Pour les dix ans du plus fameux festival de metal français, seront convoqués Slipknot, Faith no More, Scorpions, Marilyn Manson, Motörhead, Iggy Pop, Billy Idol… Entre autres ! Difficile de frapper plus fort. Surtout après la livraison des tous derniers noms, parmi lesquels A Day To Remember, Vulcain, Triggerfinger… De quoi expliquer l’engouement du public pour les pass trois jours, bientôt épuisés.)

A Aix les Bains (du 10 au 13 Juillet), Musilac ne grille pas toutes ses cartouches mais a quand même tiré les salves de ses têtes d’affiches : Muse (le 13), Cerrone, Alt J (le 12), David Guetta (le 11). La quatorzième édition du festival savoyard n’a pas précisé quand serait révélée l’affiche complète.

Parti pris de la surprise également coté Main Square. L’édition 2015 (du 3 au 5 juillet) maintient son nouveau (très) haut de gamme et fait déjà s’impatienter des milliers d’aficionados enthousiasmés par la présence des Shaka Ponk et de Lenny Kravitz (le 3), de Muse (le 4), de Pharrell Williams et Lilly Wood and the Prick (le 5).

Muse.

Lenny Kravitz.

Pharrell Williams.

Après un dixième anniversaire exceptionnel au record de fréquentation battu avec 135.000 festivaliers, Live Nation, grand ordonnateur de la manifestation arrageoise, avait à coeur de ne pas décevoir. Mission accomplie. Réunir dans la Citadelle les anglais de Muse (dont le passage en 2006 sur la Grand’ Place est resté dans les annales et qui enchaîne les tournées à guichets fermés depuis des mois), Lenny Kravitz (passé lui aussi par Arras mais en 2009), véritable bête de scène… tout comme les Shakas Ponk, dont les festivals ne peuvent désormais plus se passer tant la bande de Frah fédère des milliers de Monkeys totalement accros à leur rock inclassable aux effets visuels uniques mais encore Pharrell Williams (l’auteur du tube planétaire « Happy » et voix du « Get Lucky » des Daft Punk, entre autres), sans doute l’un des musiciens les plus imaginatifs de sa génération, sans oublier Lilly Wood and the Prick, Victoire de la Musique 2011, trustant les sommets des charts des deux cotés de la Manche… il fallait oser. Le Main Square l’a fait… et la billetterie explose. Il est vrai qu’avec un pass trois jours à 115 euros (en édition limitée jusqu’à la fin janvier sur www.mainsquarefestival.fr , des pass journaliers de 49 euros ou 59 euros (le samedi), a mis tous les éléments pour séduire. 

La suite de la programmation ne devrait pas décevoir. On parle de Sam Smith, de Skipe the Use, qui seraient en quelque sorte les régionaux de l’étape.. Mais ce ne sont que des rumeurs sur lesquelles Live Nation ne porte aucun commentaire. Certains rêveraient de voir s’ajouter Alt-J, voire même les incroyables irlandais de The Script… Tant que les derniers noms ne sont pas connus, il n’y a pas lieu de ne pas espérer. Une chose est sûre, Arras sera encore l’un des temps forts de la vie musicale cet été, la terre des mineurs de sons.

Magali MICHEL.

En scène, ça tourne!

Cette fois, on y est ! Balayés les derniers grains de sable, foutus squatters de nos Converse post baignades. Estompé le bruit mécanique des vagues échouées sur le rivage. Même si la météo la joue fourbe et tente de faire diversion pendant que les feuillages décrochent, la rentrée n’est pas belle mais bien là. Ses réveils anticipés, ses périphériques saturés. Et sa course constante. Pas le jogging matinal parmi les pins. Non ! la course contre le temps, la course pour tout et souvent pour rien. Il y a de la grise mine sous le bronzage. Bonne nouvelle pourtant : la rentrée 2014 sera un bon millésime. Coté concerts, le plus difficile sera donc de choisir. A vos agendas!

Beck.

Le 11 septembre, Beck sera au Zénith de Paris avec Sean Lennon (oui, le fils de!) Le songwriter le plus prolifique de ces dernières années devrait encore une fois faire salle pleine. Deux jours plus tard, lui succédera la sublime Lauryn Hill (ex-Fugees) et son soul si maîtrisé. Changement radical de registre le 30, avec The Libertines et son incontrôlable leader, Pete Doherty. Quand le musicien est dans un jour « avec », ou plutôt sans ses démons énivrants, la performance est au rendez-vous et le moment toujours mémorable.

Dans la série, gros barnum, Jay Z et Beyonce installeront leur « On the run Tour » au Stade de France les 12 et 13. Il va falloir jouer vite pour tenter de reprendre « Single Lady » avec la belle dans les tribunes de Saint-Denis car le second soir est complet et le premier le sera sous peu.

Américaine aussi mais dans la série « old legend » cette fois, Joan Baez organise son sitting à l’Olympia du 30 septembre au 7 Octobre. L’ égérie du folk contestataire des années 60 est en tournée mondiale depuis plusieurs mois; la « Dylan au féminin » a toujours autant de succès et il ne reste plus que quelques places pour les deux derniers soirs.

Des airs contestataires aussi souvent chez Sanseverino qui s’attaque cette fois au répertoire des années trente. Ce nouvel opus, intitulé « Le petit bal perdu », sera (notamment) interprété dans le cadre intimiste du Divan du Monde (Paris) le 20, deux jours avant la sortie de l’album.

Christine and the Queens.

Ca chauffera aussi du côté des tour-bus: Florent Pagny s’élancera le 15 pour trois mois. Pascal Obispo poursuit sa tournée triomphale jusqu’au 19 décembre. Etienne Daho, largement rassuré par sa tournée estivale, promènera son « Diskonoir Tour » du 27 septembre jusqu’au 20 décembre. CharlElie Couture a momentanément oublié ses toiles et son atelier new yorkais pour revenir le temps de quelques dates, du 22 septembre au 23 Novembre. Miossec sera voyageur du 7 Octobre au 8 décembre. Michel Jonasz et Jean-Yves d’Angelo, son complice de toujours, reposeront leur « Piano Voix -saison 2 » du 19 septembre au 30 Mai pour vingt-cinq dates, avec passage au Casino de Paris le 6 février. Quant à la nantaise Christine and the Queens, véritable révélation 2014, désormais entourée de danseurs et musiciens, elle se promènera (après son passage au Festival Scopitones de Nantes) jusqu’à la fin de l’année.

En septembre encore, Louis Delort et The Sheperds se remettront en route. Plusieurs dates de la tournée avaient été reportées, le premier album du groupe étant repoussé à l’automne. Tout est désormais prêt pour le partage. De quoi réjouir leurs nombreux fans que les premiers extraits avaient rendu très impatients. Le 20 septembre, le groupe sera en concert à la Chapelle Vendomoise (Loir et Cher) – à noter en première partie, la présence d’Al Delort (oui, le père de!), incomparable jongleur de mots, observateur aigu de la vie et de ses errements- avant une tournée jalonnée de nombreuses dates dont le Trianon (Paris), le 9 octobre.

Louis Bertignac démarrera au Divan du Monde (Paris) le 9 Octobre une série de concerts intimistes puis enchaînera sur une tournée de salles plus importantes l’an prochain. Son nouvel album est lui aussi très attendu.

Kyo, qui a réussi son retour après une décennie de silence, démarre son « Graal Tour » le 2 octobre (Olympia le 23, déjà complet) et le poursuit au moins jusqu’à la fin février. Le trio anglais de London Grammar repassera en France pour quatre dates exceptionnelles (dont Dijon le 30 septembre et le Palais des Sports de Paris le 22 Octobre). Anglais lui aussi, Lewis Watson sortira ses guitares le 6 octobre au Casino de Paris.

FFF, qui a été de tous les festivals ou presque cet été, poursuit sa route. Après Bayonne le 8 septembre, ce sera Le Petit Bain (Paris) dans le cadre des « Villes des musiques du Monde ». Même chose du côté de Skip The Use. Redémarrage le 25 septembre à Dijon pour deux mois dont une escale au Zénith de Paris le 10 octobre.

Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc créeront l’évènement au Palais Omnisports de Bercy du 5 au 9 novembre. Plus de 80.000 spectateurs et une billetterie prise d’assaut sitôt l’ouverture. « Les Vieilles Canailles » font recette. Respect.

Bercy, qui est en pleine rénovation, restera ouvert pour quelques soirs supplémentaires et accueillera Kylie minogue le 15 novembre, Elton John le 19, les Shaka Ponk le 20, Lenny Kravitz le 23 (sa tournée se poursuivra ensuite en France) et la toujours étonnante Lady Gaga le 24. Fort du succès de son dernier album, disque de platine quelques jours après sa sortie, Calogero y allumera ses « feux d’artifices » le 22 avant de poursuivre sa tournée pour plusieurs mois.

Ed Sheeran sera en concert à Villeurbanne le 22 Novembre et le 27 au Bataclan (Paris) avant de revenir pour plusieurs dates exceptionnelles en février. Sa présence de ce côté ci de la Manche est un évènement qu’il vaut mieux ne pas rater car le monde entier s’arrache ce jeune britannique, dont on ne compte plus ni les tubes, ni le récompenses.

De quoi tenir jusqu’aux fêtes de fin d’année. Au moins. Choisir, c’est renoncer dit-on. Malin!! Et celui qui n’a pas envie de renoncer, il fait comment ?

Magali MICHEL.