LOLLAPALOOZA PARIS: Galop d’essai largement gagnant !

On le disait promis à l’échec compte tenu du grand nombre de manifestations déjà inscrites dans la capitale : la première édition du Lollapalooza parisien a été un immense succès et accueilli près de 120.000 spectateurs en deux jours. Ambiance unique et programmation pleine de hits. 

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce premier Lollapalooza aura fait du bruit… Et pas seulement du côté de ses quatre scènes. Entre les âmes chagrines qui considéraient qu’aller fouler les pelouses de Longchamp ces 22 et 23 juillet était « trahir la cause » (celle des fests ancestraux et indépendants comme le Hellfest, clairement identifié musiques extrêmes, le Download France, qui, bien que mis en place lui aussi par Live Nation, avait une couleur encore roots le rendant « acceptable » aux yeux de puristes un poil sectaires, et bien sûr de toutes ces autres manifestations déjà très installées, des plus grosses aux plus modestes dont la trésorerie est chaque année à la peine) et ces autres qui ironisaient sur la programmation trop « têtes d’affiches US »… Chacun y allait de son acidité.

Jack Lang lui même s’est largement répandu. A l’occasion de cette arrivée, l’ancien Ministre de la Culture « déplorait l’invasion de multinationales américaines sur la vie musicale française » et appelait les pouvoirs publics à s’emparer enfin du sujet. « Live Nation étend son empire sur l’organisation de concerts en France et en particulier à travers le festival Lollapalooza, le groupe américain AEG, déjà présent dans le capital de Bercy, rachète Rock en Seine tout en bénéficiant de subventions locales (600.000 euros attribués par le Conseil Régional d’Ile de France, NDLR). La prise de pouvoir par ces groupes risque de tuer la diversité et de mettre en péril les festivals indépendants. »

Des propos auxquels l’organisateur a répondu via une déclaration à l’ AFP que « le Lollapalooza était une initiative locale, mise en place par Live Nation France, société française de soixante-cinq salariés, qui a employé pour la circonstance 1.500 personnes, toutes rémunérées (comme c’est aussi le cas sur le Main Square et le Download, autres festivals maison, NDLR) et cela sans bénéficier de la moindre subvention publique. Matthias Leullier, directeur général adjoint de Live Nation France, ajoutant qu’il était « dommage d’être mis dans le même sac que des opérations capitalistiques alors qu’on est une entreprise qui souhaite s’inscrire localement et dans la durée. »

Perry Farrell.

Les plus entêtés ont cru voir dans le Lollapalooza la cause de la baisse de résultats du dernier Solidays, organisé quelques semaines plus tôt sur le même hippodrome de Longchamp. Ce serait bien pratique de pouvoir identifier aussi vite le trouble recettes. Mais quand on sait que plus de 40% des billets d’entrées ont été achetés par des touristes étrangers de passage en France, on voit bien que c’est un peu court. Quant à ceux enfin qui considèrent que ce festival lancé en 1991 outre Atlantique dans une vingtaine de villes avant de trouver refuge voila douze ans à Chicago pour un week-end annuel, exporté ensuite au Chili, Au Brésil, en Argentine puis à Berlin en 2005, ne serait pas validé par Perry Farrell… Il va falloir rager ailleurs. Le leader de Jane’s Addiction, qui avait pensé et mis en place le Lolla pour la première tournée d’adieux du groupe, puis vendu sers parts à Live Nation voilà une dizaine d’années, foulait les allées du site parisien, incognito sous son borsalino noir et ses lunettes de soleil, mais visiblement ravi. Exit donc la polémique! Si le débat se justifie pleinement sur la programmation copier-coller de dizaines de manifestations, sur la difficulté pour les artistes à jouer sur ces scènes là, sur les subventions historiques devenues peau de chagrin aussi, il ne peut pas faire étape ici où l’indépendance financière est la clé de voûte de l’organisation.

Alors le Lolla, comment c’était vu du public et loin de ses joutes polémiques? La réponse est unanime : c’était vraiment top! Décor impressionnant (une Tour Eiffel géante et scintillante au milieu du site – dommage que le dimanche il ait fallu protéger l’édifice par des barrières, des imbéciles ayant tenté des escalades aussi ridicules que largement alcoolisées -, la déclinaison du nom sous de multiples formes disséminées sur tout le site, des ateliers couronnes de fleurs, paillettes, une restauration aussi large que variée, du burger au stand vegan en passant par les tortillas, les crêpes, les bières de brasseries locales, les éclairs (souvenirs émus des fameux «éclairs de génie»).

Les organisateurs avaient également convié six chefs (dirigés par le médiatique Jean Imbert) chargés de mitonner une cuisine plus haut de gamme mais restant accessible (entre 10 à 15 euros) histoire de s’offrir un autre plaisir entre deux frites merguez. Yann Couvreur, Christophe Adam, Juan Arbelaez, Yoni Saada, l’étoilé Eric Guérin et Denni Imbroisi ont relevé le défi et se disent prêts à rempiler l’année prochaine.

Original encore le Tailor Shop de Levi’s. (La file d’attente signait le succès de ce stand où on pouvait faire custumiser et offrir une autre vie à ses vestes et jeans grâce à des pin’s et patch bien rock ou pop). Bonne idée aussi que le Kidzapalloza. Niché dans un coin plus tranquille de l’hippodrome, les plus jeunes étaient accueillis par une entrée « bulles de savon », pouvaient lâcher leurs envies de coloriages sur d’immenses murs de papier, s’ initier à la musique, se la jouer rock star avec des animateurs incroyables d’enthousiasme et de gentillesse en guitaristes ou chanteurs, des invités surprises (comme Martin Solveig).

Côté ambiance entre les scènes, on avait clairement un pied à Coachella. Pas de tee-shirt de groupes (ou très peu), des tenues citadines plus élégantes que roots (le talon dans la pelouse ou la terre n’est pas le plus confortable. Les multiples blogueuses, désormais qualifiées d’ «influenceuses» compte tenu de leur capacité à suggérer l’achat de produits, s’en souviendront. Celles qui s’étaient vus offrir la possibilité de nombreuses interviews des artistes en présence auraient du savoir que l’esprit ne se mesure pas à une hauteur d’escarpins..).

Le samedi, le casting sauvage organisé par une grande marque de mannequins avait fuité et incité lui aussi à de jolies audaces vestimentaires… refroidies par les températures du soir et la météo maussade du lendemain. Au final, ce public aussi dense que bigarré, ressemblait à une foule assez jeune, joyeuse et incontestablement heureuse de participer à cette première édition parisienne d’un festival mythique.

Imagine Dragons // Main Stage 2.

Lana Del Rey // Main Stage 2.

The WEEKND // Main Stage 1.

Côté programmation enfin, Live Nation avait frappé fort : répartis sur les quatre scènes (dont deux immenses dotées d’écrans de tailles impressionnantes afin de ne frustrer aucun des 60.000 spectateurs présents chaque jour), cinquante artistes (pour l’essentiel venus des Etats Unis) dont les plus grandes têtes d’affiche pop FM du moment : Imagine Dragons (surpris par cette foule aussi dense qui connaissait chaque titre par coeur), Lana Del Rey (la chanteuse que l’on dit lunatique et hautaine a oublié la pluie et offert un concert plein de chaleur, illuminé par ses titres fétiches), The WEEKND, en tête d’affiche du premier soir, (la mega star canadienne aux origines éthiopiennes a fait une entrée sur scène digne de sa renommée de nouveau roi du R’N B et provoqué les larmes des milliers de jeunes femmes qui l’attendaient depuis des heures).

Liam Gallagher // Main Stage 2.

London Grammar // Alternative Stage.

Editors // Main Stage 1.

Liam Gallagher, ex-Oasis, a été fidèle a sa réputation boudeuse et son vocabulaire fleuri mais quand sonne « Wonderwall » ou « Slide away », en hommage aux victimes du Bataclan, difficile de résister, Les Red Hot Chili Peppers, grosse caution rock du dimanche, ont résisté à la pluie et au vent pour lâcher les riffs dont ils ont le secret.

LP // Alternative Stage.

Bear’s Den // Main Stage 2.

Milky Chance // Main Stage 2.

Inoubliables encore, LP (Laura Pergolizzi), la belle américaine auteur du célébrissime « Lost on You », le titre étant repris par une foule encore plus frénétique que celle qui avait accompagné sa première date française, au Café de la Danse, voilà un an, Bear’s Den, surpris par l’accueil que lui avait réservé le Main Square l’an dernier et visiblement porté par cette chaleur renouvelée, les allemands de Milky Chance, élégants autant que survoltés, dont « Blossom », le second opus, est un succès légitime, The Roots, The Hives et leur rock déjanté, l’élégance de London Grammar, Martin Solveig, Editors, Pixies, l’unique et authentique Seasick Steve, ou bien encore Rival Sons ou DJ Snake. Faisant presque couleur d’ Ovni au milieu de tout ça, entre le séduisant Tom Odell et les souvent controversés musiciens de La Femme, IAM a mis tout le monde d’accord devant l’alternative stage. Les marseillais ont trop de bouteille pour ne pas savoir emporter le public,. Amateurs de rap ou pas, leur charisme et leurs tubes ont fait chanter d’une même voix, toutes générations confondues. Et impossible de ne pas citer Alt-J, dont les passages en France sont toujours aussi attendus que rares. Avant leurs deux concerts exceptionnels à Bercy et à Nantes en janvier prochain, les anglais ont connu un succès massif qui glissera ce rendez-vous du Lolla parmi les très gros souvenirs de tournée.

The Hives // Main Stage 2.

Seasick Steve // Main Stage 2.

Rival Sons // Main Stage 2.

Tom Odell // Alternative Stage.

Alt-J // Alternative Stage.

Désormais bien rôdé aux très grosses manifestations, Live Nation, en mettant son savoir faire au service de son immense catalogue, a réussi l’ implantation de ce nouveau rendez-vous dans la capitale. Le blues du public le dimanche soir ne figurait pas sur le running order mais était assez révélateur. Un an moins quelques jours avant… le Lolla an 2!

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

LE FESTIVAL LOLLAPALOOZA DEBARQUE CET ETE A PARIS

Paris deviendrait-elle le dernier spot indissociable de tout festival de renommée mondial? Après le Download qui a désormais sa version française depuis l’an dernier, c’est au Lollapalooza de venir squatter l’Hippodrome de Longchamp les 22 et 23 juillet prochain. Deux jours de pure folie avec des artistes aussi prestigieux que les Red Hot Chili Peppers, Lana Del Rey, Imagine Dragons ou encore London Grammar.

Unanimement considéré comme le plus grand festival du monde avec plus de 120.000 spectateurs par jour, le Lollapalooza, mis en place en 1991 par Perry Farrel, le charismatique leader des Jane’s Addiction,  réunit chaque été plus de 120.000 spectateurs par jour. En stand by entre 1998 et 2003, le rendez-vous ne cesse de se développer depuis son retour. Le succès est tel que la formule s’est exportée au Chili puis à Sao Paulo au Brésil en 2012, puis encore à Buenos Aires en Argentine en 2014. L’ essaimage européen débuté par Berlin, voilà deux ans, se poursuit donc par la France. Et c’est assez logiquement Paris qui a été retenu.

The Weeknd.

Imagine Dragons.

London Grammar.

L’idée est bonne puisqu’outre la forte attractivité de la capitale, aucun autre évènement majeur ne vient se mettre en concurrence à cette même date. Il y a bien la possibilité d’un gros concert au Stade de France mais une date, un artiste seul, ne suffiront pas à jouer les trouble billetterie. Les organisateurs ont de toutes façons mis toutes les chances de leurs côtés avec une affiche exceptionnelle réunissant une cinquantaine d’artistes qui se succéderont durant tout le week-end sur les quatre scènes. Une programmation large mais haut de gamme pour séduire tous les publics.

Red Hot Chili Peppers.

Lana Del Rey.

Dj Snake.

 

La preuve : Samedi 22 juillet, place sera offerte à The Weeknd, Imagine Dragons, London Grammar, The Roots, The Hives, LP, Martin Solveig, Tchami, Skepta, Glass Animals, Milky Chance, Kaleo, Yellow Claw, Oliver Heldens, Crystal Fighters, Jauz, Joyride, Bear’s Den, Black Tiger Sex Machine, Tiggs da Author, Anna Kova, Jeremy Loops, Max Jury, Moksi et Cinnamon.

Dimanche 23 Juillet, après DustyCloud, Henri PFR, Tess, Don Broco, Oscar and the Wolf, Seasick Steve, Tom Odell, Nightmre, Slushii, Alan Walker, Don Diablo, Rival Sons, Walk off the Earth, La Femme, Editors, Liam Gallagher créera l’évènement, suivi par les français de IAM, Mashmello, les Pixiers, Alt-J, DJ Snake, la très rare Lana Del Rey et les Red Hot Chili Peppers.

Live Nation, grand ordonnateur de ce premier Lollapalooza français a fixé le billet journalier à 79 euros. A longchamp, avec un line up aussi recherché, le galop d’essai s’annonce gagnant.

M.M.

– Plus d’infos sur www.lollaparis.com et www.facebook.com/lollapaloozafr/ –

Arrivée en France réussie pour le Download Festival !

Un climat social lourd de grèves à répétition avec des transports sérieusement entravés, une peur toujours sous-jacente depuis les attentats, une météo plus que maussade et un concurrent qui la joue sold out sitôt les jours suivant l’ouverture de sa billetterie… Pour son implantation sur le sol français, le Download Festival a affronté les pires conditions. On lui prédisait l’enfer. Pour du metal, ça pouvait être de circonstances mais force est de constater que cette première s’en tire brillamment… Et que le public est déjà prêt à en découdre lors d’une deuxième édition.

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Habituées aux déferlantes de riffs des Solidays, les pelouses de l’Hippodrome de Longchamp ont vécu à rythmes encore plus soutenus ces 10,11 et 12 Juin avec la première édition française du célèbre Download Festival, qui depuis des années assure la renommée de Donington, contrée britannique située à quelques encablures de Birmingham. Des milliers de metalleux venus des quatre coins d’ Europe, des centaines de japonais aux couleurs de leurs idoles, se sont rués devant les barrières lorsque se sont enfin ouvertes les portes du site. Des habitués du genre, fidèles du Hellfest comme du Wacken, venus vérifier la saveur de ce nouveau rendez-vous parisien dédié au metal. Des fans attendant la prestation de leurs poulains mais se laissant prendre par les autres prestations du jour. Les tee-shirts trahissaient les passions. Les déguisements et les coiffures aussi parfois. Tout habitué des festivals de metal sait que l’extravagance est ici de mise, les costumes  les plus improbables trustant souvent les circle pits.

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Mais tout cela n’existerait pas sans une affiche à hauteur d’envies. Car le public de ces musiques dites extrêmes est aussi large que les variantes du genre lui même. Difficile alors pour les organisateurs de composer des journées variées alliant grosses têtes d’affiche et groupes plus récents, prévoyant une immersion dans le heavy metal, un passage dans le thrash, le néo, le death ou encore le metal industriel, entre autres, s’assurant la présence de groupes français pour ne pas laisser les Main Stages aux seules formations étrangères qui existent bien plus facilement dans leurs propres pays. Il faut aussi composer avec les tournées du moment. Et faire ses comptes.

Live Nation, premier organisateur de spectacles au niveau mondial, a beau avoir l’aisance financière que l’on imagine, on imagine tout aussi facilement que la société n’entendait pas faire de cette première un gouffre financier, un échec compromettant la pérennité du festival en France.

Alors Live Nation a préféré assurer en additionnant les noms qui font courir le public. Pas de groupes réellement émergeants puisque ceux que le public ne connaissait pas étaient malgré tout déjà bien installés et ce depuis plusieurs années dans leurs pays (mais après tout, jouer les défricheurs pour une première n’était pas obligatoire).

Des américains de We Came as Romans vendredi après midi aux allemands de Rammstein, en clôture de festival dimanche, une quarantaine de noms se sont ainsi succédés, sans temps morts (à l’exception des quelques problèmes techniques inhérents à ce genre de gros rassemblements), pour le plaisir manifeste des festivaliers. Ils  n’étaient peut être pas les 65.000 espérés chaque soir mais plutôt entre 40.000 et 50.000 selon les jours. Largement suffisant pour ceux qui ont dû patienter de longues heures pour recharger leur cashless, le bracelet magnétique seul moyen de paiement sur le site (et désormais bien intégré à la plupart des festivals), réussir à décrocher de quoi boire ou se nourrir entre deux concerts. Largement suffisant surtout pour que chacun puisse voir et ne pas se contenter de regarder les écrans géants en côté de scène.

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We Came As Romans.

Rammstein.

Les mauvaises langues pourront toujours dire que ce n’était quand même pas à hauteur de Hellfest… Mais est-ce bien sérieux que comparer le fest de Clisson, désormais en tête des plus grosses rencontres d’Europe (plus de 150.000 spectateurs en trois jours), qui a célébré l’an dernier ses dix ans d’ existence et eu le temps de procéder chaque année à des améliorations importantes de son site ? Ben Barbaud, son directeur-fondateur, a été aperçu vendredi soir à Longchamp. Il n’a pas échappé aux questions de ses aficionados, présents en masse sur les pelouses de la concurrence. Le garçon est discret. Sa réponse reste celle déjà formulée à l’automne quand a été révélée l’arrivée du Download France : il y a de la place pour tout le monde alors si ceux qui n’ont pu obtenir de billets pour le Hellfest ou si  d’autres peuvent davantage profiter d’un rassemblement plus au nord de la France alors tant mieux. Tant pis pour ceux qui pariaient sur une guerre fratricide et voyaient déjà le fest du vignoble nantais étouffer dans l’oeuf son empêcheur de programmer en solo.

Certes, l’hippodrome de Longchamp n’avait ni le décor ni l’ambiance unique de son aîné, certes le site était monotone à force d’unité et de lignes droites, certes les concerts s’étalaient sur une tranche horaire plus restreinte (14h30-23h30 contre 10h-2h) mais l’essentiel était là, il a existé de vrais beaux temps forts sur scène et les festivaliers, venus en masse, ne boudaient pas leur plaisir.

Reste tout de même un problème essentiel : celui du calendrier. Les amateurs du genre sont prêts à parcourir des kilomètres mais leurs finances ne sont pas extensibles. Beaucoup des fidèles du Hellfest auraient adoré venir découvrir le Download mais ces deux festivals fixés sur deux week-end consécutifs ne les y avaient pas autorisé. Autre réflexion qu’il faudra peut-être aussi envisager : la création d’une identité propre. Le Download devra à l’avenir trouver une programmation plus largement différente, notamment au niveau de ses têtes d’affiche, de celle de son aînée. Quand on sait que cette dernière était sold out en quelques jours, inviter à son tour Gojira, Mass Hysteria, Anthrax, Tremonti, Amon Amarth, The Shrine, Rival Sons, Shinedown, Volbeat, Megadeath, Korn, Ghost et surtout Rammstein, soit treize artistes communs (le tiers de l’affiche) était un pari risqué et le Download français saison 2 devra y remédier en s’affirmant davantage. Au final, cette ambition est porteuse pour tous les fans de metal qui rêvent déjà à la prochaine édition.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET. 


AU FIL DU FESTIVAL.

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We Came As Romans.

Les américains de We Came As Romans ont ouvert le bal vendredi et été les premiers à se produire sur l’une des trois scènes du festival. La bande de Kyle Pavone était heureuse de se retrouver en France et l’a prouvé avec une énergie pas même minorée par cette programmation en tout début d’après midi. Aussi pêchus que lors de leur concert parisien de décembre (à l’Olympia), les six musiciens du Michigan avaient concocté une setlist propre à réjouir aussi bien leurs fans que tous ceux qui ne les connaissaient pas. Vieux briscards de la scène, n’aimant rien davantage que les tournées, ils ont enchaîné les titres et prouvé que la rencontre avec leur nouveau producteur, en l’occurence David Bendeth (Paramore, Bring Me The Horizon…) leur avait apporté une dimension supplémentaire.

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Beartooth.

Même constat pour la bande à Caleb Shomo, leader de Beartooth. Depuis que le groupe de l’Ohio a été signé par le label Red Bull Records, il ne cesse de s’affirmer et l’album sorti quelques jours avant le rendez-vous parisien l’a confirmé avec  éclat. Caleb Shomo, ancien leader d’Attack!Attack!, chanteur mais aussi auteur, compositeur et multi instrumentiste, n’avait pas caché son envie de faire de cette année, une année majeure pour Beartooth. L’histoire semble lui donner raison.

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Gojira.

Célébrant ses vingt ans d’existence, Gojira, l’un des rares, si ce n’est le seul groupe de metal français à la renommée internationale, qui, à l’image du genre musical à la télé, ne connaît pas chez nous de diffusion médiatique importante, a reçu une véritable ovation. La formation d’origine landaise a pris son temps et n’a jamais cherché à sortir des albums pour « occuper l’espace ». Le sixième opus, « Magma », enregistré à New-York et révélé en cette mi juin, promet d’être dans cette lignée death metal de haut vol. On en dit déjà le plus grand bien. Gojira n’a pas attendu pour célébrer l’évènement. La tournée démarrée en mai décroche tous les superlatifs.

C’est en élégants costumes noirs, jaunes et rouges, qu’Avatar s’est présenté devant le public parisien. Les suédois livrent un death metal mélodique reconnaissable depuis plus de dix ans et ont su créer un univers fort d’une théâtralité originale. Johannes Eckerström, toujours aussi à l’aise dans son personnage de clown, a démontré s’il en était encore besoin que sur scène, Avatar prend toute sa dimension.

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Deftones.

Programmé à 18h30, Deftones était très attendu par ses fans. La team américaine, qui aurait du se produire le lendemain des attentats du Bataclan, n’a rien perdu de son style inimitable, porté depuis plus de vingt deux ans. Chino Moreno a enchainé les titres phares en n’hésitant pas à se jeter dans la fosse. Les américains restent des références et ont prouvé avec rage que leur longévité est vraiment légitime.

Tête d’affiche de cette première journée, Iron Maiden a livré un show dont il a le secret. Décors, jeux de lumières, mise en scène, la bande de Bruce Dickinson (qui a demandé au Sonisphère de faire du bruit… avant de se rappeler qu’il était au Download, fatigue et décalage de tournée sans doute) a offert deux heures de spectacle grandiose. Eddie, leur géant devenu mascotte, n’a pas fini de faire parler de lui.

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Ghost.

Ce sont les suédois de Ghost qui ont bouclé la journée. Bien que souffrant (le groupe a d’ailleurs du annuler les dates suivantes), Papa Emeritus III, le chanteur a réussi une très belle performance. Le concert a du être légèrement amputé mais l’essentiel était là: «Monstrance Clock», «Absolution»… La plupart des succès se sont succédés, les masques, les costumes et tout ce qui fait l’identité de Ghost bluffant alors ceux qui les découvraient ce soir là.

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Mass Hysteria.

Samedi, le ciel était menaçant mais la météo a eu le bon goût de laisser Mass Hysteria offrir une prestation énorme. Depuis cet album d’une force exceptionnelle sorti à l’automne et la tournée mise en place dans la foulée, le public avait pu constater combien la formation française (qui elle aussi se produit depuis plus de vingt ans) était passée au cran supérieure. Pour cette première très grosse date de festivals, la bande de Mouss a livré un concert d’anthologie, puissant, généreux, émouvant (cet «Enfer des dieux» là restera dans les mémoires), laissant le public, exceptionnellement nombreux pour ce rendez-vous fixé à 15h, sans voix.

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One Ok Rock.

La journée ayant prévu une grosse «parenthèse» japonaise, One Ok Rock, l’un des groupes les plus populaires dans son pays qui déclenchent même l’hystérie chez la gente féminine dans ce coin du monde pourtant plus enclin à la réserve, a prouvé qu’il ne fallait pas se fier à des apparences quelque peu «boys band». Depuis dix ans, One Ok Rock, entre rock alternatif et metal mélodique, a su conquérir un public de plus en plus large avec des compositions mixant anglais et japonais. Les fans avaient répondu présents. Les autres se sont facilement laissés embarquer.

Moins facile en revanche de suivre les Baby Metal. Après avoir du subir un contre temps technique du côté du son, contraignant les musiciens à ressortir de scène, les demoiselles ont débuté leur set par des exercices plus proches de Véronique et Davina ou d’un concours de twirling (mais sans le bâton). Mécaniques, tellement programmées qu’elles en devenaient lassantes, les trois japonaises ne nous ont pas réconciliés avec la J-Pop. Phénomène sans doute. Excentrisme et effet de mode plus probablement.

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Biffy Clyro.

Avec les écossais de Biffy Clyro, la journée a retrouvé des couleurs. Torse nu, comme toujours, vêtu d’un assez peu séduisant bermuda noir sur leggings de même couleur, Simon Neil, le chanteur, n’a visiblement pas de temps à perdre avec les recherches vestimentaires. Musicalement en revanche, le trio, renforcé pour l’occasion par deux musiciens, n’a plus rien a prouvé. Les écossais veulent voir dans 2016 l’année de leur renaissance avec la sortie de leur septième album et des concerts mémorables. L’affaire semble bien engagée!

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Jane’s Addiction.

Une déception en revanche, mais qui n’est peut-être pas franchement une surprise, avec la prestation de Jane’s addiction. Sous des atours élégants, le groupe n’a pas convaincu. Entre l’arrivée sur scène de Perry Farrell, le chanteur, bouteille de Bordeaux en mains, le manque d’énergie générale, la baisse de régime navrante de Dave Navarro, le guitariste, et l’étonnante présence de danseuses en petite tenue mais n’ayant visiblement pas un sens du rythme inné, ce moment ne restera pas dans les annales.

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Korn.

En fin de soirée, heureusement, Korn a remis tout le monde d’accord avec un concert d’une heure trente incroyable. Particulièrement en forme, Jonathan Davis, a enchainé les succès, offrant même une parenthèse aussi inattendue que géniale du côté de Metallica avec une reprise de «One» et de Pink Floyd avec une généralissime et très personnelle reprise d’«Another Brick in the Wall». La scène est décidément l’endroit où il faut écouter et voir cette formation qui a visiblement retrouvé toute son inspiration.

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Sabaton.

La météo catastrophique et les abats d’eau du dernier jour de Download ont joué les trouble fête mais n’ont heureusement pas contraint à des annulations. Les pluies les plus fortes se sont produites lors du passage de Sabaton, ce que les cinq suédois ont semblé ignorer. Reprenant le thème de leur tournée actuelle, l’hommage aux héros de la seconde guerre mondiale, mais sans avoir eu le temps d’installer sur scène le char d’assaut qui trône normalement à leurs côtés (la faute à des problèmes de transport et une arrivée tardive sur le site peut-être?), le groupe avait visiblement du plaisir à se produire à l’occasion de ce gros festival.

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Trivium.

En tournée depuis plusieurs semaines, Trivium a fait escale à Paris, une ville où le groupe emmené par Matt Heafy s’est déjà souvent produit. Mêlant de façon toujours aussi ingénieuse thrash et metalcore, les américains ont profité de l’occasion pour servir quelques extraits de leur septième opus et présenté Paul Wandtke, leur nouveau batteur. Recette gagnante.

Après les mythiques Megadeth et le non moins mythique Dave Mustaine, dont c’était le retour après trois années d’absence en France, place à ceux que tous les festivaliers attendaient : Rammstein. On disait la tournée des allemands encore plus exceptionnelle, plus musicale et plus spectaculaire, elle le fut! Au top de sa forme, Till Lindemann a enchaîné les titres, joué les artificiers, campé ses personnages tandis que la pyrotechnie ne laissait aucun répit. «Ich Tu Dir Weh », « Du Hast », « Amerika », « Engel » et même, en surprise inespérée car le titre ne figurait plus sur les set list depuis quatre ans, le superbe «Frühling in Paris», dans une version extraordinaire. Sans oublier « Zerstoren» en support à un vibrant hommage aux victimes des attentats de Paris.

Rammstein au plus beau de son histoire, de quoi refermer avec maestria un premier Download qui rend déjà impatient de vivre le suivant.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET .

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