Quand un ex Marquis de Sade croise la note avec Pascal Obispo.

Il y a des concerts qui marquent au delà du simple souvenir. Celui de Pascal Obispo au Zénith de Nantes ce 10 Décembre sera à inscrire dans cette catégorie. Alors que depuis près de deux heures, la soirée défilait (savant dosage de mélodies anciennes et de refrains nouveaux, servis par un artiste généreux prenant visiblement plaisir au partage avec une salle pleine à craquer ), Pascal Obispo a soudain marqué une pause pour remonter le temps. Celui de ses années adolescentes où un groupe lui avait donné l’envie de chanter. Ce groupe, c’est « Marquis de Sade », une formation pilier de la scène rock Rennaise de la fin des années soixante-dix, où figuraient aussi Etienne Daho, Niagara, des musiciens comme Arnold Turboust et Philippe Herpin. Après deux albums, le groupe s’était séparé, Franck Darcel, le guitariste et Philippe Pascal, au chant, prenant des voies différentes, ce dernier poursuivant notamment à travers « Marc Seberg » jusqu’au début des années quatre-vingt dix.

Tous les amoureux de ce rock franchement noir aux thèmes aussi lourds que la violence, la maladie, la drogue sur des lignes musicales empruntant aussi bien au fameux Velvet Underground qu’ à Bowie, en avaient conservé une forme de nostalgie, faisant de « Marquis de Sade », un groupe mythique. Et ce soir là, par la grâce d’un rêve encore jamais réalisé, le mythe a ressurgi et Philippe Pascal est réapparu sur scène. Pascal Obispo avait enfin réussi à le convaincre de partager un moment à ses côtés. Près de vingt ans qu’il espérait ce moment!

La silhouette de Philippe Pascal est toujours aussi longiligne, la beauté intacte et la gestuelle n’a pas changé. Derrière ce duo inattendu, Sam Stoner, qui a aussi joué avec le Rennais peu de temps après son arrivée en France, envoie avec enthousiasme et observe ces retrouvailles entre émotion et bonheur total. Le public sent lui aussi qu’il assiste à une parenthèse exceptionnelle, d’autant plus exceptionnelle d’ailleurs que ce moment ne devait pas se produire avant le concert de Rennes deux jours plus tard. Mais les répétitions de l’après-midi avaient fait sauter les peurs et donner l’envie de ce rendez-vous anticipé. Une parenthèse à jamais graver dans les mémoires. L’envie de retrouver Philippe Pascal bien plus longuement sur une scène. En attendant, assumant le clin d’oeil facile, « arigato » Pascal Obispo.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

En scène, ça tourne!

Cette fois, on y est ! Balayés les derniers grains de sable, foutus squatters de nos Converse post baignades. Estompé le bruit mécanique des vagues échouées sur le rivage. Même si la météo la joue fourbe et tente de faire diversion pendant que les feuillages décrochent, la rentrée n’est pas belle mais bien là. Ses réveils anticipés, ses périphériques saturés. Et sa course constante. Pas le jogging matinal parmi les pins. Non ! la course contre le temps, la course pour tout et souvent pour rien. Il y a de la grise mine sous le bronzage. Bonne nouvelle pourtant : la rentrée 2014 sera un bon millésime. Coté concerts, le plus difficile sera donc de choisir. A vos agendas!

Beck.

Le 11 septembre, Beck sera au Zénith de Paris avec Sean Lennon (oui, le fils de!) Le songwriter le plus prolifique de ces dernières années devrait encore une fois faire salle pleine. Deux jours plus tard, lui succédera la sublime Lauryn Hill (ex-Fugees) et son soul si maîtrisé. Changement radical de registre le 30, avec The Libertines et son incontrôlable leader, Pete Doherty. Quand le musicien est dans un jour « avec », ou plutôt sans ses démons énivrants, la performance est au rendez-vous et le moment toujours mémorable.

Dans la série, gros barnum, Jay Z et Beyonce installeront leur « On the run Tour » au Stade de France les 12 et 13. Il va falloir jouer vite pour tenter de reprendre « Single Lady » avec la belle dans les tribunes de Saint-Denis car le second soir est complet et le premier le sera sous peu.

Américaine aussi mais dans la série « old legend » cette fois, Joan Baez organise son sitting à l’Olympia du 30 septembre au 7 Octobre. L’ égérie du folk contestataire des années 60 est en tournée mondiale depuis plusieurs mois; la « Dylan au féminin » a toujours autant de succès et il ne reste plus que quelques places pour les deux derniers soirs.

Des airs contestataires aussi souvent chez Sanseverino qui s’attaque cette fois au répertoire des années trente. Ce nouvel opus, intitulé « Le petit bal perdu », sera (notamment) interprété dans le cadre intimiste du Divan du Monde (Paris) le 20, deux jours avant la sortie de l’album.

Christine and the Queens.

Ca chauffera aussi du côté des tour-bus: Florent Pagny s’élancera le 15 pour trois mois. Pascal Obispo poursuit sa tournée triomphale jusqu’au 19 décembre. Etienne Daho, largement rassuré par sa tournée estivale, promènera son « Diskonoir Tour » du 27 septembre jusqu’au 20 décembre. CharlElie Couture a momentanément oublié ses toiles et son atelier new yorkais pour revenir le temps de quelques dates, du 22 septembre au 23 Novembre. Miossec sera voyageur du 7 Octobre au 8 décembre. Michel Jonasz et Jean-Yves d’Angelo, son complice de toujours, reposeront leur « Piano Voix -saison 2 » du 19 septembre au 30 Mai pour vingt-cinq dates, avec passage au Casino de Paris le 6 février. Quant à la nantaise Christine and the Queens, véritable révélation 2014, désormais entourée de danseurs et musiciens, elle se promènera (après son passage au Festival Scopitones de Nantes) jusqu’à la fin de l’année.

En septembre encore, Louis Delort et The Sheperds se remettront en route. Plusieurs dates de la tournée avaient été reportées, le premier album du groupe étant repoussé à l’automne. Tout est désormais prêt pour le partage. De quoi réjouir leurs nombreux fans que les premiers extraits avaient rendu très impatients. Le 20 septembre, le groupe sera en concert à la Chapelle Vendomoise (Loir et Cher) – à noter en première partie, la présence d’Al Delort (oui, le père de!), incomparable jongleur de mots, observateur aigu de la vie et de ses errements- avant une tournée jalonnée de nombreuses dates dont le Trianon (Paris), le 9 octobre.

Louis Bertignac démarrera au Divan du Monde (Paris) le 9 Octobre une série de concerts intimistes puis enchaînera sur une tournée de salles plus importantes l’an prochain. Son nouvel album est lui aussi très attendu.

Kyo, qui a réussi son retour après une décennie de silence, démarre son « Graal Tour » le 2 octobre (Olympia le 23, déjà complet) et le poursuit au moins jusqu’à la fin février. Le trio anglais de London Grammar repassera en France pour quatre dates exceptionnelles (dont Dijon le 30 septembre et le Palais des Sports de Paris le 22 Octobre). Anglais lui aussi, Lewis Watson sortira ses guitares le 6 octobre au Casino de Paris.

FFF, qui a été de tous les festivals ou presque cet été, poursuit sa route. Après Bayonne le 8 septembre, ce sera Le Petit Bain (Paris) dans le cadre des « Villes des musiques du Monde ». Même chose du côté de Skip The Use. Redémarrage le 25 septembre à Dijon pour deux mois dont une escale au Zénith de Paris le 10 octobre.

Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc créeront l’évènement au Palais Omnisports de Bercy du 5 au 9 novembre. Plus de 80.000 spectateurs et une billetterie prise d’assaut sitôt l’ouverture. « Les Vieilles Canailles » font recette. Respect.

Bercy, qui est en pleine rénovation, restera ouvert pour quelques soirs supplémentaires et accueillera Kylie minogue le 15 novembre, Elton John le 19, les Shaka Ponk le 20, Lenny Kravitz le 23 (sa tournée se poursuivra ensuite en France) et la toujours étonnante Lady Gaga le 24. Fort du succès de son dernier album, disque de platine quelques jours après sa sortie, Calogero y allumera ses « feux d’artifices » le 22 avant de poursuivre sa tournée pour plusieurs mois.

Ed Sheeran sera en concert à Villeurbanne le 22 Novembre et le 27 au Bataclan (Paris) avant de revenir pour plusieurs dates exceptionnelles en février. Sa présence de ce côté ci de la Manche est un évènement qu’il vaut mieux ne pas rater car le monde entier s’arrache ce jeune britannique, dont on ne compte plus ni les tubes, ni le récompenses.

De quoi tenir jusqu’aux fêtes de fin d’année. Au moins. Choisir, c’est renoncer dit-on. Malin!! Et celui qui n’a pas envie de renoncer, il fait comment ?

Magali MICHEL.