Charlotte Valandrey change de scène :  l’actrice a trouvé sa voix !

Elle va avoir cinquante ans mais n’a sans doute jamais été aussi lumineuse et pleine de projets. A l’heure où certains investissent dans un Stressless, Charlotte Valandrey ajoute une mention à sa carte de visite en s’offrant un détour par la scène musicale. Des morceaux pop, des paroles cousues main et une voix reconnaissable, l’aventure ne connaît pour l’heure aucune fausse note.

Plus la peine de la présenter: depuis plus de trente ans, Charlotte Valandrey marche à nos côtés, investit les séries qui ont fait le succès de la TV (« Cordier, juge et flic », « Demain nous appartient »), endosse de jolis rôles au théâtre et publie des livres-témoignages (entre autres) qui visent juste et rallient des milliers de lecteurs.

Sa détermination et son courage ne sont plus à démontrer, son combat contre la maladie en a largement attesté. Tout comme sa capacité à rester positive et à gérer efficacement énergies et les émotions, y compris les plus négatives. Elle aurait pu continuer sa route entre tournages et écriture… Mais Charlotte Valandrey a eu envie de se confronter à d’autres sensations en concrétisant son goût pour la chanson, cette envie de faire de la scène qu’elle réprimait depuis l’adolescence.

« J’ai toujours eu envie de chanter! Cela peut paraître opportuniste de dire cela alors que mon premier opus sort le 30 Novembre et que j’ai deux concerts d’ici là mais c’est ainsi. On me disait ado que j’avais un joli brin de voix. Serge Gainsbourg a souhaité me rencontrer et m’écrire des textes… Pourtant je me suis dit : «Je ne le connais pas lui, ce n’est pas pour moi, non merci! » Avouez que j’ai le sens de la bonne décision, non ? » observe t’elle en riant. « C’est l’histoire de ma vie ce genre de choses. Avec le recul, cela fait sourire. J’ai par contre vécu un truc assez original quand même : j’ai fait de la figuration ado dans un clip de David Bowie, ce que beaucoup ne savent même pas. Je passais mon temps dans les concerts de Daho, de Dépêche Mode et de… Bowie et puis j’ai été choisie pour apparaître dans « As the World falls down » que nous avons tourné à Londres. Il m’a dit que j’avais un joli brin de voix. Un vrai beau souvenir!»

Largement occupée entre les tournage et les heures douloureuses à lutter contre les méfaits de la maladie, la transplantation cardiaque qu’elle a dû subir, l’actrice n’avait cependant pas vraiment eu le temps de pousser la note en dehors de sa salle de bains. Il a fallu le hasard d’une rencontre avec un couple de musiciens-paroliers devenus des amis intimes pour que l’affaire se décante et que le projet prenne forme. 

« On s’est vu pendant presqu’un an plusieurs fois par semaines, parfois même tous les jours et on a parlé, travaillé, pensé cet album. Forcément, plus le temps passait, plus ils connaissaient ce qu’il y avait de plus intime en moi, mes failles, mes forces, mes envies, mes enthousiasmes, et ils m’ont taillé un album cousu main. 

Sans exagération, je pense que c’est plus « vrai » que ce que si je l’avais fait moi même.  C’est « naturel », sans pudeurs ou gênes excessives. Je prends ces mots comme les miens et je les chante en les ressentant avec euphorie et force. C’est un plaisir de dingue cette aventure. D’autant que je suis également entourée par trois musiciens qui me portent… » 

Des mots précis, des histoires majuscules, des joies et des peurs, des tourments et de la nostalgie, une pop brillante et sans concession, la voix de Charlotte Valandrey se pose avec aisance dans les titres les plus énergiques comme dans ceux où le phrasé mâtiné de propos forts laisseraient songer à Grand Corps Malade. L’ artiste ne cherche pourtant pas la comparaison mais attend juste de voir si le public la suivra dans ce nouveau chapitre. D’autres titres sont beaucoup plus pop et dans le registre d’un Daho ou d’un Julien Doré, « deux artistes que j’admire, que j’écoute sans arrêt et avec lesquels j’adorerais partager un duo ou une scène, tant qu’à rêver haut ! » lance t’elle en riant.

« Je suis si heureuse, c’est un tel plaisir d’être sur scène, de vivre ces histoires avec les musiciens, c’est très différent du théâtre où l’on endosse la panoplie et le rôle écrit par l’auteur. Là, c’est vraiment moi et moi dans ce que j’ai envie de dire et montrer. Il n’y a pas de faux semblant, ni de costume de protection. Les premiers retours sont positifs. Les deux dates parisiennes permettront de se faire une idée de la réaction du public. Ce serait tellement le bonheur si une tournée pouvait se mettre en place, je veux tellement croire en ce projet…»

Etre connue et même reconnue dans son domaine, avoir un nom ne suffisant pas à capter l’attention (et le partenariat) des labels, Charlotte Valandrey a auto financé son opus de cinq titres. Mais l’album en comportera quatorze, qui seront tous joués sur scène le 15 Octobre (au Réservoir) et le 29 Novembre (au Zèbre de Belleville, toujours à Paris). Une date qui ne doit rien au hasard puisque ce soir là, Charlotte Valandrey soufflera ses cinquante ans. 

Le premier extrait de son opus s’ intitule « J’adore ». De bonne augure pour saluer l’entrée dans cette nouvelle voie.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Nathalie Cazo. 

– En concerts à Paris, le 15 Octobre au Réservoir et le 29 Novembre 2018, au Zèbre de Belleville. Tickets en vente sur billetweb.fr. – 

Le double plébiscite d’Ed Sheeran au Stade de France

En trois albums vendus par millions,  Ed Sheeran a conquis la planète et accédé au podium des stars de la pop  internationale. Sans pour autant se départir de son côté « boy next door », à vingt-sept ans, il joue désormais à guichets fermés dans les plus grands stades. Les 6 et 7 juillet, il faisait escale au Stade de France. Avec le public comme partenaire.

Il y a six ans, Ed Sheeran livrait ses chansons à l’un de ses premiers auditoires parisiens (après un passage déjà marquant par la Boule Noire, autre salle de la capitale). Le public de la Cigale , en Juillet 2012, comme celui du Trianon, en Novembre, ressemblait à celui des One Direction, stars parmi les stars nées de l’autre côté de la Manche et devenues déferlantes partout dans le monde. Il est vrai que le jeune Ed Sheeran, du haut de ses vingt et ans, leur avait écrit l’un de leurs plus grands tubes avec « Little Things », titre sorti cette même fin 2012, qui à chaque concert fera couler des rivières de Rimmel. La ballade est superbe et le succès légitime. Il y a six ans donc, les jeunes anglaises avaient débarqué par centaines laissant quand même quelques places pour toutes ces autres qui voulaient découvrir sur scène l’interprète de « Kiss me » ou « Lego House ». Ensemble, elles ont fait grimper les décibels.  

Et voilà le Britannique qui s’attaquait cette fois à la version XXXL de la scène en jouant à saute stades à travers le monde. L’envie d’une étape au Stade de France avait été évoquée lors de sa venue à l’AccorHotels Arena de Bercy (Paris) l’an dernier et Live Nation a décidé de la relever. Au final, et même si les plus enthousiastes pensaient l’idée possible, ce n’est pas un soir mais deux qu’Ed Sheeran aura rempli, la billetterie s’envolant en quelques minutes. 120.000 places vendues. Ca laisse rêveur après six années de carrière et seulement trois albums. Mais il est vrai que le jeune homme a enchaîné les tubes, récolté des trophées et disques de platine aux quatre coins de la planète, été adoubé par toutes les stars de la musique, vu aux côté des plus grands, fait pote avec Taylor Swift ou Beyoncé tout en ayant l’air de rester cool et souriant, pas franchement obsédé par son image. 

Son dernier opus, « Divide », s’est vendu à plus de treize millions d’exemplaires (dont pas loin de 800.000 en France), décrochant ainsi le titre envié de plus gros vendeur l’an dernier. Et on ne parle pas de ses clips, toujours extrêmement soignés. « Shape of you »  a été vu plus de trois milliards de fois. Ni de sa popularité sur les réseaux sociaux. Sous « Teddysphotos » (abonné à une seule personne), Ed Sheehan réunit 24,2 millions de fans. De quoi faire pâlir les nouveaux « influenceurs ». Parler de « phénomène » dans une période qui abuse des superlatifs n’a donc rien d’exagéré.

Si jouer au Trianon puis revenir au Zénith avant de passer par Bercy a quelque chose d’une progression logique qui ne bouleverse pas la set list ou la mise en scène, il y a un pas nettement plus grand dans cette antre dantesque où il s’agit d’ être vu et entendu par chacun. Bien sûr, il y a les tours d’enceintes. Bien évidemment, un concert dans un stade ne saurait s’affranchir d’ écrans géants mais ces dispositifs ne peuvent être que des renforts, certainement pas l’ossature principale sur laquelle s’appuyer et s’éviter la dose de stress que l’ on imagine à hauteur de l’enjeu. 

Et bien lui a décidé de la jouer tel quel, à son image, simple et sans excès. Une scène à plusieurs niveaux,  un écran qui reprendrait l’imagerie de ses clips, des lights raccords avec les tons de son dernier album, un pied de micro et basta. Même tenue que celle qu’il porte depuis toujours (jean, teeshirt sur teeshirt à manches longues), la chevelure rousse plus ou moins ordonnée et le sourire rivé au dessus la guitare, seule l’envie, sa véritable adrénaline, faisant le reste. Et à 21h15, sous un tonnerre d’applaudissements et de cris, Ed Sheeran a fait son apparition par une porte de côté avant de rejoindre son piédestal. 

Le jeune homme emporte tout le monde dès les premiers accords, même ceux qui ne l’avaient encore jamais vraiment entendu, les parents notamment venus accompagner une progéniture aussi fan que trop jeune pour venir seule. Il saluera d’ailleurs ces « papas et ces amoureux qui accompagnent leurs filles ou leurs chéries » et il demandera à tout le monde de chanter « car vous êtes mon groupe ce soir ». 

Le vent joue parfois les sons contraires, les rangs voisins crient parfois trop pour permettre une audition parfaite de ce qui se passe sur scène mais rien ne saurait entraver l’enthousiasme devenu général. « Galway girl » fait même danser dans les travées autant que sur la pelouse. Sur les écrans géants, la tête d’Ed Sheehan est partout. Les dragons et les lions prennent également le pouvoir comme dans un super dessiné animé.

Les tubes s’enchainent, énergiques ou plus romantiques. « Thinking out loud », les magnifiques «Photograph» ou « Perfect » sont repris par soixante mille choristes et éclairées par presqu’autant de lumières de smartphones. Sur scène, Ed Sheeran n’a toujours que sa guitare, ses paroles accrocheuses et sa jovialité non feinte. On pourra toujours se dire qu’il est de ceux que la proximité renforce, que ses chansons supposent davantage d’ intimité, le pas est franchi avec un succès bluffant.

En fin de set, « Sing », fait évidemment chanter tout le stade. En rappel, « Shape of you » fait lui aussi le job avec un Ed Sheehan qui s’est assuré d’un succès encore plus grand en revenant avec le maillot de l’Equipe de France. « You need me, I don’ t need you » fermera le bal. Les derniers accords à peine envolés, certaines se rueront vers les portes d’accès du stade… pour attendre jusqu’au lendemain en organisant un tour de garde entre copines, histoire d’être au premier rang de la fosse. Il parait que le nombre de couvertures de survie abandonnées lorsque s’ouvrent les portes est un signe puissant de notoriété. En ces deux soirs, des centaines d’accessoires du genre laissaient refléter le soleil dans leur matériau doré.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Download Festival France: Mass Hysteria, la fête avec débauche d’accessoires!

Ils avaient réussi l’impossible (ou presque) en créant le moment le plus fort du premier jour du premier Download français en 2016 et  provoqué une émotion d’une force incomparable devant la foule des grands soirs alors que l’horloge sonnait à peine le milieu de journée… Il était donc sans doute logique de les retrouver parmi les têtes d’affiche de cette troisième édition. Alors Mass Hysteria a sorti leur grand jeu et pas mégoté sur les accessoires. Mais quand « Furia » rime trop avec carioca, il y a une « somme de détails » qui nous éloigne de l’essence même du groupe. Parfois, trop fait réellement « Plus que du metal ». Mais c’est trop.

Ce n’est pas pour jouer les critiques à petits bras mais il est incontestable ici que Mass Hysteria fait partie des groupes français que nous adorons. « Matière Noire », le dernier opus en date, est une réussite absolue, porteur d’arrangements encore plus puissants et bénéficiant d’une production remarquable. En étant des deux versants de l’aventure, guitariste d’une côté, producteur de l’autre, Fred Duquesne a réussi la manoeuvre avec maestria. De quoi rendre impatient d’entendre le prochain album, en cours d’enregistrement. 

La tournée qui avait suivi, débuté dans le chaos des attentats, n’avait connu que des temps forts et des salles pleines à craquer, tous les festivals (du Hellfest au Download, en passant par ceux qui ne sont a priori pas franchement metal comme le Main Square ou Garorock) s’arrachant le groupe français qui après plus de vingt cinq ans de carrière semble au sommet de son art. On les a vus, revus et c’était toujours avec le même enthousiasme. Ces cinq là semblaient tellement forts que Mass Hysteria en devenait presque inoxydable.

Après des centaines de dates, la tournée s’est logiquement arrêtée pour laisser place à la création et à l’écriture de l’album suivant. Pas facile quand on a connu autant de succès avec le précédent mais Mouss, le frontman, semblait déjà porteur d’idées. De quoi rassurer, lui qui avait dû affronter des tempêtes personnelles avant de réussir à boucler les textes de « Matière Noire ».

On ne pensait donc pas les revoir avant l’automne 2018… Jusqu’à ce que Live Nation via les programmateurs du Download, leur propose un ultime tour de piste. Rien qui sonne façon enterrement de tournée mais plutôt comme une feria, une fête majuscule pour boucler la boucle, remiser définitivement le « Matière Noire » Tour et laisser place nette pour la suite.

Défi relevé par le groupe qui y a vu une aubaine et une forme de consécration puisqu’il était programmé en tête d’affiche du dimanche soir. Défi évidemment tout aussi apprécié par Veryshow, le producteur de la tournée, qui partageait cet enthousiasme.

Alors c’est ici que commence l’écho trouble-fête. Volonté du groupe ou de l’encadrement, une chose est sûre, il n’a manqué aucun artifice. Dans la petite boutique du « Sens de la Fête », on avait puisé dans tous les rayons. Lorsque l’immense drap (avec le logo XXL du groupe) occultant la scène est tombé, le public (dense et ultra motivé) a découvert un énorme tambour au centre de la Main Stage . Aux côtés des musiciens, des hommes en noir, taillés comme des armoires à glace, visage dissimulé dans des cagoules toutes aussi noires, jetaient l’ effroi. Et puis il y a eu encore les pom-pom girls à l’américaine (dont on doit saluer cela dit l’extrême précision et l’incontestable talent). Sans oublier pour finir en apothéose de couleurs, des danseuses brésiliennes pro de la samba et une pluie sans fin de cotillons métalliques.  Et là on se dit, « il devait y avoir des soldes. Pourquoi ils ont tout pris ? »

Bien sûr, ça a plu aux familles, aux spectateurs qui ne les connaissaient pas et ont sans doute prêté plus attention au show qu’aux paroles pourtant précises et acérées, à tous ceux qui aiment le cabaret des grands soirs. Mais quand on connaît la rage du groupe, son côté révolté, ses envies de ne rien lâcher, la force de « L’enfer des Dieux », de « Vae Soli » ou de « Furia », on ne peut que regretter de voir le message dilué dans tous ces artifices. L’énergie était là, les cinq musiciens ont mouillé la chemise et manifestement adoré ce moment. Mais une fois n’est pas coutume, une partie de leurs fidèles est restée sur sa faim.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Harry gagne avec Styles !

Une production soignée, une mise en scène originale et une setlist parfaitement calibrée : le « LIVE ON TOUR » d’Harry Styles passait par Bercy. Le jeune britannique se présente désormais en solo et affiche l’aisance des vieux routiers de la scène avec une maturité impressionnante. 

Harry Styles était en concert ce 13 Mars sur la scène de l’AccorHotels Arena (Paris) . On pourrait le lire comme une simple date, escale parmi toutes les escales qui se posent chaque année à Bercy. Mais ce serait faire fi du contexte, de l’histoire même de ce jeune artiste d’à peine vingt-quatre ans mais déjà auréolé de sept années d’une carrière qui n’a jamais flirté qu’avec les sommets quel que soit le continent traversé.

Un concert d’Harry Styles, c’est un rendez-vous. Celui qu’il fixe à toutes celles (et elles sont des dizaines de millions à travers la planète) qui le suivent depuis qu’il a été l’un des cinq «One Direction», le boysband le plus célèbre de ces dernières années, monté par Simon Cowell, producteur et membre inspiré du juré du X Factor anglais. Une idée pour le moins juteuse avec un premier contrat de plus de deux millions de livres sterling pour le groupe, investissement largement rentabilisé par cinq années interrompues de succès, de concerts dans des stades tous plus grands les uns que les autres, des tournées vendues en quelques minutes, des millions de disques, livres sans oublier une ribambelle plus ou moins réussie de produits dérivés. Alors en 2016, quand a retenti l’annonce d’une « pause » des « 1D », officiellement pour permettre à chacun de développer sa carrière solo, ce furent évidemment des torrents de larmes.

Pendant que certains de ses anciens acolytes se mettaient en hibernation, s’inscrivaient dans les rubriques people ou naissances des tabloïds, Harry Styles n’a jamais vraiment arrêté. Bien sûr, on lui a prêté des dizaines de conquêtes, bien sûr, ses costumes improbables, sa collection de tatouages et la longueur de ses cheveux ont continué de focaliser les attentions mais il est passé outre ces publications et a continué à tailler sa route. D’abord en sortant en mars 2017, soit deux mois avant la date de sortie officielle de son premier album, un titre… qui s’est classé premier des ventes en l’espace de dix-neuf minutes! « Sign of the Times » battait ainsi le précédent record, détenu par Adèle. Le clip, réalisé par Woodkid, est sorti le 8 Mai, quatre jours avant le disque au titre éponyme. Il a été vu à ce jour près de 315 millions de fois.

Cela aurait pu donner le vertige. Mais Harry Styles, bien que le benjamin du « Fab Five », avait la tête suffisamment bien faites et les épaules assez larges pour ne pas se perdre de vue. En parallèle de la musique, tenté depuis longtemps par la carrière d’acteur, il a travaillé et réussi à rendre parfaitement crédible son personnage de jeune soldat anglais dans « Dunkerque », le film de Christopher Nolan, sorti à l’été 2017. De quoi susciter l’envie chez pleins d’ autres metteurs en scène. Mais c’est à la scène qu’il avait promis de donner ensuite sa priorité en se laissant embarquer dans un tourbillon de tournées à travers tous les continents.

Les dix titres présents sur « Harry Styles » (parfois pour un titre d’album, le plus simple est le mieux!) ont pu désorienter les plus jeunes de ses fans, habituées à des refrains plus guimauves et des musiques formatées « coeur avec les doigts » ou  bande FM. Mais le succès de l’album a été fulgurant et chacun s’est accordé sur la maturité des textes, une pop plus adulte, des morceaux où il s’assumait en tant que guitariste et de jolies inspirations seventies.

Live Nation a eu raison de le signer pour organiser sa tournée. Même si les tubes des « 1D » restaient dans les mémoires, les nouvelles chansons d’Harry Styles étaient déjà connues par coeur et le moment venu, ce serait le rush pour décrocher une place de concert. L’ Olympia (Paris), le 25 octobre dernier, s’est vendu en une poignée de minutes. L’artiste, qui disait vouloir tester sa notoriété solo dans des salles de moyenne importance, a eu sa réponse. Il en a été de même partout.

Cette nouvelle date française, six mois plus tard, a connu un succès lui aussi spectaculaire. Sitôt l’ouverture de la billetterie, assurance était donnée que les fans seraient là, prêtes pour le grand soir. Et elles l’ont bien vécu comme un rendez-vous. Entre copines ou avec leur mère, des ados mais aussi des jeunes femmes plus âgées, qui avaient grandi en même temps qu’Harry Styles. Seize milles spectateurs (il y avait bien quelques hommes donc on est obligé de mettre au masculin), des jeunes filles plus émues les unes que les autres, certaines frôlant parfois la crise de nerfs (on en a vu) avec ce point commun parfois inconfortable pour les oreilles, une capacité au cri strident à (très) courts intervalles réguliers.

A 21h, le rideau s’est levé sur un écran en demi sphère suspendu au dessus de la scène et Harry Styles était là, costume scintillant gris sur chemise en soie noire généreusement ouverte. Et Bercy est devenu sourd par les hurlements saluant cette arrivée. « Only Angel » entonne ses premiers accords, terriblement efficaces. A voir le jeune britannique solide derrière son micro, arpentant la scène avec une démarche syncopée qui rappellerait celle de Mick Jagger, on se dit que les années One Direction ont offert une expérience unique, un sens du métier, une envie de faire le show qui resteront. Harry Styles poursuit avec « Woman » puis « Ever since New York ».

Les quatre musiciens, dont deux jeunes femmes, l’une aux claviers , l’autre à la batterie, ne font pas semblant. « Two Ghosts » et « Carolina » sont plus puissants en live. Mais le mieux, c’est encore (pour le public) quand Harry Styles glisse quelques mots français entre deux titres. « Bonjour Paris… J’apprends le français mais je suis un peu lent ». Le jeune homme n’a rien perdu de son humour et de ses facéties adolescentes, il prendra quelques instants plus tard un énorme plaisir à faire répéter à la foule « 85 pamplemousses ». On ne sait pas d’où sort cette improbable juxtaposition mais elle a beaucoup fait rire, lui en premier.

Après le morceau initialement écrit pour Ariana Grande, « Just a little bit of your heart », le britannique remercie le public avec ce cadeau inattendu, un titre (quasi) inédit, « Medicine ». C’est rythmé et porté par un texte percutant. Vient alors le moment de rejoindre la seconde scène, située juste derrière les consoles. A travers un chemin dessiné au milieu de la salle, Harry Styles court, attrapant au vol un drapeau français tendu par une fan. Résonnent alors « Sweet creature » et « If I could fly », une parenthèse sweet, Harry Styles s’accompagnant de sa seule guitare, qui fait naître des larmes dans des travées devenues soudain plus attentives.

Au retour sur la scène principale, seize milles fans reprennent avec lui « What makes you beautiful », titre devenu culte des One Direction, légèrement revisité et puis bien sûr, impossible qu’il ne soit pas de la setlist, « Sign of the Times ». « From the dining table » en mode déchainé laissera ensuite la place à « Kiwi »… « la » chanson que le public connaît plus que par coeur.

Le temps est alors venu de se quitter. Quand la salle se rallume, sur chaque rangée, des jeunes filles sont en pleurs, soutenues par des copines qui ne sont pas forcément plus vaillantes. Se lever serait déjà quitter la salle, s’éloigner encore davantage de lui qui est dans les coulisses inaccessibles… mais proches.

Si Harry Styles a largement gagné ses galons « solo » et assuré une heure trente d’ un show d’une grande maturité, il lui faudra encore quelques années avant que son public ne soit pas dans le souvenir, dans ce passé qui l’a tant fait vibrer. Assister à un concert d’Harry Styles c’est aussi reprendre un petit morceau des « One Direction », revivre des années intenses et heureuses avec les morceaux du groupe comme « bande son » de cette tranche de vie là. Dire le contraire serait un leurre. En attendant, même si certains se complaisent toujours dans des critiques haineuses que le temps et l’intelligence n’ont pas réussi à calmer, personne ne pourra contester que le jeune britannique a une vraie voix, avec un grain facilement reconnaissable, un sens du show et une envie qui ne sont pas près de lui faire quitter son statut de star internationale.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

LE MONDIAL DU TATOUAGE POSE SON ENCRE DE 9 AU 11 MARS A LA VILLETTE

Plus de quatre-cent-vingt tatoueurs venus du monde entier, des concerts avec des artistes qui ont réservé leur sortie pour l’occasion, le Mondial du Tatouage, du 9 au 11 mars prochain à la grande halle de la Villette (Paris) promet une fois de plus des surprises et des moments uniques.

Les grincheux (ou les peureux) auront beau dire que la véritable originalité aujourd’ hui est de ne pas être tatoué, il n’en reste pas moins que les adeptes sont de plus en plus passionnés et les tatoueurs de plus en plus reconnus en tant qu’artistes, représentants cet art que l’on nomme « 10ème ». On dit d’ailleurs « mon » tatoueur comme on dirait « mon » médecin ou « mon » coiffeur. Il est ancré dans le carnet d’adresses, fait partie des repères et des personnes non interchangeables. Car un tatouage reste (a priori) gravé et à jamais marqué, il représente des moments de vie, des symboles, des rencontres, des joies ou des douleurs, un parcours. Alors sauf pour les « flash » qui réduisent un peu la part de créativité et surtout d’originalité puisqu’ ils se déclinent en série sur les bras ou les mollets, les tattoos sont des oeuvres à part entière, la traduction d’ une envie par un artiste en particulier, dont on aime la façon de faire, la finesse, le côté rock voire même l’humour. Logique alors que ces prestations représentent un coût, le tatoueur passant pas mal de temps avant le grand rendez-vous pour créer le dessin qui corresponde parfaitement aux attentes.

A la Villette, ce grand rendez-vous mondial devrait connaître le même succès que lors des éditions précédentes. Les 9, 10 et 11 Mars, ce sont plus de 35.000 visiteurs qui sont attendus, la plupart se pressant bien avant l’ouverture des portes pour être certains de repartir avec un tatouage de signatures légendaires réunis exceptionnellement pour l’occasion. Filipe Leu, Bill Salmon, Luke Atkinson, Kari Barba et pour la première fois lors de cette édition, Mark Mahoney.

Mass Hysteria.

Betraying the Martyrs.

Expérience insolite pour les novices, carrefour ultra attendu pour tous les autres, qui en profitent aussi pour découvrir les expositions, les séminaires, les dizaines d’autres surprises et bien sûr les concerts. Au programme de cette édition, Mass Hysteria, qui donnera vendredi 9 Mars l’ une des deux seules dates de l’année, en préambule à la sortie de son prochain album, annoncé pour la fin 2018. Le groupe phare du metal français a célébré ses vingt ans de carrière et n’ est pas prêt de s’arrêter. Avec « Matière Noire », ses musiciens ont même montré qu’ils n’en avaient peut être jamais eu autant sous le pied.

Autre groupe attendu le 9 Mars , Betraying the Martyrs. Les parisiens, qui suivent sans complexe leurs ainés de Gojira et trustent les scènes internationales, profiteront de l’occasion pour présenter leur nouvel album, « The résilient ». Avec le charismatique (et over tatoué) Aaron Matts au chant, le groupe offre un cocktail explosif parfaitement dosé.

Graveyard.

Black Moth.

The Red goes Black.

Samedi 10, les suédois de Graveyard présenteront leurs morceaux faits d’un étonnant mélange rock-blues-jazz et folk, librement inspiré de Black Sabbath, des Stones ou bien encore de Led Zeppelin. Ce sera leur unique date en France.

Autre groupe à l’affiche ce soir là, Black Moth, né de la scène underground de Leeds, influencé par la culture trash. présents depuis plusieurs années dans tous les festivals d’ Europe, ils présenteront leur nouvel album « Anatomical Venus ».

Pour le dernier soir, la scène sera laissé à The red Goes Black, groupe de rock nourri au son des Doors, des Stones ou bien encore de Muddy Watters. Le groupe sortira bientôt son nouvel album, concocté sous la houlette de Ryan Gilligan et Michael Brauer (une dizaine de Grammy Awards pour son travail avec Coldplay et John Mayer).

– Mondial du Tatouage, 9/10/11 Mars, Grande Halle de La Villette, Paris. www.mondialdutatouage.com –

LOUIS ARLETTE: La dérive des sentiments

Ne pas se fier à son nom un peu rétro! Louis Arlette est sans doute l’un des artistes les plus modernes, les plus innovants de la scène française. Derrière le cheveux coupés au ras du bol, le jeune homme ne cesse d’inventer, créer, livrer des sonorités, une musique qui n’a encore jamais été imaginée. Tout plutôt que copier recoller et donner à des partitions des airs de déjà entendus. Les paroles sont à bon auteur et foncent dans le tas de l’âme. Louis Arlette a sorti en octobre un premier EP, « A notre gloire ». L’album suivra en février. « Sourire carnivore » est attendu avec impatience.

Il n’y a rien de banal ni de convenu chez ce trentenaire : une attraction pour le noir (des cheveux aux tatouages, des tenues vestimentaires aux paroles percutant souvent les tréfonds de la gravité) qui pourrait autoriser le cliché mais rien de gothique du côté de Louis Arlette. Rien de classique non plus même si son parcours de musicien aussi complet que doué aurait pu lui faire fouler d’autres arpèges. « J’ai eu très jeune une espèce de fascination pour les instruments, je ne sais pas vraiment pourquoi d’ailleurs mais je me souviens que tous m’attiraient. J’ai appris le violon au conservatoire puis adolescent, j’ai commencé à travailler en orchestre. Mais la révélation s’est faite quand j’ai vu Didier Lockwood sur scène. Ce grand musicien de jazz était totalement libre grâce à son violon électrique alors je me suis dit qu’un jour, j’aurais le même. C’est incroyable ce que ça apporte d’aisance nouvelle, d’amplitude, de jeu différent avec des échos que je ne soupçonnais pas, des réverbérations impossibles à obtenir sur un violon classique. En fait, j’avais enfin un instrument qui sonnait comme une guitare électrique et ma fascination s’est encore accrue », lance Louis Arlette en riant à l’évocation de ces souvenirs.

Histoire de creuser encore le sillon, le musicien poursuit son apprentissage côté studios d’enregistrement. Les consoles, les synthétiseurs, il veut tout connaître, avec l’espoir clairement  affiché de pouvoir les utiliser un jour. Il se confronte aussi au chant, travaille sa voix constamment et n’a pas peur de pratiquer le grand écart, se revendiquant chanteur français puisque ne voyant pas de meilleur bagage pour transporter ses idées mais affichant son amour pour des groupes aussi variés qu’Indochine… Depeche Mode, The Cure ou Radiohead. S’ajoutent à çà une étude universitaire de la musicologie et un diplôme d’ingénieur du son. De quoi disposer du meilleur kit quand il s’est agi d’ouvrir son propre studio pour devenir réalisateur et producteur, sans pour autant perdre de vue ses moments musicien et chanteur. Toujours cette envie de tout maîtriser, de  tout contrôler, savoir de quoi et comment on parle. « La musique, ce ne sont pas que des notes et de l’émotion, c’est aussi de la technique, des instruments, du feeling… un art aussi complet que complexe! Réussir à tisser le lien avec les musiciens, créer de l’intimité est facilité par cette présence à chaque étape (…) Je suis persuadé qu’être musicien est un socle nécessaire quand tu réalises l’album d’un autre. Tu comprends mieux leurs envies, les échanges sont plus passionnés mais aussi plus efficaces. Il y a une sorte d’enrichissement mutuel dans ces rencontres. Ma vie est faite entièrement de tout cela, c’est son ADN et son équilibre. Je ne referme jamais la porte pour laisser place à un autre plus éloigné de la musique. Ma vie professionnelle est ma vie toute entière.»

Repéré par les musiciens du groupe Air alors qu’il n’était encore qu’apprenti ingénieur du son, Louis Arlette les a ensuite accompagnés durant plusieurs années. Sur l’album « Love 2 », il a assisté Nicolas Godin et Jean-Benoit Dunckel avant de mixer et enregistré « Le voyage dans la lune » ainsi que « Contrepoint », le premier album solo de Nicolas Godin. Il y a pires pour débuter dans le métier. L’homme fasciné par les consoles avait de quoi renforcer sa passion. « Les machines ne sont pas des appareils pleins de froideurs, ce sont au contraire des prolongateurs d’envies, une façon d’exprimer ses idées, des alliées précieuses pour mixer les univers, glisser de l’électro dans l’acoustique par exemple. Comme un supplément amélioré de nous! »

Après toutes ces expériences, le temps était venu pour Louis Arlette de sauter le pas, franchir les doutes qui l’empêchaient de livrer ses propres chansons. Malgré une forme d’inhibition accrue par la conviction qu’aider les autres à s’exprimer n’a vraiment rien à voir avec s’exprimer soi même. Malgré cette différence jugée abyssale… et pourtant la fluidité a été au rendez-vous. Des textes majestueux ont vu le jour, le fruit peut être d’un parcours littéraire dense, avec des références comme Balzac, Flaubert, Aragon ou Proust dont il assure du génie. Mieux vaut ne pas tenter la joute verbale passionnée, elle est perdue d’avance, Louis Arlette assume qu’il pourrait parfaitement ne rien lire d’autre jusqu’à la fin de sa vie. Les madeleines sont cuites! Et l’artiste lui rend finalement un magnifique hommage en suscitant des réflexions sur la société et ses dérives, l’amour, la mort, sur tout ce que l’on a de vrai, de grave, au plus profond de soi. C’est si fort que l’on se prendrait à rêver d’un recueil permettant de lire et relire ces mots dans la profondeur de leur nudité, agrémentés de quelques dessins que ce touche à touche au talent décidément polymorphe aurait imaginés.

« Mon premier EP en 2016 s’est fait en deux semaines, ce qui fut assez sportif. Il parlait de la mort, de la colère notamment. Celui là m’a pris un an et est plus engagé qu’il s’agisse de la politique ou de l’éthique, la société devient si égoïste en ce temps de selfies. J’ai envie que les chansons ne soient pas que des choses murmurées mais qu’elles donnent aussi l’occasion de réfléchir (…) Ajouter la musique n’a pas toujours été simple, il y a des moments où l’on s’acharne trop sans doute, où à force de recherches ou de doutes on peut tuer un morceau. or, je suis convaincu que c’est le morceau qui décide. On a une vague idée puis à un moment l’étincelle se produit. »

Après une année derrière son clavier, Louis Arlette a eu envie de rompre la solitude et de retrouver des musiciens pour « A notre gloire ». « Je voulais réussir à porter du contraste, des compromis. Je ne voulais pas manquer ce morceau engagé venu après les attentats du Bataclan. L’ énergie devait s’imposer et elle est venue assez vite. En revanche avec « Le Naufrage », j’ai connu de vrais moments perturbants. J’aimais ce morceau mais le rythme était si lent qu’il en était déprimant. Et puis un jour, j’ai décidé d’accélérer le tempo et le titre a pris la bonne direction, la partition enjouée accentuant paradoxalement le thème qui est quand même assez triste. La musique est l’écrin du texte alors mieux vaut ne pas se rater. »

Le 9 Février, les dés seront lancés et « Sourire Carnivore » sera révélé. Cinq jours plus tard, le 14 (la fête des amoureux, ça pourrait donc être de bonne augure côté sentiments), Louis Arlette et ses musiciens s’installeront à la Boule Noire à Paris pour le premier concert de cette nouvelle aventure. « Jouer en live dans un studio permet de douter, de chercher des tonalités. La scène exige une précision et d’autres arrangements. Nous serons quatre,  je pense que c’est la forme idéale, celle qui me correspond le mieux aujourd’hui en tout cas. Je suis impatient de ces rendez-vous, je ressens une certaine fébrilité aussi car je n’ai pas envie de décevoir, c’est comme un examen que l’on souhaiterait réussir. » L’ ’intranquillité de Louis Arlette n’est pas prête à s’estomper mais cet homme-orchestre de grand talent, qui aimerait entendre dire qu’il « fait de la chanson française tripante et affranchie des carcans poussiéreux », devrait résonner longtemps après cette double croche sur le calendrier.

Magali MICHEL.

– https://www.facebook.com/louisarlettemusic/

LOLLAPALOOZA PARIS: L’ultra récompensé The WEEKND plébiscité par 60.000 fans !

The Weeknd, en bouquet final de la première journée du Lollapalooza Paris: un show énorme attendu par des milliers de fans et un succès à la hauteur du phénomène.

Ne cherchez pas ! La mega star de cette première édition française du Lollapalooza, c’était lui : The Weeknd (né Abel Makkonen Tesfaye), canadien de vingt-sept ans, devenu star planétaire par la grâce de quatre albums bourrés de tubes, dont un avec les Daft Punk. Alors c’est peu dire si ce vendredi soir les pelouses avaient été prises d’assaut (et depuis longtemps) par des milliers de jeunes gens (des femmes en majeure partie, difficile de ne pas l’observer) qui le guettaient avec les yeux d’une Chimère impatiente. Lorsqu’il est apparu, dans une entrée spectaculaire comme les américains savent en réserver, entre celles qui hurlaient son nom, celles qui étaient soudain submergées par l’émotion et pleuraient dans les bras de leurs copines, celles qui cherchaient à immortaliser l’instant sur leur téléphone, Live Nation, grand ordonnateur du festival, a dû se réjouir d’avoir accroché pareil phénomène à son programme.

Il est 22h12 lorsque The Weeknd débarque sur scène, tous feux et lights dehors, au son de «Starboy». Les dés sont jetés. Le jeune homme a sorti la tenue des grands soirs, blouson floqué du titre de son morceau. Les fumigènes roses ne la jouent pas à l’économie… La partie promet d’être grandiose. « Party Monster », « Reminder » enchainent sans temps morts, ou plutôt juste le temps de prononcer à l’envie des phrases avec « Paris ». « Paris, ça va ? » , « Paris tu sais que je t’aime? » et de glisser de réguliers « Mother F…. » aux allures de ponctuation.

Le chanteur mêle jusqu’au bout des dix-neuf titres, les refrains anciens (« The Hills », « Wicked Games ») et les chansons récentes (« Earned it »). Il parcourt la scène, bondit et bluffe les plus sceptiques par ses compositions mixant efficacement soul, R’n B et pop. Le feu d’artifice n’est pas qu’une échappée impressionnante du bras articulé présent sur scène. Il sera aussi le fruit de ce jeune homme phénomène qui compose depuis ses vingt ans, décroche des premières places partout dans le monde, peut déjà poser sur sa cheminée deux Grammy Awards, huit Billboard Music Awards, deux American Music Awards, neuf Juno Awards et une sélection pour un Academy Award. Il y a décoration moins impressionnante.

« Often », « Tell your Friends », « In the Night » seront bien évidemment de la partie. Et c’est  « The Hills » qui offrira les derniers accords de ce show assez incroyable, plus impressionnant encore que celui donné cinq mois plus tôt sur la scène de l’AccorHotels Arena de Bercy.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.