Harry gagne avec Styles !

Une production soignée, une mise en scène originale et une setlist parfaitement calibrée : le « LIVE ON TOUR » d’Harry Styles passait par Bercy. Le jeune britannique se présente désormais en solo et affiche l’aisance des vieux routiers de la scène avec une maturité impressionnante. 

Harry Styles était en concert ce 13 Mars sur la scène de l’AccorHotels Arena (Paris) . On pourrait le lire comme une simple date, escale parmi toutes les escales qui se posent chaque année à Bercy. Mais ce serait faire fi du contexte, de l’histoire même de ce jeune artiste d’à peine vingt-quatre ans mais déjà auréolé de sept années d’une carrière qui n’a jamais flirté qu’avec les sommets quel que soit le continent traversé.

Un concert d’Harry Styles, c’est un rendez-vous. Celui qu’il fixe à toutes celles (et elles sont des dizaines de millions à travers la planète) qui le suivent depuis qu’il a été l’un des cinq «One Direction», le boysband le plus célèbre de ces dernières années, monté par Simon Cowell, producteur et membre inspiré du juré du X Factor anglais. Une idée pour le moins juteuse avec un premier contrat de plus de deux millions de livres sterling pour le groupe, investissement largement rentabilisé par cinq années interrompues de succès, de concerts dans des stades tous plus grands les uns que les autres, des tournées vendues en quelques minutes, des millions de disques, livres sans oublier une ribambelle plus ou moins réussie de produits dérivés. Alors en 2016, quand a retenti l’annonce d’une « pause » des « 1D », officiellement pour permettre à chacun de développer sa carrière solo, ce furent évidemment des torrents de larmes.

Pendant que certains de ses anciens acolytes se mettaient en hibernation, s’inscrivaient dans les rubriques people ou naissances des tabloïds, Harry Styles n’a jamais vraiment arrêté. Bien sûr, on lui a prêté des dizaines de conquêtes, bien sûr, ses costumes improbables, sa collection de tatouages et la longueur de ses cheveux ont continué de focaliser les attentions mais il est passé outre ces publications et a continué à tailler sa route. D’abord en sortant en mars 2017, soit deux mois avant la date de sortie officielle de son premier album, un titre… qui s’est classé premier des ventes en l’espace de dix-neuf minutes! « Sign of the Times » battait ainsi le précédent record, détenu par Adèle. Le clip, réalisé par Woodkid, est sorti le 8 Mai, quatre jours avant le disque au titre éponyme. Il a été vu à ce jour près de 315 millions de fois.

Cela aurait pu donner le vertige. Mais Harry Styles, bien que le benjamin du « Fab Five », avait la tête suffisamment bien faites et les épaules assez larges pour ne pas se perdre de vue. En parallèle de la musique, tenté depuis longtemps par la carrière d’acteur, il a travaillé et réussi à rendre parfaitement crédible son personnage de jeune soldat anglais dans « Dunkerque », le film de Christopher Nolan, sorti à l’été 2017. De quoi susciter l’envie chez pleins d’ autres metteurs en scène. Mais c’est à la scène qu’il avait promis de donner ensuite sa priorité en se laissant embarquer dans un tourbillon de tournées à travers tous les continents.

Les dix titres présents sur « Harry Styles » (parfois pour un titre d’album, le plus simple est le mieux!) ont pu désorienter les plus jeunes de ses fans, habituées à des refrains plus guimauves et des musiques formatées « coeur avec les doigts » ou  bande FM. Mais le succès de l’album a été fulgurant et chacun s’est accordé sur la maturité des textes, une pop plus adulte, des morceaux où il s’assumait en tant que guitariste et de jolies inspirations seventies.

Live Nation a eu raison de le signer pour organiser sa tournée. Même si les tubes des « 1D » restaient dans les mémoires, les nouvelles chansons d’Harry Styles étaient déjà connues par coeur et le moment venu, ce serait le rush pour décrocher une place de concert. L’ Olympia (Paris), le 25 octobre dernier, s’est vendu en une poignée de minutes. L’artiste, qui disait vouloir tester sa notoriété solo dans des salles de moyenne importance, a eu sa réponse. Il en a été de même partout.

Cette nouvelle date française, six mois plus tard, a connu un succès lui aussi spectaculaire. Sitôt l’ouverture de la billetterie, assurance était donnée que les fans seraient là, prêtes pour le grand soir. Et elles l’ont bien vécu comme un rendez-vous. Entre copines ou avec leur mère, des ados mais aussi des jeunes femmes plus âgées, qui avaient grandi en même temps qu’Harry Styles. Seize milles spectateurs (il y avait bien quelques hommes donc on est obligé de mettre au masculin), des jeunes filles plus émues les unes que les autres, certaines frôlant parfois la crise de nerfs (on en a vu) avec ce point commun parfois inconfortable pour les oreilles, une capacité au cri strident à (très) courts intervalles réguliers.

A 21h, le rideau s’est levé sur un écran en demi sphère suspendu au dessus de la scène et Harry Styles était là, costume scintillant gris sur chemise en soie noire généreusement ouverte. Et Bercy est devenu sourd par les hurlements saluant cette arrivée. « Only Angel » entonne ses premiers accords, terriblement efficaces. A voir le jeune britannique solide derrière son micro, arpentant la scène avec une démarche syncopée qui rappellerait celle de Mick Jagger, on se dit que les années One Direction ont offert une expérience unique, un sens du métier, une envie de faire le show qui resteront. Harry Styles poursuit avec « Woman » puis « Ever since New York ».

Les quatre musiciens, dont deux jeunes femmes, l’une aux claviers , l’autre à la batterie, ne font pas semblant. « Two Ghosts » et « Carolina » sont plus puissants en live. Mais le mieux, c’est encore (pour le public) quand Harry Styles glisse quelques mots français entre deux titres. « Bonjour Paris… J’apprends le français mais je suis un peu lent ». Le jeune homme n’a rien perdu de son humour et de ses facéties adolescentes, il prendra quelques instants plus tard un énorme plaisir à faire répéter à la foule « 85 pamplemousses ». On ne sait pas d’où sort cette improbable juxtaposition mais elle a beaucoup fait rire, lui en premier.

Après le morceau initialement écrit pour Ariana Grande, « Just a little bit of your heart », le britannique remercie le public avec ce cadeau inattendu, un titre (quasi) inédit, « Medicine ». C’est rythmé et porté par un texte percutant. Vient alors le moment de rejoindre la seconde scène, située juste derrière les consoles. A travers un chemin dessiné au milieu de la salle, Harry Styles court, attrapant au vol un drapeau français tendu par une fan. Résonnent alors « Sweet creature » et « If I could fly », une parenthèse sweet, Harry Styles s’accompagnant de sa seule guitare, qui fait naître des larmes dans des travées devenues soudain plus attentives.

Au retour sur la scène principale, seize milles fans reprennent avec lui « What makes you beautiful », titre devenu culte des One Direction, légèrement revisité et puis bien sûr, impossible qu’il ne soit pas de la setlist, « Sign of the Times ». « From the dining table » en mode déchainé laissera ensuite la place à « Kiwi »… « la » chanson que le public connaît plus que par coeur.

Le temps est alors venu de se quitter. Quand la salle se rallume, sur chaque rangée, des jeunes filles sont en pleurs, soutenues par des copines qui ne sont pas forcément plus vaillantes. Se lever serait déjà quitter la salle, s’éloigner encore davantage de lui qui est dans les coulisses inaccessibles… mais proches.

Si Harry Styles a largement gagné ses galons « solo » et assuré une heure trente d’ un show d’une grande maturité, il lui faudra encore quelques années avant que son public ne soit pas dans le souvenir, dans ce passé qui l’a tant fait vibrer. Assister à un concert d’Harry Styles c’est aussi reprendre un petit morceau des « One Direction », revivre des années intenses et heureuses avec les morceaux du groupe comme « bande son » de cette tranche de vie là. Dire le contraire serait un leurre. En attendant, même si certains se complaisent toujours dans des critiques haineuses que le temps et l’intelligence n’ont pas réussi à calmer, personne ne pourra contester que le jeune britannique a une vraie voix, avec un grain facilement reconnaissable, un sens du show et une envie qui ne sont pas près de lui faire quitter son statut de star internationale.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

LE MONDIAL DU TATOUAGE POSE SON ENCRE DE 9 AU 11 MARS A LA VILLETTE

Plus de quatre-cent-vingt tatoueurs venus du monde entier, des concerts avec des artistes qui ont réservé leur sortie pour l’occasion, le Mondial du Tatouage, du 9 au 11 mars prochain à la grande halle de la Villette (Paris) promet une fois de plus des surprises et des moments uniques.

Les grincheux (ou les peureux) auront beau dire que la véritable originalité aujourd’ hui est de ne pas être tatoué, il n’en reste pas moins que les adeptes sont de plus en plus passionnés et les tatoueurs de plus en plus reconnus en tant qu’artistes, représentants cet art que l’on nomme « 10ème ». On dit d’ailleurs « mon » tatoueur comme on dirait « mon » médecin ou « mon » coiffeur. Il est ancré dans le carnet d’adresses, fait partie des repères et des personnes non interchangeables. Car un tatouage reste (a priori) gravé et à jamais marqué, il représente des moments de vie, des symboles, des rencontres, des joies ou des douleurs, un parcours. Alors sauf pour les « flash » qui réduisent un peu la part de créativité et surtout d’originalité puisqu’ ils se déclinent en série sur les bras ou les mollets, les tattoos sont des oeuvres à part entière, la traduction d’ une envie par un artiste en particulier, dont on aime la façon de faire, la finesse, le côté rock voire même l’humour. Logique alors que ces prestations représentent un coût, le tatoueur passant pas mal de temps avant le grand rendez-vous pour créer le dessin qui corresponde parfaitement aux attentes.

A la Villette, ce grand rendez-vous mondial devrait connaître le même succès que lors des éditions précédentes. Les 9, 10 et 11 Mars, ce sont plus de 35.000 visiteurs qui sont attendus, la plupart se pressant bien avant l’ouverture des portes pour être certains de repartir avec un tatouage de signatures légendaires réunis exceptionnellement pour l’occasion. Filipe Leu, Bill Salmon, Luke Atkinson, Kari Barba et pour la première fois lors de cette édition, Mark Mahoney.

Mass Hysteria.

Betraying the Martyrs.

Expérience insolite pour les novices, carrefour ultra attendu pour tous les autres, qui en profitent aussi pour découvrir les expositions, les séminaires, les dizaines d’autres surprises et bien sûr les concerts. Au programme de cette édition, Mass Hysteria, qui donnera vendredi 9 Mars l’ une des deux seules dates de l’année, en préambule à la sortie de son prochain album, annoncé pour la fin 2018. Le groupe phare du metal français a célébré ses vingt ans de carrière et n’ est pas prêt de s’arrêter. Avec « Matière Noire », ses musiciens ont même montré qu’ils n’en avaient peut être jamais eu autant sous le pied.

Autre groupe attendu le 9 Mars , Betraying the Martyrs. Les parisiens, qui suivent sans complexe leurs ainés de Gojira et trustent les scènes internationales, profiteront de l’occasion pour présenter leur nouvel album, « The résilient ». Avec le charismatique (et over tatoué) Aaron Matts au chant, le groupe offre un cocktail explosif parfaitement dosé.

Graveyard.

Black Moth.

The Red goes Black.

Samedi 10, les suédois de Graveyard présenteront leurs morceaux faits d’un étonnant mélange rock-blues-jazz et folk, librement inspiré de Black Sabbath, des Stones ou bien encore de Led Zeppelin. Ce sera leur unique date en France.

Autre groupe à l’affiche ce soir là, Black Moth, né de la scène underground de Leeds, influencé par la culture trash. présents depuis plusieurs années dans tous les festivals d’ Europe, ils présenteront leur nouvel album « Anatomical Venus ».

Pour le dernier soir, la scène sera laissé à The red Goes Black, groupe de rock nourri au son des Doors, des Stones ou bien encore de Muddy Watters. Le groupe sortira bientôt son nouvel album, concocté sous la houlette de Ryan Gilligan et Michael Brauer (une dizaine de Grammy Awards pour son travail avec Coldplay et John Mayer).

– Mondial du Tatouage, 9/10/11 Mars, Grande Halle de La Villette, Paris. www.mondialdutatouage.com –

LOUIS ARLETTE: La dérive des sentiments

Ne pas se fier à son nom un peu rétro! Louis Arlette est sans doute l’un des artistes les plus modernes, les plus innovants de la scène française. Derrière le cheveux coupés au ras du bol, le jeune homme ne cesse d’inventer, créer, livrer des sonorités, une musique qui n’a encore jamais été imaginée. Tout plutôt que copier recoller et donner à des partitions des airs de déjà entendus. Les paroles sont à bon auteur et foncent dans le tas de l’âme. Louis Arlette a sorti en octobre un premier EP, « A notre gloire ». L’album suivra en février. « Sourire carnivore » est attendu avec impatience.

Il n’y a rien de banal ni de convenu chez ce trentenaire : une attraction pour le noir (des cheveux aux tatouages, des tenues vestimentaires aux paroles percutant souvent les tréfonds de la gravité) qui pourrait autoriser le cliché mais rien de gothique du côté de Louis Arlette. Rien de classique non plus même si son parcours de musicien aussi complet que doué aurait pu lui faire fouler d’autres arpèges. « J’ai eu très jeune une espèce de fascination pour les instruments, je ne sais pas vraiment pourquoi d’ailleurs mais je me souviens que tous m’attiraient. J’ai appris le violon au conservatoire puis adolescent, j’ai commencé à travailler en orchestre. Mais la révélation s’est faite quand j’ai vu Didier Lockwood sur scène. Ce grand musicien de jazz était totalement libre grâce à son violon électrique alors je me suis dit qu’un jour, j’aurais le même. C’est incroyable ce que ça apporte d’aisance nouvelle, d’amplitude, de jeu différent avec des échos que je ne soupçonnais pas, des réverbérations impossibles à obtenir sur un violon classique. En fait, j’avais enfin un instrument qui sonnait comme une guitare électrique et ma fascination s’est encore accrue », lance Louis Arlette en riant à l’évocation de ces souvenirs.

Histoire de creuser encore le sillon, le musicien poursuit son apprentissage côté studios d’enregistrement. Les consoles, les synthétiseurs, il veut tout connaître, avec l’espoir clairement  affiché de pouvoir les utiliser un jour. Il se confronte aussi au chant, travaille sa voix constamment et n’a pas peur de pratiquer le grand écart, se revendiquant chanteur français puisque ne voyant pas de meilleur bagage pour transporter ses idées mais affichant son amour pour des groupes aussi variés qu’Indochine… Depeche Mode, The Cure ou Radiohead. S’ajoutent à çà une étude universitaire de la musicologie et un diplôme d’ingénieur du son. De quoi disposer du meilleur kit quand il s’est agi d’ouvrir son propre studio pour devenir réalisateur et producteur, sans pour autant perdre de vue ses moments musicien et chanteur. Toujours cette envie de tout maîtriser, de  tout contrôler, savoir de quoi et comment on parle. « La musique, ce ne sont pas que des notes et de l’émotion, c’est aussi de la technique, des instruments, du feeling… un art aussi complet que complexe! Réussir à tisser le lien avec les musiciens, créer de l’intimité est facilité par cette présence à chaque étape (…) Je suis persuadé qu’être musicien est un socle nécessaire quand tu réalises l’album d’un autre. Tu comprends mieux leurs envies, les échanges sont plus passionnés mais aussi plus efficaces. Il y a une sorte d’enrichissement mutuel dans ces rencontres. Ma vie est faite entièrement de tout cela, c’est son ADN et son équilibre. Je ne referme jamais la porte pour laisser place à un autre plus éloigné de la musique. Ma vie professionnelle est ma vie toute entière.»

Repéré par les musiciens du groupe Air alors qu’il n’était encore qu’apprenti ingénieur du son, Louis Arlette les a ensuite accompagnés durant plusieurs années. Sur l’album « Love 2 », il a assisté Nicolas Godin et Jean-Benoit Dunckel avant de mixer et enregistré « Le voyage dans la lune » ainsi que « Contrepoint », le premier album solo de Nicolas Godin. Il y a pires pour débuter dans le métier. L’homme fasciné par les consoles avait de quoi renforcer sa passion. « Les machines ne sont pas des appareils pleins de froideurs, ce sont au contraire des prolongateurs d’envies, une façon d’exprimer ses idées, des alliées précieuses pour mixer les univers, glisser de l’électro dans l’acoustique par exemple. Comme un supplément amélioré de nous! »

Après toutes ces expériences, le temps était venu pour Louis Arlette de sauter le pas, franchir les doutes qui l’empêchaient de livrer ses propres chansons. Malgré une forme d’inhibition accrue par la conviction qu’aider les autres à s’exprimer n’a vraiment rien à voir avec s’exprimer soi même. Malgré cette différence jugée abyssale… et pourtant la fluidité a été au rendez-vous. Des textes majestueux ont vu le jour, le fruit peut être d’un parcours littéraire dense, avec des références comme Balzac, Flaubert, Aragon ou Proust dont il assure du génie. Mieux vaut ne pas tenter la joute verbale passionnée, elle est perdue d’avance, Louis Arlette assume qu’il pourrait parfaitement ne rien lire d’autre jusqu’à la fin de sa vie. Les madeleines sont cuites! Et l’artiste lui rend finalement un magnifique hommage en suscitant des réflexions sur la société et ses dérives, l’amour, la mort, sur tout ce que l’on a de vrai, de grave, au plus profond de soi. C’est si fort que l’on se prendrait à rêver d’un recueil permettant de lire et relire ces mots dans la profondeur de leur nudité, agrémentés de quelques dessins que ce touche à touche au talent décidément polymorphe aurait imaginés.

« Mon premier EP en 2016 s’est fait en deux semaines, ce qui fut assez sportif. Il parlait de la mort, de la colère notamment. Celui là m’a pris un an et est plus engagé qu’il s’agisse de la politique ou de l’éthique, la société devient si égoïste en ce temps de selfies. J’ai envie que les chansons ne soient pas que des choses murmurées mais qu’elles donnent aussi l’occasion de réfléchir (…) Ajouter la musique n’a pas toujours été simple, il y a des moments où l’on s’acharne trop sans doute, où à force de recherches ou de doutes on peut tuer un morceau. or, je suis convaincu que c’est le morceau qui décide. On a une vague idée puis à un moment l’étincelle se produit. »

Après une année derrière son clavier, Louis Arlette a eu envie de rompre la solitude et de retrouver des musiciens pour « A notre gloire ». « Je voulais réussir à porter du contraste, des compromis. Je ne voulais pas manquer ce morceau engagé venu après les attentats du Bataclan. L’ énergie devait s’imposer et elle est venue assez vite. En revanche avec « Le Naufrage », j’ai connu de vrais moments perturbants. J’aimais ce morceau mais le rythme était si lent qu’il en était déprimant. Et puis un jour, j’ai décidé d’accélérer le tempo et le titre a pris la bonne direction, la partition enjouée accentuant paradoxalement le thème qui est quand même assez triste. La musique est l’écrin du texte alors mieux vaut ne pas se rater. »

Le 9 Février, les dés seront lancés et « Sourire Carnivore » sera révélé. Cinq jours plus tard, le 14 (la fête des amoureux, ça pourrait donc être de bonne augure côté sentiments), Louis Arlette et ses musiciens s’installeront à la Boule Noire à Paris pour le premier concert de cette nouvelle aventure. « Jouer en live dans un studio permet de douter, de chercher des tonalités. La scène exige une précision et d’autres arrangements. Nous serons quatre,  je pense que c’est la forme idéale, celle qui me correspond le mieux aujourd’hui en tout cas. Je suis impatient de ces rendez-vous, je ressens une certaine fébrilité aussi car je n’ai pas envie de décevoir, c’est comme un examen que l’on souhaiterait réussir. » L’ ’intranquillité de Louis Arlette n’est pas prête à s’estomper mais cet homme-orchestre de grand talent, qui aimerait entendre dire qu’il « fait de la chanson française tripante et affranchie des carcans poussiéreux », devrait résonner longtemps après cette double croche sur le calendrier.

Magali MICHEL.

– https://www.facebook.com/louisarlettemusic/

LOLLAPALOOZA PARIS: L’ultra récompensé The WEEKND plébiscité par 60.000 fans !

The Weeknd, en bouquet final de la première journée du Lollapalooza Paris: un show énorme attendu par des milliers de fans et un succès à la hauteur du phénomène.

Ne cherchez pas ! La mega star de cette première édition française du Lollapalooza, c’était lui : The Weeknd (né Abel Makkonen Tesfaye), canadien de vingt-sept ans, devenu star planétaire par la grâce de quatre albums bourrés de tubes, dont un avec les Daft Punk. Alors c’est peu dire si ce vendredi soir les pelouses avaient été prises d’assaut (et depuis longtemps) par des milliers de jeunes gens (des femmes en majeure partie, difficile de ne pas l’observer) qui le guettaient avec les yeux d’une Chimère impatiente. Lorsqu’il est apparu, dans une entrée spectaculaire comme les américains savent en réserver, entre celles qui hurlaient son nom, celles qui étaient soudain submergées par l’émotion et pleuraient dans les bras de leurs copines, celles qui cherchaient à immortaliser l’instant sur leur téléphone, Live Nation, grand ordonnateur du festival, a dû se réjouir d’avoir accroché pareil phénomène à son programme.

Il est 22h12 lorsque The Weeknd débarque sur scène, tous feux et lights dehors, au son de «Starboy». Les dés sont jetés. Le jeune homme a sorti la tenue des grands soirs, blouson floqué du titre de son morceau. Les fumigènes roses ne la jouent pas à l’économie… La partie promet d’être grandiose. « Party Monster », « Reminder » enchainent sans temps morts, ou plutôt juste le temps de prononcer à l’envie des phrases avec « Paris ». « Paris, ça va ? » , « Paris tu sais que je t’aime? » et de glisser de réguliers « Mother F…. » aux allures de ponctuation.

Le chanteur mêle jusqu’au bout des dix-neuf titres, les refrains anciens (« The Hills », « Wicked Games ») et les chansons récentes (« Earned it »). Il parcourt la scène, bondit et bluffe les plus sceptiques par ses compositions mixant efficacement soul, R’n B et pop. Le feu d’artifice n’est pas qu’une échappée impressionnante du bras articulé présent sur scène. Il sera aussi le fruit de ce jeune homme phénomène qui compose depuis ses vingt ans, décroche des premières places partout dans le monde, peut déjà poser sur sa cheminée deux Grammy Awards, huit Billboard Music Awards, deux American Music Awards, neuf Juno Awards et une sélection pour un Academy Award. Il y a décoration moins impressionnante.

« Often », « Tell your Friends », « In the Night » seront bien évidemment de la partie. Et c’est  « The Hills » qui offrira les derniers accords de ce show assez incroyable, plus impressionnant encore que celui donné cinq mois plus tôt sur la scène de l’AccorHotels Arena de Bercy.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

IMAGINE DRAGONS IRRADIE LE LOLLAPALOOZA PARIS

Six mois après la sortie de leur troisième opus, Imagine Dragons figurait parmi les têtes d’affiche de la première édition française du célèbre Lollapalooza. Une présence hautement attendue, saluée par une heure et demi d’ovation non stop. Impressionnant.

Il n’en revient toujours pas Dan Reynolds. De longues minutes déjà depuis la fin du concert et le leader d’ Imagine Dragons a toujours la tête entre les mains, observant l’immense foule qui vient de leur réserver une ovation ininterrompue de plus d’une heure trente. Il regarde, savoure, semble engranger chaque image comme autant d’instantanés de bonheur. Alors une grande partie du public applaudit encore et reste massée devant lui malgré l’arrivée imminente de The Weeknd sur la scène voisine. Les concerts au Bataclan ou lors de festivals comme le Main Square d’Arras avaient largement convaincu de l’attachement du public français mais cette prestation là ferait date. A part.

Comme toujours avec les américains, la set list destinée au Lollapalooza avait été soigneusement dressée et permettait de belles envolées énergiques entrecoupées de plages plus propices à l’ émotion. Porté par cette énergie impressionnante, cette générosité qui est vraiment sa marque de fabrique, Dan Reynolds et ses acolytes (Wayne Sermon, Ben McKee et Daniel Platzman) n’ont laissé aucun  temps mort. La célébrissime « Thunder » a ouvert la soirée, suivie par « It’s Time », « Gold » et « Whatever it Takes » avant une très poignante interprétation de « Demons » dédiée à Chester Bennington, le leader de Linkin Park tragiquement disparu quelques jours plus tôt. Les spectateurs lui délivreront d’ailleurs un très poignant salut post mortem à travers un très long applaudissement, un moment particulièrement émouvant de chaque côté de la scène.

Cinq ans depuis « Radioactive », et la bande de Las Vegas poursuit sa route avec ce rock aussi mélodieux que puissant qui a réussi à la propulser parmi les très grands de la scène internationale. Pas un jour sans qu’une radio ne diffuse l’un de leurs hits et des fans dont les rangs ne cessent de grossir… de quoi expliquer sans doute la puissance chorale offerte par le public du Lollapalooza en ce premier soir.

Il aura suffi d’un album, salué par de multiples disques d’or et de platine dans plus d’une vingtaine de pays pour faire naître la frénésie. Puis, il y a deux ans « Smoke + Mirrors » qui avait surpris, parfois même dérouté car plus audacieux musicalement mais le deuxième opus n’avait pas mis longtemps à convaincre.

« Evolve », sorti le 23 juin dernier, est parti pour connaitre le même destin. Chaque nouvel extrait se transforme en tube planétaire, « Believer », avait ouvert le parcours, « Thunder » a raflé les mêmes lauriers et « Whatever it takes » est devenu un incontournable de cette nouvelle tournée.

Une heure et demi et quatorze titres plus tard, Dan Reynolds n’a rien perdu de son énergie et arpente la scène jusque dans ses moindres côtés. La sourire est immense. Le quatuor semble transcendé et c’est un hurlement qui a du s’entendre bien au delà des barrières de Longchamp qui a salué les premières notes de « Radioactive », ultime morceau de la soirée. Les spectateurs s’époumonent, le chanteur se transforme en chef de cheur. Il irradie. Parfois, la contamination offre le bonheur d’un moment.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

ALT-J, L’UN DES TEMPS FORTS DU PREMIER LOLLAPALOOZA PARISIEN

Les britanniques d’ALT-J sont de retour avec l’envie de défendre pleinement « Relaxer », ce troisième album tout juste né (il est sorti le 2 juin) qui révèle de nouveaux chemins, un mélange de styles et des morceaux moins immédiatement accessibles. Jouer à Paris, lors de cette première édition du Lollapalooza Paris, ne se refusant pas, le trio n’a pas failli alors qu’à l’autre extrémité du site se succédaient Lana Del Rey et les Red Hot Chili Peppers.

Depuis l’ouverture des portes, le nombre de tee-shirt à l’effigie du groupe montrait clairement dans quelle partie de Longchamp se finiraient la soirée pour certains. Et peu importe s’ ils devaient (malheureusement) faire l’impasse sur les Red Hot. Telle est la loi des festivals où se bousculent les têtes d’affiche : ici encore plus qu’ailleurs, choisir est renoncer. Cinq ans que les britanniques d’ Alt-J s’imposent avec ce rock indépendant mixé d’électro, une direction insolite et audacieuse qui a embarqué tout le monde dès la sortie d’ « An Awesome Wave » en 2012, premier opus de ce groupe formé dès 2007, dans les salles de la faculté de Leeds.

En 2014, la formation devenait trio suite au départ de Gwil Sainsbury, le bassiste, mais le deuxième album, «  This is all yours » n’a rien laissé en route. Leur rock hybride porte les mêmes exigences.  « Hunger of the Pine » ou bien encore « Every Other Freckle » deviennent des incontournables de chaque concert.

Depuis deux ans, Alt-J avait déserté les scènes pour se consacrer à « Relaxer », un troisième album dont la sortie rimerait forcément avec tournées. Après un passage  à Rouen puis un autre à Lyon, les anglais repassaient donc enfin par Paris. Un évènement qui n’était pas passé inaperçu : plus d’une heure avant leur entrée en scène, les abords de l’Alternative Stage avaient été pris d’assaut, certains confiant même avoir pris leur ticket d’entrée au Lolla juste pour les voir eux.

C’est « Fitzpleasure », extrait du tout premier disque, qui a ouvert le bal. La magie opère d’emblée. La scénographie est en tous points remarquable, le son est excellent et les lights inventives, changeantes au fil des morceaux. La sortie toute récente du nouvel album a eu le bon goût de ne pas faire taire les titres plus anciens, ce qui a permis à la foule, de plus en plus dense, de reprendre en choeur ces morceaux connus sur le bout de la note comme « Matilda » ou « Taro ». Les chansons nouvelles s’imposent et impressionnent alors qu’elles évoluent clairement vers une autre direction, plus expérimentales. Les harmonies y sont toujours aussi sublimes (une marque de fabrique du groupe), les compositions ultra soignées. « Dissolve me », « The Gospel of John Hurt », « 3WW » ou bien encore « Nara », difficile de choisir. Avec Alt J, tout est à prendre, tout emporte jusqu’à ce dernier extrait, chose comme premier single, « Breezeblocks » qui clôt avec brio un très rare et beau moment.

En Janvier 2018, Alt-J sera de retour en France via l’AccorHotels Arena (le 11) et le Zénith de Nantes (le 14). Immanquables !

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– Tous les renseignements sur www.altjband.com et dans les points de vente habituels. –

LOLLAPALOOZA PARIS: Galop d’essai largement gagnant !

On le disait promis à l’échec compte tenu du grand nombre de manifestations déjà inscrites dans la capitale : la première édition du Lollapalooza parisien a été un immense succès et accueilli près de 120.000 spectateurs en deux jours. Ambiance unique et programmation pleine de hits. 

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce premier Lollapalooza aura fait du bruit… Et pas seulement du côté de ses quatre scènes. Entre les âmes chagrines qui considéraient qu’aller fouler les pelouses de Longchamp ces 22 et 23 juillet était « trahir la cause » (celle des fests ancestraux et indépendants comme le Hellfest, clairement identifié musiques extrêmes, le Download France, qui, bien que mis en place lui aussi par Live Nation, avait une couleur encore roots le rendant « acceptable » aux yeux de puristes un poil sectaires, et bien sûr de toutes ces autres manifestations déjà très installées, des plus grosses aux plus modestes dont la trésorerie est chaque année à la peine) et ces autres qui ironisaient sur la programmation trop « têtes d’affiches US »… Chacun y allait de son acidité.

Jack Lang lui même s’est largement répandu. A l’occasion de cette arrivée, l’ancien Ministre de la Culture « déplorait l’invasion de multinationales américaines sur la vie musicale française » et appelait les pouvoirs publics à s’emparer enfin du sujet. « Live Nation étend son empire sur l’organisation de concerts en France et en particulier à travers le festival Lollapalooza, le groupe américain AEG, déjà présent dans le capital de Bercy, rachète Rock en Seine tout en bénéficiant de subventions locales (600.000 euros attribués par le Conseil Régional d’Ile de France, NDLR). La prise de pouvoir par ces groupes risque de tuer la diversité et de mettre en péril les festivals indépendants. »

Des propos auxquels l’organisateur a répondu via une déclaration à l’ AFP que « le Lollapalooza était une initiative locale, mise en place par Live Nation France, société française de soixante-cinq salariés, qui a employé pour la circonstance 1.500 personnes, toutes rémunérées (comme c’est aussi le cas sur le Main Square et le Download, autres festivals maison, NDLR) et cela sans bénéficier de la moindre subvention publique. Matthias Leullier, directeur général adjoint de Live Nation France, ajoutant qu’il était « dommage d’être mis dans le même sac que des opérations capitalistiques alors qu’on est une entreprise qui souhaite s’inscrire localement et dans la durée. »

Perry Farrell.

Les plus entêtés ont cru voir dans le Lollapalooza la cause de la baisse de résultats du dernier Solidays, organisé quelques semaines plus tôt sur le même hippodrome de Longchamp. Ce serait bien pratique de pouvoir identifier aussi vite le trouble recettes. Mais quand on sait que plus de 40% des billets d’entrées ont été achetés par des touristes étrangers de passage en France, on voit bien que c’est un peu court. Quant à ceux enfin qui considèrent que ce festival lancé en 1991 outre Atlantique dans une vingtaine de villes avant de trouver refuge voila douze ans à Chicago pour un week-end annuel, exporté ensuite au Chili, Au Brésil, en Argentine puis à Berlin en 2005, ne serait pas validé par Perry Farrell… Il va falloir rager ailleurs. Le leader de Jane’s Addiction, qui avait pensé et mis en place le Lolla pour la première tournée d’adieux du groupe, puis vendu sers parts à Live Nation voilà une dizaine d’années, foulait les allées du site parisien, incognito sous son borsalino noir et ses lunettes de soleil, mais visiblement ravi. Exit donc la polémique! Si le débat se justifie pleinement sur la programmation copier-coller de dizaines de manifestations, sur la difficulté pour les artistes à jouer sur ces scènes là, sur les subventions historiques devenues peau de chagrin aussi, il ne peut pas faire étape ici où l’indépendance financière est la clé de voûte de l’organisation.

Alors le Lolla, comment c’était vu du public et loin de ses joutes polémiques? La réponse est unanime : c’était vraiment top! Décor impressionnant (une Tour Eiffel géante et scintillante au milieu du site – dommage que le dimanche il ait fallu protéger l’édifice par des barrières, des imbéciles ayant tenté des escalades aussi ridicules que largement alcoolisées -, la déclinaison du nom sous de multiples formes disséminées sur tout le site, des ateliers couronnes de fleurs, paillettes, une restauration aussi large que variée, du burger au stand vegan en passant par les tortillas, les crêpes, les bières de brasseries locales, les éclairs (souvenirs émus des fameux «éclairs de génie»).

Les organisateurs avaient également convié six chefs (dirigés par le médiatique Jean Imbert) chargés de mitonner une cuisine plus haut de gamme mais restant accessible (entre 10 à 15 euros) histoire de s’offrir un autre plaisir entre deux frites merguez. Yann Couvreur, Christophe Adam, Juan Arbelaez, Yoni Saada, l’étoilé Eric Guérin et Denni Imbroisi ont relevé le défi et se disent prêts à rempiler l’année prochaine.

Original encore le Tailor Shop de Levi’s. (La file d’attente signait le succès de ce stand où on pouvait faire custumiser et offrir une autre vie à ses vestes et jeans grâce à des pin’s et patch bien rock ou pop). Bonne idée aussi que le Kidzapalloza. Niché dans un coin plus tranquille de l’hippodrome, les plus jeunes étaient accueillis par une entrée « bulles de savon », pouvaient lâcher leurs envies de coloriages sur d’immenses murs de papier, s’ initier à la musique, se la jouer rock star avec des animateurs incroyables d’enthousiasme et de gentillesse en guitaristes ou chanteurs, des invités surprises (comme Martin Solveig).

Côté ambiance entre les scènes, on avait clairement un pied à Coachella. Pas de tee-shirt de groupes (ou très peu), des tenues citadines plus élégantes que roots (le talon dans la pelouse ou la terre n’est pas le plus confortable. Les multiples blogueuses, désormais qualifiées d’ «influenceuses» compte tenu de leur capacité à suggérer l’achat de produits, s’en souviendront. Celles qui s’étaient vus offrir la possibilité de nombreuses interviews des artistes en présence auraient du savoir que l’esprit ne se mesure pas à une hauteur d’escarpins..).

Le samedi, le casting sauvage organisé par une grande marque de mannequins avait fuité et incité lui aussi à de jolies audaces vestimentaires… refroidies par les températures du soir et la météo maussade du lendemain. Au final, ce public aussi dense que bigarré, ressemblait à une foule assez jeune, joyeuse et incontestablement heureuse de participer à cette première édition parisienne d’un festival mythique.

Imagine Dragons // Main Stage 2.

Lana Del Rey // Main Stage 2.

The WEEKND // Main Stage 1.

Côté programmation enfin, Live Nation avait frappé fort : répartis sur les quatre scènes (dont deux immenses dotées d’écrans de tailles impressionnantes afin de ne frustrer aucun des 60.000 spectateurs présents chaque jour), cinquante artistes (pour l’essentiel venus des Etats Unis) dont les plus grandes têtes d’affiche pop FM du moment : Imagine Dragons (surpris par cette foule aussi dense qui connaissait chaque titre par coeur), Lana Del Rey (la chanteuse que l’on dit lunatique et hautaine a oublié la pluie et offert un concert plein de chaleur, illuminé par ses titres fétiches), The WEEKND, en tête d’affiche du premier soir, (la mega star canadienne aux origines éthiopiennes a fait une entrée sur scène digne de sa renommée de nouveau roi du R’N B et provoqué les larmes des milliers de jeunes femmes qui l’attendaient depuis des heures).

Liam Gallagher // Main Stage 2.

London Grammar // Alternative Stage.

Editors // Main Stage 1.

Liam Gallagher, ex-Oasis, a été fidèle a sa réputation boudeuse et son vocabulaire fleuri mais quand sonne « Wonderwall » ou « Slide away », en hommage aux victimes du Bataclan, difficile de résister, Les Red Hot Chili Peppers, grosse caution rock du dimanche, ont résisté à la pluie et au vent pour lâcher les riffs dont ils ont le secret.

LP // Alternative Stage.

Bear’s Den // Main Stage 2.

Milky Chance // Main Stage 2.

Inoubliables encore, LP (Laura Pergolizzi), la belle américaine auteur du célébrissime « Lost on You », le titre étant repris par une foule encore plus frénétique que celle qui avait accompagné sa première date française, au Café de la Danse, voilà un an, Bear’s Den, surpris par l’accueil que lui avait réservé le Main Square l’an dernier et visiblement porté par cette chaleur renouvelée, les allemands de Milky Chance, élégants autant que survoltés, dont « Blossom », le second opus, est un succès légitime, The Roots, The Hives et leur rock déjanté, l’élégance de London Grammar, Martin Solveig, Editors, Pixies, l’unique et authentique Seasick Steve, ou bien encore Rival Sons ou DJ Snake. Faisant presque couleur d’ Ovni au milieu de tout ça, entre le séduisant Tom Odell et les souvent controversés musiciens de La Femme, IAM a mis tout le monde d’accord devant l’alternative stage. Les marseillais ont trop de bouteille pour ne pas savoir emporter le public,. Amateurs de rap ou pas, leur charisme et leurs tubes ont fait chanter d’une même voix, toutes générations confondues. Et impossible de ne pas citer Alt-J, dont les passages en France sont toujours aussi attendus que rares. Avant leurs deux concerts exceptionnels à Bercy et à Nantes en janvier prochain, les anglais ont connu un succès massif qui glissera ce rendez-vous du Lolla parmi les très gros souvenirs de tournée.

The Hives // Main Stage 2.

Seasick Steve // Main Stage 2.

Rival Sons // Main Stage 2.

Tom Odell // Alternative Stage.

Alt-J // Alternative Stage.

Désormais bien rôdé aux très grosses manifestations, Live Nation, en mettant son savoir faire au service de son immense catalogue, a réussi l’ implantation de ce nouveau rendez-vous dans la capitale. Le blues du public le dimanche soir ne figurait pas sur le running order mais était assez révélateur. Un an moins quelques jours avant… le Lolla an 2!

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.