DAVID BAN OUVRE LA VOIE DE SON « ALPAGUEUR »

Il l’avait promis, il l’a fait ! Ce 29 juin au Zèbre de Belleville à Paris, David Ban a offert à son « Alpagueur » sa plus belle des rampes de lancement. Plaisir, énergie, les copains musiciens sur scène ou en invités surprises le temps de duos exceptionnels, la fête était magnifique.

(Momentanément ?) rangée la tenue de Porthos, oubliées l’épée et la mise en avant des biceps impressionnants forgés à coups d’entraînements intensifs, c’est un David Ban poète autant que musicien qui s’est avancé ce 29 juin sur la scène du Zèbre de Belleville. Une scène à l’ambiance mi cabaret mi cirque, intimiste surtout, qui lui allait parfaitement bien lui dont les paroles conservent toujours une chaleur et une joie de vivre même dans les sujets les plus douloureux.

Chapeau melon sur la tête, veston sur tee shirt et fleur à la boutonnière, David Ban a le plaisir aussi manifeste que son émotion et son plaisir à partager enfin les titres de cet album qui aura mis plusieurs années avant d’être enfin là. Après une campagne de financement participatif gagnée rapidement et même bien au delà des objectifs prévus, il avait en effet préféré prendre son temps, lui le perfectionniste. Ne rien précipiter pour pouvoir revendiquer et goûter pleinement les chansons retenues, leurs couleurs finales, la production de ce premier album à côté duquel il était hors de question de passer.

Touche à tout, veillant à la moindre étape de la création, il ne s’est pas contenté de composer, d’écrire, il a aussi planché sur la distribution, les scènes à venir, le tout en parallèle de ses rôles à succès dans les « Les Trois Mousquetaires » et « 1789, les Amants de la Bastille ». Et puis l’objet est enfin arrivé offrant à son auteur la joie incomparable des premières fois.

La fête a été à la hauteur. Entouré d’amis proches, tous musiciens de grand talent (Julien Lamassonne, Emma Piettre, Emma Lee notamment), David Ban n’a rien caché de ses émotions. Incomparable animateur, jouant la carte de l’humour avec un naturel et une évidence contagieux, il n’a laissé aucun temps mort et enchaîné les titres de son album dans une euphorie palpable.

Impossible de retenir un titre plus qu’un autre. Tous méritent une écoute attentive mais il est une évidence, tous passent haut la note la transposition sur scène. En live, ils prennent même une dimension supplémentaire, redoublant d’émotion ou entraînant immédiatement le public dans ses refrains. Le public (essentiellement féminin, beaucoup de fans de la première heure qui avaient vu David Ban dans ses différents spectacles musicaux et assisté à ses concerts sauvages donnés devant le Palais des Sports de Paris) ne s’est d’ailleurs pas fait prier pour jouer les chorales et montrer son enthousiasme.

David Ban & Mikelangelo Loconte.

David Ban & Emji.

Enthousiasme encore plus criant quand David Ban a invité à ses côtés d’autres copains le temps d’un duo éphémère. Mikelangelo Leconte a ouvert le bal avec un très beau moment empli de tendresse. Puis ce furent Emji, Victoria, Olivier Dion, de vrais instants de complicité et de partage qui avaient le charme et la force de ce qui ne se reproduira probablement pas. 

David Ban & Victoria.

David Ban & Olivier Dion.

Près de deux heures de spectacle plus tard, les lumières du Zèbre se sont éteintes après un final qui a réuni tous les invités. David Ban aurait pu prolonger, porté par cette envie de partager longtemps encore son « Alpagueur ». Il ne patientera de toutes façons pas longtemps avant de reprendre la guitare : après plusieurs concerts pendant les Francofolies de la Rochelle, il reviendra au Zèbre les 1er et 2 septembre prochains. La première date s’est remplie en quelques heures. La seconde est presque déjà complète elle aussi. On attend désormais la tournée.

« L’ alpagueur » a tous les atouts pour tracer sa voie.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– www.davidban.com // https://www.billetweb.fr/david-ban-lalpagueur –

 

Les fidèles de Ghost en totale communion à l’Olympia!

C’est dans l’Olympia (Paris) plein comme la place Saint Pierre du Vatican un jour de bénédiction que Ghost a servi sa messe ce 11 avril à Paris. Des Nameless Ghouls nouveaux et un Papa Emeritus très en forme. 

Depuis quelques semaines, malgré une tournée internationale sold out, Ghost avait quitté la rubrique musicale pour se glisser dans la chronique judiciaire. Des histoires de droits, de contrats, d’absence de répartition des gains entre Papa Emeritus et ses musiciens, les fameux Nameless Ghouls. Le problème de n’avoir pas de noms justement et de jouer sous masque pour demeurer dans un total anonymat, est que l’on est interchangeable à loisir. Il n’a donc pas fallu beaucoup de temps à Papa Emeritus pour trouver des successeurs aux déserteurs. Restait à savoir comment cet entourage nouveau allait se comporter sur scène, les connivences et jeux d’avant conflit allaient-ils pouvoir être maintenus?

La réponse est vite tombée : dans un décor agrandi, plus impressionnant encore avec sa marche supplémentaire et son sol en dalles à carreaux, reproduisant encore mieux l’univers liturgique et ses codes ancestraux, les suédois débarquent sur scène au rythme de « Square Hammer » puis enchaînent sans temps mort avec « From the Pinnacle to the Pit » et « Secular Haze ». Les Nameless Ghouls bougent avec une énergie que l’on ne connaissait pas chez leurs précédesseurs, plus enclins peut être à mimer le respect derrière un Papa Emeritus hiérarche incontesté. Un peu étonnant pour tous ceux (et ils étaient nombreux) qui les ont déjà pas mal vus sur scène mais rien de vraiment perturbant à l’évidence si on en juge par la frénésie et l’enthousiasme du public. (Pour mémoire, il faut rappeler que les billets de cette unique date française se sont arrachés en quelques heures).

Musicalement, c’est toujours aussi calé et ça envoie magistralement. « Cirice » ou « Per Aspera ad inferi » resteront longtemps dans les mémoires. Visiblement (si on peut dire compte tenu de l’impossibilité à voir leurs visages), les Ghoules prennent un vrai plaisir et ne se ménagent pas, se mettant régulièrement en avant.

Les anciens tubes font évidemment toujours recettes. Le public exulte devant ce best of porté par la magnifique voix de Papa Emeritus, qui avait troqué sa tenue papale pour un costume plus propice aux déplacements. Dans « Year zero » ou bien encore « He is », son timbre fait des merveilles.

En près d’une vingtaine de titres, une heure trente de concert grand spectacle (confettis compris) avec l’incontournable « Monstrance Clock » signifiant que la messe était définitivement dite, Ghost a prouvé qu’il était l’un des groupes les plus énormes du moment, en totale communion avec ses fidèles. Tous prient déjà pour qu’ils reviennent vite.

Texte et photos // Sophie BRANDET.

LE FESTIVAL LOLLAPALOOZA DEBARQUE CET ETE A PARIS

Paris deviendrait-elle le dernier spot indissociable de tout festival de renommée mondial? Après le Download qui a désormais sa version française depuis l’an dernier, c’est au Lollapalooza de venir squatter l’Hippodrome de Longchamp les 22 et 23 juillet prochain. Deux jours de pure folie avec des artistes aussi prestigieux que les Red Hot Chili Peppers, Lana Del Rey, Imagine Dragons ou encore London Grammar.

Unanimement considéré comme le plus grand festival du monde avec plus de 120.000 spectateurs par jour, le Lollapalooza, mis en place en 1991 par Perry Farrel, le charismatique leader des Jane’s Addiction,  réunit chaque été plus de 120.000 spectateurs par jour. En stand by entre 1998 et 2003, le rendez-vous ne cesse de se développer depuis son retour. Le succès est tel que la formule s’est exportée au Chili puis à Sao Paulo au Brésil en 2012, puis encore à Buenos Aires en Argentine en 2014. L’ essaimage européen débuté par Berlin, voilà deux ans, se poursuit donc par la France. Et c’est assez logiquement Paris qui a été retenu.

The Weeknd.

Imagine Dragons.

London Grammar.

L’idée est bonne puisqu’outre la forte attractivité de la capitale, aucun autre évènement majeur ne vient se mettre en concurrence à cette même date. Il y a bien la possibilité d’un gros concert au Stade de France mais une date, un artiste seul, ne suffiront pas à jouer les trouble billetterie. Les organisateurs ont de toutes façons mis toutes les chances de leurs côtés avec une affiche exceptionnelle réunissant une cinquantaine d’artistes qui se succéderont durant tout le week-end sur les quatre scènes. Une programmation large mais haut de gamme pour séduire tous les publics.

Red Hot Chili Peppers.

Lana Del Rey.

Dj Snake.

 

La preuve : Samedi 22 juillet, place sera offerte à The Weeknd, Imagine Dragons, London Grammar, The Roots, The Hives, LP, Martin Solveig, Tchami, Skepta, Glass Animals, Milky Chance, Kaleo, Yellow Claw, Oliver Heldens, Crystal Fighters, Jauz, Joyride, Bear’s Den, Black Tiger Sex Machine, Tiggs da Author, Anna Kova, Jeremy Loops, Max Jury, Moksi et Cinnamon.

Dimanche 23 Juillet, après DustyCloud, Henri PFR, Tess, Don Broco, Oscar and the Wolf, Seasick Steve, Tom Odell, Nightmre, Slushii, Alan Walker, Don Diablo, Rival Sons, Walk off the Earth, La Femme, Editors, Liam Gallagher créera l’évènement, suivi par les français de IAM, Mashmello, les Pixiers, Alt-J, DJ Snake, la très rare Lana Del Rey et les Red Hot Chili Peppers.

Live Nation, grand ordonnateur de ce premier Lollapalooza français a fixé le billet journalier à 79 euros. A longchamp, avec un line up aussi recherché, le galop d’essai s’annonce gagnant.

M.M.

– Plus d’infos sur www.lollaparis.com et www.facebook.com/lollapaloozafr/ –

Les « Songes de Léo » passent par le Café de la Danse

Des années que Morgane Imbeaud portait en elle ces « Songes de Léo ». Fin 2015, depuis son Auvergne natale, elle leur donnait vie après une collaboration fructueuse avec Jean-Louis Murat. Escale parisienne le 30 Mars au Café de la Danse pour ce conte poétique à part. Féérique et sur le fil des émotions.

Elle n’a pas encore trente ans mais déjà douze ans d’une carrière dense et multicolore derrière elle. Morgane Imbeaud est la douce et blonde partie féminine du groupe Cocoon monté par Mark Daumail en 2005. Deux ans plus tard, avec « My Friends all died in a Plane Crash », ils marchaient sur les voies du succès, plusieurs de leurs titres étant retenus et utilisés par la publicité. « Chupee », « On my Way », nombreuses de leurs chansons ont très vite trouvé leur public. Et puis il y a eu la rencontre avec Julien Doré, croisé sur un plateau de télé, qui les a sollicités pour collaborer sur « Eersatz », son premier album.

En 2011, Cocoon sort alors son second disque, « Where the Oceans End ». Un succès à hauteur du premier, avec des ventes à plus de 160.000 exemplaires. L’année suivante pourtant, le groupe a décidé de se mettre en pause.

Pas de quoi jouer les vacances prolongées mais plutôt une opportunité à saisir pour Morgane Imbeaud qui décide alors d’achever « Les Songes de Léo », un conte musical féerique et sombre, en tout cas largement mélancolique, qu’elle avait commencé à imaginer voilà plusieurs mois, en parallèle de Peaks, le groupe juste créé et Un orage, autre formation bâtie avec Xavier Caux (musicien por Yodelice et Hollysiz notamment).

Elle trouve alors avec Jean-Louis Murat, l’un de ses plus célèbres compatriotes auvergnats, une très belle collaboration qui donne matière à des textes magnifiques, épurés et bouleversants. Autre partenaire majeur de cette aventure, Christophe Chabouté imagine pour sa part des illustrations toutes en émotions.

« Les songes de Léo » conte le parcours initiatique d’un petit garçon-félin semblable à tous les autres. Débordant d’envies, curieux de tout ce qui l’entoure. Mais une particularité physique, différence lourde à porter, le rend différent : il n’a qu’une seule oreille. Ce handicap entrave sa perception des bruits environnants mais surtout, elle provoque une profonde tristesse et un repli sur soi. La solitude est réelle mais ce petit garçon-félin n’est pas pour autant étanche aux enthousiasmes de la découverte et finira par s’accepter pour vivre plus fort.

Accompagnée de ses musiciens et du film d’animation imaginé par Christophe Chabouté, Morgane Imbeaud sera sur la scène du Café de la Danse le 30 Mars. La voix chaude et douce porte les dix-huit titres avec force et conviction. Tous ceux qui ont déjà croisé la route de ces songes là en ressortent bouleversés mais heureux.

M. M.

– Jeudi 30 Mars au Café de la Danse, Paris. 18 et 20 euros. –

En concert à l’Elysée Montmartre: Band of Horses, lumineux et envoûtant

Quatre ans qu’ils n’avaient pas reposé les amplis dans la capitale. A part une (très belle) prestation lors du dernier Main Square Festival d’ Arras, la bande de Ben Bridwell n’était plus repassé par la France. C’est dire si le concert de Band Of Horses à l’Elysée Montmartre (Paris), ce 27 février était attendu. 

Des branchages au dessus des eaux sombres du Bayou. L’immense fond de scène plantait le décor et donnait le La au road trip à venir. Un voyage à travers cette partie de l’Amérique, une traversée qui embarquerait également côté émotions. Ovationné lors de son arrivée sur scène, Ben Bridwell se pose devant sa pedal steel. S’échappent alors les premiers accords de « Monsters ». Démarrage tout en douceur devant un public composé pour l’essentiel de fidèles de la première heure, ceux qui avaient découvert le groupe voilà plus de douze ans, avant même le bouquet de nominations aux Grammy Awards en 2006 avec « Everything All The Time », premier album devenu légendaire.

Un détour par « The first song » et Ben Bridwell se lève déjà pour rejoindre Ryan Monroe et Tyler Ramsey sur le devant de la scène. « NW apt » puis « Casual Party ». Les cinq musiciens enchainent les morceaux avec un plaisir manifeste et une complicité totale. La set list savamment composée de titres de leur dernier album en date, « Why are you OK », sorti au début de l’été 2016 et de refrains plus anciens mixe les émotions. Après « Country Teen » et « Throw My Mess », aux accents country, Ben Bridwell laisse le chant à ses acolytes et se met légèrement en retrait pour les accompagner à l’ harmonica.

« Laredo », « Solemn Oath » laissent ensuite place aux bouleversantes « Older » et « Factory », deux des titres phares de « Infinite Arms », sorti voilà déjà sept ans. Difficile de ne pas se laisser prendre. C’est pourtant quand Band Of Horses passe à une enfilade des succès qui ont assis sa renommée que le public, incontestablement fan mais relativement discret, sortira de sa réserve. « The great Salt Lake », « Cigarettes, wedding Bands » prouvent leur efficacité dix ans après leur création. De quoi enchaîner sur cette même tonalité avec « Is There a Ghost ».

Si l’énergie est belle et la musicalité parfaite, c’est malgré tout en venant se réfugier dans les recoins émotionnels que le groupe de Seattle est le plus fort. Les premières cordes de « No One’s gonna love you » volent au dessus de l’assemblée et font naître des larmes. Qui pourrait résister au timbre de Ben Bridwell sur ces accords magnifiques? Mais la soirée n’aurait pas été complète sans « The Funeral », le titre culte des américains. D’autres auraient fini par le trouver trop lourd, emprisonnant presque le reste de leur production. Band Of Horses en a fait un hymne, porte drapeau d’une formation dont la rareté n’a d’égale que la très grande identité. Une heure et demi et vingt et un titres plus tard, la preuve était donnée que les absents avaient vraiment eu tort. La prochaine escale française de ces cinq là risque de se faire désirer. Celle là restera longtemps dans les mémoires.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Hissez les couleurs !

La 7eme édition du Mondial du Tatouage jette l’ancre sous la grande halle de la Villette les 3, 4 et 5 mars prochains. 420 artistes tatoueurs, des expositions, des concerts, des food-trucks attendent les 35.000 visiteurs de ce grand rendez-vous du 10ème art.

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Il est bien loin le temps des grossières initiales enfermées dans un coeur hésitant, tracé à l’encre noire sous les plafonds des cambuses du service militaire. Comme une empreinte indélébile marquant ce service obligatoire et ces mois généralement loin de ses envies. Oubliés aussi les regards méprisants sur une épaule féminine laissant apparaître des lignes de couleurs. Le tatouage s’est imposé en douceur. Il n’est plus forcément initiatique ou signe d’appartenance à une communauté. Le tatouage est partout, ignore les âges, se pose aussi facilement sur une nuque qui se la joue petite bourgeoise que sur un mollet metalleux. 14% des français sont tatoués et 55% des français considèrent le tatouage comme une oeuvre d’art. Un plébiscite qui explique l’émergence régulière de salons de tatouages. On estime à 4.000 le nombre de ces professionnels dont 1.500 réunis au sein du SNAT, le syndicat national des artistes tatoueurs.
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420 de ce professionnels, de trente nationalités différentes, seront réunis à Paris et oeuvreront durant ces trois jours, orchestrés par Tin-Tin, « Monsieur Tatouages » en France, une figure emblématique largement reconnue. Chacun de ses confrères pourra poser sa marque, son graphisme, sa culture, son style novateur ou totalement old school devant les 35.000 visiteurs qui se presseront à la Villette (mieux vaut anticiper en prenant rendez-vous via le site de la manifestation). Points d’orgue incontournable de la manifestation, les concours permettront également une exposition des créations les plus réussies. Un jury de renom sera chargé de les départager, emmené par Filip Leu, Bill Salmon, Luke Atkinson et Kari Barba, des  maîtres de cet art que l’on dit dixième.

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L’Esprit Du Clan.

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Theo Lawrence And The Hearts.

Entre deux tatouages, à admirer ou à se faire dessiner, le public aura aussi droit à des concerts.

« Madball »,  groupe de métal hardcore new-yorkais, a sorti son huitième opus et fourbi un show impressionnant. Il sera au rendez-vous le vendredi 3 Mars, le même jour que les français de «L’esprit du Clan», l’un des groupes les plus prolifiques de la scène hardcore nationale.

Samedi 4, c’est « Carpenter Brut », sensation  en matière de rétro new wave, qui aura les honneurs. Après une Cigale sold out et avant l’ Olympia l’an prochain, le groupe aura l’occasion de montrer au public ce que l’on peut faire avec  des notes prélevées dans les émissions de TV des années 80 et les films de série B débordant de synthétiseurs. Ce soir là encore, « Reflections » pour un show incroyable accompagné de l’installation du Nonot Ak Studio.

Dimanche 5 Mars enfin, « Theo Lawrence and The Hearts » dont les partitions mixent avec succès le R’N’B, la country et le rock, devrait rallier de nouveaux fans.

Expérience surprenante pour les novices, moment incontournable pour les autres (qu’ils soient professionnels ou visiteurs), le Mondial du Tatouage est aussi celui de toutes les diversités, un monde d’échanges où respect et partage sont des clés de voûtes inamovibles. Exemplaire.

M.M.

Crédit photos Mondial du Tatouage 2016 // Anthony Dubois. Crédit photo Theo Lawrence & The Hearts // Brice Martinat. 

– Vendredi / Samedi 12h30-minuit. Dimanche 11h30-19h. // Billetterie et renseignements : www.mondialdutatouage.com – 

Florent Mothe, enfin le deuxième album!

Quelques jours avant de raccrocher la couronne d’Arthur, Florent Mothe avait sorti un premier extrait de son nouvel album. Un opus revendiqué comme plus personnel, plus rock et plus électro. Le temps de créer la surprise et déjà il filait briller sur le dance-floor de « Danse avec les Stars ». Entre un contemporain et une rumba, il vient tout juste de fêter la sortie du très attendu « Danser sous la pluie ». Retour sur un parcours cadencé.

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C’était il y a neuf mois, à Brest. Un café, une cigarette électronique pour prendre la suite immédiate de la vraie blonde dont les volutes flottent encore à l’extérieur… Assis dans cette loge qui n’est pas la sienne mais offre l’avantage d’être la première ouverte dans ces dédales de coulisses, Florent Mothe affichait à peine les stigmates des fatigues laissées par le premier spectacle de la journée. Si le regard trahissait pourtant l’impact de ce show particulièrement physique, la disponibilité et le sourire restaient intactes.

Tête d’affiche de la comédie musicale « La Légende du Roi Arthur », le chanteur tenait la scène près de deux heures trente. Un rôle athlétique qui avait nécessité des semaines d’entraînement digne d’un sportif de haut niveau avec au final, au delà de cette silhouette affûtée, un maniement de l’épée impressionnant et une voix qui jamais ne faillit. « C’est vrai que c’est assez physique, je suis en scène presque tout le temps et il y a beaucoup de chansons. Mais bizarrement, après trois jours à ce rythme, le show dans lequel je me sens le plus en forme est souvent le dernier. La voix est un muscle qui aime être chauffé dit on, je le constate à chaque escale de la tournée», soulignait il à l’occasion de cette étape bretonne de la tournée.

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Après avoir largement contribué à la réussite de « Mozart, l’opéra rock » en 2009, l’un des plus grands succès en matière de comédies musicales, Florent Mothe n’envisageait pas de signer pour un nouveau spectacle du genre. Mais il est difficile de résister à Dove Attia et son enthousiasme contagieux. « C’est un tel honneur d’avoir été choisi que je ne peux qu’en être reconnaissant.  Mais  désormais, après cinq-cents représentations tous spectacles confondus, je pense que c’est suffisant car le public va en avoir assez de me voir, non ? » La question formulée en ce jour de dernière, en juin à Lille, est sincère. Chez lui, le doute n’est pas une posture.

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C’était déjà pour se jauger qu’avec une certaine audace, après avoir tourné plusieurs années avec son premier groupe, Florent Mothe avait mis le cap sur Toronto avec un bref crochet par New York. Il a commencé la musique à sept ans par le saxophone, il maîtrise désormais le piano, la basse et la guitare… Suffisant pour partir! Sans attache. Sans contrat. Sa vingtaine d’années et son envie inaltérable de vivre de la musique, de composer et de chanter pour tout bagage… Ce road trip dans les bars nord-américains forgera sa capacité à aller chercher l’auditoire. La voix est parfaitement en place comme le montrent les vidéos qu’il poste sur internet. Bruno Berbérès, qui assure le casting de « Mozart », les repère. Dove Attia et Albert Cohen lui demandent de venir passer les auditions. On connaît la suite : « L’assasymphonie », « Victime de ma victoire » ou « Vivre à en crever », en duo avec Mikelangelo Loconte sont encore dans les mémoires. Comme sa reprise d’ « On ira », en duo avec Judith, l’une des plus jolies reprises de  l’album « Génération Goldman ». L’album se glissera rapidement en tête des ventes. Des lauriers qui font plaisir. Comme le NRJ Music Award de la révélation francophone de l’année en 2010. « Ces récompenses touchent forcément mais passés les instants de joie, elles n’ouvrent pas davantage la voie. Et tout, ou presque, reste à faire… »  dsc_7770

C’est par goût du défi et avec un talent certain pour les surprises, que Florent Mothe s’est alors retrouvé au casting de « Danse avec les stars », septième saison. Autant avouer qu’on n’y croyait qu’à moitié. Certains y voyaient même une présence motivée par un objectif mal dissimulé de s’ offrir une belle promo avant la sortie de l’album, deux petits tours de piste et puis s’en va… C’était mal connaître ce bosseur invétéré qui ne fait jamais les choses à moitié. Avec Candice Pascal, il a appris le déhanché, le regard, la justesse dans l’attitude et de semaine en semaine, il a bluffé les juges avec notamment ce contemporain magnifique sur la musique de « Lili » d’ Aaron. De quoi faire taire les plus dubitatifs et finalement, presque un paradoxe, lui permettre assez peu d’amplitude pour promouvoir son disque, les journées étant déjà surchargées entre les primes à assurer et ce premier concert à l’Européen. Le temps viendra.

« Avec « Danser sous la pluie » j’ai envie que les chansons touchent, interpellent, que les thèmes abordés résonnent autant pour la personne qui écoute que pour moi. C’est un truc étrange la composition d’une chanson. Certaines viennent facilement. D’autres ont plus de mal à être lâchées. Il faut se poser les bonnes questions mais ne pas trop se laisser envahir non plus… Je n’avais pas envie de décevoir, c’est sans doute pour ça qu’il a fallu tout ce temps depuis la sortie de « Rock in Chair ».

Malgré une belle équipe autour de lui, des textes signés Dove Attia, Michel Jourdan (auteur d’énormes tubes pour Marie Laforêt, Bobby Solo ou encore Mike Brant), Lionel Florence ou Vincent Baguian, malgré des compositions efficaces, malgré la présence sur l’album de l’extraordinaire reprise de « Bohemian Rhapsody » immortalisée par Freddy Mercury, le succès n’avait pas été celui escompté. Une déception légitime qui n’empêche pas Florent Mothe de rester fier de ce premier opus mais a renforcé sa détermination pour le second.

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Il y a sans doute plus d’audace dans ce nouvel album. « J’ai composé des chansons plus introspectives, plus personnelles, en abordant des sujets actuels dont l’amour n’est pas exclu sans pour autant être le sujet majeur. » Illustration par l’exemple avec ce premier extrait révélé en mai. « Quoi de neuf? » interroge le titre co-écrit avec Dove Attia et Silvio Lisbonne (auteur de nombreux succès pour Jenifer ou Tal, le duo étant aussi à l’origine de « la Légende du Roi Arthur ») sur une entrainante partition électro-pop. « Je veux juste planer avant de faner, que mes démons se réveillent et se mettent à danser. En musique, tout paraît plus beau, j’veux que tout le monde se réveille et se mette à danser. » Un message clair, un titre qui a donné envie de chanter et de danser tout l’été.

« J’ai eu la chance de livrer un disque qui me ressemble. Sans pression mais plutôt avec une belle excitation…  celle de sortir l’album dont j’avais vraiment envie! » Pour l’accompagner dans cette aventure, il a aussi pu bénéficier de la présence de belles pointures : en plus de Dove Attia et Silvio Lisbonne, il y a Renaud Rebillaud,(ingénieur du son, producteur, qui a travaillé avec Kendji,  Sexion d’Assaut, entre autres) et L.I.M., le rappeur dont les disques ont été maintes fois disques d’or. Musicalement beaucoup plus abouti que le disque précédent, « Danser sous la pluie » impose facilement son énergie communicative tout en ne volant rien aux paroles. Impossible de ne pas se laisser prendre par l’émotion de « J’attends encore », « Le Monde », ou « Te ressembler ». Ou de résister à « Sur mon nuage » et « Danser sous la pluie ».

Pour un artiste qui semble souvent en attente de l’approbation, d’un regard de soutien, Florent Mothe ose livrer ses interrogations, son regard sur la vie, le temps qui passe. Il enlève le masque, les rythmes actuels étant la dernière pudeur posée sur de très beaux moments empreints de gravité. « Qu’est ce qu’un homme ? » Un peu de tout cela sans doute.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– Un immense remerciement à Florent Mothe pour le temps passé, ces impromptus entre Brest, Nantes et Lille, ce shooting exclusif organisé en juin dernier à Paris. – 

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 DANSER SOUS LA PLUIE: UNE PREMIERE A GUICHETS FERMES 

Il aurait pu se contenter d’une release party joyeuse mais traditionnelle pour célébrer la sortie de son nouvel album deux jours plus tard. En éternel perfectionniste, Florent Mothe a préféré les plaisirs d’un vrai concert, mariant l’intégrale de « Danser sous la pluie » aux titres plus anciens qui ont sillonné sa vie, comme la bande originale d’une vie d’artiste déjà bien remplie.

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Alors que l’ Européen compte trois-cent cinquante places assises d’où la visibilité est parfaite, certaines fans n’avaient pas hésité à squatter les environs plus de quatre avant l’ouverture des portes. Inutile de dire leur impatience une fois sur place pour ce premier concert à guichets fermés où devaient être joués en avant première les titres du second album de Florent Mothe.

A vingt heures précises, il a déboulé sur scène parmi un tonnerre d’applaudissements, la basse en bandoulière, accompagné de deux complices, Brice Mirrione, aux claviers et Mao Blanc, à la guitare, (deux belles pointures actuellement sur la scène du Palace avec la troupe du « Rouge et le Noir »). Lumineux et visiblement heureux de retrouver le public avec ses propres créations. «Quoi de neuf», le premier single qui a fait danser tout l’été, a ouvert le bal, repris par la salle entière. « Se serrer la main », « Sur mon nuage » enchainent sans temps mort.

« Si vous êtes ici, c’est que d’une manière ou d’une autre, on compte l’un pour l’autre… Alors, avant tout, merci,» lance Florent Mothe dans un immense sourire. Des paroles qui font mouche et provoquent une bruyante approbation. La très entraînante « J’attends encore », magnifique titre aux paroles façon upercut, laisse tout le monde KO avant une très belle séquence pleine d’émotion, la dédicace spéciale à son père, présent ce soir là, de « Te ressembler ». Un hommage qui ne peut laisser insensible.

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Parfaitement pensée, la set list joue les contrastes. Au milieu de ce concert survitaminé mais presque intimiste, une date qui restera dans les mémoires, Florent Mothe troque alors la basse pour la guitare acoustique. Seul en scène, il repeint ses années nord américaines (la reprise de «Lilac Wine» de Jeff Buckley est un pur moment de grâce), ses débuts, ses premières compositions (qui permettent de constater que tout était déjà en place), son premier album (« je devais être triste, ce n’est pas très gai tout çà »), une boutade, presqu’une excuse. Triste, peut-être, pas très gai, sans doute mais suffisamment fort pour être resté dans les mémoires. « Les blessures qui ne se voient pas » ou bien encore « Je ne sais pas parler d’amour » décochent des salves passionnéees. Quelques extraits encore, dont « L’assasymphonie », de « Mozart l’Opéra Rock », « Quelque chose de magique », incontournable succès de la toute récente « Légende du Roi Arthur » et les musiciens reviennent pour finir la présentation des autres titres de ce disque taillé pour la scène, à l’image de « Les oiseaux nous observent » ou bien sûr « Danser sous la pluie », qui en seront les tubes probables.

Fidèle à ses habitudes, Florent Mothe boucle la soirée avec « Bohemian Rhapsody » de Queen. La tradition est belle et la reprise impressionnante. Le 23 mars prochain, la Cigale et son millier de places succéderont à l’ Européen. Trois fois plus de monde donc. Trois fois plus d’énergie… cela parait impossible vu la soirée de folie qui a été livrée ce soir là. Trois fois plus d’émotion… Il faudra jouer sacrément fort car ce 30 Novembre avait les charmes incomparables des premières fois, les plaisirs de la découverte.« Danser sous la pluie » est un album réussi qui devrait le qualifier pour très longtemps encore…

Magali MICHEL

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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