« La Nuit de l’Erdre  », une vingtième affiche pleine d’étoiles

Vingt ans, le bel âge. Celui que l’on n’a pas toujours comme le dit si bien la chanson. C’est donc pour illustrer ce moment et le graver haut dans les annales que les organisateurs ont multiplié les têtes d’ affiches et concocté une programmation 2018 impressionnante. Justice, The Hives, Orelsan, Shaka Ponk, Vianney ou encore Lavilliers et Alt-J. La Nuit de l’ Erdre s’annonce lumineuse.

 

Et dire qu’au départ le projet semblait un peu fou, porté par des passionnés du Comité des Fêtes que certains prenaient pour de doux illuminés : organiser à Nord-sur-Erdre, commune de 8.500 habitants nichée à une trentaine de kilomètres de Nantes, un festival de musique sans thématique particulière, ayant au contraire la capacité d’attirer les publics les plus larges.

Pas facile de convaincre les artistes quand il s’agit d’inaugurer les plâtres. Marcel et son orchestre, Aldebert, Siméo ou bien encore « Debout sur le zinc » sont pourtant venus et ce premier rendez-vous était déjà prometteur. Il prouvait surtout que « La Nuit de l’ Erdre » avait une place et une crédibilité. Désormais, les « petites mains » du début ont été renforcées et c’est une trentaine de bénévoles qui planche pour dessiner la future édition, rejoints par huit cents autres durant les trois jours de la manifestation et plus de cent cinquante techniciens. 

Jean-Louis Aubert, Yannick Noah, Zazie, , Thomas Dutroc, Hubert Félix Thiefaine, Macklemore et Ryan Lewis, Mika, , The Hives, Fauve, Sting, Charlie Winston, The Cranberries ou bien encore IAM, Rival Sons et Chemical Brothers, la liste est longue de ceux qui ont éclairé le festival entré depuis longtemps dans sa pleine croissance avec plus de 35.000 spectateurs chaque soir et une réputation qui a largement dépassé les frontières locales.

Il était donc impossible de ne pas rajouter à la fête en réunissant encore plus d’artistes pour souffler en beauté ces vingt ans, de ceux que les festivals s’arrachent et qui sont attendus par des milliers de spectateurs. Mais les organisateurs ont aussi eu envie d’inviter à nouveau des personnalités qui avaient marqué lors de leur passage, le hasard du calendrier les mettant cette année encore dans l’actualité des tournées. C’est ainsi que le public retrouvera Catherine Ringer (venue en 2012), The Hives (édition 2014), Chinese Man (passé en 2015) ou bien encore  Shaka Ponk (présent en 2010).

L’affiche 2018 frappe incontestablement fort avec trois jours qui devraient mettre tout le monde d’accord.

Asaf Avidan.

The Hives.

Justice.

Vendredi 29 Juin, Gaume ouvrira avant de laisser place à Lyre le Temps, Møme, les nantais d’Ultra Vomit dont l’heavy metal parodique rafle tout depuis la sortie de « Panzer Surprise » l’an dernier. Coeur de Pirate ayant annoncé ces jours ci qu’elle ne pourrait finalement pas être présente, c’est Catherine Ringer qui la remplacera. Asaf Avidan, The Hives et Justice, excusez du peu, seront aussi de la partie.

Nova Twins.

Chinese Man.

Alt-J.

Orelsan.

Samedi 30 Juin, la soirée débutera avec Tramp Experience, Nova Twins, Findlay, une jeune artiste britannique qui ne devrait pas laisser indifférente, Therapie Taxi, Jahneration, un duo de chanteurs parisiens qui essaime depuis une dizaine d’années son reggae mâtiné de hip hop, Chinese Man (en pleine tournée triomphale), les trois anglais d’Alt J dont le rock si reconnaissable est désormais mondialement connu, et Orelsan, le multi récompensé des Victoires de la Musique, l’artiste dont l’album a sans conteste été le plus commenté et salué ces derniers mois.

Triggerfinger.

Bernard Lavilliers.

Shaka Ponk.

Dimanche 1er Juillet il faudra être là dès les premiers accords de la journée car les finlandais de Steve’N’Seagulls et leur country qui reprend en version bluegrass des morceaux fameux du répertoire metal ou rock, ça vaut le détour. Place ensuite aux élégants belge de Triggerfinger puis ce seront Petit Biscuit, Bernard Lavilliers, Vianney, et Shaka Ponk. Cette ultime journée est décidément multicolore, sans temps morts et frappe tous horizons. 

Avec une telle programmation, les billets s’envolent vite. Il est donc prudent de réserver sans attendre sur le site officiel du festival (99,49 euros le pass trois jours), www.lanuitdelerdre.fr 

A noter enfin une nouveauté cette année, l’arrivée du paiement dématérialisé. Si l’an dernier encore, les festivaliers pouvaient utiliser les tickets ou des jetons, ils devront désormais régler leurs transactions grâcee à leur « Monkey », une puce placée sur leur bracelet ou glissée dans une carte de paiement spécifique à La Nuit de l’ordre. Avantages évidents : il est possible de recharger avant de venir, ce qui évite les files d’attente aux caisses et le temps d’attente sera raccourci aux bars ou stands de restauration. (Seule la boutique officielle pourra encore accepter la carte bancaire).

Du 29 juin au 1er Juillet, Nort sur Erdre pourra se vanter d’être réellement « the place to be ».

FETE DU BRUIT DE LANDERNEAU: Le festival breton qui joue dans la cour des très grands

Le benjamin des festivals bretons n’aura jamais si bien justifié son nom que cette année, si l’on en juge par l’affiche de l’édition 2016 où la fête sera déclinée en mode majeur avec en prime, excusez du peu, une journée de fête supplémentaire : Iggy Pop, Indochine pour l’un de ses très rares concerts de l’été… Une programmation exigeante dans un cadre insolite, une vingtaine d’artistes en trois jours : les clés probables du succès de ce rendez-vous attendu chaque deuxième week-end d’août en terres finistériennes.

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Vendredi 12, c’est à Bantam Lyons que reviendra l’honneur d’ouvrir les hostilités. Les régionaux de l’étape distillent une pop mélancolique mais bien électrique à laquelle il est difficile de résister. Patrice, déjà présent en 2011 et 2013, revient cette année encore pour un nouveau live tiré de «The Rising of the sun», son dernier album. Généreux, solaire, l’artiste est devenu le chouchou des festivaliers totalement séduits par sa « sweggae music ». Place ensuite à Garbage. Pour célébrer les vingt ans du groupe, les musiciens ont entamé une grande tournée à travers l’ Europe et les Etats Unis, la « Vingt years Queen Tour ». Il y aura bien évidemment les incontournables comme « Only happy when it rains » ou « Stupid girl » mais Garbage devrait également révéler quelques extraits du sixième album à venir. Un joli cadeau.

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Indochine.

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Mass Hysteria.

Mais il ne faut pas se mentir, c’est bien vers la bande de Nicola Sirkis que tous les yeux se tourneront ce soir là. Indochine, qui doit sortir un album l’an prochain, ne prévoyait pas de concerts cette année. Et puis les dramatiques évènements de l’hiver les ont convaincu de revenir plus tôt sur scène. Pour une mini tournée de sept concerts dont cinq en France. Cette escale à Landerneau sera donc la seule dans l’Ouest, une vraie reconnaissance pour le festival qui justifie pleinement l’ajout d’une journée supplémentaire. Icône depuis plus de trente cinq ans, premier artiste français à remplir Bercy en 2003, une bonne vingtaine de disques de platine… leurs détracteurs auront beau dire, ces gars là restent inoxydables et leur public ne cesse de grossir.

Enfin, à 0h55, Mass Hysteria, pour qui 2016 est décidément l’année de tous les festivals et de tous les succès, fermera le ban avec ses partitions intransigeantes, ses textes punchy et ce sens du partage qui n’appartient qu’à ces cinq là, fers de lance du métal en France depuis plus de vingt ans. Brestois, Mouss, le chanteur, aura encore plus à coeur de reprendre des refrains qui ont mis tout le monde d’accord depuis la sortie de « Matière Noire », dernier opus en date, à l’automne dernier. Son « Faites du bruit ! » en préambule de « L’enfer des Dieux » sera ici parfaitement raccord.

Samedi 13, les festivaliers qui n’ont pas la chance de l’avoir déjà vu sur scène pourront découvrir Rotor Jambreks. A la fois chanteur, multi-instrumentiste, auteur d’un spectacle pédagogique sur l’histoire du rock passé par Landerneau en 2010, l’artiste présentera sa toute nouvelle création.

Les joyeux drilles de Salut, c’est cool prendront ensuite le relais. Totalement barrés mais ultra professionnels, joyeusement inclassables, ces quatre là servent un techno survoltée dont internet s’est très vite emparée avant le que le buzz ne propulse leurs talents sur scène. C’est vraiment à ne pas manquer.

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Casseurs Flowters.

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The Cranberries.

Casseurs Flowters s’emparera ensuite des Jardins de l’esplanade. Duo constitué des rappeurs Orelsan et Gringe, les Casseurs Flowters ne cessent de casser les codes de la planète hip hop avec leur rap décomplexé et on ne compte plus désormais le nombre de leurs fans prêts à parcourir les routes pour venir les applaudir. La recette est efficace, le show ultra énergique… ça va décoiffer!

Place ensuite à Damian Marley. Oui, il s’agit bien du fils de Bob ! Mais il ne doit pas sa réputation à la seule célébrité de son père. Damian Marley est un musicien reconnu également producteur recherché. Forcément, c’est du reggae et depuis 2005 et le fameux album « Welcome to Jamrock », on sait que ce reggae là a des couleurs bluffantes.

The Cranberries seront eux aussi de la fête. Connus mondialement grâce à « Zombie », tube qui les a définitivement posés au firmament de la pop, les irlandais ont longtemps chantés les heures sombres d’un quotidien ancré dans la guerre de religion. Après une brève séparation dans les années 2000, le groupe est revenu plus fort et surtout avec des refrains plus lumineux. Les trente huit millions d’albums vendus imposent le respect. Onze ans après « Wake up and smell the coffee », le groupe a repris la route des studios pour livrer « Rose », leur dernier album en date. Sur scène, c’est juste un pur moment de grâce.

Deluxe.

Rose-Mary And The Ride.

Mais la journée ne s’arrêtera pas là : Deluxe, ses costumes improbables, son univers déjanté et ses chorégraphies uniques, Birdy Nam Nam, qui a depuis de nombreuses années maintenant si convaincre avec un hip hop assez classieux et Pfel and greem (échappés du collectif nantais C2C), deux Dj qui raflent tous les prix (sacrés quatre fois champions du monde Dico Mix Club entre 2003 et 2006, quatre trophées aux Victoires de la musique 2013) et dont la talent dans le domaine de la musique hip hop et pass electro n’ est plus à prouver, enchaineront sans répit.

Grosse affiche encore dimanche avec pas moins de huit noms pour réjouir les festivaliers.

Rose-Mary and the Ride ce sont Pauline et Vinz, respectivement chanteuse et guitariste de « Rose Mary and the Ride », vingt ans tous les deux, ont été rejoints par des potes musiciens et livrent un nouveau projet, mêlant funk, soul, pop, rock. C’est superbement ficelé et on a du mal à imaginer que derrière ces compositions se cachent un duo aussi jeune.

Synthèse électrique de ses passions lettrées pour l’alter punk, la new wave ou le shoegaze, Von Pariahs (qui refermera le festival avec un set à 2 heures du matin) transcende les genres en les incarnant sur scène sans distance ni clin d’oeil. Un premier degré et une façon de faire qui signent un engagement rare dans un répertoire abrasif et soigné.

Le guitariste Martin Luter BB King, le DJ Eurobelix et le chanteur David Boring continuent sur leur rythme effréné (même s’ils ont changé beaucoup de choses dans leur façon de produire). Grosse implacable, mix joyeusement rugueux, délires techno-disco-fusion, Naïve New Beaters ne s’apprécie jamais aussi bien que sur scène.

No One Is Innocent.

Die Antwoord.

Faut-il encore présenter No One is Innocent? Le groupe français emmené par Kemar n’a jamais failli depuis son premier single, « La Peau », en 1994 et vient de sortir un sixième album unanimement salué. « Propaganda » multiplie les textes acérés et les riffs qui dépotent. La réputation scénique du groupe est largement méritée. Avec des musiciens de grande pointure (dont Shanka à l’une des guitares), c’est l’un des concerts de l’édition à ne surtout pas manquer.

Changement radical d’ambiance avec Dub Inc., sans doute le plus emblématique groupe de reggae français. Dix ans que la joyeuse bande posent sur des textes sincères des rythmes aux mélodies inimitables. Le groupe, porté par Bouchkour et Komlan, chante aussi bien en français qu’en anglais ou en kabyle, une bel hommage au métissage.

Formé en 1994, déformé puis reformé surtout en 2009, Skunk Anansie, plus de cinq millions de disques vendus au compteur, a été l’un des groupes rock les plus populaires en Grande Bretagne mais aussi en Europe, dans les années 90. Skunk Anansie revient fort avec un sixième album studio sorti au début de l’année, mixé par Jeremy Wheatley (Mikka, The Vaccines, Moby…). La tournée est un succès. On comprend pourquoi.

La journée multipliant les univers, place sera également faite pour Die Antwoord. Chacune des apparitions du groupe offre des visuels uniques mais il ne faut pas se laisser duper par les apparences parodiques de ces vidéos, Die Antwoord étant bien plus qu’une simple formation au hip hop incomparable avec ce mélange d’argot sud africain et ces références gangstas. Si tous les festivals leur font les yeux doux, ce n’est pas le fait du hasard.

Iggy Pop.

Enfin, en passage unique en Bretagne, Iggy Pop fera escale à Landerneau. Quarante ans que «L’Iguane» est une icône incontournable, une légende vivante. Son dernier album, « Post Pop Depression », qui a vu la collaboration de Josh Homme, le leader de Queens of the Stone Age, Matt Helders, le batteur d’Artic Monkeys, entre autres, prouve qu’Iggy Pop en a encore sous le pied et que les plus jeunes n’ont pas encore eu sa peau.

Lorsque le festival a fait résonner ses premières notes, le 15 août 2009 (avec Tryo, Anaïs, Lavilliers notamment), ils étaient 11.000 à avoir répondu présents. L’année suivante, portée par ce bilan positif, la manifestation s’est étalée sur une journée supplémentaire en accueillant Status Quo, Placebo, entre autres. Vingt cinq mille festivaliers partageaient avec enthousiasme. Combien seront-ils pour cette huitième édition forte de ce jour de plus, qui élargit encore la palette des concerts? On peut parier sur plus de trente mille. A Landerneau, il semble que tous les rêves soient possibles. Big up pour ces organisateurs qui ne sont pas les plus médiatisés mais entreprennent avec succès et une modestie assez rare.

M.M.

– http://festival-fetedubruit.com –

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