Beth Ditto revient en solo et en pleine forme !

Beth Ditto a fait salle comble et ouvert avec brio la nouvelle saison de Stéréolux (Nantes). Fidèle à elle même, l’américaine a livré un show brillant et montré toute son aisance dans ce parcours désormais en solo, sans ses deux acolytes de Gossip. 

Les fans attendaient qu’elle soit elle-même et se livre à ces audaces verbales dont elle a le secret. Beth Ditto ne les a pas fait longtemps attendre (sans mauvaise référence au quart d’heure de retard d’arrivée sur scène). Après avoir ouvert toute énergie dehors avec un « Oh my God » du meilleur effet, l’américaine a laissé résonner son rire si reconnaissable et lancé « C’est bizarre. Tout est bizarre ici. Oui, vous là à Nantes, vous avez même un éléphant… Un éléphant !! Je vais le monter celui là, si si! »  avant de reprendre le cours de ses titres de sa voix puissante et enchaîné avec « In and out », « I wrote the Book » et « Fake suggar ».

Lorsque Gossip, son célébrissime groupe de pop-rock, a décidé de se séparer, Beth Ditto a pris le temps de la réflexion puis compris qu’elle ne pouvait renoncer à la musique. Alors elle le ferait en solo, en s’essayant à des textes qui n’auraient pas déplu à ses « idoles » à elle : Billie Holiday, Aretha Franklin, Janis Joplin, Donna Summer ou bien encore Nirvana, Pearl Jam et Simone de Beauvoir, des références très assumées pour montrer que l’anticonformisme est la seule voie possible pour survivre en ces temps compliqués.

Pétillante, provoc’, militante de la cause lesbienne, Beth Ditto est devenue une égérie bien malgré elle. « Fake Sugar », son premier album sans ses deux comparses qui avaient su faire danser la planète entière, est de très haut vol. La jeune femme confirme que sous ses abords de ronde parfaitement assumée, aussi facilement joviale que grande gueule, elle est aussi une vraie musicienne, grande adoratrice du blues, de la soul, du rock comme de la pop, qu’elle mixe savamment.

Sans laisser de temps mort, Beth Ditto présente plusieurs de ses nouveaux morceaux comme « We could run », « Lovers » qui prennent sur scène une belle dimension. Pas mal de titres des EP précédents également, tel le superbe « Open Heart Surgery ».

Il aurait été impossible de faire l’impasse sur quelques morceaux de Gossip, cela aurait été prendre le risque de se mettre à dos une bonne partie du public. Cela aurait été aussi peu conforme à l’esprit de la chanteuse qui ne renie rien et garde au contraire le meilleur de ces incroyables années d’énorme succès en trio. C’est dire alors l’enthousiasme de la salle pleine à craquer lorsqu’ont résonné les premières notes de « Standing in the Way of Control », « Heavy Cross » ou de « Love Long Distance ». Il y a décidément des succès auxquels on ne peut échapper.

Pendant tout le concert, Beth Ditto ne se départira pas de son sourire et aura avec le public de véritables échanges. Alors forcément, lorsque la salle s’est rallumée, après « Fire » en ultime morceau et une petite heure et quart de concert, il y avait comme un goût de trop peu. Mais l’américaine n’est qu’au début de sa nouvelle route. Forcément, elle repassera par là. Une chose est sûre, en ouvrant sa nouvelle saison avec une artiste de cette trempe là, Stéréolux ne s’est pas trompé.

Sophie BRANDET.

SOPRANO, LE RAPPEUR JONGLEUR DE MAUX

A la fin de l’année, Soprano aura gravi son Everest Tour en une centaine d’étapes toutes sold out vues par plus de 400.000 spectateurs. Un succès logique, dans la cordée du triple disque de platine décerné à l’album éponyme sorti en… dernier. Deux heures trente de show haut en couleurs où Soprano impose son rythme et casse les codes avec son rap positif et ses discours rassembleurs. A Nantes en avril, les billets s’étaient envolés en quelques jours. L’Everest Tour était donc de  retour ce 23 septembre dans un Zénith plein à craquer… avant un ultime retour le 28 Novembre. 

Une montagne à facettes mobiles support à une scénographie impressionnante et des lumières qui font partie largement intégrante du show, des flancs d’Everest qui pivotent pour laisser entrer des invités surprises en hologrammes bluffants (Marina Kaye, Kendji, )… Pour cette nouvelle tournée Soprano a voulu grimper encore plus haut, à hauteur de ce dernier album certifié triple disque de platine et unanimement salué par la critique. Et il a visiblement eu raison. Ce 23 septembre au Zénith de Nantes, plus de huit milles fans attendaient son retour, toutes générations confondues. Des ados en nombre bien sûr, pour qui les paroles de cette icône du rap français aux allures allures de « grand frère » résonnent juste mais aussi des parents, ceux qui étaient déjà là il y a plus de vingt ans quand Soprano foulait ses premières scènes, en solo ou avec son groupe « Psy4 de la Rime ». Une fidélité justifiée par le parcours du marseillais de souche comorienne qui ne s’est jamais perdu de vue dans les méandres tentaculaires de la gloire, n’a jamais renié ni ses origines, ni ses envies de toucher le plus grand nombre avec ses textes coups de poing, ses chagrins et ses colères.

Après avoir évité la chute en entrant sur scène (descendre une montagne peut s’avérer glissant malgré les chaussures de randonneur alpin, mais l’histoire ne retiendra qu’un tout petit blanc entre deux paroles), le rappeur a livré deux heures trente d’ un show éblouissant où l’énergie impressionnante a su laisser toute sa place à des moments plus graves.

Avec ses deux acolytes choristes, les frères Zak et Diego, Soprano enchaine les titres que le public connaît par coeur, transformant le Zénith en une immense chorale joyeuse et enthousiaste. Il l’avait d’ailleurs annoncé: danser, chanter, avoir mal aux jambes peut être mais à la fin, chacun devra repartir heureux. Pas d’autres objectifs que celui là !

Les tenues se changent, jouent la carte montagnarde ou sportive comme celle de l’élégance. Ne cherchez pas de casquettes à l’envers, ne guettez pas les « yo man » ou les « wesh mon frère ». Il y a longtemps que Soprano, né Saïd M’ Roumbaba, marche loin de ces sentiers bornés par les clichés du rap, vulgaires à force de complaisance moqueuse. Chez Soprano, l’émotion peut naitre de la colère, des préjugés ou des pires rebonds de l’Histoire, de ces mères qui pleurent la disparition de leurs enfants tués par la violence des cités, il peut fustiger l’usage addictif du téléphone portable, il n’y aura jamais d’appel à la haine, de revendications agressives autant que démago. Le gars est lettré, féru de poésie, il aime les mots et les pose avec un sens de la justesse incisif et inégalé.

Fan de Daniel Balavoine, dont il reprend d’ailleurs un long extrait de « La vie ne m’apprend rien », se rêvant à son image, populaire sans rien renié de ses engagements. Il a fréquenté une école coranique mais la religion ne sera pas intégrée dans ces grand’s messes du soir. Au contraire, à chaque fois qu’il rend hommage aux disparues, « c’est en plaçant l’humain au coeur de tout, sans prosélytisme surtout. » La foi en l’Homme, en sa capacité à reconstruire après avoir trop souvent été cause de son propre malheur. Soprano, plus d’un million d’albums vendus, plus de cinq cents millions de streams audio-vidéos, plus de 400.000 spectateurs sur cette seule tournée partagée par plus de six millions de followers sur les réseaux sociaux, a une trop haute conscience des dérives possibles d’une parole pour ne pas mesurer la sienne. Mais lorsqu’il livre un texte, il rêve d’être entendu. Comme avec « Posez les armes » qui vise fort. Dans la vie, Soprano est aussi devenu  parrain d’ U-Report, le réseau social, anonyme et gratuit, d’opinion pour les jeunes, lancé par Unicef. Tout est raccord.

Survitaminé, gonflé à l’énergie de l’enthousiasme et de l’envie, Soprano enchaine les titres en dansant et parcourant l’immense scène sans jamais s’arrêter. « Le Diable ne s’habille plus en Prada », « Roule », « Hiro », « Le coeurdonnier », nouvel extrait de l’album, « Mon précieux », « Cosmo », « Millionnaire », la soirée roule à tubes ouverts et n’en oublie aucun. On comprend que les Enfoirés ne pouvaient laisser loin d’eux cette locomotive majeure de la chanson française. Celui qui n’a jamais voulu renoncer et a toujours cru en ses rêves est devenu un poids lourd. Peut-être même bien au delà de ce qu’il espérait. Un artiste majeur, militant pacifique pour qui le rap a su sortir de ses trois lettres qui le mettaient bien trop à l’étroit.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

ALT-J, L’UN DES TEMPS FORTS DU PREMIER LOLLAPALOOZA PARISIEN

Les britanniques d’ALT-J sont de retour avec l’envie de défendre pleinement « Relaxer », ce troisième album tout juste né (il est sorti le 2 juin) qui révèle de nouveaux chemins, un mélange de styles et des morceaux moins immédiatement accessibles. Jouer à Paris, lors de cette première édition du Lollapalooza Paris, ne se refusant pas, le trio n’a pas failli alors qu’à l’autre extrémité du site se succédaient Lana Del Rey et les Red Hot Chili Peppers.

Depuis l’ouverture des portes, le nombre de tee-shirt à l’effigie du groupe montrait clairement dans quelle partie de Longchamp se finiraient la soirée pour certains. Et peu importe s’ ils devaient (malheureusement) faire l’impasse sur les Red Hot. Telle est la loi des festivals où se bousculent les têtes d’affiche : ici encore plus qu’ailleurs, choisir est renoncer. Cinq ans que les britanniques d’ Alt-J s’imposent avec ce rock indépendant mixé d’électro, une direction insolite et audacieuse qui a embarqué tout le monde dès la sortie d’ « An Awesome Wave » en 2012, premier opus de ce groupe formé dès 2007, dans les salles de la faculté de Leeds.

En 2014, la formation devenait trio suite au départ de Gwil Sainsbury, le bassiste, mais le deuxième album, «  This is all yours » n’a rien laissé en route. Leur rock hybride porte les mêmes exigences.  « Hunger of the Pine » ou bien encore « Every Other Freckle » deviennent des incontournables de chaque concert.

Depuis deux ans, Alt-J avait déserté les scènes pour se consacrer à « Relaxer », un troisième album dont la sortie rimerait forcément avec tournées. Après un passage  à Rouen puis un autre à Lyon, les anglais repassaient donc enfin par Paris. Un évènement qui n’était pas passé inaperçu : plus d’une heure avant leur entrée en scène, les abords de l’Alternative Stage avaient été pris d’assaut, certains confiant même avoir pris leur ticket d’entrée au Lolla juste pour les voir eux.

C’est « Fitzpleasure », extrait du tout premier disque, qui a ouvert le bal. La magie opère d’emblée. La scénographie est en tous points remarquable, le son est excellent et les lights inventives, changeantes au fil des morceaux. La sortie toute récente du nouvel album a eu le bon goût de ne pas faire taire les titres plus anciens, ce qui a permis à la foule, de plus en plus dense, de reprendre en choeur ces morceaux connus sur le bout de la note comme « Matilda » ou « Taro ». Les chansons nouvelles s’imposent et impressionnent alors qu’elles évoluent clairement vers une autre direction, plus expérimentales. Les harmonies y sont toujours aussi sublimes (une marque de fabrique du groupe), les compositions ultra soignées. « Dissolve me », « The Gospel of John Hurt », « 3WW » ou bien encore « Nara », difficile de choisir. Avec Alt J, tout est à prendre, tout emporte jusqu’à ce dernier extrait, chose comme premier single, « Breezeblocks » qui clôt avec brio un très rare et beau moment.

En Janvier 2018, Alt-J sera de retour en France via l’AccorHotels Arena (le 11) et le Zénith de Nantes (le 14). Immanquables !

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– Tous les renseignements sur www.altjband.com et dans les points de vente habituels. –

ILS OEUVRENT DANS L’OMBRE: François Montupet, monsieur cent mille com’

Alors que résonnent encore les échos des dix jours de fête imaginés pour les dix ans du Ferrailleur, rencontre avec celui dont la renommée va bien au delà de ces quais de Loire, François Montupet, son chargé de communication. Ce grand manitou de la com digitale, expert en réseaux sociaux, toujours une tendance d’avance, a su tisser sa toile et offre depuis six ans d’autres atours à l’adresse la plus courue du Hangar à Bananes. Certains lui font désormais les yeux de Chimène pour qu’il fasse grimper la visibilité de leur marque… Il n’y répondra que si l’envie est là. Car le garçon est du genre passionné. Le mot est faible.

Rendez-vous était pris depuis longtemps. Mais François Montupet, qui trouve des évidences dans le partage et fait de la discrétion une vertu essentielle, préférait laisser passer les 10 ans du Ferrailleur pour permettre de voir le travail accompli par les équipes bossant à ses côtés durant les festivités. «Entre les retransmissions des concerts sur l’écran géant accroché à l’extérieur, les réalisations de vidéos pour Facebook ou Twitter, les Facebook live chaque jour, depuis les concerts sauvages jusqu’aux after, donc de 17h00 à 4h du matin environ, les concerts shootés par un ou deux photographes en plus des photos, des tweets et posts que je faisais moi même entre coulisses et terrasses, il y a eu un gros travail de communication et nous avons enregistré des nombres impressionnants de connexions. Ce qui prouve l’intérêt de ces partages  quand les gens sont en attente et ont envie de nous suivre, même à distance. Mathieu Alh, le réalisateur, et ses quatre cadreurs ont fait un boulot de dingue. Les photographes aussi. Le temps ayant rajouté l’atout majeur, cet anniversaire a été en tous points une réussite absolue pour toute l’ équipe et pour moi aussi bien sûr. »

François Montupet avec Mathieu Alh, réalisateur.

Cet anniversaire, François Montupet l’a anticipé comme tous ici depuis plus d’un an. Parce qu’il est comme ça et qu’il ne laisse rien au hasard. Bosseur impressionnant, il est aussi et surtout un grand passionné. Et la passion, ça ne se vit que pleinement! « Il y a une huitaine d’années, j’avais rencontré Thomas (Nedelec), le gérant du Ferrailleur, alors ingénieur du son d’ Ultra Vomit. C’était dans une salle de la région parisienne où je jouais ce soir là avec mon groupe, The Four Horsemen. Quelques mois plus tard, Thomas nous a demandé de venir faire un concert au Ferrailleur. J’ai découvert la salle, le matériel impressionnant, l’équipe super soudée et la qualité de l’accueil. Ca a été un super moment. Lorsque je me suis installé à Nantes quelques mois plus tard, je me suis naturellement rapproché de Thomas, de Max, le programmateur, et je leur ai proposé de penser l’image du lieu autrement. J’étais convaincu qu’il existait d’immenses possibilités avec les réseaux sociaux, je sentais qu’une autre stratégie de communication différente, plus large, porterait ses fruits et ferait parler de la salle bien plus loin. »

Des photographes sont fidélisés, des plaquettes éditées, des comptes sur tous les réseaux sociaux sont ouverts et n’ont jamais cessé depuis d’être constamment alimentés. « Il faut savoir réagir vite, choisir les bonnes photos, rédiger des posts qui atteindront leurs buts, retranscrire avec précision, mettre en avant la diversité culturelle, les différents types de concerts mais aussi tous ceux qui les fréquentent. C’est un boulot extrêmement chronophage car on est toujours en alerte. Quand je ne poste pas, je regarde ce qui se fait ailleurs. La scène importante doit être au centre de tout, il ne faut rien laisser passer. Après ces années, je pense que nous pouvons être contents. L’image du Ferrailleur diffuse largement et les retours sont très bons. Il existe une vraie interaction avec les followers qui sont d’ailleurs de plus en plus nombreux. Quant à l’image elle-même, elle est ultra positive. Pas mal comme bilan pour une salle 100% autofinancée depuis sa création! »

Histoire de rajouter encore à la programmation de la salle, François Montupet (qui doit bien avoir trente idées par minute, une ébullition permanente sous une apparence très calme) a eu l’idée d’organiser un évènement pour combler les jours sans concert, le lundi ou le mardi notamment. Ainsi sont nés les « Apéros Numériques », sorte de conférences-débats à l’entrée gratuite avec un ou plusieurs intervenants réputés autour d’une thématique forcément ancrée dans la communication digitale et ses nombreuses problématiques. Pour ouvrir le bal, il s’est attaché la présence de Mathieu Sommet, le youtubeur suivi par près de deux millions d’abonnés, présentateur de « Salut les Geeks ». « Mathieu avait rencontré Andréas et Nicolas, il connaissait le Ferrailleur et venait de s’installer à Nantes… L’occasion était trop belle! J’avais déjà réalisé quelques interviews, je l’ai sollicité et il a accepté de lancer nos Apéros Numériques. Avec le public, qui était composé de fans mais aussi de curieux ayant envie de comprendre comment un youtubeur pouvait arriver à une telle notoriété, il y a eu de superbes échanges. De quoi penser très vite au thème du second Apéro, le rythme étant approximativement d’un rendez-vous par trimestre. »

« Comment communiquer sur un festival ? » en présence des staffs du Hellfest et de Hip Opsession, « Les femmes dans le numérique », « l’e-sport », sont quelques uns des rendez-vous passés. Le 13 juin prochain, à l’occasion du cinquième numéro, les débats porteront sur « l’influence des réseaux sociaux sur les journalistes », autrement dit, les premiers seraient ils en train de tuer les seconds ? On y parlera également des fameuses fake news, plus que jamais dans l’actualité.

Là où certains se contenteraient de tendre le micro, François Montupet peaufine ses rendez-vous durant des jours, choisit ses intervenants avec minutie, les rencontre, prépare avec eux, joint par téléphone d’autres spécialistes, planche sur des questions annexes pour que le jour J, il ne soit pris au dépourvu par aucune remarque. « C’est passionnant à mettre en place, tellement enrichissant sur le plan humain et professionnel. C’est stimulant de toutes parts. Pour le Ferrailleur, c’est aussi une autre image. Ces débats sont gratuits, ils se déroulent dans la salle avec les invités sur scène et le public assis autour de tables hautes. Ca permet à des gens qui n’étaient jamais venus à des concerts ou ne connaissaient pas le bar de les découvrir et d’avoir le goût de revenir. C’est une autre résonance que je trouve sincèrement ultra positive. »

Même regard pour le Nantes Metal Fest sur lequel ce touche à tout veille depuis six ans. « C’est Bad, portier historique du ferrailleur et bassiste du groupe So What qui avait émis l’envie de voir créer un festival de metal durant un gros week-end au Ferrailleur. Alors on a réuni une équipe de bénévoles passionnés, je me suis transformé en régisseur général et on a foncé. Sans budget, avec une ligne de conduite fixée et jamais modifiée : cinq groupes pour 12 euros, le pass trois jours pour 30 euros. Les groupes ont joué le jeu, le public a répondu présent et aujourd’hui, on a un budget de 7.000 euros. Ce n’est peut être pas énorme mais nous, nous le prenons comme une sacrée récompense qui nous offre des possibilités accrues. »

Puisque ses journées ne doivent décidément pas jouer la montre et se limiter à 24h, impossible de ne pas préciser que François Montupet a aussi signé avec Filling Distribution, distributeur de pédales d’effets voilà deux ans et depuis plusieurs mois avec Flibustier, une marque de bijoux haut de gamme lancée en 2011 et franchement rock. Cohérence toujours. Passionnant, inutile d’en douter.

« C’est toujours le même constat : si on crée quelque chose de formidable mais que personne ne le sait, il y a un problème. Alors il faut échanger, communiquer, trouver la meilleure synergie, les bons ressorts et diffuser le plus largement possible avec les moyens actuels. Internet est une zone de liberté et d’avenir quand on sait l’utiliser pleinement. C’est tellement vaste et passionnant. Aujourd’hui, toutes mes activités se complètent dans une certaine harmonie. J’ai la chance de m’éclater en travaillant avec des équipes qui sont ouvertes et me font confiance. Je ne vais quand même pas bouder mon plaisir ! » Les yeux verts sourient, à peine cachés par la casquette de base ball. Trois pas dans la rue et déjà on l’interpelle. A force d’assurer la promotion des autres, il a fini par sortir de l’ombre. Monsieur social média n’avait pas prévu ça. Il le vit avec décontraction et tente de convaincre que c’est parce qu’on le voit au Ferrailleur. Un peu court quand même. Limite fake news pour le coup !

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Les Trois Mousquetaires à Nantes… et sur DVD !

« Les Trois Mousquetaires » croisaient le fer sur la scène du Zénith de Nantes ce week-end. Quatre représentations pleines à craquer pour un spectacle qui a réussi à sortir son épée du jeu grâce à un casting séduisant, une mise en scène assez audacieuse qui glisse une vraie modernité dans le roman d’Alexandre Dumas.

D’abord, il y a le quatuor masculin. Plus qu’une juste répartition des rôles titres, ces quatre là sont complémentaires au point de devenir indissociables. Bruno Berbérès, grand manitou des casting, celui qui se cache derrière la plupart des grands succès actuels, a visé juste. Olivier Dion (d’Artagnan), David Ban (Porthos), Damien Sargue (Aramis) et Brahim Zaibat (Athos) sont des mousquetaires qui n’auraient pas déplu au romancier. Voix précises, jeu enlevé, joli maniement du fleuret, acrobaties spectaculaires, ils n’ont peur de rien. On concédera juste un certain anachronisme, à moins que ce soit une audace vestimentaire à laquelle n’avait pas pensé Alexandre Dumas : ses mousquetaires, tous beaux gosses et bien faits de leur personne, chevauchent et combattent la chemise largement ouverte sur les pectoraux… pour le plus grand bonheur du public féminin.

Le reste de la distribution est au diapason : Victoria (qui avait marqué le public du « Roi Soleil » par son timbre unique) s’impose en Anne d’Autriche, Megan offre sa douceur à Constance, Christophe Héraut est un cardinal rigide à souhait, quant à Golan Yosef (inoubliable dans le rôle titre du «Dracula» de Kamel Ouali), il est l’autre atout charme masculin, danseur doué mais également chanteur, il sait faire entendre son Duc de Buckingham. Enfin, Emji, passée par la Nouvelle Star, est une Milady de Winter tous feux tous flammes.

Les québécois Dominic Champagne et René-Char Cyr (deux monstres sacrés de la mise en scène Outre Atlantique, auréolés de très nombreuses récompenses) souhaitaient donner de la modernité au roman. S’ils ont bien conservé les scènes essentielles, ils leur ont donné une couleur actuelle. Ainsi les danseurs ne sont pas dans des tenues d’époque mais évoluent en Converse, slim beige, bustier et petit gilet. Quant aux gardes du Cardinal, loin de tous les films restés en mémoire, ils ont des gilets pare-balles et une tenue rouge qui a plus à voir avec un commando du GIGN (ce qui est assez impressionnant et laisse quand même une partie du public mal à l’aise dans le contexte sécuritaire actuel).

Musicalement aussi, ce n’est pas du tout ambiance « bal à la cour ». Pop, techno et même quelques notes rappelant le célèbre « Pop Corn » de Hot Butter, le dépoussiérage a également opéré sur la partition, de quoi faire naître des applaudissements en rythme dans les travées.

Au final, ce sont deux heures trente bourrées d’inventivité, d’humour (comme cette improbable chevauchée à dos de… cheval d’arçon), de bonne humeur, de véritable proximité aussi avec le public, renforcée par une scène dont l’avancée est composée de larges marches. Les gens en ressortent joyeux et bluffés. La tournée s’achèvera début juillet à Nice mais le DVD a été tourné à l’occasion de cette escale nantaise. Avant sa sortie, une diffusion du spectacle est déjà prévue le 13 juin sur W9. Les Trois Mousquetaires ont visé le succès. Mission accomplie haut la main.

M.M.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

« Panzer Surprise » : Ultra Vomit collectionne les standards !

Ça a des allures de pyjama party à la pépère, col chemise, rayures et boutonnage, voire même robe de chambre pour certain, malgré la chaleur étouffante qui règne dans le Ferrailleur. Pour les 10 ans de la salle nantaise, les quatre énergumènes d’ Ultra Vomit avaient promis « un show spécial très spécial », ils l’ont fait! Après un récent passage par Stéréolux et un Alhambra sold out, la date pouvait avoir des allures de show case, ils ont pourtant joué le jeu à fond. Un anniversaire quelques jours après la sortie de leur nouvel album, la fête ne pouvait qu’être belle. A la hauteur de ce « Panzer Surprise » magnifiquement produit.

Pour ceux qui ne les connaissent pas encore, gaffe à ne pas tomber dans le piège : Fetus, Manard, Flockos et Matthieu Bausson sont d’incontestables rois de la vanne, prêts à migrer vers un look capillaire de premier communiant (on y croit !) pour une parodie encore plus délirante mais ce sont avant tout des musiciens top niveau. Et c’est cette incroyable alliance de riffs bien envoyés et de paroles quinzième degré qui crée l’ alchimie et met tout le monde d’accord. Neuf ans après «Objectif Thunes» qui avait véritablement entériné leur personnalité, Ultra Vomit frappe plus fort encore avec un nouvel opus où les parodies, ADN du groupe, sont encore plus abouties.

« Ce n’était pourtant pas gagné », raconte Manard, le batteur. « On était tellement heureux des retours d’ « Objectif Thunes », la tournée avait été si belle qu’ on ne voyait pas trop comment enchaîner sans risquer le « moins bien ». Les gens nous attendaient au tournant alors on a préféré se donner du temps. Les mois ont filé, je suis parti quatre ans à Montpellier, Nicolas jouait avec Andreas, et puis Rage Tour, notre tourneur, nous a dit avoir encore des demandes de dates. On en a fait une dizaine, Matthieu est arrivé à la place de notre ancien bassiste, parti rejoindre Black Bomb A et tous ces évènements nous ont redonné un coup de fouet. On a repris notre  cahier à idées, de nouvelles vannes ont fusé, des envies de les jouer « à la façon de… » ont suivi et « Panzer surprise » s’est mis sur les rails. Avec le recul, je pense que ce temps de maturation était nécessaire.»

Le producteur du précédent album pris par d’autres projets, c’est vers Fred Duquesne que les nantais se sont tournés pour enregistrer « Un pote nous a dit, « Fred, c’est le meilleur ! » Du coup, on a foncé. On savait son niveau de jeu avec des groupes comme Watcha ou Mass Hysteria, c’est un putain de guitariste. On savait aussi ce qui sortait de son studio, la puissance qu’il pouvait donner à un morceau… et on n’a pas été déçu. Fred a sa formule, cette expérience qui lui permet de savoir exactement où il va. Du coup, on a eu le son recherché. Son savoir faire était une sécurité. On a bien eu quelques débats mais c’est toujours le mieux qui l’a emporté. Et puis c’est un mec généreux. Il a vu que nos chansons pouvaient ne faire qu’une grosse minute, le degré d’exigence était identique à un titre cinq fois plus long. Alors il nous a rajouté des journées supplémentaires dans son studio et on a eu cet album qui nous rend vachement heureux. »

Il aura suffi de quelques jours pour que certains titres se fassent déjà connaitre. Comme « Calojira » (génialissime « Face à la Mer » de Calogero revisité par Gojira), « Kammthaar » (où Fetus, imitateur décidément très doué, ferait pâlir d’envie le timbre de Till Lindemann, le leader de Rammstein) ou «Evier Metal», sorte d’Iron Maiden vantant des instants purement domestiques. « Je suis le petit père metal du groupe », poursuit Manard. « Je voulais reprendre Gojira depuis le début. Même chose pour nos amis allemands mais Lindemann a un organe… euh, comment dire.. un bel organe alors il ne fallait pas se louper. Fétus imitant avec une facilité déconcertante tous ceux qu’il croise, on s’est dit qu’il pouvait le tenter. C’est tellement réussi qu’on regretterait presque de ne pas y avoir pensé plus tôt. Le clip est tourné. Sortie officielle le 31 Mai. »

«  Pour « Evier Metal », l’histoire est à épisodes. Je jouais dans un groupe de heavy avec Andreas (l’autre complice de Nicolas). Sur un pupitre, il y avait des paroles du genre « In the middle of the night ». On a déliré autour en y ajoutant des suites. On a posé ça sur notre fameux cahier. Et puis un jour, alors que nous cherchions des paroles en français, on est retombé dessus, on a traduit, balancé des idées et en une nuit, la chanson était là. La parodie aussi. Ce titre nous a bien fait marrer.»

Si l’humour est la base même de ces maîtres du metal parodique, il existe malgré tout des limites que les musiciens ne franchiront pas. Trop de bouteille pour tomber de le piège de la facilité provoquant le mauvais coup  de buzz. « On avait un morceau qui devait s’appeler « Je suis PD ». Ce n’était évidemment pas un jugement, juste l’histoire d’un type qui faisait son coming out, un morceau à la « Canards ». Mais on n’a pas voulu que ce titre focalise toutes les attentions et que les gens, les critiques notamment, y voient un truc sulfureux même s’il ne l’était pas. Alors on a préféré renoncer. Notre seule auto-censure véritable comme vous pouvez le constater en écoutant l’album. »

Impossible de citer tous les morceaux (il y en a 22) mais dans une set list toute personnelle, il serait impossible de ne pas ajouter à ceux précités « Takoyaki » couleur Baby Metal, « Un Chien Géant » en mode Tagada Jones, « Jésus » (qui devrait rester dans les mémoires du Hellfest où le groupe se produira sur la Main Stage le 17 juin prochain) ou bien encore « Super Sexe ».

Il y a dix-huit ans, lorsqu’ Ultra Vomit s’est lancé sous une identité qui signait déjà le parti pris, pas sûr que le groupe ait franchement été pris au sérieux, voué même pour certains puristes aux blagues les plus courtes. Avec ce nouvel album, les cordes de la dissonance ne se font plus entendre. Chacun s’accorde au contraire sur la technique impressionnante des nantais (les moments où ils laissent la part belle à la musique durant leurs concerts sont de beaux exercices de virtuosité) et leur réussite dans un genre peu fréquenté. La place laissée libre durant ces neuf années n’a pas été reprise. Preuve qu’il faut autre chose qu’une six cordes et des blagues carambar pour s’imposer dans le metal parodique. Le 10 octobre prochain, Ultra Vomit sera au Trianon. On ne sait pas si Calogero ou les frères Duplantier seront là. Mais les nantais, qui ne laissent rien au hasard, promettent que la fête sera belle. Avec ou sans pyjama.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– « Panzer Surprise » // Verycords : https://itunes.apple.com/fr/album/panzer-surprise et sur toutes les plateformes légales de téléchargements. –

DAVID BAN ALPAGUE SON PREMIER ALBUM

Ce week-end, son Porthos faisait escale trois jours à Nantes. Quatre représentations des « Trois Mousquetaires » dont deux concerts bourrés de technologie et de caméras pour cause d’enregistrement du DVD. La nuit avait été quasi blanche mais David Ban ne se dépare ni de son sourire, ni de sa disponibilité. Heureux de ce rôle à succès. Impatient à l’idée de voir enfin se rapprocher la sortie de son premier album. 

Evidemment, tout le monde attendait Olivier Dion, sa pointe d’accent québecquois, son corps sculpté à la faveur des portés bien élevés de « Danse avec les Stars », ou Damien Sargue, le brun ténébreux, superbe dans Roméo et Juliette comme dans les Forever Gentlemen, ou bien encore Brahim Zaibat et sa souplesse féline, ce sens de la danse qui ne rechigne devant aucune pirouette même la plus extrême… et c’est finalement lui qui sort son épée du lot. Un pour tous mais au final, cela pourrait bien être tous pour David Ban. Car le chanteur-comédien-musicien excelle dans « Les Trois Mousquetaires ». Un dixième spectacle musical qui permet enfin de le mettre en haut de l’affiche avec un rôle à la pleine démesure de ses multiples talents. Le 29 Juin, sortira son premier album. On serait presque tenté de dire… enfin !

« C’est vrai, plus de deux ans depuis la fin de ma campagne participative… Mais je fais tout moi-même et un disque, c’est une montagne de choses à réaliser. Je compose textes et musiques. Une fois  le studio trouvé et l’enregistrement bouclé, il faut penser à la couleur générale de l’album, à la pochette, au livret, à la distribution, la promotion etc… Artiste volontairement indépendant, j’ai une totale liberté artistique et je suis maître de mes choix, de mes textes, de mes musiques, mes arrangement mais également de mes visuels. On verra si les labels, les maisons de disques ou encore des tourneurs s’intéresseront, mais quoiqu’il en soit rien ne m’arrêtera. », souligne l’artiste. « Ce disque, « L’ Alpagueur », quand il sortira, je l’aurai pensé et créé de A à Z, avec tout de même le soutien musical et artistique d’une bande de potes fidèles et particulièrement doués comme Julien Lamassonne (guitare et voix), Emma Piettre (contrebasse et voix), Karoline Rose, avec laquelle je partage un duo (guitare et voix) ou bien encore mon vieux complice Nicolas Fageot (basse). Il sera multicolore, poétique, drôle, émouvant aussi parfois, sentimental mais surtout positif. Et je l’assumerai du 1er au 14ème titre.»

Des années que David Ban nourrit ce projet d’album. Des années que le public, avec lequel il a une relation très forte, de vrais échanges sans faux semblant, attend lui aussi. Devant l’hôtel où la troupe était logée, elles (car ce sont en majorité des femmes) attendant avec patience depuis au moins deux heures dans l’espoir d’une rencontre, le temps d’un selfie, d’une dédicace. David Ban n’est pas du genre à snober. Il a beau être un peu en retard sur le planning, il parle, écoute, sourit et enchaîne les clichés. Même scénario quelques secondes plus tard devant les grilles du Zénith. Une dizaine de fans campe depuis deux heures car le bus qui emporte danseurs et interprètes doit passer par là. Il descend et va à leur rencontre, pose avec le bout de chou qu’on lui met dans les bras.

« J’essaie dans la mesure du possible de prendre un maximum de temps avec les fans. Car je n’oublie pas qu’on a la chance d’être des artistes soutenus par un public qui vient et achète des places en nombre. Un sourire, une photo, une dédicace ça fait toujours plaisir. Lorsque je jouais Danton dans « 1789, les Amants de la Bastille », je sortais devant le Palais des Sports de Paris et je donnais des concerts sauvages avec les premiers titres de l’album à venir. Une manière différente de rencontrer les gens et de voir les morceaux qui accrochent, d’écouter les retours… Avec « Les Trois Mousquetaires », je ne peux pas. Le rôle est beaucoup plus dense, extrêmement physique et je n’aurais pas pu enchaîner les deux.»

Avec « Les Trois Mousquetaires », David Ban endosse effectivement un rôle de poids puisqu’il est l’un des quatre personnages principaux mais il a surtout enfin la possibilité de montrer toute l’ étendue de son talent. Véritable performer, sachant aussi bien chanter (et avec quel timbre ! une voix chaude et grave, parfaitement reconnaissable qui peut tout se permettre) que jouer la comédie ou encore jouer de la guitare en live dans le show, il a réussi à convaincre les metteurs en scène québecquois de le laisser poser sa patine sur son personnage. Porthos y a gagné en humour, en intensité de jeu. Pour le reste, il est peut être d’une courte avance l’ainé des Mousquetaires, il n’en est pas moins affuté, agile, la musculature séduisante qu’il aurait tort de laisser cachée sous la tunique. (On se demande d’ailleurs combien de temps encore il échappera au casting de « Danse avec les Stars ». Ses acolytes s’y sont tous illustrés. Il a le profil idéal. Il a aussi l’envie. TF1 si tous nous entends….)

« Après « 1789 », il y avait eu l’aventure « Flashdance » qui avait permis au public de me voir autrement. Avec Porthos, c’est encore un cran au dessus. J’avais peur avant de m’engager que ces quatre mecs fassent un peu boys band… Mais on est loin de tout ça et je suis hyper heureux des commentaires que m’envoient tous ceux qui me découvrent. Pour autant, c’est ma dixième comédie musicale après des spectacles aussi importants pour moi que « Sol en Cirque », « Grease », « Hair », « Avenue Q » et bien sûr mon Danton de « 1789 ». Difficile de trouver plus fort désormais que ce rôle de Porthos et cette aventure entamée voilà deux ans. On verra de quoi sera fait l’avenir mais j’avoue ne pas avoir l’envie d’enchainer une 11ème comédie musicale pour me concentrer d’avantage sur ma musique et mon travail de comédien. »

Au terme de la tournée (le 1er juillet à Nice), David Ban remisera donc son épée et aura quartier libre pour assurer la promotion de « L’Alpagueur » tout juste né. Plus qu’une release party, le concert du 29 juin au Zèbre de Belleville (Paris) dont il est producteur sera une vraie fête. Avec les copains, forcément (Nicolas Fageot, Julien Lamassonne, Emma Piettre, notamment ) mais aussi plein de surprises. Artiste prolixe, jamais à court d’imagination, David Ban s’enthousiasme en pensant aux opportunités offertes par ce lieu à l’ambiance un peu circacienne. Presque toutes les places ont déjà été vendues alors que presque six semaines séparent encore de ce rendez-vous. De quoi le rassurer et lui donner envie de voir naître une tournée. En solo. Rien que pour lui et forcément avec une autre souplesse que ces grosses productions auxquelles il est rodé. « J’ai envie de voir les gens quand je joue, de croiser des regards. J’aime ces petites salles qui existent un peu partout en France et qui permettent une autre écoute. C’est encore à construire mais c’est une envie très forte qui j’espère verra vite le jour. »

C’est effectivement dans des salles plus intimistes que les textes de « L’ Alpagueur » prendront toute leur dimension. Car les fidèles qui connaissent son personnage de clown au coeur tendre savent aussi qu’il est riche de plein d’autres facettes. « Différemment différent » est un pur bijou de sensibilité. « S’aimer », « Je n’oublierai jamais », « Hors saison », « Viens ma belle » que David Ban offre en écoute dans la confidentialité d’une loge du Zénith à quelques minutes d’entrée en scène résonnent longtemps après. La musique accroche, les paroles frappent, la production est ultra bien léchée… On s’enflamme sur le titre qui serait le premier extrait car il y a du tube en puissance et on se dit chanceux d’avoir le privilège de cette avant première. « J’ai attendu longtemps donc je ne suis plus à quelques semaines près mais avoir le disque en mains sera l’ aboutissement d’un long parcours. Je n’aurai alors plus qu’une envie: le partager et voir l’accueil que lui réserve le public. »

Début de réponse le 29 juin. Ce soir là, « L’ Alpagueur » sera livré sur les fonts musicaux, en intégralité, surprises et inédits en prime. Et David Ban sera sans doute assez ému. Comédien peut être (une activité qui l’occupe déjà beaucoup mais qu’il se verrait bien poursuivre sur une scène de théâtre et au cinéma, lui l’habitué des productions pour la télé) mais certainement pas tricheur, ce soir là, il sera en équilibre sur le fil des émotions, sans filet mais avec ses musiques, ses mots et ses potes pour balanciers. On parie que la salle sera trop petite ?

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Crédit photo Live Alpagueur // André D. 

– Au «  Zèbre » de Belleville, Paris, le 29 Juin 2017. Réservations: www.billetweb.fr/david-ban-lalpagueur –  

– http://www.davidban.com –