TERRES DU SON: Une 13ème édition entre metal et electro

Le 13ème festival Terres du Son se jouera les 7, 8 et 9 juillet prochains au domaine de Candé à Monts (37). Imany, Camille, Birdy Nam Nam ou bien encore Gojira… l’affiche joue comme toujours la diversité. La manifestation organisée au coeur de la Touraine n’a jamais eu peur de rivaliser avec les plus grands et ça lui va bien.

On a parfois tendance à l’oublier mais à l’origine, Terres du Son a été créé par une bande de copains souhaitant organiser un évènement musical éclectique, différent et surtout de qualité, avec un souci environnemental (on ne disait pas alors « eco-responsable ») majeur. Pour ouvrir le bal, au Parc des Expositions de Tours, Jimmy Cliff, Hocus Pocus, Marcel et son Orchestre, Yuri Buenaventura ou bien encore No One is Innocent… la programmation affichait déjà son ADN : offrir une variété d’artistes, ne laisser aucun public indifférent. Une recette à succès puisque le taux de fréquentation n’a jamais cessé de croitre, plus encore depuis 2008, année qui a vu la migration de « Terres du Son » vers le parc du Domaine de Candé à Monts, quelques kilomètres plus loin.

En 2010, Pete Doherty, Olivia Ruiz, Izia mais aussi Féfé, Ben l’Oncle Soul ou Danakil, ce sont plus de 25.000 festivaliers qui se sont retrouvés, faisant du festival l’une des principales manifestations de la région. Les stars internationales côtoyaient des groupes locaux plein de promesses durant trois jours dans un cadre magnifique. La renommée de Terres de Son a très vite dépassé le seul cadre de la Touraine. Quatre ans plus tard, M, Woodkid, Jogn Butler Trio, Gaëtan Roussel ou bien encore Ayo, Vitalic ou Détroit.. les compteurs explosaient et affichaient une fréquentions record de 40.000 personnes.

Les tarifs ne sont sans doute pas pour rien dans ce succès constant. Pas d’envolée folle ici mais un pass trois jours à 65 euros (72 euros après le 31 Mars) et des pass journaliers entre 29 euros (tarif réduit) et 33 euros (tarif plein). Moins cher que la bonne partie des concerts actuels. Des aides également ont été mises en place en direction des plus démunis avec des actions sociales et solidaires revendiquées comme prioritaires. Et puis la mise en place très rapide du co-voiturage qui permet de réduire l’impact carbone du festival et de fluidifier l’accès au site… La politique originelle de Terres du Son n’a jamais failli.

Gojira.

Camille.

Imany.

L’affiche 2017 reste elle aussi fidèle aux ambitions du début : des groupes phares et des artistes moins connus, un juste dosage musique, environnement, jeune public et gastronomie (avec une belle mise en lumière des productions locales).

Impossible de citer tous ceux qui se produiront sur scène, tant l’ édition est chargée mais on peut parier que les têtes d’affiche sauront déplacer la grande foule! Pour lancer ces trois jours, Kate Tempest (la britannique ne cesse d’impressionner par son éloquence à travers de longs et superbes slams)  Protoje and the Indiggnation, Naïve New Beaters (mix réussi du rap, du rock et de l’ électro) se succéderont sur scène.

Très grosse journée samedi avec, excusez du peu, Bachar Mar-Khalifé (chanteur, compositeur, multi instrumentiste franco-libanais dont chaque album prouve la créativité et la densité émotionnelle), Birdy Nam Nam, Camille (la jeune femme vient de sortir son 5ème album et a réussi à se débarrasser de l’étiquette « nouvelle chanson française » qui ne signifiait plus grand chose. Auteur-compositeur-interprète, sans avoir rien perdu de sa fougue, Camille multiplie les morceaux jubilatoires et la scène est devenue son lieu de pleine expression : chant, danse, morceaux a capella, elle guide avec ferveur dans un univers qui n’a pas son pareil) et Gojira. L’incontestable fer de lance du metal français est le seul groupe hexagonal à faire aux Etats-Unis des tournées sur son seul nom. « Magma », son dernier album en date a été nommé dans la catégorie « meilleur album de l’année » aux derniers Grammy Awards. Les concerts se jouent à guichets fermés et les prestations en France sont assez peu nombreuses pour ne pas rater l’opportunité de voir Gojira en concert. Scénographie exceptionnelle, musicalement parfait, c’est du très très haut niveau.

Dimanche enfin, ce seront (notamment) la superbe Imany, Petit Biscuit et Mome dont le morceau «Aloha» a été l’un des tubes de l’an dernier. Ce nouveau nom de l’électro français est un multi instrumentiste surdoué dont les shows sont toujours de grands moments.

Trois jours qui aboliront tous les murs entre les sons. Si la météo décide de son petit coup de pouce, le record de fréquentation pourrait bien être battu à l’issue de cette 13ème édition.

M.M.

– Tous les renseignements sur le site officiel : terresduson.com –

FETE DU BRUIT DE LANDERNEAU: Le festival breton qui joue dans la cour des très grands

Le benjamin des festivals bretons n’aura jamais si bien justifié son nom que cette année, si l’on en juge par l’affiche de l’édition 2016 où la fête sera déclinée en mode majeur avec en prime, excusez du peu, une journée de fête supplémentaire : Iggy Pop, Indochine pour l’un de ses très rares concerts de l’été… Une programmation exigeante dans un cadre insolite, une vingtaine d’artistes en trois jours : les clés probables du succès de ce rendez-vous attendu chaque deuxième week-end d’août en terres finistériennes.

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Vendredi 12, c’est à Bantam Lyons que reviendra l’honneur d’ouvrir les hostilités. Les régionaux de l’étape distillent une pop mélancolique mais bien électrique à laquelle il est difficile de résister. Patrice, déjà présent en 2011 et 2013, revient cette année encore pour un nouveau live tiré de «The Rising of the sun», son dernier album. Généreux, solaire, l’artiste est devenu le chouchou des festivaliers totalement séduits par sa « sweggae music ». Place ensuite à Garbage. Pour célébrer les vingt ans du groupe, les musiciens ont entamé une grande tournée à travers l’ Europe et les Etats Unis, la « Vingt years Queen Tour ». Il y aura bien évidemment les incontournables comme « Only happy when it rains » ou « Stupid girl » mais Garbage devrait également révéler quelques extraits du sixième album à venir. Un joli cadeau.

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Indochine.

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Mass Hysteria.

Mais il ne faut pas se mentir, c’est bien vers la bande de Nicola Sirkis que tous les yeux se tourneront ce soir là. Indochine, qui doit sortir un album l’an prochain, ne prévoyait pas de concerts cette année. Et puis les dramatiques évènements de l’hiver les ont convaincu de revenir plus tôt sur scène. Pour une mini tournée de sept concerts dont cinq en France. Cette escale à Landerneau sera donc la seule dans l’Ouest, une vraie reconnaissance pour le festival qui justifie pleinement l’ajout d’une journée supplémentaire. Icône depuis plus de trente cinq ans, premier artiste français à remplir Bercy en 2003, une bonne vingtaine de disques de platine… leurs détracteurs auront beau dire, ces gars là restent inoxydables et leur public ne cesse de grossir.

Enfin, à 0h55, Mass Hysteria, pour qui 2016 est décidément l’année de tous les festivals et de tous les succès, fermera le ban avec ses partitions intransigeantes, ses textes punchy et ce sens du partage qui n’appartient qu’à ces cinq là, fers de lance du métal en France depuis plus de vingt ans. Brestois, Mouss, le chanteur, aura encore plus à coeur de reprendre des refrains qui ont mis tout le monde d’accord depuis la sortie de « Matière Noire », dernier opus en date, à l’automne dernier. Son « Faites du bruit ! » en préambule de « L’enfer des Dieux » sera ici parfaitement raccord.

Samedi 13, les festivaliers qui n’ont pas la chance de l’avoir déjà vu sur scène pourront découvrir Rotor Jambreks. A la fois chanteur, multi-instrumentiste, auteur d’un spectacle pédagogique sur l’histoire du rock passé par Landerneau en 2010, l’artiste présentera sa toute nouvelle création.

Les joyeux drilles de Salut, c’est cool prendront ensuite le relais. Totalement barrés mais ultra professionnels, joyeusement inclassables, ces quatre là servent un techno survoltée dont internet s’est très vite emparée avant le que le buzz ne propulse leurs talents sur scène. C’est vraiment à ne pas manquer.

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Casseurs Flowters.

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The Cranberries.

Casseurs Flowters s’emparera ensuite des Jardins de l’esplanade. Duo constitué des rappeurs Orelsan et Gringe, les Casseurs Flowters ne cessent de casser les codes de la planète hip hop avec leur rap décomplexé et on ne compte plus désormais le nombre de leurs fans prêts à parcourir les routes pour venir les applaudir. La recette est efficace, le show ultra énergique… ça va décoiffer!

Place ensuite à Damian Marley. Oui, il s’agit bien du fils de Bob ! Mais il ne doit pas sa réputation à la seule célébrité de son père. Damian Marley est un musicien reconnu également producteur recherché. Forcément, c’est du reggae et depuis 2005 et le fameux album « Welcome to Jamrock », on sait que ce reggae là a des couleurs bluffantes.

The Cranberries seront eux aussi de la fête. Connus mondialement grâce à « Zombie », tube qui les a définitivement posés au firmament de la pop, les irlandais ont longtemps chantés les heures sombres d’un quotidien ancré dans la guerre de religion. Après une brève séparation dans les années 2000, le groupe est revenu plus fort et surtout avec des refrains plus lumineux. Les trente huit millions d’albums vendus imposent le respect. Onze ans après « Wake up and smell the coffee », le groupe a repris la route des studios pour livrer « Rose », leur dernier album en date. Sur scène, c’est juste un pur moment de grâce.

Deluxe.

Rose-Mary And The Ride.

Mais la journée ne s’arrêtera pas là : Deluxe, ses costumes improbables, son univers déjanté et ses chorégraphies uniques, Birdy Nam Nam, qui a depuis de nombreuses années maintenant si convaincre avec un hip hop assez classieux et Pfel and greem (échappés du collectif nantais C2C), deux Dj qui raflent tous les prix (sacrés quatre fois champions du monde Dico Mix Club entre 2003 et 2006, quatre trophées aux Victoires de la musique 2013) et dont la talent dans le domaine de la musique hip hop et pass electro n’ est plus à prouver, enchaineront sans répit.

Grosse affiche encore dimanche avec pas moins de huit noms pour réjouir les festivaliers.

Rose-Mary and the Ride ce sont Pauline et Vinz, respectivement chanteuse et guitariste de « Rose Mary and the Ride », vingt ans tous les deux, ont été rejoints par des potes musiciens et livrent un nouveau projet, mêlant funk, soul, pop, rock. C’est superbement ficelé et on a du mal à imaginer que derrière ces compositions se cachent un duo aussi jeune.

Synthèse électrique de ses passions lettrées pour l’alter punk, la new wave ou le shoegaze, Von Pariahs (qui refermera le festival avec un set à 2 heures du matin) transcende les genres en les incarnant sur scène sans distance ni clin d’oeil. Un premier degré et une façon de faire qui signent un engagement rare dans un répertoire abrasif et soigné.

Le guitariste Martin Luter BB King, le DJ Eurobelix et le chanteur David Boring continuent sur leur rythme effréné (même s’ils ont changé beaucoup de choses dans leur façon de produire). Grosse implacable, mix joyeusement rugueux, délires techno-disco-fusion, Naïve New Beaters ne s’apprécie jamais aussi bien que sur scène.

No One Is Innocent.

Die Antwoord.

Faut-il encore présenter No One is Innocent? Le groupe français emmené par Kemar n’a jamais failli depuis son premier single, « La Peau », en 1994 et vient de sortir un sixième album unanimement salué. « Propaganda » multiplie les textes acérés et les riffs qui dépotent. La réputation scénique du groupe est largement méritée. Avec des musiciens de grande pointure (dont Shanka à l’une des guitares), c’est l’un des concerts de l’édition à ne surtout pas manquer.

Changement radical d’ambiance avec Dub Inc., sans doute le plus emblématique groupe de reggae français. Dix ans que la joyeuse bande posent sur des textes sincères des rythmes aux mélodies inimitables. Le groupe, porté par Bouchkour et Komlan, chante aussi bien en français qu’en anglais ou en kabyle, une bel hommage au métissage.

Formé en 1994, déformé puis reformé surtout en 2009, Skunk Anansie, plus de cinq millions de disques vendus au compteur, a été l’un des groupes rock les plus populaires en Grande Bretagne mais aussi en Europe, dans les années 90. Skunk Anansie revient fort avec un sixième album studio sorti au début de l’année, mixé par Jeremy Wheatley (Mikka, The Vaccines, Moby…). La tournée est un succès. On comprend pourquoi.

La journée multipliant les univers, place sera également faite pour Die Antwoord. Chacune des apparitions du groupe offre des visuels uniques mais il ne faut pas se laisser duper par les apparences parodiques de ces vidéos, Die Antwoord étant bien plus qu’une simple formation au hip hop incomparable avec ce mélange d’argot sud africain et ces références gangstas. Si tous les festivals leur font les yeux doux, ce n’est pas le fait du hasard.

Iggy Pop.

Enfin, en passage unique en Bretagne, Iggy Pop fera escale à Landerneau. Quarante ans que «L’Iguane» est une icône incontournable, une légende vivante. Son dernier album, « Post Pop Depression », qui a vu la collaboration de Josh Homme, le leader de Queens of the Stone Age, Matt Helders, le batteur d’Artic Monkeys, entre autres, prouve qu’Iggy Pop en a encore sous le pied et que les plus jeunes n’ont pas encore eu sa peau.

Lorsque le festival a fait résonner ses premières notes, le 15 août 2009 (avec Tryo, Anaïs, Lavilliers notamment), ils étaient 11.000 à avoir répondu présents. L’année suivante, portée par ce bilan positif, la manifestation s’est étalée sur une journée supplémentaire en accueillant Status Quo, Placebo, entre autres. Vingt cinq mille festivaliers partageaient avec enthousiasme. Combien seront-ils pour cette huitième édition forte de ce jour de plus, qui élargit encore la palette des concerts? On peut parier sur plus de trente mille. A Landerneau, il semble que tous les rêves soient possibles. Big up pour ces organisateurs qui ne sont pas les plus médiatisés mais entreprennent avec succès et une modestie assez rare.

M.M.

– http://festival-fetedubruit.com –

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