13ème édition du Main Square Festival: Radiohead, System Of A Down, Jain… Le festival d’Arras affiche sa diversité

Radiohead revient dans la Citadelle le 2 juillet prochain, à l’occasion de la 13ème édition du Main Square, la seule date française inscrite au calendrier des britanniques. Une fois encore, le festival arrageois créera l’évènement en s’imposant escale incontournable des plus grosses tournées. Jain, Kungs, System of a Down, La Femme… les organisateurs ont ciblé large. Les derniers noms seront révélés prochainement.

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Radiohead était déjà venu en 2008 pour un show resté en mémoire. Neuf ans plus tard, les anglais seront de retour au Main Square pour leur seule et unique date en France. C’est dire si en ce dimanche 2 Juillet, dernier jour du Festival, l’ambiance sera au rendez-vous. Tous les fans du groupe mythique aux plus de trente millions d’albums vendus dans le monde ont déjà coché la date sur leurs agendas. Incontournable! En décrochant cette exclusivité, Live Nation, organisateur de la manifestation, a réussi un joli coup et s’impose une fois de plus comme une étape obligée sur le calendrier des plus grosses tournées.

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Radiohead.

Ce dernier jour de Main Square verra aussi la présence sur scène des rockeurs américains de Highly Suspect, de Mark Lanegan (dont le timbre rauque si reconnaissable a fait les belles heures de Queen of The Stone Age entre 2001 et 2005 mais l’américain a également été membre de The Jury, Screeming Trees et de The Gutter Twins), Seasick Steve, une vraie légende dans l’univers du blues américain qui, à plus de 75 ans, démontre avec une belle évidence qu’il n’est pas près de décrocher, La Femme, le groupe de rock français qui ne laisse pas indifférent et Savages, le groupe britannique qualifié de post-punk.

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System of a Down.

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Simon Neil // Biffy Clyro.

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Don Broco.

Autre présence très attendue, celle de System of a Down. Les Californiens joueront au Download France (autre émanation 100% Live Nation) le 10 Juin et seront tête d’affiche du festival arrageois le 30 juin. Une journée très nettement orientée rock car c’est aussi ce jour là que le public retrouvera Biffy Clyro, le groupe écossais porté par le charismatique Simon Neil, Vitalic et son électro en constante évolution depuis déjà quinze ans, Machine Gun Kelly, Above et Beyond, les excellents Frank Carter et the Rattlesnakes ou bien encore Don Broco, autre groupe de rock britannique au succès jamais démenti depuis près de dix ans, sans oublier les français de The Inspector Cluzo

Le samedi 1er Juillet, même si elle n’est pas encore en haut de l’affiche, nul doute que Jain attirera tous les regards. La grande gagnante des dernières Victoires de la Musique (sacrée artiste féminine de l’année), qui n’en finit plus de tourner avec son premier album certifié double disque de platine depuis l’automne dernier et de croiser le succès devant des publics bluffés, imposera facilement son enthousiasme et ses chansons patinées sous la houlette de Yodelice.

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Jain.

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Kungs.

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Major Lazer.

Aux cotés de la jeune femme en ce deuxième jour de festival, Xavier Rudd, l’inclassable australien multi-instrumentiste, qui surfe entre musique traditionnelle, reggae, folk et blues, les français de Dirtyphonics (electro), Kungs, le jeune DJ prodige, salué par la Victoire 2017 de l’album de musique electro ou dance,  Kaleo, groupe islandais de folk rock qui amasse tous les succès depuis cinq ans, Die Antwoord, le groupe phénomène sud africain et Major Lazer, le groupe américain composé de Diplo et Jillionnaire, DJ et producteurs, et de Washy Fire, rappeur ,histoire de boucler en beauté.

Balayant tous les genres musicaux actuels et faisant une fois encore le pari de l’écclectisme, le Main Square devrait cette année encore faire Citadelle comble. Des pass trois jours restent disponibles (129 euros en exclusivité sur mainsquarefestival.fr) mais la journée du 2 juillet, dopée par l’évènement Radiohead, est déjà sold out. Il reste quelques pass journaliers (54 euros) pour les 30 juin et 1er Juillet. Avis aux retardataires car l’ annonce prochaine des derniers artistes programmés risque de les faire partir très vite.

M.M.

– Les 30 Juin, 1er et 2 Juillet 2017. Tous les renseignements sur mainsquarefestival.fr.-

Mixage gagnant pour le Main Square Festival 2016!

« Plus que jamais, tous au concert! », telle était la devise du Main Square 2016. Dans une Citadelle parée de nouveaux aménagements (deux hectares supplémentaires grâce à des terrasses aménagées au dessus des célèbres remparts), avec une affiche qui mixait tous les genres musicaux, Live Nation, grand ordonnateur du désormais incontournable rendez-vous arrageois, a une fois encore fait carton plein. La sécurité était renforcée, contexte oblige, mais discrète. Le plaisir des festivaliers, lui, était manifeste. Petit retour subjectif (mais assumé!) sur cette très belle édition.

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Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Après les chaleurs caniculaires de l’an dernier, le Main Square s’est ouvert sous des torrents de pluies intermittentes mais sans appel. Des conditions météos qui n’ ont cependant pas réussi à jouer les trouble fêtes ni fait renoncer les festivaliers, prêts à braver les flaques et sauter dans la boue avec un enthousiasme no limit. Après un début d’après-midi marqué par la jolie prestation de Jake Bugg (le londonien révélé par le Festival de Glastonbury, vient de sortir un troisième album prouvant  une fois de plus un  talent de songwriter qui le classe légitimement parmi les plus doués de sa génération), Ellie Goulding a donné au Festival d’Arras un ton supplémentaire.

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Jake Bugg // Main Stage.

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Ellie Goulding // Main Stage.

La superbe anglaise, élégante dans une tenue noire très rock chic, est désormais une star internationale de la pop et le prouve avec une aisance scénique qui tient de la force tranquille. La blondisse arpente la Main Stage à l’aise dans ses docks. A priori logique quand on a vendu pas moins de six millions d’albums et quelques vingt et un millions de singles à travers le monde en moins de six ans. Pour autant, Ellie Goulding a réellement gagné en densité et celle qui fut invitée à chanter au mariage de William et Kate d’ Angleterre, dont la bande de potes n’est que dernières célébrités des charts, assure avec des concerts de plus en plus spectaculaires : projections, jeux de lights, choristes, rien ne manque et contribue à l’élégance du moment. Seul bémol, le dialogue est réduit au minimum, quelques « thank you » prononcés à la hâte et souvent sans même regarder le public, d’autant plus étonnant de la part d’une artiste souriante, qui avait devant elle un parterre de fans de la première heure. Pour ce qui est de la set list en revanche, les festivaliers n’ont pas été déçus. La belle blonde a fait la part belle aux titres de « Delirium », son dernier album en date. C’est d’ailleurs avec « Don’t panic » qu’elle a fait son entrée. «Outside» et « Burn », les titres griffés par Calvin Harris figurent eux aussi en bonne place  et puis bien sûr, immanquables, « Anything could happen », « I need your love » que la foule a repris d’une même voix et la très attendue « Love me like you do » en guise de clôture. A ce moment là devant la Main Stage, le public se moquait bien des conditions météo et les capes de pluie n’empêchaient personne de danser.

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Yelawolf // Green Room.

Yelawolf a enchaîné avec un set à hauteur du personnage : une gestuelle d’une poésie sans équivoque, des propos tout aussi incandescents mais le rappeur over tatoué ne peut se résumer à ses excès. Si son parcours a été déterminant (naître en Alabama d’une mère encore adolescente, devenir aventurier, musicien vagabond et même parfois SDF ne peuvent que laisser des traces), Yelawolf doit à son seul talent de s’être fait reconnaître par Eminem qui l’a très vite signé chez Saady Records, son propre label. La jeunesse qui se morfond, la pauvreté bien cachée à l’abri des regards argentés, le « Loup blanc » d’Alabama et son rap unique sur fond de guitares acoustiques n’ont eu aucune mal à transporter un public déjà largement convaincu.

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Jeanne Added // Green Room.

Toujours sur la Green Room mais en totale rupture de ton, Jeanne Added et son rock sombre, lyrique mais largement servi par l’électro ont prouvé que le hasard n’avait pas grand chose à jouer dans le succès actuel de ce petit bout de femme à la courte crinière peroxydée. Formée très jeune au violoncelle et au chant classique, entre Reims et Londres, désormais armée d’une basse totalement maîtrisée, la jeune femme sillonne avec superbe les chemins d’un rock teinté de pop, porteur d’une énergie impressionnante qui semble célébrer son affranchissement. Les morceaux sont puissants, la maturité bluffante. Depuis deux ans, Jeanne Added n’ en finit plus d’enchaîner les scènes. C’est assurément l’une des plus belles révélations de ces dernières années.

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Iggy Pop // Main Stage.

Avant de laisser Disclosure, le duo pop composé des frères Lawrence (un premier album en 2013 certifié disque de platine et une aventure qui empreinte le même chemin pour le deuxième opus sorti à la fin de l’année dernière) boucler la journée, c’est vers l’iconique Iggy Pop que tous les festivaliers se sont tournés. Légende parmi les légendes, faisant presque figure de dinosaure, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes pour un «Iguane», le presque septuagénaire a livré un show démentiel après un démarrage éclatant sur les accords de « No Fun », l’un des premiers succès des Stooges, son ancien groupe. S’enchainent alors ses plus gros tubes, de « Passenger » à « Lust for Life ». Son célèbre torse nu se contorsionne, multiplie les pauses les plus improbables, plus rien ne saurait arrêter Iggy Pop. Pas même les barrières qu’il approche au plus près pour être en prise encore plus directe avec des fans qui n’en espéraient pas tant. Une heure trente d’un set énorme avec quelques extraits de son dernier album pour finir en douceur et en beauté. Le parrain de Detroit en a encore sous le pied!

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Mass Hysteria // Main Stage.

Deuxième groupe programmé le samedi sur la Main Stage, Mass Hysteria a été sans conteste l’un des temps forts de ce Main Square (voir live report). Sous un soleil retrouvé, le groupe a imposé avec une force tranquille impressionnante son metal aux messages hautement porteurs. La Cour de la Citadelle n’est pas celle du Download mais le public a repris d’une même voix « Vae Soli » ou «Chiens de la Casse», tenté (avec succès) un wall of death spectaculaire et fait résonner plus fort encore la rage de « L’Enfer des Dieux ». Plus de vingt ans que la formation parisienne est fer de lance du metal en France. « Matière Noire », leur dernier opus en date, sorti à l’automne dernier, est celui de tous les superlatifs. La tournée est aussi longue que triomphale. Mouss, il va falloir assurer pour écrire après ces succès là!

Juste avant sur la Green Room, Bear’s Den avait surpris les festivaliers avec son style très personnel, ses mélodies doucement entêtantes, ses émotions à peine dissimulées. Le trio londonien, qui a choisi de remplacer la basse par un banjo, a su inventé un autre son, acoustique et boisé, de quoi mettre en relief des textes qui ne sont pas sans rappelés ceux d’Ernest Hemingway. Les musiciens ne sont pas des familiers des festivals, notamment en dehors du Royaume Uni, ils ne boudaient donc pas leur plaisir. De quoi donner envie de les revoir très vite en configuration plus intime, dans une salle plus petite donc mais avec une set list plus longue.

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Macklemore & Ryan Lewis // Main Stage.

Ils n’ont visiblement rien perdu de leur énergie. Quand The Offspring, l’un des leaders de la scène punk-rock des années quatre-vingt-dix, aux côtés des Nirvana, Red Hot Chili Peppers, a pris d’assaut la Citadelle, les festivaliers ont tout de suite compris que le moment serait fort. Le toujours mi-black mi-peroxydé « Noodles », guitariste du groupe, subit peut être le poids des ans, il n’en reste pas moins cet interprète virtuose que personne ne saurait contester. Quant à Dexter Holland, il est toujours aussi charismatique. Le set enchaîne les succès. « You’re gonna go far kid », « Comme out and play », « Why don’t you get a job »… ils n’en manquaient aucun. De quoi faire verser des petites larmes d’émotion joyeuse aux trentenaires qui assuraient l’essentiel des premiers rangs au pied de la scène. Les californiens ont joué sans temps mort. La journée était décidément très belle.

Pour la douceur (et la jeunesse), c’est vers la Green Room qu’il fallait se tourner. Marina Kaye (révélée par « La France a un incroyable talent ») a pris le recul nécessaire après sa soudaine médiatisation et c’est avec une belle sagesse doublée d’une vraie maturité qu’elle défend son premier album. Incroyablement à l’aise sur scène, entourée de musiciens de talent, la jeune femme a une voix unique et sait imposer son univers à des fans qui se comptent désormais par milliers.

Enfin, attendus parce que toujours aussi spectaculaires et complices quand ils partagent la scène, Macklemore et Ryan Lewis ont électrisé la Main Stage avant que Birdy Nam Nam ne vienne conclure la journée. Les deux compères américains étaient très attendus et certains avaient même fait le chemin de très loin pour les entendre à l’occasion de cette unique escale française. Le rappeur de Seattle et le DJ également producteur ne les ont pas déçus. Jaillissant sur scène les bras levés, Ryan Lewis a fait entendre ses premières notes juste au moment où Macklemore le rejoignait tel un zébulon farceur, souriant et déversant ses mots avec un rythme qui n’appartient qu’ à lui. Dévalant l’avancée qui a été greffée à la scène, le rappeur ne cache pas sa joie et avec un sens du « savoir plaire » bien showman, il affirme même que « la France est son pays préféré », propos qui évidemment déclenchent l’enthousiasme que l’on devine. Alors que les tubes se succèdent, on comprend mieux comment ces deux là ont pu glaner quatre Grammy Awards, vendre des millions d’albums et se produire depuis dans les plus grands festivals internationaux.

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Band of Horses // Main Stage.

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Editors // Main Stage.

La nuit fut courte à l’évidence pour plusieurs centaines de festivaliers qui, aux aurores, « campaient » devant les barrières de la Citadelle pour décrocher le premier rang du fameux concert du soir, la venue des Insus. Des quintaux fringants, des trentenaires rieurs, des ados aussi fans que leurs aînés et connaissant leur Téléphone par coeur, ceux là cachaient leur impatience mais laissaient percer leur fébrilité quant à la quête du fameux Graal. Beaucoup se réjouissaient aussi dé découvrir un festival qu’ils n’avaient pas encore eu l’occasion de fréquenter et observaient, à juste titre, que pour le prix d’un pass 1 jour (49 euros), ils assisteraient au concert de leurs artistes pour moins cher que le coût d’une place de leur concert. Avec, festival oblige, l’opportunité d’entendre onze autres artistes. Ou… cinq, pour tous ceux qui ne se risqueraient pas à abandonner les abords immédiats de la Main Stage.

Emmené par Ben Bridwell, son leader historique, Band of Horses, le groupe de Seattle sillonne actuellement les scènes pour promouvoir son sixième album, le très réussi « Why are you ok ? ». Repéré par Sub Pop, le label de Nirvana, les américains ont connu un succès hors du commun avec « The Funeral » en 2006 et décroché plusieurs nominations aux Grammy Awards avec son troisième opus. Par une succession de hasards heureux permettant aux musiciens de prendre davantage leur temps, plusieurs de leurs titres ont été repris dans les bandes annonces de grosses séries au succès international et permis d’illustrer des reportages sur des sports extrêmes. Une chance qui fait sourire Ben Bridwell, père de quatre enfants, qui dit vivre avec une guitare dans une main et un babyphone dans l’autre. A Arras, pas d’angoisses familiales mais un vrai beau moment aux couleurs de l’Amérique éternelle.

Héritiers flamboyants du rock sombre d’ Echo and the Bunnymen et Joy Division, les membres d’Editors doivent beaucoup à Franz Ferdinand, qui les avait choisi comme première partie de l’une de ses tournées. Le temps a passé et le groupe a poursuivi son chemin, sortant à l’automne 2015 un cinquième album toujours aussi exigeant. Leur musique se moque des modes, ignore les bien pensants qui voudraient imposer d’autres accords. Ca sonne un peu années quatre-vingts. C’est aussi généreux que minimaliste, souvent grandioses mais aussi décalés. Une chose est certaine : devant un public qui ne cachaient plus pancartes ou tee shirt du groupe qui les suivraient, le succès a été massif et le plaisir largement partagé.

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Years & Years // Green Room.

Enfin, avant les vedettes de la journée, impossible de manquer Years and Years. Né en 2010 dans les confins londoniens, le trio anglo-australien livre une électropop magnifiquement produite. Deux de leurs titres se sont retrouvés en tête des charts anglais et le public fait les yeux doux à leur chanteur, Olly Alexander, qui s’accorde de temps à autre des parenthèses cinéma. Sur scène, c’est brillant et joyeux, avec une mise en scène très carrée. Les lumières jouent avec la géométrie et occupent tout l’espace tandis que le leader parcourt l’espace avec une aisance déconcertante. Du grand professionnalisme. Après une carrière que l’on peut encore considérer comme courte, respect!

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Les Insus // Main Stage.

C’est à 22 heures sonnantes, que les Insus ont fait leur entrée dans la Citadelle. Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac, Richard Kolinka et Alexander Angelov qui remplace Corinne Marienneau à la basse donnent tout d’emblée. « Crache ton venin » puis « Hygiaphone » ouvrent le bal, repris par plus de 30.000 spectateurs qui chantent à tue tête.

Rassuré par le score de l’équipe de France (qui mène alors 4 à 0 contre l’Islande en demi finale de l’Euro), Louis Bertignac est tout sourire et la connivence avec ses acolytes ne fait pas semblant. On sent dans les regards, les mots échangés, les commentaires élogieux autant que les boutades, combien l’amitié entre Aubert et Bertignac est indestructible. Combien aucun autre que Kolinka ne pourrait s’assoir derrière ces futs. « Il y a toujours 4-0 ? Prévenez nous s’il y a danger ! » demande le chanteur avant de reprendre tout le répertoire de Téléphone, « La bombe humaine », « Argent, trop cher », « New York avec toi »… autant de titres repris depuis trente ans à la moindre occasion mais que le groupe, qui s’était séparé après moins de dix ans d’existence, n’avait plus eu l’occasion de rejouer. « Ca (c’est vraiment toi) » conclura les deux heures d’un set hyper précis, enthousiaste et porteur d’un plaisir évident.

Les années passent mais le trio a conservé son allure juvénile en dépit de quelques cheveux blancs (et de la présence sur scène d’une cigarette électronique assez peu rock’n’roll). Evidemment, le nouveau bassiste n’est pas franchement mis en avant mais il n’était pas non plus figure historique du groupe et cela ne l’empêche pas de jouer avec un plaisir affiché. Les chansons sont toutes anciennes mais le public ne réclamait rien d’autre. Certains pourront toujours y voir une réunion l’espace de quelques dates financièrement juteuses. Ce dimanche soir à Arras, loin de toutes ces considérations, le public est reparti simplement heureux d’avoir eu le bonheur de revivre des pans de sa jeunesse et pu reprendre en choeur, sans plus penser à rien d’autres, des airs qui ne l’ avaient jamais quittés. « Plus que jamais, tous aux concerts! » Mission réussie. La musique passera encore par Arras l’année prochaine.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– NB : travailler durant les festivals est de plus en plus compliqué entre les interviews qui s’annulent ou se décalent sans raison, les artistes qui refusent de rencontrer les medias, ceux qui n’accréditent aucun photographe puis finalement davantage puis finalement quelques autres, les managements qui exigent de valider les photos avant publications, les contrats à signer pour garantir des droits de diffusion improbables… Dans ces parcours à obstacles, le Main Square fait partie de ces manifestations où règne encore une ambiance hautement conviviale et joyeuse et c’est en grande partie à l’ équipe chargée des relations avec la presse que cela se doit. Myriam Astruc ne se contente pas d’être un pilier au professionnalisme indiscutable, elle veille sans compter pour faciliter la tâche de chacun. Aucune demande de dernière minute ne la rebute. Aucun problème qu’elle ne s’efforce de résoudre. Alors un grand merci à elle, à la douce Virginie Baptista qui cette année encore travaillait à ses côtés et à Jovana Damjanovic qui a rejoint l’équipe avec succès. –

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Le Main Square Festival a eu raison de parier sur Band Of Horses

Quelques jours après la sortie de leur nouvel album, Band Of Horses passait par les scènes du Main Square. Un retour en France très attendu et l’occasion de rencontrer Ben Bridwell, touchant de sincérité enthousiaste.

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Assis à côté de ses musiciens dans une cour de la Citadelle, Ben Bridwell, leader de Band of Horses, traque les rayons de soleil en ce dimanche de début juillet pas franchement estival côté températures. Les lunettes aviateur sous l’inséparable casquette, le col de son blouson de jean relevé, il plaisante sur le vent qui fait voler quelques feuilles avant de lancer : « En fait, je me fiche un peu de la météo… C’est juste pour la plaisanterie. Car être ici, en France, dans ce lieu fantastique, figurer parmi la programmation de ce festival prestigieux… je suis si heureux, si fier. Il pourrait pleuvoir que ça n’aurait pas d’importance. Enfin, si le soleil peut rester, ce ne serait pas mal non plus. Nous sommes vraiment honorés, si chanceux… » Le regard balaie l’espace. Des techniciens croisent des attachées de presse qui discutent avec des représentants de labels tandis que des managers discutent avec des gars de la sécu et que des parties de tennis de table endiablées font jaillir des cris enthousiastes d’un groupe de rappeurs que l’on aurait pensé peu sportifs… Va et vient habituels des arrières cours de festival. Rien de vraiment inédit mais Ben Bridwell observe avec amusement. « J’aime ces ambiances, ces moments avant que la vague se déchaine. Au fil des heures, la tension monte, le concert se rapproche et puis il faut quitter cet espèce de cocon pour affronter le public. Le temps passe alors si vite qu’en repassant par ici pour gagner les loges, on se dit : « Déjà fini! » Le décompression fait monter la nostalgie. Quand les choses se passent bien, c’est toujours comme ça… Cette fois au moins, je pourrai me dire que je reviens en France en février pour une date à Paris. Je suis vraiment honoré, je vous dis… »

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Il est vrai que le chemin parcouru en douze ans par son groupe a été incroyable et non dénué de chances. Formé en 2004 par Ben Bridwell, Matt Brooke, Chris Early et Tim Miening, le groupe se fait très vite remarquer par le label Sub Pop Records, accessoirement label de Nirvana, The Postal Service et The Shins. Un premier single « The Funeral » et ce sont des dizaines de droits pour inclure ce titre aux génériques des séries télé au succès international : d’ « Esprits Criminels » aux « Frères Scott », de « Kyle XY » à « How I met your Mother », jusqu’à Guillaume Canet qui l’inscrit dans la BO de ses « Petits Mouchoirs » en 2010. « Je pourrais vous dire que c’est pénible car on nous parle toujours de ce titre vieux de dix ans, je pourrais insister et grogner « mais non les gars, on vient de sortir un album, c’est ça qui compte! » Ouais… je pourrais… Mais la vérité c’est que cette musique extraite de nos albums et glissée dans des séries ou des émissions sur les sports extrêmes est une sacrée chance. Elle nous permet de prendre notre temps car elle nous procure suffisamment d’argent pour cela. Il faudrait être fou et ingrat pour ne pas le reconnaître, » s’enthousiasme le musicien. « Je ne sais pas ce qui nous vaut ce parcours. Après « The Funeral », « The general specific» a été prise dans « Gossip », « No one’s gonna love you » dans « Chuck » … C’est vraiment cool! Je crois que nous devions être programmés pour tout cela. Avoir la chance de prendre notre temps et sortir des albums sans pression. »

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Des albums, il y en a eu cinq depuis « Everything all the Time » dont un superbe opus acoustique en 2014 et puis le tout nouveau, sorti en juin chez Caroline International. « Je ne sais pas si je peux l’avouer mais j’ai ressenti une forme de soulagement quand le disque a été fini. J’avais l’impression de le porter depuis si longtemps… et tellement d’impatience à voir ce qui lui suivrait,» commente Ben Bridwell. « Pour « Why are you Ok » comme pour les albums précédents, j’ai composé toutes les chansons. Il faut dire que je ne sais pas très bien travailler à plusieurs. Alors je cherche, je tâtonne. Je ne suis bon en aucun instrument alors je crée entre piano (dont je joue mal mais je trouve que c’est l’instrument parfait pour trouver une mélodie) et guitares. Parfois, une ligne est fluide et inspire des mots… Parfois je rame davantage. Au final, je l’espère en tout cas, mes chansons reflètent l’état d’esprit dans lequel je me trouve au moment où j’écris ainsi que les sujets qui m’interpellent et dont j’ai envie que les gens qui entendront se mettent à parler… Il est arrivé longtemps d’avoir une forme de complexe d’écriture. Quand on lit de grands auteurs, on se sent si petit… J’avais peur de ce que les gens pouvaient dire, des effets sur ma famille… Maintenant, à quelques petites années de la quarantaine, je me suis dit que je pouvais lâcher la bride et faire simple. Ecrire comme j’avais envie sur ce que j’avais envie. Cette authenticité presque nouvelle me permet de me retrouver pleinement dans ce disque. je suis vraiment heureux de ça. »

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L’américain caresse sa barbe, soudain songeur. Puis dans un grand éclat de rire, il lance : « Mais je m’aperçois que j’ai quand même oublié un instrument essentiel dans la liste de ceux avec lesquels je compose : j’écris aussi au babyphone! » Face aux regards visiblement quelque peu interrogatifs, il rit plus fort encore et poursuit: « Oui, le temps a passé depuis nos précédents albums. J’ai eu d’autres enfants. J’ai quatre filles (je sais.. quatre filles !!!) et la plus jeune est toute petite donc je ne peux pas la laisser sans surveillance. Alors comme je fais tout chez moi, comme j’enregistre dans mon garage transformé en studio et que je compose dans mon salon et bien, j’ai une main sur le piano et l’autre qui approche l’appareil pour vérifier que tout va bien. Peut être que ça influe sur l’écriture… qui sait ? Je dont je suis certain c’est que j’ai besoin de l’harmonie entre ces mondes différents pour être heureux. Les tournées avec le groupe, où l’on nous protège et où on est constamment à notre écoute… et le retour at home où je dois, à mon tour, être à l’écoute de ma famille, veiller sur ma femme et mes filles.»

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Si Ben Bridwell a réussi à s’affranchir de certaines pressions, il restait cependant les attentes du public (et inévitablement de son label), l’ annonce d’un nouvel album de Band of Horses déchaînant toujours curiosités et passions. Il a essayé une fois de plus de s’en extraire. « Evidemment, on n’a envie de trahir personne à commencer par nous-mêmes mais quand je compose, je suis réellement loin et je préfère garder le cap uniquement vers le but à atteindre. Si je devais écouter les attentes, ce serait prendre le risque de se fier à de mauvaises sirènes et faire naufrage du coup… »

Et le cap était visiblement le bon à l’écoute de ce nouveau disque de Band of Horses, splendide d’un bout à l’autre. La voix si particulière du chanteur est plus assurée. les compositions sont léchées et on ressent une parfaite cohésion du groupe, un esprit qui ne figurait pas aussi pleinement sur le précédent album. Le patchwork émotionnel est au rendez-vous, les rythmiques jouent entre sobriété et folles envolées, les guitares sont toujours aussi magnifiquement présentes. La patte de Jason Lytle peut être, à qui a été confié la production. Une chose est certaine, avec « Why are you Ok», Band Of Horses renoue avec une pop subtile tout à fait unique. Le public du Main Square leur a réservé un accueil à la hauteur, reprenant en choeur les titres qui ont fait leur renommée. L’instant a donc passé très vite… pour les spectateurs comme pour les musiciens. Mais comme le faisait observer Ben Bridwell quelques heures plus tôt : « en février, nous reviendrons à Paris, à l’Elysée Montmartre. En musique comme en tout domaine, savoir que l’on revient vite permet de ne pas rester dans la nostalgie de ce qui se termine. »

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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Macklemore & Ryan Lewis ambiance le Main Square Festival !

On ne va pas se mentir : le garçon qui n’est pas moche, a le sourire généreux et fabrique des tubes planétaires à la pelle, part déjà avec quelques arguments d’avance. Si on ajoute que son détour en France sera unique alors on frôle la frénésie. C’est donc avec un enthousiasme que rien n’aurait su entamer que plus de 35.000 fans se sont pressés au plus près de la scène où allaient évoluer Macklemore (et Ryan Lewis) en ce deuxième jour de Main Square d’Arras, journée à guichets fermés en grande partie grâce à la présence de ces deux là.
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On sait le tandem complice et gentiment moqueur, faiseur d’ambiance comme personne. Le show fut à la hauteur d’espérance. Fidèle à ses habitudes, Ryan Lewis, la silhouette toute en finesse surmontée de son incontournable snapback, fait son entrée les bras levés. Quelques instants à peine et déjà, le DJ balance ses premiers beats, rapidement rejoint par son acolyte au flow impressionnant. Macklemore, monté sur ressorts, visiblement heureux d’être à l’affiche de cet important festival français, ne boude pas son plaisir. Le sourire est large et les yeux pétillants scrutent cette immense marée humaine réunie pour eux dans cette magnifique Citadelle d’ Arras.

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Le garçon sait faire. Le rappeur de Seattle a beau être encore jeune, grâce à son rap balayé de folk irlandais et la présence du DJ, il a signé l’un des plus gros cartons en matière d’albums de ces dernières années. L’album du duo a remporté quatre Grammy Awards, s’est vendu à des millions d’exemplaires et propulsé ses auteurs des clubs aux salles et festivals les plus renommés de part le monde. C’est donc peu dire que Macklemore a le sens du show. Il a déjà suffisamment arpenté de scènes pour connaître les meilleurs ficelles, celles propres à s’attirer les sourires et les regards énamourés. « Je crois que la France est le pays où je préfère jouer! » lance t’il avec une apparente candeur. Les hourras résonnent en déferlante joyeuse. Mais ne se laissant pas interrompre dans son récit, il poursuit avec une anecdote qui a la couleur du vrai mais est probablement sortie tout droit du scénario de la soirée : « Je me suis fait contrôler à l’aéroport. En fait, la police m’a confondu avec un  cousin je pense. Il est vrai que j’ai quelques boulets irlandais dans ma famille, » conclut-il en riant avant de lancer les premières notes de « Brad Pitt’s Cousin », l’un de ses titres les plus célèbres. La foule joue les choeurs. Le concert est bel et bien lancé et le rythme ne cédera plus rien avant l’accord final.

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Les lights sont magnifiques et parties intégrantes du spectacle. Des danseuses rejoignent les deux hommes sur scène ainsi que des cuivres. « C’est énorme, génialissime! » hurle une jeune fille venue spécialement de Marseille. « Vive le Main Square! » Une joie partagée qui n’empêche pas Macklemore de se montrer plus graves et même de provoquer une forte émotion quand il évoque les victimes des attentats de Paris, Bruxelles et Orlando. Le message d’amour et de tolérance est juste, sans artifice pour le coup et sans pathos, de quoi enchaîner avec le très émouvant « Same Love ». Puis le rire et la joyeuse pagaille apparente reprennent le dessus. En interprétant« Thrift Shop », le rappeur n’hésite pas à se parer d’une fourrure au chic inclassable. PETA s’abstenir! « Can’t hold us » et « Dance off » sont elles aussi de la partie. « Downtown » clôturera cette heure et demi de plaisir majuscule. D’un côté de la scène comme de l’autre.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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Mass Hysteria a conquis sa première Citadelle

Mass Hysteria a prouvé en deuxième journée de festival que le metal pouvait s’extraire des chapelles et s’imposer dans la Citadelle. En une heure de set et une dizaine de titres, le groupe français a bluffé tout le monde. Sans artifices, avec sa seule envie de partager et de convaincre. 

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Après le choc émotionnel de leur concert au Download le 11 juin dernier puis la façon dont ils avaient entraîné les 50.000 spectateurs du Hellfest dans un wall of death d’anthologie une semaine plus tard, on se demandait un peu ce que ces cinq là allaient faire au Main Square d’Arras. Comment faire aussi beau, aussi fort devant un public qui, dans son immense majorité, n’est pas fan de metal? Comment  trouver sa place et s’imposer dans un festival où la dernière programmation du genre remonte à 2014 (avec l’ajout d’une journée supplémentaire menée par Iron Maiden, à l’occasion des dix ans de la manifestation) ? C’était compter sans la déferlante Mass Hysteria, fer de lance du metal en France depuis plus de vingt ans, sans ce son qui met tout le monde d’accord, ces titres extraits d’un huitième album qui n’en finit pas de jongler avec les superlatifs. Les plaines arrageoises résonnent encore des échos de cet incroyable furia.

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« On s’était mis une vraie pression… Moi notamment! » commente Mouss quelques instants après la sortie de scène, fatigué mais heureux. « On attendait cette date depuis longtemps, on avait été frustré de ne jamais figurer sur l’affiche et puis le succès de « Matière Noire » a ouvert la porte. Du coup, pas question de ne pas être au maximum. Le début du concert a donc vraiment été un truc à part, assez difficile à expliquer. J’étais heureux, je chantais en parcourant la scène, je sautais… et puis trois chansons plus tard, après un premier saut dans le public, je me suis retrouvé le souffle court. Un peu comme en transe ! Je ne sais pas si ça s’est vu. En tout cas, moi je me souviendrai de ce moment assez fou. »

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Les festivaliers eux se souviendront surtout de ce concert qui a impulsé à cette fin d’après midi de  samedi une énergie supplémentaire. Il a suffit des premiers accords de « Chiens de la casse » pour que le public se masse plus serré encore devant la Main Stage, prêt à reprendre massivement des refrains, anciens ou plus récents, désormais connus par coeur. Trois ans après « L’armée des ombres », le précédent album qui avait pourtant frappé fort, vingt deux ans après sa formation, la team Mass Hysteria avait livré à l’automne dernier « Matière Noire », un huitième opus studio vindicatif, d’une puissance inégalée. Magistralement produit (pour la quatrième fois) par Fred Duquesne, devenu également le second guitariste après le départ de Nicolas Sarrouy, avec un gros son comme on aime, une musicalité bien plus poussée et qui manquait sans doute dans les albums précédents, les onze titres sont d’une telle force qu’il est difficile de choisir lesquels retenir pour la scène. A l’exception de « Mère d’Iroise », qui n’a été interprétée qu’au Trianon lors de l’enregistrement du DVD Live, le public sait qu’il retrouvera forcément « Vae soli », « Plus que du metal » et bien sûr, « L’ Enfer des Dieux » dont l’impact unique et la justesse glaçante prennent aux tripes dès les premières mesures.

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« L’émotion ressentie au Download lorsque nous avons débuté ce morceau restera gravée à jamais,» poursuit Mouss. « C’était la première édition française de ce festival, donc nous étions déjà très heureux, très fiers d’y figurer. C’était le milieu d’après-midi, ce qui n’est jamais le moment le plus chaud pour jouer. La soirée prévoyait d’énormes têtes d’affiche comme Korn par exemple. Donc on se disait que le pari n’était pas mince mais que si le monde était là, on devrait assurer car c’était l’une de nos premières très grosses dates de festival. Et puis finalement, on s’est aperçu que le public était au complet devant nous. Mieux! Que les gens nous attendaient. Alors quand nous avons rendu hommage à tous ces innocents tombés dans les attentats, quand les poings se sont levés et que la musique est partie… Rien qu’à y repenser, je suis encore dans cette incroyable émotion. C’était énorme. Vraiment énorme.  On pourrait se dire que c’était l’effet amplificateur d’une première grosse date de festival. Sans doute! Peut-être ! Mais au Hellfest, « L’Enfer des Dieux » a là encore marqué les esprits et au Main Square cet après midi, c’était très fort. On traverse vraiment un moment de vie incroyable avec cet album et cette tournée. »

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S’il est toujours difficile de comprendre les véritables raisons d’un succès comme d’un échec, il est assez évident ici que ces mots taillés avec la précision de l’orfèvre pour porter des émotions majeures, ces partitions sans concession qui n’aiment rien tant que le Do, ces guitares lourdes et ces rythmes puissants ont permis à Mass Hysteria de gravir l’échelon supérieur et de drainer des fans supplémentaires. Ce n’est pas un hasard si le groupe est l’un des plus programmés de l’été… Et s’il a déjà signé plusieurs dates importantes pour l’été prochain. (Seul l’étranger reste encore compliqué à conquérir, la faute à la langue sans doute. Mais on n’imagine pas une version anglaise de ces titres là. Rammstein avait tenté l’aventure et joué des infidélités à l’allemand: l’album a été le moins vendu de tous.)

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S’impose alors cette interrogation : que faire de ce succès ? Comment rebondir et envisager la suite sans avoir dans un recoin l’idée que faire mieux (ou même simplement aussi bien) ne sera peut-être pas si simple. « On va réfléchir et voir ce qu’on fait de tout ça, » note Fred Duquesne. « Il ne faut pas se laisser brider par les peurs, les comparaisons, tous ces machins là. Il y a une première évidence qui est que nous vieillissons. Exception faite de Yann, un peu plus jeune, Raph, Mouss et moi avons tous autour de 45 ans. Mais ce qui est rassurant, c’est que nous avons toujours la même envie. Le groupe existe depuis vingt-trois ans, je suis arrivé en cours d’aventure pour produire les albums puis faire partie intégrante de Mass en tant que guitariste et nous partageons toujours ce plaisir de jouer ensemble et de nous retrouver. Avant de venir, nous avions mis en place une session de répétition car cela faisait deux semaines que nous n’avions pas eu de concert. Je ne sais pas si c’était réellement nécessaire mais rien que pour le plaisir de se retrouver, ça se justifiait. Quant à savoir si le successeur de « Matière Noire » aura le même succès, on évitera de s’interroger. Aujourd’hui, on sait seulement que l’on va enchaîner assez vite. Et puis on verra bien. Etre un vieux groupe, compte tenu de ce qu’on vit en ce moment, ça nous va bien. Etre un groupe de vieux, ça ce serait moche ! »

Impossible de ne pas sourire à cette improbable évocation quand on voit l’allure de ces gars là. Raph frappe avec une énergie sans faille. Yann et Fred imposent un duo complémentaire, complice, bondissant et bien vénère, qui bluffe tous les accros de la six cordes. Mouss ne relâche jamais la pression et enchaîne les morceaux. Quant à Tom, qui a succédé au début de l’année à Vince comme bassiste, il envoie à l’unisson du reste de la bande. Zéro complexe.

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« Je me suis toujours dit, sans trop savoir pourquoi, que nous ferions dix albums », poursuit Yann. «Je ne sais pas  si l’aventure de Mass aura encore deux autres volets, qui seraient alors les deux derniers… Nous verrons bien! L’important n’est pas dans le nombre mais dans l’envie, comme disaient Fred et Mouss avant moi, dans cette amitié forte qui nous lie et va bien au delà du groupe. Je suis convaincu qu’une grosse part de notre succès, sur scène notamment, tient à cette complicité. Je crois que le public la ressent et prend plaisir à la partager. »

Tout comme le public a répondu présent à l’invitation du Trianon en mars dernier. Une date marquée au fer rouge. Une salle parisienne pleine à craquer, sold out bien avant le jour J, un album joué dans son intégralité, complété par des titres phares des albums précédents et à la clé, un DVD live tiré à 5.000 exemplaires déjà presque épuisés avec la pré-commande alors que la sortie est prévue mi-juillet. « En matière de live de concerts, c’est vraiment énorme, » enchaîne Fred Duquesne. « Le DVD d’or est à 7.500 exemplaires, une jauge qui permet de mesurer ce résultat inattendu. »

« Après l’ enregistrement de la date à l’ Olympia en 2013, on se demandait ce qu’on ferait du Trianon, » précise encore Mouss. « A l’origine, il ne devait pas y avoir de DVD parce que précisément, les ventes sont à priori toujours décevantes et l’enregistrement bien trop coûteux. Et puis une chaîne nous a proposé de faire un film et l’histoire s’est mise en place. Cette opportunité imprévue est donc largement heureuse. Quand je vous dis que ce que nous vivons avec cet album est exceptionnel! »

Live Nation, grand ordonnateur du Main Square, ne s’y est pas trompé en les invitant. Alors Mass de retour à Arras d’ici deux , trois ans ? Les Furieux du Nord n’espèrent que ça! En attendant, la machine de guerre Mass Hysteria va poursuivre ses conquêtes et hisser haut les couleurs du metal français, continuer à semer l’espérance avec rage. Ces cinq là ne sont pas prêts d’être à bout de souffle. Furia !

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– Prises de vue scène: Main Square Festival. Prises de vue crash: Download Festival France. – 

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Main Square Festival 2016: de l’inédit côté scène et côté site

Les Insus, Louise Attaque, The Offsprings, Bear’s Den, Macklemore et Ryan Lewis mais aussi Disclosure, Ellie Goulding, Nekfeu et Yelawolf… Malgré une offre moins fournie en grosses tournées internationales, l’édition 2016 du Main Square d’Arras s’annonce pourtant diversifiée, inventive et haut de gamme. De la pop, du rock et une grosse programmation électro, des noms légendaires et des groupes qui ne sont pas près de dire leurs derniers mots, difficile de résister à la tentation.            

L’édition 2015 du Main Square restera longtemps dans les mémoires. Plus belle et plus forte encore que la précédente, celle des dix ans. The Script, Pharell Williams, Lenny Kravitz, James Bay, Mumford and Sons… il faut dire qu’ils étaient tous là l’an dernier, tous ceux que le public plébiscite et qui truste les premières places des hits.

Et puis aussi, accessoirement, il y avait Muse. Un moment totalement improbable, durablement inscrit dans la mémoire des festivaliers. Matthew Bellamy servant ses solos (sans sourire, mais c’est peut-être un style) devant 40.000 spectateurs massés dans la cour et oscillant au gré des demandes de passages inconscientes. Pas question de perdre sa place. N’envisagez même pas la pause Kronenbourg ou pipi… Circulez, il y a Muse à voir alors on ne bouge pas! Vu comme ça, le moment parait étonnant. En vérité, à part pour les agoraphobes purs et dures, ce concert fut d’anthologie, le moment joyeusement intense et épique, d’une ambiance exceptionnelle et musicalement, parmi les meilleurs servis par le trio britannique.

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Iggy Pop.

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Macklemore & Ryan Lewis.

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Louise Attaque.

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Editors.

Après ça évidemment, la barre est haute. Armel Campagna, directeur du Main Square (et président de Live Nation France Festivals) a pourtant réussi à ce que la comparaison puisse être soutenue. Pas de Red Hot Chili Peppers comme un temps murmuré, puisqu’ils ne tournent pas cet été mais l’inoxydable Iggy Pop, véritable légende du rock, The Offspring et son punk californien toujours aussi percutant après trois décennies, Macklemore et le DJ Ryan Lewis, qui mettent les salles en feu avec leur rap festif mâtiné de folk irlandais, le spectaculaire Yelawolf, Nekfeu, le jeune prodige français du rap dont l’album « Feu » a été le plus gros succès de l’année dernière dans sa catégorie.

Louise Attaque, qui revient après dix ans de silence et dont la récente sortie d’ « Anomalie», leur dernier opus, a été unanimement salué, sera aussi de la fête. Les deux frères de Disclosure, Editors, le trio londonien de Bear’s Den encore qui parcourt le monde et sera donc en escale exceptionnelle dans le Nord avec ses refrains littéraires et son style acoustique.

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L.E.J.

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Mass Hysteria.

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Les Insus.

La gente féminine ne sera pas en reste avec les toutes jeunes Marina Kaye, les demoiselles de L.E.J., Jeanne Added, qui depuis plus d’un an est celle que les programmateurs se disputent et bien sûr, la magnifique Ellie Goulding. Six millions d’albums vendues, une présence ininterrompue dans les charts internationaux depuis six ans, trois albums et une dizaine de singles qui ont tous été des cartons,  une quarantaine de disques de platine… La meilleure amie de Taylor Swift et Katy Perry bouge sur scène comme personne. Le public d’Arras devrait lui faire une ovation!

Une percée rock metal également avec les français de Mass Hysteria, qui eux aussi, vingt ans après leurs débuts, jouent tournée gagnante. Sans oublier ceux qui vont faire venir de très loin, les Insus (ex Téléphone) dont le seul nom remplit les salles en l’espace de quelques minutes. Ils ont minutieusement choisi leur tournée d’été et ils seront au Main Square.

L’an dernier, le record de fréquentation a été battu avec 120.000 visiteurs en trois jours. Une jauge maximum pour un confort et une sécurité maintenus. Le festival s’est joué à guichets fermés mais l’offre de billets ne pourra pas grossir, les murs de la Citadelle, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, ne pouvant être repoussés. Soucieux néanmoins du confort du public et convaincu que des améliorations restent toujours possibles, l’équipe organisatrice a décidé de prendre de la hauteur… en aménageant le haut des remparts. L’endroit sera engazonné et ces oasis inattendus offriront dix pour cents de surface supplémentaire au site, de quoi améliorer sensiblement l’accueil du public.

Autre réflexion accrue aussi, celle de la sécurité. Les dramatiques évènements du Bataclan résonnent encore et des échanges avec la Préfecture sont toujours en cours. Même si le Festival est très bon enfant et sans débordements, les consignes données aux agents chargés de la sécurité et de l’accueil seront donc logiquement plus strictes, un portique se dressant même peut-être à l’entrée du site.

Une affiche originale propre à séduire le plus large, un site encore plus attractif… la fête promet donc d’être belle en ce premier week-end de Juillet du côté d’Arras.

M.M.

– http://mainsquarefestival.fr

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Main Square Festival 2015: Sam Smith, l’émotion haut de gamme

Pour son deuxième concert depuis une intervention qui l’avait réduit à un silence de plusieurs semaines, Sam Smith, prodige de la soul mondial, a reçu les honneurs du Main Square Festival. Quand l’émotion voyage en première classe.                          DSC_5907

Il a laissé ses musiciens et ses trois choristes s’installer puis il a fait une entrée discrète. Même si parler de discrétion quand des milliers de personnes se disputent le moindre espace, allées voisines de la scène comprises, pour venir vous applaudir est peut-être audacieux. Il a tenté en tout cas. Une avancée timide, un regard humide et un sourire qui reflète l’émotion face à ce parterre qui n’attendait que lui… Sam Smith a beau avoir raflé quatre Grammy Awards en début d’année, être invité sur toutes les scènes du monde et sollicité pour partager des duos avec les plus grands depuis la sortie de « In the lonely hour », son premier album, il n’en reste pas moins un jeune homme de vingt trois ans que rien ne prédestinait à un parcours aussi fulgurant. Et le fait que la chanteuse Lilly Allen soit sa cousine ne lui est jamais apparu comme ouvrant davantage les voies de la renommée.

Il ne lui aura pourtant fallu que cinq ans, depuis son installation seul à Londres, avec pour tout bagage son envie inattaquable de se consacrer à la musique. Cinq ans et un beau jour, alors qu’il avait déjà étudié le chant et la composition, montré son talent dans de nombreuses chorales et formations amateurs, Sam Smith fait la connaissance de Disclosure, le groupe d’électro anglais. Fin 2012, il chante sur leur single « Latch », qui devient un tube. Il sort alors son premier titre, « Lay me down » puis participe au fameux « La, La, La » de Naughty Boy. La chanson est un succès mondial. Sam Smith, porté par ce succès, enregistre à l’été 2013 son premier EP, « Nirvana », où figure « Stay with me »… L’histoire est en marche.

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« In the lonely Hour », un an plus tard, entre directement dans les sommets des charts britanniques. Le monde entier fait désormais les yeux doux à cet artiste qui semble pourtant  douter encore de ce qui lui arrive. Malgré les millions d’albums vendus et les dizaines de récompenses décrochées partout dans le monde. Malgré ses tentatives de se persuader qu’il est une diva, comme il le répète en plaisantant : « Très jeune, je passais mes journées à écouter Whitney Houston, Céline Dion. J’ai toujours adoré également Stevie Wonder. Tous ces artistes dont la voix est  bluffante me faisaient rêver. En riant, je dis souvent que moi aussi, un jour, je serais peut-être pris pour une diva. Ca fait dix ans que je me vois uniquement en chanteur alors tout est possible puisque tout est déjà si incroyable! »

En attendant d’être une diva, Sam Smith reste très connecté à la réalité de la vie, la sienne notamment, dont il ne tient pas à perdre de vue l’origine, les joies, les peines. Un besoin d’ancrage et de vérité, un souci de transparence qui ont beaucoup joué dans sa décision de révéler son homosexualité. Pas envie de devoir mimer des amours improbables avec de superbes mannequins alors que ce sont les jeunes hommes qui le font fantasmer. Il ne s’agissait pas pour lui de se justifier. Et pourquoi aurait-il eu à la faire? Juste être raccord entre ses deux personnes, publique et privée.

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Mais comme ses textes sont très beaux et l’amour universel, aucun de ses titres ne parlant d’un homme ou d’une femme en particulier, chacun a finalement pu continuer à s’y retrouver. « On me dit parfois que je fais penser à Adele. Cela me touche énormément car c’est une très belle personne avec cette voix si extraordinaire. Elle ne joue pas et ne cherche pas à se faire passer pour ce qu’elle n’est pas. C’est peut-être aussi parce que nous ne trichons pas et ne cherchons pas à dissimuler nos failles que les gens nous comparent et nous aiment bien. »

Une authenticité qui a été payante jusqu’ici : « Money on my mind », premier single à succès de l’album, conte l’histoire d’un auteur qui se moquait de ses écrits et n’y voyait qu’une fin pour faire fortune. Cette absence totale d’amour pour la musique l’a choqué, il en a fait un titre… Bonne pioche! Quant à « Stay with me », Sam Smith a longuement raconté qu’il ne remercierait sans doute jamais assez celui qui l’avait quitté et inspiré ce titre gagnant.

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Opéré à la fin du  printemps d’un problème aux cordes vocales, le jeune homme avait connu une période empreinte de doutes, largement partagée sur les réseaux sociaux. Ses millions de followers l’avaient alors assuré de son soutien et sa fragilité non déguisée avait touché. On avait néanmoins craint que le chanteur ne puisse être présent au Main Square. Son retour et sa performance quelques jours plus tôt au Forest Live Festival avait levé les doutes. Son interprétation toute en nuances d’ « I’m not the Only One » en ouverture de concert à Arras a confirmé dès les premières notes que Sam Smith n’avait effectivement rien perdu de sa superbe. En anglais posé, très souriant, il a tenu à souligner, avec une émotion non feinte : « C’est le deuxième concert après mon opération et c’est la première fois que je joue dans un festival français. Cela a beaucoup de sens pour moi. Merci d’être là. »

Il n’en fallait pas davantage pour que le public exulte et que se soulèvent encore plus haut les pancartes porteuses de messages. Il les regarde, s’approche de leurs auteurs, envoie un baiser de la main. Touché. Ne boudant pas son plaisir et conscient de l’immense succès qu’il est en train de vivre ce soir là encore. Ses choristes le regardent avec une complicité respectueuse. Il a beau être très jeune, d’une humilité totale, c’est lui le Boss qui a pensé et mis en place ce show superbe et élégant jusque dans sa mise en scène et ses éclairages.

Sur la Main Stage, Mumford and Sons a commencé son concert depuis dix minutes mais nombre de leurs fans sont encore devant la Green Room. Impossible pour eux de quitter ce moment soul, si intensément beau. Lorsqu’il faudra s’y résoudre pourtant, parce que le plateau s’est vidé, le public s’égraine avec un silence inhabituel. Comme pour laisser résonner encore la voix si bouleversante de Sam Smith. Incroyable moment.

Magali MICHEL.
Crédits photos // Sophie BRANDET.

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