Concert de Louis et Al Delort au 180, du haut de gamme

On a beau être rompu à l’exercice et avoir déjà partagé des dizaines de scènes, pas facile de trouver la juste mesure pour avancer ensemble tout en offrant aussi ses propres créations. C’est pourtant ce qu’ont brillamment réussi Al et Louis Delort ce 22 Janvier, sur la scène du 180, la magnifique (et toute récente) salle de Sainte-Bazeille dans le Lot et Garonne. Acoustique, intimiste et pourtant bien rock ’n’ roll.

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Ils ont en commun un sens inné de la musique, une même passion pour les Beatles et le foot (tendance Olympique Lyonnais, nul n’est parfait!). Ils ont ce même regard sur le monde artistique, ce « milieu » comme disent les  » professionnels de la profession « . Ils ont aussi, et peut-être surtout, une envie toujours plus forte de donner en partage le meilleur de leur univers.

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Al Delort sème ses notes depuis plus de quarante ans. Guitariste lauréat des meilleurs prix, accompagnateur recherché ayant usé ses cordes sur les plus grandes scènes de France, il s’est aussi fait connaître en tant qu’auteur-compositeur-interprète de trois superbes albums, le dernier né, « Nicotine », sorti cet automne, libre et affranchi des derniers blocages, montrant enfin son plaisir à jouer plus électrique.

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Louis, du haut de son expérience déjà dense (finaliste de The Voice saison 1, titulaire de l’un des rôles principaux de la comédie musicale « 1789, les Amants de la Bastille », NMA de la Révélation francophone de l’année 2013, un album et une tournée avec The Sheperds (renforcés par Jean-Etienne Maillard, Théo et Valentin Ceccaldi) a assez roulé sa bosse pour gonfler les rangs de ses fans mais ne pas se laisser bercer par le chant des sirènes.

Les pieds plantés dans les vraies valeurs, instruit sans doute aussi par le parcours de son illustre père, il sait qu’exister et se faire (re)connaître ont parfois des allures de mirages! Une lucidité qui visiblement booste ce musicien dans l’âme qui concocte actuellement… deux albums ! Audacieux peut-être. Parfaitement cohérent surtout. L’un sortira chez Mercury, sa maison de disques, avant la fin de l’année, et verra la présence d’autres signatures, tant pour la composition que pour l’écriture. L’autre sera indépendant et donnera la part belle à ce « rock sans concession et sans demi mesure » qu’il a l’habitude de jouer avec The Sheperds, ses amis de toujours (Lucas Goudard et Victorien Berger). Voilà donc les Delort dans les bacs pour un bon moment.

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Surdoué (le mot est galvaudé à force d’usage excessif mais en ce qui le concerne, il paraîtrait presque réducteur tant ce touche à tout semble avoir le talent pour carte de visite et la composition pour évidence), Louis a profité de cette scène partagée avec Al Delort, pour offrir quelques unes de ses nouvelles chansons. Et il aura suffi de quelques refrains pour que le public constate combien certains talents s’offrent en héritage. Combien les mots de l’un prennent une dimension encore plus forte avec les partitions de l’autre. Combien la complicité est belle quand elle s’affiche aussi naturelle, entre respect et admiration réciproques.

Car le public qui ne connaissait pas encore Al Delort a pu découvrir ses chansons à l’ écriture inimitable, ses jeux de rôles pas toujours drôles, ses rires en éclats mais aussi ses sourires, parce que c’est toujours mieux que pleurer. L’élégance dans tous les sentiments… Gainsbourg ou Bashung l’aurait adoubé.

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C’est donc avec le plus grand naturel que père et fils se sont partagés la scène et une vingtaine de titres« On a tellement joué ensemble, même avant The Voice, que cela ne peut pas produire de trac, » observe Louis Delort. « Certains parents mettent la pression. Mon père n’est pas comme ça. Au contraire ! Il a plutôt un regard de protection et tout se met en place dans la bonne humeur. Du coup, ça me permet de le chambrer quand il butte sur l’une de mes compos, comme ce riff irlandais d’ « Emmène moi » qui le gêne… Si, si, reconnais le, il te gêne !» L’intéressé (au rire inimitable) ne conteste pas. Fier de cette progéniture qui le bouscule et pour lequel il rêve d’un chemin riche de succès. « Je suis bien placé pour savoir que ce milieu est compliqué, que les choses peuvent se faire et se défaire pour des raisons pas toujours artistiques (…) Un père a toujours peur pour ses enfants et plus encore quand il a déjà emprunté des sentiers communs. Mais je fais confiance à Louis. Il a un sens de la musique, de l’écriture et une belle personnalité… Je ne lui vois qu’un défaut peut-être : il va trop vite ! »

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A quelques minutes d’entrer sur scène, le « trop rapide » ne cherche pas à nier. Tout juste observe t’il que la dite « accusation » est portée par quelqu’un qui écrit très vite lui-même. Il préfère observer le parcours de son père et, l’air de rien, lui rendre un hommage touchant. « C’est un auteur incroyable. Ses textes se lisent et se relisent avec la même intensité, le même plaisir. Il n’est peut-être pas disque d’or mais ses chansons resteront. Il a composé une oeuvre magnifique qui demeurera même après lui. Ce n’est pas rien et il y a de quoi être fier (…)  Les paillettes, ce n’est pas sa place. Il est dans quelque chose de bien plus fort parce que bien plus profond. Et il le fait tout seul parce que dans ce pays, souvent, on ne te donne pas les moyens. Mais il a pourtant poursuivi sa route et  il vient de sortir « Nicotine », qui est un disque magnifique, qui lui ressemble et qu’il a pu produire selon ses véritables envies, ce qui aujourd’hui est une chance très très rare… »

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Al Delort écoute. Silencieux. Manifestement surpris, touché, par l’hommage et la clairvoyance du regard de son cadet. Il est clair qu’il n’y aura toujours que de l’admiration et de la bienveillance entre ces deux là et que ces propos ne sont pas le seul fruit de la filiation mais bien de deux artistes qui ne cessent de s’étonner et de se renvoyer la note avec maestria.

Cela n’a pas échappé au public du 180 qui a prêté une écoute aussi attentive qu’enthousiaste à ces morceaux souvent revisités (la version d’ « Emmène moi » à la guitare était magnifique, « Couleurs Automnes », la bouleversante chanson d’Al Delort, avec de nouveaux atours et une fin portée par les guitares électriques, restera dans les mémoires, « Juste un mot d’elle», la toute première chanson de Louis, a permis de voir que tout était en place et beau depuis longtemps, pour ne citer que celles là) et a beaucoup ri aussi des échanges entre deux changements d’instruments.

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Le 13 avril, Al Delort sera sur la scène de l’Européen à Paris accompagné de nombreux musiciens amis. Louis sera aussi de la partie. Il aura sans doute alors ce même regard protecteur et cette façon d’agir très professionnelle, moins dans la lumière, qu’il affichait lors du concert de présentation de « Nicotine » à Dijon. Selon les scènes, les rôles s’échangent. Mais quand le père et le fils affichent ce même plaisir des partitions partagées, la complicité reste en accord majeur.

Magali MICHEL.
Crédits photos // Sophie BRANDET.

– Afin de financer leur album « rock et sans concession », Louis Delort & The Sheperds remettent en vente leur premier disque, « The Gold Taste », sorti voilà 5 ans. Pour acheter ce collector et prendre ainsi une part active dans le financement du nouveau disque, il suffit de cliquer sur l’onglet Facebook « The Sheperds Store ».  https://www.facebook.com/TheSheperds/?fref=ts – 

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Al Delort a franchi ses limites. Et ça sonne!

Il en rêvait : il l’a (enfin) fait ! Pour son troisième album, Al Delort se lâche et survolte ses guitares. Un passage à la vitesse supérieure qui rend les mots encore plus forts. Volutes d’émotions, grandes bouffées musicales, Al Delort a mis le paquet. Et c’est un vendredi au Crusoé (forcément!) que Nicotine a été partagé. Mémorable…                                      DSC_9971

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Al Delort a le sens du rythme, ce qui n’est pas le moindre atout pour un musicien ! La preuve, tous les sept ans exactement, il livre un nouveau disque!  Après « Al », premier album éponyme en 2001 et le très abouti « Convoi exceptionnel » en 2008, c’est au tour de « Nicotine » d’affronter le public à partir du 13 Novembre prochain. A six jours du Beaujolais Nouveau. Mais cette cuvée là n’a pas attendu pour s’offrir en dégustation: ce 16 octobre, en plein terroir bourguignon si souvent écumé durant ses années où il accompagnait Yves Jamait, Al Delort a présenté son dernier né sur les fonds baptismaux du Crusoé, la toute nouvelle et magnifique salle de concerts dijonnaise. A ses côtés sur scène, ses enfants, Valentin, Louis et Lola, et six musiciens, des amis mais en l’occurence aussi, de grandes pointures (dont beaucoup avaient pris part à l’album) prêts à donner le meilleur pour que la fête soit mémorable. Et elle le fût!

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Un an. C’est à peu le temps qu’il aura fallu pour que Nicotine voit le jour. Douze titres (minutieusement choisis parmi la quinzaine composée), une écriture ciselée qui montre encore une fois l’extraordinaire sens des mots de celui qui est sans doute l’ un des plus grands paroliers actuels, des musiques cent fois remises sur la partition avant d’admettre qu’il pouvait les laisser s’envoler, tout a été minutieusement vu et dirigé.

Car Al Delort n’avait pas envie de passer à côté de cet opus. Il voulait en être heureux, ne rien regretter. Il a aussi et peut être surtout entendu cette envie ancienne de la jouer plus rock. Bruno Mylonas, qui a réalisé l’album, l’a bien compris. Depuis ses studios d’enregistrement de la région toulousaine, il a rendu Nicotine encore plus électrique. Et le résultat est impressionnant : débarrassé de vieilles entraves, Al Delort y va à fond. Quitte à pousser le curseur, il ajoute des cordes, des cuivres, davantage de batterie et se lâche sur les guitares. A entendre le résultat, on se demande pourquoi lui qui joue aussi bien a attendu aussi longtemps! Même la voix gagne en intensité. Quant aux paroles, elles y trouvent un habillage sur mesure qui leur permet de viser encore plus juste.

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Des idées sombres cachées derrière des pans de lumière, des morceaux de vie qui n’occultent rien mais restent drapés dans l’élégance de leur pudeur, le temps qui passe et la vie qui s’émousse, une bonne dose d’humour aussi dans le regard (vrai!) sur la gente féminine, tout l’univers de l’auteur est là et les coups au coeur s’enchainent.

A la première écoute, on croit préférer « Hôtel Hilton » ou l’extraordinaire « Nicotine », justement. Puis on se dit que non, finalement, ce sont « Les Rivières »… A moins que ce ne soit « Livide » ?! Ou « Borderline », ce superbe morceau qui fait penser à Bashung. C’est sans doute cela un disque réussi, celui qui empêche de choisir et retient tous les titres.

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Parce que Nicotine le vaut bien, Al Delort ne la joue plus solo. Et pour cette première à Dijon, il bénéficiait même de la présence de Christophe Millot (sax, clarinette), Clément Amirault (trombone), Yvon Chery (basse), Laurent Coudurier (batterie), Olivier Guerbeur (percussions), Richard Vecchi (claviers). On aurait pu trouver plus mauvaise compagnie! Sans oublier ses enfants: Louis, qui a déjà tout du vieux briscard et ajoute à ses talents connus un sens de la scène largement pourvu d’humour; Valentin, l’aîné, qui a participé lui aussi à l’album et prête son sens du rythme et sa belle maîtrise du djembé; Lola enfin, la jolie benjamine, qui a démontré le temps d’une reprise de «Seagull» des Saturday Sun avec Louis et d’ «Hypocrites» de Danakil en solo que le talent n’avait décidément épargné personne. Il serait étonnant que cette première scène n’en appelle pas d’autres…

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Porté par ces présences, Al Delort s’est lâché. Avec évidence. Dix huit chansons, le nouvel album dans sa quasi intégralité, des reprises de titres plus anciens, de grandes plages laissées à la musique seule, ce concert dijonnais s’est consumé trop vite et le public en aurait bien pris d’avantage.

Après des années dans l’ombre, Al Delort a osé la lumière et ça lui va sacrément bien!

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Magali MICHEL.
Crédits photos // Sophie BRANDET.

– Pour suivre toute l’actualité d’Al Delort, un nouveau site : http://al-delort.fr – 

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Louis Delort & The Sheperds jouent Trianon gagnant.

Moins de quatre mois après leur concert sold-out à la Cigale, Louis Delort et The Sheperds repassaient par Paris. Un choix audacieux lorsqu’on sait que la tournée avait du être partiellement reportée en raison du retard pris par leur premier album (dans les bacs le 20 octobre). Mais il n’existe visiblement pas de citadelle imprenable pour ces six là qui ont assuré comme si le Trianon avait été plein à craquer. Avec en bonus, une couleur rock de plus en plus marquée.

Une nouvelle date à Paris si peu de temps après un baptême du feu triomphal le 27 Juin dernier? Et dans une salle plus grande de surcroît ? En signant pour ce Trianon, TS Prod, qui gère la tournée, devait bien sûr miser sur le support du premier album mais l’idée n’en restait pas moins audacieuse. A hauts risques même une fois acquise la certitude que ce premier opus ne serait disponible que dix jours… après le concert. Mais impossible de reculer et reporter ici aussi. De quoi expliquer alors le léger mou dans la billetterie et cette salle magnifique qui aurait pu être plus remplie encore.

Il n’empêche! Loin de ces considérations comptables, tout à leur joie (leur légitime fierté aussi sans doute) de ce premier passage au Trianon, les six musiciens n’ont boudé ni leur plaisir, ni leur énergie. Dans une mise en scène à peine revue mais subtilement corrigée, où les éclairages notamment ont progressé en clarté, moins aveuglants et plus inventifs, le concert y a gagné en élégance et en maturité.

Après avoir laissé « La rumeur » et « Saint-Exupéry » ouvrir la soirée, la très survoltée « M’appelle pas chéri » a définitivement installé l’ambiance (à souligner au passage l’abandon des lunettes de soleil dont tous se paraient ces derniers temps. Débarrassés de cet accessoire drôle mais un peu loufoque et décalé par rapport au texte, l’interprétation a augmenté en conviction). Il n’en fallait pas davantage pour que le public se lève et se mette à l’unisson de l’énergie déployée sur scène. Les fans (qui regrettaient unanimement la configuration assise, envisageant avant le début du concert que les personnes tenant à s’asseoir se répartissent entre les deux balcons… les autres restant toutes debout devant leurs places) attendaient ce feu vert implicite pour laisser éclater leur enthousiasme. Il ne s’est jamais démenti ensuite.

Entre morceaux tendres (« L’ombre », « Emmène moi », « When I fell in love » ou bien encore la si émouvante « Sentinelle » écrite en collaboration avec Al Delort, le père de Louis, que le jeune homme a tenu à associer à ce moment et pour lequel il a demandé un peu plus d’attention car « cette chanson ne se crie pas, elle se chante ») et plages survitaminées (« Mon corps à la chance »), Louis Delort et The Sheperds ont gagné leur pari et réussi à faire de ce Trianon un concert unique. « Nos retrouvailles », « Sur ma peau », tube de « 1789, les amants de la Bastille » comme « Outre-Manche », le second et dernier extrait en date de l’album, ont filé trop vite et dans les rangs, il était clair qu’on en aurait bien repris encore!

La setlist, parfaitement composée de dix neuf titres, a révélé quelques surprises comme « Dear Jim », composition plus ancienne des Sheperds, beaucoup plus rock, une couleur qui leur va décidément sacrément bien et qu’il serait dommage de ne pas explorer davantage. Louis Delort a le talent et déjà cette incroyable maturité qui lui permet de tout chanter. Jean-Etienne Maillard (guitare) voyage allègrement du côté de ces riffs là, Lucas Goudard (batterie) et Victorien Berger (basse) ne sont pas en reste. Sur scène, ces notes rock éclatent avec bonheur. Ne pas oublier non plus Théo et Valentin Ceccaldi, dont la virtuosité au violon et au violoncelle, impose le respect. En milieu de concert, les quelques minutes laissées à eux et à eux seuls sont à couper le souffle. La présence de ces deux figures du jazz actuels parmi les Sheperds est vraiment un coup de génie et l’atout charme supplémentaire.

La tournée n’en est qu’à ses débuts. Mais il est clair que ce concert là fera date et qu’il y aura un avant et un après Trianon. Souhaitons à Louis Delort et The Sheperds de rester sur cette voie royale.

Magali MICHEL.

(Il ne serait pas juste d’oublier de citer Selim – Joseph Chédid à la ville – qui a réussi à entrouvrir la porte de son univers unique l’espace de quelques titres, en première partie de soirée. Paranoïa, le clip réalisé par sa soeur Emilie, vient d’être dévoilé et démontre combien la tribu Chédid n’en finit plus de produire des artistes aux palettes si différentes. Une belle découverte.)

– L’album, dont la sortie est fixée au 20 octobre, est déjà disponible en pré-commande sur Itunes. –

En scène, ça tourne!

Cette fois, on y est ! Balayés les derniers grains de sable, foutus squatters de nos Converse post baignades. Estompé le bruit mécanique des vagues échouées sur le rivage. Même si la météo la joue fourbe et tente de faire diversion pendant que les feuillages décrochent, la rentrée n’est pas belle mais bien là. Ses réveils anticipés, ses périphériques saturés. Et sa course constante. Pas le jogging matinal parmi les pins. Non ! la course contre le temps, la course pour tout et souvent pour rien. Il y a de la grise mine sous le bronzage. Bonne nouvelle pourtant : la rentrée 2014 sera un bon millésime. Coté concerts, le plus difficile sera donc de choisir. A vos agendas!

Beck.

Le 11 septembre, Beck sera au Zénith de Paris avec Sean Lennon (oui, le fils de!) Le songwriter le plus prolifique de ces dernières années devrait encore une fois faire salle pleine. Deux jours plus tard, lui succédera la sublime Lauryn Hill (ex-Fugees) et son soul si maîtrisé. Changement radical de registre le 30, avec The Libertines et son incontrôlable leader, Pete Doherty. Quand le musicien est dans un jour « avec », ou plutôt sans ses démons énivrants, la performance est au rendez-vous et le moment toujours mémorable.

Dans la série, gros barnum, Jay Z et Beyonce installeront leur « On the run Tour » au Stade de France les 12 et 13. Il va falloir jouer vite pour tenter de reprendre « Single Lady » avec la belle dans les tribunes de Saint-Denis car le second soir est complet et le premier le sera sous peu.

Américaine aussi mais dans la série « old legend » cette fois, Joan Baez organise son sitting à l’Olympia du 30 septembre au 7 Octobre. L’ égérie du folk contestataire des années 60 est en tournée mondiale depuis plusieurs mois; la « Dylan au féminin » a toujours autant de succès et il ne reste plus que quelques places pour les deux derniers soirs.

Des airs contestataires aussi souvent chez Sanseverino qui s’attaque cette fois au répertoire des années trente. Ce nouvel opus, intitulé « Le petit bal perdu », sera (notamment) interprété dans le cadre intimiste du Divan du Monde (Paris) le 20, deux jours avant la sortie de l’album.

Christine and the Queens.

Ca chauffera aussi du côté des tour-bus: Florent Pagny s’élancera le 15 pour trois mois. Pascal Obispo poursuit sa tournée triomphale jusqu’au 19 décembre. Etienne Daho, largement rassuré par sa tournée estivale, promènera son « Diskonoir Tour » du 27 septembre jusqu’au 20 décembre. CharlElie Couture a momentanément oublié ses toiles et son atelier new yorkais pour revenir le temps de quelques dates, du 22 septembre au 23 Novembre. Miossec sera voyageur du 7 Octobre au 8 décembre. Michel Jonasz et Jean-Yves d’Angelo, son complice de toujours, reposeront leur « Piano Voix -saison 2 » du 19 septembre au 30 Mai pour vingt-cinq dates, avec passage au Casino de Paris le 6 février. Quant à la nantaise Christine and the Queens, véritable révélation 2014, désormais entourée de danseurs et musiciens, elle se promènera (après son passage au Festival Scopitones de Nantes) jusqu’à la fin de l’année.

En septembre encore, Louis Delort et The Sheperds se remettront en route. Plusieurs dates de la tournée avaient été reportées, le premier album du groupe étant repoussé à l’automne. Tout est désormais prêt pour le partage. De quoi réjouir leurs nombreux fans que les premiers extraits avaient rendu très impatients. Le 20 septembre, le groupe sera en concert à la Chapelle Vendomoise (Loir et Cher) – à noter en première partie, la présence d’Al Delort (oui, le père de!), incomparable jongleur de mots, observateur aigu de la vie et de ses errements- avant une tournée jalonnée de nombreuses dates dont le Trianon (Paris), le 9 octobre.

Louis Bertignac démarrera au Divan du Monde (Paris) le 9 Octobre une série de concerts intimistes puis enchaînera sur une tournée de salles plus importantes l’an prochain. Son nouvel album est lui aussi très attendu.

Kyo, qui a réussi son retour après une décennie de silence, démarre son « Graal Tour » le 2 octobre (Olympia le 23, déjà complet) et le poursuit au moins jusqu’à la fin février. Le trio anglais de London Grammar repassera en France pour quatre dates exceptionnelles (dont Dijon le 30 septembre et le Palais des Sports de Paris le 22 Octobre). Anglais lui aussi, Lewis Watson sortira ses guitares le 6 octobre au Casino de Paris.

FFF, qui a été de tous les festivals ou presque cet été, poursuit sa route. Après Bayonne le 8 septembre, ce sera Le Petit Bain (Paris) dans le cadre des « Villes des musiques du Monde ». Même chose du côté de Skip The Use. Redémarrage le 25 septembre à Dijon pour deux mois dont une escale au Zénith de Paris le 10 octobre.

Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc créeront l’évènement au Palais Omnisports de Bercy du 5 au 9 novembre. Plus de 80.000 spectateurs et une billetterie prise d’assaut sitôt l’ouverture. « Les Vieilles Canailles » font recette. Respect.

Bercy, qui est en pleine rénovation, restera ouvert pour quelques soirs supplémentaires et accueillera Kylie minogue le 15 novembre, Elton John le 19, les Shaka Ponk le 20, Lenny Kravitz le 23 (sa tournée se poursuivra ensuite en France) et la toujours étonnante Lady Gaga le 24. Fort du succès de son dernier album, disque de platine quelques jours après sa sortie, Calogero y allumera ses « feux d’artifices » le 22 avant de poursuivre sa tournée pour plusieurs mois.

Ed Sheeran sera en concert à Villeurbanne le 22 Novembre et le 27 au Bataclan (Paris) avant de revenir pour plusieurs dates exceptionnelles en février. Sa présence de ce côté ci de la Manche est un évènement qu’il vaut mieux ne pas rater car le monde entier s’arrache ce jeune britannique, dont on ne compte plus ni les tubes, ni le récompenses.

De quoi tenir jusqu’aux fêtes de fin d’année. Au moins. Choisir, c’est renoncer dit-on. Malin!! Et celui qui n’a pas envie de renoncer, il fait comment ?

Magali MICHEL.

Premier festival triomphal pour Louis Delort & The Sheperds!

Louis Delort et The Sheperds étaient au programme de cette nouvelle édition du Festival de Poupet. Une heure trente de concert enthousiasmant et d’émotions partagées.

On les avait quittés un mercredi ensoleillé de Février. Ultime étape des concerts sauvages, dans la magnifique cour de la Compagnie-Théatre de Nantes. Les cinq titres sonnaient déjà magnifiques. Accord parfait entre la voix chaude et puissante de Louis Delort, les cordes de Théo et Valentin Ceccaldi, la guitare de Jean-Etienne Maillard et les percussions de Lucas Goudard. Entente visible et complicité sans faux semblant parmi les troupes.

On attendait alors avec impatience de voir ce que l’album, encore en gestation, pourrait donner. Même chose pour les concerts. Dopés à l’énergie et à l’envie, forcément. Mais quelles couleurs, quel habillage pour les textes que nous ne connaissions que partiellement. On avait eu quelques échos (largement positifs) du concert qui avait suivi la résidence Lilloise. On avait du renoncer à la Cigale, le 27 Juin, étape symbolique car première date parisienne, pour concurrence déloyale avec un autre groupe qui jouait au Stade de France. Sur le papier, ça fait moche ! En vérité, loin de là car les premières dates d’une tournée débroussaillent souvent le chemin et ce n’est pas dans le drôle de mixt stress-euphorie que se dessinent les meilleures soirées. Quand vient trop de potes, trop de vrais faux amis aussi souvent, ceux là même qui ne diront pas forcément les deux ou trois détails à revoir. Même s’il faut bien reconnaître que ce passage à la Cigale a fait l’unanimité, accueil formidable du public et échos impressionnés de la critique. Et fait naître chez nous quelques regrets.

La tournée ayant été réorganisée et quelques dates reportées , rendez-vous était enfin pris ce 15 juillet où Louis Delort et The Sheperds (au complet depuis le retour de Victorien Berger à la basse) étaient programmés dans le cadre du Festival de Poupet. Un théâtre de verdure magnifique, au cœur du bocage vendéen, près de 5.000 personnes chaque soir et surtout une manifestation presque trentenaire, devenue une étape incontournable des plus grandes tournées. La veille, Placebo faisait exploser l’ambiance. Vanessa Paradis succéderait le lendemain. Et personne n’avait oublié les sets de Ben Harper, Hallyday ou Noah lors des éditions précédentes.

Certains auraient été impressionnés par ce vécu, par ces milliers de personnes qui seraient là pour eux dans quelques heures…. mais aussi quand même un peu pour Christophe Maé, tête d’affiche de la soirée! Certains… mais pas eux qui affichent leur bonne humeur avec constance. Les balances auraient de toutes façons dissipées les dernières traces d’éventuelles angoisses. Utilisées sans temps mort, elles avaient permis de vérifier que tout était en place. Surtout, elles avaient levé un coin du voile. Ne pas se fier à leur jeunesse et à leurs gueules d’ange, cette bande là allait envoyer du lourd.

La preuve à 20h pétantes, quand « La Rumeur » ouvre le concert. Installé au piano, Louis Delort chante avec la fougue convaincante de celui qui veut faire passer le message jusque dans les rangs les plus éloignés. Il ne se laisse aucun répit. Les fans (nombreuses) exultent. Le public qui ne le connaissait qu’au travers de The Voice ou de « 1789 » reste scotché par ce jeune homme en chemise noire qui a le sourire si cool entre deux titres mais dont les chansons ressemblent à des cris déchirés. « Saint-Exupéry » est sublimée par le duo violon-violoncelle. « M’appelle pas chéri » est taillée pour la scène. S’appuyant sur sa facilité naturelle à jouer, Louis Delort entonne les paroles et distille ses désillusions en regardant le public comme si c’était lui, cette autre qui l’avait mis dans cet état là. Il arpente la scène, serre les poings. On le dirait vieux briscard de la chanson, le type qui aurait une vingtaine d’Olympia au compteur. Entre deux applaudissements, les commentaires fusent. « Tu connaissais ? qu’est ce que c’est beau ! Quelle voix! Quels musiciens!! » Les ados dont les mères échangent ces propos ont le sourire. Elles, elles connaissaient! Ensuite, forcément, quand surgissent les premiers accords de « Sur ma peau », c’est tout le théâtre de verdure qui se met à chanter, chorale d’un soir vibrant pour les Sheperds. Et Louis Delort en chef de choeur au sourire communicatif.

Il se faufile parmi les musiciens, joue avec Lucas Goudard, assis sur le cube à percussions. « Château de sable », livrée dans son joli écrin acoustique précède « Outre-Manche » qui a tout du tube en devenir. Le texte, succession de jeux de mots pertinents et joyeux, s’accroche aux mémoires grâce à une musique qui invite à chanter.

Les titres s’enchaînent. La voix se joue des difficultés. Dans les graves comme dans les notes beaucoup plus hautes, oscillant entre douceur et puissance, Louis Delort se donne à fond. La setlist a parfaitement distribué les émotions. Après une incroyable version de « Je suis là » croisée avec « Hey Jude » des Beatles, où les musiciens laissent exploser leurs talents dans un plaisir évident, « La sentinelle » réussit à imposer son émotion. Les mots font silence. Louis Delort à la guitare, Jean-Etienne Maillard et Théo Ceccaldi en choristes. Bouleversant.

Après une heure de concert, le public n’a pas envie de les voir partir. « Sans retour » la bien nommée fermera pourtant la soirée, ultime envoi impressionnant d’énergie. Jusqu’au bout, jouer et convaincre. Puis sortir sous de longues minutes d’applaudissements.

Quand d’autres se perdent dans des chansons kleenex, voix modifiée reprenant des textes insipides, généralement en anglais, sans doute pour mieux cacher l’immensité du vide, Louis Delort a eu le bon goût de n’écouter que ses envies, son amour des textes bien faits et des belles musiques. Généreux, il refuse d’être le seul à capter la lumière et partage véritablement la scène avec son groupe. Il prend son temps comme un artisan peaufine ses pièces pour ne livrer que de la belle ouvrage. Et tant pis au fond si ce rythme n’est pas celui de la frénésie habituelle du monde de la musique. Puisque ça fonctionne si bien ainsi. Puisque c’est déjà solide et que le public en redemande.

Le premier disque de Louis Delort et The Sheperds sortira à l’automne. L’heure aussi de reprendre la tournée (Avec notamment le Trianon à Paris le 9 Octobre). Aucune crainte, ces gars là ignorent les contre-sens et filent sur la route du succès.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

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