LOLLAPALOOZA PARIS: Galop d’essai largement gagnant !

On le disait promis à l’échec compte tenu du grand nombre de manifestations déjà inscrites dans la capitale : la première édition du Lollapalooza parisien a été un immense succès et accueilli près de 120.000 spectateurs en deux jours. Ambiance unique et programmation pleine de hits. 

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce premier Lollapalooza aura fait du bruit… Et pas seulement du côté de ses quatre scènes. Entre les âmes chagrines qui considéraient qu’aller fouler les pelouses de Longchamp ces 22 et 23 juillet était « trahir la cause » (celle des fests ancestraux et indépendants comme le Hellfest, clairement identifié musiques extrêmes, le Download France, qui, bien que mis en place lui aussi par Live Nation, avait une couleur encore roots le rendant « acceptable » aux yeux de puristes un poil sectaires, et bien sûr de toutes ces autres manifestations déjà très installées, des plus grosses aux plus modestes dont la trésorerie est chaque année à la peine) et ces autres qui ironisaient sur la programmation trop « têtes d’affiches US »… Chacun y allait de son acidité.

Jack Lang lui même s’est largement répandu. A l’occasion de cette arrivée, l’ancien Ministre de la Culture « déplorait l’invasion de multinationales américaines sur la vie musicale française » et appelait les pouvoirs publics à s’emparer enfin du sujet. « Live Nation étend son empire sur l’organisation de concerts en France et en particulier à travers le festival Lollapalooza, le groupe américain AEG, déjà présent dans le capital de Bercy, rachète Rock en Seine tout en bénéficiant de subventions locales (600.000 euros attribués par le Conseil Régional d’Ile de France, NDLR). La prise de pouvoir par ces groupes risque de tuer la diversité et de mettre en péril les festivals indépendants. »

Des propos auxquels l’organisateur a répondu via une déclaration à l’ AFP que « le Lollapalooza était une initiative locale, mise en place par Live Nation France, société française de soixante-cinq salariés, qui a employé pour la circonstance 1.500 personnes, toutes rémunérées (comme c’est aussi le cas sur le Main Square et le Download, autres festivals maison, NDLR) et cela sans bénéficier de la moindre subvention publique. Matthias Leullier, directeur général adjoint de Live Nation France, ajoutant qu’il était « dommage d’être mis dans le même sac que des opérations capitalistiques alors qu’on est une entreprise qui souhaite s’inscrire localement et dans la durée. »

Perry Farrell.

Les plus entêtés ont cru voir dans le Lollapalooza la cause de la baisse de résultats du dernier Solidays, organisé quelques semaines plus tôt sur le même hippodrome de Longchamp. Ce serait bien pratique de pouvoir identifier aussi vite le trouble recettes. Mais quand on sait que plus de 40% des billets d’entrées ont été achetés par des touristes étrangers de passage en France, on voit bien que c’est un peu court. Quant à ceux enfin qui considèrent que ce festival lancé en 1991 outre Atlantique dans une vingtaine de villes avant de trouver refuge voila douze ans à Chicago pour un week-end annuel, exporté ensuite au Chili, Au Brésil, en Argentine puis à Berlin en 2005, ne serait pas validé par Perry Farrell… Il va falloir rager ailleurs. Le leader de Jane’s Addiction, qui avait pensé et mis en place le Lolla pour la première tournée d’adieux du groupe, puis vendu sers parts à Live Nation voilà une dizaine d’années, foulait les allées du site parisien, incognito sous son borsalino noir et ses lunettes de soleil, mais visiblement ravi. Exit donc la polémique! Si le débat se justifie pleinement sur la programmation copier-coller de dizaines de manifestations, sur la difficulté pour les artistes à jouer sur ces scènes là, sur les subventions historiques devenues peau de chagrin aussi, il ne peut pas faire étape ici où l’indépendance financière est la clé de voûte de l’organisation.

Alors le Lolla, comment c’était vu du public et loin de ses joutes polémiques? La réponse est unanime : c’était vraiment top! Décor impressionnant (une Tour Eiffel géante et scintillante au milieu du site – dommage que le dimanche il ait fallu protéger l’édifice par des barrières, des imbéciles ayant tenté des escalades aussi ridicules que largement alcoolisées -, la déclinaison du nom sous de multiples formes disséminées sur tout le site, des ateliers couronnes de fleurs, paillettes, une restauration aussi large que variée, du burger au stand vegan en passant par les tortillas, les crêpes, les bières de brasseries locales, les éclairs (souvenirs émus des fameux «éclairs de génie»).

Les organisateurs avaient également convié six chefs (dirigés par le médiatique Jean Imbert) chargés de mitonner une cuisine plus haut de gamme mais restant accessible (entre 10 à 15 euros) histoire de s’offrir un autre plaisir entre deux frites merguez. Yann Couvreur, Christophe Adam, Juan Arbelaez, Yoni Saada, l’étoilé Eric Guérin et Denni Imbroisi ont relevé le défi et se disent prêts à rempiler l’année prochaine.

Original encore le Tailor Shop de Levi’s. (La file d’attente signait le succès de ce stand où on pouvait faire custumiser et offrir une autre vie à ses vestes et jeans grâce à des pin’s et patch bien rock ou pop). Bonne idée aussi que le Kidzapalloza. Niché dans un coin plus tranquille de l’hippodrome, les plus jeunes étaient accueillis par une entrée « bulles de savon », pouvaient lâcher leurs envies de coloriages sur d’immenses murs de papier, s’ initier à la musique, se la jouer rock star avec des animateurs incroyables d’enthousiasme et de gentillesse en guitaristes ou chanteurs, des invités surprises (comme Martin Solveig).

Côté ambiance entre les scènes, on avait clairement un pied à Coachella. Pas de tee-shirt de groupes (ou très peu), des tenues citadines plus élégantes que roots (le talon dans la pelouse ou la terre n’est pas le plus confortable. Les multiples blogueuses, désormais qualifiées d’ «influenceuses» compte tenu de leur capacité à suggérer l’achat de produits, s’en souviendront. Celles qui s’étaient vus offrir la possibilité de nombreuses interviews des artistes en présence auraient du savoir que l’esprit ne se mesure pas à une hauteur d’escarpins..).

Le samedi, le casting sauvage organisé par une grande marque de mannequins avait fuité et incité lui aussi à de jolies audaces vestimentaires… refroidies par les températures du soir et la météo maussade du lendemain. Au final, ce public aussi dense que bigarré, ressemblait à une foule assez jeune, joyeuse et incontestablement heureuse de participer à cette première édition parisienne d’un festival mythique.

Imagine Dragons // Main Stage 2.

Lana Del Rey // Main Stage 2.

The WEEKND // Main Stage 1.

Côté programmation enfin, Live Nation avait frappé fort : répartis sur les quatre scènes (dont deux immenses dotées d’écrans de tailles impressionnantes afin de ne frustrer aucun des 60.000 spectateurs présents chaque jour), cinquante artistes (pour l’essentiel venus des Etats Unis) dont les plus grandes têtes d’affiche pop FM du moment : Imagine Dragons (surpris par cette foule aussi dense qui connaissait chaque titre par coeur), Lana Del Rey (la chanteuse que l’on dit lunatique et hautaine a oublié la pluie et offert un concert plein de chaleur, illuminé par ses titres fétiches), The WEEKND, en tête d’affiche du premier soir, (la mega star canadienne aux origines éthiopiennes a fait une entrée sur scène digne de sa renommée de nouveau roi du R’N B et provoqué les larmes des milliers de jeunes femmes qui l’attendaient depuis des heures).

Liam Gallagher // Main Stage 2.

London Grammar // Alternative Stage.

Editors // Main Stage 1.

Liam Gallagher, ex-Oasis, a été fidèle a sa réputation boudeuse et son vocabulaire fleuri mais quand sonne « Wonderwall » ou « Slide away », en hommage aux victimes du Bataclan, difficile de résister, Les Red Hot Chili Peppers, grosse caution rock du dimanche, ont résisté à la pluie et au vent pour lâcher les riffs dont ils ont le secret.

LP // Alternative Stage.

Bear’s Den // Main Stage 2.

Milky Chance // Main Stage 2.

Inoubliables encore, LP (Laura Pergolizzi), la belle américaine auteur du célébrissime « Lost on You », le titre étant repris par une foule encore plus frénétique que celle qui avait accompagné sa première date française, au Café de la Danse, voilà un an, Bear’s Den, surpris par l’accueil que lui avait réservé le Main Square l’an dernier et visiblement porté par cette chaleur renouvelée, les allemands de Milky Chance, élégants autant que survoltés, dont « Blossom », le second opus, est un succès légitime, The Roots, The Hives et leur rock déjanté, l’élégance de London Grammar, Martin Solveig, Editors, Pixies, l’unique et authentique Seasick Steve, ou bien encore Rival Sons ou DJ Snake. Faisant presque couleur d’ Ovni au milieu de tout ça, entre le séduisant Tom Odell et les souvent controversés musiciens de La Femme, IAM a mis tout le monde d’accord devant l’alternative stage. Les marseillais ont trop de bouteille pour ne pas savoir emporter le public,. Amateurs de rap ou pas, leur charisme et leurs tubes ont fait chanter d’une même voix, toutes générations confondues. Et impossible de ne pas citer Alt-J, dont les passages en France sont toujours aussi attendus que rares. Avant leurs deux concerts exceptionnels à Bercy et à Nantes en janvier prochain, les anglais ont connu un succès massif qui glissera ce rendez-vous du Lolla parmi les très gros souvenirs de tournée.

The Hives // Main Stage 2.

Seasick Steve // Main Stage 2.

Rival Sons // Main Stage 2.

Tom Odell // Alternative Stage.

Alt-J // Alternative Stage.

Désormais bien rôdé aux très grosses manifestations, Live Nation, en mettant son savoir faire au service de son immense catalogue, a réussi l’ implantation de ce nouveau rendez-vous dans la capitale. Le blues du public le dimanche soir ne figurait pas sur le running order mais était assez révélateur. Un an moins quelques jours avant… le Lolla an 2!

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

LE FESTIVAL LOLLAPALOOZA DEBARQUE CET ETE A PARIS

Paris deviendrait-elle le dernier spot indissociable de tout festival de renommée mondial? Après le Download qui a désormais sa version française depuis l’an dernier, c’est au Lollapalooza de venir squatter l’Hippodrome de Longchamp les 22 et 23 juillet prochain. Deux jours de pure folie avec des artistes aussi prestigieux que les Red Hot Chili Peppers, Lana Del Rey, Imagine Dragons ou encore London Grammar.

Unanimement considéré comme le plus grand festival du monde avec plus de 120.000 spectateurs par jour, le Lollapalooza, mis en place en 1991 par Perry Farrel, le charismatique leader des Jane’s Addiction,  réunit chaque été plus de 120.000 spectateurs par jour. En stand by entre 1998 et 2003, le rendez-vous ne cesse de se développer depuis son retour. Le succès est tel que la formule s’est exportée au Chili puis à Sao Paulo au Brésil en 2012, puis encore à Buenos Aires en Argentine en 2014. L’ essaimage européen débuté par Berlin, voilà deux ans, se poursuit donc par la France. Et c’est assez logiquement Paris qui a été retenu.

The Weeknd.

Imagine Dragons.

London Grammar.

L’idée est bonne puisqu’outre la forte attractivité de la capitale, aucun autre évènement majeur ne vient se mettre en concurrence à cette même date. Il y a bien la possibilité d’un gros concert au Stade de France mais une date, un artiste seul, ne suffiront pas à jouer les trouble billetterie. Les organisateurs ont de toutes façons mis toutes les chances de leurs côtés avec une affiche exceptionnelle réunissant une cinquantaine d’artistes qui se succéderont durant tout le week-end sur les quatre scènes. Une programmation large mais haut de gamme pour séduire tous les publics.

Red Hot Chili Peppers.

Lana Del Rey.

Dj Snake.

 

La preuve : Samedi 22 juillet, place sera offerte à The Weeknd, Imagine Dragons, London Grammar, The Roots, The Hives, LP, Martin Solveig, Tchami, Skepta, Glass Animals, Milky Chance, Kaleo, Yellow Claw, Oliver Heldens, Crystal Fighters, Jauz, Joyride, Bear’s Den, Black Tiger Sex Machine, Tiggs da Author, Anna Kova, Jeremy Loops, Max Jury, Moksi et Cinnamon.

Dimanche 23 Juillet, après DustyCloud, Henri PFR, Tess, Don Broco, Oscar and the Wolf, Seasick Steve, Tom Odell, Nightmre, Slushii, Alan Walker, Don Diablo, Rival Sons, Walk off the Earth, La Femme, Editors, Liam Gallagher créera l’évènement, suivi par les français de IAM, Mashmello, les Pixiers, Alt-J, DJ Snake, la très rare Lana Del Rey et les Red Hot Chili Peppers.

Live Nation, grand ordonnateur de ce premier Lollapalooza français a fixé le billet journalier à 79 euros. A longchamp, avec un line up aussi recherché, le galop d’essai s’annonce gagnant.

M.M.

– Plus d’infos sur www.lollaparis.com et www.facebook.com/lollapaloozafr/ –

La mixité à succès des 24èmes Vieilles Charrues.

Du 16 au 19 Juillet, les Vieilles Charrues convient le gratin de la scène internationale, une programmation éclectique, pointue et qui glisse le plaisir de la découverte aux côtés des soirées « poids lourds » (Muse, Joan Baez, David Guetta..). Cap sur cette 24ème édition qui sillonne large.

Les terres de Carhaix jouent depuis longtemps la diversité et prouveront cette année encore qu’il n’est de grande manifestation sans la réunion d’artistes confirmés et de petits nouveaux promis à un bel avenir. Les Vieilles Charrues ne dérogeront donc pas à la tradition et les nouvelles révélations de l’affiche 2015 rendent aussi curieux qu’impatients.

Muse.

                                                                                                                    London Grammar.

George Ezra.

Dès Novembre, le festival avait frappé fort en annonçant la venue de Muse en ouverture de sa 24ème édition. La quatrième venue pour le groupe de Matthiew Bellamy et toujours la même frénésie au niveau de la billetterie. En Janvier, l’affiche était complétée par la présence de Lionel Richie, Joan Baez et David Guetta mais également par celle des élégants anglais de London Grammar, de George Ezra, jeune prodige britannique que l’on s’arrache, The Do ( récemment auréolé de la Victoire de la musique de l’album rock de l’année), SBTRKT et Boris Brejcha.

The Prodigy.

La liste déjà sérieusement alléchante vient de s’étoffer de dix-sept noms supplémentaires. Parmi eux,  les anglais de The Prodigy… Une venue qui ne laisse pas indifférents leurs nombreux fans, les musiciens étant particulièrement discrets depuis leur dernier opus en 2009. Mais leur prochain album, attendu fin mars, relance leur carrière et les remet sur la route entamée voilà plus de vingt ans avec leur fameuse musique « big beat », électronique et dance.

                                                                                                                                              Brigitte.

Calogero.

                                                                                                                                                Flume.

Révélés également le duo sensuel BrigitteStand High Patrol, The Stripes mais aussi Archive, Calogero (qui signe avec son dernier album et cette tournée sold out parmi les plus gros succès de ces derniers mois),  Flume, Pierre Lapointe, The Thylacine sans oublier Damon Albarn en compagnie de Tony Allen et Oxmo Puccino, un trio aussi insolite qu’étonnant, réunis exceptionnellement pour cette seule date. La pop, l’afrobeat, le hip hop, la beauté des textes, le leader de Blur, celui de The Good, The Bad and the Queen et le trop rare rappeur-conteur français.

Lauréat l’an dernier de la Coupe du Monde des Festivals,  les Vieilles Charrues savent que rien n’est gagné et que l’équilibre financier est toujours soumis à des aléas qui n’ont pas forcément à voir avec la programmation. La météo peut venir jouer les trouble caisses, le contexte général est également défavorable et rend compliqué les finances d’une manifestation qui ne bénéficie pas de subventions et doit donc compter à 80% sur les festivaliers eux-mêmes. Ils étaient 225.000 à participer l’an dernier pour plus de 175.000 entrées payantes et beaucoup qui auraient souhaité venir davantage mais ne pouvaient s’offrir de journées supplémentaires.  C’est pour répondre à ces envies que l’organisation  a décidé d’instaurer… le paiement en trois fois sans frais ! Une nouveauté à souligner car elle est encore très rare dans les manifestations artistiques. (C’est très simple : A l’achat du pass sur le site officiel des Vieilles Charrues (www.vieillescharrues.asso.fr), il suffit d’activer l’option de ce paiement, l’acheteur est alors débité du tiers de sa transaction, un mois plus tard du deuxième tiers et le solde, le mois suivant, les billets sont envoyés par mail sitôt le dernier règlement). Cela répond à une vraie demande et devrait réjouir tous ceux qui ne savaient pas quelle journée choisir quand les autres dates séduisaient tout autant.

Suite et fin de la programmation dans quelques semaines. La Bretagne, ça vous gagne !

Magali MICHEL.

Crédits photo London Grammar // Sophie BRANDET.

Déjà annoncés :

Jeudi 16 Juillet : Muse.

Vendredi 17 juillet: Archive, The Do, Ez3kiel, Pierre Lapointe, Cabadzi, Boris Brejcha, Laetitia Sheriff, The Strypes, Fragments.

Samedi 18 juillet : Calogero, The Prodigy, Isaac Delusion, George Ezra, SBTRKT, Tony Allen Review Feat. Damon Albarn et Oxmo Puccino, Thylacine, The Shoes.

Dimanche 19 juillet : Brigitte, David Guetta, Stand High Patrol, Flume, London Grammar, La Fine Equipe, Lionel Richie, Joan Baez, Krismenn, Puts Marie, Alem.

En scène, ça tourne!

Cette fois, on y est ! Balayés les derniers grains de sable, foutus squatters de nos Converse post baignades. Estompé le bruit mécanique des vagues échouées sur le rivage. Même si la météo la joue fourbe et tente de faire diversion pendant que les feuillages décrochent, la rentrée n’est pas belle mais bien là. Ses réveils anticipés, ses périphériques saturés. Et sa course constante. Pas le jogging matinal parmi les pins. Non ! la course contre le temps, la course pour tout et souvent pour rien. Il y a de la grise mine sous le bronzage. Bonne nouvelle pourtant : la rentrée 2014 sera un bon millésime. Coté concerts, le plus difficile sera donc de choisir. A vos agendas!

Beck.

Le 11 septembre, Beck sera au Zénith de Paris avec Sean Lennon (oui, le fils de!) Le songwriter le plus prolifique de ces dernières années devrait encore une fois faire salle pleine. Deux jours plus tard, lui succédera la sublime Lauryn Hill (ex-Fugees) et son soul si maîtrisé. Changement radical de registre le 30, avec The Libertines et son incontrôlable leader, Pete Doherty. Quand le musicien est dans un jour « avec », ou plutôt sans ses démons énivrants, la performance est au rendez-vous et le moment toujours mémorable.

Dans la série, gros barnum, Jay Z et Beyonce installeront leur « On the run Tour » au Stade de France les 12 et 13. Il va falloir jouer vite pour tenter de reprendre « Single Lady » avec la belle dans les tribunes de Saint-Denis car le second soir est complet et le premier le sera sous peu.

Américaine aussi mais dans la série « old legend » cette fois, Joan Baez organise son sitting à l’Olympia du 30 septembre au 7 Octobre. L’ égérie du folk contestataire des années 60 est en tournée mondiale depuis plusieurs mois; la « Dylan au féminin » a toujours autant de succès et il ne reste plus que quelques places pour les deux derniers soirs.

Des airs contestataires aussi souvent chez Sanseverino qui s’attaque cette fois au répertoire des années trente. Ce nouvel opus, intitulé « Le petit bal perdu », sera (notamment) interprété dans le cadre intimiste du Divan du Monde (Paris) le 20, deux jours avant la sortie de l’album.

Christine and the Queens.

Ca chauffera aussi du côté des tour-bus: Florent Pagny s’élancera le 15 pour trois mois. Pascal Obispo poursuit sa tournée triomphale jusqu’au 19 décembre. Etienne Daho, largement rassuré par sa tournée estivale, promènera son « Diskonoir Tour » du 27 septembre jusqu’au 20 décembre. CharlElie Couture a momentanément oublié ses toiles et son atelier new yorkais pour revenir le temps de quelques dates, du 22 septembre au 23 Novembre. Miossec sera voyageur du 7 Octobre au 8 décembre. Michel Jonasz et Jean-Yves d’Angelo, son complice de toujours, reposeront leur « Piano Voix -saison 2 » du 19 septembre au 30 Mai pour vingt-cinq dates, avec passage au Casino de Paris le 6 février. Quant à la nantaise Christine and the Queens, véritable révélation 2014, désormais entourée de danseurs et musiciens, elle se promènera (après son passage au Festival Scopitones de Nantes) jusqu’à la fin de l’année.

En septembre encore, Louis Delort et The Sheperds se remettront en route. Plusieurs dates de la tournée avaient été reportées, le premier album du groupe étant repoussé à l’automne. Tout est désormais prêt pour le partage. De quoi réjouir leurs nombreux fans que les premiers extraits avaient rendu très impatients. Le 20 septembre, le groupe sera en concert à la Chapelle Vendomoise (Loir et Cher) – à noter en première partie, la présence d’Al Delort (oui, le père de!), incomparable jongleur de mots, observateur aigu de la vie et de ses errements- avant une tournée jalonnée de nombreuses dates dont le Trianon (Paris), le 9 octobre.

Louis Bertignac démarrera au Divan du Monde (Paris) le 9 Octobre une série de concerts intimistes puis enchaînera sur une tournée de salles plus importantes l’an prochain. Son nouvel album est lui aussi très attendu.

Kyo, qui a réussi son retour après une décennie de silence, démarre son « Graal Tour » le 2 octobre (Olympia le 23, déjà complet) et le poursuit au moins jusqu’à la fin février. Le trio anglais de London Grammar repassera en France pour quatre dates exceptionnelles (dont Dijon le 30 septembre et le Palais des Sports de Paris le 22 Octobre). Anglais lui aussi, Lewis Watson sortira ses guitares le 6 octobre au Casino de Paris.

FFF, qui a été de tous les festivals ou presque cet été, poursuit sa route. Après Bayonne le 8 septembre, ce sera Le Petit Bain (Paris) dans le cadre des « Villes des musiques du Monde ». Même chose du côté de Skip The Use. Redémarrage le 25 septembre à Dijon pour deux mois dont une escale au Zénith de Paris le 10 octobre.

Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc créeront l’évènement au Palais Omnisports de Bercy du 5 au 9 novembre. Plus de 80.000 spectateurs et une billetterie prise d’assaut sitôt l’ouverture. « Les Vieilles Canailles » font recette. Respect.

Bercy, qui est en pleine rénovation, restera ouvert pour quelques soirs supplémentaires et accueillera Kylie minogue le 15 novembre, Elton John le 19, les Shaka Ponk le 20, Lenny Kravitz le 23 (sa tournée se poursuivra ensuite en France) et la toujours étonnante Lady Gaga le 24. Fort du succès de son dernier album, disque de platine quelques jours après sa sortie, Calogero y allumera ses « feux d’artifices » le 22 avant de poursuivre sa tournée pour plusieurs mois.

Ed Sheeran sera en concert à Villeurbanne le 22 Novembre et le 27 au Bataclan (Paris) avant de revenir pour plusieurs dates exceptionnelles en février. Sa présence de ce côté ci de la Manche est un évènement qu’il vaut mieux ne pas rater car le monde entier s’arrache ce jeune britannique, dont on ne compte plus ni les tubes, ni le récompenses.

De quoi tenir jusqu’aux fêtes de fin d’année. Au moins. Choisir, c’est renoncer dit-on. Malin!! Et celui qui n’a pas envie de renoncer, il fait comment ?

Magali MICHEL.

Personne ne pourra résister à l’appel de London Grammar!

Le jeune trio anglais était programmé lors de la dernière journée du Main Square Festival. London Grammar a séduit dès les premières notes. Un moment de grâce dans la Citadelle arrageoise.

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D’abord il y a la voix. Cette voix cristalline et grave qui transporte vers les rives de la mélancolie. Envoûtante. Hannah Reid n’est pas que l’atout charme de London Grammar. Elle en est la pièce maîtresse. Mais il ne faudrait pas sous-estimer le rôle de ses deux complices, Dan Rothman, le guitariste et Dot Major, tout à la fois, batteur et pianiste. Chacun à sa place mais tous portés par un goût commun pour une forme de spleen des temps modernes.

Flashback. Dans les couloirs de l’Université de Nottingham voilà peu, un étudiant gentiment fumiste, rassure sa famille en donnant l’impression de se passionner pour l’économie. Sauf que Dan Rothman lui préfère bien davantage les accords à inventer et les bœufs à improviser dans les recoins des salles désertes. Ca tombe bien. Sa chérie a une co-locataire, étudiante studieuse, guitariste et pianiste, qui aimerait trouver des acolytes pour former un groupe. Hanna Reid et Dan Rothman ont les mêmes envies créatrices. Il n’en fallait pas plus pour que ces deux là se trouvent. Pas beaucoup plus ensuite pour que se noue le lien avec un étudiant de la promo du dessous. A quelques amphis de là, Dot Major, l’allure déjà d’un poète lunaire, un peu oisillon tombé du lit avec sa chevelure (faussement) désordonné, a l’assiduité réelle pour ses cours de langue mais se rêverait volontiers destin plus artistique, lui qui partage ses heures creuses entre piano et batterie. Le duo lui propose une association. La tornade London Grammar était en route.

Pour revenir sur ce passé récent, quelques minutes avant de monter sur la Green Room du Main Square Festival d’Arras ce 6 Juillet, seuls les garçons racontent. Il pleut. Le temps est relativement frais. Hannah Reid préfère protéger sa voix. Non par fantaisie ou caprice. Mais bien animée par cette rigueur et ce professionnalisme qui l’ont toujours habitée. Elevée dans un quartier tranquille de l’Ouest londonien, passionnée de psychologie (atavisme familial… sa mère est psychanaliste), elle a conservé cette volonté de bien faire. Une forme de gravité aussi. On s’étonnerait presque de savoir qu’elle a quand même fini par devenir un peu plus « rock’n roll » (un peu seulement) en fréquentant les nombreux clubs de la capitale anglaise qui jouaient du dubstep, cette musique caractérisée par un rythme très syncopé et une ligne de percussions accompagnée de basses. Apparue à la fin des années 90, très en vogue dans le Londres début du 21ème siècle, le dubstep n’a pas duré mais a laissé quelques influences évidentes chez les compositeurs actuels. « On n’y a pas échappé! » lance Dan Rothman. « C’est notre génération. Mais il n’y a pas que ça. Si je devais trouver les groupes que nous aimons et qui nous inspirent, je dirais Eurytmics, Talk Talk et Portishead. Plein de gens en fait, » s’amuse le jeune homme qui apparaît comme le joyeux drille de la bande.

« Il y a aussi les musiques de films », complète Dot Major, tout en retenue mais s’exprimant dans un français impeccable, ce qui rend l’échange assez surréaliste compte tenu de l’inversion des langages. « Pour « Drive », nous avons adapté « Nightcall » de Kavinsky. C’était une expérience géniale et j’espère que nous aurons l’occasion de recommencer souvent. Enfin, si les gens veulent de nous encore! » Petit sourire timide, une mèche à balayer discrètement. Le jeune homme semble douter encore. Peut-être la raison pour laquelle il ne s’arrête jamais de travailler. Dans le tourbus, entre balances et concerts, il invente des covers, enregistre des sons, crée encore et toujours, sur ses ordinateurs, son piano électronique ou ses djembés.

« Notre musique est assez dépouillée. Il y a une forme de spleen porté de morceau en morceau comme une signature. Mais nous avions envie que ce soit extrêmement moderne, d’où la présence forte de la guitare de Dan et de l’électro. Hannah se sent bien dans ce décor et du coup, elle porte naturellement les paroles que nous avons posées sur ces musiques. L’idée naît parfois de deux accords guitare-piano. Parfois, c’est le sujet qui inspire la partition. C’est assez classique en fait, » tente t’ il de banaliser !

Classique peut-être… Mais surtout d’une incroyable classe. Il aura suffi de deux notes pour qu’Hannah Reid subjugue les milliers de spectateurs massés au pied de la Green Room ce dimanche soir. Un public pas forcément acquis, patinant dans un sol rendu boueux par les pluies incessantes et qui avait hésité entre les paroles-flèches de Détroit sur la Main Stage ou la curiosité pour ce trio que tout le monde s’arrache.

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Superbe dans son fin pull moulant à col roulé noir, ses collants opaques et sa petite jupe noir et blanc, quelques mèches de sa longue chevelure blonde relevées dans un chignon, une bague pour tout bijou. Des yeux azurs. Nul besoin d’artifice quand on a la grâce aussi évidente et la voix grave aussi pure. Hannah Reid a quelque chose de Lana del Rey ou de Lorde. Sans le côté un brin déjanté. Elle enchaîne les morceaux qui ont fait leur jeune succès, commente, s’installe quelques instants au piano droit posé derrière elle. « Nightcall » est forcément de la soirée. Comme ce sublime « Wasting my young years », ode mélancolique à leurs jeunes années à jamais perdues. Le public exulte. Les téléphones enregistrent ce moment de grâce incroyable. Cinquante minutes trop courtes, sans artifices, sans effets spéciaux mais qui laissent totalement muet.

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Après Arras, le trio de London Grammar a mis le cap sur d’autres festivals dont celui de Montreux. A la fin de l’été, il poursuivra par une tournée européenne qui passera par la France. Succès assuré. Viendra ensuite l’heure de la création. L’album qui suit un succès n’est jamais facile car l’enjeu peut brider l’inventivité. On peut pourtant facilement parier que London Grammar n’est qu’au début du succès. Un long, très long succès.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

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