Lomepal en showcase exclusif au Warehouse de Nantes

Il l’a joué franc jeu, comme toujours : Lomepal a annoncé après son récent passage à Bercy qu’il allait marquer une pause, échappée nécessaire pour ne pas être happé par la spirale qui l’emporte depuis des mois. Le succès ne peut pas tout justifier et le musicien ne veut pas se perdre, « ne pas devenir fou », comme il l’a raconté lors de son passage à l’Arena d’Angers le mois dernier.

C’est donc peu dire si le Warehouse (quai des Antilles à Nantes) va créer l’évènement en l’accueillant ce jeudi 12 décembre pour un showcase exclusif. L’un des meilleurs rappeurs français actuels montrera une fois de plus la finesse de ses textes portés par un rap matiné d’electro. Dernier petit tour de piste avant un tombé de rideau… pour mieux revenir d’ici quelques temps. La soirée s’annonce mémorable.

M.M.

– infos, réservations et billetterie via l’évènement facebook: https://www.facebook.com/event ainsi que le site internet du Warehouse: https://www.warehouse-nantes.fr/event/lomepal – 

Lomepal, dernières lumières avant l’éclipse

Le « J Tour » de Lomepal passait par l’Arena Loire d’Angers ce 23 novembre. Un concert impressionnant d’énergie, une ambiance lumineuse pour un rappeur qui compose beaucoup avec ses ombres. Grandiose.

Son dernier passage dans le coin remonte à avril 2018 et c’était au Chabada. Cette fois, c’est une Arena de Trélazé (Angers) pleine à craquer qui l’attend avec une impatience et un enthousiasme manifestes. Lorsque résonne son flow si caractéristique, c’est donc sous une ovation que Lomepal pénètre la lumière.

Il l’avait annoncé lors de son récent passage à Bercy, après cette incroyable succession de dates, le succès au delà de toutes ses attentes d’« Amina » (la réédition de « Jeannine », l’album sorti l’an dernier) et du « J Tour » mis en place dans la foulée, Lomepal frôle l’épuisement et va devoir se mettre en pause durant plusieurs mois. « Je deviens fou. Dans les loges, je n’ai plus le ressort. Et puis lorsque j’arrive sur scène, grâce à vous, l’énergie est là et ça repart de plus belle. Merci! » Des phrases qui font mouche et déclenchent un tonnerre de cris et d’applaudissements.

Arpentant la scène, jouant avec les lumières (impossible de ne pas parler de l’impressionnante scénographie et des jeux de lights dont l’originalité flirte avec l’excellence. Des niveaux de hauteurs différents, des anneaux qui tournoient et se déplacent, ça vise dans tous les sens, c’est plein de ronds et c’est parfaitement carré. Ca offre une mise en abîme lumineuse des refrains d’un artiste qui n’hésite pas à confier ses zones d’ombre), descendant dans la salle pour être encore plus près de ses fans et reprendre « Oyasumi », Lomepal ne s’économise pas.

Tous les succès sont là, « Plus de larmes », « Beau la folie », « Evidemment », mais aussi «Montfermeil», nouveau titre figurant sur « Amina », pour lequel le visage de Caballero apparait en hologramme et apostrophe la salle.

Des tubes, il y en aura encore d’autres, de « Yeux Disent » à « Trop Beau » ou bien encore «1000°C». Le public inconditionnel les connait par coeur et Lomepal pourrait s’arrêter de chanter que les paroles s’enchaîneraient encore sans interruption. Certains attendaient depuis des heures dans le froid avant l’ouverture des portes et malgré les longues heures en station debout, ils ne lâcheront rien. Surtout après cette annonce d’une éclipse de leur idole. Et c’est donc jusqu’au bout du rappel, qu’ils offriront un accueil triomphal à Lomepal. Visiblement touché, le visage porteur des indiscutables stigmates de la fatigue, le rappeur remercie avec sincérité. Il ignore sans doute lui même la durée de la pause qu’il va entamer et qui lui permettra de se ressourcer. Mais il est clair que lorsque sonnera l’instant du retour, il ne risque pas la solitude.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Le « Chocolat Tour » de Roméo Elvis, à consommer avec gourmandise

On l’avait connu arrivant sur scène en conduisant un vélib’. Cette fois, c’est par les hauteurs que Roméo Elvis, lunettes et casquette sur blouson jaune canari, micro en mains et déjà chantant, a atterri ce 20 novembre sur la scène du Zénith de Nantes. En rappel, et sous des cohortes d’applaudissements enthousiastes d’une salle jeune et prête à l’accompagner dans ses moindres refrains.

La dernière fois que nous l’avions vu, c’était à la Sirène, dans le cadre des Francofolies en 2018. Le crocodile était de la partie. Un logo inattendu qui marquait une forme de retour pour la marque dans le monde des sponsors du rap. Mais pas seulement. Une figure symbolique aussi pour un artiste prêt à mordre son parcours avec une envie sans fin.

Car la musique, dans la famille Van Laeken, c’est quasi génétique. Avant d’être le grand frère de la chanteuse Angèle, Roméo Elvis est d’abord le fils du chanteur Marka (et de la comédienne Laurence Bibot). Pour son passage aux Francos, le jeune belge pouvait s’ appuyer sur « Morale 2 », son premier album, sorti l’année précédente et « Morale », l’ EP qui avait lancé son parcours. Il pouvait aussi s’appuyer sur une aisance scénique, une présence et un bagout digne des vieux briscards du métier.

Deux ans plus tard (ou presque), il est resté le même. Un album en plus, « Chocolat », sorti au printemps 2019, et certifié disque de platine en Belgique comme en France. Une jolie récompense qui prouve la fidélité d’ un public qui n’a pas hésité à le suivre dans ses nouveaux chemins, des thèmes parfois plus lourds, proches de ceux abordés par Lomepal, le rappeur qui fait partie de ses meilleurs amis mais qui conservent néanmoins sa propre patine artistique.

Pour le « Chocolat Tour », qui joue sold out à chaque date et emprunte désormais les plus grandes salles de la francophonie, Roméo Elvis a incontestablement pris une autre dimension. Le concert lui-même est un ton au dessus. Le son est ultra précis, les lumières font le show d’un bout à l’autre et le chanteur semble encore plus à l’aise dans ses échanges avec le public. Il lui parle, n’ hésite pas à faire monter des spectateurs sur scène. La complicité avec les musiciens est elle aussi évidente. Mais si les vannes fusent ou les entrées de morceaux peuvent de temps à autre se rejouer, l’ensemble est toujours ultra pro. Les refrains s’enchainent et l’énergie ne diminue jamais.

Longue silhouette jouant avec les ombres dans ses lumières, Roméo Elvis a pris de l’épaisseur. Celui à qui l’ on veut toujours comparer ou opposer sa soeur, comme si la fratrie ne pouvait compter deux talents à succès sans que naisse la jalousie de celui qui ne serait pas encore autant auréolé, est désormais dans la cour des grands. Il y joue avec une aisance déconcertante. La meilleure des histoires belges. Et comme elle ne s’annonce pas courte, elle n’en sera que meilleure.

Magali MICHEL.

Crédit Photos // Sophie BRANDET.

FRANCOFOLIES DE LA ROCHELLE 2019 : MIXAGE GAGNANT

Les Francofolies de la Rochelle souffleront leurs 35 ans du 10 au 14 Juillet prochains. Pour célébrer l’évènement, la programmation a vu les choses en grand. Patrick Bruel, -M-, Christine and the Queens, Soprano ou bien encore Coeur de Pirate, Angèle, Alain Chamfort, Benabar ou Lomepal, la fête sera belle sur les rivages charentais.

Evidemment, il y a le cadre. Difficile de le nier, la Rochelle, ses quais animés, son Vieux Port, ses rues piétonnes qui vibrent au rythme des échos du parking Saint-Jean d’Acre voisin, ces foules assises de l’autre côté du chenal faute d’ avoir pu trouver le précieux sésame permettant l’accès aux cinq soirées les plus festives de l’année, tout cela fait aussi partie intégrante de la magie des Francos, de cette ambiance que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Mais la beauté du site ne fait pas tout, le soleil couchant sur les bateaux de l’école de voile jouxtant la grande scène n’ a en son temps pas suffi à endiguer la fuite du public. La météo (seul facteur imprévisible) n’avait pas aidé mais elle n’explique sans doute pas tout. Après une légère refonte, les Francofolies ont repris du poil de la bête et s’affirment depuis plusieurs années comme l’un des festivals majeurs, l’un des grands rendez-vous de l’été.

Les fameuses « Fêtes à… » voulues par Jean-Louis Foulquier, le père fondateur, mettant autour d’un invité central une bande de copains, ont laissé des souvenirs inoubliables. Les concerts plus intimistes dans la jolie salle de la Coursive ont permis des découvertes (ou redécouvertes) d’artistes comme Ben Mazué, Albin de la Simone. Les Francos se dispersent aussi dans d’autres lieux de la ville pour des moments à part et puis il y a en parallèle, les Chantiers des Francos, cette pépinière de jeunes talents où l’on se bouscule désormais pour intégrer ce qui s’est affirmé comme une référence importante pour la suite d’une carrière.

L’an dernier, Orelsan, Shaka Ponk, BigFlo et Oli mais aussi NTM et MC Solaar avaient emporté la foule dans des concerts de pure folie. Sans oublier Véronique Samson, qui retrouvait pour l’occasion sur scène Christopher et Stephen Stills, son fils et son ex compagnon.

Cette année, l’affiche mise sur -M-, dont la tournée ne pouvait faire l’impasse sur La Rochelle. Egalement présents le 10 juillet jour d’ouverture, Angèle, Gaëtan Roussel, Camélia Jordana et Bertrand Belin ou bien encore Radio Elvis, l’un des groupes français en pleine ascension.

Christine and the Queens (qui souhaite se faire appeler Chris désormais) se produira le 11 Juillet, tout comme The Blaze, Synapson, Deluxe, Hocus Pocus (qui pour l’occasion invitera C2C) Alltta et Parrad, Kimberose, Vendredi sur Mer. Ce jour là offrira aussi le plaisir de retrouver Dick Annegarn.

Mass Hysteria // 12 Juillet // La Sirène. 

Coeur de Pirate // 12 Juillet // La Coursive.

Lomepal // 12 Juillet // Scène Jean-Louis Foulquier.

Si la soirée précédente faisait la part belle à l’electro, celle du vendredi 12 sera marquée par une montée en puissance des décibels et une présence plus inédite d’un rock à la frontière du metal. Mass Hysteria, qui semble truster des chemins plus mainstreams après l’incroyable succès de la tournée de « Matière Noire » laissera exploser ses riffs sur la grande scène, tout comme les incomparables nantais d’Ultra Vomit et leur heavy metal parodique ou bien encore Pogo Car Crash Control. Autres artistes de cette journée où choisir sera difficile, Coeur de Pirate, IAM Symphonique, Lomepal, la jeune Aya Nakamura, Columbine, Minuit et Renan Luce qui revient avec un nouvel album prometteur.

Mixité des genres réussie le 13 juillet avec Jean-Louis Aubert, qui s’est produit précédemment dans beaucoup de théâtres ou lieux plus petits que ceux auxquels il était habitué, Broken Back, la Grande Sophie et son univers entre force et poésie, Alain Chamfort, dont le dernier opus est tout en émotion, Canine, L.E.J., Boulevard des Airs, qui enchaîne les concerts à guichets fermés et Soprano, reparti en mars sur les routes avec un show encore plus impressionnant que son Everest précédent.

Jean-Louis Aubert // 13 Juillet // La Coursive.

Charlotte Cardin // 14 Juillet // La Coursive.

Jérémy Frérot // 14 Juillet // Scène Jean-Louis Foulquier.

Zazie // 14 Juillet // Scène Jean-Louis Foulquier.

Histoire de boucler la fête en beauté en ce jour de 14 juillet, les Francos ont convié Flavien Berger, Bénabar (dont le sens de la fête n’est plus à démontrer) et ses invités surprise, Joyce Jonathan, la très belle canadienne Charlotte Cardin, Jérémy Frérot, qui n’a plus son acolyte pour partager l’espace mais n’a visiblement rien perdu dans le coeur de ses fans si on en juge par la facilité avec laquelle il remplit les salles, Zazie qui a signé un retour en beauté avec son dernier album dont les ventes se sont envolées, les corréziens de Trois Cafés Gourmands et Patrick Bruel dont le dernier spectacle a vu les choses en grand et qui prouve plus de trente ans après la Bruelmania qu’il reste l’un des ténors de la chanson française.

La liste est longue mais loin d’être exhaustive. La folie va jouer franco sur les scènes rochelaises, entre surprises et audace, poids lourds de la scène et artistes en plein essor, la 31ème édition devrait faire du bruit.

Magali MICHEL.

www.francofolies.fr