BigFlo & Oli, dernier tour de piste avant l'absence

Ultime tour de piste avant de s’éclipser pour composer leur nouvel album, Big Flo et Oli repassaient par le Zénith de Nantes ce dimanche soir. Un nouveau show encore plus haut, encore plus fort et des rappeurs au sommet de leur forme.

C’est le tandem du superlatif. De la réussite XXL. Le triomphe bien plus que le succès. Le platine bien au delà de l’or. En cinq ans à peine et en n’ayant sorti que trois disques, Big Flo et Oli, les deux frères Ordonez, ont du rendre jaloux la plupart de leurs collègues musiciens qui rament pour trouver leur public. En 2015, « La Cour des Grands » est certifié disque d’or quatre mois après sa sortie puis disque de platine. « La vraie vie » deux ans plus tard n’attend pas trois semaines pour être frappé de l’or, trois mois pour être disque de platine et finir triple disques de platine (300.000 exemplaires vendus) au printemps suivant. Forcément, puisque jamais deux sans trois… « La vie de rêve » livré en novembre 2018 ne mettra qu’un mois à connaître lui aussi la couleur du platine. 

Des performances record qui laissaient peu de place à l’angoisse quand se sont dessinées les tournées: les billets s’arrachent et les salles ne sont jamais assez grandes pour accueillir les fans.

La preuve en ce dimanche 26 Janvier au Zénith de Nantes : c’est le quatrième passage des rappeurs et c’est une fois de plus plein à craquer. Plus une place à vendre depuis des lustres. Et ce n’est pas l’annonce d’une mise en retrait imminente pour composer le prochain album qui aurait pu calmer les ardeurs du public. Certains sont même venus camper devant les portes dès 6h du matin, bravant le froid et la pluie, pour être au plus près de la scène. Big Flo et Oli ou Rolling Stones, même combat ! Et pour tromper l’impatience, à défaut de pouvoir réaliser la photo de leurs rêves avec leurs idoles, c’est avec… leur garde du corps que cela se fait. Celui qui se définit comme athlète avec sa carrure de molosse, capuche de sweat sur la tête, accepte toutes ces demandes de selfies et prend la pose au fil de sa déambulation parmi la salle. A peine souriant. Le selfie avec le garde du corps parait quand même la version un peu light du selfie avec l’artiste. 

Avant de s’éclipser et pour boucler cette nouvelle tournée pour laquelle le mot triomphe semblerait presque faible, les toulousains ont dessiné un ultime tour de piste en dix dates à travers la France. Avec une nouvelle scénographie, d’autres titres. Histoire de partir en apothéose et de ne pas se contenter d’une pâle redite.

A 21 heures précises, Jamel joue les coach, Michel Drucker pilote l’hélicoptère de ses souvenirs, Gad Elmaleh analyse leur stade et dans un entretien drôlissime (qui déclenche une ovation), Didier Deschamps les entraine vers des terrains où ils n’iront pas. Il y aura même Will Smith. Pourquoi se gêner ? Tous leur conseillaient de frapper fort: pari tenu. 

Dès les premiers titres, c’est l’explosion de riffs, de paroles uppercut, de fumée et d’artifices. Trois titres plus tard (ce qui est frustrant pour les photographes qui n’ont comme partout que les trois premiers morceaux pour shooter), le show prend toute sa dimension et révèle son incroyable scénographie. Au dessus des stands du glacier, de la baraque à kebab, autour de l’immense porte d’immeuble, le quartier s’anime. Des écrans surgissent de toutes parts, tout est calé au fragment de seconde près. Les images défilent, les souvenirs aussi, le rire n’exclut pas la tendresse comme avec ce joli moment dédié à leur père, lui qui est sans doute pour beaucoup dans ce succès tous azimuts. 

Superbe surprise, Fabian Ordonez (qui vient de se laisser convaincre pour sortir « El Padre », son propre album), débarque sur scène rejoindre sa progéniture. Le chanteur de salsa d’origine argentine, du haut de sa soixantaine, semble le frère ainé de Big Flo. Le jeu de jambes est solide et la voix emporte aussitôt. Olivio l’accompagne à la trompette, Florian montre sa maestria à la batterie. Bon sang ne saurait mentir! On se dit que les soirées à Toulouse ont toujours du ignorer l’ennui. Les applaudissements tonitruants des 9.000 spectateurs valent tous les mots.

La soirée se poursuivra ainsi durant deux heures. Sans temps morts. Avec un tour d’horizon parfait de leur carrière, d’autres émotions fortes comme lors de cette évocation inattendue de l’exil et de l’immigration. « Rentrez chez vous » offre une vague de frissons qui laisse sans voix. 

Lorsque les lumières de la salle se rallumeront, certains auront du mal à repartir. Blues de fin de soirée. Mélancolie du doute. Leurs idoles reviendront, c’est certain… Mais quand ? Big Flo et Oli ne se mettent pas la pression, ils vont même décrocher des réseaux sociaux afin de ne pas se laisser distraire mais ils ont pleinement conscience que l’impatience est déjà là. Pour eux, partir ne devrait pas pas être « mourir un peu ». L’enjeu est plutôt de savoir créer aussi fort que les trois albums précédents. Nul doute pourtant que le sceau de la réussite frappera encore. Avec pareille trajectoire, les deux frères ne pourront bientôt plus se contenter des Zénith. Ils seront alors au stade… des stades, n’est ce pas Gad Elmaleh?

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

COCOON RECHAUFFE LE VIP DE SAINT-NAZAIRE  

En tournée avec « Wood Fire », sorti à l’automne dernier, Cocoon faisait escale ce 21 Décembre au VIP de Saint-Nazaire. Un concert à l’ambiance intimiste malgré une salle pleine à craquer où se retrouvaient les fans de la première heure, ceux pour lesquels ce groupe à la pop folk unique a toujours eu une place à part.

Quinze ans déjà depuis la création par Mark Daumail de Cocoon. Un parcours rythmé par quatre albums, des succès extraordinaires, des tournées de plus de deux cents dates en France mais également à l’étranger, des Etats-Unis à l’Australie en passant par la Chine, des passages dans les plus grandes salles parisiennes, des présences sur des bandes originales de films comme «L’Arnacoeur » (2010) avec Romain Duris et Vanessa Paradis, des reprises en série pour des spots publicitaires (Peugeot, Volkswagen, SNCF, Danone et plein d’autres encore). Sur la papier, le résumé parait facile. Sur le terrain, le milieu de la musique subissant des évolutions pas toujours favorables, il n’est pas simple de se faire programmer, de mettre en place des tournées et de remplir des salles. Et c’est un euphémisme que de le répéter, mais le temps n’arrange rien à l’affaire. Mêmes les têtes d’affiche les plus médiatiques ont du renoncer et raccourcir leur tournée… voire même l’annuler purement et simplement.

Certains s’essaient à la promo par courtes escales entre deux Cultura et trois Espace Culturels Leclerc. D’autres préfèrent maintenir des showcases dans les FNAC… Mais toutes ne sont pas forcément dotées d’espaces dédiés alors se produire devant les derniers aspirateurs ou la machine à express en vogue ajoute une vraie dose de perplexité et démotive parfois les plus enthousiastes.

Largement conscient de ces nouveaux marqueurs, Mark Daumail avait préféré organiser avant l’ été une mini tournée acoustique baptisée « Cocoon Spark Tour 2019 Warm up acoustic shows » en préalable à la sortie de « Wood Fire ». De quoi offrir un live épuré avec la présence de choristes, dans des lieux plus insolites et offrir un joli pelle-mêle de succès anciens et de titres encore inédits. Une initiative porteuse car ces quelques dates ont toutes fait le plein et une vraie curiosité a précédé la sortie de l’album doublée d’une demande d’un retour sur scène beaucoup plus long. 

C’est cette impatience aussi enthousiaste que curieuse qui régnait en cette fin décembre au VIP de Saint-Nazaire. On savait que la formation d’origine n’était évidemment plus là, que d’autres voix s’étaient greffées mais la « saveur » Cocoon, cette couleur unique qui constituait sa marque de fabrique y aurait elle survécu ? « Back to one », le premier single du nouvel album, conçu entre Paris, Bordeaux, la Toscane, Tel Aviv, la Norvège et Los Angeles, avait frappé fort. Qu’en serait il sur scène?

Dans une ambiance pleine de douceur et de chaleur, la mise en scène lumières rappelant les éclats des feux de bois, Cocoon n’a pas mis longtemps a emporté le public. Suite personnelle de « Welcome Home », le précédent disque qui marquait à la fois la renaissance du groupe après quelques années de silence et évoquait superbement la naissance du fils de Mark Daumail, « Wood Fire » est plus sombre avec des textes très forts sur le couple, son évolution et ses tournants pas toujours heureux. Des chansons assez courtes, des paroles incisives, entre lesquelles son auteur échange avec son auditoire avec force second degré, sur la vie comme sur  la place des réseaux sociaux… 

Le public, conquis d’avance, écoute avec attention et se laisse prendre par ces morceaux portés par des voix qui se mélangent et se complètent de façon rare. Des titres anciens sont également de la soirée, pas forcément les plus connus alors les redécouvrir est un plaisir supplémentaire, petites bulles offertes comme de soudaines surprises.

Une heure trente plus tard, « Cocoon » éteindra son feu de bois. Ne resteront alors que les cendres d’une soirée lumineuse et pleine de tendresse, une petite flamme au creux d’une soirée d’hiver qui n’est pas près d’arrêter de scintiller dans les mémoires.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Mika au Zénith de Nantes: l’enfant terrible a le sens du show

Il l’a dit et répété : « Ce soir, c’est vendredi, dans quelques jours c’est Noël. Alors on a tout notre temps et on va faire la fête. » Et la fête, il l’a créée avec un sens du show et une énergie impressionnants. En plus d’une heure trente de concert sur la scène du Zénith de Nantes, Mika a livré une performance joyeuse, dansante et haute en couleurs.

Il était probablement temps qu’il revienne à sa véritable passion, à ce qui fait de lui cet artiste un peu à part, trublion à la folie créatrice, à la voix hors norme et à l’énergie toujours positive et pleine de bonne humeur. A force de le croiser le samedi soir en juré de The Voice, l’émission à succès de TF1, certains en auraient presque fini par oublier combien Mika était aussi et avant tout un compositeur, chanteur de grande classe, cet artiste franco-libanais dont les succès ont résonné un peu partout dans le monde. 

En reprenant la route avec son « Révélation Tour », bâti autour de « My name is Michael Holbrook », opus sorti en octobre dernier, le trentenaire remet les pendules à l’heure et prouve que «  Relax (take it easy) » ou bien « Grace Kelly » voilà plus de dix ans, n’étaient pas le fruit du hasard. Pas plus que son succès international.

Dopé à l’envie, impatient à l’idée de ce retour sur scène, Mika a conçu un show sans temps mort. L’histoire qu’il raconte est la version revisitée de sa propre vie, remplie d’humour, de second degré mais aussi de tendresse. De chaque coté de scène, entre une avancée aux couleurs gay friendly, ceux qui sont sensés représenter ses parents : un gorille femelle avec son collier de perles et un mâle version pile que l’on pourrait penser échappé de l’atelier de Rodin! Le ton est donné. Les premiers accords d’ « Ice Cream » et « Dear Jealousy », extraits de son nouvel opus, lancent le tourbillon de folie dans lequel il entrainera le public sans jamais le lâcher.

« Relax » fait chanter et danser dans le moindre recoin du Zenith. Le temps dehors est maussade, la période est compliquée pour des dizaines de raisons mais Mika a la bonne humeur si contagieuse qu’il réussit l’exploit de tout mettre à distance l’espace de cette soirée.  

Lorsqu’il descend dans les travées, parcourant la fosse comme les gradins pour chanter « Big Girl (you are beautiful) », la complicité avec le public se manifeste encore plus fort. Ultra souriant, généreux, sa longue silhouette qui frôle les deux mètres déambule en musique, immortalisée par des centaines de smartphones. Les yeux des plus jeunes pétillent comme s’ils avaient croisé le Père Noël.

« Underwater » livre ses envolées lyriques. La voix est unique. La partition, mélodie puissante et toute en émotion, frappe fort. Le moment est magnifique. Tout comme « Happy ending » pour lequel le chanteur réussira l’exploit, dans l’immense zénith nantais où le silence s’est installé, de reprendre les derniers couplets a capella. On ne peut qu’admirer et saluer. Impressionnants et magiques aussi ces passages réguliers devant le clavier d’un piano blanc cerné de lumières et s’envolant dans les airs…

« Love Today » et « We are golden » donneront l’occasion de repousser vers le haut le curseur de la joie. Mika l’élégant a troqué son costume saumon et sa chemise blanche à jabot pour un costume bleu ciel pour finir sur l’incontournable « Grace Kelly », la chanson qui lui a fait rencontrer le succès. « Tiny Love » et « Stay High » boucleront cette soirée. Une  parenthèse enchantée où la joie avait pris toute sa place parmi les notes.

Magali MICHEL.

Crédit photos  // Sophie BRANDET.

Emmanuel Moire a refait de lui son essentiel

Bâti autour de l’« Odyssée », son cinquième album, il était facile d’imaginer que ce nouveau concert aurait des allures de voyage. Et quand on suit Emmanuel Moire depuis ses débuts, il était tout aussi évident que ce voyage serait d’abord et avant tout introspectif. Il l’a été bien au-delà de ce que le public pouvait imaginer. Personnel et intime mais tout en pudeur. Un spectacle émotionnellement très fort où le chanteur semble enfin voler librement.

Jusque dans sa tenue de scène, Emmanuel Moire ne se dissimule plus. Là où voilà quatre ans, il jouait l’élégance dans une veste militaire chic sur jean huilé, il apparait cette fois en tee shirt immaculé sur large pantalon beige, version moderne et européenne du sarouel. Agenouillé au sol, il frappe les percussions au milieu de ses trois musiciens. Comme un retour aux sources de la nature et de la vie. Comme un appel tribal, premiers échos de cette « Odyssée » dans laquelle il a choisi d’embarquer son public.

Lorsqu’il se relève, le changement frappe d’emblée. Le chanteur vient toujours cueillir le spectateur en le regardant droit dans les yeux, au plus proche du bord de scène, mais il y a quelque chose dans la gestuelle elle-même qui a changé… Comme tant de choses dans sa vie. Car durant son absence, Emmanuel Moire a décidé de tout bouleverser pour mieux se (re)trouver, être celui qu’il a besoin et envie d’être. Un coup de balai qui n’a pas épargné l’équipe qui l’entourait depuis près d’une décennie mais muselait peut-être trop ou en tout cas, signait des directions qui ne lui correspondaient plus. Et on sait le risque de la multiplication des fausses routes…

Changement d’équipe donc mais aussi changement d’image. Stop les faux semblants. Depuis quelques temps déjà, Emmanuel Moire avait mis un terme aux paroles qui laissaient croire à une vie amoureuse différente de la sienne. Refusant les sirènes qui lui certifiaient que ce ne serait pas bon pour sa carrière, il avait fait son coming out au cours d’une longue interview dans un magazine. Première étape vers sa liberté.

Sa participation à « Danse avec les Stars », dont il était sorti brillant vainqueur en décembre 2012, a sans doute aussi joué un rôle. La danse offre une aisance et un espace supplémentaire. Ne restait plus qu’à se laisser porter par sa vérité la plus profonde et se donner le droit de les mettre à jour.

Avec les trois musiciens qui l’accompagnent en tournée, Emmanuel Moire a alors composé son «Odyssée», sorti en février, dont un extrait, « La promesse » avait failli représenter la France au concours de l’Eurovision. « A vouloir parler, j’ai fini par me taire jusqu’à oublier qui j’étais pour vous plaire. Au lieu d’assumer, moi j’ai fait le contraire. Est ce que ça vaut la peine de passer toute une vie sous une armure ? » Le message était clair. Et Emmanuel Moire a tenu sa promesse, celle  «d’être fidèle à sa personne.»

Dans un concert superbement conçu, avec les chansons récentes mais n’oubliant pas les succès précédents comme « Beau Malheur », « Ne s’aimer que la nuit » et même « Etre à la hauteur », tube parmi les tubes de la comédie musicale  « Le Roi Soleil », le chanteur se livre comme jamais. Entre le tabouret de son piano ou le tabouret de bar, il parcourt la scène avec l’aisance féline d’un danseur. Ses gestes de bras font penser à un pantin qui se serait débarrassé de ses ficelles et découvrirait soudain la liberté. C’est délié et plein de grâce.

Posant des mots justes et forts au fil du show, ne se laissant pas détourner de ses émotions par les remarques assez lourdes à force de répétitions qui venaient troubler un silence nécessaire, Emmanuel Moire porte beau sa toute récente quarantaine. Il ne se cache plus derrière ses personnages et le message n’en est que plus fort. « La femme au milieu », bouleversant hommage à sa grand-mère et « Sois tranquille », dédié à son jumeau disparu, font couler les larmes et il ne tente pas de dissimuler les siennes. 

En préambule, Emmanuel Moire l’avait expliqué : le changement, c’est difficile au début, compliqué au milieu mais sublime à la fin. A l’image de ce concert hors norme. A l’image de cette reprise de «La quête» de Jacques Brel, il va désormais « tenter sans force et sans armure d’atteindre l’inaccessible étoile ». En homme libre. 

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

PHOTOS REPORT : LOMEPAL AU WAREHOUSE DE NANTES

Après un Bercy qui restera dans les mémoires, devant une salle pleine à craquer où n’aurait pu rentrer encore la plus petite casquette de rappeur, Lomepal avait expliqué qu’il allait devoir se poser pour ne pas se perdre et « devenir fou ». Quelques ultimes concerts (dont un passage magnifique par l’ Arena de Trélazé fin novembre) et le musicien avait plié le ban.

Mais l’éclipse n’aura été que de courte durée : après son « J Tour » au succès impressionnant, devant des salles immenses et toujours sold out, le musicien a repris la route pour une série de showcases exclusifs à travers la France. De Lyon à Bordeaux et d’Annecy à Nantes, où le parisien passait par le Warehouse, quai des Antilles, ce 14 Décembre.

L’horaire de son set était confidentiel et on se doutait bien que ce ne serait pas très tôt mais les fans se pressaient dès minuit pour être au plus près de la scène, enthousiastes à l’idée de cette proximité que les grandes salles ne permettent pas. Une joie qui n’a pas failli et qui a tout donné quand Lomepal a fait son entrée sur scène, aux abords de 3h30.

Avec une setlist revisitée, qui excluait les morceaux les plus lents, le nouveau prodige de la scène rap a fait preuve d’une énergie communicative durant près d’une heure, de quoi faire encore grimper le mercure entre les murs de la discothèque nantaise. Le public a donné de la voix d’un bout à l’autre et offert un accueil unique. Pour tous ceux qui l’auraient manqué, il repassera cet été dans la région. Ce sera au Festival de La Nuit de l’ Erdre. La billetterie devrait s’en rejouir!

M.M.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Nantes au rythme de The Avener

The Avener posait ses platines à Nantes, dans la grande salle de Stéréolux, ce 11 Décembre. Quatre ans après avoir fait danser l’ Hexagone avec « The Wanderings of the Avener », certifié triple disque de platine en France, le DJ producteur niçois a offert un show de haute volée.

Il ne lui aura pas fallu longtemps pour s’inscrire au sommet de la dream team, celle des DJ avec lesquels il faut compter et dont le seul nom suffit à remplir les salles. The Avener (de son vrai nom Tristan Casara) a avancé sans penser à ses comparaisons certes illustres mais surtout intimidantes, avec sa seule certitude et ses envies pour moteur. Un brin de talent et d’imagination aussi visiblement puisque « Fade out lines », le morceau qui l’a rendu célèbre (remix de la chanson de Phoebe Killdeer et The Short Straws), est devenu un véritable hymne electro blues… au point de s’inscrire dans la playlist de Michelle et Barack Obama. Plus de 45 millions de vues sur Youtube. De quoi pousser l’audace quand il a fallu composer les titres de son premier album en 2015: le niçois a frappé à la porte de Bob Dylan, de Lana del Rey ou bien encore de Mylène Farmer. Initiative heureuse, l’opus a été couronné par la Victoire du meilleur album electro.

Un regard sur les platines, un autre vers la salle en mouvements, The Avener mèle sourires et concentration. Les tubes s’enchainent sans temps mort, les sonorités se mélangent avec brio, un détour par le Jazz et la Soul, un autre par le Rythm’n Blues, le tout dans une mise en scène lumineuse porteuse et inventive.

La date nantaise est complète depuis des semaines et il aurait fallu la doubler pour satisfaire les recalés de la billetterie. Un succès qui se renouvelle partout : à Pleyel, la semaine précédente, dans une salle déjà pleine à craquer, le musicien avait enthousiasmé des fans de plus en plus nombreux… au point de devoir programmer un concert dantesque à Bercy (15.000 personnes quand même), le 14 Novembre 2020. Avant cela, The Avener continuera ses détours en Europe avec un passage par les plus gros festivals français, du Printemps de Bourges aux Vieilles Charrues. De quoi donner une seconde chance à ceux qui n’auraient pu se laisser porter par son electro pleine d’inventivité.

Report et crédit photos // Sophie BRANDET.

Aya Nakamura, flamboyante au  Zénith de Nantes

Aya Nakamura, véritable phénomène porté par des milliers de fans, a livré son show ultra rodé sur la scène du Zénith de Nantes ce 12 Décembre. Entre provoc’, sentiments et girl power. 

C’est sans doute l’une des personnalités les plus en vue du moment. Que ce soit pour ses milliers d’albums vendus (son premier album, sorti en août 2017 était déjà disque d’or et le second, «Nakamura», publié voilà un an, est certifié triple disque de platine) ou ses bad buzz, comme lorsqu’elle a salué et remercié ses fans qui « l’encouragent dans ce qu’elle fait » au lieu de les appeler à soutenir le Téléthon après sa prestation lors de l’émission au début du mois. 

Elle est aussi la reine des punch line et n’hésite pas à clasher si elle le juge nécessaire comme elle l’a maintes fois prouvé après sa prestation l’an dernier au NRJ Music Awards où Nikos Aliagas avait eu le tort d’ écorcher son nom de famille. A 24 ans, Aya Nakamura la joue girl power et frondeuse. Une marque de fabrique qui cache probablement une personnalité plus complexe mais qu’elle assume parfaitement. Et ça marche car ses milliers d’inconditionnels la suivent dans ses moindres aventures et connaissent chacune de ses paroles par coeur.

Lors de son concert à Nantes ce 11 Décembre, dans un Zénith plein à craquer, l’excitation était «sonore». Des cris hystériques perçaient de toute part. Des jeunes femmes qui auraient pu être les voisines de pallier de leur idole mais également, plus surprenant quand on voit les histoires qu’elle raconte et la façon dont elle les met en scène, des très petites de six ou sept ans toutes heureuses de « voir Aya en vrai ».

Pour cet « en vrai », le show était réglé comme le papier de sa musique. A 20H30 sonnantes, le rideau est tombé, la neige (la mousse) également, sur une Aya Nakamura drapée dans une énorme doudoune à capuche, entourée de ses danseurs. Une parure hivernale qui n’a pas fait long feu et rapidement laissé place à une combinaison flamboyante à paillettes, collant sur maillot une pièce largement échancré. La jeune femme s’assume et invite ses congénères à faire de même à longueur d’interviews ou de textes dans lesquels elle rappelle que les jeunes filles ne doivent pas se nourrir de complexes, ne pas subir la pression masculine ni accepter les regards racoleurs des garçons. A l’image de son fameux tube « Djadja » – qui signifie le type lambda, celui passe sa vie à raconter des histoires sur les copines sur le ton de la frime – (près de cinq cent millions de vues sur Youtube), devenu hymne bien au delà des cités. 

Que le public s’identifie ou pas à ses chansons, il hurle en tous cas à plein poumons. A Nantes ce soir là, on l’entendait même souvent davantage que la chanteuse. Rarement aussi, autant de portables avaient immortalisé en continu ce qui se jouait sur scène. 

Qu’on l’aime ou pas, il faut reconnaitre qu’ Aya Nakamura a un vrai talent pour faire bouger dans les rangs. Un sourire généreux et parfois timide sur une tenue audacieuse sous les paillettes, des histoires qui font mouche avec des mots de la rue, Aya Nakamura brouille les pistes. La nouvelle idole française du R’n B ne fait pas l’unanimité mais elle sait que l’on ne peut pas plaire à tout le monde et elle se moque bien du reste. Son succès lui offre sans doute la meilleure des réponses. Le reste… elle ne lui offre que son indifférence.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Rien n’arrêtera Claudio Capéo

Claudio Capéo a repris la route des tournées et s’est arrêté au Zénith de Nantes pour le faire chanter d’une même voix. Tendrement jovial.

Qui aurait imaginé en le voyant candidat de la cinquième édition de « The Voice » qu’il n’aurait pas son pareil pour faire chanter les foules ? En 2016, c’est en effet sans son instrument fétiche que Claudio Capéo s’était inscrit, incité par les copains mais également curieux d’obtenir un avis professionnel sur sa voix. Pas question alors de dérouter avec son accordéon que beaucoup pourraient juger « ringard » ou trop connoté. Seule sa voix lui permettrait de franchir les étapes. Il avait bien fait puisque son interprétation de « Chez Laurette » de Michel Delpech avait ému le jury et retenu l’attention des télespectateurs. Mais ce n’était offrir qu’une palette bien limitée de son talent car Claudio Capéo, qui avait déjà à son actif des centaines de concerts à travers l’Europe avec son groupe, après avoir commencé à jouer dans les bistrots et les trottoirs de son Alsace natale, était bien plus que ce chanteur un peu timide, probablement à l’étroit dans une émission un peu formatée.

Showman né, Claudio Capéo n’est jamais meilleur que lorsqu’il est sur scène. Conscient du chemin parcouru, des débuts où il fallait accrocher les promeneurs ou ce public du hasard tapis dans les recoins d’un petit troquet, il savoure chaque instant dans ces salles de plus en plus grandes et ne risque pas la grosse tête. Ses musiciens sont là depuis le début, sa vie n’a pas changé et il ne la jouera jamais star. Les pieds sur terre et les doigts rimés à son accordéon, il veut juste donner et donner encore… pour mieux s’enivrer de l’échange avec son public. La formule est clichée mais chaque minute de ses concerts permettent de la vérifier.

Sur la scène du Zénith de Nantes plein à craquer ce 28 Novembre, Claudio Capéo a levé le voile sur sa nouvelle tournée bâtie après la sortie de son quatrième opus, « Tant que rien ne m’arrête ».  Après une précédente tournée de deux ans, un album certifié disque de diamant, le trentenaire est reparti, sans doute jusqu’à la fin de l’année prochaine.. au moins, car les places s’envolent et il faut souvent programmer un second passage afin de consoler les laissés pour compte de la billetterie.

Devant des toiles immaculées, terrain de jeux idéal pour les ombres et lumières, l’artiste arpente la scène, descend dans les travées, avec une envie et une énergie impressionnantes. Le timbre de voix si reconnaissable porte toutes les émotions. Les titres récents se mélangent aux désormais incontournables « Un homme debout » ou « Ca va, ça va », qui avaient marqué le début de sa célébrité voilà trois ans. Un prompteur discret sur le devant de la scène (support classique auquel peu échappe. Pour l’anecdote, il y en a plus de vingt dissimulés sur la scène d’Indochine) permet d’éviter les petits trous de mémoire de début de tournée… Aléas que ne connaissent pas les spectateurs qui reprennent en choeur avec un enthousiasme impressionnant.

Entre deux morceaux et trois notes d’accordéon, Claudio Capéo montre une gentillesse dont personne ne saurait douter et un sens du spectacle qui a des allures d’évidence . « Tant que rien ne m’arrête » assure t’il. Rien, on ne sait pas. Personne… ça c’est certain.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

PHOTO REPORT: Quand Worakls fait danser Stéréolux

Les places s’étaient envolées à la vitesse de l’éclair et c’est donc un Stéréolux plein à craquer qui a réservé un accueil triomphal à Worakls ce 22 Novembre. Ultime date française avant un passage par la Belgique pour ce show spectaculaire qui sillonne la France depuis février dernier, porté par le succès d’« Orchestra », premier album solo sous son label, Hungry Music, au succès constant depuis sa sortie en mars.

Si Kevin Rodrigues (aka Worakls) connait la musique pour être tombé dans les partitions dès son plus jeune âge, le sudiste a aussi le sens du spectaculaire. Il ne se contente pas de s’entourer de musiciens classiques ultra chevronnés, il offre aussi à son concert la dimension d’un vrai show pour que le public en prenne plein les oreilles mais aussi plein les yeux. 

Signées par Nicolas Galloux, les lumières sont inventives et ajoutent incontestablement une dimension supplémentaire. Dans les travées de la salle nantaise, dans la fosse comme dans les gradins, il ne faudra pas attendre bien longtemps avant que le public se lève et danse. Impossible pour ces inconditionnels de résister à la force de l’electro de Worakls et de son orchestre. Les bras s’agitent et connaissent chaque morceau à la mesure près. Quand le classique se marie de façon aussi inventive à la modernité, il flotte un air nouveau qui devra souffler à nouveau très vite car entre ceux qui n’ont pu avoir leur billet et ceux qui veulent revenir, ce n’est pas un mais plusieurs soirs qu’il faudra caler.

M.M.

Crédit photos // Sophie BRANDET.