MAIN SQUARE FESTIVAL 2017: Record d’affluence pour la 13ème édition !

Avec 125.000 spectateurs accueillis en trois jours, le Main Square d’Arras a pulvérisé son record d’entrées. L’affiche portée par Radiohead jouait pourtant les audaces en mettant en lumière pas mal d’ artistes moins connus que les années précédentes. Ce mix gagnant dressé par Live Nation avait vu s’envoler la billetterie et plus aucun ticket n’était disponible depuis longtemps. De là à envisager que le Main Square quitte le site historique de la Citadelle pour pouvoir gonfler encore les rangs de son public, il y a un pas que personne ne semble prêt à franchir, l’enceinte offrant trois points essentiels : l’accessibilité, la sécurité et la proximité. Retour sur cette…. édition couronnée de succès.

Un océan de têtes, un espace vital qui n’atteint pas les cinq centimètres, quelques trouées dans la foule qui ne sont qu’illusoires car lorsque les premiers accords retentiront, jailliront de ces percées tous ceux qui patientaient depuis plus de deux heures en restant assis au milieu de cette forêt de jambes… Radiohead n’avait pas joué en France depuis cinq ans (et même depuis 2008 à Arras) et avait choisi le Main Square pour seul festival de l’Hexagone. C’est dire s’ils étaient attendus. Des centaines de déçus des refoulés de la billetterie britannique, des suédois, des espagnols, des allemands, des quatre coins de l’Europe les fans du groupe britannique n’avaient pas hésité à effectuer le déplacement. Les langages sont pluriels mais lorsqu’il s’agit de patienter en reprenant quelques refrains du groupe trentenaire, l’unisson est total… à peine entrecoupé par les commentaires acerbes en destination de ces naifs qui entendent traverser les 40.000 spectateurs verres de bière en main « pour rejoindre leurs copains de l’autre coté de la place ». Des audaces rarement couronnées de succès et qui prendront fin dès que « Daydreaming » ouvrira ce concert exceptionnel.

« Thom Yorke », « Desert Island Disk », « Ful Stop »… la set list dessinée par les frères Greenwood, Ed O’Brien et Phil Selway joue l’émotion et le public est en extase. Marie, la quadra belge qui avait pourtant vu le groupe la veille au Rock Werchter est submergée par l’émotion. « Ils donnent tout. Ils sont impressionnants. Je rêvais d’ entendre « My iron Lung », c’est un morceau qui a plus de vingt ans et que j’adore. Ils l’ont fait. Je ne pouvais rêver mieux. » Elle en oublie sa pancarte à destination des artistes et laisse échapper des larmes sincères.

Une dizaine d’autres morceaux phares plus loin et c’est toute la Citadelle qui salue « No Surprises », extrait de « No Computer », sans doute l’un des albums les plus célèbres de Radiohead, « No Computer » qui sera également interprété alors qu’il est généralement peu repris sur scène. Minuit sonnera l’heure des ultimes rappels, quatre titres et « Paranoid Android » pour fermer le bal. Les plus accros regretteront que « Creep » ou « Karma Police », les deux morceaux clés du parcours des britanniques aient été zappés alors qu’ils avaient été donnés au festival de Glastonbury quelques jours plus tôt. Choisir, c’est renoncer. Une discographie lourde de moments forts n’y aura pas échappé. Cette date française de Radiohead, en clôture du Main Square d’Arras restera pourtant dans les annales.

The NoFace // Green Room.

Frank Carter & The Rattlesnakes // Main Stage.

L’enthousiasme n’aura pas été le seul fait de cette énorme surprise en tête d’affiche du dernier jour. Depuis vendredi, le festival concocté par Live Nation avait su jouer la mixité entre artistes  pop, rock, folk et électro, les têtes des charts et les formations moins connues mais qui ne manqueraient pas d’ emporter le public. Bonne pioche ! Malgré une météo capricieuse vendredi, les rangs se sont rapidement resserrés au pied de la Main stage comme de la Green Room. Rendez-vous majeur des manifestations estivales, le festival arrangeois a depuis longtemps gagné ses lettres de noblesse. La programmation a toujours visé haut et les souvenirs de ces soirées incroyables sur la Grand Place d’abord, entre les remparts de la Citadelle ensuite n’en finissent pas de résonner.

The Inspector Cluzo a fait l’unanimité et attiré la grande foule malgré un horaire de passage relativement précoce. Le tandem gascon qui dans son autre vie élève des oies selon le mode bio et propose ses foies gras sur les étals des marchés du Sud Ouest distille un rock tout aussi viscéral et passionné. La musicalité est haut de gamme et la bonne humeur sur scène certifiée sans OGM comme leurs partitions désormais aussi nettement reconnaissables que les valeurs qu’ils s’efforcent de transmettre.

Mat Bastard ayant migré pour une carrière solo, exit Skip the Use. Mais les quatre musiciens restant n’ont pas pour autant renoncé et c’est en s’appuyant sur un concept anonyme, sorte de masque barré d’une crois blanche, qu’ils ont décidé de revenir. Faisant table rase de la notoriété passée, poursuivant avec cette expérience déjà solide mais jouant la carte de la virginité coté références, The No Face s’est attaché la présence (et la voix) de la magnifique Oma Joli, chanteuse d’origine camerounaise. L’album est attendu avant la fin de l’année, à l’automne selon toutes vraisemblances. En attendant, sur scène, ces cinq là cartonnent avec un rock puissant aux couleurs différentes et le Main Square leur a réservé une ovation largement justifiée.

Dilemme toujours compliqué, pour ne pas dire insoluble, des festivals à scènes multiples, il fallait amputer The No Face d’une bonne demi heure si on voulait voir Frank Carter and the Rattlesnakes sur la Main Stage. Après un détour par le punk, l’over tatoué Franck Carter a retrouvé le chemin de son ADN avec des sons radicalement hardcore voilà deux ans avec sa nouvelle formation et un premier opus qui avait surpris. Le second frappe encore plus fort. Riche d’une production plus puissante, « Modern Ruin » offre aux britanniques les plus belles scènes. Bondissant et arpentant celle d’ Arras avec une énergie no limit, Franck Carter n’a pas mis longtemps à convaincre ceux qui ne le connaissaient pas encore.

Don Broco // Green Room.

Biffy Clyro // Main Stage.

Après Don Broco, brochette de quatre anglais plutôt pas moches (on a dit « pas le physique » ok ! Mais au vu des cris enthousiastes de la gente féminine à chaque approche de Rob Damiani, le chanteur, on ne va pas pousser l’hypocrisie plus loin : la voix ne faisait pas tout !!) qui taille sa route depuis près de dix ans et avait marqué le public parisien en ouvrant pour Bring Me The Horizon lors de leur dernier passage au Zénith, pop rock, énergie et bonne humeur garantis, Biffy Clyro était très attendu.

Ne tenant pas en place, sémillant dans son pantalon rose assez large sous torse nu, Simon Neil a la frénésie de ceux qui veulent tout donner, de la première à la dernière note. Avec les jumeaux James et Ben Johnston, le trio écossais s’inscrit depuis plusieurs mois au sommet des affiches ou s’offre des premières parties assez spectaculaires, comme celle du récent concert des Guns N’ Roses au Stade de France. Leur passage à l’Olympia en janvier avait également donné envie de les revoir très vite, un succès porté par « Ellipse », dernier album en date du groupe. Buffy Clyro était déjà passé par Arras en 2013. Quatre ans plus tard, on sent le groupe riche d’une puissance encore plus affirmée, la scène étant bien leur terrain de jeu préféré. Le set d’une heure a semblé bien trop court à leurs fans venus par milliers reprendre en choeur les tubes de ces trois là dont le succès sera bientôt planétaire.

Machine Gun Kelly // Green Room.

Soulwax // Green Room.

Difficile de boucler cette première journée de festival sans parler de Machine Gun Kelly (lassé par les inévitables comparaisons avec Eminem, MGK essaie de ne plus les entendre et se consacre à sa musique. Le premier rappeur blanc à avoir décroché trois victoires successives au fameux show de l’Apollo Theater a puisé dans ses deux albums ses morceaux les plus emblématiques et livré une interprétation pleine d’énergie, au flow impressionnant), Soulwax (les belges ont épaté avec une mise en scène particulièrement originale et soignée, un rock électro brillant) et bien évidemment System of a Down. La tête d’affiche du jour a ravi ceux qui les suivent depuis plus de vingt ans, un peu étonné ceux qui ne les avaient encore jamais vu sur scène. Comme au Downland, à Brétigny sur Orge début juin, les californiens ont enchainé les titres sans échange avec le public, sans davantage de communication sur scène. Sans perdre une minute, les titres s’enchainent comme si le temps était compté. Pas de quoi entacher cependant un concert toujours aussi brillamment servi par la voix grave de Serj Tankian, le leader qui n’a rien perdu de sa fameuse tessiture.

Après avoir programmé Iron Maiden à l’occasion des dix ans du Main Square et en figure de de proue d’un jeudi rajouté aux trois jours habituels du festival, après Mass Hysteria qui a embarqué plus de 30.000 spectateurs l’an dernier, Live Nation a visiblement raison de jouer la carte du metal. ce nouvel atout dans l’affiche séduit au delà de toute attente. Pour leur dernière date dans l’Hexagone, System of a Down a eu droit à un accueil plus que triomphal.

Talisco // Main Stage.

Xavier Rudd // Green Room.

La pluie annoncée le samedi a eu le bon goût de ne se manifester que par épisodes nocturnes. De quoi permettre à Talisco et son rock matiné d’électro, tendance magnifiques décors et grands sentiments, de s’offrir en beauté à ceux qui ne le connaissaient qu’à travers ses deux albums.

Dans un genre radicalement différent mais tout aussi spectaculaire, Xavier Rudd a lui aussi embarqué le public vers son Australie natale, ses instruments inédits comme le didgeridoo et ses partitions aborigènes revissées avec des mélopées uniques. Homme orchestre, artiste et citoyen engagé, militant pour de nombreuses causes écologiques, le musicien a aussi été élu « végétarien australien le plus sexy ». Après sa prestation au Main Square, on peut comprendre sinon la légitimité de ce titre, au moins les raisons qui ont pu l’expliquer !

Cage The Elephant // Main Stage.

Cage the Elephant a constitué l’une des belles découvertes de la journée. Les américains, établis depuis dix ans à Londres, dont le dernier album en date a été produit par Dan Auerbach des Black Keys (salué d’un Grammy du meilleur album rock en février dernier, excusez du peu!), sont de vraies bêtes de scène. Musicalement, c’est un mélange unique qui renvoie aux origines de la brit pop la plus pure avec une modernité incroyable. N’ignorant rien de ses ressemblances avec Mike Jagger, Matt Schultz, le chanteur, porte la chemise centrée et le pantalon pattes d’eph’ avec naturel et chante avec la même ferveur bondissante que son illustre ainé. Mais Cage the Elephant ne se réduit surtout pas à un copier coller de ce qui a été. C’est au contraire totalement original malgré ces références assumées.

Au regard de la densité de la foule qui les attendait, Rag N’ Bone Man et Jain avaient beau ne pas fermer le ban, c’étaient bien eux les artistes les plus attendus de la journée. Depuis plus d’un an, la toulousaine n’en finit pas de croiser le succès. Un premier album qui a tout raflé, des récompenses de la part du public comme de la profession, des concerts sold out, la jeune femme est cet été l’une des artistes les plus programmés, à l’instar des Insus ou de Louise Attaque l’an dernier. Autant dire que lorsqu’elle débarque sur scène avec sa désormais fameuse combishort noire à col Claudine immaculée, c’est un tonnerre d’applaudissements qui l’a accueilli. Un public familial, beaucoup de jeunes filles également, qui attendaient patiemment et soudain se déchainent et se mettent à danser aux sonorités électro hip-hop colorées d’Afrique de leur idole. La communion est totale et lorsque Jain termine son set dans sa fameuse bulle géante, portée par des festivaliers qui espéraient que le Main Square n’échapperait pas à cette sortie, c’est une foule euphorique qui accompagne la traversée.

Quant à Rag ‘N’ Bone Man, il fallait avoir sacrément anticipé pour réussir à le voir car le public avait depuis longtemps envahi les abords de la Green Room. Une demi heure avant le concert, plus possible de se rapprocher. C’est depuis le milieu de la Citadelle, entre stand de crêpes ou de wraps, que certains ont du se contenter d’entendre la voix si habitée et roborative de celui qui est l’un des phénomènes de la musique actuelle.

Rag ‘N’ Bone Man // Green Room.

Jain // Main Stage.

Un peu plus tard Die Antwoord a également fait le « chaud ». Excessif en tout, refusant la présence du moindre photographe devant la scène, repoussant les limites des décibels ce qui empêchait toute conversation à peu près normale à des centaines de mètres à la ronde, montrant volontiers leurs sous vêtements, les sud africains sont toujours aussi spectaculaires, choquants pour les uns, modernes pour les autres.

Plus consensuel et désormais mondialement reconnu, Major Lazer (la formation montée par Diplo, le fameux producteur et compositeur adoubé par les plus grands, de Madonna à Beyoncé en passant par Snoop) est une machine à tubes, la plus efficace des invitations à danser. le quatrième album du groupe a enchainé les tubes. Ce deuxième jour a pu s’achever dans une joyeuse euphorie.

The Lemon Twigs // Green Room.

La Femme // Main Stage.

Radiohead ne serait pas sur scène avant la fin de journée mais nombreux étaient ceux qui se sont octroyés une place inamovible dès l’ouverture des portes de ce dernier jour. Mieux… la plupart ont même couru pour ne pas se faire voler cet espace convoité depuis des mois. Cette détermination aura finalement été fructueuse puisqu’elle aura permis à ces stakhanovistes de l’attente de belles « rencontres » parmi lesquelles Seasick Steve. Avec sa barbe blanche, ses stigmates laissées par une vie pas toujours douce, le bluesman américain bientôt octogénaire était impressionnant de virtuosité. Sur des instruments plus cabossés que lui, des guitares uniques en leur genre, Seasick Steve (né Steven Wold) est une sorte de légende vivante. Ami de Janis Joplin, chanteur dans les stations du métro parisien, ayant vécu mille vies, il exporte son blues et sa bonne humeur aux quatre coins du monde sans jamais se lasser. Son sourire en dit long. Son regard exprime bien plus encore. Un très très grand Monsieur.

Savages // Main Stage.

Et puis on retiendra aussi Savages, le groupe britannique post punk qui depuis six ans taille sa route avec minutie. Impressionnantes dès leur premier concert en 2012, les quatre jeunes femmes  à la prestance parfois gouailleuse, toutes de noir vêtues, affichent une féminité qui n’empêchent ni  les couplets puissants ni les riffs bien musclés. Elles ont littéralement bluffé un auditoire qui ne s’attendaient pas à une prestation aussi forte, rock et élégante.

La prochaine édition du Mainsquare se déroulera les 5, 6 et 7 juillet 2018. La programmation réussira t-elle à exploser les compteurs, ce record de 42.000 visiteurs chaque jour ? La configuration du site lui-même offre un début de réponse : les fortifications de la Citadelle ne peuvent être repoussées. Le site a déjà gagné en espace par de subtils aménagements du coté de la Green Room, les hauteurs ont largement été revues dans leurs « mises en scènes » pour permettre de jolies échappées, quelques bouffées de presque tranquillité entre expo, massage, restauration et espaces de repos  mais il sera difficile d’agencer différemment pour gagner encore sur un lieu porteur de contraintes… mais au final porteur de ces points essentiels que sont l’accessibilité et la sécurité. Une sécurité encore accrue cette année du fait du contexte et qui aura elle aussi permis à la manifestation de ne pas connaître de fausses notes. Arras est désormais une étape incontournable, pour les artistes comme pour les festivaliers. L’un des plus beaux fleurons de la planète Live Nation.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Les fidèles de Ghost en totale communion à l’Olympia!

C’est dans l’Olympia (Paris) plein comme la place Saint Pierre du Vatican un jour de bénédiction que Ghost a servi sa messe ce 11 avril à Paris. Des Nameless Ghouls nouveaux et un Papa Emeritus très en forme. 

Depuis quelques semaines, malgré une tournée internationale sold out, Ghost avait quitté la rubrique musicale pour se glisser dans la chronique judiciaire. Des histoires de droits, de contrats, d’absence de répartition des gains entre Papa Emeritus et ses musiciens, les fameux Nameless Ghouls. Le problème de n’avoir pas de noms justement et de jouer sous masque pour demeurer dans un total anonymat, est que l’on est interchangeable à loisir. Il n’a donc pas fallu beaucoup de temps à Papa Emeritus pour trouver des successeurs aux déserteurs. Restait à savoir comment cet entourage nouveau allait se comporter sur scène, les connivences et jeux d’avant conflit allaient-ils pouvoir être maintenus?

La réponse est vite tombée : dans un décor agrandi, plus impressionnant encore avec sa marche supplémentaire et son sol en dalles à carreaux, reproduisant encore mieux l’univers liturgique et ses codes ancestraux, les suédois débarquent sur scène au rythme de « Square Hammer » puis enchaînent sans temps mort avec « From the Pinnacle to the Pit » et « Secular Haze ». Les Nameless Ghouls bougent avec une énergie que l’on ne connaissait pas chez leurs précédesseurs, plus enclins peut être à mimer le respect derrière un Papa Emeritus hiérarche incontesté. Un peu étonnant pour tous ceux (et ils étaient nombreux) qui les ont déjà pas mal vus sur scène mais rien de vraiment perturbant à l’évidence si on en juge par la frénésie et l’enthousiasme du public. (Pour mémoire, il faut rappeler que les billets de cette unique date française se sont arrachés en quelques heures).

Musicalement, c’est toujours aussi calé et ça envoie magistralement. « Cirice » ou « Per Aspera ad inferi » resteront longtemps dans les mémoires. Visiblement (si on peut dire compte tenu de l’impossibilité à voir leurs visages), les Ghoules prennent un vrai plaisir et ne se ménagent pas, se mettant régulièrement en avant.

Les anciens tubes font évidemment toujours recettes. Le public exulte devant ce best of porté par la magnifique voix de Papa Emeritus, qui avait troqué sa tenue papale pour un costume plus propice aux déplacements. Dans « Year zero » ou bien encore « He is », son timbre fait des merveilles.

En près d’une vingtaine de titres, une heure trente de concert grand spectacle (confettis compris) avec l’incontournable « Monstrance Clock » signifiant que la messe était définitivement dite, Ghost a prouvé qu’il était l’un des groupes les plus énormes du moment, en totale communion avec ses fidèles. Tous prient déjà pour qu’ils reviennent vite.

Texte et photos // Sophie BRANDET.

Mixage gagnant pour le Main Square Festival 2016!

« Plus que jamais, tous au concert! », telle était la devise du Main Square 2016. Dans une Citadelle parée de nouveaux aménagements (deux hectares supplémentaires grâce à des terrasses aménagées au dessus des célèbres remparts), avec une affiche qui mixait tous les genres musicaux, Live Nation, grand ordonnateur du désormais incontournable rendez-vous arrageois, a une fois encore fait carton plein. La sécurité était renforcée, contexte oblige, mais discrète. Le plaisir des festivaliers, lui, était manifeste. Petit retour subjectif (mais assumé!) sur cette très belle édition.

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Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Après les chaleurs caniculaires de l’an dernier, le Main Square s’est ouvert sous des torrents de pluies intermittentes mais sans appel. Des conditions météos qui n’ ont cependant pas réussi à jouer les trouble fêtes ni fait renoncer les festivaliers, prêts à braver les flaques et sauter dans la boue avec un enthousiasme no limit. Après un début d’après-midi marqué par la jolie prestation de Jake Bugg (le londonien révélé par le Festival de Glastonbury, vient de sortir un troisième album prouvant  une fois de plus un  talent de songwriter qui le classe légitimement parmi les plus doués de sa génération), Ellie Goulding a donné au Festival d’Arras un ton supplémentaire.

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Jake Bugg // Main Stage.

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Ellie Goulding // Main Stage.

La superbe anglaise, élégante dans une tenue noire très rock chic, est désormais une star internationale de la pop et le prouve avec une aisance scénique qui tient de la force tranquille. La blondisse arpente la Main Stage à l’aise dans ses docks. A priori logique quand on a vendu pas moins de six millions d’albums et quelques vingt et un millions de singles à travers le monde en moins de six ans. Pour autant, Ellie Goulding a réellement gagné en densité et celle qui fut invitée à chanter au mariage de William et Kate d’ Angleterre, dont la bande de potes n’est que dernières célébrités des charts, assure avec des concerts de plus en plus spectaculaires : projections, jeux de lights, choristes, rien ne manque et contribue à l’élégance du moment. Seul bémol, le dialogue est réduit au minimum, quelques « thank you » prononcés à la hâte et souvent sans même regarder le public, d’autant plus étonnant de la part d’une artiste souriante, qui avait devant elle un parterre de fans de la première heure. Pour ce qui est de la set list en revanche, les festivaliers n’ont pas été déçus. La belle blonde a fait la part belle aux titres de « Delirium », son dernier album en date. C’est d’ailleurs avec « Don’t panic » qu’elle a fait son entrée. «Outside» et « Burn », les titres griffés par Calvin Harris figurent eux aussi en bonne place  et puis bien sûr, immanquables, « Anything could happen », « I need your love » que la foule a repris d’une même voix et la très attendue « Love me like you do » en guise de clôture. A ce moment là devant la Main Stage, le public se moquait bien des conditions météo et les capes de pluie n’empêchaient personne de danser.

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Yelawolf // Green Room.

Yelawolf a enchaîné avec un set à hauteur du personnage : une gestuelle d’une poésie sans équivoque, des propos tout aussi incandescents mais le rappeur over tatoué ne peut se résumer à ses excès. Si son parcours a été déterminant (naître en Alabama d’une mère encore adolescente, devenir aventurier, musicien vagabond et même parfois SDF ne peuvent que laisser des traces), Yelawolf doit à son seul talent de s’être fait reconnaître par Eminem qui l’a très vite signé chez Saady Records, son propre label. La jeunesse qui se morfond, la pauvreté bien cachée à l’abri des regards argentés, le « Loup blanc » d’Alabama et son rap unique sur fond de guitares acoustiques n’ont eu aucune mal à transporter un public déjà largement convaincu.

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Jeanne Added // Green Room.

Toujours sur la Green Room mais en totale rupture de ton, Jeanne Added et son rock sombre, lyrique mais largement servi par l’électro ont prouvé que le hasard n’avait pas grand chose à jouer dans le succès actuel de ce petit bout de femme à la courte crinière peroxydée. Formée très jeune au violoncelle et au chant classique, entre Reims et Londres, désormais armée d’une basse totalement maîtrisée, la jeune femme sillonne avec superbe les chemins d’un rock teinté de pop, porteur d’une énergie impressionnante qui semble célébrer son affranchissement. Les morceaux sont puissants, la maturité bluffante. Depuis deux ans, Jeanne Added n’ en finit plus d’enchaîner les scènes. C’est assurément l’une des plus belles révélations de ces dernières années.

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Iggy Pop // Main Stage.

Avant de laisser Disclosure, le duo pop composé des frères Lawrence (un premier album en 2013 certifié disque de platine et une aventure qui empreinte le même chemin pour le deuxième opus sorti à la fin de l’année dernière) boucler la journée, c’est vers l’iconique Iggy Pop que tous les festivaliers se sont tournés. Légende parmi les légendes, faisant presque figure de dinosaure, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes pour un «Iguane», le presque septuagénaire a livré un show démentiel après un démarrage éclatant sur les accords de « No Fun », l’un des premiers succès des Stooges, son ancien groupe. S’enchainent alors ses plus gros tubes, de « Passenger » à « Lust for Life ». Son célèbre torse nu se contorsionne, multiplie les pauses les plus improbables, plus rien ne saurait arrêter Iggy Pop. Pas même les barrières qu’il approche au plus près pour être en prise encore plus directe avec des fans qui n’en espéraient pas tant. Une heure trente d’un set énorme avec quelques extraits de son dernier album pour finir en douceur et en beauté. Le parrain de Detroit en a encore sous le pied!

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Mass Hysteria // Main Stage.

Deuxième groupe programmé le samedi sur la Main Stage, Mass Hysteria a été sans conteste l’un des temps forts de ce Main Square (voir live report). Sous un soleil retrouvé, le groupe a imposé avec une force tranquille impressionnante son metal aux messages hautement porteurs. La Cour de la Citadelle n’est pas celle du Download mais le public a repris d’une même voix « Vae Soli » ou «Chiens de la Casse», tenté (avec succès) un wall of death spectaculaire et fait résonner plus fort encore la rage de « L’Enfer des Dieux ». Plus de vingt ans que la formation parisienne est fer de lance du metal en France. « Matière Noire », leur dernier opus en date, sorti à l’automne dernier, est celui de tous les superlatifs. La tournée est aussi longue que triomphale. Mouss, il va falloir assurer pour écrire après ces succès là!

Juste avant sur la Green Room, Bear’s Den avait surpris les festivaliers avec son style très personnel, ses mélodies doucement entêtantes, ses émotions à peine dissimulées. Le trio londonien, qui a choisi de remplacer la basse par un banjo, a su inventé un autre son, acoustique et boisé, de quoi mettre en relief des textes qui ne sont pas sans rappelés ceux d’Ernest Hemingway. Les musiciens ne sont pas des familiers des festivals, notamment en dehors du Royaume Uni, ils ne boudaient donc pas leur plaisir. De quoi donner envie de les revoir très vite en configuration plus intime, dans une salle plus petite donc mais avec une set list plus longue.

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Macklemore & Ryan Lewis // Main Stage.

Ils n’ont visiblement rien perdu de leur énergie. Quand The Offspring, l’un des leaders de la scène punk-rock des années quatre-vingt-dix, aux côtés des Nirvana, Red Hot Chili Peppers, a pris d’assaut la Citadelle, les festivaliers ont tout de suite compris que le moment serait fort. Le toujours mi-black mi-peroxydé « Noodles », guitariste du groupe, subit peut être le poids des ans, il n’en reste pas moins cet interprète virtuose que personne ne saurait contester. Quant à Dexter Holland, il est toujours aussi charismatique. Le set enchaîne les succès. « You’re gonna go far kid », « Comme out and play », « Why don’t you get a job »… ils n’en manquaient aucun. De quoi faire verser des petites larmes d’émotion joyeuse aux trentenaires qui assuraient l’essentiel des premiers rangs au pied de la scène. Les californiens ont joué sans temps mort. La journée était décidément très belle.

Pour la douceur (et la jeunesse), c’est vers la Green Room qu’il fallait se tourner. Marina Kaye (révélée par « La France a un incroyable talent ») a pris le recul nécessaire après sa soudaine médiatisation et c’est avec une belle sagesse doublée d’une vraie maturité qu’elle défend son premier album. Incroyablement à l’aise sur scène, entourée de musiciens de talent, la jeune femme a une voix unique et sait imposer son univers à des fans qui se comptent désormais par milliers.

Enfin, attendus parce que toujours aussi spectaculaires et complices quand ils partagent la scène, Macklemore et Ryan Lewis ont électrisé la Main Stage avant que Birdy Nam Nam ne vienne conclure la journée. Les deux compères américains étaient très attendus et certains avaient même fait le chemin de très loin pour les entendre à l’occasion de cette unique escale française. Le rappeur de Seattle et le DJ également producteur ne les ont pas déçus. Jaillissant sur scène les bras levés, Ryan Lewis a fait entendre ses premières notes juste au moment où Macklemore le rejoignait tel un zébulon farceur, souriant et déversant ses mots avec un rythme qui n’appartient qu’ à lui. Dévalant l’avancée qui a été greffée à la scène, le rappeur ne cache pas sa joie et avec un sens du « savoir plaire » bien showman, il affirme même que « la France est son pays préféré », propos qui évidemment déclenchent l’enthousiasme que l’on devine. Alors que les tubes se succèdent, on comprend mieux comment ces deux là ont pu glaner quatre Grammy Awards, vendre des millions d’albums et se produire depuis dans les plus grands festivals internationaux.

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Band of Horses // Main Stage.

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Editors // Main Stage.

La nuit fut courte à l’évidence pour plusieurs centaines de festivaliers qui, aux aurores, « campaient » devant les barrières de la Citadelle pour décrocher le premier rang du fameux concert du soir, la venue des Insus. Des quintaux fringants, des trentenaires rieurs, des ados aussi fans que leurs aînés et connaissant leur Téléphone par coeur, ceux là cachaient leur impatience mais laissaient percer leur fébrilité quant à la quête du fameux Graal. Beaucoup se réjouissaient aussi dé découvrir un festival qu’ils n’avaient pas encore eu l’occasion de fréquenter et observaient, à juste titre, que pour le prix d’un pass 1 jour (49 euros), ils assisteraient au concert de leurs artistes pour moins cher que le coût d’une place de leur concert. Avec, festival oblige, l’opportunité d’entendre onze autres artistes. Ou… cinq, pour tous ceux qui ne se risqueraient pas à abandonner les abords immédiats de la Main Stage.

Emmené par Ben Bridwell, son leader historique, Band of Horses, le groupe de Seattle sillonne actuellement les scènes pour promouvoir son sixième album, le très réussi « Why are you ok ? ». Repéré par Sub Pop, le label de Nirvana, les américains ont connu un succès hors du commun avec « The Funeral » en 2006 et décroché plusieurs nominations aux Grammy Awards avec son troisième opus. Par une succession de hasards heureux permettant aux musiciens de prendre davantage leur temps, plusieurs de leurs titres ont été repris dans les bandes annonces de grosses séries au succès international et permis d’illustrer des reportages sur des sports extrêmes. Une chance qui fait sourire Ben Bridwell, père de quatre enfants, qui dit vivre avec une guitare dans une main et un babyphone dans l’autre. A Arras, pas d’angoisses familiales mais un vrai beau moment aux couleurs de l’Amérique éternelle.

Héritiers flamboyants du rock sombre d’ Echo and the Bunnymen et Joy Division, les membres d’Editors doivent beaucoup à Franz Ferdinand, qui les avait choisi comme première partie de l’une de ses tournées. Le temps a passé et le groupe a poursuivi son chemin, sortant à l’automne 2015 un cinquième album toujours aussi exigeant. Leur musique se moque des modes, ignore les bien pensants qui voudraient imposer d’autres accords. Ca sonne un peu années quatre-vingts. C’est aussi généreux que minimaliste, souvent grandioses mais aussi décalés. Une chose est certaine : devant un public qui ne cachaient plus pancartes ou tee shirt du groupe qui les suivraient, le succès a été massif et le plaisir largement partagé.

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Years & Years // Green Room.

Enfin, avant les vedettes de la journée, impossible de manquer Years and Years. Né en 2010 dans les confins londoniens, le trio anglo-australien livre une électropop magnifiquement produite. Deux de leurs titres se sont retrouvés en tête des charts anglais et le public fait les yeux doux à leur chanteur, Olly Alexander, qui s’accorde de temps à autre des parenthèses cinéma. Sur scène, c’est brillant et joyeux, avec une mise en scène très carrée. Les lumières jouent avec la géométrie et occupent tout l’espace tandis que le leader parcourt l’espace avec une aisance déconcertante. Du grand professionnalisme. Après une carrière que l’on peut encore considérer comme courte, respect!

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Les Insus // Main Stage.

C’est à 22 heures sonnantes, que les Insus ont fait leur entrée dans la Citadelle. Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac, Richard Kolinka et Alexander Angelov qui remplace Corinne Marienneau à la basse donnent tout d’emblée. « Crache ton venin » puis « Hygiaphone » ouvrent le bal, repris par plus de 30.000 spectateurs qui chantent à tue tête.

Rassuré par le score de l’équipe de France (qui mène alors 4 à 0 contre l’Islande en demi finale de l’Euro), Louis Bertignac est tout sourire et la connivence avec ses acolytes ne fait pas semblant. On sent dans les regards, les mots échangés, les commentaires élogieux autant que les boutades, combien l’amitié entre Aubert et Bertignac est indestructible. Combien aucun autre que Kolinka ne pourrait s’assoir derrière ces futs. « Il y a toujours 4-0 ? Prévenez nous s’il y a danger ! » demande le chanteur avant de reprendre tout le répertoire de Téléphone, « La bombe humaine », « Argent, trop cher », « New York avec toi »… autant de titres repris depuis trente ans à la moindre occasion mais que le groupe, qui s’était séparé après moins de dix ans d’existence, n’avait plus eu l’occasion de rejouer. « Ca (c’est vraiment toi) » conclura les deux heures d’un set hyper précis, enthousiaste et porteur d’un plaisir évident.

Les années passent mais le trio a conservé son allure juvénile en dépit de quelques cheveux blancs (et de la présence sur scène d’une cigarette électronique assez peu rock’n’roll). Evidemment, le nouveau bassiste n’est pas franchement mis en avant mais il n’était pas non plus figure historique du groupe et cela ne l’empêche pas de jouer avec un plaisir affiché. Les chansons sont toutes anciennes mais le public ne réclamait rien d’autre. Certains pourront toujours y voir une réunion l’espace de quelques dates financièrement juteuses. Ce dimanche soir à Arras, loin de toutes ces considérations, le public est reparti simplement heureux d’avoir eu le bonheur de revivre des pans de sa jeunesse et pu reprendre en choeur, sans plus penser à rien d’autres, des airs qui ne l’ avaient jamais quittés. « Plus que jamais, tous aux concerts! » Mission réussie. La musique passera encore par Arras l’année prochaine.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– NB : travailler durant les festivals est de plus en plus compliqué entre les interviews qui s’annulent ou se décalent sans raison, les artistes qui refusent de rencontrer les medias, ceux qui n’accréditent aucun photographe puis finalement davantage puis finalement quelques autres, les managements qui exigent de valider les photos avant publications, les contrats à signer pour garantir des droits de diffusion improbables… Dans ces parcours à obstacles, le Main Square fait partie de ces manifestations où règne encore une ambiance hautement conviviale et joyeuse et c’est en grande partie à l’ équipe chargée des relations avec la presse que cela se doit. Myriam Astruc ne se contente pas d’être un pilier au professionnalisme indiscutable, elle veille sans compter pour faciliter la tâche de chacun. Aucune demande de dernière minute ne la rebute. Aucun problème qu’elle ne s’efforce de résoudre. Alors un grand merci à elle, à la douce Virginie Baptista qui cette année encore travaillait à ses côtés et à Jovana Damjanovic qui a rejoint l’équipe avec succès. –

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Macklemore & Ryan Lewis ambiance le Main Square Festival !

On ne va pas se mentir : le garçon qui n’est pas moche, a le sourire généreux et fabrique des tubes planétaires à la pelle, part déjà avec quelques arguments d’avance. Si on ajoute que son détour en France sera unique alors on frôle la frénésie. C’est donc avec un enthousiasme que rien n’aurait su entamer que plus de 35.000 fans se sont pressés au plus près de la scène où allaient évoluer Macklemore (et Ryan Lewis) en ce deuxième jour de Main Square d’Arras, journée à guichets fermés en grande partie grâce à la présence de ces deux là.
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On sait le tandem complice et gentiment moqueur, faiseur d’ambiance comme personne. Le show fut à la hauteur d’espérance. Fidèle à ses habitudes, Ryan Lewis, la silhouette toute en finesse surmontée de son incontournable snapback, fait son entrée les bras levés. Quelques instants à peine et déjà, le DJ balance ses premiers beats, rapidement rejoint par son acolyte au flow impressionnant. Macklemore, monté sur ressorts, visiblement heureux d’être à l’affiche de cet important festival français, ne boude pas son plaisir. Le sourire est large et les yeux pétillants scrutent cette immense marée humaine réunie pour eux dans cette magnifique Citadelle d’ Arras.

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Le garçon sait faire. Le rappeur de Seattle a beau être encore jeune, grâce à son rap balayé de folk irlandais et la présence du DJ, il a signé l’un des plus gros cartons en matière d’albums de ces dernières années. L’album du duo a remporté quatre Grammy Awards, s’est vendu à des millions d’exemplaires et propulsé ses auteurs des clubs aux salles et festivals les plus renommés de part le monde. C’est donc peu dire que Macklemore a le sens du show. Il a déjà suffisamment arpenté de scènes pour connaître les meilleurs ficelles, celles propres à s’attirer les sourires et les regards énamourés. « Je crois que la France est le pays où je préfère jouer! » lance t’il avec une apparente candeur. Les hourras résonnent en déferlante joyeuse. Mais ne se laissant pas interrompre dans son récit, il poursuit avec une anecdote qui a la couleur du vrai mais est probablement sortie tout droit du scénario de la soirée : « Je me suis fait contrôler à l’aéroport. En fait, la police m’a confondu avec un  cousin je pense. Il est vrai que j’ai quelques boulets irlandais dans ma famille, » conclut-il en riant avant de lancer les premières notes de « Brad Pitt’s Cousin », l’un de ses titres les plus célèbres. La foule joue les choeurs. Le concert est bel et bien lancé et le rythme ne cédera plus rien avant l’accord final.

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Les lights sont magnifiques et parties intégrantes du spectacle. Des danseuses rejoignent les deux hommes sur scène ainsi que des cuivres. « C’est énorme, génialissime! » hurle une jeune fille venue spécialement de Marseille. « Vive le Main Square! » Une joie partagée qui n’empêche pas Macklemore de se montrer plus graves et même de provoquer une forte émotion quand il évoque les victimes des attentats de Paris, Bruxelles et Orlando. Le message d’amour et de tolérance est juste, sans artifice pour le coup et sans pathos, de quoi enchaîner avec le très émouvant « Same Love ». Puis le rire et la joyeuse pagaille apparente reprennent le dessus. En interprétant« Thrift Shop », le rappeur n’hésite pas à se parer d’une fourrure au chic inclassable. PETA s’abstenir! « Can’t hold us » et « Dance off » sont elles aussi de la partie. « Downtown » clôturera cette heure et demi de plaisir majuscule. D’un côté de la scène comme de l’autre.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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Arrivée en France réussie pour le Download Festival !

Un climat social lourd de grèves à répétition avec des transports sérieusement entravés, une peur toujours sous-jacente depuis les attentats, une météo plus que maussade et un concurrent qui la joue sold out sitôt les jours suivant l’ouverture de sa billetterie… Pour son implantation sur le sol français, le Download Festival a affronté les pires conditions. On lui prédisait l’enfer. Pour du metal, ça pouvait être de circonstances mais force est de constater que cette première s’en tire brillamment… Et que le public est déjà prêt à en découdre lors d’une deuxième édition.

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Habituées aux déferlantes de riffs des Solidays, les pelouses de l’Hippodrome de Longchamp ont vécu à rythmes encore plus soutenus ces 10,11 et 12 Juin avec la première édition française du célèbre Download Festival, qui depuis des années assure la renommée de Donington, contrée britannique située à quelques encablures de Birmingham. Des milliers de metalleux venus des quatre coins d’ Europe, des centaines de japonais aux couleurs de leurs idoles, se sont rués devant les barrières lorsque se sont enfin ouvertes les portes du site. Des habitués du genre, fidèles du Hellfest comme du Wacken, venus vérifier la saveur de ce nouveau rendez-vous parisien dédié au metal. Des fans attendant la prestation de leurs poulains mais se laissant prendre par les autres prestations du jour. Les tee-shirts trahissaient les passions. Les déguisements et les coiffures aussi parfois. Tout habitué des festivals de metal sait que l’extravagance est ici de mise, les costumes  les plus improbables trustant souvent les circle pits.

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Mais tout cela n’existerait pas sans une affiche à hauteur d’envies. Car le public de ces musiques dites extrêmes est aussi large que les variantes du genre lui même. Difficile alors pour les organisateurs de composer des journées variées alliant grosses têtes d’affiche et groupes plus récents, prévoyant une immersion dans le heavy metal, un passage dans le thrash, le néo, le death ou encore le metal industriel, entre autres, s’assurant la présence de groupes français pour ne pas laisser les Main Stages aux seules formations étrangères qui existent bien plus facilement dans leurs propres pays. Il faut aussi composer avec les tournées du moment. Et faire ses comptes.

Live Nation, premier organisateur de spectacles au niveau mondial, a beau avoir l’aisance financière que l’on imagine, on imagine tout aussi facilement que la société n’entendait pas faire de cette première un gouffre financier, un échec compromettant la pérennité du festival en France.

Alors Live Nation a préféré assurer en additionnant les noms qui font courir le public. Pas de groupes réellement émergeants puisque ceux que le public ne connaissait pas étaient malgré tout déjà bien installés et ce depuis plusieurs années dans leurs pays (mais après tout, jouer les défricheurs pour une première n’était pas obligatoire).

Des américains de We Came as Romans vendredi après midi aux allemands de Rammstein, en clôture de festival dimanche, une quarantaine de noms se sont ainsi succédés, sans temps morts (à l’exception des quelques problèmes techniques inhérents à ce genre de gros rassemblements), pour le plaisir manifeste des festivaliers. Ils  n’étaient peut être pas les 65.000 espérés chaque soir mais plutôt entre 40.000 et 50.000 selon les jours. Largement suffisant pour ceux qui ont dû patienter de longues heures pour recharger leur cashless, le bracelet magnétique seul moyen de paiement sur le site (et désormais bien intégré à la plupart des festivals), réussir à décrocher de quoi boire ou se nourrir entre deux concerts. Largement suffisant surtout pour que chacun puisse voir et ne pas se contenter de regarder les écrans géants en côté de scène.

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We Came As Romans.

Rammstein.

Les mauvaises langues pourront toujours dire que ce n’était quand même pas à hauteur de Hellfest… Mais est-ce bien sérieux que comparer le fest de Clisson, désormais en tête des plus grosses rencontres d’Europe (plus de 150.000 spectateurs en trois jours), qui a célébré l’an dernier ses dix ans d’ existence et eu le temps de procéder chaque année à des améliorations importantes de son site ? Ben Barbaud, son directeur-fondateur, a été aperçu vendredi soir à Longchamp. Il n’a pas échappé aux questions de ses aficionados, présents en masse sur les pelouses de la concurrence. Le garçon est discret. Sa réponse reste celle déjà formulée à l’automne quand a été révélée l’arrivée du Download France : il y a de la place pour tout le monde alors si ceux qui n’ont pu obtenir de billets pour le Hellfest ou si  d’autres peuvent davantage profiter d’un rassemblement plus au nord de la France alors tant mieux. Tant pis pour ceux qui pariaient sur une guerre fratricide et voyaient déjà le fest du vignoble nantais étouffer dans l’oeuf son empêcheur de programmer en solo.

Certes, l’hippodrome de Longchamp n’avait ni le décor ni l’ambiance unique de son aîné, certes le site était monotone à force d’unité et de lignes droites, certes les concerts s’étalaient sur une tranche horaire plus restreinte (14h30-23h30 contre 10h-2h) mais l’essentiel était là, il a existé de vrais beaux temps forts sur scène et les festivaliers, venus en masse, ne boudaient pas leur plaisir.

Reste tout de même un problème essentiel : celui du calendrier. Les amateurs du genre sont prêts à parcourir des kilomètres mais leurs finances ne sont pas extensibles. Beaucoup des fidèles du Hellfest auraient adoré venir découvrir le Download mais ces deux festivals fixés sur deux week-end consécutifs ne les y avaient pas autorisé. Autre réflexion qu’il faudra peut-être aussi envisager : la création d’une identité propre. Le Download devra à l’avenir trouver une programmation plus largement différente, notamment au niveau de ses têtes d’affiche, de celle de son aînée. Quand on sait que cette dernière était sold out en quelques jours, inviter à son tour Gojira, Mass Hysteria, Anthrax, Tremonti, Amon Amarth, The Shrine, Rival Sons, Shinedown, Volbeat, Megadeath, Korn, Ghost et surtout Rammstein, soit treize artistes communs (le tiers de l’affiche) était un pari risqué et le Download français saison 2 devra y remédier en s’affirmant davantage. Au final, cette ambition est porteuse pour tous les fans de metal qui rêvent déjà à la prochaine édition.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET. 


AU FIL DU FESTIVAL.

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We Came As Romans.

Les américains de We Came As Romans ont ouvert le bal vendredi et été les premiers à se produire sur l’une des trois scènes du festival. La bande de Kyle Pavone était heureuse de se retrouver en France et l’a prouvé avec une énergie pas même minorée par cette programmation en tout début d’après midi. Aussi pêchus que lors de leur concert parisien de décembre (à l’Olympia), les six musiciens du Michigan avaient concocté une setlist propre à réjouir aussi bien leurs fans que tous ceux qui ne les connaissaient pas. Vieux briscards de la scène, n’aimant rien davantage que les tournées, ils ont enchaîné les titres et prouvé que la rencontre avec leur nouveau producteur, en l’occurence David Bendeth (Paramore, Bring Me The Horizon…) leur avait apporté une dimension supplémentaire.

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Beartooth.

Même constat pour la bande à Caleb Shomo, leader de Beartooth. Depuis que le groupe de l’Ohio a été signé par le label Red Bull Records, il ne cesse de s’affirmer et l’album sorti quelques jours avant le rendez-vous parisien l’a confirmé avec  éclat. Caleb Shomo, ancien leader d’Attack!Attack!, chanteur mais aussi auteur, compositeur et multi instrumentiste, n’avait pas caché son envie de faire de cette année, une année majeure pour Beartooth. L’histoire semble lui donner raison.

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Gojira.

Célébrant ses vingt ans d’existence, Gojira, l’un des rares, si ce n’est le seul groupe de metal français à la renommée internationale, qui, à l’image du genre musical à la télé, ne connaît pas chez nous de diffusion médiatique importante, a reçu une véritable ovation. La formation d’origine landaise a pris son temps et n’a jamais cherché à sortir des albums pour « occuper l’espace ». Le sixième opus, « Magma », enregistré à New-York et révélé en cette mi juin, promet d’être dans cette lignée death metal de haut vol. On en dit déjà le plus grand bien. Gojira n’a pas attendu pour célébrer l’évènement. La tournée démarrée en mai décroche tous les superlatifs.

C’est en élégants costumes noirs, jaunes et rouges, qu’Avatar s’est présenté devant le public parisien. Les suédois livrent un death metal mélodique reconnaissable depuis plus de dix ans et ont su créer un univers fort d’une théâtralité originale. Johannes Eckerström, toujours aussi à l’aise dans son personnage de clown, a démontré s’il en était encore besoin que sur scène, Avatar prend toute sa dimension.

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Deftones.

Programmé à 18h30, Deftones était très attendu par ses fans. La team américaine, qui aurait du se produire le lendemain des attentats du Bataclan, n’a rien perdu de son style inimitable, porté depuis plus de vingt deux ans. Chino Moreno a enchainé les titres phares en n’hésitant pas à se jeter dans la fosse. Les américains restent des références et ont prouvé avec rage que leur longévité est vraiment légitime.

Tête d’affiche de cette première journée, Iron Maiden a livré un show dont il a le secret. Décors, jeux de lumières, mise en scène, la bande de Bruce Dickinson (qui a demandé au Sonisphère de faire du bruit… avant de se rappeler qu’il était au Download, fatigue et décalage de tournée sans doute) a offert deux heures de spectacle grandiose. Eddie, leur géant devenu mascotte, n’a pas fini de faire parler de lui.

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Ghost.

Ce sont les suédois de Ghost qui ont bouclé la journée. Bien que souffrant (le groupe a d’ailleurs du annuler les dates suivantes), Papa Emeritus III, le chanteur a réussi une très belle performance. Le concert a du être légèrement amputé mais l’essentiel était là: «Monstrance Clock», «Absolution»… La plupart des succès se sont succédés, les masques, les costumes et tout ce qui fait l’identité de Ghost bluffant alors ceux qui les découvraient ce soir là.

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Mass Hysteria.

Samedi, le ciel était menaçant mais la météo a eu le bon goût de laisser Mass Hysteria offrir une prestation énorme. Depuis cet album d’une force exceptionnelle sorti à l’automne et la tournée mise en place dans la foulée, le public avait pu constater combien la formation française (qui elle aussi se produit depuis plus de vingt ans) était passée au cran supérieure. Pour cette première très grosse date de festivals, la bande de Mouss a livré un concert d’anthologie, puissant, généreux, émouvant (cet «Enfer des dieux» là restera dans les mémoires), laissant le public, exceptionnellement nombreux pour ce rendez-vous fixé à 15h, sans voix.

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One Ok Rock.

La journée ayant prévu une grosse «parenthèse» japonaise, One Ok Rock, l’un des groupes les plus populaires dans son pays qui déclenchent même l’hystérie chez la gente féminine dans ce coin du monde pourtant plus enclin à la réserve, a prouvé qu’il ne fallait pas se fier à des apparences quelque peu «boys band». Depuis dix ans, One Ok Rock, entre rock alternatif et metal mélodique, a su conquérir un public de plus en plus large avec des compositions mixant anglais et japonais. Les fans avaient répondu présents. Les autres se sont facilement laissés embarquer.

Moins facile en revanche de suivre les Baby Metal. Après avoir du subir un contre temps technique du côté du son, contraignant les musiciens à ressortir de scène, les demoiselles ont débuté leur set par des exercices plus proches de Véronique et Davina ou d’un concours de twirling (mais sans le bâton). Mécaniques, tellement programmées qu’elles en devenaient lassantes, les trois japonaises ne nous ont pas réconciliés avec la J-Pop. Phénomène sans doute. Excentrisme et effet de mode plus probablement.

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Biffy Clyro.

Avec les écossais de Biffy Clyro, la journée a retrouvé des couleurs. Torse nu, comme toujours, vêtu d’un assez peu séduisant bermuda noir sur leggings de même couleur, Simon Neil, le chanteur, n’a visiblement pas de temps à perdre avec les recherches vestimentaires. Musicalement en revanche, le trio, renforcé pour l’occasion par deux musiciens, n’a plus rien a prouvé. Les écossais veulent voir dans 2016 l’année de leur renaissance avec la sortie de leur septième album et des concerts mémorables. L’affaire semble bien engagée!

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Jane’s Addiction.

Une déception en revanche, mais qui n’est peut-être pas franchement une surprise, avec la prestation de Jane’s addiction. Sous des atours élégants, le groupe n’a pas convaincu. Entre l’arrivée sur scène de Perry Farrell, le chanteur, bouteille de Bordeaux en mains, le manque d’énergie générale, la baisse de régime navrante de Dave Navarro, le guitariste, et l’étonnante présence de danseuses en petite tenue mais n’ayant visiblement pas un sens du rythme inné, ce moment ne restera pas dans les annales.

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Korn.

En fin de soirée, heureusement, Korn a remis tout le monde d’accord avec un concert d’une heure trente incroyable. Particulièrement en forme, Jonathan Davis, a enchainé les succès, offrant même une parenthèse aussi inattendue que géniale du côté de Metallica avec une reprise de «One» et de Pink Floyd avec une généralissime et très personnelle reprise d’«Another Brick in the Wall». La scène est décidément l’endroit où il faut écouter et voir cette formation qui a visiblement retrouvé toute son inspiration.

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Sabaton.

La météo catastrophique et les abats d’eau du dernier jour de Download ont joué les trouble fête mais n’ont heureusement pas contraint à des annulations. Les pluies les plus fortes se sont produites lors du passage de Sabaton, ce que les cinq suédois ont semblé ignorer. Reprenant le thème de leur tournée actuelle, l’hommage aux héros de la seconde guerre mondiale, mais sans avoir eu le temps d’installer sur scène le char d’assaut qui trône normalement à leurs côtés (la faute à des problèmes de transport et une arrivée tardive sur le site peut-être?), le groupe avait visiblement du plaisir à se produire à l’occasion de ce gros festival.

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Trivium.

En tournée depuis plusieurs semaines, Trivium a fait escale à Paris, une ville où le groupe emmené par Matt Heafy s’est déjà souvent produit. Mêlant de façon toujours aussi ingénieuse thrash et metalcore, les américains ont profité de l’occasion pour servir quelques extraits de leur septième opus et présenté Paul Wandtke, leur nouveau batteur. Recette gagnante.

Après les mythiques Megadeth et le non moins mythique Dave Mustaine, dont c’était le retour après trois années d’absence en France, place à ceux que tous les festivaliers attendaient : Rammstein. On disait la tournée des allemands encore plus exceptionnelle, plus musicale et plus spectaculaire, elle le fut! Au top de sa forme, Till Lindemann a enchaîné les titres, joué les artificiers, campé ses personnages tandis que la pyrotechnie ne laissait aucun répit. «Ich Tu Dir Weh », « Du Hast », « Amerika », « Engel » et même, en surprise inespérée car le titre ne figurait plus sur les set list depuis quatre ans, le superbe «Frühling in Paris», dans une version extraordinaire. Sans oublier « Zerstoren» en support à un vibrant hommage aux victimes des attentats de Paris.

Rammstein au plus beau de son histoire, de quoi refermer avec maestria un premier Download qui rend déjà impatient de vivre le suivant.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET .

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Festivals: Le Download s’importe en France

Le Download Festival débarque en France et posera ses scènes en France en juin, sur les pelouses de l’Hippodrome de Longchamp (Paris). Un évènement majeur à l’heure où de nombreuses manifestations renoncent, contraints par un contexte économique défavorable. Pour saluer cette arrivée, Deftones, Ghost, Korn, Rammstein, Gojira… ils seront plus de quarante à se partager l’affiche. Enorme !                            dwdfr2016_poster_website_fr_0

Coup de tonnerre en fin d’année dernière quand Live Nation a annoncé l’arrivée en France du célèbre Download, le festival de rock qui depuis 2003 fait les belles heures de Donington Park, près de Leicestershire dans le nord de l’Angleterre. Plus besoin de fantasmer sur sa programmation souvent exceptionnelle. Plus besoin de se dire que le Hellfest mettait ses scènes à trop longue distance du nord de la France et que décrocher un billet restait de toutes façons bien souvent mission impossible passé Noël. Cette fois, l’offre était enfin élargie et la France pouvait se réjouir de la présence d’une énorme manifestation supplémentaire avec la certitude d’y voir les meilleures têtes d’affiche.

Live Nation a effectivement de quoi assurer le respect : leader mondial de la programmation (Madonna, U2, les Rolling Stones, Beyoncé, Rihanna, Maroon Five… mais aussi Indochine, le Cirque du Soleil et de nombreux autres), organisatrice à succès du Main Square d’Arras ou bien encore d’ I Love Techno à Montpellier, 6,5 milliards de chiffres d’affaires, plus de sept-cents spectacles en France chaque année, 22.000 dans le monde… Il est clair que la multinationale américaine a les moyens de ses ambitions et ne se lance pas par hasard dans cette nouvelle aventure parisienne.

  Iron Maiden.

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 Rammstein.

Pour saluer cette première avec les honneurs dus au rang de ses aficionados, Live National frappera donc fort du 10 au 12 juin prochains. Iron Maiden y donnera son unique concert en France. Rammstein sera également de la fête… une semaine avant d’enflammer les plaines de Clisson. Aucune concurrence déloyale, l’ entourage de Ben Barbaud, le directeur-créateur du Hellfest (près de 150.000 visiteurs pour sa dixième édition l’an dernier), s’est au contraire déclaré serein face à cette multiplication de l’offre sur un segment de musiques encore bien souvent absent des programmations. A bon escient semble t’il puisque le Hellfest a vendu ses pass trois jours encore plus vite que l’année dernière, les pass un jour, mis en vente uniquement pour satisfaire quelques festivaliers, sont partis en quelques heures. Preuve que chacun peut organiser sereinement, la concurrence restant de toutes façons relative. Muse ou Thirty Second To Mars, qui ont joué à Donington Park ne seront jamais sur les Main Stages du Hellfest, bien plus tatouées metal pur et dur. C’est plutôt pour Solidays (deux semaines plus tard) ou Rock en Seine (fin août) que l’implantation du Download pourrait sembler plus rude. En son temps, l’arrivée du Main Square avait agité Belfort et ses Eurockéennes, été fustigée par les mauvais esprits qui n’y voyaient que volonté mercantile. La Citadelle d’Arras et sa programmation à succès a eu le temps de démontrer en dix ans de succès que ces visions étaient un peu courtes.

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 We Came As Romans.

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  Gojira.

  Ghost.

Du côté de l’Hippodrome de Longchamp en cette mi-juin, les festivaliers auront donc une première aux allures d’un feu d’artifices avec  (notamment) : We Came As Romans (d’autant plus attendus qu’ils se font rares chez nous), Gojira, Ghost, Deftones et Iron Maiden le vendredi; Mass Hysteria, les lolitas japonaises de BabyMetal et leurs concitoyens de One Ok Rock, Biffy Clyro, et Korn le lendemain ; Children of Bodom, Trivium, Volbeat, Megadeath et bien sûr, Rammstein en bouquet final. Vous avez dit impatience ?!

Magali MICHEL.

  Biffy Clyro.

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  Korn. Update.

– Update. Découvrez le trailer officiel du Download Festival FR. – 

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