LOLLAPALOOZA PARIS: Galop d’essai largement gagnant !

On le disait promis à l’échec compte tenu du grand nombre de manifestations déjà inscrites dans la capitale : la première édition du Lollapalooza parisien a été un immense succès et accueilli près de 120.000 spectateurs en deux jours. Ambiance unique et programmation pleine de hits. 

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce premier Lollapalooza aura fait du bruit… Et pas seulement du côté de ses quatre scènes. Entre les âmes chagrines qui considéraient qu’aller fouler les pelouses de Longchamp ces 22 et 23 juillet était « trahir la cause » (celle des fests ancestraux et indépendants comme le Hellfest, clairement identifié musiques extrêmes, le Download France, qui, bien que mis en place lui aussi par Live Nation, avait une couleur encore roots le rendant « acceptable » aux yeux de puristes un poil sectaires, et bien sûr de toutes ces autres manifestations déjà très installées, des plus grosses aux plus modestes dont la trésorerie est chaque année à la peine) et ces autres qui ironisaient sur la programmation trop « têtes d’affiches US »… Chacun y allait de son acidité.

Jack Lang lui même s’est largement répandu. A l’occasion de cette arrivée, l’ancien Ministre de la Culture « déplorait l’invasion de multinationales américaines sur la vie musicale française » et appelait les pouvoirs publics à s’emparer enfin du sujet. « Live Nation étend son empire sur l’organisation de concerts en France et en particulier à travers le festival Lollapalooza, le groupe américain AEG, déjà présent dans le capital de Bercy, rachète Rock en Seine tout en bénéficiant de subventions locales (600.000 euros attribués par le Conseil Régional d’Ile de France, NDLR). La prise de pouvoir par ces groupes risque de tuer la diversité et de mettre en péril les festivals indépendants. »

Des propos auxquels l’organisateur a répondu via une déclaration à l’ AFP que « le Lollapalooza était une initiative locale, mise en place par Live Nation France, société française de soixante-cinq salariés, qui a employé pour la circonstance 1.500 personnes, toutes rémunérées (comme c’est aussi le cas sur le Main Square et le Download, autres festivals maison, NDLR) et cela sans bénéficier de la moindre subvention publique. Matthias Leullier, directeur général adjoint de Live Nation France, ajoutant qu’il était « dommage d’être mis dans le même sac que des opérations capitalistiques alors qu’on est une entreprise qui souhaite s’inscrire localement et dans la durée. »

Perry Farrell.

Les plus entêtés ont cru voir dans le Lollapalooza la cause de la baisse de résultats du dernier Solidays, organisé quelques semaines plus tôt sur le même hippodrome de Longchamp. Ce serait bien pratique de pouvoir identifier aussi vite le trouble recettes. Mais quand on sait que plus de 40% des billets d’entrées ont été achetés par des touristes étrangers de passage en France, on voit bien que c’est un peu court. Quant à ceux enfin qui considèrent que ce festival lancé en 1991 outre Atlantique dans une vingtaine de villes avant de trouver refuge voila douze ans à Chicago pour un week-end annuel, exporté ensuite au Chili, Au Brésil, en Argentine puis à Berlin en 2005, ne serait pas validé par Perry Farrell… Il va falloir rager ailleurs. Le leader de Jane’s Addiction, qui avait pensé et mis en place le Lolla pour la première tournée d’adieux du groupe, puis vendu sers parts à Live Nation voilà une dizaine d’années, foulait les allées du site parisien, incognito sous son borsalino noir et ses lunettes de soleil, mais visiblement ravi. Exit donc la polémique! Si le débat se justifie pleinement sur la programmation copier-coller de dizaines de manifestations, sur la difficulté pour les artistes à jouer sur ces scènes là, sur les subventions historiques devenues peau de chagrin aussi, il ne peut pas faire étape ici où l’indépendance financière est la clé de voûte de l’organisation.

Alors le Lolla, comment c’était vu du public et loin de ses joutes polémiques? La réponse est unanime : c’était vraiment top! Décor impressionnant (une Tour Eiffel géante et scintillante au milieu du site – dommage que le dimanche il ait fallu protéger l’édifice par des barrières, des imbéciles ayant tenté des escalades aussi ridicules que largement alcoolisées -, la déclinaison du nom sous de multiples formes disséminées sur tout le site, des ateliers couronnes de fleurs, paillettes, une restauration aussi large que variée, du burger au stand vegan en passant par les tortillas, les crêpes, les bières de brasseries locales, les éclairs (souvenirs émus des fameux «éclairs de génie»).

Les organisateurs avaient également convié six chefs (dirigés par le médiatique Jean Imbert) chargés de mitonner une cuisine plus haut de gamme mais restant accessible (entre 10 à 15 euros) histoire de s’offrir un autre plaisir entre deux frites merguez. Yann Couvreur, Christophe Adam, Juan Arbelaez, Yoni Saada, l’étoilé Eric Guérin et Denni Imbroisi ont relevé le défi et se disent prêts à rempiler l’année prochaine.

Original encore le Tailor Shop de Levi’s. (La file d’attente signait le succès de ce stand où on pouvait faire custumiser et offrir une autre vie à ses vestes et jeans grâce à des pin’s et patch bien rock ou pop). Bonne idée aussi que le Kidzapalloza. Niché dans un coin plus tranquille de l’hippodrome, les plus jeunes étaient accueillis par une entrée « bulles de savon », pouvaient lâcher leurs envies de coloriages sur d’immenses murs de papier, s’ initier à la musique, se la jouer rock star avec des animateurs incroyables d’enthousiasme et de gentillesse en guitaristes ou chanteurs, des invités surprises (comme Martin Solveig).

Côté ambiance entre les scènes, on avait clairement un pied à Coachella. Pas de tee-shirt de groupes (ou très peu), des tenues citadines plus élégantes que roots (le talon dans la pelouse ou la terre n’est pas le plus confortable. Les multiples blogueuses, désormais qualifiées d’ «influenceuses» compte tenu de leur capacité à suggérer l’achat de produits, s’en souviendront. Celles qui s’étaient vus offrir la possibilité de nombreuses interviews des artistes en présence auraient du savoir que l’esprit ne se mesure pas à une hauteur d’escarpins..).

Le samedi, le casting sauvage organisé par une grande marque de mannequins avait fuité et incité lui aussi à de jolies audaces vestimentaires… refroidies par les températures du soir et la météo maussade du lendemain. Au final, ce public aussi dense que bigarré, ressemblait à une foule assez jeune, joyeuse et incontestablement heureuse de participer à cette première édition parisienne d’un festival mythique.

Imagine Dragons // Main Stage 2.

Lana Del Rey // Main Stage 2.

The WEEKND // Main Stage 1.

Côté programmation enfin, Live Nation avait frappé fort : répartis sur les quatre scènes (dont deux immenses dotées d’écrans de tailles impressionnantes afin de ne frustrer aucun des 60.000 spectateurs présents chaque jour), cinquante artistes (pour l’essentiel venus des Etats Unis) dont les plus grandes têtes d’affiche pop FM du moment : Imagine Dragons (surpris par cette foule aussi dense qui connaissait chaque titre par coeur), Lana Del Rey (la chanteuse que l’on dit lunatique et hautaine a oublié la pluie et offert un concert plein de chaleur, illuminé par ses titres fétiches), The WEEKND, en tête d’affiche du premier soir, (la mega star canadienne aux origines éthiopiennes a fait une entrée sur scène digne de sa renommée de nouveau roi du R’N B et provoqué les larmes des milliers de jeunes femmes qui l’attendaient depuis des heures).

Liam Gallagher // Main Stage 2.

London Grammar // Alternative Stage.

Editors // Main Stage 1.

Liam Gallagher, ex-Oasis, a été fidèle a sa réputation boudeuse et son vocabulaire fleuri mais quand sonne « Wonderwall » ou « Slide away », en hommage aux victimes du Bataclan, difficile de résister, Les Red Hot Chili Peppers, grosse caution rock du dimanche, ont résisté à la pluie et au vent pour lâcher les riffs dont ils ont le secret.

LP // Alternative Stage.

Bear’s Den // Main Stage 2.

Milky Chance // Main Stage 2.

Inoubliables encore, LP (Laura Pergolizzi), la belle américaine auteur du célébrissime « Lost on You », le titre étant repris par une foule encore plus frénétique que celle qui avait accompagné sa première date française, au Café de la Danse, voilà un an, Bear’s Den, surpris par l’accueil que lui avait réservé le Main Square l’an dernier et visiblement porté par cette chaleur renouvelée, les allemands de Milky Chance, élégants autant que survoltés, dont « Blossom », le second opus, est un succès légitime, The Roots, The Hives et leur rock déjanté, l’élégance de London Grammar, Martin Solveig, Editors, Pixies, l’unique et authentique Seasick Steve, ou bien encore Rival Sons ou DJ Snake. Faisant presque couleur d’ Ovni au milieu de tout ça, entre le séduisant Tom Odell et les souvent controversés musiciens de La Femme, IAM a mis tout le monde d’accord devant l’alternative stage. Les marseillais ont trop de bouteille pour ne pas savoir emporter le public,. Amateurs de rap ou pas, leur charisme et leurs tubes ont fait chanter d’une même voix, toutes générations confondues. Et impossible de ne pas citer Alt-J, dont les passages en France sont toujours aussi attendus que rares. Avant leurs deux concerts exceptionnels à Bercy et à Nantes en janvier prochain, les anglais ont connu un succès massif qui glissera ce rendez-vous du Lolla parmi les très gros souvenirs de tournée.

The Hives // Main Stage 2.

Seasick Steve // Main Stage 2.

Rival Sons // Main Stage 2.

Tom Odell // Alternative Stage.

Alt-J // Alternative Stage.

Désormais bien rôdé aux très grosses manifestations, Live Nation, en mettant son savoir faire au service de son immense catalogue, a réussi l’ implantation de ce nouveau rendez-vous dans la capitale. Le blues du public le dimanche soir ne figurait pas sur le running order mais était assez révélateur. Un an moins quelques jours avant… le Lolla an 2!

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

LE FESTIVAL LOLLAPALOOZA DEBARQUE CET ETE A PARIS

Paris deviendrait-elle le dernier spot indissociable de tout festival de renommée mondial? Après le Download qui a désormais sa version française depuis l’an dernier, c’est au Lollapalooza de venir squatter l’Hippodrome de Longchamp les 22 et 23 juillet prochain. Deux jours de pure folie avec des artistes aussi prestigieux que les Red Hot Chili Peppers, Lana Del Rey, Imagine Dragons ou encore London Grammar.

Unanimement considéré comme le plus grand festival du monde avec plus de 120.000 spectateurs par jour, le Lollapalooza, mis en place en 1991 par Perry Farrel, le charismatique leader des Jane’s Addiction,  réunit chaque été plus de 120.000 spectateurs par jour. En stand by entre 1998 et 2003, le rendez-vous ne cesse de se développer depuis son retour. Le succès est tel que la formule s’est exportée au Chili puis à Sao Paulo au Brésil en 2012, puis encore à Buenos Aires en Argentine en 2014. L’ essaimage européen débuté par Berlin, voilà deux ans, se poursuit donc par la France. Et c’est assez logiquement Paris qui a été retenu.

The Weeknd.

Imagine Dragons.

London Grammar.

L’idée est bonne puisqu’outre la forte attractivité de la capitale, aucun autre évènement majeur ne vient se mettre en concurrence à cette même date. Il y a bien la possibilité d’un gros concert au Stade de France mais une date, un artiste seul, ne suffiront pas à jouer les trouble billetterie. Les organisateurs ont de toutes façons mis toutes les chances de leurs côtés avec une affiche exceptionnelle réunissant une cinquantaine d’artistes qui se succéderont durant tout le week-end sur les quatre scènes. Une programmation large mais haut de gamme pour séduire tous les publics.

Red Hot Chili Peppers.

Lana Del Rey.

Dj Snake.

 

La preuve : Samedi 22 juillet, place sera offerte à The Weeknd, Imagine Dragons, London Grammar, The Roots, The Hives, LP, Martin Solveig, Tchami, Skepta, Glass Animals, Milky Chance, Kaleo, Yellow Claw, Oliver Heldens, Crystal Fighters, Jauz, Joyride, Bear’s Den, Black Tiger Sex Machine, Tiggs da Author, Anna Kova, Jeremy Loops, Max Jury, Moksi et Cinnamon.

Dimanche 23 Juillet, après DustyCloud, Henri PFR, Tess, Don Broco, Oscar and the Wolf, Seasick Steve, Tom Odell, Nightmre, Slushii, Alan Walker, Don Diablo, Rival Sons, Walk off the Earth, La Femme, Editors, Liam Gallagher créera l’évènement, suivi par les français de IAM, Mashmello, les Pixiers, Alt-J, DJ Snake, la très rare Lana Del Rey et les Red Hot Chili Peppers.

Live Nation, grand ordonnateur de ce premier Lollapalooza français a fixé le billet journalier à 79 euros. A longchamp, avec un line up aussi recherché, le galop d’essai s’annonce gagnant.

M.M.

– Plus d’infos sur www.lollaparis.com et www.facebook.com/lollapaloozafr/ –

Le premier Main Square Festival à guichets fermés: c’était show!

120.000 festivaliers, 36 concerts, 20.000 pass trois jours vendus plus de cinq mois avant l’ouverture du festival, 45.000 visiteurs uniques pour suivre les dix concerts (dont celui de Muse) diffusés en direct via le webcast du site internet, l’édition 2015 du Main Square d’Arras a été celle de tous les records (de quoi justifier le partenariat reconduit pour cinq ans avec la ville d’Arras). Retour sur ces trois jours de folie.                  DSC_6425_Fotor

D’abord, il y a eu cette invitée de dernière minute: la canicule! Lorsque le Festival a accueilli ses premiers participants, le mercure flirtait avec les 40° entre les murs de la Citadelle où l’ombre est des plus réduites. De quoi justifier la prise d’assaut du stand du merchandising officiel, ses casquettes et ses panamas. L’an dernier, les ponchos jouaient les remparts modestes contre la pluie. Cette année, le couvre-chef avait des airs de précieux graal. Mais il ne faut pas bouder son plaisir : un festival sans pluie reste malgré tout la meilleure des options. Même si celui là démarrait sous la très, très grosse chaleur.

Ensuite, il y avait cette programmation exceptionnelle, accrochant aussi bien la première date française de Muse que le premier festival hexagonal de James Bay, The Script, Hozier ou bien encore Sheppard. Au fil des révélations successives, on se disait que cette édition était décidément celle de toutes les envies. Quitte à la jouer perso, on aurait bien troqué untel contre les Fall Out Boy ou tel autre contre The Dukes, la révélation rock de ces derniers mois mais en dehors de ça… des heures de plaisir en perspective.

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Sheppard // Green Room.

Passée la déception de ne pouvoir découvrir GEORGE EZRA sur scène (le jeune britannique de vingt et un ans, souffrant, avait dû déclarer forfait pour trois concerts), cap sur la Green Room où la tribu SHEPPARD (deux soeurs, leur frère et trois copains musiciens) donnait immédiatement le ton de cette première journée . Les jeunes australiens, ignorant la chaleur, ont facilement entrainé le public avec leur pop rock joyeux. « Geronimo », leur tube qui a même réussi l’exploit de ravir à Pharrell Williams et son « Happy » la tête des charts dans pas mal de pays, a  été repris par des milliers de spectateurs enthousiastes… qui auraient bien repris encore de ces airs ultra-vitaminés.

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Hozier // Main Stage.

Ambiance plus calme avec HOZIER sur la Main Stage. Les boucles brunes retenues en chignon, ses presque deux mètres portant beau la chemise légèrement ouverte sur le tee-shirt échancré coordonné, le jeune irlandais soigne visiblement son apparence. Lui que l’on dit timide, n’a jamais quitté ses lunettes de soleil sombres. Mais le sourire était aussi généreux que ses échanges avec le public arrageois. Changeant régulièrement de guitare, Hozier se donne à fond. La veille, il enflammait un Olympia (Paris) plein à craquer. Il avait envie de rejouer la partition avec le même succès au Main Square. Pari compliqué car la chaleur pénalisait manifestement les énergies. Même l’ entrainant « Angel of small Death and the Codeine Scene » a eu du mal à lutter. Peut-être l’horaire encore tôt dans l’apres-midi ? Peut-être l’immense Main Stage, la Green Room se prêtant peut-être davantage à ses paroles pleines de sens et ses refrains plus intimistes. En fin de set, « Take me to Church » a heureusement mis tout le monde d’accord et des milliers de spectateurs ont entonné ce succès planétaire avec son auteur.

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The Script // Main Stage.

Ce vendredi ayant décidément des airs de ballade irlandaise, le trio de THE SCRIPT, qui expérimentait son premier festival français, a raflé le premier très gros succès de la journée (Interview et Live Review). Sur scène, entre proximité et rires, airs à faire vibrer des stades entiers, Dany O’Donoghue, Mark Sheehan et Glen Power envoient. Et le public répond massivement. Totalement bluffant.

Plus introverti, Lenny Kravitz assure le show avec la facilité d’un vieux routier de la scène. La barbe dense, lunettes de soleil malgré l’horaire tardif, pantalon de cuir, tee shirt coloré sous gilet léopard, l’américain revenait au Main Square six ans après son premier passage. Le musicien semble parfois un peu dans un ailleurs musical,  comme ce moment improbable, ce « Mama said » étiré sur plus d’un quart d’heure, avec long solo de guitare, batterie, saxo et.. trompette. Mais Lenny Kravitz sait qu’il peut tout se permettre et ses fans sont ravis. Les tubes sont tous là, d’ « American Woman » à « Are you gonna Go my Way », en passant par « I Belong to you » et bien sûr « Fly away ». Après, les perpétuels insatisfaits pourront toujours râler, Lenny Kravitz, c’est quand même « the Touch of Class ».

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Kodaline // Green Room.

Un premier quart d’heure manqué pour cause d’horaire qui se chevauche et se réjouir ensuite de pouvoir applaudir KODALINE. En 2013, le quatuor irlandais sortait « In a Perfect World », son premier opus. Un nom que le recul croirait prédestiné tant le succès ne cesse de grossir depuis. Il y a quelques années, ils assuraient la première partie de la tournée européenne des Cranberries, deux disques plus tard et les voilà en haut des line up. Un  univers bien à eux, à la fois moderne et nostalgique, beaucoup moins léger qu’il n’y parait, le public ne s’y est pas trompé et les quatre beaux gosses ne semblent pas prêts d’en avoir fini avec le succès.

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Shaka Ponk // Main Stage.

Changement d’ambiance enfin, avec les SHAKA PONK. La joyeuse bande de Frah et Sam débarque avec ses nouvelles tenues immaculées, Goz, son singe, ses projections hyper calibrées et tout ce qui a contribué à en faire l’un des groupes majeurs de la scène rock française. Les « monkeys », leurs fans dont les rangs ne cessent de grossir, exultent et se moquent bien que la pendule affiche 2 heures quand s’éteindront les amplis. D’un bout à l’autre du concert, ils reprennent chaque morceau, ils rient, ils sautent, certainement l’un des meilleurs publics du moment. Espérons juste, que les Shaka, à force d’être à l’affiche de la quasi totalité des festivals cette année ne finiront pas par perdre un peu de leurs charmes. Avancer à pas dosés, susciter l’envie, sont parfois gages de durée.

Un samedi placé sous le signe de MUSE.

Vers 10 heures, la longue avenue entre Parc et Citadelle voyait débarquer les plus téméraires, ces fans historiques de MUSE qui n’auraient manqué la première date française de leurs idoles pour rien au monde. Une heure plus tard, ils étaient déjà plusieurs centaines. Et à 13h30 quand les portes se sont ouvertes, on aurait pu croire au départ d’un sprint. Malgré les sacs à dos lestés par la poche à boisson remplie au maximum, les sandwiches et tout le kit de survie du parfait festivalier, il s’agissait d’obtenir la meilleure place, au premier rang, si possible au milieu. Pas forcément pour être vus (le trio ne provoque pas la même hystérie que les One Direction) mais pour voir le mieux possible et se donner l’illusion, peut-être, que Matthew Bellamy a beau être une star, il n’en reste pas moins accessible. Et le manège s’est poursuivi jusqu’à ce que la Citadelle ne puisse plus grossir ses rangs davantage.

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Coasts // Green Room.

Mauvaise pioche pour les artistes se produisant sur la Green Room. Vraiment pas de chance pour JAMES BAY notamment qui aurait tellement mérité un succès plus massif (Live Review) et COASTS, jeune formation originaire de Bristol dont le rock indie n’a pas connu l’engouement escompté. Le leader, qui affichait un ego assez insupportable et le bassiste, roi du jeu de mèche, y trouveront peut-être un enseignement. Toute expérience doit porter ses fruits…

Jour de chance en revanche pour TWIN ATLANTIC. Les quatre écossais ont sorti trois albums et parcouru le monde avec leur rock puissant. Leurs fans français les attendaient depuis longtemps, ils n’ont pas été déçus. Un show enlevé, brillant, hyper énergique et musicalement au top. Chance aussi pour Mat Bastard, le leader de SKIP THE USE. « J’ai envie que tous les américains et tous les anglais qui nous écoutent derrière la scène se disent « C’est qui ces malades? Vous êtes prêts? » Et le lillois de réussir à faire assoir les 35.000 personnes déjà massées face à la scène, à les faire danser, jouer, chanter. Chaque concert de Skip The Use est un vrai moment d’euphorie. Celui de ce Main Square restera indéniablement dans les souvenirs.

Et puis vint l’heure de MUSE. Un petit quart d’heure de retard (assez pour prolonger l’expérience de l’extrême promiscuité, des pieds qui se piétinent, des bières qui vous rincent sans autorisation, des allés avec volonté de retour de tous ceux que la vessie trahissait, de la mauvaise foi un brin batailleuse de ces autres qui tentent de se faufiler malgré l’impossibilité totale du projet) et Matthew Bellamy débarque sur scène, la silhouette fine, le visage fermé. Le guitariste laisse éclater ses riffs les plus fameux. La setlist est  idéalement dosée, une forte présence de singles à succès et les plus belles plages de « Drones », leur dernier opus, plus rock que les précédents, largement salués par la critique.

Qu’on aime ou pas, difficile de ne pas se laisser avoir par la mise en place, les airs reconnaissables sitôt les premiers accords, l’énorme machinerie sur scène, depuis les projections jusqu’à l’impressionnant lancé de confettis. Le lâcher de ballons, incontournable chez Muse, est également de la fête. « Madness », « Starlight », « Dead inside », « Plug In Baby », il ne manque personne! La voix de Bellamy est juste, la puissance sans défaut, ses complices jouent à la perfection. Peu d’échanges avec le public mais un « On aime la France » qui glissera un peu de baume sur les frustrations. Le final est bluffant. MUSE a retrouvé sa meilleure inspiration.

La tristesse du départ malgré un « Happy » très show.

Les troisièmes et derniers jours de festival sont souvent les plus difficiles. Les organismes accusent le manque de sommeil, les jambes, qui ont piétiné et patienté durant des heures, se font plus lourdes et le moral connaît lui aussi une baisse de régime : un dernier tour de concerts et il faudra se quitter, décompter jusqu’à la prochaine édition.

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Tiken Jah Fakoly // Main Stage.

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IAM // Main Stage.

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Lilly Wood & The Prick // Main Stage.

 Une averse assez rapide pour ne pas gêner, des températures plus supportables, la météo a joué participatif jusqu’au bout! Assez raccord avec la programmation du jour : l’ivoirien TIKEN JAH FAKOLY, en grand sage humaniste, militant des droits de l’homme, appelant à soutenir le Burundi qui se construit, apostrophant les états corrompus d’une Afrique qu’il rêve plus proche de ses habitants, plus à même d’offrir à chacun santé, sécurité, éducation, égalité… Son reggae, que l’on dit digne héritier de Bob Marley, fait plutôt penser aux partitions d’Ali Farka Touré. Beaucoup de musiciens sur scène, des choristes-danseuses largement mises en valeur, le spectacle était total.

De la chaleur toujours et jusque dans l’accent également, avec IAM. Plus de vingt cinq ans que les Marseillais portent l’étendard du rap français. Les chansons récentes sont moins des usines à tubes que « le Mia » (qui a enthousiasmé le public ce dimanche encore) mais le succès est toujours là. Inter-générationnelle, la bande d’Akhenaton, a résisté au temps et se présente toujours dans sa formation d’origine. Le rap n’est pas notre musique favorite mais les marseillais maîtrisent incontestablement le genre et savent tenir la scène sans temps morts. Respect.

En 2011, ils étaient nominés aux Victoires de la Musique parmi les Révélations du Public.. qu’ils décrochaient haut la main. Quatre ans plus tard, Nili Hadida et Benjamin Cotto (ben oui, ils ont aussi un vrai nom et prénom!), autrement dit LILLY WOOD AND THE PRICK, duo parmi les plus brillants de la pop française, s’imposait facilement sur la Main Stage. Plein d’humour, prenant un plaisir manifeste à jouer devant un parterre aussi impressionnant, les complices ont mixé titres de leur deuxième album (là encore, couronné de succès) et les tubes qui les avaient lancés. Un dosage judicieux à l’évidence.

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Sam Smith // Green Room.

Pause soul ensuite sur la Green Room avec SAM SMITH, vingt-trois ans, mais ayant l’air de chanter depuis toujours, un album qui a raflé tous les trophées et cinq singles vendus par millions. Une popularité et un succès planétaire qui expliquent l’immense succès offert par le public du Main Square: des milliers de fans attendaient depuis le début d’après-midi pour l’entendre interpréter « Money on my Mind », « I’m not the only one » et bien sûr, « Stay with me ».

La mise en scène est originale et élégante, les trois choristes tiennent une vraie place. Quant à la voix de Sam Smith, récemment opérée aux Etats Unis, elle a retrouvé puissance et nuances. C’est à nouveau un vrai beau moment, une parenthèse tendresse en ces dernières heures de festival. Visiblement touché, le jeune homme a du mal à cacher son émotion. Et c’est les larmes aux yeux qu’il repartira, remerciant à nouveau, regrettant de devoir abandonner la scène alors que le public le réclame encore.

Belle affiche décidément sur la Green Room qui avait vu quelques heures plus tôt l’australien JOSEF SALVAT séduire sans peine avec sa voix cde crooner et ses refrains nostalgiques. Largement médiatisé depuis sa reprise de « Diamonds » de Rihanna, l’australien est un artiste bien plus large que ce cover. « In your Prime », son premier album lui a permis de connaitre une reconnaissance internationale, pleinement justifiée.

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Mumford & Sons // Main Stage.

Changement de registre avec les MUMFORD AND SONS, joyeuse bande britannique qui a de très nombreux fans en France mais qui se produit trop rarement chez nous. C’est dire si leur venue était attendue! Avec ses accents rétro, le groupe né dans l’est de Londres, a très vite connu le succès parmi la scène néo folk. Le premier album, il y a tout juste cinq ans, a été salué dès sa sortie mais c’est le deuxième opus, « Babel », qui permettra le vrai succès. Sur scène, la complicité des compères, tous beaux garçons, ce qui ne gâche rien,  est totale. Chacun tient son rôle avec efficacité. Le banjo, la contrebasse et la mandoline, souvent absents des partitions rocks, s’imposent ici avec superbe. Le chanteur maîtrise parfaitement le français et les traits d’humour sont autant de moments complices avec des spectateurs totalement acquis à leur cause. Pour beaucoup (et nous en étions!), ce concert était la grosse attente de la journée. Un seul regret : les soixante-dix minutes se sont écoulés bien trop vite.DSC_6548 DSC_6526

Pharrell Williams // Main Stage.

Enfin, difficile de ne pas parler de l’homme au chapeau, Monsieur succès mondial de 2013, celui dont le titre a été repris par des millions de fans dans le monde, mis en images des millions de fois avec des scénarios plus ou moins réussis : PHARRELL WILLIAMS. Si beaucoup l’ont découvert à cette occasion, l’américain affiche pourtant plus de vingt ans de carrière. Avec son groupe, The Neptunes, devenu duo de producteurs, il faisait même partie des professionnels les plus recherchés par les stars internationales à qui il a offert leurs plus gros hits.

Ses deux derniers albums solo ont visiblement bénéficié de toute cette expérience et de ses précieuses recettes car ils se sont placés très vite dans les meilleures ventes. Exigeant, ultra professionnel, Pharrell Williams a incontestablement le sens de la création. Sur scène, avec ses danseuses et choristes qui assurent un vrai show à l’américaine, tout est cadré et ne laisse aucune place à l’improvisation. Les lumières comme les projections ont elles aussi laissé la part belle à l’innovation. Pharrell Williams démarre son set avec « Freedom », son tout nouveau titre puis enchaîne avec plusieurs morceaux extraits de l’album « Girl ». Quelques anciens tubes enchaînés puis les incontournables « Rockstar » et « Lapdance » pour lesquels des fans sont invités à le rejoindre sur scène. L’hystérie est à son comble avec « She wants to move », morceau où seules les filles peuvent prolonger le mom

L’artiste est visiblement d’humeur souriante. Un peu diva mais cent pour cent musicien, il enchaîne les morceaux avec grâce. « Lose yourself to Dance » encore, « Get lucky » de Daft Punk bien sûr et « Happy » pour dernière danse. Bonne idée que de nous faire bouger. Le vent tentait de reprendre des forces et il faisait frais soudain dans la Citadelle. A moins que ces frissons soient ceux de l’émotion du départ…

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

Main Square Festival: 14 nouveaux noms confirmés!

On en sait désormais un peu plus sur l’édition 2015 du Main Square Festival. Les organisateurs viennent tout juste de révéler quatorze nouveaux noms. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ il y a du beau monde ! A Lenny Kravitz et Shaka Ponk le vendredi 3 juillet, s’ajouteront donc les irlandais de The Script, Hozier, la révélation de ces derniers mois, qui effectuera la veille son premier Olympia parisien à guichets fermés, George Ezra, Rone et Patrice.

Le lendemain, Madeon, Fakear, BRNS et Skip The Use, la joyeuse bande de Matt Bastard, compléteront la soirée emmenée par Muse.

Dimanche enfin, clôture en apothéose et de très grosses surprises avec l’ajout de Sam Smith, IAM, Tiken Jah Fakoly, Rudimental et The Avener complétant une affiche où figuraient déjà Pharrel Williams et Lilly Wood and the Prick.

Fidèle à ses engagements initiaux, le Main Square poursuit son exploration de tous les genres musicaux. Un parti pris manifestement payant si on en juge par l’engouement suscité lors de la mise en vente des billets (en vente notamment sur le site mainsquarefestival.fr – 115 euros le pass trois jours – 49 euros le pass 1 jour vendredi et dimanche. Pour la journée de samedi, c’ est déjà complet).


Update.

Dites donc le Main Square… Vous en avez encore beaucoup des annonces de ce niveau ? Ceux qui pensaient que la programmation jouerait un peu plus soft après l’édition du dixième anniversaire l’an dernier et ses quatre jours incroyables vont pouvoir réviser leurs augures: chaque semaine apporte encore son lot de (grosses) surprises ! Alors que l’on pensait le line up complet et qu’on piaffait déjà d’impatience face à cette affiche au delà des attentes les plus folles, voilà donc six autres noms. Et pas des moindres !

Le 3 juillet, c’est Lindsey Stirling, violoniste performeuse californienne (ultra récompensée, près d’un milliard de vues sur Youtube) qui ajoutera la Citadelle Calaisienne à sa tournée internationale. Le vendredi toujours, Sheppard, les australiens à qui l’on doit le tubesque « Geronimo » sera aussi de la fête. Une pop enjouée qui depuis près de six ans s’étend bien au delà de leur Brisbane natale. Enfin, grosse nouvelle annonce pour ce premier jour, la présence des irlandais de Kodaline ! Ils viennent de boucler un Trianon sold out. Leur nouvel album, « Coming up for air » est un succès international. Attention poids lourds! Pour mémo, il y avait déjà Shaka Ponk et Lenny Kravitz, The Script et George Ezra (notamment) pour ce jour ouverture…

Le 4 juillet, Circa Waves et son indie rock né voilà deux ans sur les confins de Liverpool se glisseront dans une affiche à laquelle vient également d’être annoncée Mumford and Sons. Presque dix ans que les rockeurs londoniens accrochent à coups de morceaux hyper léchés et de paroles ciselées (qui leur a d’ailleurs valu le Grammy de l’album 2013) mais leurs tournées passent rarement par la France. Leur venue au Mainsquare a donc ravi leurs nombreux fans qui se désespéraient de ne pas les voir sur scène. Autre annonce choc, celle de la venue de Royal Blood. Le duo basse-batterie de Brighton devrait cartonner alors que Muse, Fakear et Skip the Use sont aussi (et accessoirement !!) attendus.

Le 5 juillet, Oscar and the Wolf derrière lequel se cache Max Colombie, musicien belge qui livre une musique aux contours inclassables et Love Makonnen, autrement dit Makonnen Sheran, jeune artiste américain de 25 ans, auteur d’un hip hop singulier ont eux aussi été portés sur les listes… alors que Sam Smith, Lilly Wood and the Prick, Pharrell Williams et Iam (entre autres) actionneront le bouquet final de trois jours ultra haut de gamme.

Magali MICHEL.