Hellfest, les pass 1jour en vente uniquement sur internet.

Inutile de squatter les points de vente habituels dès l’ouverture! Pour tous ceux qui n’ont pu acheter leurs pass trois jours permettant de franchir les portes de la Mecque du métal les 19, 20 et 21 juin prochains, c’est ce jeudi 29 janvier entre 16h et 18h, sur le site du Hellfest (qui renverra vers Digitick) et exclusivement là qu’il faudra se connecter. Si le running order n’est pas encore connu, le Fest a déjà listé ses invités par journée. Petit mémo pour bien choisir sa (ou ses) journée(s).

Vendredi : Judas Priest, Alice Cooper, Motorhead, Billy Idol, Armored Saint, The Quireboys, Vulcain, Sticky Boys (Main stage 1) / Slipknot, Lamb of God, Five Finger Death Punch, Anthrax, Godsmack, No Return, Sylosis, We are Harlot, Breakdust (Main Stage 2). Mais aussi, entre autres, Shining, Satyricon, Cradle of Filth (The Temple), Mastodon (The Valley), Dead Kennedys (The Warzone) etc.

Samedi : Scorpions, ZZ Top, Slash, Airbourne, Ace Frehley, The Answer, Butcher Babies, Giuda (Main Stage 1) / Faith No More, Marilyn Manson, Killing Joke, L7, Ghost Brigade, Beastmilk, Motionless in white, Zuul FX, Haken (Main Stage 2) / Mais encore, au hasard,  Obituary, Skinless et Deep in Hate (The Altar), Venom, Mayhem (The Temple), Triggerfinger, Orange Goblin (The Valley), Body Count, Biohazard, Madball, Terror (The Warzone) etc.

Dimanche : Korn, Limpbizkit, Cavalera Conspiracy, A Day to Remember, Life of Agony, Hollywood Undead, Eths, Hawk Eyes (Main Stage 1) / Nightwish, In Flames, Epica, Nuclear Assault, Exodus, Dark Tranquillity, The Haunted, Hirax, Iron Reagan(Main Stage 2). Sans oublier notamment Arch Enemy, At The Gates, Cannibal Corpse (The Altar), Triptykon, Alestorm (The Temple), Saint Vitus, Red Fang (The Valley), Rise Against, NOFX, The Exploited, Snot (The Warzone) etc.

Après ça, forcément, on comprend mieux pourquoi autant de demandes à partager les agapes. Pour votre dixième anniversaire, vous avez fait fort la team Hellfest. Respect!

Magali MICHEL.

Hellfest.fr

Un Best of exceptionnel pour les dix ans du Hellfest!

L’affiche du 10ème Hellfest a livré ses surprises. Un anniversaire en forme de cadeau multigénérationnel : de Slipknot à ZZ Top, en passant par Motorhead, Marilyn Manson, Alice Cooper, Nighwish, Scorpions, Billy Idol ou Faith no More, le premier festival français de metal devrait jouer à guichets fermés les 19,20 et 21 juin prochains.

Quelques innocents persistaient à penser qu’ ACDC ferait escale à Clisson (Loire Atlantique) célébrant du même coup, son grand retour sur scène (la tournée mondiale passera probablement plutôt par le Stade de France avant l’été) et le dixième anniversaire du Hellfest. C’était compter… sans les comptes précisément! Un poids trop lourd qui aurait sacrifié l’essentiel du budget de la prochaine édition et qui, en dehors des afficionados du groupe australien, n’aurait pas forcément fait le bonheur des 150.000 festivaliers, habitués à trois jours de concerts haut de gamme. Sans parler de l’artillerie nécessaire à ACDC, qui prévoit une immense scène centrale bien incompatible avec les deux Mainstage du Fest et avec lesquelles la production australienne n’entendait pas déroger. Problématique quasi similaire pour Métallica, attendu, selon les dernières indiscrétions, en mai au Stade de France et qui passe donc en France à des dates trop éloignées du festival. D’autres encore espéraient naïvement que Rammstein débarquerait dans le vignoble… L’année prochaine peut-être.

Pas de Till Lindemann cette année donc mais à la place, de très belles surprises dont la révélation a déclenché des cris enthousiastes : le design de l’ affiche avait quasiment garanti la présence de Slipknot. C’est désormais confirmé, les américains passeront par Clisson après leur Zénith de Paris (rapidement sold out) le 29 janvier. Une première hautement attendue. Première visite également pour Faith No More (dont le prochain album vient d’être annoncé). Ce devrait être leur seule date de l’été dans l’Hexagone. Passage unique également pour Rise Against, Body Count, Limp Bizkit mais aussi pour les finlandais de Nightwish.

Pour cette dixième édition, hautement symbolique (on n’a pas tous les jours dix ans!!), Ben Barbaud, créateur et programmateur de l’évènement, a tenu à inviter des artistes qui ont marqué les quatre décennies de l’histoire du metal et donc, le passé déjà bien riche du Hellfest. Certains feront ainsi leur grand retour dans l’ Ouest comme ZZ Top, Scorpions, Motorhead, Alice Cooper, Judas Priest ou encore Slash, Airbourne, The Answer au côté des mythiques des années 90, Korn, Marylin Manson, Lamb of God, In Flames (dont la tournée européenne cet automne avec Wovenwar, né de la disparition d’As I Lay Dying, fait un véritable carton).

Sans oublier les formations aux qualités artistiques plus pointues, saluées par les fans de trash, death metal, punk ou hardcore comme Anthrax, Children of Bodom, Arch Enemy, Venom, Meshuggah, Satyricon, Exodus, liste non exhaustive! A noter encore la présence exceptionnelle de Billy Idol, dont la dernière prestation sur une scène française remonte à… plus de vingt ans.

L’an dernier, le Hellfest avait battu tous les records (de chaleur comme de fréquentation) avec plus de 130.000 visiteurs en trois jours. Le décor de cette Mecque des musiques extrêmes avait connu une vraie transformation avec des zones revisitées, des espaces détente améliorés, une zone commerçante aux allures de Camden ultra classe, des casiers bien utiles pour les festivaliers, bref beaucoup de petits ou grands changements qui avaient à leur manière contribué à la popularité et aux retours largement positifs des festivaliers. Car c’est aussi ce qui fait que le Hellfest connait un tel succès : en parallèle de la qualité de la programmation, il s’agit d’offrir aux visiteurs trois jours inoubliables durant lesquels ils se sentent vraiment accueillis. Objectif largement atteint… foi de festivalière !

Pas très audacieux donc d’affirmer qu’un succès similaire sera au rendez-vous de cette dixième édition. (En guise de gateau, un feu d’artifice grandiose retraçant l’incroyable aventure de ce petit festival devenu l’une des plus grosses manifestations d’Europe, sera tiré le samedi soir). Aux 130 noms déjà révélés s’ajoutera début 2015, une trentaine d’autres… dont quelques uns qui devraient surprendre. « Best of Hell » qu’ils disent. Maxi Best of plutôt, non ?

Magali MICHEL.

– les pass trois jours, dont le prix est le même que l’an dernier, sont d’ores et déjà en vente sur le site officiel – www.hellfest.fr – Les pass 1 jour seront disponibles lorsque l’affiche finale sera révélée, selon toutes vraisemblances, au début de l’année 2015. Attention à ne pas se faire avoir par le temps : pour le plus grand confort du public, le Fest a décidé de revoir légèrement sa capacité d’accueil. L’esprit « grande famille » sera donc préservé. Démarche et volonté assez rares pour être signalées. –

Le bel été des festivals français.

La saison des festivals français s’est achevée dimanche soir quand se sont éteintes les consoles de Rock en Seine. Avant de reprendre le chemin des concerts en ordre plus dispersé, petit retour sur ces mastodontes qui ont mis notre été en musique. Et petit coup de chapeau personnel à celui qui n’est sans doute pas le plus lourd d’entre eux mais qui a fait de son sens de l’accueil sa marque de fabrique, au point de s’imposer comme un incontournable sur l’itinéraire des tourbus.

Status Quo // Hellfest.

Hommage chaleureux tout d’abord à celui qui a ouvert le ban : le Hellfest, l’incontournable rendez-vous metal de Clisson, cuvée 2014 (du 20 au 22 juin), a battu tous les records. De température d’abord avec un mercure à plus de 35 ces trois jours, enveloppant chaque déplacement d’un nuage de poussière, expliquant aussi les files d’attente aux (trop) rares point d’eau et la traque à la moindre zone ombragée. Dans ce contexte, l’intervention des pompiers le dernier jour a été une initiative largement appréciée. Dommage peut-être que leurs lances à eau n’aient pas été sollicitées plus tôt. Mais cette météo harassante (en opposition totale avec le cocktail pluie-froid de l’édition précédente) n’a pas réussi à gâcher le plaisir des métalleux qui, d’Iron Maiden à Aerosmith en passant par Status Quo, Avenged Sevenfold, Black Sabbath ou Rob Zombie, ne savaient plus où donner du pogo. Deux coups de cœur pour nous : les allemands de « Powerwolf », impeccables dans leur mise en scène spectaculaire comme dans leur set list parfaitement calibrée, portée par un Atila Dorn en grande forme et les américains de « We Came As Romans » qui réussissent à revisiter le metalcore avec une belle énergie et un plaisir de la scène assez contagieux. Record de fréquentation enfin (et surtout!) avec plus de 139.000 spectateurs, battant encore les résultats de 2013. De quoi mettre la pression sur Ben Barbaud et son équipe qui vont devoir programmer fort pour le 10ème anniversaire du Fest l’an prochain.

Météo avec vents contraires une semaine plus tard pour les trois jours du Solidays mais la fréquentation n’a heureusement pas pris l’eau : 175.237 spectateurs. Plus importants encore compte tenu de l’enjeu et des fins de la manifestation organisée sur l’hippodrome de Longchamps, les 2,2 millions d’euros de recette estimés, largement au delà des objectifs affichés. Solidarité Sida va pouvoir renforcer ses actions grâce à la présence d’artistes aussi divers que Fauve, HollySiz et son enthousiasme sincère, Yodelice, Franz Ferdinand, les complices Triggerfingers et les incontournables Shaka Ponk, Vanessa Paradis ou Skip the Use. L’affiche était la bonne.

 

Stromae // Main Square Festival.

Même constat pour le 10ème anniversaire du Main Square d’Arras (du 3 au 6 juillet) : la pluie diluvienne, le terrain boueux et collant n’ont pas fait rebrousser le chemin du moindre festivalier et devant les scènes d’Arras, ce sont plus de 135.000 spectateurs qui se sont pressés. Doté d’une journée supplémentaire en ouverture, le Main Square avait réellement frappé fort en offrant une affiche exceptionnelle : Iron Maiden, Ghost, Stromae, M, Détroit, David Guetta, Gesaffelstein, MGMT, The Black Keys, entre autres, pour la scène principale et autant de richesses sur la Green Room avec London Grammar, James Arthur, The 1975, notamment. Programmation au top et organisation parfaite, pour les professionnels comme pour le public. Arras est en haut de la carte. Une hauteur qui sied bien à son festival.

(A quelques encablures de là et durant ce même week-end, les Eurockéennes réussissaient eux aussi leur édition en attirant plus de 102.000 festivaliers face à Stromae (toujours!), Pixies, Shaka Ponk (toujours aussi!) ou bien encore Foster the People et… devinez… Détroit!)

Pluie encore et toujours, orages même, pour accompagner les Vieilles Charrues (du 17 au 20 juillet) qui avaient convié, entre autres, Elton John, Arctic Monkeys, Christophe, Détroit, HollySiz, Fauve, Daho mais aussi Indochine, Julien Doré, Kavinsky… La 23ème édition de la manifestation bretonne (dont le budget est de 13 millions d’euros) a accueilli 225.000 personnes dont plus de 175.000 entrées payantes. D’excellentes nouvelles sur le papier mais à ne pas considérer aussi simplement sans doute quand on sait que les Vieilles Charrues ne bénéficient d’aucune subventions et se financent à plus de 80% par les festivaliers eux-mêmes. Dans ces conditions, chaque année est à hauts risques et les bilans comptables, scrutés à l’euro prêt.

Ce bilan, les Francofolies devraient logiquement le considérer avec satisfaction : une ouverture en fanfare, baptisée « Les copains d’abord », en vibrant hommage à Jean-Louis Foulquier, disparu le 10 décembre dernier. Lavilliers, Souchon, Aubert, Voulzy, Jonasz, Adamo, Noah, Thiéfaine, rejoints par les « jeunes pousses » Nolwenn Leroy, Elodie Frégé, Christophe Willem… ils avaient tous répondu présents. La liste était belle et la soirée (présentée par Omar Sy en surprenant Monsieur Loyal) n’a pas déçu malgré quelques longueurs. Puis Christophe Maé, Stromaé et Détroit les jours suivants ont eux aussi réussi le carton plein. Du 10 au 14 juillet, les diverses scènes du festival rochelais auront recensé plus de 92.000 spectateurs. Un succès qui rend lui aussi hommage au père fondateur de cette manifestation désormais trentenaire.

Ce week-end enfin, grâce à Lana Del Rey, Blondie, Queens of the Stone Age, Portishead ou bien encore Arctic Monkeys, proposition originale et oh combien alléchante, Rock en Seine a clos le bal avec une participation qui méritera affinement mais devrait flirter avec les 40.000 festivaliers par jour. Malgré le déluge gâchant un peu la journée d’ouverture de cette douzième édition, le festival francilien a largement atteint son objectif.

L’été 2014 des festivals aura décidément été celui de tous les succès alors que les esprits chagrins leur faisaient miroiter le pire, entre mouvement des intermittents et incertitude éventuelle sur la tenue des concerts et crise économique ne facilitant pas l’achat des pass multi jours. La météo n’a pas été belle mais aucun orage ne sera venu mettre en danger ces machines solides mais toujours à risques. Si éclairs il y a eu, ils n’auront été que de génie car les programmateurs ont su faire cohabiter audace et certitude pour livrer au final des affiches qui ciblaient large mais visaient manifestement juste.

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Sur la carte des festivals, il en est un qui poursuit tranquillement sur la route du succès et des records, celui de Poupet à Saint-Malo des Bois. Dans cette microscopique commune vendéenne riche de quelques 1.500 habitants, on recense pas moins de 540 bénévoles dont le noyau dur se réunit chaque semaine pour mitonner un festival étalé sur près de trois semaines chaque mois de juillet avec une quinzaine de soirées différentes pour réussir à satisfaire tous les goûts et toutes les générations.

Christophe Maé // Festival de Poupet.

Depuis sa création voilà bientôt trente ans et plus encore depuis la construction du magnifique théâtre de verdure en 1998, inauguré l’année suivante par Pierre Bachelet, les têtes d’affiches se sont succédées et le nombre de spectateurs n’a jamais cessé de croître. Près de 20.000 voilà dix ans… Près de 60.000 supplémentaires cette année. Et ce n’est que mérité! Bien sûr, comme partout, pour que le public réponde présent, il faut susciter l’envie. Noah, Joe Cocker, Texas, Hallyday, Tracy Chapman, M, Souchon, The Cranberries, Maé, Bruel… la liste est bien trop longue de ces succès passés pour être rapportée. L’an dernier, David Guetta réunissait 24.500 personnes. On croyait le record imbattable. Erreur! Cette année, Stromaé (pour une soirée exceptionnelle au Château de la Barbinière) a fait venir 25.000 personnes. Gad Elmaleh a affiché complet très vite et Patrick Sébastien a provoqué un tel engouement qu’il a fallu reprogrammer une autre soirée en fin de festival. Bonne pioche! Va pour la qualité de l’affiche donc. Mais il y a aussi ce petit plus qui fait ici une sacrée différence : l’extraordinaire gentillesse de l’équipe.

Arriver dans ce temple de la musique pas comme les autres, c’est d’abord être accueilli. Du « vigile » d’entrée au personnel assurant la restauration, de l’équipe organisatrice au vendeur de souvenirs en passant par ces plus excentrés qui veillent sur les parking et dirigent d’une main habile le flux des voitures quittant le site (on rappellera qu’à tous niveaux de l’organisation, ce sont exclusivement des bénévoles), tout le monde a envie que Poupet ne laisse que des souvenirs heureux. La disponibilité est totale, la vigilance existe mais sait se faire discrète et reste toujours calme. Alors forcément, on se sent sacrément bien à Poupet!

Assister à un concert au côté de Lucienne, 81 ans, bénévole de la première heure, qui veille chaque soir sur l’espace des personnes à mobilité réduite mais participe surtout à toutes les réunions hebdomadaires pour prendre une part active à la programmation, est un moment délicieux et tendre. Voir l’équipe des médecins juste à côté, danser et chanter sans complexe, est une joie communicative. Regarder enfin ces 5.000 spectateurs enthousiastes partager ces quelques heures de spectacle laisse imaginer combien Philippe Maindron, le président fondateur doit être comblé. Il y a des honneurs et des médailles trop vite accrochées. Lui, par sa passion et au nom de tous ces bénévoles qui donnent temps libre et passion pour que l’histoire se poursuive avec brio, mériterait les plus hauts pour avoir su apporter ce qu’il y a de plus beau : une parenthèse de Bonheur.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET // Seth STANLEY.

(Nous tenons à remercier aussi tout particulièrement Thomas Maindron, dont l’enthousiasme est contagieux Jean-Marie Poirier, le vice-président, qui a le sens aigu de l’anecdote, nos deux électriciens préférés, pieds nicklés de la caisse à outils, aussi professionnels que bourrés d’humour et guides efficaces, et puis encore une fois, Lucienne, incroyable passionnée)

Hellfest 2014! Vis ma vie de « presque » festivalière.

Du 20 au 22 Juin, le Hellfest a battu tous les records. Près de 150.000 festivaliers (46.000 par jour exactement) pour cet incontournable européen du métal, une neuvième édition riche en nouveautés et une programmation de très haut vol. Trente hectares d’enfer et de bonheur(s).

D’abord, il y a l’attente. Sans doute parce que le Fest se mérite !! Près de deux heures au lieu des quarante minutes requises pour le trajet Nantes-Clisson. Parce que devant, en voitures chargées de tout le nécessaire de camping, en vans professionnels provisoirement réaménagés en camping-car, à moto au milieu de quelques rares véhicules égarés sur ce parcours menant au sanctuaire métal, la file est longue. Interminable. Alors certains festivaliers, quechua sur l’épaule, pack de bières dans les bras, lassés de ne pouvoir avancer plus vite finissent par jeter leur voiture dans le premier bout de champs venu et bouclent la route à pied. Il n’est que 10 heures. Encore de la marge avant les japonais de Crossfaith, programmés à 12h15 sur la Mainstage 1.

Victoire ! Garés!! On l’a cette f.. place. On ne dira pas où car on risquerait de se la faire voler l’année prochaine mais pour l’heure, c’est juste parfait. On serait même prêt à embrasser le premier vigile venu tellement on est content. Encore une bonne dizaine de minutes de marche et on y sera. La température flirte avec les 30 degrés. On ne risque pas de se perdre en suivant le balisage laissé par les gentils métalleux, canettes, barquettes de frites, emballages divers. Les gars, ce n’est pas très écolo ça. Il y a des dizaines de poubelles entre rues et Hellfest. Même un peu fatigués, çà serait cool de tenter le panier, surtout en cette période où les opposants à la manifestation s’emparent du moindre prétexte pour prouver que l’enfer a rendez-vous à Clisson.

Echange des billets contre la pose des bracelets trois jours. L’organisation est rodée, aucune minute de perdue. 10h50. Toujours de la marge.

Première surprise. Après ces premières barrières, une place sur enrobé, le « Hellcity Square Borough of Clisson ». Ceux qui ronchonnent en y voyant une déclinaison de Disneyland n’ont jamais posé leurs Docks dans les artères de Camden et on ne peut que leur conseiller de sauter dans le premier Eurostar pour fouler le bitume londonien de ce temple marchand du rock. Le Hellfest a joué grand et beau. Cette place, porteuse également de sa part d’ombre bienvenue, est une totale réussite et redistribue parfaitement les cartes de l’Extrême Market. Seul bémol à laisser définitivement dans les cartons l’an prochain, la passerelle. Sa quarantaine de marches métalliques (c’est raccord mais çà sonne fatigue et gros ras le bol après dix passages en fin de journée), la montée mais aussi la descente (au final, c’est sans doute logique)… Ben Barbaud si tu as un minimum pitié de nos énergies surtout quand le temps est caniculaire et le corps épuisé sans même avoir tenté le circle pit, oublie! On traversera parfaitement à pied la petite route bitumée que ce hell bridge enjambe. Et on sera encore plus facilement attiré par le point rechargement des batteries de téléphone (super idée), ces marques qui font stands à part et ces restaurants un peu à l’écart mais plus au calme. Franchement !!

Pas le temps de trop s’arrêter cependant. Des groupes entiers de festivaliers se dirigent vers la « cathédrale », la véritable entrée, le lieu de fouille des sacs avant de pouvoir enfin rejoindre les différentes scènes. Horreur! Des têtes à perte de vue. Des tas de files réunies dans une énorme marée humaine qui n’avance pas. Pas vite en tous cas. On ne peut pas en vouloir à la sécurité de sécuriser mais bon sang ce que c’est long… Ça permet de créer des liens, ça suscite le contact, on rit de blagues plus ou moins bonnes, on ne s’étonne déjà plus des rots que provoque la bière, on se dit aussi que la première zone d’ombre sera la bienvenue pour se poser et écouter.. Mais ça bloque toujours. Le vent, le fourbe, ne trouve même pas le moyen d’importer les airs attendus. Juste de la poussière. A haute, très haute dose. Et lorsqu’enfin le Eastpack a été tâté, qu’un « bonne journée » a été lancé à la hâte à la bénévole préposée à la fouille, que les derniers mètres séparant de la scène ont été parcourus… c’est pour voir disparaître les têtes orange, peroxydée ou brunes de nos japonais. C’est peu de dire que l’on rit jaune.

Histoire de ne pas se laisser abattre dès les premières heures du premier jour, on file vers le Merch. Une cinquantaine de personnes en attente du tee shirt collector de l’édition. Entre autres. L’an dernier, avec la même affluence, il avait fallu une heure. Puisque le site entier a été amélioré, redécoré, mis en valeur, puisque la grande roue n’en finit pas de faire tourner les têtes, on se dit que ce point névralgique et incontournable a du connaître lui aussi sa valeur ajoutée. Et bien non! Deux heures et demi de propos mi figue mi colère plus tard, flanqués d’un joli coup de soleil frontal, à peine rafraîchis par un programme devenu éventail, on peut enfin passer commande. Incroyable! On dirait un mirage! Pour faire patienter et calmer les ronchons, quelques crayons et médiators avaient été lancés avec la précision de la caravane publicitaire du Tour de France. Sauf que nous, on n’était pas dopé! Et que deux heures trente soient cent-cinquante minutes à stagner sur deux mètres en plein cagnard, çà rajoute à la fatigue d’avant la fouille et franchement, ce n’est pas cool. Vu le nombre de bénévoles, en glisser quelques autres au Merch serait top. A défaut, on veut bien aider. Et même qu’en échange on ne demandera même pas à avoir un tee-shirt.

15 heures. Cette fois, les tentes doivent être montées et le ravitaillement rangé car devant les immenses Mainstage, ça devient serré. Et le nuage de poussière si dense qu’il est parfois difficile de deviner le groupe qui officie. Cet espace là aussi a été remanié. Une seule tour pour le son et les lights, la passerelle pour les personnes à mobilité réduite déplacée sur la gauche et un immense écran à l’arrière de la tour technique justement qui permet à ceux qui préfèrent rester en dehors de la foule de profiter presque tranquillement (au milieu de 45.000 headbangers quand même) d’une programmation exceptionnelle. Car les organisateurs ont mitonné du très lourd pour cette neuvième édition. Iron Maiden, Status Quo, Deep Purple, Aerosmith, Black Sabbath mais aussi Megadeth, Dagoba, We came as Romans ou bien encore Powerwolf, le curseur a été placé très haut. De quoi laisser dire dans les travées que pour célébrer ses dix ans l’an prochain, le Fest ne pouvait faire autrement que d’accueillir Métallica, Les Stones, ACDC… Mais bien sûr! Et même les trois, un pour chaque soir. Et peut-être même sans augmentation du pass un ou trois jours!! Halte à la surenchère. Des surprises, il y en aura forcément mais l’équipe est suffisamment comptable pour ne pas griller sa programmation d’une édition sur un seul concert. Et sauf à maîtriser le secret de la multiplication des pains…

                                                                                                                                            Status Quo.

 

17 heures. Après une visite presque complète du site, une escale dans la Valley, une autre dans la Warzone et une dernière sous la Altar, une hésitation puis finalement renonciation devant la Grande Roue (trop grande, trop… roue!), on tente enfin le lot de consolation, la séance de dédicaces de Crossfaith, notre frustration nippone. Bonne pioche. Ils sont presque tous là sauf le claviériste et prennent gentiment la pause, ce qui interpelle le chanteur de Satan, sexa qui a du être sexy mais qui a un peu trop forcé sur le Belle Color pour l’être resté, et qui observe ce défilé en attendant ses fans. Pas de panique. Il en est venu. Quelques uns…

Tatsuya Amano, Hiroki Ikegawa, Kasuki Tekemura et Kenta Koie (en même temps, ils sont japonais!) signent des autographes par dizaines et prennent le temps d’un court échange malgré les signes qui les incitent à accélérer le rythme. Zen (forcément!), les comparses de ce groupe d’électro métal fondé à Osaka voilà huit ans remplissent des stades entiers au Japon. En Europe, grâce notamment à une reprise de « Omen » de Prodigy, ils commencent à se faire connaître mais le chemin sera encore long. Alors ils le vivent avec un amusement visible, une humilité assez rare et une disponibilité à donner des leçons à tous ceux qui se la jouent après avoir vendu une centaine d’albums dont quatre-vingts à la famille. Crossfaith… On n’a peut-être pas vu ce que ça donnait sur scène mais en dehors, une belle rencontre. Arigato les guys ! (ça, c’est parce qu’on les a interrogés en anglais alors forcément, ça se bouscule encore un peu.) En plus, il fait chaud. Toujours plus chaud! Mais Therapy prend d’assaut la Mainstage 1 alors on attaque le cinquantième litre d’eau de la journée et on y court.

Enfin, le temps d’une escale à la Tartine de l’Enfer. Pas forcément le choix le plus diététique mais celui dont la file d’attente était la plus courte. Trouver une place au milieu de toutes les tablées reste encore facile. On sympathise avec ses voisins. De jeunes polonais d’un côté, des écossais de l’autre, une famille d’Agen en face. On commente les nouveautés, on parle des groupes, on partage nos découvertes, on parle aussi du foot. Forcément. Et on rit. Patchwork social, géographique, vestimentaire, c’est ça aussi le Hellfest. Ce mélange des genres qui reste toujours extrêmement joyeux. Comme si les festivaliers ne formaient qu’une même bande heureuse de se retrouver (pour certains depuis des années) durant ces trois jours dédiés au métal. Un côté familial aussi bizarrement, ce qui est assez rare pour une manifestation de cette ampleur.

Nous revoilà devant Sepultura, Trivium et bien sûr Iron Maiden. Slayer, puisque faute avouée est à moitié pardonnée, qu’il ne nous en veuille pas (on dit ça au cas où les gars auraient noté notre absence), on a du renoncer. Pas en robe mais bien zombie (blague d’apprentie métalleuse), c’eut été trop. Un trajet jusqu’à la voiture à parcourir sur ce qui restait des jambes, un voyage retour pour Nantes histoire de dormir un minimum (en ce sens, nous étions des festivaliers chanceux car sous la quechua dans le camping, le repos est forcément plus compliqué) et déjà demain serait là avec Of Mice and Men dès 11h40… jusqu’à Avenged Sevenfold dont la note de fin sonnerait sur les eaux de 2 heures. Mieux valait donc recharger les batteries. Ne pas oublier non plus de charger au maximum en eau le casier-consigne (autre excellente nouveauté de cette édition) et se dire que l’on attendrait lundi pour dormir. On avait su patienter pour tout le reste, on pourrait bien attendre pour ça aussi. La seule impatience finalement comme tous les ans, celle pour laquelle le temps semblerait réellement long, serait celle imposée avant la prochaine édition. Preuve que le bonheur existe bel et bien en enfer. Christine, si tu nous entends…

Magali MICHEL.

Crédits photos // Seth Stanley.

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Kiss. L’embrassade du Hellfest 2013.

35.000 personnes que rien, ni la fatigue, ni le froid, ni la pluie, n’auraient convaincu de quitter les plaines de Clisson. 35.000 personnes massées au plus près du Main Stage 1 ce 22 juin 2013. Et à 23h10, les extravagants membres de KISS faisaient leur entrée. Kitchissimes, hauts en couleurs mais sans avoir rien perdu de leur superbe. Uniques.

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Le 20 août 2011, KISS sortait « Monster », le 20ème album de la bande à Paul Stanley et Gene Simmons, celui de leurs quarante ans d’existence. Pour que l’anniversaire soit complet, ils y ajoutaient une énorme tournée internationale. Un plateau onéreux, chargé en effets spéciaux sur une scène immense conçue à la mesure de leurs délires. Mais on n’a pas tous les jours 40 ans!

A les voir aussi impériaux dans leurs costumes, le maquillage parfait, les rôles parfaitement maîtrisés depuis tant d’années, on se dit qu’ils ont eu raison. Comment auraient-ils pu passer à côté de cet énorme cadeau partagé avec des millions de fans à travers le monde ? Toutes les dates de cette gigantesque tournée démarrée en 2012 sont d’ailleurs partis en quelques heures. Et Clisson sonnait la fin du bal. Le timing était plus que parfait pour le Hellfest qui pouvait grâce aux américains battre son record d’entrées.

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Flammes, explosions, fumée, hémoglobine, écrans géants, scènes arachnéennes… la Kiss Army en a eu plein la vue. Sur “God of thunder”, les voix étaient lâchées et plus rien ne les arrêterait pendant 1h40 d’un show énorme. A l’heure des superlatifs dégoulinants de miel, le qualificatif pourrait paraitre galvaudé mais il prend ici tout son sens. Ce concert là était même exceptionnellement énorme!

Lorsque Paul Stanley survole la foule pour reprendre “Love gun“, le public est en délire. Puis résonnent “Rock and roll all nite” sous un long lâcher de confettis, “Detroit Rock City et Black Diamond” en bouquet final. Feu d’artifices. Au sens propre. Comme au figuré.

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Ok, il n’y a pas eu “I was made for loving you” ni “Calling Dr Love”Mais le partage des scènes du Fest est à la minute près. Respect alors à Kiss qui n’a pas joué les divas et a laissé place à KORN à l’heure dite. Décidément classe et unique d’un bout à l’autre.

Magali MICHEL.

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