ILS OEUVRENT DANS L’OMBRE: All Access, la vigilance à la réussite spectaculaire !

C’est une success story « à l’américaine » (ce qui n’est peut-être pas pour déplaire à cet amoureux des Etats Unis, sillonnés dans leur quasi intégralité), l’histoire d’un môme de Saint-Nazaire un peu bagarreur, beaucoup musicien, devenu le patron de l’une des sociétés de sécurité les plus renommés de France. Spécialité : les spectacles. Marque de fabrique : la fiabilité et qualité de l’accueil. Rencontre avec David Le Nagard, Monsieur All Access.

Du Hellfest au Zénith de Nantes, des salles du grand Ouest au Stade de la Beaujoire, dans les principaux festivals ou évènements de la région, ne cherchez pas… ils sont partout. « Ils », autrement dit les cent-cinquante agents de sécurité disséminés au fil des évènements par All Access, la maison mère. La référence en matière de spectacle. Celle que les producteurs réclament et sans laquelle certains professionnels n’imaginent même pas venir.

Ce résultat est le fruit de rencontres, de destinées qui se croisent mais aussi et surtout la volonté et l’envie de David Le Nagard, personnage haut en couleurs, à la personnalité aussi riche et complexe que sa centaine de tatouages encrés au fil des ans, une main de fer dans un gant de velours. Ne pas se fier aux apparences, elles sont parfois trompeuses. L’homme s’amuse sur les réseaux sociaux, joue avec son image mais quand le patron bosse, il n’y a plus de place pour l’inconnu, zéro possibilité de ratés, c’est le sérieux et l’expérience qui pilotent.

« Il n’ y a pas de certitude absolue, le risque zéro n’existe pas mais nous sommes dans un domaine d’activités où depuis deux ans, depuis les évènements dramatiques du Bataclan, la vigilance doit s’exercer de façon encore plus grande. Il faut conserver la courtoisie, c’est un minimum, ne jamais s’exprimer avec un ton qui pourrait laisser penser à de l’agressivité car les gens ont payé leur place pour passer une bonne soirée et cette soirée commence avec nous par la fouille des sacs et la palpation à l’entrée des barrières. Etre souriant avec une conscience majuscule… A chaque fois que je briefe les équipes, je ne cesse de le leur répéter », explique David Le Nagard. « Même si ce n’est pas toujours simple car nous avons aussi parfois à faire à des personnes plus ou moins ivres qui seraient un cauchemar pour leurs voisins, d’autres qui se considèrent au dessus des lois, d’autres encore qui tentent de cacher des bouteilles alors que c’est strictement interdit. L’ imagination humaine est sans limite!»

Le terrain, le patron le connaît bien, un atout autant qu’un gage de crédibilité auprès des agents comme des clients. « Je jouais de plein d’instruments, du piano et de la guitare notamment. Dans ce milieu, surtout en province, on se connaissait tous assez vite. Je suis devenu pote avec des gens qui avaient une boîte bien référencée hard-rock et par leur biais, j’ai rencontré les dirigeants de NATS, qui était à l’époque l’une des grosses sociétés régionales à faire de la sécurité. C’ était en 1993. NATS était assez connue car elle assurait sur pas mal d’événementiels, notamment depuis 1989 sur « Les Allumés », une manifestation nantaise intégrée des milliers de personnes. J’ai trouvé que le métier restait proche du milieu artistique, alors j’ai postulé. J’ai grimpé les échelons un par un jusqu’à me retrouver dirigeant. En 1998, nous avons oeuvré pour la Coupe du Monde puisque Nantes était l’une des villes accueil. Puis j’en ai tiré le constat que sous une même casquette d’ « agent de sécurité » se cachaient au final des activités différentes. La scission de NATS est intervenue quelque mois plus tard. »

« Comment ne pas admettre que la sécurité d’un spectacle n’a rien à voir avec celle d’un magasin, ni même d’un match de foot ? On ne peut pas être généraliste si on recherche l’efficacité. Oeuvrer sur un show exige d’autres connaissances et respecte d’autres paramètres. Il ne faut pas se laisser surprendre par un Wall of Death ou un Circle Pit en plein concert de metal. Ce n’est pas un cliché d’affirmer qu’il y a un autre rythme dans un concert de reggae où il arrive même que quelques cigarettes s’allument. Dans une salle c’est interdit, bien sûr. Mais c’est du reggae, on est habitué, cela ne va pas loin et n’est pas très méchant. Les agents doivent connaître toutes ces ambiances, ne pas être psychorigides par principe et oeuvrer en finesse. La loi et l’esprit de la loi…. »

« Un concert pour de très jeunes enfants aussi obéit à ses propres règles qui ne sont évidemment pas celles d’un spectacle de Dieudonné par exemple. (Pour l’anecdote d’ailleurs, lors de la dernière venue de l’humoriste, il ne se passait rien d’extraordinaire à l’extérieur mais les medias, BFM TV, notamment étaient là très tôt et avaient décidé de créer de l’information coûte que coûte. En début d’après-midi, alors que nous étions dans les bureaux avec Denis Turmel, le directeur du Zénith, nous les avons vu affirmer des faits, inventer un climat qui n’étaient absolument pas ce qui se passait devant la salle… où il n’y avait que des allés et venus habituels! Ne pas perdre son sang froid, même quand l’agacement vient par surprises… En créant All Access, c’est exactement ce que je visais. »

La clientèle n’a pas mis longtemps à suivre. Avec NATS, David le Nagard avait eu le temps de montrer son professionnalisme. Toujours très immergé dans le milieu musical, il a décidé de pratiquer les choses à l’envers: au lieu de solliciter les salles, il appellerait directement les tourneurs, les maisons de production, les entourages des artistes. Bien vu !

En vingt ans, All Access n’a jamais failli. Aujourd’hui, ce sont les professionnels qui exigent sa présence et n’envisagent pas de travailler avec d’autres sociétés. Quand le Zénith a vu le jour en 2006, c’est aussi All Access qui a décroché le marché, en toute logique alors qu’il existe plusieurs zones de contrôles avant de rentrer dans la salle elle-même. Pour le Hellfest, plus gros festival metal en France avec près de 150.000 personnes accueillis sur trois jours, les choses ont pris davantage de temps. « Je fréquentais le Furyfest, le festival de musiques dites « extrêmes » depuis sa création. Après la migration de Rezé vers Le Mans, les organisateurs ont déposé le bilan, fin 2005 et le Hellfest est arrivé mais la sécurité restait sans doute au second plan au regard  du choix du prestataire.  Quelques longues discussions et moments d’accrochages plus tard avec Ben Barbaud, son fondateur, nous avons fini par tomber d’accord et depuis 2008, All Access veille sur l’immense site de Clisson. C’est au delà de l’amitié désormais avec lui, un lien familial incassable. »

Le Hellfest représente un gros mois de travail. Durant le festival, plus de cent-soixante dix agents, venus de toute la France, fans de metal ou du fest, se répartissent les postes.  Personnellement, je dors sur place, deux heures la nuit et une courte pause d’une heure dans la journée. Il y a des moments tendus, quelques petits incidents mais c’est inutile de les évoquer, on s’efforce de le rendre le plus discret possible. Il y a aussi les gros lourds, tous ceux qui, pour une raison ou une autre, par une attitude inadaptée, sont définitivement exclus du site, une quinzaine de personne environ chaque jour. Si cela reste aussi mineur au regard des foules en présence,  c’est aussi parce que nous sommes en nombre suffisant.. raison pour laquelle je refuse le marché d’un festival des environs de Nantes. Je ne veux pas cautionner une prise de risques par faute de personnel.»

Le carnet des clients  désormais très solide, le seul caillou dans la chaussure de David Le Nagard est la carte professionnelle d’agent de sécurité désormais exigée par les règlements, une carte valable cinq ans et qui doit être renouvelée trois mois avant sa fin de validité. Elle peut être obtenue par validation des expériences passées ou par une formation sanctionnée par un diplôme. « J’ai un budget pour la formation professionnelle donc évidemment, je suis partant pour régler les 2.000 euros d’enseignement à certains chaque année. Mais je reste sceptique sur la nécessité de cette carte et sur le contenu de la formation. J’avais jusqu’à présent des gars qui travaillaient super bien, qui savaient en imposer en douceur. Certains n’ont pas voulu ou pas pu suivre les cours, d’autres ont été découragés par les nombreux textes de la législation à retenir. Sans parler de la grande théorie dispensée qui n’ explique pas suffisamment les différents domaines d’intervention. Un type qui a décroché son diplôme mais ne comprend pas quand je lui parle « jardin » ou « cour », qui ne sait pas comment cela se passe dans une salle de concerts, ne peut pas travailler ici. Je ne vais pas rajouter du temps formation au budget formation! »

Autre effet plus pervers, les contrats des agents n’étant pas des contrats de 35 heures hebdomadaires mais des contrats limités aux heures nécessaires pour la bonne tenue d’un show, certains n’ont pas hésité à se faire « offrir » le sésame obligatoire… avant de fausser compagnie pour rejoindre une grande surface du coin et un contrat « plein ». « Bien sûr que je ne suis pas contre la réglementation mais le législateur qui pensait sans doute exclure les fortes têtes aux casiers chargés ont oublié que nous pouvions juger par bon sens et expérience la moralité de chacun sans toute cette artillerie. Et bien évidemment, nous le faisions! Les brebis galeuses n’ont jamais été admises. Au final, cela a donc sorti du réseau des gens plus simples mais parfaitement adaptés au métier, d’ excellents éléments et je peine très souvent à recruter alors que la demande est constante. C’est assez usant!»

Une amertume qui n’entame ni l’enthousiasme, ni la passion pour le métier. « Je n’ai pas d’exigences folles pour l’avenir. Je me contenterais largement de signer les deux prochaines décennies comme les deux dernières. All Access va continuer sur sa lancée et le degré d’exigence sera toujours aussi vif. »

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– NDLR : Merci aux équipes d’ All Access et du Zénith de Nantes pour leur disponibilité et leur accueil. – 

HELLFEST 2017: retour gagnant pour Motionless in White !

Ils étaient venus en 2015 et avaient laissé les spectateurs KO, ce qui n’était pas du qu’aux températures caniculaires. Deux ans plus tard, Motionless in White refait le même effet. A midi, alors que soleil et poussière auraient pu jouer les troubles fest, c’est une foule compacte qui est venue entendre les pennsylvaniens.

Le sextet porté par Chris Motionless n’a rien perdu de ce qui a pris une part importante dans sa renommée : les couleurs. Ou plus exactement le noir… et le blanc! Visiblement inspiré par Marylin Manson période ancienne, le leader du groupe américain n’entend pas cacher ses influences gothiques et le concert joue volontiers avec cette mise en scène spectaculaire. Pas question de partir au front sans les peintures de guerre que le public a toujours encensées.

Musicalement, la performance est toujours aussi bien rodée. Après la musique du générique de «The Walking Dead», le groupe attaque avec « Rats », extrait de « Graveyard Shift »,  son quatrième album sorti en mai dernier. Quatre morceaux de ce nouvel opus sur les neufs titres du set seront d’ailleurs joués sur la scène du Hellfest dont « Loud » (Fuck it ) et « 570 » en guise de clôture.

Le combo de metalcore pennsylvanien est en forme et ça se voit. Les morceaux s’enchaînent sans temps mort, la voix est puissante et Chris Motionless ne boude rien de son plaisir à revenir arpenter la Main Stage. La prestation est beaucoup plus carrée que voilà deux ans, l’ensemble d’ une musicalité et d’une puissance bien plus fortes. Beaucoup de ceux à qui avaient échappé la sortie de « Graveyard Shift » se sont précipités au Merch pour voir si l’album était dans les cartons (ce qui n’ était évidemment pas le cas). La preuve manifeste d’un concert réussi en plus de l’affluence impressionnante malgré un horaire relativement tôt dans la journée (13h35) et une chaleur à faire renoncer un chameau dans le désert.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

HELLEFEST 2017: Rob Zombie ressuscite White Zombie !

La venue de Rob Zombie est toujours un moment très attendu. D’abord parce que le fringant quinqua, réalisateur de films d’horreurs à succès dans son autre vie (dont les fameux « Halloween » 1 et 2 ou bien encore « The lord of Salem »), joue volontiers à devenir lui même une sorte de personnage effrayant, « une gueule » unique, auteur de partitions largement influencées par Alice Cooper, Black Sabbath, Metallica ou bien encore The Stooges. Les références sont multiples mais ses performances et ses partitions uniques.

Venu reprendre les titres d’« Astro Creep », sorti voilà déjà dix-sept ans, l’album référence de feu White Zombie, en exclu européenne et avec la production compléte de ses shows américains, Rob Zombie a créé l’évènement et réuni tous les festivaliers en clôture de ce premier jour de Hellfest. C’est une foule compacte qui est venue reprendre ce qui constitue peut être l’un des disques parmi les meilleurs des années 90.

Le sens de l’image et de la mise en scène n’étant pas ses atouts faibles, visuellement le show dépote. Animations sur les grands géants, flammes, lâchers de ballons, jeux de lumières incessants, il ne manque rien. Musicalement, c’est bien sûr toujours aussi impressionnant. Les six cordes sont magnifiques. Le spectacle est total et le quatuor au sommet de sa forme.

Frontman aguerré, Rob Zombie fait des kilomètres sur scène pendant une heure et demi et semblerait prêt à en découdre longtemps encore, osant même la percée en bas de la scène, juché sur la barrière pour le plus grand plaisirs des spectateurs incrédules et euphoriques. Voilà une date qui restera dans les annales clissonnaises.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

HELLFEST 2017: SLAYER CLOTURE EN PUISSANCE

Ils étaient là l’an dernier. Ils sont revenus avec la même envie de balancer leurs riffs sans concession et ont offert au Hellfest édition 2017 un nouvelle prestation impressionnante.

L’un des quatre piliers du thrash metal américain, le fameux « Big Four » (avec Megadeth, Metallica et Anthrax) adore la France et ne se fait jamais prier pour s’y prduire. Clisson les avait déjà accueillis l’an dernier. Mais c’est avec un plaisir évident que Tom Araya, Kerry King, Paul Bostaph et Gary Holt sont revenus fouler la Main Stage du Hellfest.

Pas de véritable nouveauté puisque le groupe défend depuis près de douze ans « Repentless », son douzième album studio, mais l’énergie, le talent et la puissance sont tels que personne ne résiste à cette déferlante de décibels.

En terme d’intensité scénique, Slayer place la barre très haut. La musique est brutale, d’une violence calculée au plus juste et malgré l’heure tardive, ce sont plus de 40.000 personnes qui sont réunis pour cet incroyable concert clôture du Fest. Les écrans (vraiment) géants, grande nouveauté de l’édition 2017 permettent de ne rien perdre de ce moment même depuis les hauteurs du terrain. Le jeu de scène est forcément rodé, la basse atomise, les blasts laissent sans voix, Paul Bastaph donne l’impression de pouvoir jouer des semaines sans s’arrêter pendant que Tom Araya s’amuse (en tout cas, on peut le penser) à n’avoir pour échange avec le public que son fameux sourire carnassier.

La setlist est toujours assez identique mais c’est visiblement la recette gagnante. « Repentless » et « Disciple » en ouverture, « Seasons in the Abyss » bien sûr et pour finir, les trois incontournables, « South of Heaven », « Raining Blood » et « Angel Death ». Les treize morceaux défilent à la vitesse de l’éclair. Une heure et déjà Slayer s’en va. Le Hellfest 2017 a vécu. Vive le Hellfest 2018. Jamais deux sans trois pour Slayer ? Réponse dans quelques mois.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Hellfest, les pass 1jour en vente uniquement sur internet.

Inutile de squatter les points de vente habituels dès l’ouverture! Pour tous ceux qui n’ont pu acheter leurs pass trois jours permettant de franchir les portes de la Mecque du métal les 19, 20 et 21 juin prochains, c’est ce jeudi 29 janvier entre 16h et 18h, sur le site du Hellfest (qui renverra vers Digitick) et exclusivement là qu’il faudra se connecter. Si le running order n’est pas encore connu, le Fest a déjà listé ses invités par journée. Petit mémo pour bien choisir sa (ou ses) journée(s).

Vendredi : Judas Priest, Alice Cooper, Motorhead, Billy Idol, Armored Saint, The Quireboys, Vulcain, Sticky Boys (Main stage 1) / Slipknot, Lamb of God, Five Finger Death Punch, Anthrax, Godsmack, No Return, Sylosis, We are Harlot, Breakdust (Main Stage 2). Mais aussi, entre autres, Shining, Satyricon, Cradle of Filth (The Temple), Mastodon (The Valley), Dead Kennedys (The Warzone) etc.

Samedi : Scorpions, ZZ Top, Slash, Airbourne, Ace Frehley, The Answer, Butcher Babies, Giuda (Main Stage 1) / Faith No More, Marilyn Manson, Killing Joke, L7, Ghost Brigade, Beastmilk, Motionless in white, Zuul FX, Haken (Main Stage 2) / Mais encore, au hasard,  Obituary, Skinless et Deep in Hate (The Altar), Venom, Mayhem (The Temple), Triggerfinger, Orange Goblin (The Valley), Body Count, Biohazard, Madball, Terror (The Warzone) etc.

Dimanche : Korn, Limpbizkit, Cavalera Conspiracy, A Day to Remember, Life of Agony, Hollywood Undead, Eths, Hawk Eyes (Main Stage 1) / Nightwish, In Flames, Epica, Nuclear Assault, Exodus, Dark Tranquillity, The Haunted, Hirax, Iron Reagan(Main Stage 2). Sans oublier notamment Arch Enemy, At The Gates, Cannibal Corpse (The Altar), Triptykon, Alestorm (The Temple), Saint Vitus, Red Fang (The Valley), Rise Against, NOFX, The Exploited, Snot (The Warzone) etc.

Après ça, forcément, on comprend mieux pourquoi autant de demandes à partager les agapes. Pour votre dixième anniversaire, vous avez fait fort la team Hellfest. Respect!

Magali MICHEL.

Hellfest.fr

Un Best of exceptionnel pour les dix ans du Hellfest!

L’affiche du 10ème Hellfest a livré ses surprises. Un anniversaire en forme de cadeau multigénérationnel : de Slipknot à ZZ Top, en passant par Motorhead, Marilyn Manson, Alice Cooper, Nighwish, Scorpions, Billy Idol ou Faith no More, le premier festival français de metal devrait jouer à guichets fermés les 19,20 et 21 juin prochains.

Quelques innocents persistaient à penser qu’ ACDC ferait escale à Clisson (Loire Atlantique) célébrant du même coup, son grand retour sur scène (la tournée mondiale passera probablement plutôt par le Stade de France avant l’été) et le dixième anniversaire du Hellfest. C’était compter… sans les comptes précisément! Un poids trop lourd qui aurait sacrifié l’essentiel du budget de la prochaine édition et qui, en dehors des afficionados du groupe australien, n’aurait pas forcément fait le bonheur des 150.000 festivaliers, habitués à trois jours de concerts haut de gamme. Sans parler de l’artillerie nécessaire à ACDC, qui prévoit une immense scène centrale bien incompatible avec les deux Mainstage du Fest et avec lesquelles la production australienne n’entendait pas déroger. Problématique quasi similaire pour Métallica, attendu, selon les dernières indiscrétions, en mai au Stade de France et qui passe donc en France à des dates trop éloignées du festival. D’autres encore espéraient naïvement que Rammstein débarquerait dans le vignoble… L’année prochaine peut-être.

Pas de Till Lindemann cette année donc mais à la place, de très belles surprises dont la révélation a déclenché des cris enthousiastes : le design de l’ affiche avait quasiment garanti la présence de Slipknot. C’est désormais confirmé, les américains passeront par Clisson après leur Zénith de Paris (rapidement sold out) le 29 janvier. Une première hautement attendue. Première visite également pour Faith No More (dont le prochain album vient d’être annoncé). Ce devrait être leur seule date de l’été dans l’Hexagone. Passage unique également pour Rise Against, Body Count, Limp Bizkit mais aussi pour les finlandais de Nightwish.

Pour cette dixième édition, hautement symbolique (on n’a pas tous les jours dix ans!!), Ben Barbaud, créateur et programmateur de l’évènement, a tenu à inviter des artistes qui ont marqué les quatre décennies de l’histoire du metal et donc, le passé déjà bien riche du Hellfest. Certains feront ainsi leur grand retour dans l’ Ouest comme ZZ Top, Scorpions, Motorhead, Alice Cooper, Judas Priest ou encore Slash, Airbourne, The Answer au côté des mythiques des années 90, Korn, Marylin Manson, Lamb of God, In Flames (dont la tournée européenne cet automne avec Wovenwar, né de la disparition d’As I Lay Dying, fait un véritable carton).

Sans oublier les formations aux qualités artistiques plus pointues, saluées par les fans de trash, death metal, punk ou hardcore comme Anthrax, Children of Bodom, Arch Enemy, Venom, Meshuggah, Satyricon, Exodus, liste non exhaustive! A noter encore la présence exceptionnelle de Billy Idol, dont la dernière prestation sur une scène française remonte à… plus de vingt ans.

L’an dernier, le Hellfest avait battu tous les records (de chaleur comme de fréquentation) avec plus de 130.000 visiteurs en trois jours. Le décor de cette Mecque des musiques extrêmes avait connu une vraie transformation avec des zones revisitées, des espaces détente améliorés, une zone commerçante aux allures de Camden ultra classe, des casiers bien utiles pour les festivaliers, bref beaucoup de petits ou grands changements qui avaient à leur manière contribué à la popularité et aux retours largement positifs des festivaliers. Car c’est aussi ce qui fait que le Hellfest connait un tel succès : en parallèle de la qualité de la programmation, il s’agit d’offrir aux visiteurs trois jours inoubliables durant lesquels ils se sentent vraiment accueillis. Objectif largement atteint… foi de festivalière !

Pas très audacieux donc d’affirmer qu’un succès similaire sera au rendez-vous de cette dixième édition. (En guise de gateau, un feu d’artifice grandiose retraçant l’incroyable aventure de ce petit festival devenu l’une des plus grosses manifestations d’Europe, sera tiré le samedi soir). Aux 130 noms déjà révélés s’ajoutera début 2015, une trentaine d’autres… dont quelques uns qui devraient surprendre. « Best of Hell » qu’ils disent. Maxi Best of plutôt, non ?

Magali MICHEL.

– les pass trois jours, dont le prix est le même que l’an dernier, sont d’ores et déjà en vente sur le site officiel – www.hellfest.fr – Les pass 1 jour seront disponibles lorsque l’affiche finale sera révélée, selon toutes vraisemblances, au début de l’année 2015. Attention à ne pas se faire avoir par le temps : pour le plus grand confort du public, le Fest a décidé de revoir légèrement sa capacité d’accueil. L’esprit « grande famille » sera donc préservé. Démarche et volonté assez rares pour être signalées. –

Le bel été des festivals français.

La saison des festivals français s’est achevée dimanche soir quand se sont éteintes les consoles de Rock en Seine. Avant de reprendre le chemin des concerts en ordre plus dispersé, petit retour sur ces mastodontes qui ont mis notre été en musique. Et petit coup de chapeau personnel à celui qui n’est sans doute pas le plus lourd d’entre eux mais qui a fait de son sens de l’accueil sa marque de fabrique, au point de s’imposer comme un incontournable sur l’itinéraire des tourbus.

Status Quo // Hellfest.

Hommage chaleureux tout d’abord à celui qui a ouvert le ban : le Hellfest, l’incontournable rendez-vous metal de Clisson, cuvée 2014 (du 20 au 22 juin), a battu tous les records. De température d’abord avec un mercure à plus de 35 ces trois jours, enveloppant chaque déplacement d’un nuage de poussière, expliquant aussi les files d’attente aux (trop) rares point d’eau et la traque à la moindre zone ombragée. Dans ce contexte, l’intervention des pompiers le dernier jour a été une initiative largement appréciée. Dommage peut-être que leurs lances à eau n’aient pas été sollicitées plus tôt. Mais cette météo harassante (en opposition totale avec le cocktail pluie-froid de l’édition précédente) n’a pas réussi à gâcher le plaisir des métalleux qui, d’Iron Maiden à Aerosmith en passant par Status Quo, Avenged Sevenfold, Black Sabbath ou Rob Zombie, ne savaient plus où donner du pogo. Deux coups de cœur pour nous : les allemands de « Powerwolf », impeccables dans leur mise en scène spectaculaire comme dans leur set list parfaitement calibrée, portée par un Atila Dorn en grande forme et les américains de « We Came As Romans » qui réussissent à revisiter le metalcore avec une belle énergie et un plaisir de la scène assez contagieux. Record de fréquentation enfin (et surtout!) avec plus de 139.000 spectateurs, battant encore les résultats de 2013. De quoi mettre la pression sur Ben Barbaud et son équipe qui vont devoir programmer fort pour le 10ème anniversaire du Fest l’an prochain.

Météo avec vents contraires une semaine plus tard pour les trois jours du Solidays mais la fréquentation n’a heureusement pas pris l’eau : 175.237 spectateurs. Plus importants encore compte tenu de l’enjeu et des fins de la manifestation organisée sur l’hippodrome de Longchamps, les 2,2 millions d’euros de recette estimés, largement au delà des objectifs affichés. Solidarité Sida va pouvoir renforcer ses actions grâce à la présence d’artistes aussi divers que Fauve, HollySiz et son enthousiasme sincère, Yodelice, Franz Ferdinand, les complices Triggerfingers et les incontournables Shaka Ponk, Vanessa Paradis ou Skip the Use. L’affiche était la bonne.

 

Stromae // Main Square Festival.

Même constat pour le 10ème anniversaire du Main Square d’Arras (du 3 au 6 juillet) : la pluie diluvienne, le terrain boueux et collant n’ont pas fait rebrousser le chemin du moindre festivalier et devant les scènes d’Arras, ce sont plus de 135.000 spectateurs qui se sont pressés. Doté d’une journée supplémentaire en ouverture, le Main Square avait réellement frappé fort en offrant une affiche exceptionnelle : Iron Maiden, Ghost, Stromae, M, Détroit, David Guetta, Gesaffelstein, MGMT, The Black Keys, entre autres, pour la scène principale et autant de richesses sur la Green Room avec London Grammar, James Arthur, The 1975, notamment. Programmation au top et organisation parfaite, pour les professionnels comme pour le public. Arras est en haut de la carte. Une hauteur qui sied bien à son festival.

(A quelques encablures de là et durant ce même week-end, les Eurockéennes réussissaient eux aussi leur édition en attirant plus de 102.000 festivaliers face à Stromae (toujours!), Pixies, Shaka Ponk (toujours aussi!) ou bien encore Foster the People et… devinez… Détroit!)

Pluie encore et toujours, orages même, pour accompagner les Vieilles Charrues (du 17 au 20 juillet) qui avaient convié, entre autres, Elton John, Arctic Monkeys, Christophe, Détroit, HollySiz, Fauve, Daho mais aussi Indochine, Julien Doré, Kavinsky… La 23ème édition de la manifestation bretonne (dont le budget est de 13 millions d’euros) a accueilli 225.000 personnes dont plus de 175.000 entrées payantes. D’excellentes nouvelles sur le papier mais à ne pas considérer aussi simplement sans doute quand on sait que les Vieilles Charrues ne bénéficient d’aucune subventions et se financent à plus de 80% par les festivaliers eux-mêmes. Dans ces conditions, chaque année est à hauts risques et les bilans comptables, scrutés à l’euro prêt.

Ce bilan, les Francofolies devraient logiquement le considérer avec satisfaction : une ouverture en fanfare, baptisée « Les copains d’abord », en vibrant hommage à Jean-Louis Foulquier, disparu le 10 décembre dernier. Lavilliers, Souchon, Aubert, Voulzy, Jonasz, Adamo, Noah, Thiéfaine, rejoints par les « jeunes pousses » Nolwenn Leroy, Elodie Frégé, Christophe Willem… ils avaient tous répondu présents. La liste était belle et la soirée (présentée par Omar Sy en surprenant Monsieur Loyal) n’a pas déçu malgré quelques longueurs. Puis Christophe Maé, Stromaé et Détroit les jours suivants ont eux aussi réussi le carton plein. Du 10 au 14 juillet, les diverses scènes du festival rochelais auront recensé plus de 92.000 spectateurs. Un succès qui rend lui aussi hommage au père fondateur de cette manifestation désormais trentenaire.

Ce week-end enfin, grâce à Lana Del Rey, Blondie, Queens of the Stone Age, Portishead ou bien encore Arctic Monkeys, proposition originale et oh combien alléchante, Rock en Seine a clos le bal avec une participation qui méritera affinement mais devrait flirter avec les 40.000 festivaliers par jour. Malgré le déluge gâchant un peu la journée d’ouverture de cette douzième édition, le festival francilien a largement atteint son objectif.

L’été 2014 des festivals aura décidément été celui de tous les succès alors que les esprits chagrins leur faisaient miroiter le pire, entre mouvement des intermittents et incertitude éventuelle sur la tenue des concerts et crise économique ne facilitant pas l’achat des pass multi jours. La météo n’a pas été belle mais aucun orage ne sera venu mettre en danger ces machines solides mais toujours à risques. Si éclairs il y a eu, ils n’auront été que de génie car les programmateurs ont su faire cohabiter audace et certitude pour livrer au final des affiches qui ciblaient large mais visaient manifestement juste.

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Sur la carte des festivals, il en est un qui poursuit tranquillement sur la route du succès et des records, celui de Poupet à Saint-Malo des Bois. Dans cette microscopique commune vendéenne riche de quelques 1.500 habitants, on recense pas moins de 540 bénévoles dont le noyau dur se réunit chaque semaine pour mitonner un festival étalé sur près de trois semaines chaque mois de juillet avec une quinzaine de soirées différentes pour réussir à satisfaire tous les goûts et toutes les générations.

Christophe Maé // Festival de Poupet.

Depuis sa création voilà bientôt trente ans et plus encore depuis la construction du magnifique théâtre de verdure en 1998, inauguré l’année suivante par Pierre Bachelet, les têtes d’affiches se sont succédées et le nombre de spectateurs n’a jamais cessé de croître. Près de 20.000 voilà dix ans… Près de 60.000 supplémentaires cette année. Et ce n’est que mérité! Bien sûr, comme partout, pour que le public réponde présent, il faut susciter l’envie. Noah, Joe Cocker, Texas, Hallyday, Tracy Chapman, M, Souchon, The Cranberries, Maé, Bruel… la liste est bien trop longue de ces succès passés pour être rapportée. L’an dernier, David Guetta réunissait 24.500 personnes. On croyait le record imbattable. Erreur! Cette année, Stromaé (pour une soirée exceptionnelle au Château de la Barbinière) a fait venir 25.000 personnes. Gad Elmaleh a affiché complet très vite et Patrick Sébastien a provoqué un tel engouement qu’il a fallu reprogrammer une autre soirée en fin de festival. Bonne pioche! Va pour la qualité de l’affiche donc. Mais il y a aussi ce petit plus qui fait ici une sacrée différence : l’extraordinaire gentillesse de l’équipe.

Arriver dans ce temple de la musique pas comme les autres, c’est d’abord être accueilli. Du « vigile » d’entrée au personnel assurant la restauration, de l’équipe organisatrice au vendeur de souvenirs en passant par ces plus excentrés qui veillent sur les parking et dirigent d’une main habile le flux des voitures quittant le site (on rappellera qu’à tous niveaux de l’organisation, ce sont exclusivement des bénévoles), tout le monde a envie que Poupet ne laisse que des souvenirs heureux. La disponibilité est totale, la vigilance existe mais sait se faire discrète et reste toujours calme. Alors forcément, on se sent sacrément bien à Poupet!

Assister à un concert au côté de Lucienne, 81 ans, bénévole de la première heure, qui veille chaque soir sur l’espace des personnes à mobilité réduite mais participe surtout à toutes les réunions hebdomadaires pour prendre une part active à la programmation, est un moment délicieux et tendre. Voir l’équipe des médecins juste à côté, danser et chanter sans complexe, est une joie communicative. Regarder enfin ces 5.000 spectateurs enthousiastes partager ces quelques heures de spectacle laisse imaginer combien Philippe Maindron, le président fondateur doit être comblé. Il y a des honneurs et des médailles trop vite accrochées. Lui, par sa passion et au nom de tous ces bénévoles qui donnent temps libre et passion pour que l’histoire se poursuive avec brio, mériterait les plus hauts pour avoir su apporter ce qu’il y a de plus beau : une parenthèse de Bonheur.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET // Seth STANLEY.

(Nous tenons à remercier aussi tout particulièrement Thomas Maindron, dont l’enthousiasme est contagieux Jean-Marie Poirier, le vice-président, qui a le sens aigu de l’anecdote, nos deux électriciens préférés, pieds nicklés de la caisse à outils, aussi professionnels que bourrés d’humour et guides efficaces, et puis encore une fois, Lucienne, incroyable passionnée)