ILS OEUVRENT DANS L’OMBRE: Coup de projecteur sur Nicolas Riot, concepteur lumière, cofondateur de Chirac Design

Une fois n’est pas coutume, c’est vers lui que le projecteur  va se tourner : Nicolas Riot, cofondateur de Chirac Design, la société nantaise qui habille de ses lumières les scènes de Mass Hysteria, Emilie Loizeau, Pegase, Abbath, Elephanz ou bien encore Nostromo ou le Hellfest. Le trentenaire a repris la route l’été dernier avec Gojira, la tête de proue du metal français (deux nominations aux derniers Grammy Awards). Nicolas Riot y excelle en plaçant haut le niveau d’exigence et d’inventivité. Rencontre.

La veille, Gojira jouait à guichets fermés à Birmingham. Ce 12 Mars, le groupe est attendu à Londres, à l’O2 Forum Kentish Town. Le concert est à 21h15 (Code Orange et Car Bomb assurent les premières parties) mais à 10h30, les roads s’activent déjà pour vider les camions. Dans le tourbus aussi, le réveil a sonné depuis longtemps. Cette vie de tournée, Nicolas Riot s’y est habitué. Cinq ans qu’il sillonne les asphaltes de la planète avec Gojira, le groupe français qui multiplie les superlatifs et joue à scènes égales avec les mastodontes du metal international. « Là, c’est une tournée européenne, le décalage horaire est quasi inexistant et il y a souvent eu une seule date par pays donc on ne perd pas ses repères. Aux Etats-Unis, quand on roule toute la nuit après s’être couchés à 2h, on regarde par la fenêtre au matin, on prend le roadbook et on découvre que l’on se produit à Dallas, Los Angeles ou San Francisco… Et on bouge les aiguilles de nos montres pour se caler sur le bon fuseau. Sur le papier, ça fait rêver, les gens pensent qu’une tournée est un grand voyage organisé pour une bande de potes. Il faut casser le mythe : une tournée est d’abord une logistique, un grand barnum avec des timing ultra précis, des journées extrêmement longues avec un seul objectif : que chaque concert se déroule sans la moindre fausse note. Chacun doit donc connaître parfaitement son rôle. L’improvisation n’y a pas sa place.»

C’est notamment parce que lui même maitrise largement le parcours entre câbles et consoles et que sa fibre créative est devenue gage d’excellence que Nicolas Riot est redemandé pour chaque nouvelle tournée de Gojira. L’été dernier, il a donc repris place dans le tourbus alors que « Magma », le nouvel opus du quatuor français mené par les frères Duplantier, venait de sortir. Près de six semaines de tournée puis une pause d’un mois avant de reprendre pour cinq ou six semaines. Le rythme de ces pérégrinations à travers le monde est immuable et va s’étirer sur trois ou quatre ans.

Il semble bien loin le temps des débuts pour Nicolas Riot. Après des années de fac qui avaient plus à voir avec l’environnement et la gestion des villes qu’avec le spectacle, ce fou de musique, guitariste à ses heures, envoie tout valser pour se rapprocher de sa passion. Il apprend sur le tas, enchaine les stages et devient régisseur d’une petite salle de Bretagne. Mais c’est sans doute la création du Ferrailleur (la salle de concerts qui célébrera en mai ses dix ans) qui lui mettra le pied définitif à l’étrier. Thomas Nedelec, le gérant fondateur lui confie la console des lights. L’agenda est cadencé. Nicolas Riot a trouvé une belle assise pour son CV.

En 2009, il accompagne en tournée les nantais d’ Ultra Vomit ainsi que les joyeux drilles d’ Andreas et Nicolas. Il assure la régie mais continue d’imaginer des lumières. Les petites scènes du Hellfest deviendront elles aussi son terrain de jeux. Pegaze, Emilie Loizeau, Mass Hysteria, la liste est longue de ceux qui font désormais appels aux éclairages de « Chirac Design », la société de design lumière qu’il a cofondée à Nantes avec Romain Drone voilà un an et demi. Et pourtant, la concurrence est de plus en plus rude.

« Les évolutions techniques du métier ont fait émerger des diplômes nouveaux, les DMA (diplômes  des métiers d’art) par exemple option régie lumière. Il existe même un cursus concepteur lumière de cinq années après le bac. Ces métiers faisant pas mal rêver et ressemblant parfois à la voie parallèle pour tous ceux qui savent ne pas pouvoir faire carrière en tant que musicien… chaque année voit arriver de nouveaux éclairagistes. Il n’y a pas que les tournées, il y a les salles, les évènementiels  qui ont besoin de nous mais cela reste compliqué pour réussir à se démarquer. »

Un éclairagiste intermittent a souvent besoin de plusieurs années pour réussir à se faire un nom, des années pendant lesquelles il aura prouvé qu’il ne comptait pas ses heures, était prêt à comprendre toutes les envies d’un artiste, qu’il s’agisse d’une ombre chinoise, d’une douche tamisée ou d’une explosion de couleurs, qu’il avait le sens du rythme (connaître la musique est un atout majeur), de la vie en équipe, qu’il avait des idées pour renforcer celles avancées. Un éclairagiste qui ne fait que poser quelques spots gérés par sa console est forcément frustré. S’il peut apporter sa couleur, son sens de l’esthétisme, être considéré comme partie intégrante du show, c’est passionnant. On travaille encore davantage mais c’est passionnant. (A la différence des autres pays où les gestions sont exclusivement privées, nous avons la chance en France d’avoir des salles qui bénéficient souvent de financements publics donc qui disposent d’un peu de matériel. Même un show sans vrai budget lumière peut donc être mis en valeur. Il suffit de savoir s’adapter, d’être encore plus imaginatif.) »

« Avec Gojira, tout le monde bosse très dur et l’image tient un rôle important, ce qui reste assez rares dans ce genre de musique. Ce sont des artistes complets, Mario Duplantier est passionné de peinture, il aime aussi la photo. Tous ont une curiosité totale et le groupe a eu envie d’offrir des concerts qui soient aussi de vrais shows visuellement parlant. C’est un challenge exigeant, une incroyable chance aussi.

J’ai connu des débuts où tard dans la nuit, dans le tourbus, on visionnait le concert du soir avec Joe Duplantier pour voir ce qui allait et ce qui méritait soit d’être supprimé, soit d’être amélioré… Le groupe n’est pas à ce niveau de réussite par hasard. Tout le crew doit donc être à la hauteur. On rentre lessivés mais c’est un défi quotidien formidable»

En attendant, les dizaines de flights continuent d’envahir l’arrière du Forum. La vieille salle londonienne a le charme des constructions des années trente, un coté art déco dans la façade, un long balcon en bois pour ourler son premier étage. Mais Nicolas Riot (assisté de l’américain Pete Carry) n’ a pas le temps pour la visite. La répartition des spots, les bons cablages, l’installation de la grande toile blanche où seront projetées les images conçues par Anne Deguehegny, il faut plusieurs heures pour que tout soit prêt. Gojira a beau être un groupe français, le tourneur, K2 Agency / Live Nation, est américain et le staff technique en majeure partie anglophone. Du coup, les échanges se font le plus souvent en anglais, y compris avec Taylor Bingley, le régisseur d’origine canadienne.

Les premiers test audios ne perturbent pas la poursuite de ce grand chantier quotidien. Pendant le sound check, les projecteurs s’animent. Les écrans tactiles de la Chamsys MQ 500, lancée en janvier dernier et capable de faire briller les stades, n’a plus aucun secret pour Nico Riot. La machine est sûre. De quoi éviter (mais le risque zéro n’ existe évidemment pas) ce qui s’est produit en Allemagne en début d’année : plus de lumière et le public qui éclaire les musiciens grâce aux téléphones portables jusqu’à ce qu’une autre console prenne le relais. « Au final, ça reste un souvenir fort. Sur le coup, c’est ce qui peut exister de pire mais les spectateurs ont assuré eux aussi donc on a pu poursuivre. Je ne me souhaite pas de le revivre pour autant, » sourit Nicolas Riot.

17h. Les derniers calages sont effectués. Une demi heure de pause pour tout le monde. Quand il n’en profite pas pour s’offrir une sieste salvatrice, le nantais, bosseur acharné, cherche à voir sur internet ce qui se fait ailleurs. Les vidéos de lights défilent sur sur téléphone. On ne se refait pas!

Une trentaine de minutes avant l’arrivée de Gojira, Nicolas Riot rejoint sa place, en fond de salle. Déjà concentré. Il ne soufflera que deux heures plus tard, quand le public, bluffé et enthousiaste, commencera à quitter la salle. Avant cela, entre bras qui se croisent sur les boutons, regard froncé sur ce qui se passe sur scène, hochements de tête au rythme des accords, il n’aura pas décroché une seule seconde. Show done!

La journée n’est pas terminée pour autant. Il faudra encore plus d’une heure pour ranger tout le matériel dans le camion. L’ordre du jour sonnait la montée dans le tourbus à 2h. Aucun retard, la route va pouvoir défiler. Demain est off. Pas de réveil imposé. Quelques heures de découverte de Manchester et concert le lendemain. A la fin de cette tournée européenne, deux dates à L’ Olympia puis trois semaines de repos avant de repartir pour les Etats-Unis. Un repos qui prendra vite la forme d’une semaine de formation pour Nicolas Riot et de quelques jours à plancher sur… les festivités des dix ans du Ferrailleur. Il sera encore en tournée aux Etats Unis au démarrage de cet anniversaire mais il rejoindra à mi-parcours les consoles qui l’ont vu débuter. Et dans dix ans ? « Et bien le Ferrailleur aura vingt ans! Plus sérieusement, je pense que je ne serai personnellement plus sur la route car c’est malgré tout une forme de vie décalée qui accélère le temps. J’espère que Chirac Design aura accru sa réputation et que nous pourrons créer un collectif de designers. Il existe une véritable élégance française, des imaginaires variés qui peuvent aussi se nourrir les uns des autres. J’ai plein d’idées. Je souhaite que cela se fasse… Mais c’est encore loin. Lorsque je suis rentré de tournée, je goûte le plaisir de ces retours et puis très vite, le manque s’installe, je me surprends à dire « vivement que je reprenne l’avion! »

La passion n’est pas prête à s’éteindre.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Le Download Festival France an 2 atterrit à Brétigny : Une affiche exceptionnelle pour voler encore plus haut

Les mauvaises langues doutaient de la pérennité du Download Festival France après une première édition bien fréquentée mais compliquée par une météo hautement pluvieuse, un contexte sécuritaire tendu et bien sûr, la concurrence du Hellfest, la grand’messe du metal organisée une semaine plus tard… C’était compter sans la volonté de Live Nation de donner à sa manifestation toutes ses chances et de ne surtout pas la condamner après un seul petit tour. 2017 permettra donc bien aux amateurs du genre de se retrouver durant trois jours, les 9, 10 et 11 juin prochains. Seul changement majeur, l’hippodrome de Longchamp a été abandonné au profit de la base aérienne de Brétigny sur Orge (Essonne), à une trentaine de minutes de Paris.

Ceux qui ont eu la chance de fouler les pelouses de Longchamp l’an dernier se souviennent avec enthousiasme des concerts de Rammstein (avec une set list spécialement pensée pour cet arrêt dans la capitale française et un hommage poignant aux victimes des attentats), de Ghost éblouissant malgré un chanteur diminué par un problème de santé, de Korn , toujours aussi unique mais également d’ Iron Maiden, spectaculaire, de Buffy Clyro, des étonnantes Baby Metal, de Beartooth, We Came As Romance, de l’extraordinaire émotion suscitée par Mass Hysteria quand ont résonné devant des milliers de personnes les accords de « L’ Enfer des Dieux ». Entre autres… Des moments uniques, des plaisirs, des découvertes, des émotions, tout ce qui fait l’essence même d’un festival. En ce sens, la première édition française du Download (qui est un énormissime succès outre Manche depuis 2003), avait atteint son objectif. L’affiche était belle et le public ravi malgré les torrents de pluie, les longues attentes pour recharger son bracelet cashless et la ruée parfois compliquée vers les navettes assurant le retour vers la capitale (problème qui ne sera plus puisque le camping sera agrandi et gratuit (tout comme le parking), le RER C étant facilement accessible par bus gratuits pour ceux qui ne souhaiteraient pas dormir sur place).

System of a Down.

Linkin Park.

Green Day.

Blink 182.

L’affiche 2017 a décidé de frapper plus fort encore avec la présence, excusez du peu,  de System of a Down, Linkin Park, Green Day, Blink 182 ou bien encore Mastodon, Architects, Slayer, Prophets of Rage, Alter Bridge, Devil Driver et le retour de Gojira, les français ayant été largement plébiscités l’an dernier et poursuivant une tournée internationale à guichets fermés après la sortie de « Magma », leur nouvel album, l’an dernier. Five Finger Death Punch, Lonely the Brave, Suicidal Tendencies seront aussi de cette partie qui compte de nombreux autres noms.

Pour que la fête soit plus énorme encore, une quatrième scène sera montée sur le camping, le «Download off»   où les concerts débuteront dès le jeudi soir.

Prophets of Rage.

Five Finger Death Punch.

Slayer.

Gojira.

Vendredi 9 Juin

Main stage : Linkin Park, Blink 182, Pierce The Veil, Kvelertak.

Main stage 2 : Gojira, Dinosaur Jr, Raveneye, Download Contest Winner.

Warbird stage : Hatebreed, Skinny Puppy, Dagoba, Dead !

Spitfire stage : Nostromo, The Cadillac Three, Mars Red Sky, Nothing morte.

Samedi 10 Juin

Main stage : System of a Down, Five Fingers Death Punch, Alter Bridge, Epica, Far from Alaska.

Main stage 2 : Slayer, Paradise Lost, Blues Pills, , Devil Driver, Black Foxxes.

Warbird stage : Soil Work, touch Amore, Code Orange, Lonely the Brave.

Spitfire stage : Caliban, Solstafir, the living end, Aqme, Project black Pantera.

Dimanche 11 juin.

Main stage : Green Day, Rancid, Suicidal Tendencies, Suicide Silence, Leogun.

Main stage 2 : Prophets of Rage (feat original members of Rage Against the Machine, Cypress Hill, Public Enemy), Mastodon, Rise of the Northstar, Architects, Tesseract.

Warbird stage : Carpenter brut, Kontrust, Coheed and Cambria, Wakrat, Red Sun rising.

Spitfire stage : Crown the Empire, Northlane, lost Society, Creeper, Astroïd boys.

M.M.

Crédit photo Linkin Park // James Minchin. Crédit photo Slayer // Martin Hausler. Crédit photo Gojira // Travis Shinn.

– Tous les renseignements sur  downloadfestival.fr

TERRES DU SON: Une 13ème édition entre metal et electro

Le 13ème festival Terres du Son se jouera les 7, 8 et 9 juillet prochains au domaine de Candé à Monts (37). Imany, Camille, Birdy Nam Nam ou bien encore Gojira… l’affiche joue comme toujours la diversité. La manifestation organisée au coeur de la Touraine n’a jamais eu peur de rivaliser avec les plus grands et ça lui va bien.

On a parfois tendance à l’oublier mais à l’origine, Terres du Son a été créé par une bande de copains souhaitant organiser un évènement musical éclectique, différent et surtout de qualité, avec un souci environnemental (on ne disait pas alors « eco-responsable ») majeur. Pour ouvrir le bal, au Parc des Expositions de Tours, Jimmy Cliff, Hocus Pocus, Marcel et son Orchestre, Yuri Buenaventura ou bien encore No One is Innocent… la programmation affichait déjà son ADN : offrir une variété d’artistes, ne laisser aucun public indifférent. Une recette à succès puisque le taux de fréquentation n’a jamais cessé de croitre, plus encore depuis 2008, année qui a vu la migration de « Terres du Son » vers le parc du Domaine de Candé à Monts, quelques kilomètres plus loin.

En 2010, Pete Doherty, Olivia Ruiz, Izia mais aussi Féfé, Ben l’Oncle Soul ou Danakil, ce sont plus de 25.000 festivaliers qui se sont retrouvés, faisant du festival l’une des principales manifestations de la région. Les stars internationales côtoyaient des groupes locaux plein de promesses durant trois jours dans un cadre magnifique. La renommée de Terres de Son a très vite dépassé le seul cadre de la Touraine. Quatre ans plus tard, M, Woodkid, Jogn Butler Trio, Gaëtan Roussel ou bien encore Ayo, Vitalic ou Détroit.. les compteurs explosaient et affichaient une fréquentions record de 40.000 personnes.

Les tarifs ne sont sans doute pas pour rien dans ce succès constant. Pas d’envolée folle ici mais un pass trois jours à 65 euros (72 euros après le 31 Mars) et des pass journaliers entre 29 euros (tarif réduit) et 33 euros (tarif plein). Moins cher que la bonne partie des concerts actuels. Des aides également ont été mises en place en direction des plus démunis avec des actions sociales et solidaires revendiquées comme prioritaires. Et puis la mise en place très rapide du co-voiturage qui permet de réduire l’impact carbone du festival et de fluidifier l’accès au site… La politique originelle de Terres du Son n’a jamais failli.

Gojira.

Camille.

Imany.

L’affiche 2017 reste elle aussi fidèle aux ambitions du début : des groupes phares et des artistes moins connus, un juste dosage musique, environnement, jeune public et gastronomie (avec une belle mise en lumière des productions locales).

Impossible de citer tous ceux qui se produiront sur scène, tant l’ édition est chargée mais on peut parier que les têtes d’affiche sauront déplacer la grande foule! Pour lancer ces trois jours, Kate Tempest (la britannique ne cesse d’impressionner par son éloquence à travers de longs et superbes slams)  Protoje and the Indiggnation, Naïve New Beaters (mix réussi du rap, du rock et de l’ électro) se succéderont sur scène.

Très grosse journée samedi avec, excusez du peu, Bachar Mar-Khalifé (chanteur, compositeur, multi instrumentiste franco-libanais dont chaque album prouve la créativité et la densité émotionnelle), Birdy Nam Nam, Camille (la jeune femme vient de sortir son 5ème album et a réussi à se débarrasser de l’étiquette « nouvelle chanson française » qui ne signifiait plus grand chose. Auteur-compositeur-interprète, sans avoir rien perdu de sa fougue, Camille multiplie les morceaux jubilatoires et la scène est devenue son lieu de pleine expression : chant, danse, morceaux a capella, elle guide avec ferveur dans un univers qui n’a pas son pareil) et Gojira. L’incontestable fer de lance du metal français est le seul groupe hexagonal à faire aux Etats-Unis des tournées sur son seul nom. « Magma », son dernier album en date a été nommé dans la catégorie « meilleur album de l’année » aux derniers Grammy Awards. Les concerts se jouent à guichets fermés et les prestations en France sont assez peu nombreuses pour ne pas rater l’opportunité de voir Gojira en concert. Scénographie exceptionnelle, musicalement parfait, c’est du très très haut niveau.

Dimanche enfin, ce seront (notamment) la superbe Imany, Petit Biscuit et Mome dont le morceau «Aloha» a été l’un des tubes de l’an dernier. Ce nouveau nom de l’électro français est un multi instrumentiste surdoué dont les shows sont toujours de grands moments.

Trois jours qui aboliront tous les murs entre les sons. Si la météo décide de son petit coup de pouce, le record de fréquentation pourrait bien être battu à l’issue de cette 13ème édition.

M.M.

– Tous les renseignements sur le site officiel : terresduson.com –

Nantes ovationne Gojira

Après Nancy et Clermont-Ferrand, Gojira faisait escale à Nantes ce 25 janvier. Troisième étape d’une tournée française à guichets fermés. La prochaine devra prévoir des dates supplémentaires ou des salles plus grandes car le Magma Tour fait carton plein. Un succès largement mérité. 

Le Hellfest avait à peine plus de quatre mois quand a été faite l’annonce de la (mini)tournée française de Gojira, sept villes, comme un détour hexagonal de la tournée européenne. Mais en quelques jours, la date nantaise a été sold out, portée par l’envie des fans de les revoir dans un soir à eux, hors festival. Car on ne va pas se mentir, si les festivals sont d’immenses fêtes aux ambiances et aux rencontres uniques, de grands barnums souvent prestigieux que les artistes adorent et qui signent le succès (surtout quand le nom est écrit en bien lisible en haut de l’affiche), ce n’est pas toujours le meilleur endroit pour apprécier ses formations préférées. Le nombre est là, le public est énorme mais entre ceux qui patientent déjà bruyamment pour la formation suivante ou ceux qui restent front de scène pour « voir ce que ça donne », il faut vraiment être devant les stages pour vivre le concert à fond et partager ce moment avec les musiciens. Sans parler du temps imparti, une cinquantaine de minutes maximum, seules les groupes fermant la journée disposant d’une demi heure supplémentaire. De ce point de vue, les tournées en nom propre permettent une meilleure écoute, un autre partage, comme une dose d’intimité retrouvée. En toute subjectivité assumée!

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C’est donc à guichets fermés que le quatuor porte-drapeau du metal français (la seule formation hexagonale qui ait quand même connu une tournée à elle seule en Europe et aux Etats-Unis. Respect!), s’est produit à Stéréolux ce 25 janvier. Les fans de la première heure, ceux qui accompagnent Gojira depuis (déjà) deux décennies, avaient bravé les températures polaires pour patienter de longues heures avant l’ouverture des portes. Dans les rangs resserrés par cette passion commune, les anecdotes s’ échangeaient, les avis s’emmêlaient sur ce qui devait être le meilleur parmi les six albums studio. « From Mars to Sirius », « L’ Enfant sauvage », « Terra Incognita »? Ou bien encore « Magma », le dernier en date?

Pas de véritables oppositions, une évidence plutôt quant à l’évolution affichée par « Magma ». Pour porter ces textes empreints d’une spiritualité encore plus vive, mixant poésie et philosophie, le chant clair fait son apparition. Une belle mise en danger pour Joe Duplantier, le chant clair ne permettant plus de se cacher et n’autorisant surtout pas les fausses notes. Mais sa voix réussit largement le défi. Certaines partitions de l’album se montrent elles aussi joliment complexes. On pense notamment à « Low Lands » (qui n’a toujours pas rejoint la set list… ceci expliquant peut être cela). Alors quels titres seraient au programme de cette échappée française? Une heure et demi plus tard, force était de reconnaître que la sélection, qui avait du être un joli casse-tête, était des plus pertinentes. Puissante. Energique. Musicale. Largement metal. Laissant la part belle aux titres récents mais reprenant aussi pour un plaisir plus que partagé, les grands moments de « From Mars to Sirius », « Terra Incognita » ou « The Way of all Flesh ».

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Après une première partie laissée aux Suisses de Nostromo, le groupe se reformant pour la première fois depuis onze ans et prouvant que le poids des ans n’avait eu raison ni de sa hargne, ni de son énergie, c’est à Mario Duplantier que revient la charge d’ouvrir. Il ne fait pas dans la demi mesure et l’on comprend dès l’intro d’ « Only Pain » pourquoi le bayonnais est considéré comme l’un des meilleurs batteurs actuels. Impressionnant, d’une énergie qui semble « no limit », il met tout le monde d’accord. La mécanique de haute précision Gojira est en marche et ne connaîtra alors aucun temps mort.

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Joe Duplantier porte les titres avec une voix à l’aisance évidente et un plaisir du jeu que partagent largement Christian Andreu et Jean-Michel Labadie. Parler de « machine de guerre » serait une facilité gratuite avec ce quatuor tellement ancré dans les valeurs humaines, les préoccupations universelles. Le death metal peut aussi insuffler d’extraordinaires leçons de vie, eux le prouvent en tout cas.

Avec des morceaux comme « Silvera », Gojira intègre davantage de solos et ces moments prennent sur scène une dimension supplémentaire. On s’est toujours un peu demandé pourquoi les solos n’avaient pas plus de places dans les concerts jusqu’à présent tant les jeux de cordes sont redoutables. Eux ne se sont peut être jamais posés la question. En tous les cas, ces passages là qui répondent et équilibrent les champs laissés à la seule batterie et à la maestria de Mario Duplantier, sont bel et bien à l’ordre de la soirée désormais et il serait dommage de les en bannir. Sur scène comme dans le public, c’est plaisir majuscule.

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Plaisir encore que celui de pouvoir réentendre « Terra Incognita », « Wisdom Comes » ou « Vacuity » qui déchaînent des ovations. « Nantes, vous êtes cinglés! Quel public! Merci !! », lance alors Joe Duplantier. « On ne s’attendait pas à ce que ces dates françaises soient toutes sold out. C’est un cadeau extraordinaire, on a beaucoup de chance. »

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Impossible enfin de ne pas parler de la technique qui entoure le concert et fait partie intégrante de sa réussite. Le son est impeccable, puissant mais ne s’amuse pas aux rapports de force au risque de compromettre l’écoute. Quant aux lumières, elles méritent une mention spéciale. Rarement un concert de metal a poussé vers autant d’idées fortes, de rythmes. Dans un domaine où très souvent il n’existe pas d’alternative, c’est back drop et quelques lumières aveuglantes ou bien feux d’artifices et accessoires à tous les étages, Gojira s’offre un imagier créé sur mesure par Anne Deguehegny avec un habillage grande classe qui rajoute à sa puissance mais n’exclut ni subtilité, ni élégance. Et quand c’est un nantais, Nico Riot (Chirac Design) qui est aux commandes, on aurait tort de ne pas le citer.

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Lorsque tout tire vers l’excellence et le partage, il n’y a sans doute pas de hasard. Gojira a vingt ans. Et beaucoup à jouer encore.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Arrivée en France réussie pour le Download Festival !

Un climat social lourd de grèves à répétition avec des transports sérieusement entravés, une peur toujours sous-jacente depuis les attentats, une météo plus que maussade et un concurrent qui la joue sold out sitôt les jours suivant l’ouverture de sa billetterie… Pour son implantation sur le sol français, le Download Festival a affronté les pires conditions. On lui prédisait l’enfer. Pour du metal, ça pouvait être de circonstances mais force est de constater que cette première s’en tire brillamment… Et que le public est déjà prêt à en découdre lors d’une deuxième édition.

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Habituées aux déferlantes de riffs des Solidays, les pelouses de l’Hippodrome de Longchamp ont vécu à rythmes encore plus soutenus ces 10,11 et 12 Juin avec la première édition française du célèbre Download Festival, qui depuis des années assure la renommée de Donington, contrée britannique située à quelques encablures de Birmingham. Des milliers de metalleux venus des quatre coins d’ Europe, des centaines de japonais aux couleurs de leurs idoles, se sont rués devant les barrières lorsque se sont enfin ouvertes les portes du site. Des habitués du genre, fidèles du Hellfest comme du Wacken, venus vérifier la saveur de ce nouveau rendez-vous parisien dédié au metal. Des fans attendant la prestation de leurs poulains mais se laissant prendre par les autres prestations du jour. Les tee-shirts trahissaient les passions. Les déguisements et les coiffures aussi parfois. Tout habitué des festivals de metal sait que l’extravagance est ici de mise, les costumes  les plus improbables trustant souvent les circle pits.

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Mais tout cela n’existerait pas sans une affiche à hauteur d’envies. Car le public de ces musiques dites extrêmes est aussi large que les variantes du genre lui même. Difficile alors pour les organisateurs de composer des journées variées alliant grosses têtes d’affiche et groupes plus récents, prévoyant une immersion dans le heavy metal, un passage dans le thrash, le néo, le death ou encore le metal industriel, entre autres, s’assurant la présence de groupes français pour ne pas laisser les Main Stages aux seules formations étrangères qui existent bien plus facilement dans leurs propres pays. Il faut aussi composer avec les tournées du moment. Et faire ses comptes.

Live Nation, premier organisateur de spectacles au niveau mondial, a beau avoir l’aisance financière que l’on imagine, on imagine tout aussi facilement que la société n’entendait pas faire de cette première un gouffre financier, un échec compromettant la pérennité du festival en France.

Alors Live Nation a préféré assurer en additionnant les noms qui font courir le public. Pas de groupes réellement émergeants puisque ceux que le public ne connaissait pas étaient malgré tout déjà bien installés et ce depuis plusieurs années dans leurs pays (mais après tout, jouer les défricheurs pour une première n’était pas obligatoire).

Des américains de We Came as Romans vendredi après midi aux allemands de Rammstein, en clôture de festival dimanche, une quarantaine de noms se sont ainsi succédés, sans temps morts (à l’exception des quelques problèmes techniques inhérents à ce genre de gros rassemblements), pour le plaisir manifeste des festivaliers. Ils  n’étaient peut être pas les 65.000 espérés chaque soir mais plutôt entre 40.000 et 50.000 selon les jours. Largement suffisant pour ceux qui ont dû patienter de longues heures pour recharger leur cashless, le bracelet magnétique seul moyen de paiement sur le site (et désormais bien intégré à la plupart des festivals), réussir à décrocher de quoi boire ou se nourrir entre deux concerts. Largement suffisant surtout pour que chacun puisse voir et ne pas se contenter de regarder les écrans géants en côté de scène.

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We Came As Romans.

Rammstein.

Les mauvaises langues pourront toujours dire que ce n’était quand même pas à hauteur de Hellfest… Mais est-ce bien sérieux que comparer le fest de Clisson, désormais en tête des plus grosses rencontres d’Europe (plus de 150.000 spectateurs en trois jours), qui a célébré l’an dernier ses dix ans d’ existence et eu le temps de procéder chaque année à des améliorations importantes de son site ? Ben Barbaud, son directeur-fondateur, a été aperçu vendredi soir à Longchamp. Il n’a pas échappé aux questions de ses aficionados, présents en masse sur les pelouses de la concurrence. Le garçon est discret. Sa réponse reste celle déjà formulée à l’automne quand a été révélée l’arrivée du Download France : il y a de la place pour tout le monde alors si ceux qui n’ont pu obtenir de billets pour le Hellfest ou si  d’autres peuvent davantage profiter d’un rassemblement plus au nord de la France alors tant mieux. Tant pis pour ceux qui pariaient sur une guerre fratricide et voyaient déjà le fest du vignoble nantais étouffer dans l’oeuf son empêcheur de programmer en solo.

Certes, l’hippodrome de Longchamp n’avait ni le décor ni l’ambiance unique de son aîné, certes le site était monotone à force d’unité et de lignes droites, certes les concerts s’étalaient sur une tranche horaire plus restreinte (14h30-23h30 contre 10h-2h) mais l’essentiel était là, il a existé de vrais beaux temps forts sur scène et les festivaliers, venus en masse, ne boudaient pas leur plaisir.

Reste tout de même un problème essentiel : celui du calendrier. Les amateurs du genre sont prêts à parcourir des kilomètres mais leurs finances ne sont pas extensibles. Beaucoup des fidèles du Hellfest auraient adoré venir découvrir le Download mais ces deux festivals fixés sur deux week-end consécutifs ne les y avaient pas autorisé. Autre réflexion qu’il faudra peut-être aussi envisager : la création d’une identité propre. Le Download devra à l’avenir trouver une programmation plus largement différente, notamment au niveau de ses têtes d’affiche, de celle de son aînée. Quand on sait que cette dernière était sold out en quelques jours, inviter à son tour Gojira, Mass Hysteria, Anthrax, Tremonti, Amon Amarth, The Shrine, Rival Sons, Shinedown, Volbeat, Megadeath, Korn, Ghost et surtout Rammstein, soit treize artistes communs (le tiers de l’affiche) était un pari risqué et le Download français saison 2 devra y remédier en s’affirmant davantage. Au final, cette ambition est porteuse pour tous les fans de metal qui rêvent déjà à la prochaine édition.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET. 


AU FIL DU FESTIVAL.

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We Came As Romans.

Les américains de We Came As Romans ont ouvert le bal vendredi et été les premiers à se produire sur l’une des trois scènes du festival. La bande de Kyle Pavone était heureuse de se retrouver en France et l’a prouvé avec une énergie pas même minorée par cette programmation en tout début d’après midi. Aussi pêchus que lors de leur concert parisien de décembre (à l’Olympia), les six musiciens du Michigan avaient concocté une setlist propre à réjouir aussi bien leurs fans que tous ceux qui ne les connaissaient pas. Vieux briscards de la scène, n’aimant rien davantage que les tournées, ils ont enchaîné les titres et prouvé que la rencontre avec leur nouveau producteur, en l’occurence David Bendeth (Paramore, Bring Me The Horizon…) leur avait apporté une dimension supplémentaire.

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Beartooth.

Même constat pour la bande à Caleb Shomo, leader de Beartooth. Depuis que le groupe de l’Ohio a été signé par le label Red Bull Records, il ne cesse de s’affirmer et l’album sorti quelques jours avant le rendez-vous parisien l’a confirmé avec  éclat. Caleb Shomo, ancien leader d’Attack!Attack!, chanteur mais aussi auteur, compositeur et multi instrumentiste, n’avait pas caché son envie de faire de cette année, une année majeure pour Beartooth. L’histoire semble lui donner raison.

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Gojira.

Célébrant ses vingt ans d’existence, Gojira, l’un des rares, si ce n’est le seul groupe de metal français à la renommée internationale, qui, à l’image du genre musical à la télé, ne connaît pas chez nous de diffusion médiatique importante, a reçu une véritable ovation. La formation d’origine landaise a pris son temps et n’a jamais cherché à sortir des albums pour « occuper l’espace ». Le sixième opus, « Magma », enregistré à New-York et révélé en cette mi juin, promet d’être dans cette lignée death metal de haut vol. On en dit déjà le plus grand bien. Gojira n’a pas attendu pour célébrer l’évènement. La tournée démarrée en mai décroche tous les superlatifs.

C’est en élégants costumes noirs, jaunes et rouges, qu’Avatar s’est présenté devant le public parisien. Les suédois livrent un death metal mélodique reconnaissable depuis plus de dix ans et ont su créer un univers fort d’une théâtralité originale. Johannes Eckerström, toujours aussi à l’aise dans son personnage de clown, a démontré s’il en était encore besoin que sur scène, Avatar prend toute sa dimension.

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Deftones.

Programmé à 18h30, Deftones était très attendu par ses fans. La team américaine, qui aurait du se produire le lendemain des attentats du Bataclan, n’a rien perdu de son style inimitable, porté depuis plus de vingt deux ans. Chino Moreno a enchainé les titres phares en n’hésitant pas à se jeter dans la fosse. Les américains restent des références et ont prouvé avec rage que leur longévité est vraiment légitime.

Tête d’affiche de cette première journée, Iron Maiden a livré un show dont il a le secret. Décors, jeux de lumières, mise en scène, la bande de Bruce Dickinson (qui a demandé au Sonisphère de faire du bruit… avant de se rappeler qu’il était au Download, fatigue et décalage de tournée sans doute) a offert deux heures de spectacle grandiose. Eddie, leur géant devenu mascotte, n’a pas fini de faire parler de lui.

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Ghost.

Ce sont les suédois de Ghost qui ont bouclé la journée. Bien que souffrant (le groupe a d’ailleurs du annuler les dates suivantes), Papa Emeritus III, le chanteur a réussi une très belle performance. Le concert a du être légèrement amputé mais l’essentiel était là: «Monstrance Clock», «Absolution»… La plupart des succès se sont succédés, les masques, les costumes et tout ce qui fait l’identité de Ghost bluffant alors ceux qui les découvraient ce soir là.

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Mass Hysteria.

Samedi, le ciel était menaçant mais la météo a eu le bon goût de laisser Mass Hysteria offrir une prestation énorme. Depuis cet album d’une force exceptionnelle sorti à l’automne et la tournée mise en place dans la foulée, le public avait pu constater combien la formation française (qui elle aussi se produit depuis plus de vingt ans) était passée au cran supérieure. Pour cette première très grosse date de festivals, la bande de Mouss a livré un concert d’anthologie, puissant, généreux, émouvant (cet «Enfer des dieux» là restera dans les mémoires), laissant le public, exceptionnellement nombreux pour ce rendez-vous fixé à 15h, sans voix.

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One Ok Rock.

La journée ayant prévu une grosse «parenthèse» japonaise, One Ok Rock, l’un des groupes les plus populaires dans son pays qui déclenchent même l’hystérie chez la gente féminine dans ce coin du monde pourtant plus enclin à la réserve, a prouvé qu’il ne fallait pas se fier à des apparences quelque peu «boys band». Depuis dix ans, One Ok Rock, entre rock alternatif et metal mélodique, a su conquérir un public de plus en plus large avec des compositions mixant anglais et japonais. Les fans avaient répondu présents. Les autres se sont facilement laissés embarquer.

Moins facile en revanche de suivre les Baby Metal. Après avoir du subir un contre temps technique du côté du son, contraignant les musiciens à ressortir de scène, les demoiselles ont débuté leur set par des exercices plus proches de Véronique et Davina ou d’un concours de twirling (mais sans le bâton). Mécaniques, tellement programmées qu’elles en devenaient lassantes, les trois japonaises ne nous ont pas réconciliés avec la J-Pop. Phénomène sans doute. Excentrisme et effet de mode plus probablement.

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Biffy Clyro.

Avec les écossais de Biffy Clyro, la journée a retrouvé des couleurs. Torse nu, comme toujours, vêtu d’un assez peu séduisant bermuda noir sur leggings de même couleur, Simon Neil, le chanteur, n’a visiblement pas de temps à perdre avec les recherches vestimentaires. Musicalement en revanche, le trio, renforcé pour l’occasion par deux musiciens, n’a plus rien a prouvé. Les écossais veulent voir dans 2016 l’année de leur renaissance avec la sortie de leur septième album et des concerts mémorables. L’affaire semble bien engagée!

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Jane’s Addiction.

Une déception en revanche, mais qui n’est peut-être pas franchement une surprise, avec la prestation de Jane’s addiction. Sous des atours élégants, le groupe n’a pas convaincu. Entre l’arrivée sur scène de Perry Farrell, le chanteur, bouteille de Bordeaux en mains, le manque d’énergie générale, la baisse de régime navrante de Dave Navarro, le guitariste, et l’étonnante présence de danseuses en petite tenue mais n’ayant visiblement pas un sens du rythme inné, ce moment ne restera pas dans les annales.

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Korn.

En fin de soirée, heureusement, Korn a remis tout le monde d’accord avec un concert d’une heure trente incroyable. Particulièrement en forme, Jonathan Davis, a enchainé les succès, offrant même une parenthèse aussi inattendue que géniale du côté de Metallica avec une reprise de «One» et de Pink Floyd avec une généralissime et très personnelle reprise d’«Another Brick in the Wall». La scène est décidément l’endroit où il faut écouter et voir cette formation qui a visiblement retrouvé toute son inspiration.

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Sabaton.

La météo catastrophique et les abats d’eau du dernier jour de Download ont joué les trouble fête mais n’ont heureusement pas contraint à des annulations. Les pluies les plus fortes se sont produites lors du passage de Sabaton, ce que les cinq suédois ont semblé ignorer. Reprenant le thème de leur tournée actuelle, l’hommage aux héros de la seconde guerre mondiale, mais sans avoir eu le temps d’installer sur scène le char d’assaut qui trône normalement à leurs côtés (la faute à des problèmes de transport et une arrivée tardive sur le site peut-être?), le groupe avait visiblement du plaisir à se produire à l’occasion de ce gros festival.

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Trivium.

En tournée depuis plusieurs semaines, Trivium a fait escale à Paris, une ville où le groupe emmené par Matt Heafy s’est déjà souvent produit. Mêlant de façon toujours aussi ingénieuse thrash et metalcore, les américains ont profité de l’occasion pour servir quelques extraits de leur septième opus et présenté Paul Wandtke, leur nouveau batteur. Recette gagnante.

Après les mythiques Megadeth et le non moins mythique Dave Mustaine, dont c’était le retour après trois années d’absence en France, place à ceux que tous les festivaliers attendaient : Rammstein. On disait la tournée des allemands encore plus exceptionnelle, plus musicale et plus spectaculaire, elle le fut! Au top de sa forme, Till Lindemann a enchaîné les titres, joué les artificiers, campé ses personnages tandis que la pyrotechnie ne laissait aucun répit. «Ich Tu Dir Weh », « Du Hast », « Amerika », « Engel » et même, en surprise inespérée car le titre ne figurait plus sur les set list depuis quatre ans, le superbe «Frühling in Paris», dans une version extraordinaire. Sans oublier « Zerstoren» en support à un vibrant hommage aux victimes des attentats de Paris.

Rammstein au plus beau de son histoire, de quoi refermer avec maestria un premier Download qui rend déjà impatient de vivre le suivant.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET .

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Festivals: Le Download s’importe en France

Le Download Festival débarque en France et posera ses scènes en France en juin, sur les pelouses de l’Hippodrome de Longchamp (Paris). Un évènement majeur à l’heure où de nombreuses manifestations renoncent, contraints par un contexte économique défavorable. Pour saluer cette arrivée, Deftones, Ghost, Korn, Rammstein, Gojira… ils seront plus de quarante à se partager l’affiche. Enorme !                            dwdfr2016_poster_website_fr_0

Coup de tonnerre en fin d’année dernière quand Live Nation a annoncé l’arrivée en France du célèbre Download, le festival de rock qui depuis 2003 fait les belles heures de Donington Park, près de Leicestershire dans le nord de l’Angleterre. Plus besoin de fantasmer sur sa programmation souvent exceptionnelle. Plus besoin de se dire que le Hellfest mettait ses scènes à trop longue distance du nord de la France et que décrocher un billet restait de toutes façons bien souvent mission impossible passé Noël. Cette fois, l’offre était enfin élargie et la France pouvait se réjouir de la présence d’une énorme manifestation supplémentaire avec la certitude d’y voir les meilleures têtes d’affiche.

Live Nation a effectivement de quoi assurer le respect : leader mondial de la programmation (Madonna, U2, les Rolling Stones, Beyoncé, Rihanna, Maroon Five… mais aussi Indochine, le Cirque du Soleil et de nombreux autres), organisatrice à succès du Main Square d’Arras ou bien encore d’ I Love Techno à Montpellier, 6,5 milliards de chiffres d’affaires, plus de sept-cents spectacles en France chaque année, 22.000 dans le monde… Il est clair que la multinationale américaine a les moyens de ses ambitions et ne se lance pas par hasard dans cette nouvelle aventure parisienne.

  Iron Maiden.

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 Rammstein.

Pour saluer cette première avec les honneurs dus au rang de ses aficionados, Live National frappera donc fort du 10 au 12 juin prochains. Iron Maiden y donnera son unique concert en France. Rammstein sera également de la fête… une semaine avant d’enflammer les plaines de Clisson. Aucune concurrence déloyale, l’ entourage de Ben Barbaud, le directeur-créateur du Hellfest (près de 150.000 visiteurs pour sa dixième édition l’an dernier), s’est au contraire déclaré serein face à cette multiplication de l’offre sur un segment de musiques encore bien souvent absent des programmations. A bon escient semble t’il puisque le Hellfest a vendu ses pass trois jours encore plus vite que l’année dernière, les pass un jour, mis en vente uniquement pour satisfaire quelques festivaliers, sont partis en quelques heures. Preuve que chacun peut organiser sereinement, la concurrence restant de toutes façons relative. Muse ou Thirty Second To Mars, qui ont joué à Donington Park ne seront jamais sur les Main Stages du Hellfest, bien plus tatouées metal pur et dur. C’est plutôt pour Solidays (deux semaines plus tard) ou Rock en Seine (fin août) que l’implantation du Download pourrait sembler plus rude. En son temps, l’arrivée du Main Square avait agité Belfort et ses Eurockéennes, été fustigée par les mauvais esprits qui n’y voyaient que volonté mercantile. La Citadelle d’Arras et sa programmation à succès a eu le temps de démontrer en dix ans de succès que ces visions étaient un peu courtes.

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 We Came As Romans.

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  Gojira.

  Ghost.

Du côté de l’Hippodrome de Longchamp en cette mi-juin, les festivaliers auront donc une première aux allures d’un feu d’artifices avec  (notamment) : We Came As Romans (d’autant plus attendus qu’ils se font rares chez nous), Gojira, Ghost, Deftones et Iron Maiden le vendredi; Mass Hysteria, les lolitas japonaises de BabyMetal et leurs concitoyens de One Ok Rock, Biffy Clyro, et Korn le lendemain ; Children of Bodom, Trivium, Volbeat, Megadeath et bien sûr, Rammstein en bouquet final. Vous avez dit impatience ?!

Magali MICHEL.

  Biffy Clyro.

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  Korn. Update.

– Update. Découvrez le trailer officiel du Download Festival FR. – 

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