« La Nuit de l’Erdre  », une vingtième affiche pleine d’étoiles

Vingt ans, le bel âge. Celui que l’on n’a pas toujours comme le dit si bien la chanson. C’est donc pour illustrer ce moment et le graver haut dans les annales que les organisateurs ont multiplié les têtes d’ affiches et concocté une programmation 2018 impressionnante. Justice, The Hives, Orelsan, Shaka Ponk, Vianney ou encore Lavilliers et Alt-J. La Nuit de l’ Erdre s’annonce lumineuse.

 

Et dire qu’au départ le projet semblait un peu fou, porté par des passionnés du Comité des Fêtes que certains prenaient pour de doux illuminés : organiser à Nord-sur-Erdre, commune de 8.500 habitants nichée à une trentaine de kilomètres de Nantes, un festival de musique sans thématique particulière, ayant au contraire la capacité d’attirer les publics les plus larges.

Pas facile de convaincre les artistes quand il s’agit d’inaugurer les plâtres. Marcel et son orchestre, Aldebert, Siméo ou bien encore « Debout sur le zinc » sont pourtant venus et ce premier rendez-vous était déjà prometteur. Il prouvait surtout que « La Nuit de l’ Erdre » avait une place et une crédibilité. Désormais, les « petites mains » du début ont été renforcées et c’est une trentaine de bénévoles qui planche pour dessiner la future édition, rejoints par huit cents autres durant les trois jours de la manifestation et plus de cent cinquante techniciens. 

Jean-Louis Aubert, Yannick Noah, Zazie, , Thomas Dutroc, Hubert Félix Thiefaine, Macklemore et Ryan Lewis, Mika, , The Hives, Fauve, Sting, Charlie Winston, The Cranberries ou bien encore IAM, Rival Sons et Chemical Brothers, la liste est longue de ceux qui ont éclairé le festival entré depuis longtemps dans sa pleine croissance avec plus de 35.000 spectateurs chaque soir et une réputation qui a largement dépassé les frontières locales.

Il était donc impossible de ne pas rajouter à la fête en réunissant encore plus d’artistes pour souffler en beauté ces vingt ans, de ceux que les festivals s’arrachent et qui sont attendus par des milliers de spectateurs. Mais les organisateurs ont aussi eu envie d’inviter à nouveau des personnalités qui avaient marqué lors de leur passage, le hasard du calendrier les mettant cette année encore dans l’actualité des tournées. C’est ainsi que le public retrouvera Catherine Ringer (venue en 2012), The Hives (édition 2014), Chinese Man (passé en 2015) ou bien encore  Shaka Ponk (présent en 2010).

L’affiche 2018 frappe incontestablement fort avec trois jours qui devraient mettre tout le monde d’accord.

Asaf Avidan.

The Hives.

Justice.

Vendredi 29 Juin, Gaume ouvrira avant de laisser place à Lyre le Temps, Møme, les nantais d’Ultra Vomit dont l’heavy metal parodique rafle tout depuis la sortie de « Panzer Surprise » l’an dernier. Coeur de Pirate ayant annoncé ces jours ci qu’elle ne pourrait finalement pas être présente, c’est Catherine Ringer qui la remplacera. Asaf Avidan, The Hives et Justice, excusez du peu, seront aussi de la partie.

Nova Twins.

Chinese Man.

Alt-J.

Orelsan.

Samedi 30 Juin, la soirée débutera avec Tramp Experience, Nova Twins, Findlay, une jeune artiste britannique qui ne devrait pas laisser indifférente, Therapie Taxi, Jahneration, un duo de chanteurs parisiens qui essaime depuis une dizaine d’années son reggae mâtiné de hip hop, Chinese Man (en pleine tournée triomphale), les trois anglais d’Alt J dont le rock si reconnaissable est désormais mondialement connu, et Orelsan, le multi récompensé des Victoires de la Musique, l’artiste dont l’album a sans conteste été le plus commenté et salué ces derniers mois.

Triggerfinger.

Bernard Lavilliers.

Shaka Ponk.

Dimanche 1er Juillet il faudra être là dès les premiers accords de la journée car les finlandais de Steve’N’Seagulls et leur country qui reprend en version bluegrass des morceaux fameux du répertoire metal ou rock, ça vaut le détour. Place ensuite aux élégants belge de Triggerfinger puis ce seront Petit Biscuit, Bernard Lavilliers, Vianney, et Shaka Ponk. Cette ultime journée est décidément multicolore, sans temps morts et frappe tous horizons. 

Avec une telle programmation, les billets s’envolent vite. Il est donc prudent de réserver sans attendre sur le site officiel du festival (99,49 euros le pass trois jours), www.lanuitdelerdre.fr 

A noter enfin une nouveauté cette année, l’arrivée du paiement dématérialisé. Si l’an dernier encore, les festivaliers pouvaient utiliser les tickets ou des jetons, ils devront désormais régler leurs transactions grâcee à leur « Monkey », une puce placée sur leur bracelet ou glissée dans une carte de paiement spécifique à La Nuit de l’ordre. Avantages évidents : il est possible de recharger avant de venir, ce qui évite les files d’attente aux caisses et le temps d’attente sera raccourci aux bars ou stands de restauration. (Seule la boutique officielle pourra encore accepter la carte bancaire).

Du 29 juin au 1er Juillet, Nort sur Erdre pourra se vanter d’être réellement « the place to be ».

RETOUR GAGNANT POUR EDDY DE PRETTO AU PRINTEMPS DE BOURGES

Eddy de Pretto, figure montante mais déjà triomphante du rap français, est repassé par le Printemps de Bourges. Un concert à guichets fermés, une ascension fulgurante que le musicien observe avec tranquillité.

Forcément, il n’a rien changé, la casquette est toujours vissée, le sweat à capuche glissé sous le bomber. Et pourquoi aurait-il changé d’ailleurs lui qui affirme (et le prouve) prendre cette déferlante de succès avec recul et sans s’encombrer de sentiments inutiles. « J’ai tellement rêvé de cela, pendant des années, alors que j’étais très jeune, peut-être même avant mes dix ans, je n’imaginais pas meilleur avenir que celui me permettant de faire mon numéro sur scène. Alors maintenant que c’est là, je profite, j’essaie  juste de ne pas en manquer une miette. Mais je suis le même! »

Dans cette salle bondée de conférence de presse du Printemps de Bourges, Eddy de Pretto était à coup sûr l’un des plus attendus. « Impressionnant », « un phénomène »… en attendant l’arrivée du musicien, chacun y va de son commentaire. Notamment ceux, comme nous, qui l’avaient découvert l’an dernier pour sa première participation berrichonne, saluée par le « Prix Inouïs 2017 ». Un an plus tard, la sortie de l’ EP« Kid »en Octobre 2017, l’album « Cure » ( sorti en mars dernier, disque d’or en un mois à peine), la tournée des Inouïs, la nomination comme « Révélation scène » aux dernières Victoires de la Musique, l’accélérateur a sérieusement été enfoncé mais rien ne saurait troubler le calme apparent du francilien. « C’est amusant parce que ce sont les gens autour de moi qui me parlent de frénésie, de déferlante mais moi je suis très apaisé », assure t’il. « Je suis personnellement plutôt dans l’observation et l’appréciation. Au fil de ces rencontres avec le public, je vois ce qui plait, comment mon projet est ressenti. C’est aussi pour cela que je suis très impatient à l’idée des festivals qui arrivent car ce seront forcément d’autres spectateurs, des gens qui ne me connaîtront pas et qui peut-être même ne m’aimeront pas du tout. Le public qui vient voir Orelsan ou Nekfeu peut parfaitement me rejeter mais ce n’est pas grave car l’ unanimité ne permet jamais de progresser. »

Depuis son apparition, Eddy de Pretto n’a jamais hésité à s’affranchir des codes, osant les orchestrations inhabituelles. Cuivres imposants dans « Beaulieue », ambiance nettement plus synthétique dans « La Jungle et la chope », la signature des producteurs habituels de Booba et PNL n’est sans doute pas étrangère à tout ça. Quant aux textes, le jeune homme se réserve leur pleine écriture. « Pour ce premier album, tout est venu assez facilement. J’avais emmagasiné pendant plus de quatre ans et en un mois est sorti le dessus de cette matière. Je ne me suis jamais interrogé sur la classification qu’on allait lui donner. Je suis forcément le produit de tout ce que j’ai entendu plus jeune, ma mère qui écoutait Barbara ou Aznavour, en bas de chez moi c’était le rap et puis il y a eu la formation jazz et les cours de comédie musicale, de théâtre, le piano appris à la MJC de Créteil quand j’avais douze ou treize ans… Il faut se laisser porter et rester ouvert. «

Eddy de Pretto délivre ses textes, les thèmes portent ses colères ou ce qui le touche comme  « Mamère », une chanson un peu dure sur la sienne, « elle ne savait pas si elle devait être dure ou tendre. Elle protégeait mais refusait de me voir dans le monde de la musique car elle l’imaginait loin de nous, pourri par la coke ou mille autres tentations. Elle ne voulait pas non plus que la douceur provoque des failles dans l’éduction. On en a beaucoup parlé quand le morceau a été écrit. Ca aura au moins permis cet échange, » lance t’il en riant.

Il y a aussi la désormais tube « Kid », l’histoire de ce gamin dont on veut absolument faire un dur à cuir, un homme dans sa plus grande virilité alors que le môme ne rêve que de jouer à la poupée. » Une histoire touchante, loin des scènes habituelles du rap, son histoire à lui en vérité. « Mon père me disait souvent : « Arrête de pleurer! » Je n’ai pas cherché à en faire une généralité mais je pense ne pas avoir été le seul dans ce cas. ». 

Pour la mise en musique, le naturel l’emporte encore. « Le claquement des consonnes et la rondeur des voyelles font naître une musicalité… Il ne me reste plus qu’à la suivre ! Sur scène, il y a un jeu d’ombres et de lumières, le batteur et moi qui joue constamment avec mon iphone pour lancer les pistes. C’est volontairement sobre pour, c’est ainsi que je l’ai voulu en tout cas, aller droit au but et ne rien perdre de ce qui importe, le corps qui bouge et les mots qui se font entendre.»

Combo gagnant si on en juge par le nombre croissant de ses fans et les salles qui le réclament. La nomination aux Victoires de la Musique et la prestation en direct, bien que lui ayant laissé un souvenir plutôt mauvais (un générateur avait cassé juste avant sa performance et perturbé définitivement son passage) ont sans doute permis un coup de projecteur supplémentaire mais c’est au bouche à oreille pour cause de talent qu’il doit sa fulgurante ascension. Après des dizaines de dates et une présence dans de très nombreux festivals, deux Olympia, excusez du peu, les 6 et 7 Novembre, Eddy de Pretto bouclera cette première partie de chemin au Zénith de Paris le 22nmars prochain. Certains murmurent qu’une collaboration artistique avec Christine and the Queens pourrait voir le jour. Les deux intéressés bottent en touche et se contentent de reconnaitre « beaucoup apprécier l’univers de l’autre ». A suivre donc. Quand on voit l’enthousiasme du public du Printemps de Bourges cette fin avril, on se dit que l’été d’ Eddy de Pretto s’annonce plus lumineux encore.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

ANGÈLE EMPORTE LE PUBLIC DU PRINTEMPS DE BOURGES !

Véritable phénomène, adoubé par les médias comme par le monde pourtant pas toujours confraternel de la musique, Angèle foulait sa première scène berrichonne ce 26 avril. Et le moins que l’on puisse dire est que la jeune belge a convaincu avec une facilité déconcertante.

Chaque édition du Printemps de Bourges voit fleurir des artistes dont la croissance fulgurante ne s’explique sans doute que par le meilleur des terreaux, l’authenticité d’un talent que rien ne saurait plus arrêter. Ce fut le cas avec Vianney, dont le premier passage au Printemps en 2015, en ouverture de Yael Naïm, est resté dans les mémoires. Comme celui d’Eddy de Pretto en 2017, qui figurait alors dans la sélection des Inouïs. L’édition 2018 sera marquée par la grâce d’Angèle. La facilité avec laquelle ce petit bout de femme haut comme trois pommes, à la silhouette déliée mais si gracile, a embarqué le public du Palais d’ Auron, un soir où l’affiche misait aussi sur Eddy de Pretto (en plein bond dans l’espace de la reconnaissance et de la notoriété) et Charlotte Gainsbourg a laissé sans voix (sans mauvais jeu de mots).

Elle ne s’est pas démontée. Avec ses trois musiciens, petit haut immaculé sur large pantalon couleur gazon, drapé dans un kimono fleuri rapidement abandonné, la jeune artiste belge de vingt et ans, a bondi, parcouru la scène, montré ses talents de pianiste autant que le jeu de sa voix. Le timbre est fluet mais s’impose naturellement, la gestuelle dynamique mais sans excès racoleurs. Angèle est une enfant de la balle et connaît les sens à s’interdire pour réussir une présence sur scène. La faute probable à un père musicien, Marka, sorte d’Elvis Presley belge, très connu et reconnu de l’autre coté de la frontière, un père que la jeune fille qui a suivi un cursus musical complet, a accompagné au piano deux années durant. 

Impossible de ne pas citer non plus sa mère, Laurence Bibot, star du stand up, aussi drôle que séduisante, et Roméo Elvis, le grand frère qui grimpe quatre à quatre les marches de la renommée du rap. Angèle, née Van Laeken, a la chance en héritage, musicalité, sens du phrasé et beauté dans les gênes mais elle a aussi très vite appris que rien ne remplacerait jamais le travail. 

Alors loin de tout miser sur l’aspect « jolie blondinette », elle a misé sur d’autres codes pour ne pas finir en déroute comme trop de ses congénères dans un milieu où le succès ne dure parfois que le temps d’une chanson. Travaillant ses partitions, scrutant chaque son de ses paroles, misant sur l’authenticité de son sens de l’autodérision, elle a bouté le duckface de son Instagram (où la suivent près de 240.000 followers) et préféré offrir des vidéos parfois gentiment barrées, toujours drôles, jouant sur les maux et les degrés, ne cherchant pas la séduction 2.0 à coups de filtres ou de poses dans des situations plus ou moins fictives. Et le public a suivi, lui qui était venu par curisioté après l’avoir découverte dans « La loi de Murphy », chanson en franglais où se succèdent les temps et contretemps d’une journée bien pourrie. Le clip (sorti il y a six mois) a déjà été vu près de huit millions de fois. « Je veux tes yeux », dernier succès en date, devrait connaître les mêmes sommets puisqu’il a déjà engrangé trois millions trois cent mille vues. 

Aussi à l’aise dans son répertoire naissant que dans les reprises qui l’accompagnent sur la route des scènes, Angèle livre une version émouvante du « Bruxelles » de Dick Annegarn, ce qui ne cesse de surprendre les sceptiques qui la pensaient encore trop jeune pour pareille histoire.

Cette pause tendresse bouclée, la jeune femme quitte son clavier pour faire bouger la foule et les premiers rangs, qui l’attendaient bien avant son entrée sur scène, ont l’enthousiasme communicant. 

Il y a les « it girls » qui ne font rien et se contentent de poser toutes marques dehors pour demander à être suivies. Et puis il y a les jeunes femmes qu’il ne faut surtout pas perdre de vue car elles ont le talent en bandoulière. Angèle aime bien mettre son doigt dans son nez. Si, si, elle fait ça et même que ça l’amuse. Et même que c’est drôle cette façon d’agir en enfant pas toujours bien élevé. Angèle n’en est qu’à son (premier) Printemps. La récolte du premier album à venir s’annonce abondante. C’est beau à voir un fruit encore naissant mais déjà tellement mûri par le talent.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Un 4ème jour et une 4ème tête d’affiche pour le Download Festival France !

Les premiers noms avaient fuité bien avant l’annonce officielle : Foo Fighters, Guns’N’Roses seraient de la fête. Puis avait été intronisé Ozzy Osbourne. De quoi attendre la suite avec impatience… en jetant éventuellement un regard sur l’affiche de la petite soeur madrilène. On pariait alors sur Marylin Manson, en pleine tournée mondiale. Bien vu! Mais ce qui n’avait pas été anticipé en revanche, c’est ce line up incroyable et cette surprise inattendue : le Download France ne se déroulerait plus sur trois jours mais sur quatre avec débord le lundi pour fermer le ban en apothéose avec les Guns ‘N’ Roses justement.

On peut lire et relire l’affiche, l’effet ne disparait toujours pas : le cocktail des talents qui se succéderont sur la base de Brétigny-sur-Orge pour cette troisième édition du Download français, du 15 au 19 Juin prochains, est la meilleure recette proposée depuis longtemps.

Underoath, les suisses d’ Eluveitie, Converge et leur punk hardcore que les scènes du monde entier s’arrache, Powerwolf, Ghost que l’on n’ espérait pas de retour sitôt dans les festivals et l’inoxydable et presque septuagénaire (il les fêtera en décembre) Ozzy Osbourne, « The Prince of Darkness » pour boucler la journée du vendredi… On a connu pire ouverture!

Ozzy Osbourne.

Autant être présent dès l’ouverture des portes le lendemain car sont déjà annoncés, While She Sleeps, qui aura fait un petit détour par Paris (à la Maroquinerie) en janvier, les Nantais d’Ultra Vomit qui jouent sold out à chaque date depuis la sortie de « Panzer Surprise », leur dernier album en date, et sont encore plus délirants avec leur metal parodique sur une grande scène, les excellents suédois de Meshuggah, Turbonegro, les norvégiens et leurs partitions entre punk, heavy metal et rock, The Offspring encore (on se souvient avec enthousiasme de la façon dont la bande de Noodles et Dexter Holland avait emporté le Main Square d’Arras en 2016) et enfin, Marylin Manson.

Marilyn Manson.

L’américain ne laisse personne indifférent, avec lui c’est passion ou détestation, pas de place pour les sentiments tièdes. Son dixième album studio, sorti le mois dernier et qu’il a co-produit avec Tyler Bates, est considéré comme l’un de ses meilleurs disques. La tournée américaine a été interrompue cet automne, un élément de décor (un pistolet) étant tombé sur l’artiste. Elle doit reprendre ces jours-ci, Maryline Manson ayant annoncé qu’il était impatient de revenir sur scène pour défendre « Heaven upside Down ». Quand on connaît son tempérament, on n’a pas de mal à imaginer ce que ce retour va pouvoir dégager en énergie.

Frank Carter.

The Hives.

Foo Fighters.

Dimanche, les Main Stages verront évoluer Wolf Alice, Frank Carter et the Rattlesnakes, qui a déjà trusté pas mal de scènes françaises l’an dernier et connu un succès impressionnant. Slaves, Dead Cross (où l’on retrouve le chanteur de Faith No More et l’ancien batteur de Slayer), les suédois de The Hives, toujours aussi élégants et maîtres dans l’art du « garage punk », avec leurs refrains comme autant d’hommages aux années soixante. Lors de la première édition française du Lollapalooza, sur l’Hippodrome de Longchamp, ils avaient fait chanter l’immense foule pressée devant eux devenue soudain immense chorale et piste de danse.

Ultra attendus par leurs milliers de fans déçus de n’avoir pu décrocher le précieux sésame pour leur récent concert à l’AccorHotels-Arena, les Foo Fighters auront l’honneur de finir la journée. Depuis vingt-cinq ans (déjà), Dave Grohl, l’ex batteur de Nirvana, n’a jamais rompu avec le succès. « Concrète and Gold », le neuvième album studio du groupe, est sorti en septembre. Dans une salle, les concerts du groupe sont toujours plus « confinés », ce n’est pas une facilité du genre de l’écrire car certains évoluent à l’identique quelle que soit la dimension de la scène. On sait que ce n’est pas le cas avec les Foo Fighters qui se livrent généralement à de véritables shows, portés par une set list hyper calibrée, lors de leur passage dans les festivals.

Guns ‘N’ Roses.

La grand’ messe du 3ème Download aurait pu s’arrêter là, l’affiche aurait été au delà de toutes attentes. Mais cette année, coup de poker imprévu, Live Nation, grand ordonnateur du Download offre à son festival une rallonge de taille, une quatrième journée bouclée par les Guns ‘N’ Roses ! Axl Rose, Slash et consorts repasseront par la France après leur Stade de France triomphal de cet été. Près de trente-cinq ans après leur formation, les américains n’ont jamais failli, allant jusqu’ à se classer parmi les meilleurs groupes de tous les temps.

Guns ‘N’ Roses est le seul nom à avoir été révélé pour ce jour « bonus ». Les surprises sont toujours les bienvenues mais l’essentiel semble quand même là et on n’en voudra pas aux groupes précédents de « porter » vers cet évènement qui bouclera le festival. Vous avez dit impatience ?

Magali MICHEL.

Crédit photos The Hives // Frank Carter & The Rattlesnakes // Sophie BRANDET. 

– Mise en vente des Pass 1,3 et 4 jours lundi 13 Novembre à 10h. www.downloadfestival.fr – 

FACE ET SI FETE SES VINGT ANS SOUS UNE METEO FACETIEUSE

La saison des festivals ne pouvait s’achever sans un passage par « Face et Si », la jolie manifestation mise en place par la mairie de Mouilleron-le-Captif (Vendée) voilà tout juste deux décennies. Le festival de la fête tranquille mais passionnée, euphorique mais différente. Donc forcément unique.

Il y a vingt ans, lorsque la petite commune de Mouilleron-le-Captif (Vendée), aux confins de La Roche sur Yon, décidait de lancer sa propre manifestation dans une région (re)connue principalement pour son Puy du Fou, beaucoup n’ont pas caché leur scepticisme. Le temps semblait de leur côté. Des pluies torrentielles s’étaient abattues sur les chapiteaux dressés au coeur de la ville. Une première édition qui recense quatre cents entrées payantes. Pas de quoi entamer l’énergie et l’enthousiasme de cette bande d’irréductibles vendéens. Forts de l’adage «lancement pluvieux, lancement heureux», ils ont gardé l’enthousiasme et décidé de poursuivre ce qui ressemblait quand même à une aventure un peu folle. Vingt ans et plusieurs centaines de milliers de visiteurs plus tard, l’histoire leur a donné raison. Impossible de ne pas saluer le succès de « Face et Si », ce festival pas comme les autres, ultime étape estivale largement appréciée des artistes eux-mêmes.


Matt Pokora, Zaz, Hugues Auffray, Pierre Perret, Zazie, The Avener, Marina Kaye, Aaron, les Innocents ou bien encore Adamo, les Chevaliers du Fiel… la liste est longue de ceux qui ont foulé le festival vendéen, désormais plus à ses aises dans le superbe site du parc de Beaupuy. Si la manifestation a grossi, l’ambiance n’a pas changé : familiale, chaleureuse, loin de cette esbroufe qui envahit les travées de tant de manifestations, devant comme derrière les scènes.

Pas de petits chefs se prenant pour le Seigneur du coin sous prétexte de présidence associative ici. Autour de Philippe Darniche, le sénateur-maire, l’initiateur de Face et Si, qui se bat depuis vingt ans pour trouver les meilleurs parrains à son protégé, ce sont plus de sept-cents bénévoles qui oeuvrent toute l’année et affichent une bonne humeur inoxydable, qu’ils soient en charge de la restauration des artistes et des équipes techniques, des parkings, du nettoyage, de la confection des crêpes-galettes ou de l’aide aux visiteurs. Efficaces et parfaitement rodés.

Histoire de rappeler des souvenirs et de souffler les vingt ans avec une météo semblable à la première édition, des trombes d’eau se sont abattues lors de ces trois jours anniversaire. Vendredi soir, après les concerts de Léonie, Slimane et Patrick Bruel, le terrain en pente n’était presque plus praticable et offrait de vraies risques de glissades pour les sept mille spectateurs quotidiens. La mairie a alors acheté en urgence quatre tonnes de paille à un agriculteur voisin et les bénévoles se sont retroussés les manches pour les étaler sur tout le site. Samedi à l’ouverture, le terrain était redevenu confortable. Une réactivité impressionnante qui mérite d’être saluée et dont beaucoup devraient s’inspirer.

Coté technique, c’est là aussi toujours très soigné. Une équipe de professionnels largement reconnus veille à ce que les artistes bénéficient des meilleures conditions. Même s’il faut improviser des tentes de fortune pour protéger les consoles attaquées par des vents de face, le stress n’a pas sa place et chaque problème trouve sa solution. Pas un hasard si l’équipe de Bruel, bluffée par cette qualité d’accueil, a adressé un mail de remerciement après un concert pourtant largement compliqué par les pluies diluviennes.

Patrick Bruel.

Et c’est vrai que la fête a été belle malgré les vents contraires. Il est vrai que l’affiche avait réservé quelques surprises de taille, comme la présence de Patrick Bruel en tête d’affiche de la soirée d’ouverture alors que le chanteur n’a donné que huit concerts cette année. A 5h30 déjà, une dizaine de fans (dont certaines membres du fan club officiel qui tiennent à ne manquer aucune date de leur artiste fétiche) s’étaient massées devant les portes afin de pouvoir être au premier rang. Courageux quand on voit quels assauts pluvieux elles ont du supporter jusqu’à 22 heures, moment de son entrée sur scène! Mais visiblement, à leurs regards brillants lorsque les lumières se sont rallumées, cela en valait la peine. Les sept mille spectateurs ont tous été conquis par la générosité du pilier des « Enfoirés » et ne se sont pas fait prier pour donner de la voix. A l’évidence, si la « bruelmania » s’est débarrassée de son hystérie, elle n’a rien perdu de son intensité.

Slimane.

Juste avant Patrick Bruel, Slimane avait lui aussi connu le succès. Le vainqueur de la cinquième édition de The Voice était largement attendu. Dans un show parfaitement orchestré, accompagné de deux danseurs, l’interprète de « Paname » a bluffé par son aisance sur scène. Au fil de son « Arrive Tour », après des dizaines de dates toutes sold out, le jeune homme a gagné en confiance et son interprétation s’en ressent. D’une justesse parfaite, des titres comme « Frérot » ou « Je serai là » visent juste et provoquent une vague d’émotion tandis que « Le Million » ou « On s’en fout » entrainent l’adhésion d’une chorale spontanée. Sincère et généreux, Slimane aura mis moins d’un an à trouver sa place parmi les artistes français qui comptent. Un parcours et un succès parfaitement légitimes.

Kids United.

Bruel et Slimane n’étaient pas les seuls à jouer avec les impatiences du public. Samedi, André Manoukian et Malia ont offert une très belle prestation, tout comme Nina Attal. Mais les vraies vedettes du jour, ceux que les moins de quinze ans attendaient avec une vraie impatience, étaient bien évidemment les Kids United. Dans un show hyper millimétré sur lequel veillait leur régisseur depuis la régie, insufflant des positions ou soufflant les phrases à glisser entre deux titres, les cinq jeunes artistes ont ravi leurs fans en reprenant tous leurs succès, intercalant moment choral et passage en solo ou en duo. Souriants, très à l’aise sur scène, parfois aussi, il faut bien le dire, pas très juste vocalement, ils ont été largement applaudis par un public totalement sous le charme. « Les ricochets » ont éclaté avec superbe et l’extrait de leur prochain album a déjà convaincu.

Broken Back.

Talisco.

Plus tard dans la soirée, Broken Back et son folk électro ont également fait carton plein avant l’impressionnante prestation de Talisco. Depuis ses débuts avec le single « Your Wish », le bordelais a taillé sa route et sorti deux albums unanimement salué par la critique et son public ne cesse de s’élargir (Bouyghes Telecom choisissant « The Keys » pour l’une de ses campagnes a donné un joli coup de pouce supplémentaire). Pour ce concert au Face et Si, Talisco était accompagné de Joseph Couturier. Le vendéen est l’un des plus grands artificiers d’Europe et n’a pas failli à sa réputation. Durant près de quinze minutes, entre concert sur scène et spectacle dans le ciel, le public a eu droit à un moment exceptionnel, un magnifique cadeau d’anniversaire offert en partage. Ne restait plus à Kungs, le nouveau DJ prodige , qu’à fermer le ban et faire danser jusqu’à une heure du matin.

Kungs.

Pas facile de succéder à une journée aussi forte. François-Xavier Demaison a pourtant fait salle comble dimanche après-midi avec son humour affuté, Gaume, le groupe nantais a imposé sa belle musicalité et évidemment, Christophe Maé a conclu l’édition avec la bonne humeur et l’entrain qui le caractérisent.

Arrivé tôt dans l’après-midi, n’hésitant pas à se laisser tenter par quelques parties de tennis de table en extérieur malgré la pluie toujours aussi fidèle, prenant le temps d’un joli moment avec une petite fille malade qui rêvait de le rencontrer, il a repris l’essentiel des titres de son « Attrape rêves Tour ». Treize morceaux dont beaucoup extraits de son dernier album, des moments improbables comme lorsqu’il a réussi à faire sautiller six mille spectateurs encapuchonnés qui n’en demandaient pas tant, des passages tendresse comme avec « Marcel ». Showman généreux, Christophe Maé donne toujours avec la même intensité, qu’il se produise sur une scène immense devant 25.000 personnes ou comme ici devant un peu plus de six milles, plus à l’étroit pour danser peut être mais touché par ces spectateurs qui ne renonceront pas malgré les intempéries et restent jusqu’à la dernière note.

Christophe Maé.

Vingt mille personnes seront venues souffler les vingt ans de ce festival vraiment à part, qui ne bénéficie pas de supports financiers énormes mais réussit avec brio chaque année. Respect!

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

FACE ET SI 2017: Patrick Bruel fait chanter sous la pluie !

Forcément complet ! Comment la soirée d’ ouverture du 20ème Face et Si aurait-elle pu ne pas se jouer à guichets fermés alors qu’elle est l’une des huit seules dates inscrites sur son agenda « concerts » cette année ?  Patrick Bruel se fait rare donc le moment n’était pas dérogeable : après l’avoir attendu des heures sous une pluie battante, six mille inconditionnels ont donné de la voix. 

On pourra toujours ironiser sur la Bruelmania, revenir sur ces moments d’hystérie qui secouaient les salles lorsque Patrick Bruel a sorti « Alors regarde » en 1989, cet album dont les titres font désormais partie des plus grands succès de la chanson française, on pourra tenter de faire croire que le poker a la main sur son agenda, rien n’empêchera jamais ces armées de fidèles d’être toujours là et de l’accompagner à chacun de ses concerts. Son entreprise de séduction ne connaît pas la crise. Les refrains plaisent toujours autant et désormais, ils contaminent même une nouvelle génération, prête à gonfler les rangs.

A Mouilleron-le-Captif (Vendée), où l’on célèbre la vingtième édition du Festival Face et Si, certains (dire « certaines » serait plus juste) attendaient dès six heures du matin devant les portes, soit plus de dix heures avant l’ horaire prévu. Mais un premier rang se mérite sans doute à ce prix. Assister à l’ un des rares concerts de Patrick Bruel est une occasion trop rare pour être manquée, la vivre sous les yeux de l’artiste, le Graal de tout fan qui se respecte. Des femmes qui ont l’âge de leur idole, quelques hommes et des jeunes filles qui trompent l’ennui à coups d’anecdotes.

Certaines l’ ont découvert dans « Les Enfoirés », d’autres dans « Le Prénom », cette pièce à succès devenue un triomphe sur grand écran. Un ado confirme à sa grand-mère « qu’ il n’est vraiment pas moche Patrick Bruel et il a une vraie voix », d’ailleurs elle l’a vu plusieurs fois aux Enfoirés reprendre des airs lyriques. Plus loin, on suppute sur la set list et chacune y va de ses morceaux escomptés.

Quand il entre sur scène à 22 heures, des rangs colorés de capuches s’échappent une clameur qui a du raisonner bien au delà du Parc de Beaupuy. L’enthousiasme se mêle à l’émotion et libère les impatiences nourries durant ces longues heures d’absence.

Patrick Bruel a l’élégance aussi cool (veste sombre sur jean noir, chemise blanche sous petit gilet) que son regard sur la météo est stressé. Arrivé par avion une heure plus tôt, il ne cachait pas son inquiétude face à cette pluie battante qui pouvait contraindre à une annulation de dernière minute. La pire des situations! Mais l’équipe technique du festival est composée de professionnels suffisamment aguerris pour ne pas se laisser prendre par cette météo méchamment facétieuse. Ils ont immédiatement trouvé des parades, créé des abris pour les consoles et annulé les uns après les autres tous les risques possibles. Ne restait plus qu’à miser sur la détermination du public. Impers mais ça passe… C’est une foule immense qui acclame et se dressera devant Patrick Bruel jusqu’aux confins de minuit.

Comme dans le meilleur des best-off, les titres les plus connus s’enchainent sans temps morts. Patrick Bruel s’installe au piano ou reprend un refrain en s’accompagnant à la guitare. Il n’oublie pas non plus son sens politique, ses engagements pour des combats qui lui tiennent à choeur. Il rend hommage à Simone Veil, aux victimes des attentats partout dans le monde entre deux incontournables.

« Places des Grands hommes », « Alors regarde », « J’ te l’dis quand même », « Pour la vie »… les morceaux n’ont pas pris une ride et la chorale vendéenne les connaît par coeur. A plusieurs reprises, Patrick Bruel remerciera, visiblement touché par cette fidélité et cette impassibilité aux éléments extérieurs.

L’artiste aux quinze millions d’albums vendus, aux cinquante films, aurait pu prolonger des heures encore… Mais les meilleurs moments ont une fin et celui des au-revoir n’est pas toujours le plus facile. Il reviendra sur scène, c’est sûr. Il explique de temps à autre avoir de quoi nourrir son prochain album, un disque que seul son degré d’exigence repousse encore. Alors rendez-vous, oui. Avant dix ans, c’est lui qui l’a dit.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

LOLLAPALOOZA PARIS: L’ultra récompensé The WEEKND plébiscité par 60.000 fans !

The Weeknd, en bouquet final de la première journée du Lollapalooza Paris: un show énorme attendu par des milliers de fans et un succès à la hauteur du phénomène.

Ne cherchez pas ! La mega star de cette première édition française du Lollapalooza, c’était lui : The Weeknd (né Abel Makkonen Tesfaye), canadien de vingt-sept ans, devenu star planétaire par la grâce de quatre albums bourrés de tubes, dont un avec les Daft Punk. Alors c’est peu dire si ce vendredi soir les pelouses avaient été prises d’assaut (et depuis longtemps) par des milliers de jeunes gens (des femmes en majeure partie, difficile de ne pas l’observer) qui le guettaient avec les yeux d’une Chimère impatiente. Lorsqu’il est apparu, dans une entrée spectaculaire comme les américains savent en réserver, entre celles qui hurlaient son nom, celles qui étaient soudain submergées par l’émotion et pleuraient dans les bras de leurs copines, celles qui cherchaient à immortaliser l’instant sur leur téléphone, Live Nation, grand ordonnateur du festival, a dû se réjouir d’avoir accroché pareil phénomène à son programme.

Il est 22h12 lorsque The Weeknd débarque sur scène, tous feux et lights dehors, au son de «Starboy». Les dés sont jetés. Le jeune homme a sorti la tenue des grands soirs, blouson floqué du titre de son morceau. Les fumigènes roses ne la jouent pas à l’économie… La partie promet d’être grandiose. « Party Monster », « Reminder » enchainent sans temps morts, ou plutôt juste le temps de prononcer à l’envie des phrases avec « Paris ». « Paris, ça va ? » , « Paris tu sais que je t’aime? » et de glisser de réguliers « Mother F…. » aux allures de ponctuation.

Le chanteur mêle jusqu’au bout des dix-neuf titres, les refrains anciens (« The Hills », « Wicked Games ») et les chansons récentes (« Earned it »). Il parcourt la scène, bondit et bluffe les plus sceptiques par ses compositions mixant efficacement soul, R’n B et pop. Le feu d’artifice n’est pas qu’une échappée impressionnante du bras articulé présent sur scène. Il sera aussi le fruit de ce jeune homme phénomène qui compose depuis ses vingt ans, décroche des premières places partout dans le monde, peut déjà poser sur sa cheminée deux Grammy Awards, huit Billboard Music Awards, deux American Music Awards, neuf Juno Awards et une sélection pour un Academy Award. Il y a décoration moins impressionnante.

« Often », « Tell your Friends », « In the Night » seront bien évidemment de la partie. Et c’est  « The Hills » qui offrira les derniers accords de ce show assez incroyable, plus impressionnant encore que celui donné cinq mois plus tôt sur la scène de l’AccorHotels Arena de Bercy.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.