MAIN SQUARE FESTIVAL 2017: Record d’affluence pour la 13ème édition !

Avec 125.000 spectateurs accueillis en trois jours, le Main Square d’Arras a pulvérisé son record d’entrées. L’affiche portée par Radiohead jouait pourtant les audaces en mettant en lumière pas mal d’ artistes moins connus que les années précédentes. Ce mix gagnant dressé par Live Nation avait vu s’envoler la billetterie et plus aucun ticket n’était disponible depuis longtemps. De là à envisager que le Main Square quitte le site historique de la Citadelle pour pouvoir gonfler encore les rangs de son public, il y a un pas que personne ne semble prêt à franchir, l’enceinte offrant trois points essentiels : l’accessibilité, la sécurité et la proximité. Retour sur cette…. édition couronnée de succès.

Un océan de têtes, un espace vital qui n’atteint pas les cinq centimètres, quelques trouées dans la foule qui ne sont qu’illusoires car lorsque les premiers accords retentiront, jailliront de ces percées tous ceux qui patientaient depuis plus de deux heures en restant assis au milieu de cette forêt de jambes… Radiohead n’avait pas joué en France depuis cinq ans (et même depuis 2008 à Arras) et avait choisi le Main Square pour seul festival de l’Hexagone. C’est dire s’ils étaient attendus. Des centaines de déçus des refoulés de la billetterie britannique, des suédois, des espagnols, des allemands, des quatre coins de l’Europe les fans du groupe britannique n’avaient pas hésité à effectuer le déplacement. Les langages sont pluriels mais lorsqu’il s’agit de patienter en reprenant quelques refrains du groupe trentenaire, l’unisson est total… à peine entrecoupé par les commentaires acerbes en destination de ces naifs qui entendent traverser les 40.000 spectateurs verres de bière en main « pour rejoindre leurs copains de l’autre coté de la place ». Des audaces rarement couronnées de succès et qui prendront fin dès que « Daydreaming » ouvrira ce concert exceptionnel.

« Thom Yorke », « Desert Island Disk », « Ful Stop »… la set list dessinée par les frères Greenwood, Ed O’Brien et Phil Selway joue l’émotion et le public est en extase. Marie, la quadra belge qui avait pourtant vu le groupe la veille au Rock Werchter est submergée par l’émotion. « Ils donnent tout. Ils sont impressionnants. Je rêvais d’ entendre « My iron Lung », c’est un morceau qui a plus de vingt ans et que j’adore. Ils l’ont fait. Je ne pouvais rêver mieux. » Elle en oublie sa pancarte à destination des artistes et laisse échapper des larmes sincères.

Une dizaine d’autres morceaux phares plus loin et c’est toute la Citadelle qui salue « No Surprises », extrait de « No Computer », sans doute l’un des albums les plus célèbres de Radiohead, « No Computer » qui sera également interprété alors qu’il est généralement peu repris sur scène. Minuit sonnera l’heure des ultimes rappels, quatre titres et « Paranoid Android » pour fermer le bal. Les plus accros regretteront que « Creep » ou « Karma Police », les deux morceaux clés du parcours des britanniques aient été zappés alors qu’ils avaient été donnés au festival de Glastonbury quelques jours plus tôt. Choisir, c’est renoncer. Une discographie lourde de moments forts n’y aura pas échappé. Cette date française de Radiohead, en clôture du Main Square d’Arras restera pourtant dans les annales.

The NoFace // Green Room.

Frank Carter & The Rattlesnakes // Main Stage.

L’enthousiasme n’aura pas été le seul fait de cette énorme surprise en tête d’affiche du dernier jour. Depuis vendredi, le festival concocté par Live Nation avait su jouer la mixité entre artistes  pop, rock, folk et électro, les têtes des charts et les formations moins connues mais qui ne manqueraient pas d’ emporter le public. Bonne pioche ! Malgré une météo capricieuse vendredi, les rangs se sont rapidement resserrés au pied de la Main stage comme de la Green Room. Rendez-vous majeur des manifestations estivales, le festival arrangeois a depuis longtemps gagné ses lettres de noblesse. La programmation a toujours visé haut et les souvenirs de ces soirées incroyables sur la Grand Place d’abord, entre les remparts de la Citadelle ensuite n’en finissent pas de résonner.

The Inspector Cluzo a fait l’unanimité et attiré la grande foule malgré un horaire de passage relativement précoce. Le tandem gascon qui dans son autre vie élève des oies selon le mode bio et propose ses foies gras sur les étals des marchés du Sud Ouest distille un rock tout aussi viscéral et passionné. La musicalité est haut de gamme et la bonne humeur sur scène certifiée sans OGM comme leurs partitions désormais aussi nettement reconnaissables que les valeurs qu’ils s’efforcent de transmettre.

Mat Bastard ayant migré pour une carrière solo, exit Skip the Use. Mais les quatre musiciens restant n’ont pas pour autant renoncé et c’est en s’appuyant sur un concept anonyme, sorte de masque barré d’une crois blanche, qu’ils ont décidé de revenir. Faisant table rase de la notoriété passée, poursuivant avec cette expérience déjà solide mais jouant la carte de la virginité coté références, The No Face s’est attaché la présence (et la voix) de la magnifique Oma Joli, chanteuse d’origine camerounaise. L’album est attendu avant la fin de l’année, à l’automne selon toutes vraisemblances. En attendant, sur scène, ces cinq là cartonnent avec un rock puissant aux couleurs différentes et le Main Square leur a réservé une ovation largement justifiée.

Dilemme toujours compliqué, pour ne pas dire insoluble, des festivals à scènes multiples, il fallait amputer The No Face d’une bonne demi heure si on voulait voir Frank Carter and the Rattlesnakes sur la Main Stage. Après un détour par le punk, l’over tatoué Franck Carter a retrouvé le chemin de son ADN avec des sons radicalement hardcore voilà deux ans avec sa nouvelle formation et un premier opus qui avait surpris. Le second frappe encore plus fort. Riche d’une production plus puissante, « Modern Ruin » offre aux britanniques les plus belles scènes. Bondissant et arpentant celle d’ Arras avec une énergie no limit, Franck Carter n’a pas mis longtemps à convaincre ceux qui ne le connaissaient pas encore.

Don Broco // Green Room.

Biffy Clyro // Main Stage.

Après Don Broco, brochette de quatre anglais plutôt pas moches (on a dit « pas le physique » ok ! Mais au vu des cris enthousiastes de la gente féminine à chaque approche de Rob Damiani, le chanteur, on ne va pas pousser l’hypocrisie plus loin : la voix ne faisait pas tout !!) qui taille sa route depuis près de dix ans et avait marqué le public parisien en ouvrant pour Bring Me The Horizon lors de leur dernier passage au Zénith, pop rock, énergie et bonne humeur garantis, Biffy Clyro était très attendu.

Ne tenant pas en place, sémillant dans son pantalon rose assez large sous torse nu, Simon Neil a la frénésie de ceux qui veulent tout donner, de la première à la dernière note. Avec les jumeaux James et Ben Johnston, le trio écossais s’inscrit depuis plusieurs mois au sommet des affiches ou s’offre des premières parties assez spectaculaires, comme celle du récent concert des Guns N’ Roses au Stade de France. Leur passage à l’Olympia en janvier avait également donné envie de les revoir très vite, un succès porté par « Ellipse », dernier album en date du groupe. Buffy Clyro était déjà passé par Arras en 2013. Quatre ans plus tard, on sent le groupe riche d’une puissance encore plus affirmée, la scène étant bien leur terrain de jeu préféré. Le set d’une heure a semblé bien trop court à leurs fans venus par milliers reprendre en choeur les tubes de ces trois là dont le succès sera bientôt planétaire.

Machine Gun Kelly // Green Room.

Soulwax // Green Room.

Difficile de boucler cette première journée de festival sans parler de Machine Gun Kelly (lassé par les inévitables comparaisons avec Eminem, MGK essaie de ne plus les entendre et se consacre à sa musique. Le premier rappeur blanc à avoir décroché trois victoires successives au fameux show de l’Apollo Theater a puisé dans ses deux albums ses morceaux les plus emblématiques et livré une interprétation pleine d’énergie, au flow impressionnant), Soulwax (les belges ont épaté avec une mise en scène particulièrement originale et soignée, un rock électro brillant) et bien évidemment System of a Down. La tête d’affiche du jour a ravi ceux qui les suivent depuis plus de vingt ans, un peu étonné ceux qui ne les avaient encore jamais vu sur scène. Comme au Downland, à Brétigny sur Orge début juin, les californiens ont enchainé les titres sans échange avec le public, sans davantage de communication sur scène. Sans perdre une minute, les titres s’enchainent comme si le temps était compté. Pas de quoi entacher cependant un concert toujours aussi brillamment servi par la voix grave de Serj Tankian, le leader qui n’a rien perdu de sa fameuse tessiture.

Après avoir programmé Iron Maiden à l’occasion des dix ans du Main Square et en figure de de proue d’un jeudi rajouté aux trois jours habituels du festival, après Mass Hysteria qui a embarqué plus de 30.000 spectateurs l’an dernier, Live Nation a visiblement raison de jouer la carte du metal. ce nouvel atout dans l’affiche séduit au delà de toute attente. Pour leur dernière date dans l’Hexagone, System of a Down a eu droit à un accueil plus que triomphal.

Talisco // Main Stage.

Xavier Rudd // Green Room.

La pluie annoncée le samedi a eu le bon goût de ne se manifester que par épisodes nocturnes. De quoi permettre à Talisco et son rock matiné d’électro, tendance magnifiques décors et grands sentiments, de s’offrir en beauté à ceux qui ne le connaissaient qu’à travers ses deux albums.

Dans un genre radicalement différent mais tout aussi spectaculaire, Xavier Rudd a lui aussi embarqué le public vers son Australie natale, ses instruments inédits comme le didgeridoo et ses partitions aborigènes revissées avec des mélopées uniques. Homme orchestre, artiste et citoyen engagé, militant pour de nombreuses causes écologiques, le musicien a aussi été élu « végétarien australien le plus sexy ». Après sa prestation au Main Square, on peut comprendre sinon la légitimité de ce titre, au moins les raisons qui ont pu l’expliquer !

Cage The Elephant // Main Stage.

Cage the Elephant a constitué l’une des belles découvertes de la journée. Les américains, établis depuis dix ans à Londres, dont le dernier album en date a été produit par Dan Auerbach des Black Keys (salué d’un Grammy du meilleur album rock en février dernier, excusez du peu!), sont de vraies bêtes de scène. Musicalement, c’est un mélange unique qui renvoie aux origines de la brit pop la plus pure avec une modernité incroyable. N’ignorant rien de ses ressemblances avec Mike Jagger, Matt Schultz, le chanteur, porte la chemise centrée et le pantalon pattes d’eph’ avec naturel et chante avec la même ferveur bondissante que son illustre ainé. Mais Cage the Elephant ne se réduit surtout pas à un copier coller de ce qui a été. C’est au contraire totalement original malgré ces références assumées.

Au regard de la densité de la foule qui les attendait, Rag N’ Bone Man et Jain avaient beau ne pas fermer le ban, c’étaient bien eux les artistes les plus attendus de la journée. Depuis plus d’un an, la toulousaine n’en finit pas de croiser le succès. Un premier album qui a tout raflé, des récompenses de la part du public comme de la profession, des concerts sold out, la jeune femme est cet été l’une des artistes les plus programmés, à l’instar des Insus ou de Louise Attaque l’an dernier. Autant dire que lorsqu’elle débarque sur scène avec sa désormais fameuse combishort noire à col Claudine immaculée, c’est un tonnerre d’applaudissements qui l’a accueilli. Un public familial, beaucoup de jeunes filles également, qui attendaient patiemment et soudain se déchainent et se mettent à danser aux sonorités électro hip-hop colorées d’Afrique de leur idole. La communion est totale et lorsque Jain termine son set dans sa fameuse bulle géante, portée par des festivaliers qui espéraient que le Main Square n’échapperait pas à cette sortie, c’est une foule euphorique qui accompagne la traversée.

Quant à Rag ‘N’ Bone Man, il fallait avoir sacrément anticipé pour réussir à le voir car le public avait depuis longtemps envahi les abords de la Green Room. Une demi heure avant le concert, plus possible de se rapprocher. C’est depuis le milieu de la Citadelle, entre stand de crêpes ou de wraps, que certains ont du se contenter d’entendre la voix si habitée et roborative de celui qui est l’un des phénomènes de la musique actuelle.

Rag ‘N’ Bone Man // Green Room.

Jain // Main Stage.

Un peu plus tard Die Antwoord a également fait le « chaud ». Excessif en tout, refusant la présence du moindre photographe devant la scène, repoussant les limites des décibels ce qui empêchait toute conversation à peu près normale à des centaines de mètres à la ronde, montrant volontiers leurs sous vêtements, les sud africains sont toujours aussi spectaculaires, choquants pour les uns, modernes pour les autres.

Plus consensuel et désormais mondialement reconnu, Major Lazer (la formation montée par Diplo, le fameux producteur et compositeur adoubé par les plus grands, de Madonna à Beyoncé en passant par Snoop) est une machine à tubes, la plus efficace des invitations à danser. le quatrième album du groupe a enchainé les tubes. Ce deuxième jour a pu s’achever dans une joyeuse euphorie.

The Lemon Twigs // Green Room.

La Femme // Main Stage.

Radiohead ne serait pas sur scène avant la fin de journée mais nombreux étaient ceux qui se sont octroyés une place inamovible dès l’ouverture des portes de ce dernier jour. Mieux… la plupart ont même couru pour ne pas se faire voler cet espace convoité depuis des mois. Cette détermination aura finalement été fructueuse puisqu’elle aura permis à ces stakhanovistes de l’attente de belles « rencontres » parmi lesquelles Seasick Steve. Avec sa barbe blanche, ses stigmates laissées par une vie pas toujours douce, le bluesman américain bientôt octogénaire était impressionnant de virtuosité. Sur des instruments plus cabossés que lui, des guitares uniques en leur genre, Seasick Steve (né Steven Wold) est une sorte de légende vivante. Ami de Janis Joplin, chanteur dans les stations du métro parisien, ayant vécu mille vies, il exporte son blues et sa bonne humeur aux quatre coins du monde sans jamais se lasser. Son sourire en dit long. Son regard exprime bien plus encore. Un très très grand Monsieur.

Savages // Main Stage.

Et puis on retiendra aussi Savages, le groupe britannique post punk qui depuis six ans taille sa route avec minutie. Impressionnantes dès leur premier concert en 2012, les quatre jeunes femmes  à la prestance parfois gouailleuse, toutes de noir vêtues, affichent une féminité qui n’empêchent ni  les couplets puissants ni les riffs bien musclés. Elles ont littéralement bluffé un auditoire qui ne s’attendaient pas à une prestation aussi forte, rock et élégante.

La prochaine édition du Mainsquare se déroulera les 5, 6 et 7 juillet 2018. La programmation réussira t-elle à exploser les compteurs, ce record de 42.000 visiteurs chaque jour ? La configuration du site lui-même offre un début de réponse : les fortifications de la Citadelle ne peuvent être repoussées. Le site a déjà gagné en espace par de subtils aménagements du coté de la Green Room, les hauteurs ont largement été revues dans leurs « mises en scènes » pour permettre de jolies échappées, quelques bouffées de presque tranquillité entre expo, massage, restauration et espaces de repos  mais il sera difficile d’agencer différemment pour gagner encore sur un lieu porteur de contraintes… mais au final porteur de ces points essentiels que sont l’accessibilité et la sécurité. Une sécurité encore accrue cette année du fait du contexte et qui aura elle aussi permis à la manifestation de ne pas connaître de fausses notes. Arras est désormais une étape incontournable, pour les artistes comme pour les festivaliers. L’un des plus beaux fleurons de la planète Live Nation.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

HELLFEST 2017: retour gagnant pour Motionless in White !

Ils étaient venus en 2015 et avaient laissé les spectateurs KO, ce qui n’était pas du qu’aux températures caniculaires. Deux ans plus tard, Motionless in White refait le même effet. A midi, alors que soleil et poussière auraient pu jouer les troubles fest, c’est une foule compacte qui est venue entendre les pennsylvaniens.

Le sextet porté par Chris Motionless n’a rien perdu de ce qui a pris une part importante dans sa renommée : les couleurs. Ou plus exactement le noir… et le blanc! Visiblement inspiré par Marylin Manson période ancienne, le leader du groupe américain n’entend pas cacher ses influences gothiques et le concert joue volontiers avec cette mise en scène spectaculaire. Pas question de partir au front sans les peintures de guerre que le public a toujours encensées.

Musicalement, la performance est toujours aussi bien rodée. Après la musique du générique de «The Walking Dead», le groupe attaque avec « Rats », extrait de « Graveyard Shift »,  son quatrième album sorti en mai dernier. Quatre morceaux de ce nouvel opus sur les neufs titres du set seront d’ailleurs joués sur la scène du Hellfest dont « Loud » (Fuck it ) et « 570 » en guise de clôture.

Le combo de metalcore pennsylvanien est en forme et ça se voit. Les morceaux s’enchaînent sans temps mort, la voix est puissante et Chris Motionless ne boude rien de son plaisir à revenir arpenter la Main Stage. La prestation est beaucoup plus carrée que voilà deux ans, l’ensemble d’ une musicalité et d’une puissance bien plus fortes. Beaucoup de ceux à qui avaient échappé la sortie de « Graveyard Shift » se sont précipités au Merch pour voir si l’album était dans les cartons (ce qui n’ était évidemment pas le cas). La preuve manifeste d’un concert réussi en plus de l’affluence impressionnante malgré un horaire relativement tôt dans la journée (13h35) et une chaleur à faire renoncer un chameau dans le désert.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

HELLEFEST 2017: Rob Zombie ressuscite White Zombie !

La venue de Rob Zombie est toujours un moment très attendu. D’abord parce que le fringant quinqua, réalisateur de films d’horreurs à succès dans son autre vie (dont les fameux « Halloween » 1 et 2 ou bien encore « The lord of Salem »), joue volontiers à devenir lui même une sorte de personnage effrayant, « une gueule » unique, auteur de partitions largement influencées par Alice Cooper, Black Sabbath, Metallica ou bien encore The Stooges. Les références sont multiples mais ses performances et ses partitions uniques.

Venu reprendre les titres d’« Astro Creep », sorti voilà déjà dix-sept ans, l’album référence de feu White Zombie, en exclu européenne et avec la production compléte de ses shows américains, Rob Zombie a créé l’évènement et réuni tous les festivaliers en clôture de ce premier jour de Hellfest. C’est une foule compacte qui est venue reprendre ce qui constitue peut être l’un des disques parmi les meilleurs des années 90.

Le sens de l’image et de la mise en scène n’étant pas ses atouts faibles, visuellement le show dépote. Animations sur les grands géants, flammes, lâchers de ballons, jeux de lumières incessants, il ne manque rien. Musicalement, c’est bien sûr toujours aussi impressionnant. Les six cordes sont magnifiques. Le spectacle est total et le quatuor au sommet de sa forme.

Frontman aguerré, Rob Zombie fait des kilomètres sur scène pendant une heure et demi et semblerait prêt à en découdre longtemps encore, osant même la percée en bas de la scène, juché sur la barrière pour le plus grand plaisirs des spectateurs incrédules et euphoriques. Voilà une date qui restera dans les annales clissonnaises.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

HELLFEST 2017: SLAYER CLOTURE EN PUISSANCE

Ils étaient là l’an dernier. Ils sont revenus avec la même envie de balancer leurs riffs sans concession et ont offert au Hellfest édition 2017 un nouvelle prestation impressionnante.

L’un des quatre piliers du thrash metal américain, le fameux « Big Four » (avec Megadeth, Metallica et Anthrax) adore la France et ne se fait jamais prier pour s’y prduire. Clisson les avait déjà accueillis l’an dernier. Mais c’est avec un plaisir évident que Tom Araya, Kerry King, Paul Bostaph et Gary Holt sont revenus fouler la Main Stage du Hellfest.

Pas de véritable nouveauté puisque le groupe défend depuis près de douze ans « Repentless », son douzième album studio, mais l’énergie, le talent et la puissance sont tels que personne ne résiste à cette déferlante de décibels.

En terme d’intensité scénique, Slayer place la barre très haut. La musique est brutale, d’une violence calculée au plus juste et malgré l’heure tardive, ce sont plus de 40.000 personnes qui sont réunis pour cet incroyable concert clôture du Fest. Les écrans (vraiment) géants, grande nouveauté de l’édition 2017 permettent de ne rien perdre de ce moment même depuis les hauteurs du terrain. Le jeu de scène est forcément rodé, la basse atomise, les blasts laissent sans voix, Paul Bastaph donne l’impression de pouvoir jouer des semaines sans s’arrêter pendant que Tom Araya s’amuse (en tout cas, on peut le penser) à n’avoir pour échange avec le public que son fameux sourire carnassier.

La setlist est toujours assez identique mais c’est visiblement la recette gagnante. « Repentless » et « Disciple » en ouverture, « Seasons in the Abyss » bien sûr et pour finir, les trois incontournables, « South of Heaven », « Raining Blood » et « Angel Death ». Les treize morceaux défilent à la vitesse de l’éclair. Une heure et déjà Slayer s’en va. Le Hellfest 2017 a vécu. Vive le Hellfest 2018. Jamais deux sans trois pour Slayer ? Réponse dans quelques mois.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

DOWNLOAD FESTIVAL FRANCE 2017 : Epica, la force symphonique !

Après un Zénith de Paris qui avait laissé une impression mitigée quelques semaines plus tôt (une soirée partagée notamment avec les allemands de Powerwolf), on attendait avec curiosité la prestation d’Epica sur la Main Stage de la deuxième édition du Download Festival France. Objectif rempli pour les néerlandais qui ont livré un show impeccable.

Il est encore tôt dans l’après-midi mais les incandescences d’ Epica sont visibles de très loin et donnent le ton général du concert : pas de temps mort, embraser le public par des refrains accrocheurs devenus incontournables d’une setlist à succès, balancer des accords, jouer… jouer encore.

Dans sa tenue noire mettant en valeur son abondante chevelure rousse, la splendide Simone Simons est une front(wo)man aguerrie qui sait où mener les spectateurs pour ne plus qu’ ils décrochent. La voix est aussi puissante que superbe, elle sait aussi se faire de velours, ce qui n’est pas le moindre paradoxe dans un festival franchement metal.

« Edge of the Blade » ouvre le bal, suivi par « A phantasmic Parade ». Il y aura aussi « Unchain Utopia», la toujours très applaudie « Santa Terra », servie par une mise en scène spectaculaire, « Beyond the Matrix » et « Consign to Oblivion ». Entre musiques efficaces et lumières folles, en neuf titres, Epica a offert ce que le metal symphonique peut vraisemblablement servir de meilleur (mâtiné de quelques couleurs, folk, thrash voir même death). Flamboyant.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

DOWNLOAD FESTIVAL FRANCE 2017: Kvelertak hisse haut la Norvège !

Ils avaient laissé un souvenir marquant de leur passage à la Maroquinerie (Paris) sept mois plus tôt, les norvégiens de Kvelertak n’ont pas failli sur la Main Stage du Download Festival France. Pas étonnant que ces six là aient été choisis pour ouvrir pour Metallica durant leur tournée européenne.

Kvelertak ne se résume pas à six musiciens overtatoués, enjoués autant que survitaminés, servant un mix réussi de punk, heavy et metal plus extreme (cette dernière tonalité semblant cependant s’estomper progressivement si on en juge par la dernière production du groupe). Kvelertak c’est aussi depuis une décennie, ce qui place haut les couleurs de la scène metal norvégienne. Depuis 2007 et la sortie de leur premier album éponyme, ce sont même des bataillons de fans qui espérent chacun de leurs concerts.

Il est vrai que les shows sont toujours spectaculaires, le chanteur, Erlend Hjelvik, arborant souvent d’incroyables masques de hibou pour démarrer le concert, les lights ne jouant pas l’économie. Pour autant, et assez bizarrement, ce sont encore les titres les plus anciens qui fonctionnent le mieux sur scène, reflet probable de ce que le dernier album, « Nattersferd » n’a jamais réussi à trouver son public, ce qui est dommage car il contient de vrais bons morceaux.

« Dendrofil for Yggdrasil » lance le set, suivi par « 1985 et le très attendu « Mjod », en tout onze chansons avec «Kvelertak », l’incontournable, pour tirer sa révérence. L’énergie était belle et le groupe s’est visiblement laissé prendre par l’euphorie de cette invitation à fouler la scène du Download. En cadre plus intimiste, les norvégiens avaient frappé fort et ceux qui étaient présents à la Maroquinerie en novembre dernier, ont conservé le souvenir de ce leur passage. Ils ont convaincu cette fois encore malgré des titres récents qui, de temps à autres, ont failli casser la dynamique générale.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

MASS HYSTERIA REUSSIT SA SORTIE

Mass Hysteria faisait son retour sur scène ce week-end à l’occasion du festival « On n’a plus vingt ans » organisé aux Herbiers (Vendée). Pour la première de cet ultime tour de piste (une vingtaine de dates) avant de se consacrer au prochain album, le quatuor parisien avait misé sur une set list inédite. Un pari osé qui a rallumé de sacrés souvenirs pour les fans de la première heure.  

Comment boucler en beauté les ultimes salves de la tournée « Matière Noire »? Comment poursuivre avec les morceaux incontournables mais ne pas jouer le simple copier-coller des concerts de l’an dernier? La question a du se poser longuement parmi le groupe quand on voit la tonalité de la set list proposée ce 15 avril aux Herbiers (Vendée) à l’ occasion du Festival « On n’a plus vingt ans » organisé par Tagada Jones et la belle surprise offerte au public.

Ce n’est pas une indélicatesse par rapport aux autres participants que d’affirmer la présence impressionnante des fans de Mass Hysteria parmi les deux mille six-cents spectateurs réunis à l’espace Herbauges. Quatre mois depuis le dernier concert alors ils avaient fait fi des kilomètres (certains avaient parcouru plus de six-cents kilomètres) et étaient prêts à donner de la voix et à tout entendre surtout, convaincus qu’il y aurait forcément « Chiens de la Casse », « Vae Soli », « Plus que du metal » et « Positif à Bloc ». Ces quatre titres là, personne ne voulait les voir décrocher! Ca tombe bien, Mass Hysteria non plus n’a pas eu envie de les écarter. Dans les temps forts de l’album, en fait, seul « L’ Enfer des Dieux » n’est pas de sortie. « On ne veut pas être trop politique ce soir, » expliquait Mouss avant le début du concert. « Tagada Jones, qui est à l’origine de la soirée, qui nous a invités en même temps que « Les Trois Fromages », « No One is innocent » et « les Ramoneurs de Menhir », fête ses vingt ans et son nouvel album. L’esprit de la fête doit donc l’emporter.»

Et la fête a été belle. D’accord, il y a eu quelques trous de mémoire mais peut-on en vouloir à Mouss alors que le groupe ressortait des cartons des chansons qui n’avaient plus été interprétées depuis des années. « Ca fait même pas trente minutes que je suis sur scène et je n’ai déjà plus de souffle… Vous ne le voyez peut être pas mais je vous assure que c’est vrai ! Mais l’important est ailleurs, l’essentiel est que pour cette première date de l’année, on joue avec des potes dans une salle archi pleine… Je compte juste un peu sur votre indulgence. On a opéré quelques changements et eu envie de reprendre ce qui suit… »

Après cinq titres attendus et inscrits en lettres d’or sur la set list de « Matière Noire » (dans lesquels Jamie Ryan (ex Guérilla Poubelle), le nouveau bassiste, a assuré sans faillir), la surprise s’est en effet produite dès les premiers accords de « Plus aucune mer », un titre qui figurait sur l’album « Failles », sorti en 2009 et très peu interprété depuis. S’ensuit « Plus aucune mer ». Avec une intro qui balaie tout et des paroles lames de fond, impossible de résister. Le public se prend l’uppercut avec bonheur.

« Même si j’explose » précède « Attracteurs étranges », l’une des chansons majeures de l’album «Contradictions» sorti en 1999. Magnifique cadeau.

Après une descente parmi le public histoire de vérifier si le nouveau promu en a sous la corde, le temps d’un P4 bien envoyé, retour aux inoxydables  dont « Contraddictions », « Plus que du metal », « Tout est poison » pour finir avec la toute aussi traditionnelle montée sur scène des « furieuses » (et des enfants) pour « Respect » et « Furia », rejoints par une partie des membres de « No One is Innocent » et des « Ramoneurs de Menhir ».

Ils réclamaient un peu d’indulgence. Demande inutile. Il faut plus d’une pause de quelques mois  et des partitions anciennes tout juste reprises pour faire perdre aux vieux briscards de Mass Hysteria leur qualité de jeu, leur générosité et leur façon d’interagir avec un public fidèle depuis plus de vingt ans, heureux de retrouver des titres que personne ne pensait plus entendre en concert. Certains auraient achevé ce dernier inventaire avant repli en roue libre. Mass Hysteria a préféré s’offrir le frisson d’une petite mise en danger, casser la routine et créer la surprise pour un public qui n’en demandait pas tant. Respect!

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.