Fabien Incardona récolte les bonnes notes de sa détermination

Les télé-crochets ont été des concours de circonstances heureux permettant à Fabien Incardona d’entrer dans « La légende du Roi Arthur ». Si Méléagant ne décroche pas Excalibur, l’artiste lui a trouvé son public grâce à une voix exceptionnelle. Rencontre avec un auteur-compositeur, interprète qui n’a pas fini de surprendre.

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Depuis quelques semaines, le regard s’est souligné de crayon noir et donne à son regard vert une force supplémentaire. Un détail qui n’a pas échappé. Fabien Incardona ne prolonge pas hors scène les maquillages de Méléagant. Il n’a pas non plus été attaqué par la folie du personnage qu’il campe dans « La légende du Roi Arthur » depuis septembre dernier. C’est au contraire avec un sens aigu de sa carrière qu’il a entamé sa « mue ». La tournée de la comédie musicale s’achevant fin juin à Lille, celui qui a été l’une des grandes révélations du spectacle anticipe déjà l’après et se glisse dans les atours de celui qu’il sera au moment de la sortie de son album. En septembre si tout va bien.

Déterminé. Le qualificatif lui colle parfaitement. A six ans, Fabien Incardona glissait des cassettes dans son magnéto et lançait, sans doute possible, « je veux devenir une vedette! ». Vingt cinq ans plus tard, son parcours confirme qu’il ne s’agissait pas d’une lubie enfantine. Chanter, plus qu’une raison, une façon de vivre.

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« J’ai commencé à étudier le chant vers huit ans. Très jeune, je me suis produit sur scène. Toutes les occasions étaient bonnes pour apprendre. Et puis en 2006, j’ai eu la chance d’intégrer « Entrée des artistes », l’ émission-concours de Pascal Sevran et tout s’est accéléré. »

Quatre mille candidats pour dix huit places. Le challenge était beau mais Fabien Incardona avait l’envie en moteur. La voix était déjà remarquable, capable de décrocher toutes les notes, y compris les plus hautes. « Le programme, diffusé sur France 2, passait toutes les semaines. J’y suis resté six mois et j’y ai beaucoup appris. Le répertoire était celui de la chanson française la plus classique. Pascal Sevran, qui était un immense professionnel, était aussi très exigeant. Pas question de se rater! J’ai fini deuxième. De quoi me conforter encore dans mes envies de poursuite.» Il n’attendra d’ailleurs pas longtemps puisqu’on vient aussitôt lui proposer le casting de L’Eurovision. Michel Drucker à la présentation, Natacha Saint-Pierre, Charles Aznavour et Lara Fabian dans le jury. Même pas peur! Fabien Incardona fonce et se place deuxième. « C’est toujours à stress ce genre de concours, évidemment. Mais côtoyer des artistes de cette trempe, entendre leurs commentaires plus que positifs, a une fois de plus renforcé mes certitudes. Je ne me trompais pas de chemin! »

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Quelques mois plus tard, Gérard Presgurvic, metteur en scène de la comédie musicale « Roméo et Juliette, les enfants de Vérone », l’engage comme doublure pour la tournée asiatique et la reprise au Palais des Congrès de Paris. « L’expérience a duré six mois. On ne va pas se mentir, être doublure génère forcément des frustrations. Mais cela reste néanmoins un très beau moment. »

En 2011, Fabien Incardona quitte son Var natal pour Paris. Grand fan de Queen et des Doors, il devient alors la voix d’un groupe rock, « Gravity off », qui sortira un EP assez remarqué avec notamment « Purple and red » où sa voix fait des merveilles… et lui permet de se faire remarquer pour les castings de la troisième saison de « The Voice ». « Cela reste encore aujourd’hui un souvenir totalement incroyable. J’ai chanté « Wuthering Heights » de Kate Bush. C’est une chanson magnifique et assez difficile à interpréter. Comme cela était arrivé une ou deux fois depuis le début de l’émission, je n’avais pas été placé face aux fameux fauteuils rouges mais dans un cylindre de tissu. Du coup, le jury ne me voyait pas… mais je ne voyais rien d’autre non plus que ce rideau. A la fin, j’ai entendu le public hurler et applaudir avec enthousiasme. Je me suis dit, « c’est bon! » Et puis quand le rideau est tombé, j’ai vu qu’aucun ne s’était retourné. Le jury a beau m’avoir dit ensuite qu’il avait fait une erreur, ça a été une vraie douche froide. Un mélange d’immense incompréhension et de déception. Après… et bien il faut quand même avancer et ne pas rester focalisé sur cet échec! Il n’y a pas de chemin sans cailloux…»

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Le voilà donc essuyant les plâtres de « Rising Star », le télé-crochet dont M6 espérait beaucoup. Pas de fauteuils rouges cette fois mais un mur d’écran qui se lève en cas de succès. Fabien Incardona fera deux soirées, avec « Prendre racines » de Calogero et « SOS d’un terrien en détresse » de Balavoine. Dove Attia (producteur à succès de « Mozart, l’opéra rock », « 1789, les amants de la Bastille », pour ne prendre que les spectacles les plus récents) est devant sa télé. « Il me contacte et trois jours après, je suis face à lui. Il me parle avec cette passion qui lui est propre de sa prochaine comédie musicale, me dit qu’il me voit dans Méléagant, ce sombre personnage qui enlèvera Guenièvre, d’Arthur, joué par Florent Mothe, de cette légende de la Table Ronde et de Giuliano Peparini auquel il a confié la mise en scène… Qui n’aurait pas été convaincu ? J’étais sur un nuage. Les titres sont magnifiques. Après quatre mois au Palais des Congrès et quatre mois de tournée dans toute la France, je les interprète avec une envie intacte. Je m’autorise même parfois quelques notes supplémentaires. C’est le charme du spectacle vivant, rien n’est figé et on peut répondre aux attentes du public en se faisant plaisir. »

Entre les deux show de la journée, dans sa loge du Zénith de Nantes, Fabien Incardona est d’une disponibilité et d’un enthousiasme touchants. « Méléagant a quand même une personnalité de dingue. Sans mauvais jeu de mots. Il est torturé, complexe. J’ai longuement travaillé pour l’habiter tel que le souhaitait Giuliano Peparini. Nous avons tous énormément bossé le jeu d’acteur et pour beaucoup aussi, le maniement de l’épée. C’était une grosse pression, un rôle exigeant pour lequel j’ai du aller dans mes retranchements. Je n’en tire que des moments de bonheur. Il n’y a eu qu’un seul souci quand deux semaines avant la première, j’ai chuté en répétition dans une scène où je devais descendre en vitesse un escalier. Mes chaussures plateformes de treize centimètres m’ont trahi…. Une belle entorse. Une semaine d’angoisse et une légère modification prudente de mise en scène, rien de dramatique au final. »

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En juin pourtant, il faudra raccrocher l’épée. Fabien Incardona n’aura pas le temps de se laisser gagner par le vide laissé par la fin de la tournée, il sera en pleine finition de son album. « Je veux pouvoir en être fier, me dire qu’il me ressemble, que c’est bien celui dont je rêvais. Alors je ne fais aucune concession. Avec mon groupe, nous avions sorti un EP, réalisé grâce à MyMajorCompany. Plus deux-cents fans s’étaient associés au projet et avaient rapidement permis de récolter les 12000 euros nécessaires. Nous avons enregistré à Orléans et au bout d’un an, nous avions ces six titres,   toujours disponibles d’ailleurs sur les plateformes de téléchargements. « Change », le titre qui a donné son nom à l’EP a visiblement beaucoup plu. On a donné un concert à la Boule Noire, à Paris et ça a vraiment été une très belle date, un grand succès. Du coup, forcément, ça donne envie de revivre des moments aussi forts et ça exerce une petite pression. Il faut que ce soit à la hauteur de toutes les attentes, des miennes notamment! J’ai déjà plusieurs titres prêts et je poursuis avec Mike Dean, mon parolier, qui me connaît bien puisqu’il se trouve être aussi mon meilleur ami. Je trouve l’inspiration en Islande, pays qui m’est cher et où je reviens très souvent. Je me confronte à ces paysages exceptionnels, je me balade et je laisse venir les émotions. Je ne veux pas déflorer l’album alors je dirais juste que ça parlera de l’amour, de la vie… Ce sera très pop, avec une coloration indienne… je dois rencontrer des maisons de disques. Si tout va bien, la sortie se fera en septembre. En attendant, je travaille aussi mon look car nous sommes dans une société où l’image est primordiale. Je commence à me présenter tel que je me produirai sur scène. Je garderai ces bagues, souvenirs de mes voyages, ce collier, qui m’est cher. Et ce regard avec ce trait de crayon discret… J’espère que le public qui m’aimait dans « La Légende d’Arthur » me suivra dans ce nouveau chapitre encore plus personnel…»

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A priori, si l’on en juge par tous ceux qui l’ acclament et l’attendent après chaque représentation, Fabien Incardona a quelques raisons de rester confiant. Avec des compositions à la hauteur de cette voix incomparable, il décrochera lui aussi sa couronne.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET. 

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Impressionnant tournage pour la Légende du Roi Arthur

Après quatre mois de succès  au Palais des Congrès (Paris), « La légende du Roi Arthur » immortalise ses vingt tableaux, ses jeux de scène bluffants et ses partitions devenues tubes dans un DVD (et un film) en 3D dernier cri. Les trois jours de captation ont été menés à la baguette par une équipe coréenne et américaine surexpérimentée. Pour chausser les lunettes, il faudra juste un peu de patience…

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11h30 ce 8 janvier. Au Palais des Congrès, c’est déjà l’effervescence. Mais pour une fois, c’est au pied de la scène que le spectacle se déroule. Trois grues télescopiques et pas moins de quinze caméras ont remplacé les premiers rangs de fauteuils et se répartissent l’espace, prêtes à dégainer leur technologie dernier cri pour mettre en boite « La légende du Roi Arthur ». Aux manettes de ces trois jours de captation, Myron Jung, le réalisateur coréen à qui avaient déjà été confiés les tournages de « Mozart l’opéra Rock » et « 1789, les amants de la Bastille » et l’américain Mark H. Weingartner, le stéréographe 3D qui a fait ses gammes sur « Mission impossible », « Avatar », « Inception » ou bien encore « Pirate des Caraïbes ». Bref, pas franchement des bizuths!

Le foyer des artistes aussi a opéré une vraie mue et pris des allures de tour de contrôle, avec des écrans de télévision en mur circulaire et des ordinateurs que ne perdent pas du regard des visages hyper concentrés.

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Trois jours pour boucler ce qui n’est pas une simple captation puisqu’il faut compter avec les contenus audiovisuels hors normes du spectacle, c’est très court. Il ne faut donc pas se louper, avec cette difficulté supplémentaire que constitue la multiplicité des formats : outre les traditionnels TV, DVD, Blu-Ray et cinéma, l’équipe de production franco-coréenne a souhaité produire des versions du film en 10K2D (une résolution cinq fois supérieure au Full HD) et 4K3D,VR 360° (la réalité virtuelle en 360° expérimentée avec des équipements de type Oculus). Ce nec plus ultra de la technologie ne parle pas forcément au plus grand nombre mais il devrait offrir une version totalement unique et inédite du spectacle. Pour l’heure, jour 2 de tournage, il reste encore une captation à blanc (salle vide) à tourner et une dernière en soirée, avec un dispositif allégé, beaucoup plus discret surtout, afin de ne pas gêner le public.

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« Tournage dans dix minutes! Ok tout le monde ? Les danseurs d’ « Un nouveau départ », vous vous souvenez qu’on le refait sans Zaho qui parle ? Ok ? Alors merde, merde.. Toï Toï!! » Depuis la régie scène, l’assistante de Giuliano Peparini, le metteur en scène, glisse ses dernières recommandations. La troupe écoute dans un coin de scène, attentive.. et sans doute encore un peu endormie compte tenu de l’horaire assez inhabituel. Tamara Fernando (Leïa) ne peut d’ailleurs refouler un bâillement avant de reprendre des étirements studieux.

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Derrière les caméras, les techniciens discutent et reviennent sur le tournage de la veille. Quelques uns ont découvert les étendues de la 3D et en ont encore le vertige. « C’est totalement dingue… Habituellement, tu joues avec la caméra de façon à avoir de la profondeur de champs et là, impossible de resserrer car ça créée immédiatement des perspectives… Je suis bluffé. J’ai l’air d’un vieux nase mais franchement c’est dingue. Ce n’est plus le même métier en fait !! » Un cadreur traduit pour un homologue coréen qui approuve en riant, visiblement déjà convaincu.

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Dans les travées, David Alexis (Merlin) remonte avec ses deux complices… Un pied qui marche sur le manteau et la progression qui stoppe net. Sourires puis retour instantané à la concentration : là où le cinéma multiplie les prises, la concision du tournage ici n’autorise que modérément les ratés! Et c’est avec son jeu impeccable que l’acteur redescendra vers la scène, totalement dans son personnage.

Les caméras se déplacent, les grues viennent se poser au plus près des chanteurs, le ballet au pied de la scène comme aux abords des coulisses est incessant mais personne ne se laisse distraire. Alors que la salle offre un océan rouge de fauteuils vides, Florent Mothe (Arthur), Camille Lou (Guenièvre), Zaho (la fée Morgane), Fabien Incardona (Méléagant), Charlie Boisseau (Lancelot) et les autres jouent comme s’ils devaient emporter dans leur aventure les trois milles spectateurs habituels. Il flotte même comme une envie de convaincre encore plus forte, engendrée peut être par l’idée que cette représentation là serait définitive et gravée à jamais. Les voix sont calées, le jeu convaincant. Seul moment étrange, le temps de rupture entre deux scènes. Habituellement, il est comblé par les applaudissements. Là, il n’y a qu’un silence studieux.

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« Entracte, vingt minutes de pause! Ne vous éparpillez pas. On reprend aussitôt. Et dès que ça reprend, restez bien concentrés sur le son. Merci! » Fabien Incardona se pose un moment dans les fauteuils pour regarder les grues tentaculaires et discuter avec des techniciens. A l’autre bout de la salle, David Alexis discute lui aussi.

L’équipe coréenne part à la recherche d’un thé « ou d’un french coffee ». Une de leur représentante discute avec Dove Attia dans les hauteurs du Palais des Congrès. Cet Arthur, des années qu’il en rêvait. Dans ses rêves les plus fous, il se serait même bien vu donner une suite à ce premier volet pour boucler l’histoire, une sorte d’ « Arthur 2 » qui aurait donné vie à l’enfant de Morgane et d’Arthur et fait disparaître les héros,  comme dans les récits de la Table Ronde. C’est dire si cette signature des plus grandes comédies musicales des dernières années (on lui doit quand même Les 10 Commandements, le Roi Soleil, Mozart, l’Opéra Rock, 1789, les Amants de la Bastille, entre autres..) veille avec tendresse et gravité sur la vie de celui ci.

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Il a pris une part plus qu’active dans le scénario, les textes et les partitions mais il ne rechigne pas pour autant à porter des modifications si le jeu souhaité par son metteur en scène l’impose. Metteur en scène qui surgit d’ailleurs pour conseiller les cameramen. « Attention sur cette scène de la Table Ronde… Il ne voit pas car il a une capuche alors on fait gaffe… je ne voudrais pas qu’il se prenne une camera dans la gueule! » C’est clair!

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« Retour tout le monde… Petit rappel, la fin qui sera filmée sera la même que celle d’hier, ok ? Allez, on y va jusqu’au bout, avec les saluts comme si le public était là. C’est bon pour tout le monde? » Sur le devant de la scène, Florent Mothe interroge pour une ultime précision sur une différence apportée par rapport aux dernières représentations. Giuliano Peparini (armé de son désormais célèbre stylo laser) montre un déplacement. Le chanteur, méticuleux, repart. Concentré et toujours aussi spectaculaire dans sa panoplie royale.

Les combats sont réglés au millimètre, les chorégraphies originales sont magnifiques, tour à tour énergiques ou émouvantes, indispensables en tout cas à l’équilibre de l’ensemble. Malgré la présence renforcée d’opérateurs sur scène, personne ne fissure son personnage. Tous sont impeccables. Et à la fin, quand le regard d’Arthur se brouille de vraies larmes, un frisson parcourt la petite assemblée présente.

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Quelques notes supplémentaires pour accompagner les saluts et dernières paroles, le rideau qui se ferme… et c’est toute l’équipe technique qui applaudit. Les coréens sont ravis et impressionnés par ce qu’ils viennent de voir. Comment dit on « Bravo » en coréen? Comment dit on « Décembre » aussi peut être? Car il va falloir patienter un peu. Pour voir le film au cinéma (le temps de quelques représentations exceptionnelles) ou chez soi, il faudra patienter jusqu’à la fin de l’année. En attendant, restent les dernières dates parisiennes et la tournée dans les principales villes françaises. Clap de fin le 25 juin à Lille où la troupe avait déjà fait salle comble en décembre.

Malgré les évènements et une actualité qui ne prêtaient pas à la détente, cet Arthur là a su se battre vaillamment et restera dans la légende. Il y a bien « quelque chose de magique » chez ses interprètes.

Magali MICHEL.
Crédits photos // Sophie BRANDET.

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Arthur entre avec noblesse dans la légende de la comédie musicale

Depuis la mi-septembre, Paris abrite l’une des plus célèbres histoires de la mythologie celtique, revue et réorchestrée par Dove Attia, grand enchanteur de la comédie musicale en France. Arthur, Guenièvre, Morgane et les autres entreront-ils dans la légende ? Réponse au Palais des Congrès jusqu’à la fin novembre.                            

Il était une fois Arthur, écuyer devenu Roi, la douce Guenièvre, sa blondissime chérie et le fidèle Lancelot du Lac. Deux hommes, une femme… Au temps anciens des contes et légendes de Bretagne, on savait déjà les ingrédients qui feraient vibrer les soirées à l’ombre des dolmens. Feydeau n’aurait plus qu’à copier-coller. Mais l’intrigue aurait souffert s’il n’y avait eu la juste dose de magie et de fantastique. Arrivent alors Morgane, une fée sans baguette mais à la manigance naturelle, demi soeur d’Arthur, partagée entre peine et soif de vengeance, Méléagant, prince frustré à qui le trône échappe faute d’avoir pu décrocher Excalibur. Merlin bien sûr, hôte régulier des récits celtes. Quelques siècles plus tard, s’y greffent aussi des danseurs, des effets spéciaux parfaitement réussis, des chansons dont certaines sont déjà devenues des tubes, une vingtaine de décors et pas moins de quatre-cents costumes… bienvenue dans le nouveau spectacle imaginé par Dove Attia, mis en scène et chorégraphie par Giuliano Peparini, celui à qui avait déjà été confié « 1789, les Amants de la Bastille » !

En décidant de s’approprier la Légende d’Arthur, Dove Attia a du choisir parmi toutes les versions de ce récit célébrissime. prendre un parti et le décliner sans pour autant trahir les fondamentaux. Il a décidé que ce serait l’histoire extraordinaire d’un homme ordinaire, celle d’un jeune écuyer qui devient roi et découvre alors sa véritable origine, tombe fou amoureux de Guenièvre jusqu’à ce que la route s’écarte de ces sentiers trop romantiquement balisés.

Le livret est bien ficelé et laisse la part belle au suspens, à la magie et à l’émotion. Le texte a une place plus grande que dans les comédies musicales présentées en France ces dernières années. On sent que le jeu d’acteur a été plus exploré. Les personnages y gagnent en densité et les chanteurs sont plus à l’aise, plus justes aussi, dans ces passages purement théâtraux.

Il est vrai aussi que les interprètes en question ont déjà un joli parcours: c’est à Florent Mothe, inoubliable Salieri de « Mozart, l’opéra rock » que revient le rôle titre. Affûté, maniant l’épée sans rien perdre de ses capacités vocales, il est un Arthur touchant et charismatique. Camille Lou, déjà présente dans « Les Amants de la Bastille » glisse du grave dans ses notes comme dans ses tourments.

Les vraies surprises sont à trouver plutôt du côté de Zaho en fée Morgane parfaite. Sa présence au casting avait surpris. Pas beaucoup de connexions a priori entre l’interprète de « C’est chelou » et cet univers mythologique. Un vrai scepticisme même, malgré ses nombreuses collaborations, à lui voir confier une partie de la partition… Autant reconnaître l’erreur d’emblée : Zaho est d’une crédibilité totale et contribue à faire de Morgane un personnage majeur de l’histoire. Autre jolie découverte, celle de Fabien Incardona en Méléagant. Sa voix se joue des envolées, son jeu sait l’équilibre entre inquiétude et charme. Dommage que sa présence ne soit pas plus importante mais  ce rôle  devrait donner une belle impulsion à sa carrière. Dommage aussi que David Alexis (Merlin) ne soit pas davantage présent. La faute à l’histoire bien sûr mais sa diction comme sa voix offrent de vrais moments de plaisir. Quant à Charlie Boisseau, qui a remplacé en cours de préparation David Carreira happé par ses projets personnels, il devrait réussir à s’imposer davantage au fil des représentations, sa voix étant déjà joliment posée.

Des effets spéciaux spectaculaires, une utilisation toujours aussi recherchée de la projection, des décors spectaculaires et des costumes aussi impressionnants que somptueux, de nombreuses chansons déjà devenues tubes (Dove Attia s’est associé Zaho, mais également  Rod Janois, grand habitué lui aussi des comédies musicales, Skread, Sylvio Lisbonne, Nazim Khaled pour la partition, Vincent Baguian mettant sa griffe sur une grande partie des paroles)… si l’on excepte le son du Palais des Congrès, toujours aussi aléatoire, il y a tout pour faire entrer Arthur dans une autre forme de légende. La réponse est désormais dans les mains du public.

Magali MICHEL.


– La légende du Roi Arthur, Au Palais des Congrès 2 place de la Porte Maillot 75017 Paris jusqu’à la fin novembre, en tournée dans toute la France de décembre à juin. –

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La légende du Roi Arthur: le CD annoncé en avril!

Ce sera l’un des spectacles les plus attendus de l’automne 2015 : « La Légende du Roi Arthur », nouvelle production de Dove Attia, mise en scène par Giuliano Peparini (à qui l’on devait dejà « 1789, les amants de la Bastille »), s’élancera sur la scène du Palais des Congrès de Paris le 17 septembre.

Pour se partager les rôles principaux, Florent Mothe (l’inoubliable Salieri de « Mozart, l’opéra Rock ») qui endossera le costume d’Arthur et Camille Lou (présente dans les Amants de la Bastille), qui devrait surprendre en blondissime Guenièvre. Sans oublier David Carreira, qui campera un Lancelot aussi séduisant qu’inattendu tandis que Meleagant aura les traits de Fabien Incardona, encore méconnu du grand public mais promis à bel avenir. La présence la plus originale reste toutefois celle de Zaho en Fée Morgane. Les sceptiques n’avaient pas manqué de commenter. Un million de vues du clip « Mon combat », premier extrait du spectacle, plus tard, l’enthousiasme a pris la place et chacun salue désormais l’audace de Dove Attia avec ce casting insolite.

Attendu par les fans, le CD de « La Légende du Roi Arthur » sortira le 13 avril prochain. En attendant, il est toujours possible de continuer à fredonner l’entêtant « Tir Nam Beo »!

Magali MICHEL.