Un 4ème jour et une 4ème tête d’affiche pour le Download Festival France !

Les premiers noms avaient fuité bien avant l’annonce officielle : Foo Fighters, Guns’N’Roses seraient de la fête. Puis avait été intronisé Ozzy Osbourne. De quoi attendre la suite avec impatience… en jetant éventuellement un regard sur l’affiche de la petite soeur madrilène. On pariait alors sur Marylin Manson, en pleine tournée mondiale. Bien vu! Mais ce qui n’avait pas été anticipé en revanche, c’est ce line up incroyable et cette surprise inattendue : le Download France ne se déroulerait plus sur trois jours mais sur quatre avec débord le lundi pour fermer le ban en apothéose avec les Guns ‘N’ Roses justement.

On peut lire et relire l’affiche, l’effet ne disparait toujours pas : le cocktail des talents qui se succéderont sur la base de Brétigny-sur-Orge pour cette troisième édition du Download français, du 15 au 19 Juin prochains, est la meilleure recette proposée depuis longtemps.

Underoath, les suisses d’ Eluveitie, Converge et leur punk hardcore que les scènes du monde entier s’arrache, Powerwolf, Ghost que l’on n’ espérait pas de retour sitôt dans les festivals et l’inoxydable et presque septuagénaire (il les fêtera en décembre) Ozzy Osbourne, « The Prince of Darkness » pour boucler la journée du vendredi… On a connu pire ouverture!

Ozzy Osbourne.

Autant être présent dès l’ouverture des portes le lendemain car sont déjà annoncés, While She Sleeps, qui aura fait un petit détour par Paris (à la Maroquinerie) en janvier, les Nantais d’Ultra Vomit qui jouent sold out à chaque date depuis la sortie de « Panzer Surprise », leur dernier album en date, et sont encore plus délirants avec leur metal parodique sur une grande scène, les excellents suédois de Meshuggah, Turbonegro, les norvégiens et leurs partitions entre punk, heavy metal et rock, The Offspring encore (on se souvient avec enthousiasme de la façon dont la bande de Noodles et Dexter Holland avait emporté le Main Square d’Arras en 2016) et enfin, Marylin Manson.

Marilyn Manson.

L’américain ne laisse personne indifférent, avec lui c’est passion ou détestation, pas de place pour les sentiments tièdes. Son dixième album studio, sorti le mois dernier et qu’il a co-produit avec Tyler Bates, est considéré comme l’un de ses meilleurs disques. La tournée américaine a été interrompue cet automne, un élément de décor (un pistolet) étant tombé sur l’artiste. Elle doit reprendre ces jours-ci, Maryline Manson ayant annoncé qu’il était impatient de revenir sur scène pour défendre « Heaven upside Down ». Quand on connaît son tempérament, on n’a pas de mal à imaginer ce que ce retour va pouvoir dégager en énergie.

Frank Carter.

The Hives.

Foo Fighters.

Dimanche, les Main Stages verront évoluer Wolf Alice, Frank Carter et the Rattlesnakes, qui a déjà trusté pas mal de scènes françaises l’an dernier et connu un succès impressionnant. Slaves, Dead Cross (où l’on retrouve le chanteur de Faith No More et l’ancien batteur de Slayer), les suédois de The Hives, toujours aussi élégants et maîtres dans l’art du « garage punk », avec leurs refrains comme autant d’hommages aux années soixante. Lors de la première édition française du Lollapalooza, sur l’Hippodrome de Longchamp, ils avaient fait chanter l’immense foule pressée devant eux devenue soudain immense chorale et piste de danse.

Ultra attendus par leurs milliers de fans déçus de n’avoir pu décrocher le précieux sésame pour leur récent concert à l’AccorHotels-Arena, les Foo Fighters auront l’honneur de finir la journée. Depuis vingt-cinq ans (déjà), Dave Grohl, l’ex batteur de Nirvana, n’a jamais rompu avec le succès. « Concrète and Gold », le neuvième album studio du groupe, est sorti en septembre. Dans une salle, les concerts du groupe sont toujours plus « confinés », ce n’est pas une facilité du genre de l’écrire car certains évoluent à l’identique quelle que soit la dimension de la scène. On sait que ce n’est pas le cas avec les Foo Fighters qui se livrent généralement à de véritables shows, portés par une set list hyper calibrée, lors de leur passage dans les festivals.

Guns ‘N’ Roses.

La grand’ messe du 3ème Download aurait pu s’arrêter là, l’affiche aurait été au delà de toutes attentes. Mais cette année, coup de poker imprévu, Live Nation, grand ordonnateur du Download offre à son festival une rallonge de taille, une quatrième journée bouclée par les Guns ‘N’ Roses ! Axl Rose, Slash et consorts repasseront par la France après leur Stade de France triomphal de cet été. Près de trente-cinq ans après leur formation, les américains n’ont jamais failli, allant jusqu’ à se classer parmi les meilleurs groupes de tous les temps.

Guns ‘N’ Roses est le seul nom à avoir été révélé pour ce jour « bonus ». Les surprises sont toujours les bienvenues mais l’essentiel semble quand même là et on n’en voudra pas aux groupes précédents de « porter » vers cet évènement qui bouclera le festival. Vous avez dit impatience ?

Magali MICHEL.

Crédit photos The Hives // Frank Carter & The Rattlesnakes // Sophie BRANDET. 

– Mise en vente des Pass 1,3 et 4 jours lundi 13 Novembre à 10h. www.downloadfestival.fr – 

DOWNLOAD FESTIVAL FRANCE 2017 : Epica, la force symphonique !

Après un Zénith de Paris qui avait laissé une impression mitigée quelques semaines plus tôt (une soirée partagée notamment avec les allemands de Powerwolf), on attendait avec curiosité la prestation d’Epica sur la Main Stage de la deuxième édition du Download Festival France. Objectif rempli pour les néerlandais qui ont livré un show impeccable.

Il est encore tôt dans l’après-midi mais les incandescences d’ Epica sont visibles de très loin et donnent le ton général du concert : pas de temps mort, embraser le public par des refrains accrocheurs devenus incontournables d’une setlist à succès, balancer des accords, jouer… jouer encore.

Dans sa tenue noire mettant en valeur son abondante chevelure rousse, la splendide Simone Simons est une front(wo)man aguerrie qui sait où mener les spectateurs pour ne plus qu’ ils décrochent. La voix est aussi puissante que superbe, elle sait aussi se faire de velours, ce qui n’est pas le moindre paradoxe dans un festival franchement metal.

« Edge of the Blade » ouvre le bal, suivi par « A phantasmic Parade ». Il y aura aussi « Unchain Utopia», la toujours très applaudie « Santa Terra », servie par une mise en scène spectaculaire, « Beyond the Matrix » et « Consign to Oblivion ». Entre musiques efficaces et lumières folles, en neuf titres, Epica a offert ce que le metal symphonique peut vraisemblablement servir de meilleur (mâtiné de quelques couleurs, folk, thrash voir même death). Flamboyant.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

DOWNLOAD FESTIVAL FRANCE 2017: Kvelertak hisse haut la Norvège !

Ils avaient laissé un souvenir marquant de leur passage à la Maroquinerie (Paris) sept mois plus tôt, les norvégiens de Kvelertak n’ont pas failli sur la Main Stage du Download Festival France. Pas étonnant que ces six là aient été choisis pour ouvrir pour Metallica durant leur tournée européenne.

Kvelertak ne se résume pas à six musiciens overtatoués, enjoués autant que survitaminés, servant un mix réussi de punk, heavy et metal plus extreme (cette dernière tonalité semblant cependant s’estomper progressivement si on en juge par la dernière production du groupe). Kvelertak c’est aussi depuis une décennie, ce qui place haut les couleurs de la scène metal norvégienne. Depuis 2007 et la sortie de leur premier album éponyme, ce sont même des bataillons de fans qui espérent chacun de leurs concerts.

Il est vrai que les shows sont toujours spectaculaires, le chanteur, Erlend Hjelvik, arborant souvent d’incroyables masques de hibou pour démarrer le concert, les lights ne jouant pas l’économie. Pour autant, et assez bizarrement, ce sont encore les titres les plus anciens qui fonctionnent le mieux sur scène, reflet probable de ce que le dernier album, « Nattersferd » n’a jamais réussi à trouver son public, ce qui est dommage car il contient de vrais bons morceaux.

« Dendrofil for Yggdrasil » lance le set, suivi par « 1985 et le très attendu « Mjod », en tout onze chansons avec «Kvelertak », l’incontournable, pour tirer sa révérence. L’énergie était belle et le groupe s’est visiblement laissé prendre par l’euphorie de cette invitation à fouler la scène du Download. En cadre plus intimiste, les norvégiens avaient frappé fort et ceux qui étaient présents à la Maroquinerie en novembre dernier, ont conservé le souvenir de ce leur passage. Ils ont convaincu cette fois encore malgré des titres récents qui, de temps à autres, ont failli casser la dynamique générale.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Abondance de succès pour Korn au Download Festival France !

Ils étaient l’une des têtes d’affiche de ce premier Download Festival français :  les américains de Korn ont livré un spectacle hyper calibré, un best of tout en émotion que les fans de la première heure ont savouré d’un morceau à l’autre. Ceux qui ne les connaissaient pas sont repartis conquis par ces très grands du nu metal.

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Presque un quart de siècle que Korn balance ses riffs devant un public survolté qui connaît ses paroles par coeur. Une fidélité qui n’a jamais failli en dépit d’albums parfois inégaux. C’est dire l’enthousiasme qui a soufflé sur les pelouses de Longchamp en ce deuxième jour de festival lorsque Jonathan Davis a jailli devant son pied de micro mythique, cette silhouette féminine aux arguments séduisants. « Right now » ouvre le bal dans un brouhaha mêlant à force égale les sons de la scène et le cri de la fosse. « Here to stay » lui succède et ne fera pas baisser les volumes.

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Le leader de Korn n’est pas franchement connu pour ses longs discours ou ses échanges réels avec le public. Mais celui la ne lui en tient pas rigueur. L’américain a un charisme qui balaie tous les doutes et un parcours suffisamment impressionnant pour dissiper tous les commentaires un peu âpres. C’est peu dire alors ce qu’il perçoit en retour déchaînés lorsqu’il lance à la foule qui s’offre à lui: « Ilove you Motherfuckers! »

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Porté (pour ne pas dire transcendé) par ses textes, Jonathan Davis semble au meilleur de sa forme vocale. « Twist » ou bien encore « Faget » frappent fort. Ses acolytes ne sont pas en reste. Brian Welch et Munky parcourent sans répit l’immense Main Stage. A la batterie, Ray Luzier frappe toujours avec la même précision. Lorsqu’il lance « Blind »,  tube parmi les tubes, le frisson parcourt la foule. Live Nation avait eu raison de miser sur ceux là pour porter haut l’affiche de cette première. Le jeu est dépouillé, aucune note inutile, aucun décor grandiloquent mais de superbes trouvailles comme cette cornemuse pour ouvrir « Shoots and ladders » avant de le refermer par un extrait du célébrissime « One » de Metallica. Sans oublier l’excellente reprise d’ « Another brick in the wall » de Pink Floyd.

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Difficile d’être et d’avoir été, c’est, malgré une fidélité sans faille, ce que se disaient parfois les fans  avant que « The paradigm shift », dernier album studio en date, enregistré en 2012, sonne le retour vers des partitions franchement plus inspirées. En revenant à ses fondamentaux, en retrouvant Head, le guitariste fondateur qui exerce un rôle majeur dans le groupe, en passant encore plus de temps sur scène où il n’est jamais aussi bon, Korn a prouvé que l’excellence était de retour mais que du meilleur restait encore possible. 2016 est incontestablement leur année. Le 21 octobre prochain sortira « The serenity of suffering », leur douzième album. L’automne rend impatient.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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Ghost bénit la première édition du Download

Après une tournée d’une dizaine de dates en France en début d’année, Ghost repassait par Paris à l’occasion de la première édition du Download France. Un show amputé pour cause de Papa Emeritus III souffrant mais les suédois ont servi la messe avec panache et les fidèles ont répondu présents.

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A priori, programmer Ghost dans un festival, c’est faire l’impasse sur l’ambiance unique qui règne lorsque les suédois se produisent en salle, quand les encensoirs diffusent et installent déjà l’ambiance. C’est donc prendre le risque de les amputer de ce qui les identifie, cette messe mystérieuse mais hautement rassembleuse, ces clergymen en costumes et masques, non identifiables et pourtant si reconnaissables. On pouvait donc douter de leurs capacités à convaincre ceux qui ne les avaient encore jamais croisés. C’était compter sans l’exceptionnel sens de la scène de ces gars là, musiciens de haut vol, désireux de convaincre qu’ ils n’ont pas usurpé leur place en haut de l’affiche et que Ghost n’est pas une énième produit marketing mixant avec complaisance toutes les recettes éculées du blasphème et de la provocation sur partitions de black metal matin de sonorités hard rock made in seventies et de mélodies racoleuses.

Ghost a installé son univers ésotérique depuis huit ans à force de riffs porteurs, de mélodies superbement ficelées et ce n’est pas un hasard si les suédois comptent désormais parmi leurs plus grands fans des musiciens aussi incontestés que Dave Grohl (Foo Fighters), Metallica, excusez du peu, ou Phil Anselmo (ex Pantera).

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Ce samedi soir, en clôturant la deuxième journée du Download, ils ont dû faire avec une sévère laryngite de Papa Emeritus III donc sans la grande capacité vocale de leur leader, ils ont commencé avec quelques minutes de retard pour cause de problèmes techniques mais en huit chansons savamment choisies, ils ont emporté les quelques 35.000 personnes qui se pressaient devant la scène.

Après une introduction musicale raccord avec la messe qui s’apprête à être dite, les Goules ont pris place un par un, faisant monter l’ambiance d’un cran à chaque arrivée et quand Papa Emeritus III a débarqué, il n’y avait plus guère de doute sur l’attente des festivaliers. Le chanteur a abandonné sa tenue papale mais la joue beau et élégant avec un costume un rien dandy, ses cheveux geais balayés vers l’arrière, le visage camouflé derrière des peintures noires et blanches, paupières comprises. Démarre alors « From the Pinacle to Spirit », extrait de « Méliora », leur dernier album. Un titre taillé pour la scène que leur choeur de fidèles reprend,  à l’unisson de cette mélodie fédératrice.

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Suivront « Ritual », « Prime Mower », « Cirice », « Year Zeo » et la tubesque « Absolution ». Les prairies de Longchamp prennent des allures de cathédrale à ciel ouvert. La communion est haute en décibels. « Mummy Desk » et « Monstrance Clock » fermeront la cérémonie. Ite missa est. Les Dieux étaient avec les disciples parisiens : le lendemain, Ghost annulaient plusieurs concerts, leur leader ayant perdu provisoirement sa voix.

Magali MICHEL.

Crédit Photos // Sophie BRANDET.

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Arrivée en France réussie pour le Download Festival !

Un climat social lourd de grèves à répétition avec des transports sérieusement entravés, une peur toujours sous-jacente depuis les attentats, une météo plus que maussade et un concurrent qui la joue sold out sitôt les jours suivant l’ouverture de sa billetterie… Pour son implantation sur le sol français, le Download Festival a affronté les pires conditions. On lui prédisait l’enfer. Pour du metal, ça pouvait être de circonstances mais force est de constater que cette première s’en tire brillamment… Et que le public est déjà prêt à en découdre lors d’une deuxième édition.

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Habituées aux déferlantes de riffs des Solidays, les pelouses de l’Hippodrome de Longchamp ont vécu à rythmes encore plus soutenus ces 10,11 et 12 Juin avec la première édition française du célèbre Download Festival, qui depuis des années assure la renommée de Donington, contrée britannique située à quelques encablures de Birmingham. Des milliers de metalleux venus des quatre coins d’ Europe, des centaines de japonais aux couleurs de leurs idoles, se sont rués devant les barrières lorsque se sont enfin ouvertes les portes du site. Des habitués du genre, fidèles du Hellfest comme du Wacken, venus vérifier la saveur de ce nouveau rendez-vous parisien dédié au metal. Des fans attendant la prestation de leurs poulains mais se laissant prendre par les autres prestations du jour. Les tee-shirts trahissaient les passions. Les déguisements et les coiffures aussi parfois. Tout habitué des festivals de metal sait que l’extravagance est ici de mise, les costumes  les plus improbables trustant souvent les circle pits.

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Mais tout cela n’existerait pas sans une affiche à hauteur d’envies. Car le public de ces musiques dites extrêmes est aussi large que les variantes du genre lui même. Difficile alors pour les organisateurs de composer des journées variées alliant grosses têtes d’affiche et groupes plus récents, prévoyant une immersion dans le heavy metal, un passage dans le thrash, le néo, le death ou encore le metal industriel, entre autres, s’assurant la présence de groupes français pour ne pas laisser les Main Stages aux seules formations étrangères qui existent bien plus facilement dans leurs propres pays. Il faut aussi composer avec les tournées du moment. Et faire ses comptes.

Live Nation, premier organisateur de spectacles au niveau mondial, a beau avoir l’aisance financière que l’on imagine, on imagine tout aussi facilement que la société n’entendait pas faire de cette première un gouffre financier, un échec compromettant la pérennité du festival en France.

Alors Live Nation a préféré assurer en additionnant les noms qui font courir le public. Pas de groupes réellement émergeants puisque ceux que le public ne connaissait pas étaient malgré tout déjà bien installés et ce depuis plusieurs années dans leurs pays (mais après tout, jouer les défricheurs pour une première n’était pas obligatoire).

Des américains de We Came as Romans vendredi après midi aux allemands de Rammstein, en clôture de festival dimanche, une quarantaine de noms se sont ainsi succédés, sans temps morts (à l’exception des quelques problèmes techniques inhérents à ce genre de gros rassemblements), pour le plaisir manifeste des festivaliers. Ils  n’étaient peut être pas les 65.000 espérés chaque soir mais plutôt entre 40.000 et 50.000 selon les jours. Largement suffisant pour ceux qui ont dû patienter de longues heures pour recharger leur cashless, le bracelet magnétique seul moyen de paiement sur le site (et désormais bien intégré à la plupart des festivals), réussir à décrocher de quoi boire ou se nourrir entre deux concerts. Largement suffisant surtout pour que chacun puisse voir et ne pas se contenter de regarder les écrans géants en côté de scène.

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We Came As Romans.

Rammstein.

Les mauvaises langues pourront toujours dire que ce n’était quand même pas à hauteur de Hellfest… Mais est-ce bien sérieux que comparer le fest de Clisson, désormais en tête des plus grosses rencontres d’Europe (plus de 150.000 spectateurs en trois jours), qui a célébré l’an dernier ses dix ans d’ existence et eu le temps de procéder chaque année à des améliorations importantes de son site ? Ben Barbaud, son directeur-fondateur, a été aperçu vendredi soir à Longchamp. Il n’a pas échappé aux questions de ses aficionados, présents en masse sur les pelouses de la concurrence. Le garçon est discret. Sa réponse reste celle déjà formulée à l’automne quand a été révélée l’arrivée du Download France : il y a de la place pour tout le monde alors si ceux qui n’ont pu obtenir de billets pour le Hellfest ou si  d’autres peuvent davantage profiter d’un rassemblement plus au nord de la France alors tant mieux. Tant pis pour ceux qui pariaient sur une guerre fratricide et voyaient déjà le fest du vignoble nantais étouffer dans l’oeuf son empêcheur de programmer en solo.

Certes, l’hippodrome de Longchamp n’avait ni le décor ni l’ambiance unique de son aîné, certes le site était monotone à force d’unité et de lignes droites, certes les concerts s’étalaient sur une tranche horaire plus restreinte (14h30-23h30 contre 10h-2h) mais l’essentiel était là, il a existé de vrais beaux temps forts sur scène et les festivaliers, venus en masse, ne boudaient pas leur plaisir.

Reste tout de même un problème essentiel : celui du calendrier. Les amateurs du genre sont prêts à parcourir des kilomètres mais leurs finances ne sont pas extensibles. Beaucoup des fidèles du Hellfest auraient adoré venir découvrir le Download mais ces deux festivals fixés sur deux week-end consécutifs ne les y avaient pas autorisé. Autre réflexion qu’il faudra peut-être aussi envisager : la création d’une identité propre. Le Download devra à l’avenir trouver une programmation plus largement différente, notamment au niveau de ses têtes d’affiche, de celle de son aînée. Quand on sait que cette dernière était sold out en quelques jours, inviter à son tour Gojira, Mass Hysteria, Anthrax, Tremonti, Amon Amarth, The Shrine, Rival Sons, Shinedown, Volbeat, Megadeath, Korn, Ghost et surtout Rammstein, soit treize artistes communs (le tiers de l’affiche) était un pari risqué et le Download français saison 2 devra y remédier en s’affirmant davantage. Au final, cette ambition est porteuse pour tous les fans de metal qui rêvent déjà à la prochaine édition.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET. 


AU FIL DU FESTIVAL.

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We Came As Romans.

Les américains de We Came As Romans ont ouvert le bal vendredi et été les premiers à se produire sur l’une des trois scènes du festival. La bande de Kyle Pavone était heureuse de se retrouver en France et l’a prouvé avec une énergie pas même minorée par cette programmation en tout début d’après midi. Aussi pêchus que lors de leur concert parisien de décembre (à l’Olympia), les six musiciens du Michigan avaient concocté une setlist propre à réjouir aussi bien leurs fans que tous ceux qui ne les connaissaient pas. Vieux briscards de la scène, n’aimant rien davantage que les tournées, ils ont enchaîné les titres et prouvé que la rencontre avec leur nouveau producteur, en l’occurence David Bendeth (Paramore, Bring Me The Horizon…) leur avait apporté une dimension supplémentaire.

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Beartooth.

Même constat pour la bande à Caleb Shomo, leader de Beartooth. Depuis que le groupe de l’Ohio a été signé par le label Red Bull Records, il ne cesse de s’affirmer et l’album sorti quelques jours avant le rendez-vous parisien l’a confirmé avec  éclat. Caleb Shomo, ancien leader d’Attack!Attack!, chanteur mais aussi auteur, compositeur et multi instrumentiste, n’avait pas caché son envie de faire de cette année, une année majeure pour Beartooth. L’histoire semble lui donner raison.

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Gojira.

Célébrant ses vingt ans d’existence, Gojira, l’un des rares, si ce n’est le seul groupe de metal français à la renommée internationale, qui, à l’image du genre musical à la télé, ne connaît pas chez nous de diffusion médiatique importante, a reçu une véritable ovation. La formation d’origine landaise a pris son temps et n’a jamais cherché à sortir des albums pour « occuper l’espace ». Le sixième opus, « Magma », enregistré à New-York et révélé en cette mi juin, promet d’être dans cette lignée death metal de haut vol. On en dit déjà le plus grand bien. Gojira n’a pas attendu pour célébrer l’évènement. La tournée démarrée en mai décroche tous les superlatifs.

C’est en élégants costumes noirs, jaunes et rouges, qu’Avatar s’est présenté devant le public parisien. Les suédois livrent un death metal mélodique reconnaissable depuis plus de dix ans et ont su créer un univers fort d’une théâtralité originale. Johannes Eckerström, toujours aussi à l’aise dans son personnage de clown, a démontré s’il en était encore besoin que sur scène, Avatar prend toute sa dimension.

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Deftones.

Programmé à 18h30, Deftones était très attendu par ses fans. La team américaine, qui aurait du se produire le lendemain des attentats du Bataclan, n’a rien perdu de son style inimitable, porté depuis plus de vingt deux ans. Chino Moreno a enchainé les titres phares en n’hésitant pas à se jeter dans la fosse. Les américains restent des références et ont prouvé avec rage que leur longévité est vraiment légitime.

Tête d’affiche de cette première journée, Iron Maiden a livré un show dont il a le secret. Décors, jeux de lumières, mise en scène, la bande de Bruce Dickinson (qui a demandé au Sonisphère de faire du bruit… avant de se rappeler qu’il était au Download, fatigue et décalage de tournée sans doute) a offert deux heures de spectacle grandiose. Eddie, leur géant devenu mascotte, n’a pas fini de faire parler de lui.

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Ghost.

Ce sont les suédois de Ghost qui ont bouclé la journée. Bien que souffrant (le groupe a d’ailleurs du annuler les dates suivantes), Papa Emeritus III, le chanteur a réussi une très belle performance. Le concert a du être légèrement amputé mais l’essentiel était là: «Monstrance Clock», «Absolution»… La plupart des succès se sont succédés, les masques, les costumes et tout ce qui fait l’identité de Ghost bluffant alors ceux qui les découvraient ce soir là.

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Mass Hysteria.

Samedi, le ciel était menaçant mais la météo a eu le bon goût de laisser Mass Hysteria offrir une prestation énorme. Depuis cet album d’une force exceptionnelle sorti à l’automne et la tournée mise en place dans la foulée, le public avait pu constater combien la formation française (qui elle aussi se produit depuis plus de vingt ans) était passée au cran supérieure. Pour cette première très grosse date de festivals, la bande de Mouss a livré un concert d’anthologie, puissant, généreux, émouvant (cet «Enfer des dieux» là restera dans les mémoires), laissant le public, exceptionnellement nombreux pour ce rendez-vous fixé à 15h, sans voix.

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One Ok Rock.

La journée ayant prévu une grosse «parenthèse» japonaise, One Ok Rock, l’un des groupes les plus populaires dans son pays qui déclenchent même l’hystérie chez la gente féminine dans ce coin du monde pourtant plus enclin à la réserve, a prouvé qu’il ne fallait pas se fier à des apparences quelque peu «boys band». Depuis dix ans, One Ok Rock, entre rock alternatif et metal mélodique, a su conquérir un public de plus en plus large avec des compositions mixant anglais et japonais. Les fans avaient répondu présents. Les autres se sont facilement laissés embarquer.

Moins facile en revanche de suivre les Baby Metal. Après avoir du subir un contre temps technique du côté du son, contraignant les musiciens à ressortir de scène, les demoiselles ont débuté leur set par des exercices plus proches de Véronique et Davina ou d’un concours de twirling (mais sans le bâton). Mécaniques, tellement programmées qu’elles en devenaient lassantes, les trois japonaises ne nous ont pas réconciliés avec la J-Pop. Phénomène sans doute. Excentrisme et effet de mode plus probablement.

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Biffy Clyro.

Avec les écossais de Biffy Clyro, la journée a retrouvé des couleurs. Torse nu, comme toujours, vêtu d’un assez peu séduisant bermuda noir sur leggings de même couleur, Simon Neil, le chanteur, n’a visiblement pas de temps à perdre avec les recherches vestimentaires. Musicalement en revanche, le trio, renforcé pour l’occasion par deux musiciens, n’a plus rien a prouvé. Les écossais veulent voir dans 2016 l’année de leur renaissance avec la sortie de leur septième album et des concerts mémorables. L’affaire semble bien engagée!

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Jane’s Addiction.

Une déception en revanche, mais qui n’est peut-être pas franchement une surprise, avec la prestation de Jane’s addiction. Sous des atours élégants, le groupe n’a pas convaincu. Entre l’arrivée sur scène de Perry Farrell, le chanteur, bouteille de Bordeaux en mains, le manque d’énergie générale, la baisse de régime navrante de Dave Navarro, le guitariste, et l’étonnante présence de danseuses en petite tenue mais n’ayant visiblement pas un sens du rythme inné, ce moment ne restera pas dans les annales.

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Korn.

En fin de soirée, heureusement, Korn a remis tout le monde d’accord avec un concert d’une heure trente incroyable. Particulièrement en forme, Jonathan Davis, a enchainé les succès, offrant même une parenthèse aussi inattendue que géniale du côté de Metallica avec une reprise de «One» et de Pink Floyd avec une généralissime et très personnelle reprise d’«Another Brick in the Wall». La scène est décidément l’endroit où il faut écouter et voir cette formation qui a visiblement retrouvé toute son inspiration.

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Sabaton.

La météo catastrophique et les abats d’eau du dernier jour de Download ont joué les trouble fête mais n’ont heureusement pas contraint à des annulations. Les pluies les plus fortes se sont produites lors du passage de Sabaton, ce que les cinq suédois ont semblé ignorer. Reprenant le thème de leur tournée actuelle, l’hommage aux héros de la seconde guerre mondiale, mais sans avoir eu le temps d’installer sur scène le char d’assaut qui trône normalement à leurs côtés (la faute à des problèmes de transport et une arrivée tardive sur le site peut-être?), le groupe avait visiblement du plaisir à se produire à l’occasion de ce gros festival.

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Trivium.

En tournée depuis plusieurs semaines, Trivium a fait escale à Paris, une ville où le groupe emmené par Matt Heafy s’est déjà souvent produit. Mêlant de façon toujours aussi ingénieuse thrash et metalcore, les américains ont profité de l’occasion pour servir quelques extraits de leur septième opus et présenté Paul Wandtke, leur nouveau batteur. Recette gagnante.

Après les mythiques Megadeth et le non moins mythique Dave Mustaine, dont c’était le retour après trois années d’absence en France, place à ceux que tous les festivaliers attendaient : Rammstein. On disait la tournée des allemands encore plus exceptionnelle, plus musicale et plus spectaculaire, elle le fut! Au top de sa forme, Till Lindemann a enchaîné les titres, joué les artificiers, campé ses personnages tandis que la pyrotechnie ne laissait aucun répit. «Ich Tu Dir Weh », « Du Hast », « Amerika », « Engel » et même, en surprise inespérée car le titre ne figurait plus sur les set list depuis quatre ans, le superbe «Frühling in Paris», dans une version extraordinaire. Sans oublier « Zerstoren» en support à un vibrant hommage aux victimes des attentats de Paris.

Rammstein au plus beau de son histoire, de quoi refermer avec maestria un premier Download qui rend déjà impatient de vivre le suivant.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET .

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