Download Festival France: Mass Hysteria, la fête avec débauche d’accessoires!

Ils avaient réussi l’impossible (ou presque) en créant le moment le plus fort du premier jour du premier Download français en 2016 et  provoqué une émotion d’une force incomparable devant la foule des grands soirs alors que l’horloge sonnait à peine le milieu de journée… Il était donc sans doute logique de les retrouver parmi les têtes d’affiche de cette troisième édition. Alors Mass Hysteria a sorti leur grand jeu et pas mégoté sur les accessoires. Mais quand « Furia » rime trop avec carioca, il y a une « somme de détails » qui nous éloigne de l’essence même du groupe. Parfois, trop fait réellement « Plus que du metal ». Mais c’est trop.

Ce n’est pas pour jouer les critiques à petits bras mais il est incontestable ici que Mass Hysteria fait partie des groupes français que nous adorons. « Matière Noire », le dernier opus en date, est une réussite absolue, porteur d’arrangements encore plus puissants et bénéficiant d’une production remarquable. En étant des deux versants de l’aventure, guitariste d’une côté, producteur de l’autre, Fred Duquesne a réussi la manoeuvre avec maestria. De quoi rendre impatient d’entendre le prochain album, en cours d’enregistrement. 

La tournée qui avait suivi, débuté dans le chaos des attentats, n’avait connu que des temps forts et des salles pleines à craquer, tous les festivals (du Hellfest au Download, en passant par ceux qui ne sont a priori pas franchement metal comme le Main Square ou Garorock) s’arrachant le groupe français qui après plus de vingt cinq ans de carrière semble au sommet de son art. On les a vus, revus et c’était toujours avec le même enthousiasme. Ces cinq là semblaient tellement forts que Mass Hysteria en devenait presque inoxydable.

Après des centaines de dates, la tournée s’est logiquement arrêtée pour laisser place à la création et à l’écriture de l’album suivant. Pas facile quand on a connu autant de succès avec le précédent mais Mouss, le frontman, semblait déjà porteur d’idées. De quoi rassurer, lui qui avait dû affronter des tempêtes personnelles avant de réussir à boucler les textes de « Matière Noire ».

On ne pensait donc pas les revoir avant l’automne 2018… Jusqu’à ce que Live Nation via les programmateurs du Download, leur propose un ultime tour de piste. Rien qui sonne façon enterrement de tournée mais plutôt comme une feria, une fête majuscule pour boucler la boucle, remiser définitivement le « Matière Noire » Tour et laisser place nette pour la suite.

Défi relevé par le groupe qui y a vu une aubaine et une forme de consécration puisqu’il était programmé en tête d’affiche du dimanche soir. Défi évidemment tout aussi apprécié par Veryshow, le producteur de la tournée, qui partageait cet enthousiasme.

Alors c’est ici que commence l’écho trouble-fête. Volonté du groupe ou de l’encadrement, une chose est sûre, il n’a manqué aucun artifice. Dans la petite boutique du « Sens de la Fête », on avait puisé dans tous les rayons. Lorsque l’immense drap (avec le logo XXL du groupe) occultant la scène est tombé, le public (dense et ultra motivé) a découvert un énorme tambour au centre de la Main Stage . Aux côtés des musiciens, des hommes en noir, taillés comme des armoires à glace, visage dissimulé dans des cagoules toutes aussi noires, jetaient l’ effroi. Et puis il y a eu encore les pom-pom girls à l’américaine (dont on doit saluer cela dit l’extrême précision et l’incontestable talent). Sans oublier pour finir en apothéose de couleurs, des danseuses brésiliennes pro de la samba et une pluie sans fin de cotillons métalliques.  Et là on se dit, « il devait y avoir des soldes. Pourquoi ils ont tout pris ? »

Bien sûr, ça a plu aux familles, aux spectateurs qui ne les connaissaient pas et ont sans doute prêté plus attention au show qu’aux paroles pourtant précises et acérées, à tous ceux qui aiment le cabaret des grands soirs. Mais quand on connaît la rage du groupe, son côté révolté, ses envies de ne rien lâcher, la force de « L’enfer des Dieux », de « Vae Soli » ou de « Furia », on ne peut que regretter de voir le message dilué dans tous ces artifices. L’énergie était là, les cinq musiciens ont mouillé la chemise et manifestement adoré ce moment. Mais une fois n’est pas coutume, une partie de leurs fidèles est restée sur sa faim.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Download Festival France: Crossfaith, l’inclassable crossover à la nippone

Ils ne s’interdisent rien et repoussent les frontières pour ne pas choisir et être cantonnés dans un genre bien trop étroit pour l’imagination débridée de leurs partitions : les cinq musiciens de Crossfaith, l’un des meilleurs groupes actuels de la scène japonaise, ont du talent et aucun continent ne semble pouvoir résister à leur énergie explosive. Rock, pop, metalcore, electro, hip hop ou bien encore techno, leur musique a l’inspiration plurielle.

Dans leurs pays, ils sont de véritables stars et remplissent des salles XXL. En Europe, la conquête a débuté voilà quelques années par des petites salles (on se souvient de leur prestation impressionnante au Ferrailleur, à Nantes, en Novembre 2014) et les rangs de leurs fans n’ont jamais cessé de croitre depuis. Après le Hellfest voilà quatre ans, c’ est désormais sur la MainStage du Download qu’ils étaient attendus. Et ils n’ont pas fait semblant !

« Ambianceurs » de talent, il suffira de quelques minutes au groupe pour faire bouger la foule qui attendait avec impatience. Après l’arrivée de Téru, le claviériste, qui a pris un plaisir manifeste à chauffer la foule depuis le bord de scène, vite rejoint par Tatsu, le batteur, Hiro, l’excellent bassiste aux cheveux azur et Kasuki, le guitariste roux, il ne restait plus à Kenta, le frontman, qu’à lâcher ses premiers « Est- ce que vous êtes prêts? » pour que pogos et Wall of Death se mettent en action! 

Petit couac dans cette partition super huilée, la voix du chanteur parait rapidement en difficulté. Si le scream s’en sort à peu près bien, la voix claire fait se succéder les fausses notes, impossibles à ne pas déceler malgré le renfort opportun de Téru sur plusieurs titres. (On apprendra par un communiqué du groupe le lendemain, que le chanteur est souffrant depuis quelques jours et que plusieurs dates ont du être annulées, une angine rendant toute prestation impossible).

Mais Crossfaith est trop professionnel et rodé à la scène pour que l’énergie ne fasse pas table rase des difficultés et s’efforce d’offrir malgré tout le meilleur concert possible. Le chanteur multiplie les injonctions, suggère des circle pit, des slams, dans une ambiance enjouée. Quand retentira la très réussie reprise de « Omen » de Prodigy, le public exulte et c’est dans un immense éclat de rire qu’il obéira sagement ensuite quand il sera demandé que tout le monde s’assoie puis saute le plus haut possible pour accompagner « Jägerbomb ».

En sept titres et quarante minutes d’un set où la demi mesure n’a jamais eu sa place, le groupe  a rallié à sa cause tous ceux qui ne les connaissaient pas. Les autres, convaincus depuis longtemps, ont retenu les dernières paroles du groupe : un cinquième album est attendu prochainement et une tournée européenne devrait être calée dans la foulée. Le soleil n’a pas fini de se lever pour Crossfaith.

M.M.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Un 4ème jour et une 4ème tête d’affiche pour le Download Festival France !

Les premiers noms avaient fuité bien avant l’annonce officielle : Foo Fighters, Guns’N’Roses seraient de la fête. Puis avait été intronisé Ozzy Osbourne. De quoi attendre la suite avec impatience… en jetant éventuellement un regard sur l’affiche de la petite soeur madrilène. On pariait alors sur Marylin Manson, en pleine tournée mondiale. Bien vu! Mais ce qui n’avait pas été anticipé en revanche, c’est ce line up incroyable et cette surprise inattendue : le Download France ne se déroulerait plus sur trois jours mais sur quatre avec débord le lundi pour fermer le ban en apothéose avec les Guns ‘N’ Roses justement.

On peut lire et relire l’affiche, l’effet ne disparait toujours pas : le cocktail des talents qui se succéderont sur la base de Brétigny-sur-Orge pour cette troisième édition du Download français, du 15 au 19 Juin prochains, est la meilleure recette proposée depuis longtemps.

Underoath, les suisses d’ Eluveitie, Converge et leur punk hardcore que les scènes du monde entier s’arrache, Powerwolf, Ghost que l’on n’ espérait pas de retour sitôt dans les festivals et l’inoxydable et presque septuagénaire (il les fêtera en décembre) Ozzy Osbourne, « The Prince of Darkness » pour boucler la journée du vendredi… On a connu pire ouverture!

Ozzy Osbourne.

Autant être présent dès l’ouverture des portes le lendemain car sont déjà annoncés, While She Sleeps, qui aura fait un petit détour par Paris (à la Maroquinerie) en janvier, les Nantais d’Ultra Vomit qui jouent sold out à chaque date depuis la sortie de « Panzer Surprise », leur dernier album en date, et sont encore plus délirants avec leur metal parodique sur une grande scène, les excellents suédois de Meshuggah, Turbonegro, les norvégiens et leurs partitions entre punk, heavy metal et rock, The Offspring encore (on se souvient avec enthousiasme de la façon dont la bande de Noodles et Dexter Holland avait emporté le Main Square d’Arras en 2016) et enfin, Marylin Manson.

Marilyn Manson.

L’américain ne laisse personne indifférent, avec lui c’est passion ou détestation, pas de place pour les sentiments tièdes. Son dixième album studio, sorti le mois dernier et qu’il a co-produit avec Tyler Bates, est considéré comme l’un de ses meilleurs disques. La tournée américaine a été interrompue cet automne, un élément de décor (un pistolet) étant tombé sur l’artiste. Elle doit reprendre ces jours-ci, Maryline Manson ayant annoncé qu’il était impatient de revenir sur scène pour défendre « Heaven upside Down ». Quand on connaît son tempérament, on n’a pas de mal à imaginer ce que ce retour va pouvoir dégager en énergie.

Frank Carter.

The Hives.

Foo Fighters.

Dimanche, les Main Stages verront évoluer Wolf Alice, Frank Carter et the Rattlesnakes, qui a déjà trusté pas mal de scènes françaises l’an dernier et connu un succès impressionnant. Slaves, Dead Cross (où l’on retrouve le chanteur de Faith No More et l’ancien batteur de Slayer), les suédois de The Hives, toujours aussi élégants et maîtres dans l’art du « garage punk », avec leurs refrains comme autant d’hommages aux années soixante. Lors de la première édition française du Lollapalooza, sur l’Hippodrome de Longchamp, ils avaient fait chanter l’immense foule pressée devant eux devenue soudain immense chorale et piste de danse.

Ultra attendus par leurs milliers de fans déçus de n’avoir pu décrocher le précieux sésame pour leur récent concert à l’AccorHotels-Arena, les Foo Fighters auront l’honneur de finir la journée. Depuis vingt-cinq ans (déjà), Dave Grohl, l’ex batteur de Nirvana, n’a jamais rompu avec le succès. « Concrète and Gold », le neuvième album studio du groupe, est sorti en septembre. Dans une salle, les concerts du groupe sont toujours plus « confinés », ce n’est pas une facilité du genre de l’écrire car certains évoluent à l’identique quelle que soit la dimension de la scène. On sait que ce n’est pas le cas avec les Foo Fighters qui se livrent généralement à de véritables shows, portés par une set list hyper calibrée, lors de leur passage dans les festivals.

Guns ‘N’ Roses.

La grand’ messe du 3ème Download aurait pu s’arrêter là, l’affiche aurait été au delà de toutes attentes. Mais cette année, coup de poker imprévu, Live Nation, grand ordonnateur du Download offre à son festival une rallonge de taille, une quatrième journée bouclée par les Guns ‘N’ Roses ! Axl Rose, Slash et consorts repasseront par la France après leur Stade de France triomphal de cet été. Près de trente-cinq ans après leur formation, les américains n’ont jamais failli, allant jusqu’ à se classer parmi les meilleurs groupes de tous les temps.

Guns ‘N’ Roses est le seul nom à avoir été révélé pour ce jour « bonus ». Les surprises sont toujours les bienvenues mais l’essentiel semble quand même là et on n’en voudra pas aux groupes précédents de « porter » vers cet évènement qui bouclera le festival. Vous avez dit impatience ?

Magali MICHEL.

Crédit photos The Hives // Frank Carter & The Rattlesnakes // Sophie BRANDET. 

– Mise en vente des Pass 1,3 et 4 jours lundi 13 Novembre à 10h. www.downloadfestival.fr – 

DOWNLOAD FESTIVAL FRANCE 2017 : Epica, la force symphonique !

Après un Zénith de Paris qui avait laissé une impression mitigée quelques semaines plus tôt (une soirée partagée notamment avec les allemands de Powerwolf), on attendait avec curiosité la prestation d’Epica sur la Main Stage de la deuxième édition du Download Festival France. Objectif rempli pour les néerlandais qui ont livré un show impeccable.

Il est encore tôt dans l’après-midi mais les incandescences d’ Epica sont visibles de très loin et donnent le ton général du concert : pas de temps mort, embraser le public par des refrains accrocheurs devenus incontournables d’une setlist à succès, balancer des accords, jouer… jouer encore.

Dans sa tenue noire mettant en valeur son abondante chevelure rousse, la splendide Simone Simons est une front(wo)man aguerrie qui sait où mener les spectateurs pour ne plus qu’ ils décrochent. La voix est aussi puissante que superbe, elle sait aussi se faire de velours, ce qui n’est pas le moindre paradoxe dans un festival franchement metal.

« Edge of the Blade » ouvre le bal, suivi par « A phantasmic Parade ». Il y aura aussi « Unchain Utopia», la toujours très applaudie « Santa Terra », servie par une mise en scène spectaculaire, « Beyond the Matrix » et « Consign to Oblivion ». Entre musiques efficaces et lumières folles, en neuf titres, Epica a offert ce que le metal symphonique peut vraisemblablement servir de meilleur (mâtiné de quelques couleurs, folk, thrash voir même death). Flamboyant.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

DOWNLOAD FESTIVAL FRANCE 2017: Kvelertak hisse haut la Norvège !

Ils avaient laissé un souvenir marquant de leur passage à la Maroquinerie (Paris) sept mois plus tôt, les norvégiens de Kvelertak n’ont pas failli sur la Main Stage du Download Festival France. Pas étonnant que ces six là aient été choisis pour ouvrir pour Metallica durant leur tournée européenne.

Kvelertak ne se résume pas à six musiciens overtatoués, enjoués autant que survitaminés, servant un mix réussi de punk, heavy et metal plus extreme (cette dernière tonalité semblant cependant s’estomper progressivement si on en juge par la dernière production du groupe). Kvelertak c’est aussi depuis une décennie, ce qui place haut les couleurs de la scène metal norvégienne. Depuis 2007 et la sortie de leur premier album éponyme, ce sont même des bataillons de fans qui espérent chacun de leurs concerts.

Il est vrai que les shows sont toujours spectaculaires, le chanteur, Erlend Hjelvik, arborant souvent d’incroyables masques de hibou pour démarrer le concert, les lights ne jouant pas l’économie. Pour autant, et assez bizarrement, ce sont encore les titres les plus anciens qui fonctionnent le mieux sur scène, reflet probable de ce que le dernier album, « Nattersferd » n’a jamais réussi à trouver son public, ce qui est dommage car il contient de vrais bons morceaux.

« Dendrofil for Yggdrasil » lance le set, suivi par « 1985 et le très attendu « Mjod », en tout onze chansons avec «Kvelertak », l’incontournable, pour tirer sa révérence. L’énergie était belle et le groupe s’est visiblement laissé prendre par l’euphorie de cette invitation à fouler la scène du Download. En cadre plus intimiste, les norvégiens avaient frappé fort et ceux qui étaient présents à la Maroquinerie en novembre dernier, ont conservé le souvenir de ce leur passage. Ils ont convaincu cette fois encore malgré des titres récents qui, de temps à autres, ont failli casser la dynamique générale.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Abondance de succès pour Korn au Download Festival France !

Ils étaient l’une des têtes d’affiche de ce premier Download Festival français :  les américains de Korn ont livré un spectacle hyper calibré, un best of tout en émotion que les fans de la première heure ont savouré d’un morceau à l’autre. Ceux qui ne les connaissaient pas sont repartis conquis par ces très grands du nu metal.

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Presque un quart de siècle que Korn balance ses riffs devant un public survolté qui connaît ses paroles par coeur. Une fidélité qui n’a jamais failli en dépit d’albums parfois inégaux. C’est dire l’enthousiasme qui a soufflé sur les pelouses de Longchamp en ce deuxième jour de festival lorsque Jonathan Davis a jailli devant son pied de micro mythique, cette silhouette féminine aux arguments séduisants. « Right now » ouvre le bal dans un brouhaha mêlant à force égale les sons de la scène et le cri de la fosse. « Here to stay » lui succède et ne fera pas baisser les volumes.

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Le leader de Korn n’est pas franchement connu pour ses longs discours ou ses échanges réels avec le public. Mais celui la ne lui en tient pas rigueur. L’américain a un charisme qui balaie tous les doutes et un parcours suffisamment impressionnant pour dissiper tous les commentaires un peu âpres. C’est peu dire alors ce qu’il perçoit en retour déchaînés lorsqu’il lance à la foule qui s’offre à lui: « Ilove you Motherfuckers! »

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Porté (pour ne pas dire transcendé) par ses textes, Jonathan Davis semble au meilleur de sa forme vocale. « Twist » ou bien encore « Faget » frappent fort. Ses acolytes ne sont pas en reste. Brian Welch et Munky parcourent sans répit l’immense Main Stage. A la batterie, Ray Luzier frappe toujours avec la même précision. Lorsqu’il lance « Blind »,  tube parmi les tubes, le frisson parcourt la foule. Live Nation avait eu raison de miser sur ceux là pour porter haut l’affiche de cette première. Le jeu est dépouillé, aucune note inutile, aucun décor grandiloquent mais de superbes trouvailles comme cette cornemuse pour ouvrir « Shoots and ladders » avant de le refermer par un extrait du célébrissime « One » de Metallica. Sans oublier l’excellente reprise d’ « Another brick in the wall » de Pink Floyd.

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Difficile d’être et d’avoir été, c’est, malgré une fidélité sans faille, ce que se disaient parfois les fans  avant que « The paradigm shift », dernier album studio en date, enregistré en 2012, sonne le retour vers des partitions franchement plus inspirées. En revenant à ses fondamentaux, en retrouvant Head, le guitariste fondateur qui exerce un rôle majeur dans le groupe, en passant encore plus de temps sur scène où il n’est jamais aussi bon, Korn a prouvé que l’excellence était de retour mais que du meilleur restait encore possible. 2016 est incontestablement leur année. Le 21 octobre prochain sortira « The serenity of suffering », leur douzième album. L’automne rend impatient.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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Ghost bénit la première édition du Download

Après une tournée d’une dizaine de dates en France en début d’année, Ghost repassait par Paris à l’occasion de la première édition du Download France. Un show amputé pour cause de Papa Emeritus III souffrant mais les suédois ont servi la messe avec panache et les fidèles ont répondu présents.

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A priori, programmer Ghost dans un festival, c’est faire l’impasse sur l’ambiance unique qui règne lorsque les suédois se produisent en salle, quand les encensoirs diffusent et installent déjà l’ambiance. C’est donc prendre le risque de les amputer de ce qui les identifie, cette messe mystérieuse mais hautement rassembleuse, ces clergymen en costumes et masques, non identifiables et pourtant si reconnaissables. On pouvait donc douter de leurs capacités à convaincre ceux qui ne les avaient encore jamais croisés. C’était compter sans l’exceptionnel sens de la scène de ces gars là, musiciens de haut vol, désireux de convaincre qu’ ils n’ont pas usurpé leur place en haut de l’affiche et que Ghost n’est pas une énième produit marketing mixant avec complaisance toutes les recettes éculées du blasphème et de la provocation sur partitions de black metal matin de sonorités hard rock made in seventies et de mélodies racoleuses.

Ghost a installé son univers ésotérique depuis huit ans à force de riffs porteurs, de mélodies superbement ficelées et ce n’est pas un hasard si les suédois comptent désormais parmi leurs plus grands fans des musiciens aussi incontestés que Dave Grohl (Foo Fighters), Metallica, excusez du peu, ou Phil Anselmo (ex Pantera).

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Ce samedi soir, en clôturant la deuxième journée du Download, ils ont dû faire avec une sévère laryngite de Papa Emeritus III donc sans la grande capacité vocale de leur leader, ils ont commencé avec quelques minutes de retard pour cause de problèmes techniques mais en huit chansons savamment choisies, ils ont emporté les quelques 35.000 personnes qui se pressaient devant la scène.

Après une introduction musicale raccord avec la messe qui s’apprête à être dite, les Goules ont pris place un par un, faisant monter l’ambiance d’un cran à chaque arrivée et quand Papa Emeritus III a débarqué, il n’y avait plus guère de doute sur l’attente des festivaliers. Le chanteur a abandonné sa tenue papale mais la joue beau et élégant avec un costume un rien dandy, ses cheveux geais balayés vers l’arrière, le visage camouflé derrière des peintures noires et blanches, paupières comprises. Démarre alors « From the Pinacle to Spirit », extrait de « Méliora », leur dernier album. Un titre taillé pour la scène que leur choeur de fidèles reprend,  à l’unisson de cette mélodie fédératrice.

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Suivront « Ritual », « Prime Mower », « Cirice », « Year Zeo » et la tubesque « Absolution ». Les prairies de Longchamp prennent des allures de cathédrale à ciel ouvert. La communion est haute en décibels. « Mummy Desk » et « Monstrance Clock » fermeront la cérémonie. Ite missa est. Les Dieux étaient avec les disciples parisiens : le lendemain, Ghost annulaient plusieurs concerts, leur leader ayant perdu provisoirement sa voix.

Magali MICHEL.

Crédit Photos // Sophie BRANDET.

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