DAVID BAN OUVRE LA VOIE DE SON « ALPAGUEUR »

Il l’avait promis, il l’a fait ! Ce 29 juin au Zèbre de Belleville à Paris, David Ban a offert à son « Alpagueur » sa plus belle des rampes de lancement. Plaisir, énergie, les copains musiciens sur scène ou en invités surprises le temps de duos exceptionnels, la fête était magnifique.

(Momentanément ?) rangée la tenue de Porthos, oubliées l’épée et la mise en avant des biceps impressionnants forgés à coups d’entraînements intensifs, c’est un David Ban poète autant que musicien qui s’est avancé ce 29 juin sur la scène du Zèbre de Belleville. Une scène à l’ambiance mi cabaret mi cirque, intimiste surtout, qui lui allait parfaitement bien lui dont les paroles conservent toujours une chaleur et une joie de vivre même dans les sujets les plus douloureux.

Chapeau melon sur la tête, veston sur tee shirt et fleur à la boutonnière, David Ban a le plaisir aussi manifeste que son émotion et son plaisir à partager enfin les titres de cet album qui aura mis plusieurs années avant d’être enfin là. Après une campagne de financement participatif gagnée rapidement et même bien au delà des objectifs prévus, il avait en effet préféré prendre son temps, lui le perfectionniste. Ne rien précipiter pour pouvoir revendiquer et goûter pleinement les chansons retenues, leurs couleurs finales, la production de ce premier album à côté duquel il était hors de question de passer.

Touche à tout, veillant à la moindre étape de la création, il ne s’est pas contenté de composer, d’écrire, il a aussi planché sur la distribution, les scènes à venir, le tout en parallèle de ses rôles à succès dans les « Les Trois Mousquetaires » et « 1789, les Amants de la Bastille ». Et puis l’objet est enfin arrivé offrant à son auteur la joie incomparable des premières fois.

La fête a été à la hauteur. Entouré d’amis proches, tous musiciens de grand talent (Julien Lamassonne, Emma Piettre, Emma Lee notamment), David Ban n’a rien caché de ses émotions. Incomparable animateur, jouant la carte de l’humour avec un naturel et une évidence contagieux, il n’a laissé aucun temps mort et enchaîné les titres de son album dans une euphorie palpable.

Impossible de retenir un titre plus qu’un autre. Tous méritent une écoute attentive mais il est une évidence, tous passent haut la note la transposition sur scène. En live, ils prennent même une dimension supplémentaire, redoublant d’émotion ou entraînant immédiatement le public dans ses refrains. Le public (essentiellement féminin, beaucoup de fans de la première heure qui avaient vu David Ban dans ses différents spectacles musicaux et assisté à ses concerts sauvages donnés devant le Palais des Sports de Paris) ne s’est d’ailleurs pas fait prier pour jouer les chorales et montrer son enthousiasme.

David Ban & Mikelangelo Loconte.

David Ban & Emji.

Enthousiasme encore plus criant quand David Ban a invité à ses côtés d’autres copains le temps d’un duo éphémère. Mikelangelo Leconte a ouvert le bal avec un très beau moment empli de tendresse. Puis ce furent Emji, Victoria, Olivier Dion, de vrais instants de complicité et de partage qui avaient le charme et la force de ce qui ne se reproduira probablement pas. 

David Ban & Victoria.

David Ban & Olivier Dion.

Près de deux heures de spectacle plus tard, les lumières du Zèbre se sont éteintes après un final qui a réuni tous les invités. David Ban aurait pu prolonger, porté par cette envie de partager longtemps encore son « Alpagueur ». Il ne patientera de toutes façons pas longtemps avant de reprendre la guitare : après plusieurs concerts pendant les Francofolies de la Rochelle, il reviendra au Zèbre les 1er et 2 septembre prochains. La première date s’est remplie en quelques heures. La seconde est presque déjà complète elle aussi. On attend désormais la tournée.

« L’ alpagueur » a tous les atouts pour tracer sa voie.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– www.davidban.com // https://www.billetweb.fr/david-ban-lalpagueur –

 

Tous pour les 3 Mousquetaires !

Adapter le plus célèbre roman d’Alexandre Dumas, faire croiser le fer aux Mousquetaires devant un public qui a toujours adoré ces personnages mythiques et n’a pas oublié leurs transpositions sur grand écran, que ce soit avec Gene Kelly et Lana Turner ou avec Jean Marais quelques années plus tard, était un pari largement enthousiasmant. Mais insuffisant. Transformer l’histoire pour en faire un spectacle musical et « universel »… Le projet imaginé par Roberto Ciurleo, Gilbert et Nicole Coullier, Eleonore de Galard, déjà réunis à la production de « Robin des Bois » avec Matt Pokora, était nettement plus audacieux. Alors que le contexte n’incite pas au remplissage des salles, que le temps béni des comédies musicales triomphales comme « Notre Dame de Paris » ou « Mozart, l’Opéra rock » semble dépassé, ces Trois Mousquetaires sortent leur épée du jeu et font mouche. Gros succès en perspective.                    

D’abord il y a le casting mitonné avec tout le savoir faire de Bruno Berbérès, l’homme qui se cache derrière la plupart des succès récents. De Cléopâtre aux Dix Commandements, du Roi Soleil à Dracula ou Timéo, liste non exhaustive car il est partout. Bruno Berbères donc, qui ne s’est pas trompé en réunissant Olivier Dion – d’ Artagnan – (le chanteur québécois charmeur et ultra souriant que le public avait appris à mieux connaître l’an dernier durant sa participation réussie à « Danse avec les Stars »), Damien Sargue – Aramis –  qui avait tenu le rôle principal de « Roméo et Juliette », la comédie musicale imaginée par Gérard Presgurvic et est l’un des « Gentlemen Forever »,  Brahim Zaibat – Athos – qui prouve qu’on peut être un danseur surdoué, adoubé par Madonna et un interprète à la performance incroyable et David Ban – Porthos – qui depuis quinze ans enchaîne les rôles en leur donnant son charisme et, accessoirement, sa voix inoubliable.

Si tous sont réellement hyper précis et parfaits dans leur rôle, formant une équipe soudée à l’image du récit, David Ban est encore plus bluffant. Au sommet de son jeu, semblant ne jamais être entravé par les sollicitations physiques de ce Mousquetaire grande gueule et coureur de jupons, il a une énergie communicative, une voix qui semble avoir encore gagné en puissance et le public en redemande.

Photos LDD - Exclusif - Spectacle Les 3 Mousquetaires au Palais des Sports à Paris Photos LDD - Exclusif - Spectacle Les 3 Mousquetaires au Palais des Sports à Paris

Mais faire chanter et jouer quatre beaux garçons toutes tablettes de chocolat dehors ne pouvait  bien évidemment pas suffire. Il fallait que le reste de la distribution soit à la hauteur. Anne d’Autriche est portée par Victoria, qui avait laissé ses fans orphelins après la dernière du Roi Soleil voilà déjà dix ans, tristes de ne pas retrouver sa voix exceptionnelle sur d’autres projets. Constance est jouée par Megan, qui a la douceur parfaite. Christophe Héraut est un Cardinal imposant et puis il y a Golan Yosef, danseur spectaculaire, personnage principal du « Dracula » de Kamel Ouali en 2011, tout juste sorti de Cats, un physique qui ne laisse pas indifférent et qui sait faire entendre le Duc de Buckingham. Sans oublier enfin Emji, passée par La Nouvelle Star, qui prend visiblement du plaisir à camper la nocive Milady de Winter.

Pour assurer la mise en scène et donner des atours inédits et résolument modernes à cette histoire dont l’action se situe pour mémoire au 17ème siècle, les producteurs ont appelé deux monstres sacrés outre Atlantique : les québécois Dominic Champagne et René-Richard Cyr. A eux deux, ce sont des dizaines de prix récoltés, des succès par brassées et depuis treize ans, le triomphe de « Zumanity » du Cirque du Soleil à Las Vegas. Le tandem a travaillé avec les deux auteurs des chansons et du livret, Lionel Florence et Patrice Guirao. Là encore, Alexandre Dumas n’aurait pas douté. L’auteur de « Lucie » ou de « Savoir Aimer », devenus des standards de la chanson française a déjà co-signé avec son complice les paroles des « Dix Commandements », du « Roi Soleil », (entre autres) et plus récemment, de « Robin des Bois ». Quant aux chorégraphies, elles portent la griffe de Yaman Okur. Le champion du monde de break dance a lui aussi un joli parcours, fait partie des troupes des Dix Commandements, du Roi Soleil. Il a dansé aux côtés de Madonna et chorégraphié ses tournées de 2008, 2012 et 2015. Il était aussi à l’origine des danses de Robin des Bois. Bref, le CV avait de quoi rassurer.

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Mais chacun sait aussi que le succès n’est jamais garanti. Malgré l’excellence du casting, l’originalité de l’histoire, le teaser qui rend impatient, l’aventure peut être sans lendemain. Autant le dire d’emblée : ce ne sera pas le cas ici ! « Les Trois Mousquetaires » devrait même être l’un de fers de lance de la saison. Producteurs et interprètes avaient annoncé du «  grand spectacle », ils n’ont pas menti. Sur l’immense scène du Palais des Sports (accessible par des marches qui renforcent la proximité avec les interprètes), les tableaux s’enchaînent sans temps mort et laissent souvent bouche bée. Le rythme est précis, les personnages à l’aise dans leurs atours et le public va de surprise en surprise.

Ne cherchez pas de tenues d’époque sur les danseurs, n’imaginez pas les fastes classiques de la Cour! Ici, les ballets se font en slims, bustiers ou gilets argentés, les bottes ont des allures de Converse et les cheveux sont laissés libres la plupart du temps. Si la Reine a une robe à hauteur de sa majesté, les  hommes du Cardinal, imposants dans leur combinaison de cuir, bonnet et gilet pare-balle, semblent tout droit sortis du GIGN : les costumes aussi prennent le pari de la modernité mais ne perdent pas de leur superbe.

Photos LDD - Exclusif - Spectacle Les 3 Mousquetaires au Palais des Sports à Paris Photos LDD - Exclusif - Spectacle Les 3 Mousquetaires au Palais des Sports à Paris

Les quatre héros ont su donner à leur rôle la personnalité imaginée par Alexandre Dumas. On devine les heures d’entrainement qu’il leur a fallu pour maîtriser l’escrime, les sauts, tout en chantant. Ils se donnent à fond et déclenchent des cris enthousiastes à chaque apparition… Leur chemise largement ouverte n’y est sans doute pas non plus étrangère! Les chansons, taillées pour la scène, s’enchainent sans temps mort. Les tubes sont déjà nombreux et le public connaît par coeur les chansons des Mousquetaires mais également celles de Megan, de Victoria, en solo ou en duo avec Golan Yosef.

La scène de la traversée de la Manche par d’Artagnan-Olivier Dion, le très romantique (mais forcément aussi acrobatique) pas de deux de Brahim Zaibat-Athos, Buckingham-Golan Yosef dansant avec toute la troupe, torse nu, les ferrets offerts par la reine autour du cou, sur les notes de « On my mind » et mettant l’ambiance dans tout le Palais des Sports, David Ban-Porthos chantant au sommet d’une barre de pole dance sur lequel évoluent de magnifiques jeunes femmes, les quatre Mousquetaires sur leurs drôles de cheval, le retour victorieux de la joyeuse bande en uniformes bleus revisité… Difficile de choisir parmi les séquences. Le livret a délibérément épuré le roman original mais l’histoire conserve ses fondamentaux, la partition joue volontiers de la techno et flirte même avec des accords rappelant le célèbre « Pop Corn » de Hot Butter. C’est imprévu, inédit, chantant et efficacement rythmé.

Après deux heures trente aussi inventives, « Les Trois Mousquetaires » laissent le public repartir ébloui et joyeux. L’objectif est donc atteint. D’Artagnan n’a plus besoin de sa lettre recommandation. Il est entré dans la cour des grands.

Magali MICHEL.

Crédit photos // BestImage – Cyril Moreau. 

-Prolongations au Palais Des Sports jusqu’au 1er Janvier et en tournée dans toute la France ! // https://www.facebook.com/Les3Mousquetaires // http://www.les3mousquetaires-lespectacle.com– 

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David Ban. L’inclassable talent.

Une carte de visite pluridisciplinaire et un CV long comme le bras, David Ban a cueilli les rendez-vous que lui ont offerts les casting dans l’espoir de semer son projet. Il arrive bientôt. L’alpagueur cultive le bonheur. Que la récolte soit bonne!

Pour sa dernière longue apparition, David Ban avait endossé le costume de Danton dans « 1789, les amants de la Bastille », la comédie musicale de Dove Attia et Albert Cohen, mise en scène par Giuliano Peparini. Plus qu’endosser d’ailleurs, il avait donné de l’épaisseur, ajouté à la personnalité de son personnage. Un Danton inédit, dévorant la vie par tous les bouts, amateurs de filles comme de grandes idées, débarquant aux réunions politiques le cheveux en bataille et l’œil reconnaissant.

David Ban, arrivé alors que les personnages principaux avaient déjà été choisis, a bénéficié d’un éclairage médiatique moins important. On le comprend en terme de timing. On ne peut que le regretter du point de vue artistique. « Ce n’est pas très grave. je savais que Giuliano Peparini m’avait voulu et c’était bien plus important pour moi. »

Sa carrière lui permet ce recul. Il connaît les pièges du métier, ses moments de gloire et ses lendemains qui déchantent, cette niaque qu’il faut conserver pour convaincre que ce rôle doit passer par vous. Et vous seul. Quinze ans à squatter les affiches des plus grandes comédies musicales lui ont offert une légitimité : Les demoiselles de Rochefort, Sol en Cirque, la magnifique œuvre de Zazie, Jean-Pierre Léau et Vincent Baguian, Grease (pour laquelle il a reçu un Marius), Hair, La Clique, Il était une fois Joe Dassin, sans oublier la géniale Avenue Q et 1789 (qui a décroché le Globe de Cristal de la meilleure comédie musicale), David Ban était de toutes les aventures. Il jouait collectif mais réussissait toujours à glisser sa pâte dans son personnage.

Aujourd’hui, à l’aise dans ses boots, il ose le grand saut et tente l’aventure solo. Et dans le salon de cet hôtel du 8ème arrondissement (quartier où il vient de préparer le personnage d’une prochaine fiction pour la télé, « un vrai méchant très très méchant. J’adore ! »), il raconte qu’ « aller chercher le public ne lui fait pas peur. Au contraire. Quand on a débuté dans les bars, on sait que rien n’est gagné, que capter l’auditoire sera difficile. Épuisant mais après ça, on est armé. »

Avec un groupe de copains réunis sous le nom de La Pasta, porte étendard du ska festif de Lorraine, il a effectivement mis le feu aux bars puis aux principales salles de la région. Quatre ans d’une aventure aux souvenirs de soirées inoubliables, avec de vrais gros succès. Mais le temps a érodé les envies. Il en est resté pour David Ban l’évidence à poursuivre, un jour, avec des chansons toutes aussi joyeuses, porteuses de cette bonne humeur dont il ne veut pas se déparer mais cachant pas loin derrière leurs petites philosophies . Ses chansons à lui surtout. Il a vécu. Connu les plaies et soigné des bosses. Autant de matériaux qui offrent une densité supplémentaire.

Les premières nées ont été testées lors des concerts sauvages que l’artiste offrait en marge des Amants de la Bastille. Le public a adhéré. Très prolixe sur les réseaux sociaux, David Ban a alors installé son Alpaguer sur la toile. Le chapeau, le maquillage de ce personnage clown-poète-troubadour, la marque est devenue reconnaissable. Comme ses textes. On retient la mélodie joyeuse, on fredonne puis on s’aperçoit de l’intensité des mots. « Différemment différent » est un petit bijou de sensibilité. « Il est elle » est bien raccord avec une actualité récente. Quant à « L’alpaguer », il devrait être décrété tube de l’été. « Mes chansons sont poétiques, festives mais aussi romantiques ou métaphoriques. Surtout, je voulais qu’elles soient positives. Et elles le sont. C’est fondamental que les gens sortent de mes concerts avec le sourire bien accroché. La vie est trop compliquée et triste souvent pour qu’il en soit autrement. »

L’album (composé a priori de treize titres) devrait sortir courant juin. Il y aura toute la palette musicale propre à l’auteur, une jolie place offerte aux cordes également. Pour ne pas connaître les déboires de confrères qui ont du accepter des textes qui ne leur parlaient pas ou chanter sur des musiques sans accord avec leurs rythmes habituels, David Ban a voulu assumer son bébé de A à Z. Sans l’aide d’un producteur gérant le porte feuille et s’autorisant à croire son avis indispensable sur le reste…

Cette liberté, il l’a trouvé sur Oocto, le site participatif. Et il y a explosé les compteurs. Non seulement l’objectif a été rapidement atteint mais il est aujourd’hui à 186% avec pas loin de 22.000 euros sur les 12.000 initialement demandés. Et il reste jusqu’au 14 avril à ceux qui veulent rejoindre la communauté de l’Alpaguer (oocto.com). « C’est un résultat incroyable qui me touche énormément et qui me porte. Grâce à cette manne, je peux financer l’enregistrement. Je peux aussi d’ores et déjà prendre en charge les coûts des premiers concerts (…) Ce n’est pas trop mon truc ces questions d’argent. Mais sur ce site, il existe une notion de contre partie qui me va bien. »

Encore un peu de patience et son disque sera dans les bacs. D’ici là, David Ban, touche à touche surdoué, aura continué sa participation aux concerts de ses potes ex-révolutionnaires, répondu à l’invitation des Restos du Coeur Belge (début mai). Toutes les occasions sont belles quand il s’agit de chanter. Alors si en plus, la cause est belle!

La période des festivals ne va pas tarder. Ça serait vraiment l’occasion idéale pour donner à l’alpaguer ses premières grosses rencontres avec le public. « Rêves de gosses » chante David Ban. D’adulte « au chapeau et à la tête taillée au couteau » aussi, forcément.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET // Béryl LE GUEN // Sklaerenn LORAND.

Voir aussi: Rive scène, un talent en plus.

http://www.davidban.com // http://www.facebook.com/david.ban.artiste // http://www.twitter.com/zedavidban // http://www.oocto.com/david-ban-lalpagueur.

 

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