Le 14ème Hellfest toujours plus exceptionnel

Du 21 au 23 juin prochains, la 14ème édition du Hellfest a visé encore plus haut. Sur les scènes de Clisson, Kiss, Tool, Gojira, Manowar mais aussi Slayer, Carcass ou Eagles of Death Metal (entre autre) se succéderont. Dans cette déferlante de grands noms, choisir sera le plus compliqué, renoncer n’étant pas une option.

Content (comment ne pas l’être ?!), surpris aussi malgré tout car l’édition 2019 du Hellfest bouscule encore ses propres records, Ben Barbaud est décidément à la tête du festival parmi les plus dingues de la planète rock. L’an dernier, les pass trois jours étaient partis en trente heures. Cette année, il aura suffi de trois heures pour voir s’envoler les 55.000 précieux droits d’entrée alors que l’affiche n’avait révélé que cinq noms lors de la soirée de clôture en juin dernier. 

En même temps, ces noms n’étaient pas des moindres: aux côtés de Mass Hysteria et d’une grande soirée « française », les festivaliers apprenaient ainsi que Slayer refoulerait les stages de Clisson dans le cadre de sa grande tournée d’adieux, que Dropkick Murphys ferait le détour pour une date unique en France, que Manowar signerait son grand retour après dix ans d’absence et que les britanniques de Carcass seraient également présents. Pour une manifestation habituée à jouer le mystère bien au delà de l’ouverture de la billetterie, ce pan levé mettait déjà tout le monde sur les rangs impatients.

Tool // Main Stage 1 // Dimanche 23 Juin.

Kiss // Main Stage 1 // Samedi 22 Juin.

Mais la véritable star de cette quatorzième édition sera sans conteste (dixit leurs fans en tous cas), Tool, que le public réclamait depuis des années. L’équipe du Hellfest a enfin réussi à les signer Maynard James Keenan et ses acolytes et les américains boucleront le fest le dimanche soir avec un show annoncé comme énorme. D’autant plus exceptionnel que ce sera leur unique passage dans l’Hexagone.

Autre temps fort (sortez les mouchoirs et osez une dernière fois la palette de maquillage), les adieux de Kiss. Ce sera le troisième et probable dernier passage (encore qu’il ne faut jamais dire jamais… on a connu des adieux à épisodes successifs) des américains dans le cadre de leur tournée « End of the Road ». Pour mettre un point final à ses quarante cinq ans de carrière, Kiss n’a pas mégoté sur les frais. Avec de nouvelles tenues de scènes, des dates à foison entre les Etats Unis et l’Australie, en passant par l’Europe (l’Allemagne, l’ Ecosse et puis la France avec Clisson donc) et une mise en scène encore plus inoubliable.

Des adieux encore pour Slayer qui poursuit ses au revoir et reviendra une fois de plus au Hellfest, manifestation dont le groupe a toujours vanté le plaisir pris à y jouer. Les thrasheurs ne bouderont pas leur plaisir, de quoi partager une ultime date avant que les américains sonnent la note finale.

Manowar // Main Stage 1 // Vendredi 21 Juin.

Autre retour en tous points exceptionnels et là aussi en mode « ultime tour de piste avant séparation», celui de Manowar dix ans après son dernier concert en France. Joey  De Maio a décidé que les fans, qui guettaient ce moment avec impatience, seraient architectes de la set list en votant pour les morceaux interprétés sur scène. Presque quarante ans que les américains exportent leur heavy metal sur tous les continents. Ils promettent un show à la hauteur de la puissance de leurs partitions légendaires avec une imagerie encore plus impressionnante.

Il ne faudra pas non plus zapper Def Leppard, Within Temptation pour les amoureux du metal symphonique, les toujours un peu polémiques mais talentueux californiens d’ Eagles of Death Metal, les inoxydables barbus de ZZ Top, membres réguliers du Hellfest, Slash qui sera avec Myles Kennedy and the Conspirators, les anglais d’Architects dont les show hyper calés sont toujours des moments inoubliables, Trivium,  Sum 41, Lamb of God. Entre autres.

Enfin, à noter encore la grande soirée dédiée au rock français en première journée de Hellfest avec le retour des géniaux frères Duplantier avec Gojira, Dagoba, Ultra Vomit qui n’en finit pas de remplir des salles toujours plus grandes, No One is Innocent, dont la dernière prestation clissonnaise remonte à 2015, Klone, Lofofora et Mass Hysteria tous feux tous flammes avec un concert haut en surprise pensé spécialement pour cette date.

Impossible de citer tout le monde.Trois jours, cent-cinquante groupes gratin du gratin de la musique extrême ou plus simplement du rock décliné sous toutes ses formes, le Hellfest année 14 a du emprunter la devise de Fort Boyard : toujours plus haut, toujours plus fort. Bienheureux ceux qui pousseront les portes de l’Enfer le 21 juin prochain.

Magali MICHEL.

– UPDATE: RUNNING ORDER ! – 

Le Download Festival France an 2 atterrit à Brétigny : Une affiche exceptionnelle pour voler encore plus haut

Les mauvaises langues doutaient de la pérennité du Download Festival France après une première édition bien fréquentée mais compliquée par une météo hautement pluvieuse, un contexte sécuritaire tendu et bien sûr, la concurrence du Hellfest, la grand’messe du metal organisée une semaine plus tard… C’était compter sans la volonté de Live Nation de donner à sa manifestation toutes ses chances et de ne surtout pas la condamner après un seul petit tour. 2017 permettra donc bien aux amateurs du genre de se retrouver durant trois jours, les 9, 10 et 11 juin prochains. Seul changement majeur, l’hippodrome de Longchamp a été abandonné au profit de la base aérienne de Brétigny sur Orge (Essonne), à une trentaine de minutes de Paris.

Ceux qui ont eu la chance de fouler les pelouses de Longchamp l’an dernier se souviennent avec enthousiasme des concerts de Rammstein (avec une set list spécialement pensée pour cet arrêt dans la capitale française et un hommage poignant aux victimes des attentats), de Ghost éblouissant malgré un chanteur diminué par un problème de santé, de Korn , toujours aussi unique mais également d’ Iron Maiden, spectaculaire, de Buffy Clyro, des étonnantes Baby Metal, de Beartooth, We Came As Romance, de l’extraordinaire émotion suscitée par Mass Hysteria quand ont résonné devant des milliers de personnes les accords de « L’ Enfer des Dieux ». Entre autres… Des moments uniques, des plaisirs, des découvertes, des émotions, tout ce qui fait l’essence même d’un festival. En ce sens, la première édition française du Download (qui est un énormissime succès outre Manche depuis 2003), avait atteint son objectif. L’affiche était belle et le public ravi malgré les torrents de pluie, les longues attentes pour recharger son bracelet cashless et la ruée parfois compliquée vers les navettes assurant le retour vers la capitale (problème qui ne sera plus puisque le camping sera agrandi et gratuit (tout comme le parking), le RER C étant facilement accessible par bus gratuits pour ceux qui ne souhaiteraient pas dormir sur place).

System of a Down.

Linkin Park.

Green Day.

Blink 182.

L’affiche 2017 a décidé de frapper plus fort encore avec la présence, excusez du peu,  de System of a Down, Linkin Park, Green Day, Blink 182 ou bien encore Mastodon, Architects, Slayer, Prophets of Rage, Alter Bridge, Devil Driver et le retour de Gojira, les français ayant été largement plébiscités l’an dernier et poursuivant une tournée internationale à guichets fermés après la sortie de « Magma », leur nouvel album, l’an dernier. Five Finger Death Punch, Lonely the Brave, Suicidal Tendencies seront aussi de cette partie qui compte de nombreux autres noms.

Pour que la fête soit plus énorme encore, une quatrième scène sera montée sur le camping, le «Download off»   où les concerts débuteront dès le jeudi soir.

Prophets of Rage.

Five Finger Death Punch.

Slayer.

Gojira.

Vendredi 9 Juin

Main stage : Linkin Park, Blink 182, Pierce The Veil, Kvelertak.

Main stage 2 : Gojira, Dinosaur Jr, Raveneye, Download Contest Winner.

Warbird stage : Hatebreed, Skinny Puppy, Dagoba, Dead !

Spitfire stage : Nostromo, The Cadillac Three, Mars Red Sky, Nothing morte.

Samedi 10 Juin

Main stage : System of a Down, Five Fingers Death Punch, Alter Bridge, Epica, Far from Alaska.

Main stage 2 : Slayer, Paradise Lost, Blues Pills, , Devil Driver, Black Foxxes.

Warbird stage : Soil Work, touch Amore, Code Orange, Lonely the Brave.

Spitfire stage : Caliban, Solstafir, the living end, Aqme, Project black Pantera.

Dimanche 11 juin.

Main stage : Green Day, Rancid, Suicidal Tendencies, Suicide Silence, Leogun.

Main stage 2 : Prophets of Rage (feat original members of Rage Against the Machine, Cypress Hill, Public Enemy), Mastodon, Rise of the Northstar, Architects, Tesseract.

Warbird stage : Carpenter brut, Kontrust, Coheed and Cambria, Wakrat, Red Sun rising.

Spitfire stage : Crown the Empire, Northlane, lost Society, Creeper, Astroïd boys.

M.M.

Crédit photo Linkin Park // James Minchin. Crédit photo Slayer // Martin Hausler. Crédit photo Gojira // Travis Shinn.

– Tous les renseignements sur  downloadfestival.fr

ILS OEUVRENT DANS L’OMBRE: Le parcours sans fausses notes de Jonathan Maingre, tour manager

Ce type là a raté sa vocation : il aurait du être psy. Ou membre de l’O.N.U. Il n’a pas son pareil pour faire retomber les tensions et mettre le sourire à la place des grimaces. Mais comme il est fou de musique et parle le jack, le décibel ou l’ampli couramment, il est finalement devenu « tour manager », autrement dit régisseur, et backliner. Aujourd’hui, c’est avec Mass Hysteria qu’il parcourt les scènes. Et si les dates s’enchainent avec succès, c’est aussi grâce à lui. Un parcours sans fausses notes.

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La vocation était toute tracée après une enfance entre flight et décors, ceux du Théâtre de Chaillot à Paris où travaillait Monsieur Maingre père. Les flacons griffés Guerlain, les stages effectués dans le sillon d’une mère, comptable dans le monde impitoyable du luxe, n’ont pas fait long feu. C’est vers la musique qu’il irait se porter. « Après un bac STT action et communication commerciale, j’ai suivi des études dans une école de son, EMC. J’y ai appris les bases essentielles, la technique, le vocabulaire mais le terrain reste la meilleure des formations », observe le tout jeune trentenaire. « En suivant Lycosia, un groupe parisien découvert lors d’un showcase à la FNAC et qui avait besoin de gens en plateau, j’ai mis le pied à l’étrier. Leur régisseur m’a formé et puis à une Fête de la Musique, j’ai croisé Niko Nottey, alors batteur de Bukowski. Le groupe cherchait un régisseur, j’ai embarqué dans cette nouvelle aventure. Ce métier est ainsi fait de hasards et ce sont souvent les rencontres qui décident de ton avenir. «

Manager mais aussi backliner, Jonathan Maingre veille à ce que tout se déroule parfaitement pour ses groupes. Et cette vigilance s’exerce sitôt la signature de la date. Prise en charge des musiciens et techniciens, transports, hôtels, horaires des balances, des repas, respect des line up, organiser les demandes d’interviews, changer les cordes, faire sonner les drums, restituer aux guitares la HF déjà squattée par le groupe qui succédera sur scène, le backline qui ne doit laisser aucune place à l’erreur, la liste est longue. Et puis bien sûr, une fois le show terminé… pas fun mais incontournable, la remise en caisses et en camion. Mieux qu’un tétris.

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« C’est un boulot de passionné dans lequel, on ne compte pas ses heures. Mais on ne s’en lasse pas car chaque date est unique. Même si un groupe joue deux soirs de suite au même endroit, rien n’est jamais acquis. On sait aussi qu’il existe des salles plus compliquées, difficiles à faire sonner, des scènes étroites et plus contraignantes pour les musiciens… qui alors râlent et ne sont pas toujours aimables avec ceux qui nous accueillent. Je dois alors tenter de pacifier les ambiances. Ce n’est pas très technique mais c’est une facette du métier, » observe t’ il en riant. « Il arrive aussi que je n’ai quasiment pas de place pour poser les racks de guitares mais cela ne doit pas constituer une entrave. Le show est prioritaire et doit se jouer. Tout doit rouler, pour les artistes comme pour le public. 

En « tourman » de Bukowski, Jonathan Maingre en a connu beaucoup de ces moments un peu compliqués, ces festivals où l’on était loin des conditions de jeux exigés. Mais le groupe a toujours fait face. Avec une équipe technique de trois personnes, une au son, une autre aux lumières et lui en régie-backline (et au volant… car ce grand type over tatoué contredit pas mal des habitudes plus ou moins fantasmées du métier. S’il est très rock, il n’est pas du tout alcool et encore moins drogues. Shooté au jus d’orange, voir au Vitel Menthe les soirs de folie, il ne fume pas et se révèle donc un précieux compagnon de tournée lorsqu’il s’agit de conduire les vans. Un atout de plus sur son CV), avec Julien et Mathieu Dotel, Timon Stobard, le nouveau batteur, Fred Duquesne entré comme second guitariste en plus d’avoir produit les derniers albums, les dates ont néanmoins fait fi des problèmes éventuels. Et au final, le public était ravi. De quoi savourer encore plus pleinement les rendez-vous aussi énormes qu’un Hellfest (son premier s’est joué en 2012) ou un Sonisphère.

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« Je crois que c’est à ce jour l’un de mes souvenirs les plus fabuleux. Tu as beau ne pas être sur scène, voir ton groupe devant une telle foule, entendre plus de 30.000 personnes applaudir… franchement, ça te fait un truc unique et tu te prends une vraie claque. Sur le plan technique, tout était parfaitement calé. Les festivals avaient mis à notre disposition tout le matériel son et light nécessaires, aucun souci côté rider tech. On a eu une trentaine de minutes pour nous installer, les balances se sont effectuées au casque, les gars étaient au taquet et impatients de jouer. En coulisses, l’accueil qui nous avait été réservé était lui bluffant, je dirais presque rassurant. Rien à dire, c’était juste génial. Grandiose !»

Et les voyages alors ? Il rit. « C’est à part. Sur le papier, ça fait joli. En vérité, il serait malhonnête de dire que l’on connait les pays « visités ». Au Japon par exemple, avec Bukowski, nous avons donné trois concerts, vécu un vol très longue durée assorti de son inévitable décalage horaire, dormi très peu, travaillé beaucoup et déjà il fallait rentrer. Pas de quoi s’improviser guide pour un prochain séjour! Mais ce sont des expériences humaines uniques, ce qui est peut-être encore plus important finalement. »

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Depuis cet automne, Jonathan Maingre a été contraint de faire quelques infidélités à Bukowski (à Dagoba et Loudblast aussi, les deux autres groupes sur lesquels il veille) car il a été appelé par Mass Hysteria. « Fred Duquesne, toujours lui, a remplacé Nico comme second guitariste. Il connaît le groupe depuis longtemps, il produit leurs albums et a beaucoup composé sur le dernier. Lorsque la tournée s’est dessinée, il m’a proposé de les suivre. Toute l’équipe était OK alors je ne me voyais pas refuser. C’est une évolution en douceur, un groupe plus important donc davantage de dates pour un public chaque soir plus nombreux. Entre deux concerts pourtant, si j’ai une journée off, je n’hésite pas à repartir avec Buko. Pour le moment, depuis que je bosse, je n’ai donc faire défaut que quatre ou cinq fois, faute d’avoir le don d’ubiquité. »

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Une cinquantaine de dates plus tard, la casquette surplombant toujours sa longue silhouette, le tour man n’a rien perdu de son énergie et de ses envies. Si la date au Trianon de Paris en Mars dernier avec enregistrement du DVD live a été un temps fort pour le public, lui la résume avec humour. « Je suis arrivé à 9h. Cinq minutes plus tard, il était minuit. Entre les deux, on a couru, géré les retards prévisibles des invités sur scène donc des décalages dans les balances, couru et couru encore ».

En revanche, il était impatient de voir arriver la saison des festivals. Mass Hysteria est l’un des groupes les plus programmés de l’année avec à la clé quelques jolis mastodontes, la première édition française du Download sur les pelouses de Longchamp le 11 juin (qui est restée dans les mémoires de tous avec une émotion énormissime), le Hellfest une semaine plus tard (près de 50.000 spectateurs dans un wall of death de folie, c’était réellement « plus que du metal), le Main Square d’ Arras ce 2 juillet avec une plongée vers Marmande et son Garorock dès le lendemain,  deux autres concerts que la mémoire surlignera. Et tous ces autres qui vont suivre, cette échappée au Canada en septembre. « Je suis confiant. Les productions de ces énormes festivals sont tellement rodées que tout devrait encore bien se passer. Mais il reste toujours une part d’impondérables, des problèmes techniques soudains, la concision du temps d’installation, les caprices de la météo. L’été s’annonce chargé, passionnant et sans routine. »

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A la fin de l’année, après s’être peut être exporté vers d’autres continents (pour des concerts non encore signés à ce jour) et avant que revienne le milieu de l’année prochaine et sa cohorte de belles dates déjà signées, Mass Hysteria laissera progressivement Jonathan Maingre mettre son savoir faire et son incomparable sens des relations humaines au service d’autres artistes. Il est encore bien trop tôt pour anticiper ce moment. Une certitude… le plus difficile pour lui sera de choisir car ce professionnel n’a jamais enregistré que les bonnes notes.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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