COCOON RECHAUFFE LE VIP DE SAINT-NAZAIRE  

En tournée avec « Wood Fire », sorti à l’automne dernier, Cocoon faisait escale ce 21 Décembre au VIP de Saint-Nazaire. Un concert à l’ambiance intimiste malgré une salle pleine à craquer où se retrouvaient les fans de la première heure, ceux pour lesquels ce groupe à la pop folk unique a toujours eu une place à part.

Quinze ans déjà depuis la création par Mark Daumail de Cocoon. Un parcours rythmé par quatre albums, des succès extraordinaires, des tournées de plus de deux cents dates en France mais également à l’étranger, des Etats-Unis à l’Australie en passant par la Chine, des passages dans les plus grandes salles parisiennes, des présences sur des bandes originales de films comme «L’Arnacoeur » (2010) avec Romain Duris et Vanessa Paradis, des reprises en série pour des spots publicitaires (Peugeot, Volkswagen, SNCF, Danone et plein d’autres encore). Sur la papier, le résumé parait facile. Sur le terrain, le milieu de la musique subissant des évolutions pas toujours favorables, il n’est pas simple de se faire programmer, de mettre en place des tournées et de remplir des salles. Et c’est un euphémisme que de le répéter, mais le temps n’arrange rien à l’affaire. Mêmes les têtes d’affiche les plus médiatiques ont du renoncer et raccourcir leur tournée… voire même l’annuler purement et simplement.

Certains s’essaient à la promo par courtes escales entre deux Cultura et trois Espace Culturels Leclerc. D’autres préfèrent maintenir des showcases dans les FNAC… Mais toutes ne sont pas forcément dotées d’espaces dédiés alors se produire devant les derniers aspirateurs ou la machine à express en vogue ajoute une vraie dose de perplexité et démotive parfois les plus enthousiastes.

Largement conscient de ces nouveaux marqueurs, Mark Daumail avait préféré organiser avant l’ été une mini tournée acoustique baptisée « Cocoon Spark Tour 2019 Warm up acoustic shows » en préalable à la sortie de « Wood Fire ». De quoi offrir un live épuré avec la présence de choristes, dans des lieux plus insolites et offrir un joli pelle-mêle de succès anciens et de titres encore inédits. Une initiative porteuse car ces quelques dates ont toutes fait le plein et une vraie curiosité a précédé la sortie de l’album doublée d’une demande d’un retour sur scène beaucoup plus long. 

C’est cette impatience aussi enthousiaste que curieuse qui régnait en cette fin décembre au VIP de Saint-Nazaire. On savait que la formation d’origine n’était évidemment plus là, que d’autres voix s’étaient greffées mais la « saveur » Cocoon, cette couleur unique qui constituait sa marque de fabrique y aurait elle survécu ? « Back to one », le premier single du nouvel album, conçu entre Paris, Bordeaux, la Toscane, Tel Aviv, la Norvège et Los Angeles, avait frappé fort. Qu’en serait il sur scène?

Dans une ambiance pleine de douceur et de chaleur, la mise en scène lumières rappelant les éclats des feux de bois, Cocoon n’a pas mis longtemps a emporté le public. Suite personnelle de « Welcome Home », le précédent disque qui marquait à la fois la renaissance du groupe après quelques années de silence et évoquait superbement la naissance du fils de Mark Daumail, « Wood Fire » est plus sombre avec des textes très forts sur le couple, son évolution et ses tournants pas toujours heureux. Des chansons assez courtes, des paroles incisives, entre lesquelles son auteur échange avec son auditoire avec force second degré, sur la vie comme sur  la place des réseaux sociaux… 

Le public, conquis d’avance, écoute avec attention et se laisse prendre par ces morceaux portés par des voix qui se mélangent et se complètent de façon rare. Des titres anciens sont également de la soirée, pas forcément les plus connus alors les redécouvrir est un plaisir supplémentaire, petites bulles offertes comme de soudaines surprises.

Une heure trente plus tard, « Cocoon » éteindra son feu de bois. Ne resteront alors que les cendres d’une soirée lumineuse et pleine de tendresse, une petite flamme au creux d’une soirée d’hiver qui n’est pas près d’arrêter de scintiller dans les mémoires.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Les « Songes de Léo » passent par le Café de la Danse

Des années que Morgane Imbeaud portait en elle ces « Songes de Léo ». Fin 2015, depuis son Auvergne natale, elle leur donnait vie après une collaboration fructueuse avec Jean-Louis Murat. Escale parisienne le 30 Mars au Café de la Danse pour ce conte poétique à part. Féérique et sur le fil des émotions.

Elle n’a pas encore trente ans mais déjà douze ans d’une carrière dense et multicolore derrière elle. Morgane Imbeaud est la douce et blonde partie féminine du groupe Cocoon monté par Mark Daumail en 2005. Deux ans plus tard, avec « My Friends all died in a Plane Crash », ils marchaient sur les voies du succès, plusieurs de leurs titres étant retenus et utilisés par la publicité. « Chupee », « On my Way », nombreuses de leurs chansons ont très vite trouvé leur public. Et puis il y a eu la rencontre avec Julien Doré, croisé sur un plateau de télé, qui les a sollicités pour collaborer sur « Eersatz », son premier album.

En 2011, Cocoon sort alors son second disque, « Where the Oceans End ». Un succès à hauteur du premier, avec des ventes à plus de 160.000 exemplaires. L’année suivante pourtant, le groupe a décidé de se mettre en pause.

Pas de quoi jouer les vacances prolongées mais plutôt une opportunité à saisir pour Morgane Imbeaud qui décide alors d’achever « Les Songes de Léo », un conte musical féerique et sombre, en tout cas largement mélancolique, qu’elle avait commencé à imaginer voilà plusieurs mois, en parallèle de Peaks, le groupe juste créé et Un orage, autre formation bâtie avec Xavier Caux (musicien por Yodelice et Hollysiz notamment).

Elle trouve alors avec Jean-Louis Murat, l’un de ses plus célèbres compatriotes auvergnats, une très belle collaboration qui donne matière à des textes magnifiques, épurés et bouleversants. Autre partenaire majeur de cette aventure, Christophe Chabouté imagine pour sa part des illustrations toutes en émotions.

« Les songes de Léo » conte le parcours initiatique d’un petit garçon-félin semblable à tous les autres. Débordant d’envies, curieux de tout ce qui l’entoure. Mais une particularité physique, différence lourde à porter, le rend différent : il n’a qu’une seule oreille. Ce handicap entrave sa perception des bruits environnants mais surtout, elle provoque une profonde tristesse et un repli sur soi. La solitude est réelle mais ce petit garçon-félin n’est pas pour autant étanche aux enthousiasmes de la découverte et finira par s’accepter pour vivre plus fort.

Accompagnée de ses musiciens et du film d’animation imaginé par Christophe Chabouté, Morgane Imbeaud sera sur la scène du Café de la Danse le 30 Mars. La voix chaude et douce porte les dix-huit titres avec force et conviction. Tous ceux qui ont déjà croisé la route de ces songes là en ressortent bouleversés mais heureux.

M. M.

– Jeudi 30 Mars au Café de la Danse, Paris. 18 et 20 euros. –