La cuvée prometteuse du 43ème Printemps de Bourges

La 43ème édition du Printemps de Bourges se déroulera du 16 au 21 avril prochains. Le festival berrichon, qui donne le La de la saison des festivals, mêlera comme à ses habitudes valeurs sûres (Hubert-Félix Thiéfaine, Zazie, Gaëtan Roussel), artistes plus récemment plébiscités (Clara Luciani, Jeanne Added) et nouvelles recrues des Inouïs, à qui on peut souhaiter une trajectoire aussi heureuse que celle d’Eddy de Pretto, Odezenne ou Radio Elvis, les deux derniers repassant cette année par Bourges. Et puis il y aura ce moment très attendu, un grand hommage rendu par Izia, Arthur et Ken Higelin à leur père disparu l’an dernier.

On a beaucoup fustigé le Printemps de Bourges, « rendez-vous parisien de province », « détour des pros ne venant que pour partager des verres entre gens de bonne compagnie ». Certains pensaient même que le départ de Daniel Colling, âme fondatrice, et l’arrivée de Gérard Pont transformerait le Printemps en énième festival, avec ses mêmes artistes que l’on retrouve partout quand ils sont en tournée, une sorte de Francofolies berrichonnes, Gérard Pont étant également grand ordonnateur de la manifestation rochelaise. Faire et laisser dire… Après les années difficiles, la météo catastrophique et les finances dans le rouge, le Printemps de Bourges a réussi à se redresser et trouver le rythme pour tenir la tête haute, une mutation sans se rogner et conserver ce qui est dans son ADN, la présentation au public de ceux qui feront la musique de demain, en parallèle de la présence de grosses têtes d’affiche.

Hommage à Jacques Higelin, 18Avril, le Palais d’Auron.

Pour cette 43ème édition, on peut d’ores et déjà affirmer que l’hommage rendu par les trois enfants de Jacques Higelin, Izia, Arthur et Ken et bon nombre de ses amis, dans un spectacle intitulé «Jacques, Joseph, Victor… dort » sera l’une des soirées marquantes. Autre évènement très attendu, le nouvel arrangement de « L’homme à la tête de chou » de Jean-Claude Gallota, un spectacle qui mêlera musique et danse et célèbrera Serge Gainsbourg et Alain Bashung. Dans un genre totalement différent encore, Rodolphe Burger se produira à l’Abbaye de Noirlac pour un spectacle spécialement conçu pour l’édifice millénaire.

Quatorze anciens Inouïs seront également de la fête avec notamment Aloïze Sauvage, Odezenne, ou Radio Elvis. La sélection des Inouïs 2019 sera quant à elle révélée le 21 Février. Au fil des ans, cette sélection est devenue une véritable référence et beaucoup se pressent pour bénéficier de ce « label ».

Aloïse Sauvage, 19Avril, l’Auditorium.

En plus des soirées hip-hop le 18 avril (avec entre autres, Dod Saint Jude et Pongo) et rock (Lady Bird, Rendez-vous…) le 19, la nouvelle scène de la chanson pop francophone sera aussi présente avec Hubert Lenoir, Requin Chagrin ou bien encore Bleu Toucan.

Hubert-Félix Thiéfaine, 17Avril, le W.

Zazie, 18Avril, le W.

Lou Doillon, 18Avril, l’Auditorium.

Aya Nakamura, 21Avril, le W.

Mais pour que la fête soit complète, il ne fallait pas oublier des têtes d’affiche fédératrices. Hubert-Félix Thiéfaine viendra donc célébrer ses 40 ans de carrière. Boulevard des Airs, Zazie, Lou Doillon, Charlie Winston, Gaëtan Roussel feront eux aussi le détour par le Berry. Tout comme la jeune Aya Nakamura, récemment nommée aux Victoires de la musique, qui se produira pour la première fois sur une scène du Printemps.

Jeanne Added, 19Avril, le W + le Palais d’Auron.

Vald, 18Avril, la Halle au Blé.

Gringe, 18Avril, la Halle au Blé.

Autres concerts très attendus, ceux de Jeanne Added, Victoire de l’artiste féminine de l’année, la talentueuse Clara Luciani, Ofenbach, Thérapie Taxi, Vitalic ou Salut c’est cool. La musique urbaine ne sera pas en reste avec Gringe, l’Ordre du Périph, Vald mais aussi Columbine ou Giorgio. La cuvée 2019 s’annonce prometteuse.

–  Programme complet et réservations sur printempsdebourges.com – 

Clara Luciani ou la force de l’explosion tranquille

Un vent de féminisme tranquille et chargé d’amour bien plus que de vengeance a balayé Stéréolux (Nantes) ce 24 Janvier. Clara Luciani impose sa voix et ses textes avec une force douce, porté par le succès de « Sainte Victoire », son premier album. Une artiste attachante et résolument à part.

Longue dame brune, elle s’est avancée avec quelques minutes de retard mais le public nantais lui a vite pardonné lorsqu’elle a expliqué sitôt son premier titre, « être en plein jetlag pour cause de tournée Australienne » mais « se nourrir de l’énergie offerte » à chaque concert. La jeune femme ne cherche pas de discours ampoulés ou préfabriqués. Le propos peut sembler convenu, il n’en est pas moins sincère, à l’image de cette musicienne débarquée dans le paysage musical hexagonal voilà déjà plusieurs années mais portée sur le devant de la scène par un premier opus sorti au printemps 2018 et qui a mis tout le monde d’accord.

Clara Luciani, dont le nom trahit les origines corses (par un grand père paternel qu’elle n’a malheureusement pas connu) a grandi dans les confins de Marseille et a très vite compris que sa voie ne serait pas tracée par les études d’histoire de l’art qu’elle avait pourtant entamées avec conviction. A vingt ans, sa rencontre avec les membres du groupe « La Femme » signe le tournant. Elle en devient l’une des voix féminines et enregistre deux titres sur « Psycho Tropical Berlin », en 2013. Elle migre ensuite vers d’autres projets, accompagnant sur scène Raphaël ou assurant la première partie de Benjamin Biolay mais laissant déjà l’envie à son auditoire de la retrouver plus longuement sur scène.

Souriante, dominant ses troupes du haut de son mètre quatre-vingt-deux, Clara Luciani a l’énergie contagieuse et la fermeté pleine de douceur. Aucune agressivité dans ses propos même si elle n’hésite pas à affirmer qu’elle « pourra dégoupiller la bombe qu’elle cache sous son sein » s’il le fallait, comme elle le dit dans « La Grenade », titre fort de l’album sorti en avril dernier. Là où d’autres déclinent la haine et les rancoeurs, la jeune femme préfère miser sur la parole, l’échange et la compréhension. La vengeance est une option qu’elle ne choisit pas. 

« La Baie » est un très bel hymne à l’harmonie des sexes tandis que « Drôle d’époque » ne cache rien des incertitudes sur la place de la femme. A l’aise derrière son micro, d’une complicité évidente avec ses quatre musiciens, Clara Luciani est toute aussi affirmée lorsqu’elle s’empare de sa guitare. On sait la relativité des comparaisons mais il y a en elle quelque chose de Françoise Hardy. Une Françoise Hardy à la voix grave et chaude, dont les partitions seraient remixées par Gainsbourg ou Mac Cartney.

Le public écoute avec attention et salue chaque titre avec enthousiasme. Initialement prévu dans la salle Micro de Stéréolux, le concert avait rapidement du migrer vers la salle Maxi tant la demande était forte et il s’est joué à guichets fermés comme la plupart des dates de la tournée la jeune femme. Après avoir partagé une quinzaine de titres bouleversants ou plus dansants, Clara Luciani s’en est pourtant allée. Elle a gravi sa  « Sainte Victoire » en beauté et ses fans sont à l’évidence prêts à la suivre dans tous ses prochains Everest.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

FRANCOFOLIES 2018: Programmation sans fausse note!

Du 11 au 15 Juillet, La Rochelle vivra au rythme de la 33ème  édition des Francofolies. Orelsan, Suprême NTM ou Véronique Sanson, Shaka Ponk, Julien Clerc ou Ben Mazué, la liste des invités est longue et la fête promet d’être belle. 

Trente-trois ans désormais que l’on se demande quelle sera l’affiche des Francos, l’un des plus fameux festivals de l’été en France. Une sacrée réussite qui ferait presqu’oublier que le pari était loin d’être gagné quand Jean-Louis Foulquier, alors emblématique promoteur de la chanson française sur les ondes de France Inter, décidait de lancer à la Rochelle une manifestation dans le prolongement de ses émissions. Avec priorité donnée aux artistes d’expression francophone et des scènes offertes à la jeune génération. Francis Lalanne, Jacques Higelin, les Rita Mitsouko, Diane Dufresne, entre autres, avaient accepté la première invitation. Des centaines d’autres se sont ensuite pressés pour faire vibrer la place Saint-Jean d’Acre et ses milliers de spectateurs.

Le parcours n’a cependant pas été linéaire avec d’inévitables problèmes techniques ou financiers, des années « sans » quand la météo décidait de se mettre à l’orage, des inquiétudes sur la pérennité de l’évènement, la disparition en 2013 de Jean-Louis Foulquier, des artistes qui se la jouaient divas, une fréquentation en dents de scie (130.000 spectateurs en 2014, 20.000 de moins l’année suivante et puis plus de 155.000 en 2017)… Mais force est de constater qu’aujourd’hui le navire « Francos » est largement sorti des mers agitées et flotte avec assurance avec plus de quatre-vingt concerts en cinq jours répartis sur six scènes. Les « Chantiers des Francos » sont devenus une référence en matière de formation et d’accompagnement des artistes émergents, « Francos Educ » valorise la chanson française en milieu scolaire.

Les « Francos » elles mêmes se sont exportées et brillent à Montréal depuis bientôt trente ans, à Spa en Belgique, depuis vingt-quatre. Et il y a même eu quelques détours par le Brésil et le Chili, l’ Allemagne, la Suisse, la Nouvelle Calédonie et la Réunion.

Loïc Nottet.

Véronique Sanson.

Calogero.

Suprême NTM.

Pour cette nouvelle édition, du mercredi 11 au dimanche 15 juillet, la Rochelle accueillera notamment Orelsan, Jain, Shaka Ponk et a même réussi à accrocher Suprême NTM, le tandem Joey Starr-Kool Shen s’étant reformé  récemment pour quelques dates. Choisir serait renoncer et attendre pour prendre son billet serait risquer de passer à côté d’un temps fort alors mieux vaut ne pas se laisser prendre par les délais.

Mercredi 11 juillet : Calogero, Raphael, Loïc Nottet et la « Fete à Véronique Sanson » qui permettra de retrouver Alain Souchon, Vianney, Tryo, Jeanne Cherhal… En 1994, Véronique Sanson signait «  Comme ils l’imaginent », l’album live enregistré aux Francos lors d’une grande fête de duos masculins. Vingt quatre ans plus tard, elle souhaite une fois encore ce moment de partage assez unique avec, évènement dans l’ évènement, la présence de son fils, Christopher Stills et du père de ce dernier, Stephen Stills, venu tout spécialement de Los Angeles. Ce sera seulement la deuxième fois que le trio chante ensemble en France.

Jeudi 12 Juillet : Suprême NTM, Damso, Thérapie Taxi et plein de surprises

BigFlo et Oli.

Shaka Ponk.

Orelsan.

Jain.

Mc Solaar.

Vendredi 13 juillet : Shaka Ponk est de retour et va encore une fois remplir, Big Flo et Oli dont c’est vraiment l’année, Lorenzo, Berywam

Samedi 14 Juillet : Orelsan, le multilauréat des dernières Victoire de la Musique que tout le monde s’arrache et qui joue partout à guichets fermés, Jain, Jeanne Added, et l’impressionnant Eddy de Pretto, dont l’ascension est aussi fulgurante que justifiée.

Dimanche 15 Juillet : Mc Solaar, « Birkin Gainsbourg » le symphonique, qui promet un moment de pure émotion et de grande beauté, Brigitte, Juliette Armanet.

Pomme.

Angèle.

Ben Mazué.

Se produiront également sur la scène du théâtre de la Coursive ou au Théâtre Verdière : Pierre Lapointe, Clara Luciani, Nolwenn Leroy, Julien Clerc, Pomme, Aldebert, Nicolas Peyrac, Bill Deraime, le breton Gilles Servat, Fred Blondin, Angèle, Gaël Faure, Arthur H, Ben Mazué…

Si le regard sur les chiffres n’est pas une donnée artistique, il n’en reste pas moins le meilleur des baromètres. Gageons que l’édition 2018, si la météo sort également ses meilleurs atours, devrait frôler avec les sommets du compteur.

– billeterie et renseignements sur http://www.francofolies.fr