FRANCOFOLIES DE LA ROCHELLE 2019 : MIXAGE GAGNANT

Les Francofolies de la Rochelle souffleront leurs 35 ans du 10 au 14 Juillet prochains. Pour célébrer l’évènement, la programmation a vu les choses en grand. Patrick Bruel, -M-, Christine and the Queens, Soprano ou bien encore Coeur de Pirate, Angèle, Alain Chamfort, Benabar ou Lomepal, la fête sera belle sur les rivages charentais.

Evidemment, il y a le cadre. Difficile de le nier, la Rochelle, ses quais animés, son Vieux Port, ses rues piétonnes qui vibrent au rythme des échos du parking Saint-Jean d’Acre voisin, ces foules assises de l’autre côté du chenal faute d’ avoir pu trouver le précieux sésame permettant l’accès aux cinq soirées les plus festives de l’année, tout cela fait aussi partie intégrante de la magie des Francos, de cette ambiance que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Mais la beauté du site ne fait pas tout, le soleil couchant sur les bateaux de l’école de voile jouxtant la grande scène n’ a en son temps pas suffi à endiguer la fuite du public. La météo (seul facteur imprévisible) n’avait pas aidé mais elle n’explique sans doute pas tout. Après une légère refonte, les Francofolies ont repris du poil de la bête et s’affirment depuis plusieurs années comme l’un des festivals majeurs, l’un des grands rendez-vous de l’été.

Les fameuses « Fêtes à… » voulues par Jean-Louis Foulquier, le père fondateur, mettant autour d’un invité central une bande de copains, ont laissé des souvenirs inoubliables. Les concerts plus intimistes dans la jolie salle de la Coursive ont permis des découvertes (ou redécouvertes) d’artistes comme Ben Mazué, Albin de la Simone. Les Francos se dispersent aussi dans d’autres lieux de la ville pour des moments à part et puis il y a en parallèle, les Chantiers des Francos, cette pépinière de jeunes talents où l’on se bouscule désormais pour intégrer ce qui s’est affirmé comme une référence importante pour la suite d’une carrière.

L’an dernier, Orelsan, Shaka Ponk, BigFlo et Oli mais aussi NTM et MC Solaar avaient emporté la foule dans des concerts de pure folie. Sans oublier Véronique Samson, qui retrouvait pour l’occasion sur scène Christopher et Stephen Stills, son fils et son ex compagnon.

Cette année, l’affiche mise sur -M-, dont la tournée ne pouvait faire l’impasse sur La Rochelle. Egalement présents le 10 juillet jour d’ouverture, Angèle, Gaëtan Roussel, Camélia Jordana et Bertrand Belin ou bien encore Radio Elvis, l’un des groupes français en pleine ascension.

Christine and the Queens (qui souhaite se faire appeler Chris désormais) se produira le 11 Juillet, tout comme The Blaze, Synapson, Deluxe, Hocus Pocus (qui pour l’occasion invitera C2C) Alltta et Parrad, Kimberose, Vendredi sur Mer. Ce jour là offrira aussi le plaisir de retrouver Dick Annegarn.

Mass Hysteria // 12 Juillet // La Sirène. 

Coeur de Pirate // 12 Juillet // La Coursive.

Lomepal // 12 Juillet // Scène Jean-Louis Foulquier.

Si la soirée précédente faisait la part belle à l’electro, celle du vendredi 12 sera marquée par une montée en puissance des décibels et une présence plus inédite d’un rock à la frontière du metal. Mass Hysteria, qui semble truster des chemins plus mainstreams après l’incroyable succès de la tournée de « Matière Noire » laissera exploser ses riffs sur la grande scène, tout comme les incomparables nantais d’Ultra Vomit et leur heavy metal parodique ou bien encore Pogo Car Crash Control. Autres artistes de cette journée où choisir sera difficile, Coeur de Pirate, IAM Symphonique, Lomepal, la jeune Aya Nakamura, Columbine, Minuit et Renan Luce qui revient avec un nouvel album prometteur.

Mixité des genres réussie le 13 juillet avec Jean-Louis Aubert, qui s’est produit précédemment dans beaucoup de théâtres ou lieux plus petits que ceux auxquels il était habitué, Broken Back, la Grande Sophie et son univers entre force et poésie, Alain Chamfort, dont le dernier opus est tout en émotion, Canine, L.E.J., Boulevard des Airs, qui enchaîne les concerts à guichets fermés et Soprano, reparti en mars sur les routes avec un show encore plus impressionnant que son Everest précédent.

Jean-Louis Aubert // 13 Juillet // La Coursive.

Charlotte Cardin // 14 Juillet // La Coursive.

Jérémy Frérot // 14 Juillet // Scène Jean-Louis Foulquier.

Zazie // 14 Juillet // Scène Jean-Louis Foulquier.

Histoire de boucler la fête en beauté en ce jour de 14 juillet, les Francos ont convié Flavien Berger, Bénabar (dont le sens de la fête n’est plus à démontrer) et ses invités surprise, Joyce Jonathan, la très belle canadienne Charlotte Cardin, Jérémy Frérot, qui n’a plus son acolyte pour partager l’espace mais n’a visiblement rien perdu dans le coeur de ses fans si on en juge par la facilité avec laquelle il remplit les salles, Zazie qui a signé un retour en beauté avec son dernier album dont les ventes se sont envolées, les corréziens de Trois Cafés Gourmands et Patrick Bruel dont le dernier spectacle a vu les choses en grand et qui prouve plus de trente ans après la Bruelmania qu’il reste l’un des ténors de la chanson française.

La liste est longue mais loin d’être exhaustive. La folie va jouer franco sur les scènes rochelaises, entre surprises et audace, poids lourds de la scène et artistes en plein essor, la 31ème édition devrait faire du bruit.

Magali MICHEL.

www.francofolies.fr

Charlotte Cardin a tous les atouts dans son jeu !

 Ce 20 Novembre sur la scène de Stéréolux (Nantes), Charlotte Cardin enfonce le clou pour nous rappeler que la distribution des cartes a mis la justice en joker alors que d’autres ont la paire gagnante : la beauté et le talent. A 24 ans, la québécoise déjà star en ses terres natales, conquiert tranquillement le Vieux Continent grâce à une voix unique et des chansons dont elle signe paroles et musique. En anglais et en français. De quoi doubler la mise et avoir tous les atouts dans son jeu.

A huit ans, fascinée par Céline Dion, Charlotte Cardin prend ses premiers cours de chant, encouragée par des parents mélomanes davantage fans de Led Zep. A quinze ans, pour donner de la liberté financière à ses envies, Charlotte Cardin devient mannequin grâce à un physique longiligne et une belle tête sur un port altier. Trois ans plus tard, le public québécois la retrouve dans « The Voice » où elle grimpe jusqu’en finale et accroche Garou qui la convie en première partie de ses concerts. 

Parfaitement bilingue, la jeune femme ne s’embarrasse pas des codes et ne cherche pas à se glisser dans les cases trop vite fabriquées de l’industrie musicale. Ses goûts la portent vers la soul, le jazz, le trip-hop et bien sûr la pop pour laquelle elle avoue une passion. Mais elle se fie des références et sa première envie est de ne pas être réduite à son physique, raison pour laquelle elle se présente sur scène sans « tenue » de lumière. Un tee shirt immaculé, un pantalon noir à pinces, des bottines noires… difficile de faire plus sobre. Et un clavier tourné vers le public simplement portant son nom pour toute décoration, comme si elle doutait encore et pensait que se présenter était encore nécessaire. 

Cette envie d’être fidèle à ce qu’elle est, de la jouer sans artifices, se retrouve dans ses titres. « Main Girl », véritable succès des deux côtés de l’Atlantique, parle vrai. Au Québec, avec seulement deux EP, Charlotte Cardin remplit des salles immenses. En Europe, le succès est en train de s’installer sûrement tandis que sur YouTube ses vidéos se voient par millions. 

Joueuse, la musicienne brouille les cartes sans bluffer pour autant. « Dirty Dirty », qui n’est pas sans rappeler Amy Winehouse, ne semble pas avoir grand chose en commun avec « Faufile » , le tubesque « California » ou bien encore « Big Boy », mais chez la jeune femme, le jazz voisine superbement avec la soul et les mélanges sont toujours des recettes à succès.

Charlotte Cardin aura vingt-cinq ans dans quelques semaines. Le monde lui fait des yeux doux. La partie est lancée et n’est pas prête de s’arrêter.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.