Le nouveau single de Charlie Boisseau: une « Erreur » qui vise juste

C’est par une « Erreur » que Charlie Boisseau poursuit la route qui le conduira à son second album. Un titre plus personnel après les très cadencés « On se fait la gueule » et «Balivernes». Un titre sans faux semblant pour lequel il a signé paroles et musique. Plutôt bien vu car Charlie Boisseau ne s’est pas trompé si l’on en juge par sa percée dans les playlist des radios. 

Si l’on devait comparer « Erreur » à l’un de ses précédents morceaux, ce serait sans doute à « Pourquoi tu t’en vas ? » mais avec un phrasé, des expressions plus actuels. Finalement logique quand on découvre que c’est Charlie Boisseau lui-même qui pose désormais ses mots sur ses notes. « J’ai toujours eu cette envie ancrée en moi mais je manquais de confiance et puis il y a un coté prétentieux quand des auteurs de la trempe de ceux que j’ai eus pour mon premier album proposent des chansons et que vous leur dites : « Non merci, c’est gentil mais je préfère ce que je fais. » Quand vous débutez, il faut savoir écouter, faire confiance aussi. Et puis vient le moment où vous sentez que vous pouvez y aller. C’est un double plaisir mais c’est aussi une double difficulté.  Comme je suis sans concession avec moi-même, il faut du temps avant que je me décide à considérer un titre comme fini, » reconnait-il en souriant.

Malgré le succès, Charlie Boisseau a conservé sa modestie et un sens du labeur proche de l’artisan. Il aurait pu se draper dans la mise en lumière offerte par la troisième saison de «The Voice» et sa présence très remarquée jusqu’aux quarts de finale, le succès de son rôle de Lancelot du Lac dans la comédie musicale « La Légende du roi Arthur » avec Florent Mothe et Camille Lou mais cela n’aurait pas été « normal » pour un trentenaire qui a toujours voulu conserver les pieds sur terre, ses racines alésiennes et des valeurs distillées par une famille qui ne le laisserait pas attraper la grosse tête. Il n’a donc jamais joué la carte de la précipitation et il a fallu attendre octobre 2017 pour que sorte « Acte I », son premier opus. Treize titres dont les magnifique « J’en ai des tas » et «Pourquoi tu t’en vas? » 

« J’ai de la chance, Scorpio, ma maison de disques, me suit dans mes projets et est partante pour accompagner les singles de clips afin de pouvoir leur donner encore plus de visibilité. Je ne sais pas encore si « Erreur » bénéficiera lui aussi de ces images car on attend de voir comment il est recu. Le démarrage est plutôt bon, de plus en plus de radios l’inscrivent dans leur playlist, alors espérons pour la suite… »

Les réactions du public, Charlie Boisseau a aussi eu l’occasion de les constater en assurant la première partie de plusieurs concerts d’Amir. « Je lui suis éternellement reconnaissant. C’est un type super, un artiste hyper doué. J’ai vécu, en ouvrant pour lui, des moments exceptionnels dans des salles bondées qui me réservaient un accueil incroyable, comme s’il s’agissait de mon propre public. Ca reste vraiment des souvenirs très forts. »

Autres prestations à succès, celles que le jeune homme a réalisé lors de plusieurs finales régionales de Miss France. Camille Cerf, ex Miss France, ne manque jamais l’occasion de faire la promo de Charlie Boisseau. De là à imaginer que la collaboration avec le Comité Miss France se décline encore sous d’autres formes… tout est possible.

Entre deux morceaux pour lui, Charlie Boisseau a également signé « C’est plus facile avec vous », pour la jeune Emma, gagnante de la saison 5 de The Voice Kids, une très jolie ballade où elle évoque les difficultés de la vie adoucies par le soutien du public. « Je suis fier d’en être l’auteur et d’avoir bossé avec une équipe de choc. Ecrire pour les autres est aussi l’une de mes grandes ambitions. Je pense être plus armé pour le faire désormais, j’écris beaucoup, je compose sans arrêt… Il ne restera plus qu’à avoir l’audace de faire parvenir tout cela à son destinataire… »

D’ici un an, probablement à l’automne 2020, Charlie Boisseau devrait avoir bouclé son nouvel opus. Entre deux concerts et trois écritures pour les autres. Un album personnel, qui parlera évidemment d’amour « car le thème est incontournable et base de tout dans la vie », qui évoquera également des choses que j’ai vécues mais pas seulement car l’actualité livre des sujets qui ne me concernent pas forcément en tant que tels mais pour lesquels je me sens très concerné. Je signerai à priori une partie des paroles et musiques. Cet album me ressemblera à 100%. Se ressembler sans trop en dire, ne pas se trahir et rester exigeant. » 

A l’heure où certains enchainent les albums de façon mécanique, Charlie Boisseau opte pour le rythme lent du cousu main. Preuve que l’on peut être de son temps mais afficher la philosophie des vieux sages. Il n’y a que l’ « Erreur » volontaire qui est belle. Et la sienne est réussie.

Magali MICHEL.

Crédit photos presse et pochette // Sophie BRANDET.

Charlie Boisseau accélère le rythme !

Le 13 Avril, Charlie Boisseau présentait son nouveau single. Une chanson écrite par Ycare  et qui ne figure pas sur « Acte 1 », son premier album, sorti en octobre dernier. Un détour extérieur porté par des rythmes inédits que l’intéressé défend avec passion, enthousiaste à l’idée de poursuivre sa route en brouillant les cartes mais sans jamais se perdre de vue.

Entre vitesse et avancée progressive, Charlie Boisseau ne veut pas choisir, lui qui compose avec son impatience et les pauses qu’il sait nécessaires à ses partitions. Si l’artiste, perfectionniste revendiqué, aime que les choses mûrissent, qu’elles aient la couleur exacte qu’il leur a imaginée avant de les laisser s’échapper, il a aussi, en jeune homme bien de son époque, le goût de la course, ce sens du rythme et cette envie de donner parfois quelques coups d’accélérateur. Assez logique quand on voit le rythme auquel certains artistes soumettent les sorties de leurs singles. Mais à force de remplacer l’un par l’autre, on finit aussi par tout effacer et à ne plus laisser la moindre empreinte dans les mémoires, travers que Charlie Boisseau ne veut pas absolument pas risquer. 

En Janvier 2017, lorsque « J’en ai des tas », premier extrait de son opus à venir, est sorti, il a quand même trouvé la parade pour tromper l’ impatience et poursuivre le partage en tournant le clip éponyme. L’album est sorti en octobre et un mois plus tard, il tournait déjà un autre clip, celui de « Pourquoi tu t’en vas ». A l’heure où les maisons de disques rechignent souvent à multiplier les réalisations, la sienne, Scorpio Music, l’accompagne et lui permet d’aller encore et encore de l’avant. Assez rare pour être souligné.

Mais ce serait mentir que de penser que tout cela suffit à calmer ses ardeurs, son trop plein créatif, sa fébrilité à la perspective de sa première grande scène parisienne cet automne. Alors Charlie Boisseau compose. De jour comme de nuit. Peu importe la valse des heures, il enchaine les accords et pose les mots dans cette déferlante de contre temps. Sans doute pourrait il enregistrer déjà son Acte 2, (voire même 3 !) avec tout ce qu’il a en réserve. Mais l’heure n’est pas à ces éditions potentielles qui n’auraient, affirme t’il, que le goût de l’approximatif. Si Charlie Boisseau passe autant de longues heures en studio, c’est pour travailler encore et encore, bosseur infatigable, des chansons qu’il habillera de tonalités nouvelles, magnifiques variables d’ajustement.

Et puis au milieu de tout çà, il lui arrive de pousser la note sur des titres que d’autres sont venus lui présenter. Lorsque l’évidence est là, nulle place pour les états d’âme d’auteur, il fonce. C’est ce qui c’est passé avec « Tellement belle (Auf wiedersehen), écrit et composé par Ycare (ex Nouvelle Star, compositeur désormais ultra sollicité). Le rythme hyper entraînant est d’une efficacité redoutable et ferait bouger le plus timoré des danseurs. Une écoute et c’est déjà en tête, atout majeur pour une chanson qui doit trouver sa place dans les playlist où durer est un défi permanent. La voix de Charlie Boisseau le porte de façon magistrale. Le clip, sorti dans la foulée, séduit. 

« Je suis un type joyeux qui fais des chansons tristes. Souvent ! Mais j’aime aussi quand ça bouge et que ça décale, » commente le musicien. « Quand j’ai entendu « Tellement belle », j’ai eu un vrai coup de coeur et je n’ai pas douté. Il y a une énergie folle dans la musique et ce truc en plus qui donne envie de chanter et de bouger alors que les paroles ne sont quand même pas d’une gaité folle. J’adore ça. En live, comme j’ai encore pu le constater lors de ce show case organisé par Radio Oxygène à Angers, le titre montre toute sa dimension et est repris spontanément par le public. C’est le meilleur des signes, non? Certains ont pu s’étonner que ce nouveau single ne provienne pas de mon disque mais quelle importance? C’est un plus, une branche supplémentaire qui ajoute au reste, une envie de cette ambiance là à ce moment là, avant de retourner extraire une autre de mes chansons.»

Le 14 Novembre prochain, Charlie Boisseau vivra sa première grosse date parisienne à l’ Alhambra. Il l’attend avec une fébrilité mêlée d’enthousiasme. L’équipe de se musiciens est au complet, il a déjà pensé aux invités surprise qui le rejoindront le temps d’une chanson mais il n’a pas encore bouclé la mise en scène, la set list. Il veut que ce soit parfait de chaque coté de la scène. Alors, « parce que je sais que l’été passe très vite et que le temps finit toujours pas manquer », il va déjà commencer à répéter, entre deux shows case et trois nuits en studio. 

Pressé, peut être. Mais exigeant et convaincu que le chemin ne pourra aboutir qu’ à force de travail et de « bel ouvrage ». Il en oublierait presque son talent, pourtant bien en place. Charlie Boisseau, l’impatience tranquille.

Magali MICHEL.

Crédit Photos // Sophie BRANDET.

Les belles histoires en « ACTE 1 » de Charlie Boisseau !

Il a pris son temps, plus de temps que prévu même probablement, mais cette fois Charlie Boisseau peut laisser s’échapper les treize titres d’ « Acte 1 ». Un premier album qu’il a enregistré avec passion, soucieux du moindre détail. En veillant à l’harmonie générale, il cherchait aussi à ne surtout pas se perdre de vue pour livrer un disque qui lui ressemble pleinement. Objectif largement réussi.

Alors que chaque dernière de comédie musicale laisse sur le sable des dizaines de chanteurs portés par l’espoir de livrer « leurs » compositions, certains se laissent tenter par les sirènes de labels qui, au final, ne leur donneront aucune carte blanche mais leur feront poser leurs voix sur des partitions écrites par les compositeurs maison… pour des paroles qui ne leur ressemblent en rien. Louis Delort (finaliste de The Voice, « 1789, les Amants de la Bastille ») a ainsi repris sa liberté et refusé de poursuivre avec un second album dans lequel il aurait  encore l’impression de se trahir. Le jeune homme a préféré s’éloigner et c’est sur la base d’un crowdfunding largement réussi qu’il peaufine actuellement ses prochains titres.

David Ban, auteur-compositeur-interprète vu, pour les plus récents, dans « 1789, les Amants de la Bastille », Flashdance » et « Les Trois Mousquetaires » a pris son temps, bénéficié d’un crowdfunding au succès spectaculaire puis veillé sur chaque étape comme un artisan entrepreneur pour sortir au début de l’été un disque magnifique, « L’ Alpagueur » qui n’obéit à aucune concession. Florent Mothe (« Mozart, l’Opéra Rock ») avait lui aussi souvent expliqué ne pas vraiment se reconnaître pleinement dans son premier opus. « Danser sous la pluie », sorti en 2016, n’a sans doute pas encore trouvé sa vraie destinée mais l’album porte de très beaux textes, c’est musicalement réussi et la réalisation est aussi moderne que léchée.

Dans ces torrents d’incertitudes qui charrient plus de désillusions que de succès, où le talent seul ne sert quasiment à rien, Charlie Boisseau a donc eu de la chance. Et c’est sans doute ce facteur là qui lui permet de faire la différence et livrer ce 6 octobre un premier album à son image, dans lequel rien n’a été décomposé pour copier-coller ce qui tourne en boucle dans les radios. Rien n’a été imposé, ni paroles ni musiques. Et cette opportunité là, exceptionnelle, c’est à sa rencontre avec Jeff Barnel qu’il la doit. Le compositeur de tant de succès (« Salma ya salama », « Mourir sur scène » pour Dalida, « Le géant de papier » pour Jean-Jacques Lafon, « Salut à toi l’artiste », pour Nicole Rieu lors de son passage au concours de l’ Eurovision 1975… Excusez du peu! et puis tant d’autres titres pour Ginette Reno, la grande star québecoise, Demis Roussos, Claude François, Marie Laforêt, Herbert Léonard…) l’a découvert tout bêtement en regardant la troisième saison de « The Voice » en 2014. Et il a  immédiatement cru dans le talent de ce jeune candidat encore un peu gauche, aidé de sa seule guitare mais laissant déjà voir tout son potentiel artistique grâce à une voix incomparable.

Trois ans de complicité et un passage de Charlie sous la cotte de maille de Lancelot pour la « La Légende du Roi Arthur » plus tard, la patience et le travail ont payé, le respect et l’amour réciproques de ces deux là ne se sont jamais démentis, bien au contraire. Ils pourraient être père et fils mais à les observer vivre, on dirait plutôt deux frères, deux amis qui se chicaneraient sans arrêt, le plus jeune sachant parfaitement ce qui fait réagir son aîné, lequel veille tel un Gemini Cricket sur le parcours artistique de son cadet aux allures de chien fou.

Ce soir de fin septembre au Réservoir, le club néo baroque de Paris, il le sollicite Charlie Boisseau son producteur-mentor. Stressé par ce show case qui livrera une huitaine de titres sur les treize que compte l’album, il veut que tout soit impeccable et s’inquiète du moindre détail.  Pas de quoi déstabiliser Jeff Barnel qui a trop vécu pour mettre à mal sa force tranquille. Même si son propre calme n’est qu’apparence, il tient le cap en souriant. Il sait que son protégé embarquera la salle.

Une heure plus tard effectivement, Charlie Boisseau et ses quatre musiciens ont été longuement ovationnés. Si certains titres forts comme « Perdue » (magnifiquement poignant, en toute subjectivité assumée) n’ont pas été de la partie, « La vie en deux », la bouleversante « Naufragé », «Aime moi moins fort» qui sous ses airs dansants permet de belles envolées vocales et bien sûr, «J’en ai des tas», le premier extrait largement plébiscité, ont reçu une ovation légitime. Mention spéciale également au deuxième single «Pourquoi tu t’en vas» (qui a même été rejoué dans une magnifique version piano-voix), qui marche déjà très fort.

Au milieu de ses musiciens, seul au piano ou avec  sa guitare, Charlie Boisseau aime la scène et cela se voit. Il a gagné en maturité pendant la réalisation de son album, affirmé sa voix. Les mois de comédie musicale lui ont donné une autre aisance et il n’hésite pas à bouger davantage (ce n’est pas encore suffisant pour « Danse avec les Stars » mais en bossant encore un peu le jeu de jambes, ça peut se tenter). Souriant. Toujours. Un peu rassuré peut être aussi par ces échos largement positifs.

« C’est vrai que la date de sortie initiale a été repoussée, pour des raisons multiples, des choix de réalisation, des hésitations sur le nombre de titres. Mais avec le recul, je pense que ce parcours a été nécessaire et a permis cet « Acte 1 » dont je suis très fier et très heureux, » commente Charlie Boisseau au lendemain de son concert. « Les show cases que nous avons faits cet été, ce concert hier soir qui était en quelque sorte ma première date parisienne, ont permis de voir les réactions des spectateurs, les morceaux sur lesquels les gens semblent le plus accrocher. C’est toujours très émouvant de voir un public reprendre tes chansons. Tous les chanteurs font ce métier pour connaître ça. J’ai hâte désormais que l’album sorte. Et que la tournée se mette en place. »

« C’ est vrai que j’ai eu de la chance. Jeff (Barnel) m’a appris énormément. Il me fait confiance dans mes choix, il se passionne et quand je suis au piano, que je fredonne en yaourt, je le voix parfois surgir de la pièce voisine et dire « enregistre, enregistre! » Cet enthousiasme est tellement positif, un appui incroyable. Lorsqu’il est sceptique, je peux hésiter mais je me range souvent de son avis car son expérience et ses qualités de musicien sont incontestables. Comme j’écris énormément, parfois trois chansons par jour, savoir faire le tri entre ce qui mérite d’être conservé ou pas, n’est pas toujours simple. Mais Jeff est là qui veille! » lance le jeune homme en riant.

Il écrit, il compose et… il chante Charlie Boisseau. Lorsqu’il évoque ceux qui l’inspirent, ce qu’il écoute dans son ipod ou à la radio, il traduit en chantant. Que ce soit Slimane, Big Flo et Oli, Ben Mazué, Aliose ou Julia Michaels, il fredonne leurs refrains. Spontanément. Puis conclut par un «j’adore!» enthousiaste.

Plus que quelques heures et les trois coups d’ « Acte 1 » résonneront. Les treize titres jouent la diversité des émotions comme des rythmes et composent un album équilibré, plein de toute la personnalité de son auteur. « Jonathan » qui aborde le thème de la transplantation cardiaque,  «Naufragé», superbe et ô combien d’actualité sur la question des migrants, « Perdue », entendue avant l’album dans une version piano-voix mais trouvant ici un autre magnifique habillage à la guitare, il est bien difficile de dire ceux qui visent le plus fort. Si chacun aura ses préférences en fonction de ses sensibilités (comment ne pas citer « A contre amour »?), il en est une qui devrait mettre tout le monde d’accord et signe le tube en devenir, c’est « Rien ». Et ce rien là est énorme. Lever de rideau le 6 Octobre, « Acte 1 » sera alors dans les bacs, avec une surprise à la clé: l’annonce d’un concert à l’Alhambra (Paris) le 28 mars prochain.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– Pour réserver vos places pour le concert à l’Alhambra, Paris: http://www.alhambra-paris.com/charlie-boisseau – 

Charlie Boisseau : un premier album qui va créer la surprise

Il a les apparences contre lui : un accent ensoleillé porté par une voix douce, un physique de beau gosse et un sourire spontané. De quoi en faire un prince éternel dans des imaginaires trop sensibles au formatage et le cantonner dans des mélopées dégoulinantes de mièvrerie faussement romantique. Charlie Boisseau (ex The Voice, ex « La Légende du Roi Arthur ») est pourtant loin de ce portrait réducteur et il ne s’y laissera pas enfermé. Souriant, incontestablement, dissipé tendance blagueur, voire même adepte de la vanne dont il est le premier à rire en plissant son regard azur (tant qu’à faire, autant avoir le kit intégral), il est avant tout un artiste complet, auteur-compositeur-interprète, qui sait exactement… ce qu’il ne veut pas. En janvier, sortira le single issu de son tout premier album. Attention : la surprise est de taille. Ca va faire du bruit.

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Il n’a pas trente ans, s’est fait connaître il y a à peine plus de trois ans mais donne l’impression d’avoir déjà vécu plusieurs vies. Sa longue silhouette blonde laisserait supposer son lot de candeur alors que ce jeune homme à l’allure d’éternel adolescent taille sa route avec détermination, la certitude de ses envies, ses coups de coeur pour marche-pieds, l’énergie et la passion pour moteur.

Ceux qui se souviennent de sa première prestation devant les juges de la saison 3 de « The Voice » en 2014 sont finalement les moins surpris par ce parcours sans temps morts.  S’accompagnant à la guitare, il lui avait suffi de quelques secondes pour donner à Garou l’envie de se retourner grâce à une interprétation très personnelle de la célébrissime « Que je t’aime » de Johnny Hallyday. Des envolées haut perchées, une présence évidente malgré un jeu d’instrument encore timide, Charlie Boisseau avait crevé l’écran. Il ne le savait pas encore mais ses rêves d’artiste venaient de trouver leur appui. Les quarts de finale sonneront le glas de sa présence dans l’émission mais le jeune alésien, encore infirmier de son état, n’était pas prêt de retrouver les couloirs de l’hôpital.

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C’est Dove Attia himself qui a signé la piqure du rappel. Un artiste venait de lui faire faux bond alors que le casting de sa nouvelle comédie musicale, « La Légende du Roi Arthur » avait été révélé et la promotion largement entamée. Il s’est aussitôt souvenu de ce jeune homme aperçu dans The Voice, à la personnalité et au physique idéal pour reprendre le rôle de Lancelot du Lac. « A priori, je ne m’étais pas projeté dans ce genre de projet », observe Charlie Boisseau. « Mais quand Dove Attia en personne décroche son téléphone pour t’appeler, franchement… tu n’as pas beaucoup d’hésitations! Tu n’es personne, tu as tout à prouver, tu rêves de faire ce métier et le producteur du Roi Soleil, de Mozart, de 1789 dit qu’il te veut… J’aurais été qui pour refuser ? » Et il a bien fait quand on regarde l’intensité de ce passage sous cote de maille. Après des mois de succès au Palais des Congrès de Paris, une tournée triomphale à travers la France aux côtés de Florent Mothe, Camille Lou, Fabien Incardona et Zaho (entre autres), le jeune homme a conquis des milliers de fans!

« La dernière représentation a eu lieu à Lille en Juin mais c’est encore très présent. Cette période a été d’une intensité incroyable. Le maniement de l’épée, les combats, le jeu d’acteur, le chant… Il y avait tellement à maitriser. Les rencontres avec le public pendant les voyages de promotion ou pour les traditionnelles séances de dédicaces d’après représentations ont été très heureuses. Je me sens chanceux et reconnaissant pour ces gens qui date après date se sont mis à me soutenir. Le public des comédies musicales est réputé très fidèle et chaleureux, j’espère que mon disque leur plaira. Il me ressemble vraiment en tout cas. »

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Discret depuis le début de l’interview, Jeff Barnel approuve en souriant. Il est celui sans lequel cet album n’aurait pas pu voir le jour, l’autre composante d’un duo désormais indissociable. Celui qui a totalement été bluffé par ce jeune artiste osant imposer ses couleurs sur le tube mythique d’Hallyday. Le hasard de connaissances communes a permis de les réunir. Les dés étaient jetés. Et là, on ne peut s’empêcher de souligner la chance de Charlie Boisseau. Après Dove Attia, Jeff Barnel qui lui proposait de le produire… Jeff Barnel, le compositeur de nombreux tubes pour Marie Laforêt, Claude François, Herbert Léonard, Demis Roussos, de « Salut à toi l’artiste »interprété par Nicole Rieu au concours de l’ Eurovision en 1975 et de quelques uns des plus grands succès de Dalida. Durant plus de dix ans aux côtés de sa grande amie, il signe notamment « Salma ya Salama », « Mourir sur scène », « Pour en arriver là »… De quoi imposer le respect !

« Je me consacrais à d’autres activités et puis j’ai vu Charlie dans the Voice. Lorsqu’on s’est rencontré, j’ai vu la belle personne qu’il était en plus d’ être un artiste plein de talents. J’ai eu envie de reprendre du service pour l’accompagner. Et je dois reconnaitre que ça me rend très heureux. »

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Il suffit de les regarder fonctionner pour voir que la complicité n’est pas feinte et l’admiration réciproque. Ces deux là sont partis pour aller loin, Jeff Barnel apportant son sens de la composition, sa musicalité mais également son humour et ses anecdotes passionnantes dans la corbeille de ce binôme vraiment beau à observer tandis que Charlie Boisseau peut livrer en confiance ses textes, ses propres partitions et cette voix unique qui le rend immédiatement identifiable.

Ne restait plus qu’à trouver le label qui accepterait de signer ce premier album! Tache bien délicate dans un monde du disques en déliquescence, où acceptation signifie souvent auteurs et musiques imposés.. quand on n’est pas tout simplement rejeté. Mais Jeff Barnel n’est pas homme à renoncer. Il a pris son bâton de pèlerin et c’est finalement Scorpio Music, le label français indépendant fondé par Henri Belolo en 1976, qui a offert son contrat.

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Plus connu pour des artistes de dance et de black music tels que Martin Garrix, DJ Assad, Avicii, Hermes House Band (la reprise d’ « I will survive » qui a été un énorme tube), Village People, Scorpio a eu un véritable coup de coeur pour le projet de Charlie Boisseau et envie de miser sur cette nouvelle carte « chanson française ». « Je me sens extrêmement chanceux, » souligne l’artiste.

« Je n’ai aucune pression, aucune contrainte musicale. Je peux vraiment faire le disque qui me ressemble dans lequel figureront des textes, musiques, co-signées avec Jeff mais également des paroles d’auteurs qu’il connait depuis longtemps. Plusieurs titres sont déjà enregistrés. Les choses vont aller très vite désormais : tournage du clip du premier single dont la sortie est prévue courant janvier, séances studio pour les titres manquants… Je suis impatient de pouvoir tenir cet album mais au delà de cela, de le présenter et de recueillir les réactions du public. Le réalisateur est Thierry de Cara, à qui l’on doit le premier album des Fréro Delavega… Un grand professionnel dont les conseils sont précieux. L’équipe est vraiment belle et je suis chanceux, je vous dis !»

Impossible de déflorer le premier extrait. Mais une chose est sûre : ce mix gagnant d’un texte efficace signé Anne Sila (remarquée dans la saison 4 de The Voice), d’une musique entrainante qui reste en mémoire et d’une réalisation superbe envoie au delà de toute attente. La voix de Charlie Boisseau peut jouer sur toute la gamme. 2017 s’annonce grand et beau. Le rythme de cet incroyable parcours n’est pas prêt de ralentir.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET. Crédit photo plan large // Magali MICHEL.

– Un immense merci à Jeff Barnel, Charlie Boisseau, Thierry de Cara, pour leur accueil, leur disponibilité. Ce très joli moment restera en mémoire. –


« J’EN AI DES TAS », PREMIER TITRE TAILLE POUR LE SUCCES 

Le décompte avait été lancé voilà dix jours à grand renfort d’extraits de la chanson, d’images du tout premier clip accompagnant la destinée de ce titre chargé d’ouvrir la voix à l’album à venir. Le suspens a pris fin ce matin, « J’en ai des tas » est désormais en ligne (et téléchargeable sur toutes les bonnes plateformes, celles de téléchargement légal… car on ne répétera jamais assez l’importance du respect accordé aux artistes et des conséquence du piratage sur le métier).

Charlie Boisseau peut être rassuré : les commentaires sont enthousiastes et les compteurs s’envolent. On pouvait s’y attendre quand on avait eu le privilège d’une écoute en très large avant première. La chanson (écrite par Anne Sila), superbement réalisée par Thierry de Cara qui y a glissé toute sa griffe, permet à Charlie Boisseau de montrer toutes les couleurs de sa voix au grain si particulier, de jouer avec les envolées et les changements de ton. Impossible de résister ! Une seule écoute et le refrain s’impose déjà dans les mémoires.

Le clip, à la fois simple et original, inattendu, dégage une pureté qui n’exclue pas la sensualité. Parti pris audacieux mais qui semble là encore gagnant. L’album est annoncé dans les toutes prochaines semaines. Charlie Boisseau trace sa voix avec talent et un enthousiasme touchant que l’on a plaisir à partager.

M.M.

– Pour télécharger « J’en ai des tas »: https://charlieboisseau.lnk.to/V-ZokYD

 

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Impressionnant tournage pour la Légende du Roi Arthur

Après quatre mois de succès  au Palais des Congrès (Paris), « La légende du Roi Arthur » immortalise ses vingt tableaux, ses jeux de scène bluffants et ses partitions devenues tubes dans un DVD (et un film) en 3D dernier cri. Les trois jours de captation ont été menés à la baguette par une équipe coréenne et américaine surexpérimentée. Pour chausser les lunettes, il faudra juste un peu de patience…

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11h30 ce 8 janvier. Au Palais des Congrès, c’est déjà l’effervescence. Mais pour une fois, c’est au pied de la scène que le spectacle se déroule. Trois grues télescopiques et pas moins de quinze caméras ont remplacé les premiers rangs de fauteuils et se répartissent l’espace, prêtes à dégainer leur technologie dernier cri pour mettre en boite « La légende du Roi Arthur ». Aux manettes de ces trois jours de captation, Myron Jung, le réalisateur coréen à qui avaient déjà été confiés les tournages de « Mozart l’opéra Rock » et « 1789, les amants de la Bastille » et l’américain Mark H. Weingartner, le stéréographe 3D qui a fait ses gammes sur « Mission impossible », « Avatar », « Inception » ou bien encore « Pirate des Caraïbes ». Bref, pas franchement des bizuths!

Le foyer des artistes aussi a opéré une vraie mue et pris des allures de tour de contrôle, avec des écrans de télévision en mur circulaire et des ordinateurs que ne perdent pas du regard des visages hyper concentrés.

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Trois jours pour boucler ce qui n’est pas une simple captation puisqu’il faut compter avec les contenus audiovisuels hors normes du spectacle, c’est très court. Il ne faut donc pas se louper, avec cette difficulté supplémentaire que constitue la multiplicité des formats : outre les traditionnels TV, DVD, Blu-Ray et cinéma, l’équipe de production franco-coréenne a souhaité produire des versions du film en 10K2D (une résolution cinq fois supérieure au Full HD) et 4K3D,VR 360° (la réalité virtuelle en 360° expérimentée avec des équipements de type Oculus). Ce nec plus ultra de la technologie ne parle pas forcément au plus grand nombre mais il devrait offrir une version totalement unique et inédite du spectacle. Pour l’heure, jour 2 de tournage, il reste encore une captation à blanc (salle vide) à tourner et une dernière en soirée, avec un dispositif allégé, beaucoup plus discret surtout, afin de ne pas gêner le public.

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« Tournage dans dix minutes! Ok tout le monde ? Les danseurs d’ « Un nouveau départ », vous vous souvenez qu’on le refait sans Zaho qui parle ? Ok ? Alors merde, merde.. Toï Toï!! » Depuis la régie scène, l’assistante de Giuliano Peparini, le metteur en scène, glisse ses dernières recommandations. La troupe écoute dans un coin de scène, attentive.. et sans doute encore un peu endormie compte tenu de l’horaire assez inhabituel. Tamara Fernando (Leïa) ne peut d’ailleurs refouler un bâillement avant de reprendre des étirements studieux.

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Derrière les caméras, les techniciens discutent et reviennent sur le tournage de la veille. Quelques uns ont découvert les étendues de la 3D et en ont encore le vertige. « C’est totalement dingue… Habituellement, tu joues avec la caméra de façon à avoir de la profondeur de champs et là, impossible de resserrer car ça créée immédiatement des perspectives… Je suis bluffé. J’ai l’air d’un vieux nase mais franchement c’est dingue. Ce n’est plus le même métier en fait !! » Un cadreur traduit pour un homologue coréen qui approuve en riant, visiblement déjà convaincu.

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Dans les travées, David Alexis (Merlin) remonte avec ses deux complices… Un pied qui marche sur le manteau et la progression qui stoppe net. Sourires puis retour instantané à la concentration : là où le cinéma multiplie les prises, la concision du tournage ici n’autorise que modérément les ratés! Et c’est avec son jeu impeccable que l’acteur redescendra vers la scène, totalement dans son personnage.

Les caméras se déplacent, les grues viennent se poser au plus près des chanteurs, le ballet au pied de la scène comme aux abords des coulisses est incessant mais personne ne se laisse distraire. Alors que la salle offre un océan rouge de fauteuils vides, Florent Mothe (Arthur), Camille Lou (Guenièvre), Zaho (la fée Morgane), Fabien Incardona (Méléagant), Charlie Boisseau (Lancelot) et les autres jouent comme s’ils devaient emporter dans leur aventure les trois milles spectateurs habituels. Il flotte même comme une envie de convaincre encore plus forte, engendrée peut être par l’idée que cette représentation là serait définitive et gravée à jamais. Les voix sont calées, le jeu convaincant. Seul moment étrange, le temps de rupture entre deux scènes. Habituellement, il est comblé par les applaudissements. Là, il n’y a qu’un silence studieux.

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« Entracte, vingt minutes de pause! Ne vous éparpillez pas. On reprend aussitôt. Et dès que ça reprend, restez bien concentrés sur le son. Merci! » Fabien Incardona se pose un moment dans les fauteuils pour regarder les grues tentaculaires et discuter avec des techniciens. A l’autre bout de la salle, David Alexis discute lui aussi.

L’équipe coréenne part à la recherche d’un thé « ou d’un french coffee ». Une de leur représentante discute avec Dove Attia dans les hauteurs du Palais des Congrès. Cet Arthur, des années qu’il en rêvait. Dans ses rêves les plus fous, il se serait même bien vu donner une suite à ce premier volet pour boucler l’histoire, une sorte d’ « Arthur 2 » qui aurait donné vie à l’enfant de Morgane et d’Arthur et fait disparaître les héros,  comme dans les récits de la Table Ronde. C’est dire si cette signature des plus grandes comédies musicales des dernières années (on lui doit quand même Les 10 Commandements, le Roi Soleil, Mozart, l’Opéra Rock, 1789, les Amants de la Bastille, entre autres..) veille avec tendresse et gravité sur la vie de celui ci.

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Il a pris une part plus qu’active dans le scénario, les textes et les partitions mais il ne rechigne pas pour autant à porter des modifications si le jeu souhaité par son metteur en scène l’impose. Metteur en scène qui surgit d’ailleurs pour conseiller les cameramen. « Attention sur cette scène de la Table Ronde… Il ne voit pas car il a une capuche alors on fait gaffe… je ne voudrais pas qu’il se prenne une camera dans la gueule! » C’est clair!

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« Retour tout le monde… Petit rappel, la fin qui sera filmée sera la même que celle d’hier, ok ? Allez, on y va jusqu’au bout, avec les saluts comme si le public était là. C’est bon pour tout le monde? » Sur le devant de la scène, Florent Mothe interroge pour une ultime précision sur une différence apportée par rapport aux dernières représentations. Giuliano Peparini (armé de son désormais célèbre stylo laser) montre un déplacement. Le chanteur, méticuleux, repart. Concentré et toujours aussi spectaculaire dans sa panoplie royale.

Les combats sont réglés au millimètre, les chorégraphies originales sont magnifiques, tour à tour énergiques ou émouvantes, indispensables en tout cas à l’équilibre de l’ensemble. Malgré la présence renforcée d’opérateurs sur scène, personne ne fissure son personnage. Tous sont impeccables. Et à la fin, quand le regard d’Arthur se brouille de vraies larmes, un frisson parcourt la petite assemblée présente.

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Quelques notes supplémentaires pour accompagner les saluts et dernières paroles, le rideau qui se ferme… et c’est toute l’équipe technique qui applaudit. Les coréens sont ravis et impressionnés par ce qu’ils viennent de voir. Comment dit on « Bravo » en coréen? Comment dit on « Décembre » aussi peut être? Car il va falloir patienter un peu. Pour voir le film au cinéma (le temps de quelques représentations exceptionnelles) ou chez soi, il faudra patienter jusqu’à la fin de l’année. En attendant, restent les dernières dates parisiennes et la tournée dans les principales villes françaises. Clap de fin le 25 juin à Lille où la troupe avait déjà fait salle comble en décembre.

Malgré les évènements et une actualité qui ne prêtaient pas à la détente, cet Arthur là a su se battre vaillamment et restera dans la légende. Il y a bien « quelque chose de magique » chez ses interprètes.

Magali MICHEL.
Crédits photos // Sophie BRANDET.

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Arthur entre avec noblesse dans la légende de la comédie musicale

Depuis la mi-septembre, Paris abrite l’une des plus célèbres histoires de la mythologie celtique, revue et réorchestrée par Dove Attia, grand enchanteur de la comédie musicale en France. Arthur, Guenièvre, Morgane et les autres entreront-ils dans la légende ? Réponse au Palais des Congrès jusqu’à la fin novembre.                            

Il était une fois Arthur, écuyer devenu Roi, la douce Guenièvre, sa blondissime chérie et le fidèle Lancelot du Lac. Deux hommes, une femme… Au temps anciens des contes et légendes de Bretagne, on savait déjà les ingrédients qui feraient vibrer les soirées à l’ombre des dolmens. Feydeau n’aurait plus qu’à copier-coller. Mais l’intrigue aurait souffert s’il n’y avait eu la juste dose de magie et de fantastique. Arrivent alors Morgane, une fée sans baguette mais à la manigance naturelle, demi soeur d’Arthur, partagée entre peine et soif de vengeance, Méléagant, prince frustré à qui le trône échappe faute d’avoir pu décrocher Excalibur. Merlin bien sûr, hôte régulier des récits celtes. Quelques siècles plus tard, s’y greffent aussi des danseurs, des effets spéciaux parfaitement réussis, des chansons dont certaines sont déjà devenues des tubes, une vingtaine de décors et pas moins de quatre-cents costumes… bienvenue dans le nouveau spectacle imaginé par Dove Attia, mis en scène et chorégraphie par Giuliano Peparini, celui à qui avait déjà été confié « 1789, les Amants de la Bastille » !

En décidant de s’approprier la Légende d’Arthur, Dove Attia a du choisir parmi toutes les versions de ce récit célébrissime. prendre un parti et le décliner sans pour autant trahir les fondamentaux. Il a décidé que ce serait l’histoire extraordinaire d’un homme ordinaire, celle d’un jeune écuyer qui devient roi et découvre alors sa véritable origine, tombe fou amoureux de Guenièvre jusqu’à ce que la route s’écarte de ces sentiers trop romantiquement balisés.

Le livret est bien ficelé et laisse la part belle au suspens, à la magie et à l’émotion. Le texte a une place plus grande que dans les comédies musicales présentées en France ces dernières années. On sent que le jeu d’acteur a été plus exploré. Les personnages y gagnent en densité et les chanteurs sont plus à l’aise, plus justes aussi, dans ces passages purement théâtraux.

Il est vrai aussi que les interprètes en question ont déjà un joli parcours: c’est à Florent Mothe, inoubliable Salieri de « Mozart, l’opéra rock » que revient le rôle titre. Affûté, maniant l’épée sans rien perdre de ses capacités vocales, il est un Arthur touchant et charismatique. Camille Lou, déjà présente dans « Les Amants de la Bastille » glisse du grave dans ses notes comme dans ses tourments.

Les vraies surprises sont à trouver plutôt du côté de Zaho en fée Morgane parfaite. Sa présence au casting avait surpris. Pas beaucoup de connexions a priori entre l’interprète de « C’est chelou » et cet univers mythologique. Un vrai scepticisme même, malgré ses nombreuses collaborations, à lui voir confier une partie de la partition… Autant reconnaître l’erreur d’emblée : Zaho est d’une crédibilité totale et contribue à faire de Morgane un personnage majeur de l’histoire. Autre jolie découverte, celle de Fabien Incardona en Méléagant. Sa voix se joue des envolées, son jeu sait l’équilibre entre inquiétude et charme. Dommage que sa présence ne soit pas plus importante mais  ce rôle  devrait donner une belle impulsion à sa carrière. Dommage aussi que David Alexis (Merlin) ne soit pas davantage présent. La faute à l’histoire bien sûr mais sa diction comme sa voix offrent de vrais moments de plaisir. Quant à Charlie Boisseau, qui a remplacé en cours de préparation David Carreira happé par ses projets personnels, il devrait réussir à s’imposer davantage au fil des représentations, sa voix étant déjà joliment posée.

Des effets spéciaux spectaculaires, une utilisation toujours aussi recherchée de la projection, des décors spectaculaires et des costumes aussi impressionnants que somptueux, de nombreuses chansons déjà devenues tubes (Dove Attia s’est associé Zaho, mais également  Rod Janois, grand habitué lui aussi des comédies musicales, Skread, Sylvio Lisbonne, Nazim Khaled pour la partition, Vincent Baguian mettant sa griffe sur une grande partie des paroles)… si l’on excepte le son du Palais des Congrès, toujours aussi aléatoire, il y a tout pour faire entrer Arthur dans une autre forme de légende. La réponse est désormais dans les mains du public.

Magali MICHEL.


– La légende du Roi Arthur, Au Palais des Congrès 2 place de la Porte Maillot 75017 Paris jusqu’à la fin novembre, en tournée dans toute la France de décembre à juin. –

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