Un 4ème jour et une 4ème tête d’affiche pour le Download Festival France !

Les premiers noms avaient fuité bien avant l’annonce officielle : Foo Fighters, Guns’N’Roses seraient de la fête. Puis avait été intronisé Ozzy Osbourne. De quoi attendre la suite avec impatience… en jetant éventuellement un regard sur l’affiche de la petite soeur madrilène. On pariait alors sur Marylin Manson, en pleine tournée mondiale. Bien vu! Mais ce qui n’avait pas été anticipé en revanche, c’est ce line up incroyable et cette surprise inattendue : le Download France ne se déroulerait plus sur trois jours mais sur quatre avec débord le lundi pour fermer le ban en apothéose avec les Guns ‘N’ Roses justement.

On peut lire et relire l’affiche, l’effet ne disparait toujours pas : le cocktail des talents qui se succéderont sur la base de Brétigny-sur-Orge pour cette troisième édition du Download français, du 15 au 19 Juin prochains, est la meilleure recette proposée depuis longtemps.

Underoath, les suisses d’ Eluveitie, Converge et leur punk hardcore que les scènes du monde entier s’arrache, Powerwolf, Ghost que l’on n’ espérait pas de retour sitôt dans les festivals et l’inoxydable et presque septuagénaire (il les fêtera en décembre) Ozzy Osbourne, « The Prince of Darkness » pour boucler la journée du vendredi… On a connu pire ouverture!

Ozzy Osbourne.

Autant être présent dès l’ouverture des portes le lendemain car sont déjà annoncés, While She Sleeps, qui aura fait un petit détour par Paris (à la Maroquinerie) en janvier, les Nantais d’Ultra Vomit qui jouent sold out à chaque date depuis la sortie de « Panzer Surprise », leur dernier album en date, et sont encore plus délirants avec leur metal parodique sur une grande scène, les excellents suédois de Meshuggah, Turbonegro, les norvégiens et leurs partitions entre punk, heavy metal et rock, The Offspring encore (on se souvient avec enthousiasme de la façon dont la bande de Noodles et Dexter Holland avait emporté le Main Square d’Arras en 2016) et enfin, Marylin Manson.

Marilyn Manson.

L’américain ne laisse personne indifférent, avec lui c’est passion ou détestation, pas de place pour les sentiments tièdes. Son dixième album studio, sorti le mois dernier et qu’il a co-produit avec Tyler Bates, est considéré comme l’un de ses meilleurs disques. La tournée américaine a été interrompue cet automne, un élément de décor (un pistolet) étant tombé sur l’artiste. Elle doit reprendre ces jours-ci, Maryline Manson ayant annoncé qu’il était impatient de revenir sur scène pour défendre « Heaven upside Down ». Quand on connaît son tempérament, on n’a pas de mal à imaginer ce que ce retour va pouvoir dégager en énergie.

Frank Carter.

The Hives.

Foo Fighters.

Dimanche, les Main Stages verront évoluer Wolf Alice, Frank Carter et the Rattlesnakes, qui a déjà trusté pas mal de scènes françaises l’an dernier et connu un succès impressionnant. Slaves, Dead Cross (où l’on retrouve le chanteur de Faith No More et l’ancien batteur de Slayer), les suédois de The Hives, toujours aussi élégants et maîtres dans l’art du « garage punk », avec leurs refrains comme autant d’hommages aux années soixante. Lors de la première édition française du Lollapalooza, sur l’Hippodrome de Longchamp, ils avaient fait chanter l’immense foule pressée devant eux devenue soudain immense chorale et piste de danse.

Ultra attendus par leurs milliers de fans déçus de n’avoir pu décrocher le précieux sésame pour leur récent concert à l’AccorHotels-Arena, les Foo Fighters auront l’honneur de finir la journée. Depuis vingt-cinq ans (déjà), Dave Grohl, l’ex batteur de Nirvana, n’a jamais rompu avec le succès. « Concrète and Gold », le neuvième album studio du groupe, est sorti en septembre. Dans une salle, les concerts du groupe sont toujours plus « confinés », ce n’est pas une facilité du genre de l’écrire car certains évoluent à l’identique quelle que soit la dimension de la scène. On sait que ce n’est pas le cas avec les Foo Fighters qui se livrent généralement à de véritables shows, portés par une set list hyper calibrée, lors de leur passage dans les festivals.

Guns ‘N’ Roses.

La grand’ messe du 3ème Download aurait pu s’arrêter là, l’affiche aurait été au delà de toutes attentes. Mais cette année, coup de poker imprévu, Live Nation, grand ordonnateur du Download offre à son festival une rallonge de taille, une quatrième journée bouclée par les Guns ‘N’ Roses ! Axl Rose, Slash et consorts repasseront par la France après leur Stade de France triomphal de cet été. Près de trente-cinq ans après leur formation, les américains n’ont jamais failli, allant jusqu’ à se classer parmi les meilleurs groupes de tous les temps.

Guns ‘N’ Roses est le seul nom à avoir été révélé pour ce jour « bonus ». Les surprises sont toujours les bienvenues mais l’essentiel semble quand même là et on n’en voudra pas aux groupes précédents de « porter » vers cet évènement qui bouclera le festival. Vous avez dit impatience ?

Magali MICHEL.

Crédit photos The Hives // Frank Carter & The Rattlesnakes // Sophie BRANDET. 

– Mise en vente des Pass 1,3 et 4 jours lundi 13 Novembre à 10h. www.downloadfestival.fr – 

Les belles histoires en « ACTE 1 » de Charlie Boisseau !

Il a pris son temps, plus de temps que prévu même probablement, mais cette fois Charlie Boisseau peut laisser s’échapper les treize titres d’ « Acte 1 ». Un premier album qu’il a enregistré avec passion, soucieux du moindre détail. En veillant à l’harmonie générale, il cherchait aussi à ne surtout pas se perdre de vue pour livrer un disque qui lui ressemble pleinement. Objectif largement réussi.

Alors que chaque dernière de comédie musicale laisse sur le sable des dizaines de chanteurs portés par l’espoir de livrer « leurs » compositions, certains se laissent tenter par les sirènes de labels qui, au final, ne leur donneront aucune carte blanche mais leur feront poser leurs voix sur des partitions écrites par les compositeurs maison… pour des paroles qui ne leur ressemblent en rien. Louis Delort (finaliste de The Voice, « 1789, les Amants de la Bastille ») a ainsi repris sa liberté et refusé de poursuivre avec un second album dans lequel il aurait  encore l’impression de se trahir. Le jeune homme a préféré s’éloigner et c’est sur la base d’un crowdfunding largement réussi qu’il peaufine actuellement ses prochains titres.

David Ban, auteur-compositeur-interprète vu, pour les plus récents, dans « 1789, les Amants de la Bastille », Flashdance » et « Les Trois Mousquetaires » a pris son temps, bénéficié d’un crowdfunding au succès spectaculaire puis veillé sur chaque étape comme un artisan entrepreneur pour sortir au début de l’été un disque magnifique, « L’ Alpagueur » qui n’obéit à aucune concession. Florent Mothe (« Mozart, l’Opéra Rock ») avait lui aussi souvent expliqué ne pas vraiment se reconnaître pleinement dans son premier opus. « Danser sous la pluie », sorti en 2016, n’a sans doute pas encore trouvé sa vraie destinée mais l’album porte de très beaux textes, c’est musicalement réussi et la réalisation est aussi moderne que léchée.

Dans ces torrents d’incertitudes qui charrient plus de désillusions que de succès, où le talent seul ne sert quasiment à rien, Charlie Boisseau a donc eu de la chance. Et c’est sans doute ce facteur là qui lui permet de faire la différence et livrer ce 6 octobre un premier album à son image, dans lequel rien n’a été décomposé pour copier-coller ce qui tourne en boucle dans les radios. Rien n’a été imposé, ni paroles ni musiques. Et cette opportunité là, exceptionnelle, c’est à sa rencontre avec Jeff Barnel qu’il la doit. Le compositeur de tant de succès (« Salma ya salama », « Mourir sur scène » pour Dalida, « Le géant de papier » pour Jean-Jacques Lafon, « Salut à toi l’artiste », pour Nicole Rieu lors de son passage au concours de l’ Eurovision 1975… Excusez du peu! et puis tant d’autres titres pour Ginette Reno, la grande star québecoise, Demis Roussos, Claude François, Marie Laforêt, Herbert Léonard…) l’a découvert tout bêtement en regardant la troisième saison de « The Voice » en 2014. Et il a  immédiatement cru dans le talent de ce jeune candidat encore un peu gauche, aidé de sa seule guitare mais laissant déjà voir tout son potentiel artistique grâce à une voix incomparable.

Trois ans de complicité et un passage de Charlie sous la cotte de maille de Lancelot pour la « La Légende du Roi Arthur » plus tard, la patience et le travail ont payé, le respect et l’amour réciproques de ces deux là ne se sont jamais démentis, bien au contraire. Ils pourraient être père et fils mais à les observer vivre, on dirait plutôt deux frères, deux amis qui se chicaneraient sans arrêt, le plus jeune sachant parfaitement ce qui fait réagir son aîné, lequel veille tel un Gemini Cricket sur le parcours artistique de son cadet aux allures de chien fou.

Ce soir de fin septembre au Réservoir, le club néo baroque de Paris, il le sollicite Charlie Boisseau son producteur-mentor. Stressé par ce show case qui livrera une huitaine de titres sur les treize que compte l’album, il veut que tout soit impeccable et s’inquiète du moindre détail.  Pas de quoi déstabiliser Jeff Barnel qui a trop vécu pour mettre à mal sa force tranquille. Même si son propre calme n’est qu’apparence, il tient le cap en souriant. Il sait que son protégé embarquera la salle.

Une heure plus tard effectivement, Charlie Boisseau et ses quatre musiciens ont été longuement ovationnés. Si certains titres forts comme « Perdue » (magnifiquement poignant, en toute subjectivité assumée) n’ont pas été de la partie, « La vie en deux », la bouleversante « Naufragé », «Aime moi moins fort» qui sous ses airs dansants permet de belles envolées vocales et bien sûr, «J’en ai des tas», le premier extrait largement plébiscité, ont reçu une ovation légitime. Mention spéciale également au deuxième single «Pourquoi tu t’en vas» (qui a même été rejoué dans une magnifique version piano-voix), qui marche déjà très fort.

Au milieu de ses musiciens, seul au piano ou avec  sa guitare, Charlie Boisseau aime la scène et cela se voit. Il a gagné en maturité pendant la réalisation de son album, affirmé sa voix. Les mois de comédie musicale lui ont donné une autre aisance et il n’hésite pas à bouger davantage (ce n’est pas encore suffisant pour « Danse avec les Stars » mais en bossant encore un peu le jeu de jambes, ça peut se tenter). Souriant. Toujours. Un peu rassuré peut être aussi par ces échos largement positifs.

« C’est vrai que la date de sortie initiale a été repoussée, pour des raisons multiples, des choix de réalisation, des hésitations sur le nombre de titres. Mais avec le recul, je pense que ce parcours a été nécessaire et a permis cet « Acte 1 » dont je suis très fier et très heureux, » commente Charlie Boisseau au lendemain de son concert. « Les show cases que nous avons faits cet été, ce concert hier soir qui était en quelque sorte ma première date parisienne, ont permis de voir les réactions des spectateurs, les morceaux sur lesquels les gens semblent le plus accrocher. C’est toujours très émouvant de voir un public reprendre tes chansons. Tous les chanteurs font ce métier pour connaître ça. J’ai hâte désormais que l’album sorte. Et que la tournée se mette en place. »

« C’ est vrai que j’ai eu de la chance. Jeff (Barnel) m’a appris énormément. Il me fait confiance dans mes choix, il se passionne et quand je suis au piano, que je fredonne en yaourt, je le voix parfois surgir de la pièce voisine et dire « enregistre, enregistre! » Cet enthousiasme est tellement positif, un appui incroyable. Lorsqu’il est sceptique, je peux hésiter mais je me range souvent de son avis car son expérience et ses qualités de musicien sont incontestables. Comme j’écris énormément, parfois trois chansons par jour, savoir faire le tri entre ce qui mérite d’être conservé ou pas, n’est pas toujours simple. Mais Jeff est là qui veille! » lance le jeune homme en riant.

Il écrit, il compose et… il chante Charlie Boisseau. Lorsqu’il évoque ceux qui l’inspirent, ce qu’il écoute dans son ipod ou à la radio, il traduit en chantant. Que ce soit Slimane, Big Flo et Oli, Ben Mazué, Aliose ou Julia Michaels, il fredonne leurs refrains. Spontanément. Puis conclut par un «j’adore!» enthousiaste.

Plus que quelques heures et les trois coups d’ « Acte 1 » résonneront. Les treize titres jouent la diversité des émotions comme des rythmes et composent un album équilibré, plein de toute la personnalité de son auteur. « Jonathan » qui aborde le thème de la transplantation cardiaque,  «Naufragé», superbe et ô combien d’actualité sur la question des migrants, « Perdue », entendue avant l’album dans une version piano-voix mais trouvant ici un autre magnifique habillage à la guitare, il est bien difficile de dire ceux qui visent le plus fort. Si chacun aura ses préférences en fonction de ses sensibilités (comment ne pas citer « A contre amour »?), il en est une qui devrait mettre tout le monde d’accord et signe le tube en devenir, c’est « Rien ». Et ce rien là est énorme. Lever de rideau le 6 Octobre, « Acte 1 » sera alors dans les bacs, avec une surprise à la clé: l’annonce d’un concert à l’Alhambra (Paris) le 28 mars prochain.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– Pour réserver vos places pour le concert à l’Alhambra, Paris: http://www.alhambra-paris.com/charlie-boisseau – 

LE FESTIVAL LOLLAPALOOZA DEBARQUE CET ETE A PARIS

Paris deviendrait-elle le dernier spot indissociable de tout festival de renommée mondial? Après le Download qui a désormais sa version française depuis l’an dernier, c’est au Lollapalooza de venir squatter l’Hippodrome de Longchamp les 22 et 23 juillet prochain. Deux jours de pure folie avec des artistes aussi prestigieux que les Red Hot Chili Peppers, Lana Del Rey, Imagine Dragons ou encore London Grammar.

Unanimement considéré comme le plus grand festival du monde avec plus de 120.000 spectateurs par jour, le Lollapalooza, mis en place en 1991 par Perry Farrel, le charismatique leader des Jane’s Addiction,  réunit chaque été plus de 120.000 spectateurs par jour. En stand by entre 1998 et 2003, le rendez-vous ne cesse de se développer depuis son retour. Le succès est tel que la formule s’est exportée au Chili puis à Sao Paulo au Brésil en 2012, puis encore à Buenos Aires en Argentine en 2014. L’ essaimage européen débuté par Berlin, voilà deux ans, se poursuit donc par la France. Et c’est assez logiquement Paris qui a été retenu.

The Weeknd.

Imagine Dragons.

London Grammar.

L’idée est bonne puisqu’outre la forte attractivité de la capitale, aucun autre évènement majeur ne vient se mettre en concurrence à cette même date. Il y a bien la possibilité d’un gros concert au Stade de France mais une date, un artiste seul, ne suffiront pas à jouer les trouble billetterie. Les organisateurs ont de toutes façons mis toutes les chances de leurs côtés avec une affiche exceptionnelle réunissant une cinquantaine d’artistes qui se succéderont durant tout le week-end sur les quatre scènes. Une programmation large mais haut de gamme pour séduire tous les publics.

Red Hot Chili Peppers.

Lana Del Rey.

Dj Snake.

 

La preuve : Samedi 22 juillet, place sera offerte à The Weeknd, Imagine Dragons, London Grammar, The Roots, The Hives, LP, Martin Solveig, Tchami, Skepta, Glass Animals, Milky Chance, Kaleo, Yellow Claw, Oliver Heldens, Crystal Fighters, Jauz, Joyride, Bear’s Den, Black Tiger Sex Machine, Tiggs da Author, Anna Kova, Jeremy Loops, Max Jury, Moksi et Cinnamon.

Dimanche 23 Juillet, après DustyCloud, Henri PFR, Tess, Don Broco, Oscar and the Wolf, Seasick Steve, Tom Odell, Nightmre, Slushii, Alan Walker, Don Diablo, Rival Sons, Walk off the Earth, La Femme, Editors, Liam Gallagher créera l’évènement, suivi par les français de IAM, Mashmello, les Pixiers, Alt-J, DJ Snake, la très rare Lana Del Rey et les Red Hot Chili Peppers.

Live Nation, grand ordonnateur de ce premier Lollapalooza français a fixé le billet journalier à 79 euros. A longchamp, avec un line up aussi recherché, le galop d’essai s’annonce gagnant.

M.M.

– Plus d’infos sur www.lollaparis.com et www.facebook.com/lollapaloozafr/ –

Les « Songes de Léo » passent par le Café de la Danse

Des années que Morgane Imbeaud portait en elle ces « Songes de Léo ». Fin 2015, depuis son Auvergne natale, elle leur donnait vie après une collaboration fructueuse avec Jean-Louis Murat. Escale parisienne le 30 Mars au Café de la Danse pour ce conte poétique à part. Féérique et sur le fil des émotions.

Elle n’a pas encore trente ans mais déjà douze ans d’une carrière dense et multicolore derrière elle. Morgane Imbeaud est la douce et blonde partie féminine du groupe Cocoon monté par Mark Daumail en 2005. Deux ans plus tard, avec « My Friends all died in a Plane Crash », ils marchaient sur les voies du succès, plusieurs de leurs titres étant retenus et utilisés par la publicité. « Chupee », « On my Way », nombreuses de leurs chansons ont très vite trouvé leur public. Et puis il y a eu la rencontre avec Julien Doré, croisé sur un plateau de télé, qui les a sollicités pour collaborer sur « Eersatz », son premier album.

En 2011, Cocoon sort alors son second disque, « Where the Oceans End ». Un succès à hauteur du premier, avec des ventes à plus de 160.000 exemplaires. L’année suivante pourtant, le groupe a décidé de se mettre en pause.

Pas de quoi jouer les vacances prolongées mais plutôt une opportunité à saisir pour Morgane Imbeaud qui décide alors d’achever « Les Songes de Léo », un conte musical féerique et sombre, en tout cas largement mélancolique, qu’elle avait commencé à imaginer voilà plusieurs mois, en parallèle de Peaks, le groupe juste créé et Un orage, autre formation bâtie avec Xavier Caux (musicien por Yodelice et Hollysiz notamment).

Elle trouve alors avec Jean-Louis Murat, l’un de ses plus célèbres compatriotes auvergnats, une très belle collaboration qui donne matière à des textes magnifiques, épurés et bouleversants. Autre partenaire majeur de cette aventure, Christophe Chabouté imagine pour sa part des illustrations toutes en émotions.

« Les songes de Léo » conte le parcours initiatique d’un petit garçon-félin semblable à tous les autres. Débordant d’envies, curieux de tout ce qui l’entoure. Mais une particularité physique, différence lourde à porter, le rend différent : il n’a qu’une seule oreille. Ce handicap entrave sa perception des bruits environnants mais surtout, elle provoque une profonde tristesse et un repli sur soi. La solitude est réelle mais ce petit garçon-félin n’est pas pour autant étanche aux enthousiasmes de la découverte et finira par s’accepter pour vivre plus fort.

Accompagnée de ses musiciens et du film d’animation imaginé par Christophe Chabouté, Morgane Imbeaud sera sur la scène du Café de la Danse le 30 Mars. La voix chaude et douce porte les dix-huit titres avec force et conviction. Tous ceux qui ont déjà croisé la route de ces songes là en ressortent bouleversés mais heureux.

M. M.

– Jeudi 30 Mars au Café de la Danse, Paris. 18 et 20 euros. –

LE FERRAILLEUR SOUFFLE SES DIX ANS: LA PETITE SALLE NANTAISE QUI A TOUT D’UNE GRANDE

Il fallait quand même une sacrée dose d’audace en valeur ajoutée à sa passion pour que Thomas Nedelec, musicien, ingénieur du son, à peine auréolé de ses vingt-six ans, décide de quitter Pornichet pour le Hangar à bananes de Nantes. L’ancrage maritime n’était qu’un dénominateur commun convoqué par le hasard. L’envie de créer sur ces quais de Loire en totale reconstruction une nouvelle adresse pour les concerts était son moteur et l’emportait largement sur tous les chants des sirènes défaitistes qui ne croyaient pas en la métamorphose des anciens entrepôts. Trop risqué. Trop excentré. Trop près de la Loire donc présentant un danger supplémentaire. Mais Thomas Nedelec devait avoir en lui quelque chose de Mark Twain : puisque la chose était impossible… et bien il l’a faite. Le Ferrailleur soufflera en mai ses dix ans. Une réussite spectaculaire.

Si le Hangar à Bananes, 8.000m2 de stockage des fruits importés des Antilles, autrefois propriété  du Grand Port Maritime Nantes-Saint-Nazaire, est devenu depuis 2007 l’un des endroits les plus festifs de la ville, c’est notamment grâce au Ferrailleur, l’une de ses figures de proue. Il est vrai que son créateur (alors accompagné de deux associés) n’a jamais perdu de vue son envie initiale : proposer un lieu pour les musiques alternatives et amplifiées d’une superficie (trois-cents places) qui n’existait nulle part ailleurs. Une cinquantaine de concerts après l’ouverture en mai… mille-cinq cents concerts dix ans plus tard, plus de deux-cents cinquante mille spectateurs et trois-mille huit cents artistes accueillis. Un tableau de classe.

François Montupet, Chargé de communication du Ferrailleur.

« Nous organisons entre quinze et vingt concerts chaque mois », souligne François Montupet, le chargé de communication (et autre figure très emblématique du lieu). « A l’origine, c’est vrai que nous étions sur une programmation aux deux tiers pour les fans de hardcore. Le Ferrailleur s’est d’ailleurs très vite rapproché du Hellfest qui se développait lui aussi en parallèle et cela a renforcé encore notre image et notre crédibilité « metal ». Mais aujourd’hui, la programmation mitonnée par Maxime Pasquer, tout en gardant sa cohérence, ouvre vers d’autres univers. Les tourneurs nous sollicitent beaucoup. Il faut savoir choisir, prendre le pari de remplir la salle avec des groupes qui ne sont pas forcément très connus mais auxquels on croit. Nous sommes en auto-financement total, il n’existe aucune subvention de nulle part. Cela contraint à viser juste mais cela permet aussi une vraie liberté. 80% des concerts sont produits par des associations ou sociétés extérieures. Le reste, c’est le Ferrailleur qui revendique et a envie de partager! »

Autant d’initiatives aurait suffi au bonheur de beaucoup. Pas au Ferrailleur où la pleine activité est un credo. Aux concerts se sont donc ajoutés les « after », ces soirées DJ gratuites (où l’on vient danser jusqu’à 4 heures du matin), les « apéros numériques » (sur lesquels veille soigneusement François Montupet), les liens tissés avec Hip OPsession, les concerts sauvages devant l’entrée (dont certains sont vraiment restés dans les mémoires). Visiblement, l’adresse est fameuse.

« Le parti pris a toujours été d’offrir une qualité d’accueil au public. Des barmen aux techniciens, tout le monde ici est souriant. L’ ambiance s’installe sitôt franchie la porte avec un décor qui n’est évidemment pas celui d’un simple bar. Coté salle, la scène est d’une hauteur idéale et permet de voir parfaitement. Quant aux artistes, ils sont choyés, bénéficient si nécessaire de consoles (et techniciens) lumières et sons de qualité. Ils savent que tout sera fait pour que leur concert se déroule parfaitement. Du coup, le bouche à oreille aussi a été un relais car pour de nombreux groupes et pas des moindres, se produire au Ferrailleur est réellement une date obligée et attendue. »

En dix ans, des déconvenues, l’équipe en a forcément connues. Des artistes aux exigences un peu surréalistes, une annulation de dernière minute suite à une panne de tourbus (mésaventure vécue par les américains de The Bronx) mais rien de suffisamment important pour gâcher l’enthousiasme et l’envie de continuer longtemps encore. « Quand je vois des jeunes groupes qui participent à des tremplins affirmer que, quoi qu’il advienne, en jouant au Ferrailleur, ils ont tout gagné alors que la finale est quelques étapes plus tard, je me dis que nous avons atteint notre but. Ce genre de propos rend extrêmement heureux. La grande fête organisée en mai à l’occasion des 10 ans sera placée sous le signe de cette envie ininterrompue de partages et de ce bonheur là. »

Mass Hysteria.

No One Is Innocent.

Du 19 au 28 Mai effectivement, le Ferrailleur a décidé de frapper fort. Parce qu’on n’a pas tous les jours 10 ans, entre groupes des premières années, mastodontes de la scène metal française, formations « amies » qui sont en plein envol, concerts, soirées et surprises… mieux vaudra engranger du sommeil pour ne manquer aucune de ces dates. Mieux vaudra aussi ne pas tarder à acheter son précieux sésame car une date est déjà sold out : il fallait s’y attendre, le retour de Mass Hysteria le 24 mai (avec les nantais de My Answer en première partie) a fait chauffer la billetterie. Il aura suffi de quelques jours pour que ce soit complet.

Autre affiche très attendue, la présence de No One is Innocent le 25 mai (avec un groupe rock surprise en ouverture) devrait là aussi ne plus être rapidement accessible à la vente.

Totorro.

God Is An Astronaut.

Le 19 Mai, pour le lancement des festivités, les nazairiens de Bumbklaat se reformeront et succéderont à un groupe de metal surprise. Place aux rennais de Totorro le 20, avec ce même soir, Papier Tigre, Bantam Lyons, Lysistrata et Corbeaux.

Grosse soirée (« l’une des plus grosses de l’année »), en perspective encore le dimanche 21 Mai avec le warm-up ride Hellfest, des pass trois jours à gagner et des concerts bien choisis.

Le lundi 22, place à l’instrumental post rock limite psychédélique des irlandais de God is an Astronaut. Les escales françaises des frères Kinsella et de leurs acolytes sont toujours rares et recherchées.

Periphery.

Le 23, la scène sera laissée à Periphery, The Contortionist et Destrage et le vendredi 26, ce sera soirée Hip Hop avec La Rumeur et Pedro le Kraken. Samedi 27 verra le retour de formations qui ont laissé de beaux souvenirs : Abysse, Taxas Chainsaw Dust Lovers, Dance Floor Disaster, Big Sure, Watertank, 20 seconds Failing Man avant une clôture « Opening goûtez électronique » le 28 Mai, avec la présence en force des meilleurs DJ locaux qui lanceront la saison des « Goûtez électro. »

« Ma première « Dérouille Party » avec Ultra Vomit pour les six ans avait été une fête mémorable, » se souvient François Montupet. «  Cette fois ça sera encore plus énorme. Pour célébrer notre première décennie, toute l’équipe a voulu un évènement qui soit bien représentatif de tout ce qui constitue l’ADN du Ferrailleur, qui permette de faire revenir des amis, sur scène comme devant. Les réservations permettent déjà de voir que la fête sera belle. Sans parler des surprises qui seront nombreuses… »  Le Ferrailleur a dix ans. Et déjà tout des très grands.

Magali MICHEL.

Crédit photo Ferrailleur extérieur // La Faute à Rélie. Crédit photo Kvelertak // Insane Motion. 

Crédits photos autres // Sophie BRANDET. 

– Billetterie et programme détaillé des « 10 ans du Ferrailleur » sur www.leferrailleur.fr –

Le Download Festival France an 2 atterrit à Brétigny : Une affiche exceptionnelle pour voler encore plus haut

Les mauvaises langues doutaient de la pérennité du Download Festival France après une première édition bien fréquentée mais compliquée par une météo hautement pluvieuse, un contexte sécuritaire tendu et bien sûr, la concurrence du Hellfest, la grand’messe du metal organisée une semaine plus tard… C’était compter sans la volonté de Live Nation de donner à sa manifestation toutes ses chances et de ne surtout pas la condamner après un seul petit tour. 2017 permettra donc bien aux amateurs du genre de se retrouver durant trois jours, les 9, 10 et 11 juin prochains. Seul changement majeur, l’hippodrome de Longchamp a été abandonné au profit de la base aérienne de Brétigny sur Orge (Essonne), à une trentaine de minutes de Paris.

Ceux qui ont eu la chance de fouler les pelouses de Longchamp l’an dernier se souviennent avec enthousiasme des concerts de Rammstein (avec une set list spécialement pensée pour cet arrêt dans la capitale française et un hommage poignant aux victimes des attentats), de Ghost éblouissant malgré un chanteur diminué par un problème de santé, de Korn , toujours aussi unique mais également d’ Iron Maiden, spectaculaire, de Buffy Clyro, des étonnantes Baby Metal, de Beartooth, We Came As Romance, de l’extraordinaire émotion suscitée par Mass Hysteria quand ont résonné devant des milliers de personnes les accords de « L’ Enfer des Dieux ». Entre autres… Des moments uniques, des plaisirs, des découvertes, des émotions, tout ce qui fait l’essence même d’un festival. En ce sens, la première édition française du Download (qui est un énormissime succès outre Manche depuis 2003), avait atteint son objectif. L’affiche était belle et le public ravi malgré les torrents de pluie, les longues attentes pour recharger son bracelet cashless et la ruée parfois compliquée vers les navettes assurant le retour vers la capitale (problème qui ne sera plus puisque le camping sera agrandi et gratuit (tout comme le parking), le RER C étant facilement accessible par bus gratuits pour ceux qui ne souhaiteraient pas dormir sur place).

System of a Down.

Linkin Park.

Green Day.

Blink 182.

L’affiche 2017 a décidé de frapper plus fort encore avec la présence, excusez du peu,  de System of a Down, Linkin Park, Green Day, Blink 182 ou bien encore Mastodon, Architects, Slayer, Prophets of Rage, Alter Bridge, Devil Driver et le retour de Gojira, les français ayant été largement plébiscités l’an dernier et poursuivant une tournée internationale à guichets fermés après la sortie de « Magma », leur nouvel album, l’an dernier. Five Finger Death Punch, Lonely the Brave, Suicidal Tendencies seront aussi de cette partie qui compte de nombreux autres noms.

Pour que la fête soit plus énorme encore, une quatrième scène sera montée sur le camping, le «Download off»   où les concerts débuteront dès le jeudi soir.

Prophets of Rage.

Five Finger Death Punch.

Slayer.

Gojira.

Vendredi 9 Juin

Main stage : Linkin Park, Blink 182, Pierce The Veil, Kvelertak.

Main stage 2 : Gojira, Dinosaur Jr, Raveneye, Download Contest Winner.

Warbird stage : Hatebreed, Skinny Puppy, Dagoba, Dead !

Spitfire stage : Nostromo, The Cadillac Three, Mars Red Sky, Nothing morte.

Samedi 10 Juin

Main stage : System of a Down, Five Fingers Death Punch, Alter Bridge, Epica, Far from Alaska.

Main stage 2 : Slayer, Paradise Lost, Blues Pills, , Devil Driver, Black Foxxes.

Warbird stage : Soil Work, touch Amore, Code Orange, Lonely the Brave.

Spitfire stage : Caliban, Solstafir, the living end, Aqme, Project black Pantera.

Dimanche 11 juin.

Main stage : Green Day, Rancid, Suicidal Tendencies, Suicide Silence, Leogun.

Main stage 2 : Prophets of Rage (feat original members of Rage Against the Machine, Cypress Hill, Public Enemy), Mastodon, Rise of the Northstar, Architects, Tesseract.

Warbird stage : Carpenter brut, Kontrust, Coheed and Cambria, Wakrat, Red Sun rising.

Spitfire stage : Crown the Empire, Northlane, lost Society, Creeper, Astroïd boys.

M.M.

Crédit photo Linkin Park // James Minchin. Crédit photo Slayer // Martin Hausler. Crédit photo Gojira // Travis Shinn.

– Tous les renseignements sur  downloadfestival.fr

TERRES DU SON: Une 13ème édition entre metal et electro

Le 13ème festival Terres du Son se jouera les 7, 8 et 9 juillet prochains au domaine de Candé à Monts (37). Imany, Camille, Birdy Nam Nam ou bien encore Gojira… l’affiche joue comme toujours la diversité. La manifestation organisée au coeur de la Touraine n’a jamais eu peur de rivaliser avec les plus grands et ça lui va bien.

On a parfois tendance à l’oublier mais à l’origine, Terres du Son a été créé par une bande de copains souhaitant organiser un évènement musical éclectique, différent et surtout de qualité, avec un souci environnemental (on ne disait pas alors « eco-responsable ») majeur. Pour ouvrir le bal, au Parc des Expositions de Tours, Jimmy Cliff, Hocus Pocus, Marcel et son Orchestre, Yuri Buenaventura ou bien encore No One is Innocent… la programmation affichait déjà son ADN : offrir une variété d’artistes, ne laisser aucun public indifférent. Une recette à succès puisque le taux de fréquentation n’a jamais cessé de croitre, plus encore depuis 2008, année qui a vu la migration de « Terres du Son » vers le parc du Domaine de Candé à Monts, quelques kilomètres plus loin.

En 2010, Pete Doherty, Olivia Ruiz, Izia mais aussi Féfé, Ben l’Oncle Soul ou Danakil, ce sont plus de 25.000 festivaliers qui se sont retrouvés, faisant du festival l’une des principales manifestations de la région. Les stars internationales côtoyaient des groupes locaux plein de promesses durant trois jours dans un cadre magnifique. La renommée de Terres de Son a très vite dépassé le seul cadre de la Touraine. Quatre ans plus tard, M, Woodkid, Jogn Butler Trio, Gaëtan Roussel ou bien encore Ayo, Vitalic ou Détroit.. les compteurs explosaient et affichaient une fréquentions record de 40.000 personnes.

Les tarifs ne sont sans doute pas pour rien dans ce succès constant. Pas d’envolée folle ici mais un pass trois jours à 65 euros (72 euros après le 31 Mars) et des pass journaliers entre 29 euros (tarif réduit) et 33 euros (tarif plein). Moins cher que la bonne partie des concerts actuels. Des aides également ont été mises en place en direction des plus démunis avec des actions sociales et solidaires revendiquées comme prioritaires. Et puis la mise en place très rapide du co-voiturage qui permet de réduire l’impact carbone du festival et de fluidifier l’accès au site… La politique originelle de Terres du Son n’a jamais failli.

Gojira.

Camille.

Imany.

L’affiche 2017 reste elle aussi fidèle aux ambitions du début : des groupes phares et des artistes moins connus, un juste dosage musique, environnement, jeune public et gastronomie (avec une belle mise en lumière des productions locales).

Impossible de citer tous ceux qui se produiront sur scène, tant l’ édition est chargée mais on peut parier que les têtes d’affiche sauront déplacer la grande foule! Pour lancer ces trois jours, Kate Tempest (la britannique ne cesse d’impressionner par son éloquence à travers de longs et superbes slams)  Protoje and the Indiggnation, Naïve New Beaters (mix réussi du rap, du rock et de l’ électro) se succéderont sur scène.

Très grosse journée samedi avec, excusez du peu, Bachar Mar-Khalifé (chanteur, compositeur, multi instrumentiste franco-libanais dont chaque album prouve la créativité et la densité émotionnelle), Birdy Nam Nam, Camille (la jeune femme vient de sortir son 5ème album et a réussi à se débarrasser de l’étiquette « nouvelle chanson française » qui ne signifiait plus grand chose. Auteur-compositeur-interprète, sans avoir rien perdu de sa fougue, Camille multiplie les morceaux jubilatoires et la scène est devenue son lieu de pleine expression : chant, danse, morceaux a capella, elle guide avec ferveur dans un univers qui n’a pas son pareil) et Gojira. L’incontestable fer de lance du metal français est le seul groupe hexagonal à faire aux Etats-Unis des tournées sur son seul nom. « Magma », son dernier album en date a été nommé dans la catégorie « meilleur album de l’année » aux derniers Grammy Awards. Les concerts se jouent à guichets fermés et les prestations en France sont assez peu nombreuses pour ne pas rater l’opportunité de voir Gojira en concert. Scénographie exceptionnelle, musicalement parfait, c’est du très très haut niveau.

Dimanche enfin, ce seront (notamment) la superbe Imany, Petit Biscuit et Mome dont le morceau «Aloha» a été l’un des tubes de l’an dernier. Ce nouveau nom de l’électro français est un multi instrumentiste surdoué dont les shows sont toujours de grands moments.

Trois jours qui aboliront tous les murs entre les sons. Si la météo décide de son petit coup de pouce, le record de fréquentation pourrait bien être battu à l’issue de cette 13ème édition.

M.M.

– Tous les renseignements sur le site officiel : terresduson.com –