LOLLAPALOOZA PARIS: Galop d’essai largement gagnant !

On le disait promis à l’échec compte tenu du grand nombre de manifestations déjà inscrites dans la capitale : la première édition du Lollapalooza parisien a été un immense succès et accueilli près de 120.000 spectateurs en deux jours. Ambiance unique et programmation pleine de hits. 

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce premier Lollapalooza aura fait du bruit… Et pas seulement du côté de ses quatre scènes. Entre les âmes chagrines qui considéraient qu’aller fouler les pelouses de Longchamp ces 22 et 23 juillet était « trahir la cause » (celle des fests ancestraux et indépendants comme le Hellfest, clairement identifié musiques extrêmes, le Download France, qui, bien que mis en place lui aussi par Live Nation, avait une couleur encore roots le rendant « acceptable » aux yeux de puristes un poil sectaires, et bien sûr de toutes ces autres manifestations déjà très installées, des plus grosses aux plus modestes dont la trésorerie est chaque année à la peine) et ces autres qui ironisaient sur la programmation trop « têtes d’affiches US »… Chacun y allait de son acidité.

Jack Lang lui même s’est largement répandu. A l’occasion de cette arrivée, l’ancien Ministre de la Culture « déplorait l’invasion de multinationales américaines sur la vie musicale française » et appelait les pouvoirs publics à s’emparer enfin du sujet. « Live Nation étend son empire sur l’organisation de concerts en France et en particulier à travers le festival Lollapalooza, le groupe américain AEG, déjà présent dans le capital de Bercy, rachète Rock en Seine tout en bénéficiant de subventions locales (600.000 euros attribués par le Conseil Régional d’Ile de France, NDLR). La prise de pouvoir par ces groupes risque de tuer la diversité et de mettre en péril les festivals indépendants. »

Des propos auxquels l’organisateur a répondu via une déclaration à l’ AFP que « le Lollapalooza était une initiative locale, mise en place par Live Nation France, société française de soixante-cinq salariés, qui a employé pour la circonstance 1.500 personnes, toutes rémunérées (comme c’est aussi le cas sur le Main Square et le Download, autres festivals maison, NDLR) et cela sans bénéficier de la moindre subvention publique. Matthias Leullier, directeur général adjoint de Live Nation France, ajoutant qu’il était « dommage d’être mis dans le même sac que des opérations capitalistiques alors qu’on est une entreprise qui souhaite s’inscrire localement et dans la durée. »

Perry Farrell.

Les plus entêtés ont cru voir dans le Lollapalooza la cause de la baisse de résultats du dernier Solidays, organisé quelques semaines plus tôt sur le même hippodrome de Longchamp. Ce serait bien pratique de pouvoir identifier aussi vite le trouble recettes. Mais quand on sait que plus de 40% des billets d’entrées ont été achetés par des touristes étrangers de passage en France, on voit bien que c’est un peu court. Quant à ceux enfin qui considèrent que ce festival lancé en 1991 outre Atlantique dans une vingtaine de villes avant de trouver refuge voila douze ans à Chicago pour un week-end annuel, exporté ensuite au Chili, Au Brésil, en Argentine puis à Berlin en 2005, ne serait pas validé par Perry Farrell… Il va falloir rager ailleurs. Le leader de Jane’s Addiction, qui avait pensé et mis en place le Lolla pour la première tournée d’adieux du groupe, puis vendu sers parts à Live Nation voilà une dizaine d’années, foulait les allées du site parisien, incognito sous son borsalino noir et ses lunettes de soleil, mais visiblement ravi. Exit donc la polémique! Si le débat se justifie pleinement sur la programmation copier-coller de dizaines de manifestations, sur la difficulté pour les artistes à jouer sur ces scènes là, sur les subventions historiques devenues peau de chagrin aussi, il ne peut pas faire étape ici où l’indépendance financière est la clé de voûte de l’organisation.

Alors le Lolla, comment c’était vu du public et loin de ses joutes polémiques? La réponse est unanime : c’était vraiment top! Décor impressionnant (une Tour Eiffel géante et scintillante au milieu du site – dommage que le dimanche il ait fallu protéger l’édifice par des barrières, des imbéciles ayant tenté des escalades aussi ridicules que largement alcoolisées -, la déclinaison du nom sous de multiples formes disséminées sur tout le site, des ateliers couronnes de fleurs, paillettes, une restauration aussi large que variée, du burger au stand vegan en passant par les tortillas, les crêpes, les bières de brasseries locales, les éclairs (souvenirs émus des fameux «éclairs de génie»).

Les organisateurs avaient également convié six chefs (dirigés par le médiatique Jean Imbert) chargés de mitonner une cuisine plus haut de gamme mais restant accessible (entre 10 à 15 euros) histoire de s’offrir un autre plaisir entre deux frites merguez. Yann Couvreur, Christophe Adam, Juan Arbelaez, Yoni Saada, l’étoilé Eric Guérin et Denni Imbroisi ont relevé le défi et se disent prêts à rempiler l’année prochaine.

Original encore le Tailor Shop de Levi’s. (La file d’attente signait le succès de ce stand où on pouvait faire custumiser et offrir une autre vie à ses vestes et jeans grâce à des pin’s et patch bien rock ou pop). Bonne idée aussi que le Kidzapalloza. Niché dans un coin plus tranquille de l’hippodrome, les plus jeunes étaient accueillis par une entrée « bulles de savon », pouvaient lâcher leurs envies de coloriages sur d’immenses murs de papier, s’ initier à la musique, se la jouer rock star avec des animateurs incroyables d’enthousiasme et de gentillesse en guitaristes ou chanteurs, des invités surprises (comme Martin Solveig).

Côté ambiance entre les scènes, on avait clairement un pied à Coachella. Pas de tee-shirt de groupes (ou très peu), des tenues citadines plus élégantes que roots (le talon dans la pelouse ou la terre n’est pas le plus confortable. Les multiples blogueuses, désormais qualifiées d’ «influenceuses» compte tenu de leur capacité à suggérer l’achat de produits, s’en souviendront. Celles qui s’étaient vus offrir la possibilité de nombreuses interviews des artistes en présence auraient du savoir que l’esprit ne se mesure pas à une hauteur d’escarpins..).

Le samedi, le casting sauvage organisé par une grande marque de mannequins avait fuité et incité lui aussi à de jolies audaces vestimentaires… refroidies par les températures du soir et la météo maussade du lendemain. Au final, ce public aussi dense que bigarré, ressemblait à une foule assez jeune, joyeuse et incontestablement heureuse de participer à cette première édition parisienne d’un festival mythique.

Imagine Dragons // Main Stage 2.

Lana Del Rey // Main Stage 2.

The WEEKND // Main Stage 1.

Côté programmation enfin, Live Nation avait frappé fort : répartis sur les quatre scènes (dont deux immenses dotées d’écrans de tailles impressionnantes afin de ne frustrer aucun des 60.000 spectateurs présents chaque jour), cinquante artistes (pour l’essentiel venus des Etats Unis) dont les plus grandes têtes d’affiche pop FM du moment : Imagine Dragons (surpris par cette foule aussi dense qui connaissait chaque titre par coeur), Lana Del Rey (la chanteuse que l’on dit lunatique et hautaine a oublié la pluie et offert un concert plein de chaleur, illuminé par ses titres fétiches), The WEEKND, en tête d’affiche du premier soir, (la mega star canadienne aux origines éthiopiennes a fait une entrée sur scène digne de sa renommée de nouveau roi du R’N B et provoqué les larmes des milliers de jeunes femmes qui l’attendaient depuis des heures).

Liam Gallagher // Main Stage 2.

London Grammar // Alternative Stage.

Editors // Main Stage 1.

Liam Gallagher, ex-Oasis, a été fidèle a sa réputation boudeuse et son vocabulaire fleuri mais quand sonne « Wonderwall » ou « Slide away », en hommage aux victimes du Bataclan, difficile de résister, Les Red Hot Chili Peppers, grosse caution rock du dimanche, ont résisté à la pluie et au vent pour lâcher les riffs dont ils ont le secret.

LP // Alternative Stage.

Bear’s Den // Main Stage 2.

Milky Chance // Main Stage 2.

Inoubliables encore, LP (Laura Pergolizzi), la belle américaine auteur du célébrissime « Lost on You », le titre étant repris par une foule encore plus frénétique que celle qui avait accompagné sa première date française, au Café de la Danse, voilà un an, Bear’s Den, surpris par l’accueil que lui avait réservé le Main Square l’an dernier et visiblement porté par cette chaleur renouvelée, les allemands de Milky Chance, élégants autant que survoltés, dont « Blossom », le second opus, est un succès légitime, The Roots, The Hives et leur rock déjanté, l’élégance de London Grammar, Martin Solveig, Editors, Pixies, l’unique et authentique Seasick Steve, ou bien encore Rival Sons ou DJ Snake. Faisant presque couleur d’ Ovni au milieu de tout ça, entre le séduisant Tom Odell et les souvent controversés musiciens de La Femme, IAM a mis tout le monde d’accord devant l’alternative stage. Les marseillais ont trop de bouteille pour ne pas savoir emporter le public,. Amateurs de rap ou pas, leur charisme et leurs tubes ont fait chanter d’une même voix, toutes générations confondues. Et impossible de ne pas citer Alt-J, dont les passages en France sont toujours aussi attendus que rares. Avant leurs deux concerts exceptionnels à Bercy et à Nantes en janvier prochain, les anglais ont connu un succès massif qui glissera ce rendez-vous du Lolla parmi les très gros souvenirs de tournée.

The Hives // Main Stage 2.

Seasick Steve // Main Stage 2.

Rival Sons // Main Stage 2.

Tom Odell // Alternative Stage.

Alt-J // Alternative Stage.

Désormais bien rôdé aux très grosses manifestations, Live Nation, en mettant son savoir faire au service de son immense catalogue, a réussi l’ implantation de ce nouveau rendez-vous dans la capitale. Le blues du public le dimanche soir ne figurait pas sur le running order mais était assez révélateur. Un an moins quelques jours avant… le Lolla an 2!

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

LE FESTIVAL LOLLAPALOOZA DEBARQUE CET ETE A PARIS

Paris deviendrait-elle le dernier spot indissociable de tout festival de renommée mondial? Après le Download qui a désormais sa version française depuis l’an dernier, c’est au Lollapalooza de venir squatter l’Hippodrome de Longchamp les 22 et 23 juillet prochain. Deux jours de pure folie avec des artistes aussi prestigieux que les Red Hot Chili Peppers, Lana Del Rey, Imagine Dragons ou encore London Grammar.

Unanimement considéré comme le plus grand festival du monde avec plus de 120.000 spectateurs par jour, le Lollapalooza, mis en place en 1991 par Perry Farrel, le charismatique leader des Jane’s Addiction,  réunit chaque été plus de 120.000 spectateurs par jour. En stand by entre 1998 et 2003, le rendez-vous ne cesse de se développer depuis son retour. Le succès est tel que la formule s’est exportée au Chili puis à Sao Paulo au Brésil en 2012, puis encore à Buenos Aires en Argentine en 2014. L’ essaimage européen débuté par Berlin, voilà deux ans, se poursuit donc par la France. Et c’est assez logiquement Paris qui a été retenu.

The Weeknd.

Imagine Dragons.

London Grammar.

L’idée est bonne puisqu’outre la forte attractivité de la capitale, aucun autre évènement majeur ne vient se mettre en concurrence à cette même date. Il y a bien la possibilité d’un gros concert au Stade de France mais une date, un artiste seul, ne suffiront pas à jouer les trouble billetterie. Les organisateurs ont de toutes façons mis toutes les chances de leurs côtés avec une affiche exceptionnelle réunissant une cinquantaine d’artistes qui se succéderont durant tout le week-end sur les quatre scènes. Une programmation large mais haut de gamme pour séduire tous les publics.

Red Hot Chili Peppers.

Lana Del Rey.

Dj Snake.

 

La preuve : Samedi 22 juillet, place sera offerte à The Weeknd, Imagine Dragons, London Grammar, The Roots, The Hives, LP, Martin Solveig, Tchami, Skepta, Glass Animals, Milky Chance, Kaleo, Yellow Claw, Oliver Heldens, Crystal Fighters, Jauz, Joyride, Bear’s Den, Black Tiger Sex Machine, Tiggs da Author, Anna Kova, Jeremy Loops, Max Jury, Moksi et Cinnamon.

Dimanche 23 Juillet, après DustyCloud, Henri PFR, Tess, Don Broco, Oscar and the Wolf, Seasick Steve, Tom Odell, Nightmre, Slushii, Alan Walker, Don Diablo, Rival Sons, Walk off the Earth, La Femme, Editors, Liam Gallagher créera l’évènement, suivi par les français de IAM, Mashmello, les Pixiers, Alt-J, DJ Snake, la très rare Lana Del Rey et les Red Hot Chili Peppers.

Live Nation, grand ordonnateur de ce premier Lollapalooza français a fixé le billet journalier à 79 euros. A longchamp, avec un line up aussi recherché, le galop d’essai s’annonce gagnant.

M.M.

– Plus d’infos sur www.lollaparis.com et www.facebook.com/lollapaloozafr/ –

Main Square Festival 2016: de l’inédit côté scène et côté site

Les Insus, Louise Attaque, The Offsprings, Bear’s Den, Macklemore et Ryan Lewis mais aussi Disclosure, Ellie Goulding, Nekfeu et Yelawolf… Malgré une offre moins fournie en grosses tournées internationales, l’édition 2016 du Main Square d’Arras s’annonce pourtant diversifiée, inventive et haut de gamme. De la pop, du rock et une grosse programmation électro, des noms légendaires et des groupes qui ne sont pas près de dire leurs derniers mots, difficile de résister à la tentation.            

L’édition 2015 du Main Square restera longtemps dans les mémoires. Plus belle et plus forte encore que la précédente, celle des dix ans. The Script, Pharell Williams, Lenny Kravitz, James Bay, Mumford and Sons… il faut dire qu’ils étaient tous là l’an dernier, tous ceux que le public plébiscite et qui truste les premières places des hits.

Et puis aussi, accessoirement, il y avait Muse. Un moment totalement improbable, durablement inscrit dans la mémoire des festivaliers. Matthew Bellamy servant ses solos (sans sourire, mais c’est peut-être un style) devant 40.000 spectateurs massés dans la cour et oscillant au gré des demandes de passages inconscientes. Pas question de perdre sa place. N’envisagez même pas la pause Kronenbourg ou pipi… Circulez, il y a Muse à voir alors on ne bouge pas! Vu comme ça, le moment parait étonnant. En vérité, à part pour les agoraphobes purs et dures, ce concert fut d’anthologie, le moment joyeusement intense et épique, d’une ambiance exceptionnelle et musicalement, parmi les meilleurs servis par le trio britannique.

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Iggy Pop.

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Macklemore & Ryan Lewis.

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Louise Attaque.

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Editors.

Après ça évidemment, la barre est haute. Armel Campagna, directeur du Main Square (et président de Live Nation France Festivals) a pourtant réussi à ce que la comparaison puisse être soutenue. Pas de Red Hot Chili Peppers comme un temps murmuré, puisqu’ils ne tournent pas cet été mais l’inoxydable Iggy Pop, véritable légende du rock, The Offspring et son punk californien toujours aussi percutant après trois décennies, Macklemore et le DJ Ryan Lewis, qui mettent les salles en feu avec leur rap festif mâtiné de folk irlandais, le spectaculaire Yelawolf, Nekfeu, le jeune prodige français du rap dont l’album « Feu » a été le plus gros succès de l’année dernière dans sa catégorie.

Louise Attaque, qui revient après dix ans de silence et dont la récente sortie d’ « Anomalie», leur dernier opus, a été unanimement salué, sera aussi de la fête. Les deux frères de Disclosure, Editors, le trio londonien de Bear’s Den encore qui parcourt le monde et sera donc en escale exceptionnelle dans le Nord avec ses refrains littéraires et son style acoustique.

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L.E.J.

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Mass Hysteria.

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Les Insus.

La gente féminine ne sera pas en reste avec les toutes jeunes Marina Kaye, les demoiselles de L.E.J., Jeanne Added, qui depuis plus d’un an est celle que les programmateurs se disputent et bien sûr, la magnifique Ellie Goulding. Six millions d’albums vendues, une présence ininterrompue dans les charts internationaux depuis six ans, trois albums et une dizaine de singles qui ont tous été des cartons,  une quarantaine de disques de platine… La meilleure amie de Taylor Swift et Katy Perry bouge sur scène comme personne. Le public d’Arras devrait lui faire une ovation!

Une percée rock metal également avec les français de Mass Hysteria, qui eux aussi, vingt ans après leurs débuts, jouent tournée gagnante. Sans oublier ceux qui vont faire venir de très loin, les Insus (ex Téléphone) dont le seul nom remplit les salles en l’espace de quelques minutes. Ils ont minutieusement choisi leur tournée d’été et ils seront au Main Square.

L’an dernier, le record de fréquentation a été battu avec 120.000 visiteurs en trois jours. Une jauge maximum pour un confort et une sécurité maintenus. Le festival s’est joué à guichets fermés mais l’offre de billets ne pourra pas grossir, les murs de la Citadelle, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, ne pouvant être repoussés. Soucieux néanmoins du confort du public et convaincu que des améliorations restent toujours possibles, l’équipe organisatrice a décidé de prendre de la hauteur… en aménageant le haut des remparts. L’endroit sera engazonné et ces oasis inattendus offriront dix pour cents de surface supplémentaire au site, de quoi améliorer sensiblement l’accueil du public.

Autre réflexion accrue aussi, celle de la sécurité. Les dramatiques évènements du Bataclan résonnent encore et des échanges avec la Préfecture sont toujours en cours. Même si le Festival est très bon enfant et sans débordements, les consignes données aux agents chargés de la sécurité et de l’accueil seront donc logiquement plus strictes, un portique se dressant même peut-être à l’entrée du site.

Une affiche originale propre à séduire le plus large, un site encore plus attractif… la fête promet donc d’être belle en ce premier week-end de Juillet du côté d’Arras.

M.M.

– http://mainsquarefestival.fr

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