Le Rouge et le Noir « rocke » gagnant !

Résolument moderne, sans comparaison avec les productions musicales actuelles, « Le Rouge et le Noir, l’opéra rock » relève haut la note le défi de l’adaptation de la célébrissime oeuvre de Stendhal. Voix, caractères, musiques, mise en scène… Tout est en place. Emotion(s) et plaisir garantis.

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D’abord, il y a le lieu, cette salle de théâtre parisienne des années vingt, conçue pour recevoir un peu plus de neuf-cents personnes entre parterre et balcon. Ce rideau de velours… Rouge, forcément! Loin des mégas productions du genre, l’opéra rock « Le Rouge et le Noir » a trouvé au Palace, l’abri idéal. L’atmosphère presqu’ intimiste ajoute au récit et permet de partager le cloisonnement que refuse Julien Sorel, son envie d’aimer en dehors de ses murs pour mieux nourrir ses ambitions sociales. Mais lorsque le rideau s’ouvre, c’est toute la scénographie moderne qui trouve sa place. Cinq musiciens jouent (et ne font pas semblant!) sur une mezzanine construite au dessus de la scène et s’inscrivent naturellement dans le spectacle. Des murs-écrans coulissants reçoivent les images qui deviennent alors des décors plus vrais que nature. Un jardin, une demeure bourgeoise, un intérieur, une geôle… Des contrastes qui cassent les codes et donnent une impression d’inédit pour décoiffer en finesse le roman de Stendhal.

Adapter ce classique parmi les classiques relevait pourtant du défi. Pour ne pas dire de l’improbable. Mais c’est bien connu, l’avenir sourit aux audacieux. Alors quand Sorel, auteur-compositeur-interprète, qui a emprunté son pseudo au personnage et connaît l’oeuvre dans ses moindres lignes, a décidé de présenter son projet avec Marie-Laure Combelles, sa fidèle complice, il espérait bien emporter Albert Cohen (le producteur réputé de « Mozart, l’opéra rock », de « 1789, les amants de la Bastille », entre autres) dans son enthousiasme. A l’évidence, il a su trouver les mots… Quelques semaines plus tard,  les signatures idéales pour donner à ce « Rouge et le Noir » ses dimensions opéra et rock étaient réunies.

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Alexandre Bonstein (chanteur, comédien, auteur de « Créatures », quatre fois nominé aux Molière) s’est chargé du livret. A lui les joies de la taille dans les six-cent-trente pages de l’oeuvre d’origine et cette obligation à ne pourtant jamais trahir! A ses côtés, deux références, François Chouquet, qui a mis en scène toutes les dernières productions d’ Albert Cohen et Laurent Seroussi, réalisateur de nombreux clips pour Calogero, Yaël Naïm. Le premier a planché sur les nombreuses parties purement théâtrales tandis que le second veillait à la partie scénique musicale et visuelle. Mais qui dit opéra rock dit chansons. Vincent Baguian, amoureux des mots, compositeur, interprète, signature de la plupart des titres des « Amants de la Bastille », de « Mistinguett, reine des années folles a partagé l’écriture avec Zazie, amie de longue date. Quant à la partition, elle a échu entre les notes de Sorel et de William Rousseau. Une référence de plus : la plupart des musiques de « Mozart, l’opéra rock » portent sa griffe. Il a aussi écrit pour Emmanuel Moire, Roch Voisine, Nolwenn Leroy, Florent Pagne… La liste est longue et a de quoi impressionner!

Ne restait plus qu’à dénicher ceux qui donneraient vie aux personnages. Bruno Berbérès, qui traque les talents de The Voice, disposait d’un beau vivier pour bâtir l’ossature du casting. Finaliste de l’édition 2015, musicien, Come s’est imposé naturellement. Il a le physique, le charisme, la fraîcheur (en dehors de la fameuse émission, on ne l’a encore vu dans aucune autre production), et l’envie. Il a aussi accessoirement la voix. A ses côtés, Haylen (dernière saison en date de The Voice) est une Louise de Rénal bluffante de vérité. Jouant juste, dotée d’une voix posée se promenant avec la même facilité sur toutes les hauteurs de gamme, elle est remarquable et provoque l’empathie sans jamais en rajouter. Julie Fournier (saison 5 de The Voice) campe une Mathilde de la Mole touchante. Quant à Yoann Launay, (de la même promotion que Come), il porte beau l’habit et le verbe de Géronimo. Son personnage, qui manie ironie et provocations, est totalement crédible et lui permet de mettre en exergue toute sa puissance vocale, comme dans cette scène assez étonnante où il partage l’affiche avec une castafiore… en carton !

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Impossible encore de ne pas citer Patrice Maktav (passé par le Cours Florent, la première Star Ac, Mozart l’opéra Rock et Mistinguett, reine des années folles, entre autres). Avec son jeu précis, aussi à l’ aise dans les scènes de théâtre que dans les chansons, il semble prendre beaucoup de plaisir à rendre antipathique Monsieur Valenod. Elsa Perusin campe son épouse toute aussi manipulatrice, Cynthia Tolleron est Elisa, la nurse, amoureuse secrète de Julien Sorel, Michel Lerousseau est le Marquis de la Mole et Philippe Escande, Monsieur de Renal.

Les costumes ont pris le parti d’un mixage hors du temps, un pan dans le passé, un autre dans les plis actuels. En jean slim noir, bottines en cuir, chemise blanche à jabots sous petit gilet brodé, Come-Julien Sorel a les atours rock’mantiques évidents et séduisants. Outre les murs écrans, un plateau tournant inattendu offre de jolis moments qui rajoute à l’émotion. Les titres devenus des tubes , comme « La Gloire à mes genoux » ou « Les maudits mots d’amour » rythment avec superbe mais on se laisse aussi emporter par les mises en scène d’« Il aurait suffi » (Come, Haylen, Julie Fournier), « Je vous laisse » (Haylen), « Que c’est bon d’être un bourgeois » (Yoann Launay) ou bien encore d’ « Eviter les roses «  (Come, Haylen).

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Dans les travées de velours, le public partage et se laisse totalement emporté. Aucun temps mort. Ca envoie et  Stendhal n’aurait sans doute pas renié les éclairages portés aux parts lumineuses comme aux recoins les plus sombres de ses protagonistes, qui font et se défont. Loin des énormes shows où tout est superlatif, « Le Rouge et le Noir, l’opéra rock » est une très belle réussite, de ces morceaux de choix inscrite sur la carte des spectacles et qui garantissent le plaisir. Deux heures intimistes et pourtant bien Rock’N’Roll.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Anthony Ghnassia. 

– Au Palace, 8 rue du Faubourg Montmartre 75009 Paris, du jeudi au dimanche, jusqu’au 30 Décembre 2016.  – 

Stendhal on the rocks: le bon cocktail du «Rouge et le Noir»

La troupe du « Rouge et le Noir » a dévoilé ce mardi huit titres de l’opéra rock qui s’installera au Palace (Paris) à la fin septembre. Plein d’humour, rythmé, loin des présentations parfois très (trop) sages, ce showcase a su mettre en lumière une troupe que l’on sent déjà soudée, des voix multicolores et des personnalités au charisme évident qui augurent d’un spectacle résolument actuel. Beaucoup plus rock qu’opéra.                 DSC_7651 DSC_7625

Albert Cohen l’a rappelé, quand on lui a suggéré cette adaptation musicale de l’oeuvre de Stendhal, il a eu un peu de mal à se projeter et ne se voyait pas vraiment arpenter ces sentiers de la littérature française . Classique parmi les classiques, ayant fait souffrir des milliers de lycéens auxquels échappait la dimension sociale et romantique de l’oeuvre, le producteur (« Mozart, l’Opéra Rock », «1789, les Amants de la Bastille », « Les 10 Commandements », « Mistinguett, reine des années folles», pour ne citer que ceux là) pensait l’aventure bien hasardeuse. Mais Sorel, auteur-compositeur-interprète (qui a emprunté son pseudo au personnage et connaît son Rouge et le Noir par coeur) aidé de sa complice, Marie-Laure Combelles, a su trouver les mots. Et l’enthousiasme a rapidement supplanté la curiosité.

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Il y avait un peu de l’incrédulité initiale d’Albert Cohen dans chacun en ce soir de présentation. « Le Rouge et le Noir.. !? Etrange comme idée, non ? (…)  Mais il y a quand même de belles signatures alors ça peut créer la surprise. » Des personnalités de renom, il est indéniable qu’autour du berceau, il y en a un joli nombre. Alexandre Bonstein (comédien, chanteur mais aussi auteur de « Créatures », quatre fois nominé aux Molières) s’est chargé du livret. C’est à lui que l’on doit la coupe sévère, les savants « mixages » dans les six-cent-trente pages de l’oeuvre d’origine mais qui jamais ne trahissent. A ses côtés, deux références encore, François Chouquet, complice de longue date d’Albert Cohen (« Mozart », «1789 », « Mistinguett», c’était déjà lui), partagera la mise en scène avec Laurent Seroussi, illustre réalisateur de clips (Gaëtan Roussel, Calogero, Yael Naïm…), plus spécialement chargé de la partie scénique musicale et visuelle.

Et puis, qui dit opéra rock dit chansons… La direction artistique de ce « Rouge et le Noir » a échu à Vincent Baguian, orfèvre du mot, auteur, compositeur, interprète, à qui l’on doit bon nombre des titres des derniers spectacles d’Albert Cohen et de Dove Attia. Il a convaincu Zazie, amie de longue date, d’écrire avec lui, William Rousseau (auteur pour de nombreux artistes et compositeur de la plupart des musiques de « Mozart », « Mistinguett») et Sorel bien sûr, signant les partitions.

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Ne restait plus qu’à trouver la distribution. Et c’est au désormais incontournable Bruno Berbérès, l’homme qui repère les talents de The Voice comme des principaux spectacles actuels, qu’a été confiée cette lourde tache. Côme, finaliste de l’édition 2015 de The Voice, s’est imposé assez vite. A vingt et un ans, totalement passionné, il apporte la fraicheur, l’enthousiasme et une forme de candeur qui rendent son Julien Sorel évident. Magnétique, Côme a un charisme bluffant, qui ne tient pas qu’à son physique de jeune premier. Il chante, se pose et impose. Lorsqu’il a débarqué en milieu de showcase, longue redingote noire, chemise blanche à jabot subtilement ouverte dans un slim en cuir noir, le ton était donné. « Rockmantique », comme avait souligné Zazie en début de soirée, vivant ses morceaux comme s’il était en concert, à l’image du parti pris de ce spectacle où chaque soir, les morceaux seront joués par quatre musiciens visibles sur scène, parfaitement intégrés dans la mise en scène. En plus du premier single sorti en février, Côme a interprété un titre bien rock, «Dans le noir, je vois rouge» puis, avec la troupe au grand complet, la très belle « Les maudits mots d’amour ».

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Autour de Côme, dans le rôle de Louise de Rénal, Haylen. La jeune femme s’est illustrée dans la dernière saison de The Voice avec sa voix puissante, son sens de la scène et une belle énergie.

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Julie Fournier, née voilà vingt et un ans dans une famille de musiciens, artiste jusqu’au bout des ongles, campera Mathilde de la Mole.

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Belle surprise pour tous ceux qui l’admiraient dans The Voice (même cuvée que Côme), Yoann Launay (team Zazie !) mettra son inventivité au service de Géronimo. Ce rôle de narrateur est fait pour lui. Le jeune homme a assuré avec humour, aisance et naturel, les enchaînements du showcase et lorsqu’il se mettait ensuite à chanter, sa voix puissante et rauque servie par ses qualités d’interprète a déclenché les applaudissements. Dans son perfecto noir, le décalage était chargé d’ironie lorsqu’il a interprété « Que c’est bon d’atre un bourgeois ». Il s’affirme déjà comme l’un des piliers du spectacle.

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Patrice Maktav, ancien de la première Star Academy, qui a écrit et composé pour Olivia Ruiz, formé au Conservatoire de Genève et au Cours Florent, acteur, chanteur, « crash poète » comme il aime à se qualifier, Lorenzo Da Ponte dans « Mozart, l’Opéra rock », superbe Léon Voltera dans «Mistinguett, reine des années folles », endossera les habits de Monsieur Valenod. Il a suffi de quelques accords avec Elsa Pérusin (Mme Valenod),  pour se dire une fois de plus que cet artiste n’a pas la carrière qu’il mérite et la renommée qui irait avec. Une chose est sûre : le couple Valenod, son exubérance, son absence de scrupule et son goût pour le kitsch, ne passera pas inaperçu avec ces deux personnalités fortes.
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Le Marquis de la Mole sera joué par Michel Lerousseau (aperçu dans de nombreuses séries TV et au théâtre dans « Queviva Offenbach », « Un violon sur le toit » ou plus, « Le voyage extraordinaire de Jules Verne ), Cynthia Tolleron (qui a fondé avec Julie Fournier le duo « Dyade »), ancienne également du Cours Florent, sera Elisa, la femme de ménage de Louise et Philippe Escande, fort de son parcours au théâtre et dans les comédies musicales (il revient d’une longue tournée en Corée avec «Mozart l’Opéra rock») sera Monsieur de Rénal.

Les huit titres présentés mardi soir (dont le désormais tube «La Gloire à mes genoux ») ont révélé une bande son vitaminée, rock et pop, cultivant l’ironie ou la tendresse, illuminant parfaitement les textes léchés écrits à quatre mains par le tandem Zazie-Baguian. « Ca me faisait rire de participer non pas à une comédie musicale mais à un opéra rock, et donc de proposer des textes qui racontent une histoire à un public qui peut les vivre comme dans un concert rock ou pop » avait expliqué Zazie en préambule. En final et en version chorale, la troupe a repris « Les maudits mots d’amour », le nouveau single de ce « Rouge et le Noir », qui sait parfaitement rester dans les mémoires.

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Il reste désormais quatre mois aux neufs comédiens et aux musiciens pour se préparer. Lever de rideau le 29 septembre, pour deux-cents représentations. Dans une rentrée qui s’annonce riche donc concurrentielle avec le retour des « Dix Commandements », de « Notre Dame de Paris », les inédits « Saturday Night Fever» ou bien encore « Hit Parade », cet opéra rock pourrait bien créer la surprise et mettre tout le monde d’accord.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

– http://lerougelenoir.fr –

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Côme va ébouriffer le Rouge et le Noir

Un an après avoir marqué la finale de The Voice, Côme décroche le premier rôle du « Rouge et le Noir », la nouvelle production d’Albert Cohen. A partir du 22 septembre prochain, il sera à l’affiche du Palace (Paris) dans cet opéra-rock en deux actes annoncé comme hautement novateur. Un challenge important qui n’empêche pas Côme de penser à la suite et sa carrière solo…La suite qui commence même dès à présent car le jeune homme, du haut de ses vingt ans et de son enthousiasme impressionnant entend bien mener ses deux projets de front.                                 14549378674260_photo_hd_26711

Perfecto qui ne fait pas semblant, tee shirt sur slim noir, bagues sans équivoque et chevelure bouclée joyeusement indisciplinée, le nouveau Julien Sorel n’aura pas de mal à oser le rock dans la nouvelle production d’Albert Cohen (à qui l’on doit déjà, entre autres, Mistinguett mais aussi « 1789, les amants de la Bastille », « Le Roi Soleil », « Doty et le Magicien d’Oz » en duo avec Dove Attia  et bien sûr, « Mozart, l’Opéra Rock ».) « Ce « Rouge et le Noir », d’après l’oeuvre de Stendhal, sera lui aussi un opéra rock mais il ne faut absolument pas comparer les deux productions. Ici, il y aura un vrai groupe en côté de scène, qui jouera chaque soir, pas de danseurs et pas de décors… Mais des images 3D qui seront parait-il incroyables. J’ai hâte de découvrir tout ça, hâte que l’aventure prenne un rythme encore plus fort. »

Avec un enthousiasme que rien ne semble devoir atteindre mais qui pourrait au contraire le protéger des bémols éventuels, Côme a l’impatience de ses vingt ans. Il y a peu, il jouait encore avec un groupe de potes, n’avait jamais fait de reprises et n’envisageait surtout pas de pousser la note… Il aura donc fallu la grâce d’un heureux hasard, un casting sauvage dans le studio où les copains répétaient, pour qu’il soit repéré et assure un parcours sans faute jusqu’à la finale de The Voice, où il a fini challenger de Lilian Renaud.

« J’avais toujours assimilé ce type d’émissions à de la télé réalité puisque je ne regardais pas. Et puis en y participant, j’ai vite compris l’opportunité que je pouvais en tirer, les enseignements, les conseils pour moi qui avais appris à jouer de la guitare devant des vidéos sur internet et n’avais jamais suivi de cours de chant. Les coachs ne sont d’ailleurs pas ceux qui vous guident le plus car ils sont présents mais de façon relative. On ne va pas se mentir : on est potes jusqu’à une certaine limite et on ne se fréquente pas assez pour partir ensemble en vacances. Mais cela n’a pas empêché Jenifer de dire qu’elle était contente de ce qui m’arrivait. Bref, The Voice a été un accélérateur et une très très belle aubaine que je ne regrette absolument pas, même si les chansons que j’ai eues à interpréter n’étaient pas celles que je préférais a priori.

Et puis c’est aussi The Voice qui m’a amené sur ce superbe projet. Bruno Berberes qui caste pour la télé devait composer la troupe du Rouge et Le Noir. Il m’a soumis le projet… et j’ai visiblement rempli les critères. Me voilà dans la peau de ce jeune homme issu des classes pauvres, qui rêve d’ascension sociale, ce fils de charpentier brutal qui se destinait à une carrière dans l’Eglise, séduit la femme du couple qui l’avait choisi comme précepteur de ses enfants avant de devoir fuir puis fait un enfant à Mathilde de la Môle, ce qui exacerbera la jalousie de Mme de Renal, son ex maîtresse. Le côté ambitieux, la soif de vivre de Julien Sorel, ce sont des choses qui me parlent. En revanche, son côté manipulateur, la façon dont il se joue de chacun, j’en serais bien incapable. Et ça rend le rôle encore plus passionnant à endosser. »

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Si le livret et l’adaptation reviennent à Alexandre Bonstein, la mise en scène étant assurée par François Chouquet (et Laurent Seroussi), fidèle parmi les fidèles du tandem Attia-Cohen, c’est à Zazie et Vincent Baguian que reviendra l’écriture des chansons, William Rousseau et Sorel (le prédestiné !) composant la partition. « L’album doit sortir le 26 août donc bien sûr, tout n’est pas écrit. Parfois, des extraits sont proposés et je fais des essais voix pour voir ce que cela donne. Ce que j’ai découvert pour le moment déchire assez. Et visiblement ça plaît : je viens d’apprendre que « La gloire à mes genoux », le premier extrait, venait de se classer en tête des titres français sur Itunes! Incroyable, non ?! Le côté live chaque soir pour servir la partition, le son, qui ressemblera à celui d’un concert, la notion d’opéra rock qui rendra impossible toute comparaison avec une comédie musicale, tout ça est assez excitant. Il va falloir que je travaille énormément pour ne pas me laisser avoir par la peur. Je n’échapperai pas au stress mais la certitude d’avoir bossé jusqu’au moindre détail sera rassurant. »

Le voile n’a pas encore été levé sur les autres compagnons d’aventure de Côme. Quatre jeunes femmes figurent dans le dernier carré. « Laquelle portera Mme de Rénal? moi-même, je ne le sais pas. Je dois les rencontrer dans les jours à venir. On verra peut-être alors avec laquelle cela fonctionne le mieux. Quand la troupe sera au complet, il va falloir donner son maximum immédiatement car septembre, c’est presque demain! Je me dis que je dois aussi acquérir une hygiène de vie parfaite, je vais essayer en tout cas, et me préparer comme un athlète de haut niveau qui n’a pas le droit de rater ses jeux olympiques. »

Un entraînement de champion qui ne sera pas inutile en effet : comme si ce projet ne suffisait pas, le jeune auteur-compositeur entend porter en parallèle son projet personnel. Il a constitué un groupe et voit actuellement la meilleure formule à retenir pour la scène. « Il y a un EP sur lequel je bosse depuis pas mal de temps. Albert Cohen a entendu ce que je faisais et l’EP va peut être se transformer en  album. Du coup, nous pourrions même le jouer au Palace. C’est énorme, c’est une somme de travail colossale mais franchement, c’est incroyable et je n’en reviens toujours pas d’avoir autant de chance. Sans avoir besoin d’intriguer et de manipuler comme ce fascinant Julien Sorel! »

En attendant que la partition s’écrive et que soient révélés les autres chanteurs à l’affiche du « Rouge et le Noir », le premier clip vient de sortir. Tourné voilà plusieurs semaines dans des décors magnifiques, avec un Come-Julien Sorel à la coiffure assagie et lissée et à l’apparence impeccablement romantique. Un clip qui livre quelques pistes mais pour connaître la direction prise par la mise en scène finale, il faudra patienter encore. « Jusqu’où pouvez-vous allez par amour ? » interroge l’affiche. Début de réponse, celle de Julien Sorel en tout cas, le 22 septembre sur la scène du Palace.

Magali MICHEL.

 

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Mistinguett, l’aventure continue!

Pari réussi pour Albert Cohen et sa Mistinguett, ressuscitée au Casino de Paris du 18 septembre au 18 Janvier dernier. Portée par ses 100.000 spectateurs et ce succès spectaculaire, la reine des années folles ressortira ses plumes à compter du 17 Avril sur la scène du Comedia (4, Bld de Strasbourg à Paris).

Pour descendre l’escalier et faire revivre les tourments de cette personnalité qui a marqué l’histoire du music-hall, on retrouvera Carmen Maria Vega et toute la troupe originale. L’occasion pour les retardataires d’aller admirer cette  artiste extraordinaire, superbement entourée par Patrice Maktav, Fabian Richard, Gregory Benchenafi, Cyril Romoli et Mathilde Olivier, sans oublier les danseurs qui contribuent eux aussi largement au triomphe de cette Mistinguett.

(Sans révéler les surprises, ce retour sur une nouvelle scène sera aussi l’occasion de revisiter certains tableaux. Et le Comedia proposera des « Gatsby Party » après le spectacle. Folle soirée en perspective!)

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

Mistinguett règne en beauté!

Pour sa septième production, Albert Cohen ressuscite Mistinguett et fait revivre la folie de ces années. Dix ans qu’il rêvait de remettre sur scène celle qui triompha dans les tous premiers spectacles de music hall. Avec Carmen Maria Vega en haut de l’affiche et une troupe fabuleuse à ses côtés, le pari s’annonce gagnant. Lever de rideau imminent.

Autant l’avouer tout de suite: quand Albert Cohen, quelques semaines avant que nous quittent ses Amants de la Bastille, a désigné Mistinguett comme nouvelle reine de ses amours, on a frôlé le burn-out. Comment lui, l’homme des Dix Commandements, du Roi Soleil, de Mozart d’Opéra Rock, de 1789, bref, des sept plus grands succès français dans le domaine de la comédie musicale, pouvait soudain vouloir voler dans les plumes? A moins que lui, qui était à Dove Attia ce que Roux était à Combaluzier, se soit retrouvé bloqué dans l’ascenseur des idées, Attia ayant préféré se mettre en retrait momentané pour mieux abattre de nouvelles cartes sur table ronde. On espérait au minimum qu’Albert Cohen réussirait mieux que Mugler et ses Follies, puisqu’il tenait absolument à verser dans la revue. Mais quand même… On ne risquait pas de les oublier ses productions précédentes qui nous avaient vendu tant de rêves… Avant!!

Et il aura suffi d’une voix, d’un titre célèbrissime subtilement modernisé pour que naisse l’envie! Que l’on retrouve la raison pour mieux la lui donner. Evidemment qu’Albert Cohen ne s’était pas reconverti en promoteur de spectacles pour boys un peu pâles, danseuses un peu grandes et tablées plus intéressées par le seau à champagne que par les couplets chantés à quelques mètres des assiettes! En entendant Carmen Maria Vega reprendre « Mon homme », on a immédiatement compris. Non seulement le projet serait beau. Mais le personnage clé aurait aussi et surtout la chance d’être servi par une interprète hors norme. Albert Cohen avait trouvé en Carmen Maria Vega sa Mistinguett, son interprète idéale… Et tant pis pour ceux que les superlatifs agacent! La jeune femme excelle dans le jeu comme dans le chant. L’assise rendue solide par des années de métier, six cents concerts, des tournées passées par des grandes salles parisiennes, elle ne risque pas de se prendre les salomés dans les tapis du Casino de Paris. Sa fougue, sa féminité, son coté Rock’N’Roll laisseraient aussi s’exprimer sa douceur sans impudeur.

L’écoute intégrale de l’album avant l’été n’a fait que confirmer. Toutes les années folles étaient là. On les voyait les sautoirs sur les robes à franges, les pantalons rayés sur les mocassins bicolores et en même temps, on pouvait reprendre ces morceaux dénués de ces accessoires tant les musiques sonnaient actuelles. Sans rien dénaturer de l’époque, Jean-Pierre Pilot et William Rousseau (fidèles parmi les fidèles, déjà là dans les précédentes créations Attia-Cohen) ont composé des airs qui provoquent instantanément le mouvement. On tape du pied, on dodeline de la tête et on sourit de plaisir, emporté par ces notes joyeuses. Ils ont aussi donné un air très actuel à certains refrains célébrissimes d’hier.

Mais l’histoire ne pouvait s’arrêter à ça. Pour creuser plus loin et ne pas paraphraser les grands cabarets parisiens justement, Albert Cohen, qui porte ce projet depuis dix ans, a eu envie que Mistinguett ne se résume pas à une paire de gambettes. Il a voulu mettre en lumière les failles que la Jeanne Bourgeois native d’Enghien les Bains en 1875, n’avait pas réussi à colmater, révéler celle qui maquillait sa détresse sous les plumes et les éclairages d’un escalier d’où elle ne voulait pas tomber pour ne plus être personne. En parallèle de la création du tout premier show de music-hall de l’histoire, en plus de la vie de troupe et des relations humaines parfois compliquées qui y règnent, c’est aussi un pan de la personnalité de cette femme incroyable qui se lèverait.

François Chouquet (lui aussi présent depuis les Dix Commandements) co-signe (avec Jacques Pessis, « Monsieur chanson française » et Ludovic-Alexandre Vidal, auteur de nombreux textes et adaptations) un livret tout en nuances et extrêmement sensible. Entre deux rires, pleurer ne sera donc pas à exclure. Surtout quand on sait que les chansons ont été confiées à Vincent Baguian, Grand Prix de l’Académie Charles Cros, auteur de la plupart des chansons de Mozart l’Opéra Rock et de 1789, les Amants de la Bastille. Un orfèvre du mot. On pourrait même dire des « maux » s’il n’y avait pas une forme de vulgarité à oser pareille facilité. Baguian vise juste. Il résume avec brio dans « Con-vain-cu », petit bijou suggestif, et convoque le frisson avec « Oser les larmes », l’un des titres les plus forts de l’album, magnifié encore par la voix de son interprète. Malgré un rythme entrainant, longtemps après sa dernière note, elle résonne encore. Tout comme « Valser la chance » interprèté par Patrice Maktav-Léon Volterra. Mistinguett s’annonçait décidément comme l’un des spectacles les plus intéressants de cette rentrée.

Samedi 13 septembre. Casino de Paris. Privilège rare de fouler ces lieux mythiques à J-5 de la première, alors que l’intimité reste normalement de mise pour les ultimes heures de réglage. Dans le hall d’accueil, les danseurs sont réunis pour un léger débriefing. Coup d’oeil rapide dans l’unique loge étroite et toute en longueur: des flight où pendent les tenues de scène des trente artistes. Vestons, longue redingote, chemises, robes à paillettes, et, incontournables des revues, des plumes à profusion. Les parures sont magnifiques. Si certains vêtements ont été dénichés aux Puces, la majeure partie a été dessinée par Frédéric Olivier. Lui aussi est là et s’active pour les ultimes essayages, vérifier que les changements de costumes soient un balai sans contre-temps. Patrice Maktav (qui était de l’aventure Mozart l’Opéra Rock) est d’ailleurs là pour endosser le sien et répéter au plus près de son personnage. Cyril Romoli, Guillaume Delvingt et Philippe Escande (tous trois ex 1789) resteront en jean-tee shirt. Tout comme Mathilde Olivier. Alors que Grégory Benchenafi et Fabian Richard joueront finalement eux aussi en costume. Manteau immaculé pour l’un, petit gilet de voyou pour l’autre.

Dans la superbe salle, celle-là même où a joué Mistinguett, des petits groupes éparpillés parmi les velours rouges. A l’arrière, les ingénieurs du son, ceux des lumières. Un peu à l’écart, Jean-Pierre Pilot, également directeur musical du spectacle, écoute en marchant dans les allées, sous le regard d’Albert Cohen, qui est de toutes les répétitions. A portée de scène, éclairé par une petite lampe, le metteur en scène. Mais il ne reste guère à sa table. « Tu as un naturel. C’est bien. Vraiment. Mais on va essayer de faire en sorte qu’il respecte les marques sur scène. Il faut qu’à la fin de la phrase, tu sois à cet endroit pour que le jeu s’enchaine. Ca te va? Vous êtes prêts les amis? » François Chouquet a la commande douce. Il parle dans son micro pour se faire entendre mais multiplie les aller-retour jusqu’à la scène pour mieux être compris. La jeune femme à qui s’adressait ces observations sourit et se maudit de ne pas maitriser ses déplacements. François Chouquet la rassure. Acteurs et danseurs se remettent en place. Faire et refaire. Jusqu’à la fluidité plus que parfaite. Cette fois là sera la bonne. En douceur, il a obtenu la scène telle qu’il la désirait. « Pourquoi perdre du temps et surtout de l’énergie dans les cris ou les accrochages interminables? Ce n’est pas mon tempérament et je suis persuadé que c’est contre productif. Les artistes doutent, essaient, se trompent, reprennent… La création est un moment de fragilité. Tout celà est normal. Je suis là pour les encourager, les rassurer et que chacun se sente bien. C’est dans l’intérêt de tout le monde. » Il le présente comme la seule option possible. Alors que chacun sait combien des confrères plus ou moins illustres ne savent travailler que dans l’hystérie. Impressionnant.

Pour le tableau suivant, musiciens, danseurs, acteurs.. la troupe est quasiment au complet. La scène est compliquée. Carmen Maria Vega devra jouer sur la palette des émotions. En attendant, elle plaisante avec Guillaume Delvingt. Des blagues potaches. Humeur détendue de celle qui maitrise son rôle. Et ce sera le cas. Trois fois, elle la rejouera pour permettre au metteur en scène de recaler des éléments de décors, interroger un technicien ou solliciter l’un des cinq musiciens qui font partie intégrante de l’histoire. Trois fois, elle enchainera avec une facilité déconcertante et trois fois, elle bluffera son auditoire. Impossible de lutter quand le frisson l’emporte.

Après trois semaines dans un gymnase, le temps de s’apprivoiser, faire tomber les timidités, de constater que personne n’aurait un ego avec lequel il serait difficile de composer, le temps aussi pour la troupe de danseurs de retenir la chorégraphie de Guillaume Bordier (ancien soliste du Ballet National de Marseille que dirigeait Roland Petit, chorégraphes de nombreux opéras) l’équipe au grand complet (une centaine de personnes puisqu’il convient d’ajouter les soixantes-dix techniciens) a investi le Casino de Paris depuis le 25 août. Et répète sans relâche. En essayant de se détacher du temps qui passe trop vite. Sans trop penser à cette femme incroyable qui les réunit près de cent ans après avoir tant vécu ici même.

Rendez-vous le 18 septembre. Lorsque le rideau se lèvera pour la première, Albert Cohen ne sera sans doute pas le moins ému. Mais son stress pourra rapidement faire place au plaisir. Il n’y a pas que les gambettes qui soient belles chez sa Mistinguett.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET // Nathalie ROBIN.

– A partir du 18 Septembre au Casino de Paris, puis en tournée dans toutes la France à partir de Février 2015. – Réservations dans les points de vente habituels. –

( Un remerciement tout particulier à Nathalie Robin, qui oeuvre dans l’ombre pour la communication des spectacles de Dove Attia et Albert Cohen et joue un rôle essentiel afin qu’il y ait une vraie interaction avec le public. Sa gentillesse légendaire n’est pas usurpée et n’a d’égale que son enthousiasme et son énergie.)