FNAC LIVE, le révélateur de tous les talents

La neuvième édition du Fnac Live laissera résonner ses scènes du 3 au 5 juillet prochains. Trois jours de concerts entièrement gratuits dans le cadre unique du parvis de l’Hôtel de Ville de Paris avec des invités qui devraient attirer la foule des grands soirs : une trentaine d’artistes dont Eddy de Pretto, Clara Luciani, Stephan Eicher ou bien encore Radio Elvis.

Quiconque ne s’est jamais retrouvé prisonnier en voiture dans les rues adjacentes à la mairie de Paris un soir de Fnac Live ne peut imaginer la densité des foules drainées par cet évènement désormais incontournable. Neuf ans déjà que ces trois jours de musique entièrement gratuits créent une animation comparable au concert du 14 juillet aux abords de la Tour Eiffel. Plus de 100.000 spectateurs s’y pressent à chaque édition.

Aya Nakamura.

Eddy de Pretto.

Clara Luciani.

Flavien Berger.

En 2012, Pony Pony Run Run, Charlie Winston, Tryo et Dominique A (entre autres) se succédaient sur scène. Au fil des ans, Christophe, Bernard Lavilliers, -M- , Mika, Christine and the Queens, Julien Clerc, Julien Doré ou bien encore Benjamin Biolay s’y sont aussi produits. L’année dernière encore, personne n’a oublié la prestation de Sting, la magie de Gaël Faye ni celle d’ Angus et Julia Stone. A l’origine, celui qui était encore le « Fnac Indétendances » avait pour ambition d’offrir une pause musicale avec des artistes propres à réunir tous ceux qui sont parisiens en ce début d’été, des artistes confirmés ma is également des découvertes qui devraient gravir rapidement les rangs de la notoriété.

Stephan Eicher.

Roni Alter.

Anna Calvi.

Cette année, les organisateurs ont poursuivi cette carte de la diversité en réunissant Bertrand Belin, Eddy de Pretto, la très en vogue Aya Nakamura et l’élégante Clara Luciani, des noms que l’on ne présente plus aux cotés de Bon Entendeur, Anna Calvi, Johan Papaconstantino ou Hervé, nouveaux noms avec lequel le public fera plus ample connaissance. Temps forts très attendus : le live acoustique du très charismatique Stephan Eicher et le toujours très spectaculaire show d’ Etienne de Crecy. Le FNAC live n’a décidément rien perdu de ses envies initiales et continue à jouer son rôle d’agitateur de talents.

M.M.

Le programme soir par soir :

Mercredi 3 Juillet : Etienne de Crecy, Aya Nakamura, Suzane, Bon Entendeur, Leonie Pernet, Radio Elvis, Delgres sur la scène du Parvis // Stephan Eicher sur la scène du Salon. 

Jeudi 4 juillet : Eddy de Pretto, Silly Boy Blue, Flavien Berger, Nelson Beer, Clara Luciani, Pepite  et un artiste dont le nom sera connu le 25 juin sur la scène du Parvis // Bertrand Belin, Blick Bassy et Roni Alter sur la scène du Salon.

Vendredi 5 juillet : Agoria Live, Hervé, Columbine, Zed Yun Pavarotti, Glauque et deux artistes dont les noms seront révélés le 25 juin sur la scène du Parvis // Anna Calvi, Johan Papaconstantino et Canine sur la scène du Salon.

– La scène du parvis est en accès libre dans la limite des places disponibles (début des concerts à 17h), la scène du Salon (3, rue Lobau) est en accès gratuit sur invitations, à retirer dans les billetteries Fnac de la région Ile de France à compter du 2 juillet à midi et à raison de deux places par personne (début des concerts à 19h40 le 3 juillet, à 18 heures les jours suivants) –

HELLFEST : une mise en musique dans le moindre détail

Toujours plus beau, toujours plus fort. Le Hellfest s’apprête à ouvrir sa 14ème édition avec des artistes aussi prestigieux que Slayer, Kiss, Tool, Mamowar ou bien encore Dropkick Murphys, Def Leppard ou Gojira. Mais à Clisson, la programmation n’est pas la seule composante du succès. L’âme du Hellfest, c’est aussi le décor ultra léché, l’ambiance nourrie à coups de sculptures et créations uniques. Les nouveautés sont régulières et une belle surprise attend cette année les metalleux affamés.

C’est un môme de onze ans, déjà fou de musique, qui attend le rendez-vous avec les yeux brillants d’impatience et qui onze ans plus tard, fait toujours des petits bonds de joie une fois franchies les portes de la cathédrale pour son 12eme Hellfest. Il ne répète plus « On est heureux ici !» mais les mots résonnent toujours dans sa tête. C’est un vieux fan de Kiss presque septuagénaire qui saute chaque année sur la billetterie pour vivre ces trois jours avec ses potes d’enfance, vieux tee shirt relique ressorti des placards. Ce sont ces deux jeunes handicapés britanniques qui savourent le bonheur d’être près des immenses scènes sur des esplanades parfaites parce qu’ici, leur fauteuil roulant n’est pas un obstacle. Ce sont ces grappes de copines qui ont traversé l’Europe depuis la Finlande pour cette échappée de 72 heures parce que « ce Fest français, tu ne peux pas le raconter sans enthousiasme. C’est le meilleur, c’est tout! » Et l’on pourrait poursuivre longtemps encore la liste de ces fidèles, fans de metal mais pas seulement, fans aussi et avant tout de l’ambiance unique qui règne dans la manifestation clissonnaise.

Rammstein lors de leur passage au Hellfest en 2016.

Pour tous ceux là mais aussi pour la majorité des autres, le Hellfest est devenu une espèce de lieu sacré. Comme d’autres vont se perdre dans les grottes de Lourdes, eux passent par Clisson. C’est un rite, une sorte de passage obligé. Pour certains, « il faut faire le Hellfest au moins une fois dans sa vie », optique un peu extrême, sans mauvais jeu de mots, car ceux là viennent davantage « pour l’avoir fait » que pour la programmation ou l’amour de la musique. Mais le fait est là. La rançon du succès sans doute.

Ben Barbaud, fondateur du Hellfest.

Dans cette frénésie enthousiaste, il y en a un qui passe donc forcément pour « Dieu », même si c’est dit avec humour, c’est Ben Barbaud, le père fondateur. Quand il passe discrètement sur le site, les spectateurs qui le reconnaissent le sollicitent pour un selfie comme ils le feraient avec un artiste. Le trentenaire s’exécute avec le sourire mais il n’a jamais recherché la notoriété et semble plutôt épargné par la surdimension de son ego. Déjà à l’origine du Furyfest de 2002 à 2005, il a eu l’idée du Hellfest l’année suivante, souhaitant poursuivre cette idée d’ une manifestation encore unique en France, pour les fans de musiques extrêmes, du heavy metal au punk en passant par le thrash, le death, le glam, le black metal ou bien encore le stoner ou le hard rock.

22.000 personnes se pressaient à Clisson pour cette première, les agriculteurs prêtant leurs champs en jachère pour l’accueil des voitures, la plantation encore un peu disparate des tentes ou camping car. C’était un peu roots mais déjà très organisé. On traversait les vignes, les chemins, mais au bout de la marche, il y avait les deux scènes et des concerts déjà top niveau. Treize ans plus tard, 156.000 personnes sont accueillies chaque année au Hellfest. Un succès XXL.

En treize ans, le Hellfest aura pourtant tout connu: de la canicule aux trombes d’eau, des cohortes d’intégristes portées par la très rigide Christine Boutin ou le non moins fervent catholique Philippe de Villiers dont les fidèles tentaient à coups de tracts de détourner les festivaliers de ce « repère satanique », des politiques qui n’ont jamais rien écouté dans le genre ni foulé les plaines clissonnaises mais prenaient appui sur le nom des groupes pour jeter la vindicte (comme si « Licorne pleine de grâce » aurait fait plus chic à leurs oreilles que « Suicidal Tendencies » ou « Black Sabbath »). Mais le Hellfest aura gardé le cap et survécu aux (heureusement rares) vents contraires pour s’imposer parmi les plus grands festivals d’Europe, le premier du genre en France. Au delà des chiffres de la fréquentation, Ben Barbaud et son équipe (quinze permanents désormais) ont décroché des titres essentiels : « meilleur grand festival » en 2014, 2015 et 2017 mais également « meilleur camping » en 2015 et 2016, « meilleure ambiance » en 2013 par le très sérieux site « Festival Awards ».

Car c’est là aussi que se joue la différence. Quand la concurrence se contente le plus souvent de planter deux immenses scènes de part et d’autres d’un terrain avec des stands de restauration pour tout complément, persuadés que les festivaliers ne penseront que musique, le Hellfest a toujours soigné son accueil afin que la fête commence sitôt sur le site. Les décors sont pensés, confiés à des artistes, spectaculaires de jour comme de nuit. Et chaque édition apporte son lot de surprises, son plaisir de la découverte. Au Hellfest, il y a la qualité de l’affiche, les meilleurs groupes du monde mais aussi le plaisir des yeux, ce sentiment de vivre trois jours en terrain connu mais dans un ailleurs unique. Une sorte de parenthèse enchantée où l’on oublie tout.

Depuis le changement de site provoqué par la construction du lycée sur l’ancien espace, le Hellfest dispose de 21 hectares (contre moins de 15 précédemment), toutes surfaces (dont le camping) confondues. Et aux deux Main Stages, se sont ajoutés la Valley, la Temple, la Altar, le Metal Corner, le Kult et la Warzone. Des pelouses ont été semées, des bancs, des sculptures, des stands au décor unique et forcément raccord avec l’ambiance ont été mis en place.

Statue hommage à Lemmy, Motörhead.

L’immense cathédrale a été dressée et c’est sous ses portes que transitent les festivaliers. Une statue en hommage à Lemmy Kilmister (le chanteur de Motörhead décédé à la fin 2015) a été inaugurée lors de l’édition suivante par Ben Barbaud et Phil Campbell, guitariste du groupe. La Warzone a également été totalement modifiée dans l’esprit Fort Alamo. « Une association d’anciens combattants avait eu vent de cette construction et trouvait que les miradors rappelaient les camps de concentration. Ce n’ était pas le cas mais nous avons préféré entendre leurs demandes et l’ équipe d’artistes à l’origine du projet a effectué quelques modifications, cela ne sert à rien d’être totalement fermés» raconte Alex Beurecq, responsable de la communication. 

Le décor se construit.

Autre ajout désormais essentiel, le mini « Camden » pour les premiers pas sur les lieux. Des immenses tentes pour le merchandising mais aussi et surtout des boutiques au décorum réplique du quartier londonien avec en place centrale, cet énorme crâne immaculé, peut être l’un des lieux les plus photographiés durant ces trois jours. A ranger aux rangs des oubliettes en revanche, les immenses pieuvres ornant le haut des Main Stage il y a deux ans. Dessinées par des artistes tatoueurs, elles étaient impressionnantes sur le papier… nettement plus « Foire du Trône » une fois construites et leur suppression n’aura fâché personne. Ce qui ne risque pas la destruction en revanche, c’est la superbe fontaine aux « Faucheurs » du VIP, encore plus impressionnante à la nuit tombée.

Le budget 2017 du Hellfest, estimé à 20 millions d’euros (dont 12 millions issus de la vente des pass et 0,2% de subventions publiques), consacrait un bon tiers aux concerts. Tout le reste, et en dehors des frais de fonctionnement classiques, va aux aménagements. Pour cette nouvelle et 14ème édition, un pont passerelle a été créé pour rallier la zone de production, la régie et le parking des tourbus, un revêtement bicouche a été posé et le terrain a été viabilisé en bas de site pour un accès plus facile à la quarantaine de loges nouvellement posées.

Un espace artistes comprenant coin restauration et terrasses avec vue sur les concerts complètera cet endroit que les festivaliers ne voient pas mais qui est une donne importante. « On a toujours eu la volonté de très bien accueillir les groupes, » poursuit Alex Beurecq. «Cela ressemble parfois à un gros challenge car il y a des demandes en tous genres sur les riders mais on essaie de les respecter. Ozzy Osbourne souhaitait des toilettes pour lui seul, il les a eues. Kiss, qui revient pour la troisième fois en juin, ne voulait pas être dérangé, y compris par les autres artistes qui auraient pu aussi être fans et les solliciter, alors ils ont demandé la privatisation de l’espace restauration et des sanitaires. Bien sûr, cela a été fait. D’autres, comme les membres de Satyricon, voulaient une salle de musculation alors on avait loué du matériel et créé une petite salle de sports. Un groupe qui sera bien reçu le fera savoir donc ce n’est pas accessoire. Et puis cela fait forcément plaisir quand on reçoit des mails de remerciements ensuite comme on en a eu après la venue des Guns et que l’entourage de Rammestein (et là je peux vous dire que c’était un vrai défi technique à relever) a fait part de sa satisfaction. Il y a bien quelques artistes (des américains notamment) qui se la jouent en blindant tout et même nous, nous n’ avons pas accès jusqu’à eux mais cela reste rare. Pour le moment franchement, tout a été assez simple à satisfaire. »

En dehors de l’espace artistes, la grande nouveauté bientôt révélée sera le relooking complet de l’ espace restauration. Il avait beau s’être considérablement amélioré (on se souvient du sol devenu amas de boues gluantes devant les stands voilà quelques années à cause des fortes pluies. Partir à la quête d’une Tartine de l’Enfer devenait plus hasardeux que le plus tordu parcours du combattant), d’immenses tablées avaient beau par la suite laisser éclater dans la bonne humeur tous les commentaires sur les concerts du jour, le coin n’était pas encore empreint de l’âme Hellfest. C’est désormais chose faite. Alliant fonctionnalité et mise en scène parfaites, l’espace devrait ravir les ventres affamés.

Depuis trois mois, les plus gros travaux sont en cours sous le regard de Ben Barbaud qui sillonne quotidiennement l’espace avec son vélo. Et depuis quelques jours, les monteurs sont également à pied d’oeuvre pour finir de planter le décor, une partie des éléments restant à temps plein, ce qui a fait du lieu un but de promenade ouvert toute l’année. Car c’est aussi ça le Hellfest, un festival à la réussite impressionnante mais en prise directe avec la vie clissonnaise. Dans ce pays du Gros Plan et du Muscadet, l’impact économique est énorme et ne s’arrête pas au nombre d’hectolitres vendus mais concerne également l’hôtellerie (devenue insuffisante, c’est souvent chez l’habitant que les festivaliers qui n’ont pas envie du camping trouvent refuge), l’alimentation (la grande surface locale vit trois jours de pure folie mais avec le Hellfest, c’est Noël en juin), la SNCF augmente ses trains, les cars se succèdent et les taxis additionnent les courses.

Il existe des dizaines de festivals de musique mais de cette envergure avec cette ambiance unique, ce public d’une courtoisie, d’une gentillesse jamais démenties, ces programmations qui d’année en année font le bonheur de tous, il n’y en a pas d’autres. L’édition 2017 avait vu s’envoler les pass trois jours en trois semaines, l’an dernier en trois jours alors que l’affiche n’avait livré aucun nom. 2019 aura frappé plus fort encore : au terme du dernier concert de l’an dernier, une vidéo avait levé le voile sur cinq groupes déjà signés : Mass Hysteria, Carcass, Manowar, qui ne s’était pas produit en France depuis dix ans, Dropkick Murphys, pour une date unique dans l’Hexagone et Slayer en pleine tournée d’adieux. Alors le pire (pour le festivalier qui n’a pu trouver un ordinateur à l’heure dite) s’est produit, les 55.000 sésames se sont envolés en moins de… trois heures !! Ne restaient plus que les quelques pass journaliers (qui partiront eux aussi en un éclair). Et cela ne se voit nulle part ailleurs.

Dans moins d’un mois, le 14ème Hellfest ouvrira ses portes. Ouverture anticipée (probablement en milieu de matinée du jeudi) pour tous ceux qui se sont offerts le bonus Knotfest (qui avait sa propre billetterie), autrement dit les concerts du festival itinérant porté par Slipknot avec Rob Zombie, Sabaton, Amon Amarch, Papa Roach, Powerwolf notamment. Le merch officiel du Hellfest ne sera disponible que le lendemain mais tout le reste sera déjà prêt. Un soir de plus dans le paradis du metal, ça ne se refuse pas.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

FESTIVAL : LES BELLES NUITS DE NORT-SUR-ERDRE

La 21ème Nuit de l’Erdre met l’accent sur les sensations urbaines du moment avec les déjà très plébiscités concert d’Eddy de Pretto et Soprano. Mais les amateurs de rock, de pop, d’électro et de chansons françaises seront également de la fête du 28 au 30 juin.

Personne n’a oublié l’incroyable programmation de la dernière Nuit de l’Erdre avec Shaka Ponk, Vianney, Triggerfinger, Bernard Lavilliers ou bien encore Orelsan. L’édition des vingt ans était forcément celle de toutes les surprises mais 2019 promet de frapper largement aussi fort avec des invités prestigieux et des rendez-vous déjà très attendus.

Disclosure. // Vendredi 28 Juin. 

Nekfeu. // Vendredi 28 Juin. 

Clara Luciani. // Vendredi 28 Juin. 

Vendredi, pour ouvrir les festivités, Disclosure, fer de lance de l’électro britannique, sera présent. Nekfeu, les quatre frères et soeurs des Ogres de Barback, Roger Hodgson, figure emblématique de Supertramp, se partageront également les deux scènes. 

Ils ne seront pas les seuls : Clara Luciani, l’étoile montante de la chanson française, Roméo Elvis, le rappeur belge qui a fait ses gammes avec succès bien avant que sa soeur fasse à son tour parler d’elle et le résumer en « grand frère d’Angèle » serait donc aussi réducteur qu’injuste. Autres participants à cette première soirée, les nantais de KoKoMo, qui ont viennent de sortir un nouvel album et que les programmateurs s’arrachent.

Enorme rendez-vous pour tous ceux qui ont raté leur passage dans la région ces derniers mois, Bon Entendeur, Gaëtan Roussel, Minuit (le groupe créé par Raoul Chichin et Simone Ringer, talentueuse descendance de Fred Chichin et Catherine Ringer des Rita Mitsuko), Vertical et les multirécompensés BigFlo et Oli seront là. 

Temps fort également, la venue d’Eddy de Pretto qui depuis deux ans truste tous les succès avec ses textes brillants et son rap musical qui ne déplairait pas à Nougaro. Dub Inc offrira la plage reggae et Editors déversera une déferlante de rock. Le groupe britannique porté par Tom Smith sait faire le show donc on peut s’attendre à un grand moment.

Histoire de finir cette nouvelle édition en apothéose, les organisateurs n’ ont pas mégoté : Après Inuit, Train to Roots et Louisett, les plaines de Nort sur Erdre verront sonner l’electro pop de Deluxe, la chanson française portée par la bande de joyeux drilles tarbais de Boulevard des Airs, Hubert-Félix Thiéfaine (qui fait un carton avec sa tournée anniversaire) et Soprano, pour tous ceux qui ont manqué son dernier Zénith à Nantes, sold out en l’espace d’un éclair, et qui ne veulent pas attendre son retour à la fin de l’année.

La seule inconnue sera la météo. Pour tout le reste, les organisateurs ont posé haut les balises. 

 – Informations et réservations : www.lanuitdelerdre.fr/billetterie 

Update // RUNNING ORDER. 

La cuvée prometteuse du 43ème Printemps de Bourges

La 43ème édition du Printemps de Bourges se déroulera du 16 au 21 avril prochains. Le festival berrichon, qui donne le La de la saison des festivals, mêlera comme à ses habitudes valeurs sûres (Hubert-Félix Thiéfaine, Zazie, Gaëtan Roussel), artistes plus récemment plébiscités (Clara Luciani, Jeanne Added) et nouvelles recrues des Inouïs, à qui on peut souhaiter une trajectoire aussi heureuse que celle d’Eddy de Pretto, Odezenne ou Radio Elvis, les deux derniers repassant cette année par Bourges. Et puis il y aura ce moment très attendu, un grand hommage rendu par Izia, Arthur et Ken Higelin à leur père disparu l’an dernier.

On a beaucoup fustigé le Printemps de Bourges, « rendez-vous parisien de province », « détour des pros ne venant que pour partager des verres entre gens de bonne compagnie ». Certains pensaient même que le départ de Daniel Colling, âme fondatrice, et l’arrivée de Gérard Pont transformerait le Printemps en énième festival, avec ses mêmes artistes que l’on retrouve partout quand ils sont en tournée, une sorte de Francofolies berrichonnes, Gérard Pont étant également grand ordonnateur de la manifestation rochelaise. Faire et laisser dire… Après les années difficiles, la météo catastrophique et les finances dans le rouge, le Printemps de Bourges a réussi à se redresser et trouver le rythme pour tenir la tête haute, une mutation sans se rogner et conserver ce qui est dans son ADN, la présentation au public de ceux qui feront la musique de demain, en parallèle de la présence de grosses têtes d’affiche.

Hommage à Jacques Higelin, 18Avril, le Palais d’Auron.

Pour cette 43ème édition, on peut d’ores et déjà affirmer que l’hommage rendu par les trois enfants de Jacques Higelin, Izia, Arthur et Ken et bon nombre de ses amis, dans un spectacle intitulé «Jacques, Joseph, Victor… dort » sera l’une des soirées marquantes. Autre évènement très attendu, le nouvel arrangement de « L’homme à la tête de chou » de Jean-Claude Gallota, un spectacle qui mêlera musique et danse et célèbrera Serge Gainsbourg et Alain Bashung. Dans un genre totalement différent encore, Rodolphe Burger se produira à l’Abbaye de Noirlac pour un spectacle spécialement conçu pour l’édifice millénaire.

Quatorze anciens Inouïs seront également de la fête avec notamment Aloïze Sauvage, Odezenne, ou Radio Elvis. La sélection des Inouïs 2019 sera quant à elle révélée le 21 Février. Au fil des ans, cette sélection est devenue une véritable référence et beaucoup se pressent pour bénéficier de ce « label ».

Aloïse Sauvage, 19Avril, l’Auditorium.

En plus des soirées hip-hop le 18 avril (avec entre autres, Dod Saint Jude et Pongo) et rock (Lady Bird, Rendez-vous…) le 19, la nouvelle scène de la chanson pop francophone sera aussi présente avec Hubert Lenoir, Requin Chagrin ou bien encore Bleu Toucan.

Hubert-Félix Thiéfaine, 17Avril, le W.

Zazie, 18Avril, le W.

Lou Doillon, 18Avril, l’Auditorium.

Aya Nakamura, 21Avril, le W.

Mais pour que la fête soit complète, il ne fallait pas oublier des têtes d’affiche fédératrices. Hubert-Félix Thiéfaine viendra donc célébrer ses 40 ans de carrière. Boulevard des Airs, Zazie, Lou Doillon, Charlie Winston, Gaëtan Roussel feront eux aussi le détour par le Berry. Tout comme la jeune Aya Nakamura, récemment nommée aux Victoires de la musique, qui se produira pour la première fois sur une scène du Printemps.

Jeanne Added, 19Avril, le W + le Palais d’Auron.

Vald, 18Avril, la Halle au Blé.

Gringe, 18Avril, la Halle au Blé.

Autres concerts très attendus, ceux de Jeanne Added, Victoire de l’artiste féminine de l’année, la talentueuse Clara Luciani, Ofenbach, Thérapie Taxi, Vitalic ou Salut c’est cool. La musique urbaine ne sera pas en reste avec Gringe, l’Ordre du Périph, Vald mais aussi Columbine ou Giorgio. La cuvée 2019 s’annonce prometteuse.

–  Programme complet et réservations sur printempsdebourges.com – 

Le 14ème Hellfest toujours plus exceptionnel

Du 21 au 23 juin prochains, la 14ème édition du Hellfest a visé encore plus haut. Sur les scènes de Clisson, Kiss, Tool, Gojira, Manowar mais aussi Slayer, Carcass ou Eagles of Death Metal (entre autre) se succéderont. Dans cette déferlante de grands noms, choisir sera le plus compliqué, renoncer n’étant pas une option.

Content (comment ne pas l’être ?!), surpris aussi malgré tout car l’édition 2019 du Hellfest bouscule encore ses propres records, Ben Barbaud est décidément à la tête du festival parmi les plus dingues de la planète rock. L’an dernier, les pass trois jours étaient partis en trente heures. Cette année, il aura suffi de trois heures pour voir s’envoler les 55.000 précieux droits d’entrée alors que l’affiche n’avait révélé que cinq noms lors de la soirée de clôture en juin dernier. 

En même temps, ces noms n’étaient pas des moindres: aux côtés de Mass Hysteria et d’une grande soirée « française », les festivaliers apprenaient ainsi que Slayer refoulerait les stages de Clisson dans le cadre de sa grande tournée d’adieux, que Dropkick Murphys ferait le détour pour une date unique en France, que Manowar signerait son grand retour après dix ans d’absence et que les britanniques de Carcass seraient également présents. Pour une manifestation habituée à jouer le mystère bien au delà de l’ouverture de la billetterie, ce pan levé mettait déjà tout le monde sur les rangs impatients.

Tool // Main Stage 1 // Dimanche 23 Juin.

Kiss // Main Stage 1 // Samedi 22 Juin.

Mais la véritable star de cette quatorzième édition sera sans conteste (dixit leurs fans en tous cas), Tool, que le public réclamait depuis des années. L’équipe du Hellfest a enfin réussi à les signer Maynard James Keenan et ses acolytes et les américains boucleront le fest le dimanche soir avec un show annoncé comme énorme. D’autant plus exceptionnel que ce sera leur unique passage dans l’Hexagone.

Autre temps fort (sortez les mouchoirs et osez une dernière fois la palette de maquillage), les adieux de Kiss. Ce sera le troisième et probable dernier passage (encore qu’il ne faut jamais dire jamais… on a connu des adieux à épisodes successifs) des américains dans le cadre de leur tournée « End of the Road ». Pour mettre un point final à ses quarante cinq ans de carrière, Kiss n’a pas mégoté sur les frais. Avec de nouvelles tenues de scènes, des dates à foison entre les Etats Unis et l’Australie, en passant par l’Europe (l’Allemagne, l’ Ecosse et puis la France avec Clisson donc) et une mise en scène encore plus inoubliable.

Des adieux encore pour Slayer qui poursuit ses au revoir et reviendra une fois de plus au Hellfest, manifestation dont le groupe a toujours vanté le plaisir pris à y jouer. Les thrasheurs ne bouderont pas leur plaisir, de quoi partager une ultime date avant que les américains sonnent la note finale.

Manowar // Main Stage 1 // Vendredi 21 Juin.

Autre retour en tous points exceptionnels et là aussi en mode « ultime tour de piste avant séparation», celui de Manowar dix ans après son dernier concert en France. Joey  De Maio a décidé que les fans, qui guettaient ce moment avec impatience, seraient architectes de la set list en votant pour les morceaux interprétés sur scène. Presque quarante ans que les américains exportent leur heavy metal sur tous les continents. Ils promettent un show à la hauteur de la puissance de leurs partitions légendaires avec une imagerie encore plus impressionnante.

Il ne faudra pas non plus zapper Def Leppard, Within Temptation pour les amoureux du metal symphonique, les toujours un peu polémiques mais talentueux californiens d’ Eagles of Death Metal, les inoxydables barbus de ZZ Top, membres réguliers du Hellfest, Slash qui sera avec Myles Kennedy and the Conspirators, les anglais d’Architects dont les show hyper calés sont toujours des moments inoubliables, Trivium,  Sum 41, Lamb of God. Entre autres.

Enfin, à noter encore la grande soirée dédiée au rock français en première journée de Hellfest avec le retour des géniaux frères Duplantier avec Gojira, Dagoba, Ultra Vomit qui n’en finit pas de remplir des salles toujours plus grandes, No One is Innocent, dont la dernière prestation clissonnaise remonte à 2015, Klone, Lofofora et Mass Hysteria tous feux tous flammes avec un concert haut en surprise pensé spécialement pour cette date.

Impossible de citer tout le monde.Trois jours, cent-cinquante groupes gratin du gratin de la musique extrême ou plus simplement du rock décliné sous toutes ses formes, le Hellfest année 14 a du emprunter la devise de Fort Boyard : toujours plus haut, toujours plus fort. Bienheureux ceux qui pousseront les portes de l’Enfer le 21 juin prochain.

Magali MICHEL.

– UPDATE: RUNNING ORDER ! – 

Festival FACE & SI: l’adoré

Après les festivités du 20ème anniversaire, pas facile de garder le rythme et d’offrir une affiche toute aussi variée et grand public. Mais impossible n’est pas Face et Si. Les vendéens ont réussi une fois de plus ce grand rendez-vous de fin d’été avec des moments de partages totalement exceptionnels.

D’ abord, il y avait le soleil. Autant reprendre les bonnes habitudes et bénéficier de cette météo qui a été plutôt heureuse au fil de ces week-end de début septembre. Enfin presque… On se souviendra longtemps du déluge qui avait accompagné la vingtième édition, l’an dernier. Des trombes d’eau avaient contrarié les déplacements des artistes mais ils étaient tous arrivés à temps et le public, stoïque autant que passionné, n’ avait pas déserté les rangs de l’espace Beaupuy. Même en finissant détrempé, un concert de Patrick Bruel avec tous les titres qui ont jalonné sa carrière, ne se rate pas.

Nul besoin de parapluie ces 7, 8 et 9 septembre derniers. Mais plutôt de crème solaire! De quoi donner (et c’est un peu dommage) une impression de moindre affluence, notamment en ouverture de soirées, les festivaliers préférant traquer les coins d’ombre salvateurs, quitte à rester à l’oblique de la scène.

Theo Lawrence & The Hearts.

Une problématique qui n’existait pas dans la Longère, qui du coup, a connu un record de fréquentation. Bonne pioche pour Theo Lawrence and The Hearts vendredi soir. Largement inspiré par le blues, la soul et le rock sudiste, le groupe, originaire de la région parisienne, a livré de larges extraits de son premier album, le très réussi « Homemade lemonade ». Theo Lawrence a la voix affirmée. Musicalement, ça met tout le monde d’accord. Il y a fort à parier que cette bande là n’a pas fini de faire parler d’elle.

En pleine tournée anniversaire, IAM a été de tous les festivals pour souffler les vingt ans de l’album « L’ école du micro d’argent ». Pour que la fête soit complète et remercier leur public toujours aussi fidèle, les rappeurs de la cité phocéenne ont sorti le grand jeu : des lights impressionnantes et des décors XXL (si grands d’ailleurs qu’ils ne pouvaient entrer intégralement sur la scène de Mouilleron le Captif et dépassaient de chaque côté du rideau), deux semi remorques de matériels, un vrai barnum qui a forcément emporté toute l’assistance.

IAM.

On peut saluer au passage la volonté d’ Akhenaton et sa bande de ne pas avoir concocté des shows au rabais pour les festivals plus petits que les mastodontes du genre. Respect du public, qu’ils se produisent devant 35.000 personnes ou 3.500, c’est le même spectacle d’un bout à l’autre. Et on peut dire qu’ils ont mis l’ambiance. Impeccables, généreux et porteurs d’une bonne humeur contagieuse, les cinq artistes ont mouillé le tee shirt, fait danser petits et grands qui sont repartis en chantant encore.

Dans cette euphorie de fin de soirée, certains ont manqué le début du concert d’ Hyphen Hyphen. Chantant pour patienter, ils n’avaient pas compris que les niçois (salués par la Victoire de la Révélation scène de l’année) ne prendraient pas la suite des marseillais mais se produiraient dans la Longère. (Au fil de ces trois jours, il y a eu pas mal de distraits qui sont passés à côté du parcours de la programmation. On peut en sourire mais peut-être faudra t’ il envisager des panneaux plus grands ou des annonces l’an prochain.)

Marianne James.

En ce deuxième jour de Face et Si, la scissure générationnelle dominait : ce serait Julien Clerc pour les uns, Arcadian pour les autres mais retrouvailles devant Tryo.

Un peu plus tôt, les plus jeunes avaient aussi un programme dédié avec Marianne James (accompagnée de Sébastien Buffe et Philippe Begin) venue présenter les premières séances de« Tatie Jambon, le concert », son nouveau spectacle. La chevelure devenue peroxydée, la truculente interprète du drôlissime « Miss Carpenter », connue ensuite pour ses commentaires uniques dans « La Nouvelle Star » ou pour « L’Eurovision », a retrouvé Valérie Bour et concocté un show qui laisse dubitatif. « Tatie Jambon » est sans doute drôle par moments mais force le trait la plupart du temps, prend les parents à témoins de blagues que les enfants ne peuvent comprendre et voit même naître des moments assez improbables comme en ce samedi après midi. « Allez, je ne vous ai pas entendus, on tape plus fort dans les mains ! » scande Marianne James. « Par ici aussi, allez on se bouge! Toi, toi, toi aussi et vous dans les fauteuils !» continue t’elle en direction de jeunes handicapés lourds bien incapables de lui obéir. Ce couac mis ça part, l’ensemble reste poussif et mériterait à la fois plus de subtilité et une meilleure approche des plus jeunes, sauf à vouloir ramasser en priorité les viva des parents.

Arcadian.

Pas de bémol possible sur la prestation d’ Arcadian en revanche. Le trio, qui a connu l’entrée dans la notoriété avec The Voice, a enchaîné plus d’une centaine de concerts et vu les rangs de ses fans grossir de jour en jour. Succès mérité et qui n’est pas du à la seule « beaugossitude » de ces trois là. Musiciens accomplis, joyeux et généreux, ayant le sens du show et de la fête, ils ne laissent aucun répit et mettent l’ ambiance jusqu’à la dernière note. La tournée qui vient de s’ achever a été un véritable triomphe. C’est peu dire que leur nouvel opus est attendu avec impatience.

Il fête ses « Cinquante ans » de carrière avec une immense tournée empruntant les festivals et les plus grandes scènes et il était sacrément attendu par le public de Face et Si. Fringuant, Julien Clerc, ans, soixante dix ans, a l’élégance aussi éternelle que ses chansons. Le décor est à son image, la mise en scène soignée.

Julien Clerc.

Accompagné de huit musiciens dont un quatuor à cordes exclusivement féminin, l’interprète de « Melissa » alterne les différentes périodes de son répertoire. A écouter « La fille aux bas nylon », « la Californie », « Utile » ou « Fais moi une place », ce sont des pans de vie qui défilent et des souvenirs qui se rallument pour chacun. Un vrai moment de poésie au coeur de la soirée mouilleronnaise.

Pour laisser éclater son sens du show et du rythme pétaradant, Joseph Couturier s’ était glissé cette année parmi la joyeuse troupe de Tryo. Discrètement installé sur scène avec sa console, l’artificier vendéen a offert plus d’une heure de spectacle grandiose, offrant aux partitions de Tryo une palette aussi inattendue qu’exceptionnelle. Il est certes né dans le sérail avec un père parmi les plus grands artificiers actuels mais il a su tailler sa route en offrant sa propre vision du métier. En musique, il sait jouer sur la durée, laisser vivre ou suggérer les silences, le ciel devenant sa planche à dessin pour une création éphémère et unique dont le public massé devant la scène n’aurait pas voulu perdre la moindre lumière.

Tryo.

C’est donc les yeux un peu fatigués que les festivaliers ont réinvesti le site en ce troisième et dernier jour. Est-ce la faute à la météo qui aurait conduit certains vers les plages en début de journée, il n’y avait étonnement pas beaucoup de monde pour applaudir Amadou et Mariam. Le concert du duo malien était pourtant très réussi, avec de nouveaux titres mais également ceux qui ont assis leur notoriété comme « Dimanche à Bamako », « La Fête au village ».

A l’inverse, les organisateurs n’avaient pas dû prévoir qu’ Hoshi et son célèbre tube « Ta Marinière » trusterait autant de monde. Prévue dans l’après-midi sous la longère, la jeune femme aurait largement pu se produire sur la grande scène car ce sont plusieurs centaines de spectateurs qui n’ont pu accéder au concert faute de places. Un petit raté difficile à anticiper car le succès de cette toute jeune artiste ne cesse de grossir. La répartition des shows n’était probablement plus modifiable mais le mécontentement reste néanmoins légitime de la part de tous ceux qui avaient fait le déplacement pour l’applaudir.

Plein succès et rangs serrés en revanche pour Claudio Capéo et se musiciens. L’ alsacien bouclait en ce dimanche une tournée monumentale entamée à la fin 2016 (avec escales sold out dans tous les zéniths de France), portée par un album au titre éponyme qui a tout raflé et été vendu à plus de 800.000 exemplaires. Il y a deux ans, lorsqu’il participait à The Voice et s’offrait une identité originale avec son accordéon, personne n’aurait pu imaginer ce chemin aussi spectaculaire, pas plus que l’on aurait deviné le troublion énergique derrière l’interprète encore très sage d’ « Un homme debout ».

Claudio Capéo.

Face à un public venu spécialement pour lui, qui connaît le moindre de ses refrains par coeur, Claudio Capéo chante, bondit, parcourt la scène et installe la complicité. La fête est belle et la joie non feinte. L’émotion n’est pas absente et l’on voit même des larmes sur le visage de certains musiciens quand Claudio Capéo rappelle qu’il s’agit bien de l’ultime moment sur la route avant plusieurs mois.

Face et Si an 2018 ne pouvait rêver plus beau final, sous le soleil, en chansons et dans le partage total. Le festival de Mouilleron-le-Captif s’affirme une fois encore comme l’une des manifestations les plus souriantes et chaleureuses avec des bénévoles, de la technique à la confection des crêpes, de l’accueil à la restauration, aux petits soins du public. Exemplaire.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Le long chant du Lollapalooza Paris !

On aurait pu penser que Depeche Mode le premier soir, serait le rendez-vous phare de cette seconde édition du Lollapalooza Paris (les 21 et 22 juillet 2018). C’était compter sans la présence de Noel Gallagher, plus rare, qui a déclenché des enthousiasmes ininterrompus. Un accueil que les festivaliers ont aussi accordé à The Killers, Gorillaz, Trevor, Kasabian, ou bien encore Nekfeu. L’affiche était belle et le plus difficile était de choisir. Retour sur un festival qui a le sens du spectacle.

En lycra intégral bleu-blanc-rouge, ces deux potes américains débarqués la veille de Chicago pour un contrat de trois mois dans la capitale, bravent les températures caniculaires et tiennent à rendre hommage au pays champion du monde de football. « C’est cool pour vous guys ! Vous avez de la chance car maintenant vous avez aussi le festival le plus cool de la planète. On a fréquenté Coachella… ici, c’est the same, on peut tout se permettre. On fait la fête et il y a de la bonne musique à quinze minutes du centre de Paris, c’est ça qui est crazy non ? »

La centaine de festivalières arborant des couronnes de fleurs composées sur place ne pourront que confirmer. Ici, tout est permis, de l’extravagance « Peace and love » à la tenue mixant les bottines à paillettes avec le micro short en jean, des hauts de maillots de bain sur jeans (que beaucoup sont allés customiser sur le stand Levis, comme l’an dernier). On sort ce que l’armoire recense de plus coloré, on emporte les coussins gonflables au vent pour en faire des banquettes confortables. Et on se réjouit à l’idée de manger vegan, réunionnais ou grande classe et encore plus original grâce aux stands du Lollachef (Jean Imbert et ses fameux « Bols de Jean », Denny Imbroisi qui n’a pas son pareil pour revisiter les classiques italiens, Yoni Saada qui réussit à donner à la street food des airs de noblesse, Christophe Adam, Monsieur « Eclairs de génie » (monstrueusement beaux et bons),Yann Couvreur dont le seul nom évoque son célébrissime Millefeuille à la vanille de Madagascar, Anthony Clémot, pape de la cuisine de volaille et Antoine Westermann, qui lui aussi célèbre la volaille de grande qualité.

Les enfants ne sont pas non plus en reste puisque les plus jeunes ont droit à leur coin, dans une zone calme, avec de nombreux animateurs, des ateliers musique, maquillage ou musique, y compris pour les tous petits. Au Lolla, la fête est partout, joyeuse et colorée. Il flotte un parfum camps de vacances alors que la Tour Eiffel (la vraie) n’est qu’à quelques encablures.

Zara Larsson.

Déclinaison frenchie du célèbre festival itinérant créé en 1991 à Chicago, le Lollapalooza Paris avait réuni l’an dernier plus de 110.000 visiteurs, attirés par les plus grands noms de la planète pop-rock , The WEEKND, Imagine Dragons, Lana Del Rey, les Red Hot Chili Peppers ou bien encore Dj Snake. Cette année, l’affiche a misé sur Depeche Mode (dont le retour triomphal en a fait l’un des grands vainqueurs de la tournée des festivals 2018), Nekfeu, Gorillaz, Dua Lipa, The Killers et Noel Gallagher notamment.

La chaleur est orageuse et étouffante mais les festivaliers ont répondu présents dès l’ouverture des portes de l’ Hippodrome de Longchamp. Beaucoup d’étrangers, des britanniques notamment, qui n’ont pas hésité à franchir la Manche pour s’offrir ce festival au nom mythique mais aussi des espagnols, américains, suédois ou japonais. Sous les partitions de Lil Pump comme de Kaleo, les fosses sautent et dansent déjà, hurlant plus fort encore quand résonnent les tubes attendus.

Bastille.

Bastille a lui aussi drainé ses milliers de fans. Le groupe londonien créé en 2010 par Dan Smith (qui a choisi ce nom en hommage à notre fête nationale, connue au Royaume Uni comme le Bastille Day mais aussi parce que cela correspondait à sa date de naissance. Tout simplement!) truste tous les charts avec ses albums Le premier, « Bad Blood », sorti en 2013 a conquis l’Europe en quelques semaines. Succès renouvelé avec « Wild Word », sorti en septembre 2016. les concerts sont tous sold out et à l’évidence, la gente féminine trouve un charme manifeste à Dan Smith en dépit d’un look capillaire « boule à zéro » plus difficile (ce n’ est qu’un avis, on se détend!).

Kasabian a également ravi les foules. La formation britannique multi récompensée, menée depuis vingt ans par Tom Meghan et le guitariste Sergion Pizzorno, a de la bouteille et le démontre avec une aisance déconcertante. Le rock soigné aux influences melting pot envoie du lourd, à l’image du dernier opus, « For crying out loud », sorti l’an dernier.

Kasabian.

Mais celui que les plus jeunes attendaient était visiblement Travis Scott. Le rappeur est un artiste reconnu et personne ne remet en question ses qualités musicales mais il est clair que le fait d’être le chéri de Kelly Jenner, demi soeur de Kim Kardashian, influences parmi les influenceuses, reine de la téléréalité, a aussi boosté sa notoriété. Présent dans les magazines people autant que dans la presse musicale, le rappeur (également mannequin, acteur et réalisateur) de vingt six ans, à qui l’on doit pas mal de succès dont le très bon « Antidote » en 2015 ou « Portland » avec Drake, en 2017, a offert à Paris un show survolté (que la jeune femme a d’ailleurs immortalisé depuis la scène pour alimenter ses réseaux sociaux tout en restant parfaitement cachée. On a le sens de la communication ou on ne l’a pas…)

Visiblement heureux de partager ses morceaux avec le public français, Travis Scott n’a pas ménagé son énergie, le rappeur de Houston débarquant en courant et arpentant non stop ensuite l’immense scène. Les lights sont superbes et la pyrotechnie à hauteur de ce show spectaculaire: à chaque éclat de basse, des flammes immenses s’échappent.

Travis Scott avait demandé au public de « donner tout ce qu’il a car ce show est pour les vrais enragés. Si vous n’ êtes pas prêts, tant pis, la porte est là! » Le message avait le mérite de la clarté et le sens de l’efficacité : les festivaliers lui ont tout donné, sans répit. « Pick up the Phone », « Love Galore », le duo interprété avec Sza, en rajouteront encore une couche mais le titre que tous attendaient était le dantesque « Gossebumps ». Travis Scott l’avait gardé pour boucler ses quatre-vingt minutes de set. Même les plus hermétiques à ce genre de musique sont repartis bluffés par ce savoir faire et cette mise en scène impressionnantes. Au pied de la réplique de la Tour Eiffel (35 mètres de haut et des illuminations magnifiques en soirée) une heure plus tard, des trentenaires trinquaient. Ils étaient venus fêter leur changement de dizaine au Lolla pour voir l’américain en action, autant dire que la fête était réussie.

Black Rebel Motorcycle Club.

Et puis bien sûr il y a eu Depeche Mode, ceux qui ont essaimé sur la bande sonore de la vie des plus de 40 ans. Dave Gahan a pris des rides mais conservé sa silhouette de jeune homme, la mise est élégante, pantalon à pinces, petit gilet de costume noir et rouge à même la peau. Dans la foule, des centaines de tee-shirt à son effigie et celle de ses acolytes de toujours. Depuis leur apparition en 1979, les britanniques n’ont jamais déçu et toujours donné des concerts d’une élégance mémorable. La mise en scène est soignée, la set list riche de tous les morceaux cultisme mais ne fait pas pour autant l’impasse sur le meilleur de leur dernier album. « Going backwards », « Cover me », « Precious » ou « Never let me down again », aucun ne manque à l’appel. Dave Gahan danse, virevolte tel un Derwish tourneur rock. Le sourire est aussi éclatant que le design du show. Bien sûr, « Enjoy the silence » et « Just can’t get enough » bouclent la soirée. Dans les rangs, personne n’ignore les paroles. Ca chante et danse avec une joie contagieuse.

Les tee-shirt indiquant clairement la direction que prendront les festivaliers, la première place allait manifestement se jouer entre Noel Gallagher (beaucoup avaient osé le débardeur « Oasis »), The Killers et Nekfeu. Gorillaz semblait également bien placé, ce qui n’est pas illogique au regard du running order, la bande de Damon Albarn ayant le privilège de boucler le festival.

Jess Glynne.

En attendant, c’est Tom Walker qui a ouvert la journée. L’écossais de vingt six ans, rendu célèbre par son tube « Leave a Light on », réunit un public déjà euphorique et prêt à l’accompagner. Mention spéciale ensuite pour Jess Glynne. La jeune femme est entourée de choristes impressionnants de talent et de musiciens qui ont le sens du jeu. La britannique, qui est une habituée du sommet des classements outre Manche, est en progression constante depuis son arrivée villas quatre ans. Sans doute l’un des noms à retenir pour les années à venir.

BB Brunes.

Dans un tout autre genre, à l’autre bout du site sur l’Alternative Stage, BB Brunes a fait une arrivée aussi attendue que remarquée. Treize ans après leur première scène, dix ans après leur premier album, « Blonde comme toi », ceux qui avaient entassé pas mal de remarques acerbes, pour ne pas dire méprisantes, sur leur projet musical et que l’on annonçait comme bientôt disparus, ont déjoué les pronostics. Victoire de la Musique catégorie « Révélation scène «  en 2009, les français ont pris leur temps, un album en 2012 et puis il faudra patienter jusqu’en 2017 pour que sorte « Puzzle », Adrien Gallo, le chanteur, profitant de cette pause pour sortir un opus en solo.

2018 semble marquer le grand retour des français, « Puzzle » nominé parmi les meilleurs albums rocks des dernières Victoires de la Musique, une grande tournée d’une cinquantaine de dates en Europe se succédant avant la sortie du prochain album studio l’an prochain. Ayant traversé le site à vive allure pour rejoindre ceux (et celles) qui avaient préféré patienter un long moment pour être directement sous leurs regards, les fans sont restés fidèles au delà des pronostics les plus optimistes. Nombreux étaient ceux qui s’étonnaient de voir que Live Nation, grand ordonnateur du Lollapalooza, aient misé sur ces quatre là. Il a suffi d’un titre pour en comprendre la raison.

Collectionneur de disques de platine, le rappeur French Montana a succédé aux français plus tard dans l’après-midi. Celui qui avait signé en 2011 avec Puff Daddy et Rick Ross (ce qui pouvait quand même ressembler à un bon début) a vu son morceau « Pop That » (où l’on retrouve aussi Drake et Lil Wayne) faire son entrée directement dans le top 100 américain. Jolie performance pour un natif de Casablanca, ayant immigré avec sa famille aux Etats Unis à l’ âge de treize ans, rescapé d’une balle dans la tête dix ans plus tard. Comme Travis Scott, French Montana a connu l’accélérateur médiatique en partageant un an la vie de l’une des soeurs Kardashian. Sur la scène du Lolla, celui que l’on surnomme désormais « le roi des mixtapes », qui multiplie les featuring (Snoop Dogg, Lana Del Rey, The Weekend, notamment) a fait sauter son public pendant près d’une heure.

Noel Gallagher’s High Flying Birds.

Impatients, des dizaines de milliers de fans attendaient au pied de la MainStage l’arrivée de Noel Gallagher et de son groupe, les « High Flying Birds ». Définitivement le plus souriant des deux frères, Liam ayant pris la posture systématique de la moue boudeuse surmontant le coupe-vent hermétiquement fermé, l’ancien guitariste d’ Oasis a montré que simplicité et talent étaient souvent le combo ideal, même en festival, même sur des scènes immenses. Avec le drapeau de Manchester City pour tout décor et des lumières assez classiques, celui à qui l’on a longtemps prêté une voix moins intéressante que celle de son frère, a fait taire les médisants. Noel chante plus que bien et n’hésite pas à des envolées bien puissantes comme il a pris malice à le démontrer d’entrée de set avec « Fort knox ».

Affirmer que le public guettait les titres nouveaux avec la même frénésie que les succès qui ont marqué le parcours d’ Oasis serait illusoire. Malgré des applaudissements à tout rompre pour saluer les extraits des derniers opus, du très réussi « Who built the Moon » notamment, sorti l’an dernier, on a poussé le curseur des décibels quand ont soudain résonné les premiers accords de « Whatever » et « Little by little ». Nombreux y sont même allés de leur petite larme lorsque Noel Gallagher, souriant et visiblement heureux de ce moment de totale communion, a troqué sa guitare électrique pour une acoustique, égrainé les notes de « Wonderwall ». Et fait chanter tout Longchamp! « All you need is Love » des Beatles a bouclé ce moment incroyable. Et chacun s’est évidemment mis à rêver d’une trêve fraternelle. L’ambiance serait à l’apaisement, à des envies réciproques alors tous les espoirs sont permis… Oasis sera peut-être programmé à la prochaine édition du Lollapalooza, qui sait ?

Rag’N’Bone Man.

C’est un moment assez surréaliste auquel ont assisté les festivaliers un peu plus tard. Après le concert très pop électro de Years and Years et la prestation toujours impressionnante de Rag’N’Bone Man, Nekfeu avait rendez-vous avec ses fans à 19h30. Pour l’accompagner, le rappeur avait convié sa bande de l’ Entourage, dont l’excellent Doums. Dans une prestation assez classique, le jeune homme a plutôt déçu. Il a surtout démontré que le succès l’ incitait désormais à des comportements inadaptés. Comme ce dimanche soir, alors qu’il aurait du quitter la scène à 20h30 et permettre à la scène voisine de laisser jouer The Killers. Mais Nekfeu est Nekfeu…

Le rappeur entonne « Saturne » puis enchaine avec « J’aurais pas dû », en featuring avec ses potes de S-Crew bien que le timing ne le permette plus, personne n’ ignorant qu’en festival, les shows sont calés à la minute près, seule condition permettant les changements de plateaux et le bon enchainement des scènes. Nekfeu n’est pas un bleu et le sait parfaitement. « On va sans doute se faire défoncer là si on ne sort pas mais on s’en fout, on fait quand même la dernière! » Démarre alors « Mauvaise graine ».

C’était compter sans l’envie de jouer de The Killers. Abasourdis par tant de mépris, les américains décident d’entrer et d’entamer leur set alors que Nekfeu, hué par une partie du public, s’agite toujours sur la scène voisine. S’en suit une guerre du son, le rappeur poussant le mauvais goût jusqu’à augmenter le volume. Aussi stupide et discourtois qu’inutile : dans ce bras de fer surréaliste, The Killers portent bien leur nom et remportent la bataille. Il y a un code de bonne conduite que certain mériterait de réviser ou même peut être carrément d’apprendre car au final, c’est le ridicule qui triomphe. Comme le dit sa chanson, il « aurait pas du ». Par contre, il aurait du rester applaudir les britanniques… Brandon Flowers et ses partenaires ont une set list qui vise juste. De « Somebody told Me » à « Human », « Mr Brightside », «  The Man » ou bien encore « When we where young », les influences revendiquées de Depeche Mode, Oasis ou bien encore The Smiths, transpirent avec éclat. On ne vend pas près de vingt millions d’albums dans le monde par hasard.

Après l’électro-folk de Parov Stelar, Gorillaz a donc eu l’honneur de refermer cette seconde édition du Lolla parisien. Damon Albarn (ex chanteur de Blur, pour mémoire) et sa bande, ultra sollicités en cette période estivale, ont été à la hauteur de leur réputation. Devenu culte à la vitesse de l’éclair, Gorillaz (co-fondé par le dessinateur Jamie Hewlett) s’est toujours amusé à bousculer les codes, mixant sans état d’âme le rap, le rock et le hip-hop. « Humanz », le cinquième album est dans la droite lignée de ce parti pris, les partitions se déclinant avec éclat dans les vidéos imaginées par Hewlett. Au fil des opus, la psychologie même des personnages subit des évolutions. Noodle, Russel ou bien encore 2D, enfants chéris de leur créateur, changent de vêtements, d’attitudes, de façon de penser donc d’agir. De plus en plus présents et d’un réalisme rare, il est possible qu’un jour, lorsque la technique le permettra, ce sont eux que l’on verra sur scène, en version musicale et parfaite de la réalité augmentée. A priori, cela prendra encore quelques temps, qu’on se rassure.

En attendant, Damon Albarn est bien présent sur scène et toujours aussi énergique. Après vingt albums (deux en solos, cinq avec d’autres partenaires, huit avec Blur et cinq avec Gorillaz), il semble même, à tout juste cinquante ans, au faîte de sa forme. Concentré festif, boule d’ions positives, « Humanz » dégage en live une ambiance unique, douce et tonique, sensuelle, un peu angoissante par moment comme si la fin du monde se rapprochait mais qu’ il fallait le vivre avec un fatalisme joyeux.

Les images prennent toute leur majesté dans les écrans géants. Visuellement, le spectacle à lui seul mériterait le détour. Avec la musique du new yorkais et de ses potes, c’est encore plus fort. «Humility», « Clint Eastwood » ou bien encore « Feel good Inc » prouvent s’il en était encore besoin que Gorillas est un groupe à voir sur scène en priorité. « We got the Power », avec Jehnny Beth, leader des Savages, en invitée surprise, Little Simz et… Noel Gallagher himself a conclu en apothéose un festival qui d’année en année se bonifie plus encore. La cuvée 2018 servie sous un soleil radieux restera un grand cru. De quoi nourrir des impatiences… Il y aura qui sur l’étiquette de la 3ème cuvée du Lollapalooza ?

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.