36èmes Francofolies de la Rochelle : l’année de tous les mixages

Du vendredi 10 au mardi 14 juillet, la 36ème édition du très attendu festival rochelais promet cinq jours et cinq nuits de grosses fêtes. Toutes les têtes d’affiche seront là et le tapis rouge sera également déployé pour les jeunes talents. Incontournable.

C’est sans doute l’une des programmations les plus attendues chaque année: qui se retrouvera à La Rochelle durant ces cinq jours entièrement dédiés à la chanson française ? La dernière édition avait porté haut les couleurs des « Francos » imaginées voilà trente-cinq ans par Jean-Louis Foulquier et s’était refermée en apothéose sur le concert de Patrick Bruel. Le parking Saint-Jean d’Acre, plein à craquer, résonne encore de cette folle soirée que le public aurait voulu ne jamais voir s’achever.

Après une édition aussi triomphale, sans la moindre fausse note même côté météo (qui reste toujours le seul élément incontrôlable de ces manifestations pour grande partie à ciel ouvert), la barre était haute mais l’équipe de Gérard Pont est toujours prête aux défis. Dans un savant mélange artistes confirmés et musiciens de la nouvelle génération, les cinq jours de festival s’annoncent d’ores et déjà enthousiasmants. 

Parfaite illustration de ce mix générationnel en ouverture des Francos, Jean-Louis Aubert reviendra pour la deuxième année consécutive mais quittera le théâtre pour se produire sur la grande scène. Avant l’ex leader de Téléphone et des Insus, le public retrouvera Izia (Higelin), Claudio Capeo, qui n’a pas son pareil pour porter les foules et Saez.

Changement radical d’ambiance le lendemain avec une affiche sur laquelle devraient se ruer les plus jeunes : Video Club ouvrira la soirée puis laissera la scène à Matt Pokora et Dadju.

Dimanche, c’est Chilla qui sera rochelaise avant Vald, Ninho et Nekfeu pour une grande soirée rap. Le sens des punchline sans faux semblant de Vald avant le phrasé et la musicalité de Nekfeu… Il y a des fins de week-end plus insipides.

Pas davantage de fadeur dans la programmation du lendemain plutôt du genre « qui ose tout ». Dans une succession totalement inattendue, défileront sur la grande scène Lolo Zouai, le toujours spectaculaire Philippe Katerine, dont le nouvel album sorti à l’automne offre des duos étonnants avec  (entre autres) Angèle ou Gérard Depardieu, Roméo Elvis, le rappeur belge toujours ultra plébiscité par le public des Francos, The Avener, le DJ niçois qui remplit désormais des salles immenses sur son seul nom et.. le duo PNL avec son rap qui ne laisse personne indifférent (que l’on aime ou que l’on se plaise à le détester).

Enfin, feux d’artifices et pas seulement ceux de la Fête nationale le 14 juillet : la jeune Suzanne ouvrira la soirée puis laissera la place à Alain Souchon, en tournée avec un nouvel album magnifique, Catherine Ringer qui a repris la route à l’automne pour reprendre les Rita Mitsouko et joue chaque soir à guichets fermés. Et c’est Mika, dans son show haut en couleurs, d’une énergie folle qui aura l’honneur de boucler l’édition.

Mais les Francos ne se résument pas à ce qui se passe sur la grande scène Jean-Louis Foulquier. A la Coursive, le grand théâtre, on sait déjà que Marc Lavoine (le 12), Vincent Delerm (le 13) auront les honneurs alors qu’ à l’église Notre Dame, Laurent Voulzy se produira le lundi 13. De là à imaginer qu’il restera le lendemain pour un passage surprise durant le concert de son éternel complice Alain Souchon… On se prend à le rêver…

Chaque année, 150.000 festivaliers sont réunis par les Franfolies. Un succès qui se rejouera assurément cette année. Mais les Francos, c’est aussi un engagement à l’année auprès des jeunes artistes avec « Le Chantier des Francos » et des actions en continu auprès des scolaires et des enseignants avec « Francos Educ ». 

Qui aurait parié voilà trente-six ans que le petit festival rochelais deviendrait aussi essentiel, une étape majeure dans le parcours estival avec des résonances bien au delà du littoral charentais ?

M.M

Chromatics sort son nouvel album et s’invite au Pitchfork parisien

Pour la 9ème année consécutive, le Pitchfork Music Festival installe à Paris, sous la grande halle de la Villette, sa déclinaison française. Du 31 Octobre au 2 Novembre, plus de cinquante artistes se partageront les scènes. Avec de grands retours et de belles surprises à la clé.

Neuf ans déjà que cette manifestation qui fait les belles heures de la fin juillet à Chicago a posé sa version française dans la capitale. Groupes indés, hip-hop, rock, dance ou electro, la grande Halle de la Villette a rapidement fait le plein et trouvé sa pleine justification. L’an dernier, Blodd Orange, Mac de Marco, Chvrches , Stephen Malkmus avec The Jicks ou bien encore DJ Koze avaient laissé des souvenirs impérissables. Pour cette nouvelle édition, ils seront plus de cinquante à se presser sur les quatre scènes, avec de belles surprises en perspective.

The 1975.

Toujours très attendu, ovationné lors des derniers Brit Awards, The 1975 et Matty Heally, son charismatique leader, continuent de s’imposer comme l’ un des grands noms de la scène britanniques. Entre rock alternatif et electro indé, The 1975 a multiplié les inspirations et sait d’entrée de jeu entrainer son public. 

Chromatics.

Tout aussi espéré, Chromatics débarquera avec une bonne partie de son nouvel album, « Closer to Grey », le premier opus depuis 2012 et une période ô combien compliquée (en 2016, après une expérience de mort imminente, Johnny Jewel avait détruit toutes les copies physiques de ce qui devait être leur nouvel album). C’est donc peu dire si la curiosité est totale pour les fans auxquels les EP, sortis au fil de ces sept ans, n’avaient pu suffire et avaient suivi les aventures du collectif entre espoirs et déceptions. Après  cette période mouvementée, Chromatics semble prendre un nouveau départ. Le mystère sera levé dans quelques jours…

Charli XCX.

Avec ses tubes entêtants, on ne présente plus Charli XCX, nouvelle reine de la planète pop. Ses apparitions en France sont toujours autant attendues. Elle aussi vient de sortir un nouvel album, sobrement intitulé « Charli », pour lequel elle s’est attachée la participation de Lizzo, Sky Ferreira et même (cocorico) de Christine and the Queens.

Belle & Sebastian.

Et puis, comment ne pas citer la présence de Belle & Sebastian? Après plus de vingt ans de cvarrière, les écossais n’ont rien perdu de leur fougue. Les joyeux drilles autour de Stuart Murdoch livrent cette même pop joyeuse, qui n’exclut ni la mélancolie ni la fragilité, mais sonne toujours juste et vraie.

Quatre noms dans une longue liste d’interprètes qui devrait laisser leurs empreintes dans cette nouvelle édition. Le compte à rebours est lancé !

Programmation complète :

Jeudi 31 octobre : Skepta, mura Masa, Hamza, Zola, Ateyaba, slowthai, Celeste, Charlotte Dos Santos, Duendita, Ezra Collective, Flohio, Kojaque, Kojeu Radical, Master Peace, Retro X, Sean, The Comet is coming, Yussef Dayes.

Skepta.

Ateyaba.

Zola.

Vendredi 1er Novembre : Chromatics, Belle & Sebastian, Prima Scream, John Talabot, Weyes Blood, Barrie, Briston Maroney, Chai, Desire, Helado Negro, Jackie Mendoza, Loving, Nelson Beer, Nilüfer Yanuya, Orville Peck, Sheer Mag, Sons of Raphael, Squid.

Primal Scream.

John Talabot.

Barrie.

Samedi 2 Novembre : The 1975, Charli XCX, 2manydjs, Agar Agar, Aurora, SebastiAn, Aeris Roves, BEA1991, Caroline Polachek, Ela Minus, Jamila Woods, Jessica Pratt, Khadyak, Kedr Livanskiy, Korantemas, Mk.gee, oklou, tobi lou.

Agar Agar.

Aurora.

SebastiAn.

– Pour tout renseignement : pitchforkmusicfestival.fr – 

LES FRANCOFOLIES 2019

La Rochelle a refermé les portes de ses 35èmes Francofolies. Une édition musicalement diversifiée mais au succès constant. Quand le metal résonnait à la Sirène, la chanson française avait la part belle sur la grande scène. Et de la Coursive aux scènes gratuites, la fête se déclinait aussi durant cinq jours cadencés. Retour sur un parcours rythmé par de nombreux coups de coeur.

C’est toujours un exercice compliqué de résumer un festival. Surtout lorsqu’il s’étire sur cinq jours (alors que quasiment toute la concurrence ne parie que sur trois), qu’il diffuse dans tous les recoins de la ville afin de n’oublier personne et de proposer aussi ses découvertes gratuitement à un public qui n’aurait pas forcément eu accès aux concerts. Surtout aussi parce qu’aux Francofolies, l’offre est si vaste (et de temps à autres, simultanée) qu’il faut parfois choisir. Donc renoncer. Le mieux est donc de se laisser porter par ses envies et ses coups de coeur pour cette carte postale rochelaise, musicale et ensoleillée.

Sacrée « Meilleur album » pour « Lost »  dans la catégorie « Musiques du Monde » aux dernières Victoires de la Musique, c’est à Camélia Jordana qu’est revenu l’honneur d’ouvrir le bal à la Coursive. Un set assez court mais efficace, à l’image des textes de son interprète. La jeune femme a une aisance scénique impressionnante qui laisse augurer un avenir prometteur, dans la chanson comme devant la caméra où ses talents de comédienne ont déjà fait leurs preuves. Bertrand Belin viendra quelques minutes plus tard prendre le relais. Habitué des Francos, il est chez lui dans ce théâtre et le public, fidèle, lui réserve une ovation à chaque passage.

Radio Elvis.

Gaëtan Roussel.

A quelques mètres de là, sur la grande scène du parking Saint-Jean d’Acre, Radio Elvis donne le la de la soirée. Tout est carré et parfaitement mesuré jusque dans les costumes. Le groupe tisse sa toile et taille sa route avec constance. Lorsque Gaëtan Roussel, ultra souriant, débarque à son tour, le public est déjà chauffé et réserve une ovation à l’ancien leader de Louise Attaque. Les tubes défilent, « Help myself » ou bien « Dis moi encore que tu m’aimes » sont repris dans une même voix par une foule enthousiaste saluée par un interprète au plaisir contagieux.

Changement d’ambiance avec Angèle. La jolie belge est partout depuis des mois. Couvertures de magazines, reportages télé, festivals, zénith, elle truste tout et rafle tous les prix. Un succès justifié sans doute par un talent atypique, un imaginaire bien à elle et de vrais messages glissés dans le second degré parfois loufoque. Ses fans venus en nombre lui réservent un triomphe. Ceux qui la découvrent (et qui devaient vivre au milieu d’une contrée sauvage de Laponie ces derniers mois) sont plus discrets. Preuve que du travail reste à faire (même s’il n’est pas obligatoire de plaire à tout le monde). Peut-être aussi une retraite médiatique afin de garder intact le plaisir et ne pas subitement verser dans le trop plein.

Enfin, celui que tout le monde attendait, avec ses lunettes et son look reconnaissables entre mille, débarque à son tour. M. (Mathieu Chedid) entraine dans son univers, sa musique et ses délires des milliers d’ inconditionnels depuis plus de vingt-cinq ans. Artiste le plus récompensé aux Victoires de la Musique depuis 2018 (treize trophées, à égalité avec Alain Bashung), M. n’a plus à démontrer son sens du show. Ca part dans tous les sens mais ça retombe toujours sur ses pattes.  Presque trop bien calé. « Qui de nous deux » doit s’entendre jusqu’au quartier le plus reculé de la Rochelle. Le guitariste est virtuose et n’a pas son pareil pour convaincre ses aficionados. C’est M. Et quand on aime…

Synapson. 

Jeudi 11 juillet, deuxième jour des Francos, s’annonçait prometteur avec une affiche multicolore. Jolie découverte que celle d’Antoine Ely, à l’ univers singulier et à l’énergie pleine d’entrain, au Théâtre Verdière. Vendredi sur Mer ravira aussi le public avec une aisance de plus en plus indéniable et des textes acidulés souvent, toujours touchants.

Juillet 85, André Manoukian.

« Juillet 85 » (en référence à la création des Francofolies par Jean-Louis Foulquier) est le nom du spectacle imaginé par André Manoukian. Avec un titre pareil, c’est forcément le chemin pris par ce festival et quelques uns de ses meilleurs souvenirs qui seront égrainés avec des interprètes nombreux (Elodie Frégé, Ben Mazué, Cali, Barbara Carlotti, Tim Dup, notamment). Un moment émouvant mais aussi joyeux, l’une des très belles surprises de cette édition.

Hocus Pocus. 

Deluxe.

Les nantais d’ Hocus Pocus et leur electro ultra léchée se faisaient rares ces derniers temps. Les festivaliers saluent par une ovation leur show très classe porté par des lumières magnifiques… Des festivaliers qui avaient été bien mis dans l’ambiance il est vrai par les joyeux lurons de Deluxe. Les Aixois sont très prisés des programmateurs car ces musiciens de génie n’ont pas leur pareil pour mettre l’ambiance en quelques notes avec leur burlesque et un sens de la fête auquel personne ne peut résister.

Dampa.

Chris. 

Autre nantaise, autre style avec la désormais star internationale Christine and the Queens. Là encore, le show est calibré à la note et au pas de danse près. Les feux d’artifices et les confettis pleuvent d’entrée de jeux. Les tubes défilent, la jeune femme est bluffante, aussi talentueuse que généreuse. 

Pogo Car Crash Control.

Fans de metal, on ne vous oublie pas ! C’est un peu le credo en ce troisième jour de Francos avec une soirée qui s’annonce haute en décibels à la Sirène. Une originalité dans la programmation. L’an dernier avait eu sa soirée rap avec un Roméo Elvis (et son crocodile) au top de sa forme. Ce sera plus énervé et puissamment dosé en rock cette fois.

Pogo Car Crash Control, fort de quatre jeunes musiciens aux références solides, est la curiosité qui monte depuis ces dernières années. Entre metal et grunge, les parisiens s’affirment haut et (très) fort. Et surtout sans complexe ni envie de comparaison. Leurs partitions sont puissantes, le public en redemande et on ne peut qu’attendre avec curiosité leur prochain opus annoncé pour le printemps 2020, une année qu’ils boucleront par un passage au Bataclan.

Ultra Vomit. 

Autres nantais (décidément la métropole bretonne avait les honneurs cette année et regorge de talents en tous genres), les incroyables musiciens d’ ULTRA VOMIT ont mis tous le monde d’accord. Après avoir sillonné toutes les routes de France, remplit les plus grandes salles, participé au Hellfest et à son warm up, le quatuor a eu le temps de démontrer que sous son « heavy metal parodique » se cachaient de vrais musiciens hyper doués. Leur album, « Panzer Surprise! »  superbement produit par Fred Duquesne, le guitariste-producteur de Mass Hysteria, autre groupe à l’affiche de la soirée, est un succès commercial exceptionnel, à l’image d’une tournée qui n’en finit pas d’additionner les dates avec des jauges massives et une billetterie à rendre jaloux les artistes les plus chevronnés. Avec Ultra Vomit, le show est unique, la joie contagieuse et ces parodies des plus grands tubes metal font un tabac chaque soir.

Mass Hysteria. 

Succès encore avec Mass Hysteria. Le groupe fer de lance du metal français avec Gojira est là depuis près de vingt-cinq ans mais prouve à chaque album qu’il en a encore sous le pied.

Les textes puissants de Mouss n’échappent pas à une forte dose d’émotion, les partitions bourrées de riffs qui dépotent et interprétées par un tandem de guitaristes hors pair (Yann Heurtaux-Fred Duquesne) sont suivis par une bande de fidèles en rangs de plus en plus serrés. La communion est totale entre les parisiens et cette « Armée des Ombres » et le partage exceptionnel. On pensait qu’ après « Matière Noire » en 2015, largement influencé par les attentats, il serait difficile de frapper encore plus fort. «Maniac » sorti l’an dernier prouve le contraire. Sur scène, c’est de la même trempe. De quoi passer une soirée parfaite… sans regret pour ce qui se déroulait parallèlement sur la grande scène et se déroulait à guichets fermés  : Aia Nakamura (qui se la joue quand même beaucoup  Beyoncé comme on a pu en juger juste avant en d’autres lieux, et devrait garder le sens de la mesure), Lomepal, l’ excellent rappeur parisien aux textes comme des upercuts, ou bien encore IAM. Les Marseillais, largement vétérans, prouvent à chaque concert, qu’ils n’ont pas peur des petits nouveaux.

De la douceur et un changement radical d’ambiance samedi avec Maud Lübeck, dans l’intimité de la Salle Bleue. Seule au piano, elle fait défiler ses histoires, tranches de vie hautement dosées en sentiments. jolie surprise pour le public de la jeune femme, Alain Chamfort, qui doit lui succéder sur scène, la rejoint le temps d’un titre. La voix du plus élégant des chanteurs français n’a pas changé. La silhouette est toujours aussi gracile et l’allure éternellement jeune. Rien du Syndrome de Peter Pan pourtant dans les textes de cet artiste apprécié depuis plus de quarante ans mais qui n’a bizarrement plus l’écoute des majors et défend ses titres nouveaux grâce à des labels plus petits mais bien plus motivés que les mastodontes au regard fixé sur la ligne bleue des ventes. Une aubaine pour le chanteur comme pour ses fans.

Jean-Louis Aubert.

Après le retour triomphal et la tournée au succès impressionnant de Téléphone version Insus, Jean-Louis Aubert, galvanisé par ces accueils de folie, a repris son crayon, sa guitare et son bâton de pélerin. Le risque de l’ échec était minime mais le chanteur a préféré les salles d’ampleur moyenne aux scènes immenses. Avec son allure d’éternel adolescent, le visage à peine marqué des stigmates du temps, Jean-Louis Aubert a la gentillesse naturelle. Dans le Grand Théâtre, (dans lequel on n’aurait pas pu rajouter un tabouret), « accompagné » de quatre hologrammes parfaitement réalisés, il fait défiler ses plus grands succès mais n’écarte pas les titres plus confidentiels, ceux qui lui tiennent le plus à coeur. 

Histoire de voir le public d’encore plus près, il ira même jusqu’à descendre de scène pour un détour dans les travées sous les yeux de fans surpris et émus qui n’en espéraient pas tant. Le show aurait pu durer des heures encore mais vient l’instant où « voilà, c’est fini ». 

Broken Back.

Pas d’échappée loin du port ce soir mais un appontement pour une soirée « métissée » comme les Francos se plaisent à en concocter. Le malouin Broken Back (pour la petite histoire, ce nom d’artiste, qui signifie « dos cassé », est une référence à une période de sa vie où un problème de vertèbres l’avait contraint à une très longue convalescence et finalement permis d’apprendre la guitare), nommé en 2017 dans la catégorie « Révélations scène de l’année » aux Victoires de la Musique, démarre sans temps mort les titres de son univers electro sur lesquels tout le monde danse. De quoi chauffer l’assistance pour l’arrivée de Boulevard des Airs. 

La bande du sud-ouest n’en finit plus de tourner et doit être présente dans la majeure partie des rendez-vous de l’été mais l’enthousiasme ne semble pas s’émousser. « Je me dis que toi aussi », le tube partagé avec Vianney, a boosté encore leur popularité et de « Bruxelles » à « Si la vie avance », e public n’est qu’un immense choeur. 

Boulevard Des Airs.

Soprano, lui aussi en pleine tournée triomphale, bouclera ce samedi soir sous des trombes d’applaudissements. Généreux, solaire et porteur d’un discours positif, l’ancien leader de Psy4, installé dans le fauteuil de juré pour The Voice, surprend avec chacun de ses shows. Avec son « Everest », il avait gravi les sommets de l’imagination. Il a gardé la même inventivité pour ce retour sur les routes. Le public (venu bien avant l’ouverture des portes pour être certain de se placer au pied de la scène) lui fait les yeux de Chimène et quittera le lieux avec la nostalgie de ce moment passé trop vite.

Ramo.

Cléa Vincent.

En ce dernier et cinquième jour de festival, alors que les températures continuent de jouer avec les records, il suffit de se promener dans la Rochelle pour voir celui qui va embraser l’affiche: des cohortes de bataillons au féminin, certaines porteuses de tee shirt à l’effigie de leur idole, ne devisent que de la venue de Patrick Bruel. L’interprète de « Place des Grands Hommes », en pleine tournée triomphale avec « Ce soir on sort », son nouvel opus, aura l’honneur de clôturer les 35èmes Francos. Mais il va falloir patienter encore un peu. En ce jour de Fête Nationale, la manifestation chère à Gérard Pont, a décidé de de faire plus fort que le feu d’artifices et de livrer un bouquet final somptueux.

Au théâtre Verdière, c’est la sublime Charlotte Cardin qui livre ses refrains dans l’après-midi. La jeune québecquoise, musicienne et ancien mannequin, débout derrière son synthé, séduit avec ses mélodies sur lesquelles sont posées des mots non pas en français mais dans la langue de Shakespeare, le tout avec une grande élégance.

Au Grand Théâtre, c’est Bénabar qui débarque sur scène. Il ne faut pas plus de quelques secondes au chanteur pour entraîner toutes les travées. Celui qui est aussi excellent comédien n’a pas son pareil pour donner vie à ses textes. Joyeux drille, visiblement d’humeur à sortir du cadre, le pilier des Enfoirés décide finalement de ne pas en reste là et de poursuivre encore… dans la rue! Mégaphone en mains, accompagné de ses musiciens, il déambule jusqu’au café tout proche sous les yeux ébahis des clients. Totalement improbable. Totalement généreux et fidèle à la « marque de fabrique » Bénabar.

Jérémy Frérot.

Après les corréziens de Trois Cafés Gourmands, qui surfent sur l’esprit des trios et autres formations festives avec des refrains qui accrochent rapidement, Jérémy Frérot pose son univers, celui des chansons de « Matriochka », son premier album post « Fréro Delavega ». Sans son acolyte, le bordelais séduit la gente féminine mais pas seulement. La voix réussit de belles envolées, les textes (dont certains ont été co-écrits avec Ben Mazué) sont incisifs et joliment collés à des musiques entrainantes. Un  joli moment plein de charme.

Patrick Bruel.

Après Zazie, qui retrouve elle aussi les joies de la route et du plein succès avec « Essenciel », un album bien plus réussi que les précédents et le traditionnel feu d’artifices, le moment est enfin venu du rendez-vous avec Patrick Bruel. On passera sur les cris un brin hystériques qui saluent son entrée (globalement, ils resteront forts en décibels durant tout le show). Les titres (une brassée de tubes) s’enchainent dans une dynamique impressionnante. L‘artiste est rodé, le concert parfaitement calé. Entre « Qui a le droit » et « J’te l’dis quand même », aucun « standards » de la maison Bruel ne sera écarté. Il y aura aussi des parenthèse bonus comme « J’ai oublié de vibre », bel hommage à Johnny Hallyday et un détour vers la Butte et ses refrains de l’après-guerre pour une « Amant de Saint-Jean » repris par toute l’assistance. Patrick Bruel porte incontestablement beaux ses soixante printemps tous frais.

Les 35èmes Francofolies peuvent refermer leurs portes. Message gagnant. Public ravi (plus de 150.000 festivaliers cette année encore). La barre est haute et offre un sacré défi à la prochaine édition.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

LA FORCE TRANQUILLE DU FESTIVAL DE LA NUIT DE L’ERDRE

La 21ème édition de la Nuit de l’Erdre, sous un soleil de plomb, n’aura pas empêché les festivaliers de réserver un accueil encore plus chaleureux aux artistes présents durant ces trois jours. De Clara Luciani à Roméo Elvis, en passant part Nekfeu ou Big Flo et Oli, les ovations se sont succédées, de quoi réjouir les organisateurs qui avaient une fois de plus parié sur la mixité des genres et des générations.

Vingt et ans déjà que Nort-sur-Erdre, petit Poucet qui n’a jamais eu peur de l’Ogre, s’aligne pour faire vivre son propre festival, sans regard pour les mastodontes qui existent à l’orée du bois. Le pari était pourtant risqué, avec le Hellfest (dans un registre metal débordant sur sur rock, une niche peut être mais de quoi attirer une frange de public commun), les Francos de la Rochelle, à moins de deux heures, les Feux de l’Eté à Saint-Prouant, dans la Vendée voisine, où se joue aussi le Festival de Poupet, pour ne citer que ceux là. Mais cette bande d’irréductibles y a toujours cru et n’a jamais voulu renoncer, même quand le temps jouait les trouble fêtes, que la pêche aux subventions valait tous les parcours du combattant et que les artistes (ou plutôt leurs tourneurs) préféraient faire escale dans une manifestation initialement plus porteuse médiatiquement… Vingt-et un ans plus tard, ce sont les mêmes qui font les yeux doux pour jouer dans le parc du Port Mulon. L’histoire est amusante souvent…

Jouant le pari de la mixité, refusant de ne plaire qu’à un public particulier pour, au contraire, tenter de séduire toute la famille, la 21ème Nuit de L’ Erdre ne dérogeait pas à ses objectifs. Après les nantais de KoKoMo, à qui est revenu l’honneur d’ouvrir le ban, les Ogres de Barback débarquent sur scène avec une énergie impressionnante, embarquant la foule dans leur fougue communicative. 

Pas de temps mort, une mise en place huilée et précise, la nouvelle configuration du site qui juxtapose désormais les deux MainStage (ce qui est assez exceptionnel en France et ne se pratique dans la région qu’à Clisson pour le Hellfest), évitent les déplacements et permet une visibilité accrue compte tenu de la dimension des scènes.

Si Supertramp, groupe emblématique des années soixante-dix, n’existe plus, Roger Hodgson, son leader, continue de tourner et sa voix, reconnaissable entre toutes, suscite toujours le même enthousiasme. Certes, en fin de concert, la voix justement faiblit un peu (et Roger Hodgson lui même le reconnaitra) mais quand « Breakfast in América » ou « Logical Song » retentiront, l’émotion sera intacte. Pour toute une génération, une vraie plongée dans les années lycée.

Emotion encore quand la superbe Clara Luciani a planté sa longue silhouette brune et dégoupillé  sa « Grenade » pour mieux imprégner le public (qui la réclamait en scandant son nom) de son charme magnétique.

Mais vendredi, c’était aussi (et on serait presque tenté de dire surtout vu les cris assourdissants saluant leur arrivée) de Roméo Elvis, la rappeur belge dont le succès ne cesse de croitre et joue désormais à guichets fermés, et Nekfeu, dont la réussite depuis douze ans, ne s’est jamais démentie. En solo ou avec sa bande du S-Crew, « Nek » débarquait avec les titres de son dernier album… que chacun connaissait par coeur.

Eddy de Pretto.

Grosse programmation samedi avec Dub Inc, probablement la formation française « ragga-dub » la plus emblématique avec un message universel et des paroles mixant français, anglais ou kabyle, qui prônent les atouts du métissage.

Eddy de Pretto, que plus rien ne semble vouloir arrêter depuis son débarquement à succès voilà deux ans, était attendu par des fans inconditionnels dont certains le suivent sur un maximum de dates. Le chanteur-rappeur parisien, aux textes ciselés et à la voix qui n’est pas sans rappeler Claude Nougaro, la joue décomplexé sans pour autant se considérer comme le porte parole de la cause gay. Il assume et évoque avec une force tranquille, il ne joue pas avec les faux semblants et ce parti pris associé à une musicalité nouvelle en ont fait l’un des nouveaux fers de lance de la jeune génération. Sur scène, Eddy de Pretto est looké et là encore, bien dans ses superbes baskets. En coulisse, il déambule en bermuda et bob nettement moins fashion. Décomplexé, ici comme ailleurs.

Gaëtan Roussel.

Depuis quelques années, plus rien de semelle freiner Gaëtan Roussel, le meneur de Louise Attaque. Les programmateurs se l’arrachent et son succès est constant. Dans ce qui pourrait s’apparenter à un « camp d’écriture » organisé dans les confins de Los Angelès, Gaetan Roussel a croisé d’autres auteurs, d’autres façons de raconter des histoires. Il a également travaillé avec de nouveaux compositeurs et des producteurs qui le poussaient vers des terrains inhabituels, des professionnels qui avaient travaillé avec Rihanna ou même Prince. De quoi donner de nouvelles ailes au français et faire naitre ces chansons inédites, une pop nouvelle qui a d’emblée trouvé son auditoire.. et le pousse à poursuivre encore.

En matière de pop décomplexée, Minuit poursuit sa carrière en trouvant sa propre identité et un rock qui finira rapidement par ne plus imposer la comparaison avec les Rita Mitsouko, dont ils sont (à tous les sens du terme) les dignes héritiers. Leurs compositions surfent sur toute la palette émotionnelle, le rock est magistral et les musiciens d’une maestria impressionnante.

Coqueluche de la jeune génération mais largement appréciés de leurs parents, les toulousains de Big Flo et Oli ont mis tout le monde d’accord. Malgré les 40° à l’ombre, certains squattaient les devants de scène depuis l’ouverture des portes afin de ne rien perdre de leur concert. Dans une mise en scène impressionnante, des jeux de lumières originaux, le duo a ravi ceux qui les avaient découverts lors de leur premier passage au festival deux ans plus tôt. 

Leur dernier album a été certifié disque de platine en moins d’un mois et leur sens du show mériterait lui aussi d’être récompensé. D’une énergie bluffante, échangeant en permanence avec les spectateurs, les deux frères (qui disaient pourtant quelques minutes plus tôt en coulisses, vouloir marquer une pause en raison d’une grosse fatigue et pour mieux recharger les batteries de l’inspiration) semblent monter sur ressort. Difficile de trouver plus généreux.

Editors.

Et puis bien sûr, il y a eu Editors. La formation originaire de Birmingham qui livre depuis le début des années 2000 des partitions à la croisée des chemins entre Interpol et Dépêche Mode, sait théâtraliser ses prestations. Il y a la voix grave de Tom Smith et puis tout ce qui se passe autour, s’entend et se voit, étrange mais séduisant mélange sombre ou plus explosif mais incontestablement unique.

Editors.

La 21ème édition se serait arrêtée samedi soir qu’elle aurait déjà gagné tous les suffrages vu la foule ultra compacte devant les scènes et les files d’attente ininterompues devant les stands (car un festival, c’est aussi des zones de ravitaillement et à Nort sur Erdre, l’offre est large et dispatchée de chaque coté du site). Mais il restait le dernier jour et pas des moindres manifestement : à 14h, des cohortes se pressaient pour savoir sur quelles scènes jouerait Soprano, star parmi les stars de cet ultime rendez-vous.

Boulevard des Airs.

Préalablement au célèbre marseillais, il y avait de quoi patienter gaiment avec une fois de plus, une affiche à l’écclectisme gagnant. Boulevard des Airs, des centaines de concerts déjà à son actifs, des disques d’or et de platine, un tube avec Vianney, était déjà passé par la Nuit de l’ordre six ans plus tôt mais on voit d’entrée de jeu que la bande du sud ouest a pris de la densité et jouit d’une aisance nouvelle. « Je me dis que toi aussi » scande leur opus sorti voilà un an. Ils ont raison : les fans partagent aussi et même de plus en plus nombreux.

impossible de ne pas s’arrêter sur la prestation de Deluxe. La formation native d’Aix en Provence a commencé par la rue puis grossi progressivement sans jamais perdre de vue ses envies initiales, faire de la vraie musique avec un maximum d’instruments, amener la fête, mais une fête du genre grosse fiesta à laquelle prendrait part chaque personne dans le public. Et ils y arrivent au delà de toute attente. Jouant les déjantés, ces excellents musiciens, dans une prestation ultra calibrée, ensoleillée et joyeuse, n’arrêtent jamais. Il y a de la couleur, des sauts, du rythme, la joie de vivre autour de Lily Boy, la chanteuse. Petits et grands restent sans voix, dansent et se laissent entraîner avec plaisir. Déluge restera sans conteste l’un des coups de coeur de ces trois jours.

Soprano.

Et puis bien sûr, il y a eu Soprano. L’ancien pilier des Psy4 enchaine les succès version XXL. Son « Everest » s’est vendu à plus de 800.000 exemplaires, il a rempli deux stades Vélodrome dans la cité phocéenne en quelques heures et a réuni plus de 750.000 personnes en 2017 lors de la plus grosse tournée organisée en France. 

Accompagné de deux de ses frères, Soprano se donne sans compter. Généreux, échangeant avec le public, les plus jeunes notamment auxquels il délivre un message ultra positif et des conseils porteurs, le chanteur rallie également les parents (y compris ceux qui quelques heures plus tôt affichaient leur âme de rockeur devant la scène où Hubert Félix Thiéfaine célébrait ses quarante ans de carrière) et c’est d’une même voix que tous reprennent les paroles de ses plus gros succès. Une heure et demi plus tard, lorsque le show aura livré sa dernière note, c’est à regret que le public quittera le site. Plus que 362 jours avant la 22ème édition!

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

FNAC LIVE, le révélateur de tous les talents

La neuvième édition du Fnac Live laissera résonner ses scènes du 3 au 5 juillet prochains. Trois jours de concerts entièrement gratuits dans le cadre unique du parvis de l’Hôtel de Ville de Paris avec des invités qui devraient attirer la foule des grands soirs : une trentaine d’artistes dont Eddy de Pretto, Clara Luciani, Stephan Eicher ou bien encore Radio Elvis.

Quiconque ne s’est jamais retrouvé prisonnier en voiture dans les rues adjacentes à la mairie de Paris un soir de Fnac Live ne peut imaginer la densité des foules drainées par cet évènement désormais incontournable. Neuf ans déjà que ces trois jours de musique entièrement gratuits créent une animation comparable au concert du 14 juillet aux abords de la Tour Eiffel. Plus de 100.000 spectateurs s’y pressent à chaque édition.

Aya Nakamura.

Eddy de Pretto.

Clara Luciani.

Flavien Berger.

En 2012, Pony Pony Run Run, Charlie Winston, Tryo et Dominique A (entre autres) se succédaient sur scène. Au fil des ans, Christophe, Bernard Lavilliers, -M- , Mika, Christine and the Queens, Julien Clerc, Julien Doré ou bien encore Benjamin Biolay s’y sont aussi produits. L’année dernière encore, personne n’a oublié la prestation de Sting, la magie de Gaël Faye ni celle d’ Angus et Julia Stone. A l’origine, celui qui était encore le « Fnac Indétendances » avait pour ambition d’offrir une pause musicale avec des artistes propres à réunir tous ceux qui sont parisiens en ce début d’été, des artistes confirmés ma is également des découvertes qui devraient gravir rapidement les rangs de la notoriété.

Stephan Eicher.

Roni Alter.

Anna Calvi.

Cette année, les organisateurs ont poursuivi cette carte de la diversité en réunissant Bertrand Belin, Eddy de Pretto, la très en vogue Aya Nakamura et l’élégante Clara Luciani, des noms que l’on ne présente plus aux cotés de Bon Entendeur, Anna Calvi, Johan Papaconstantino ou Hervé, nouveaux noms avec lequel le public fera plus ample connaissance. Temps forts très attendus : le live acoustique du très charismatique Stephan Eicher et le toujours très spectaculaire show d’ Etienne de Crecy. Le FNAC live n’a décidément rien perdu de ses envies initiales et continue à jouer son rôle d’agitateur de talents.

M.M.

Le programme soir par soir :

Mercredi 3 Juillet : Etienne de Crecy, Aya Nakamura, Suzane, Bon Entendeur, Leonie Pernet, Radio Elvis, Delgres sur la scène du Parvis // Stephan Eicher sur la scène du Salon. 

Jeudi 4 juillet : Eddy de Pretto, Silly Boy Blue, Flavien Berger, Nelson Beer, Clara Luciani, Pepite  et un artiste dont le nom sera connu le 25 juin sur la scène du Parvis // Bertrand Belin, Blick Bassy et Roni Alter sur la scène du Salon.

Vendredi 5 juillet : Agoria Live, Hervé, Columbine, Zed Yun Pavarotti, Glauque et deux artistes dont les noms seront révélés le 25 juin sur la scène du Parvis // Anna Calvi, Johan Papaconstantino et Canine sur la scène du Salon.

– La scène du parvis est en accès libre dans la limite des places disponibles (début des concerts à 17h), la scène du Salon (3, rue Lobau) est en accès gratuit sur invitations, à retirer dans les billetteries Fnac de la région Ile de France à compter du 2 juillet à midi et à raison de deux places par personne (début des concerts à 19h40 le 3 juillet, à 18 heures les jours suivants) –

HELLFEST : une mise en musique dans le moindre détail

Toujours plus beau, toujours plus fort. Le Hellfest s’apprête à ouvrir sa 14ème édition avec des artistes aussi prestigieux que Slayer, Kiss, Tool, Mamowar ou bien encore Dropkick Murphys, Def Leppard ou Gojira. Mais à Clisson, la programmation n’est pas la seule composante du succès. L’âme du Hellfest, c’est aussi le décor ultra léché, l’ambiance nourrie à coups de sculptures et créations uniques. Les nouveautés sont régulières et une belle surprise attend cette année les metalleux affamés.

C’est un môme de onze ans, déjà fou de musique, qui attend le rendez-vous avec les yeux brillants d’impatience et qui onze ans plus tard, fait toujours des petits bonds de joie une fois franchies les portes de la cathédrale pour son 12eme Hellfest. Il ne répète plus « On est heureux ici !» mais les mots résonnent toujours dans sa tête. C’est un vieux fan de Kiss presque septuagénaire qui saute chaque année sur la billetterie pour vivre ces trois jours avec ses potes d’enfance, vieux tee shirt relique ressorti des placards. Ce sont ces deux jeunes handicapés britanniques qui savourent le bonheur d’être près des immenses scènes sur des esplanades parfaites parce qu’ici, leur fauteuil roulant n’est pas un obstacle. Ce sont ces grappes de copines qui ont traversé l’Europe depuis la Finlande pour cette échappée de 72 heures parce que « ce Fest français, tu ne peux pas le raconter sans enthousiasme. C’est le meilleur, c’est tout! » Et l’on pourrait poursuivre longtemps encore la liste de ces fidèles, fans de metal mais pas seulement, fans aussi et avant tout de l’ambiance unique qui règne dans la manifestation clissonnaise.

Rammstein lors de leur passage au Hellfest en 2016.

Pour tous ceux là mais aussi pour la majorité des autres, le Hellfest est devenu une espèce de lieu sacré. Comme d’autres vont se perdre dans les grottes de Lourdes, eux passent par Clisson. C’est un rite, une sorte de passage obligé. Pour certains, « il faut faire le Hellfest au moins une fois dans sa vie », optique un peu extrême, sans mauvais jeu de mots, car ceux là viennent davantage « pour l’avoir fait » que pour la programmation ou l’amour de la musique. Mais le fait est là. La rançon du succès sans doute.

Ben Barbaud, fondateur du Hellfest.

Dans cette frénésie enthousiaste, il y en a un qui passe donc forcément pour « Dieu », même si c’est dit avec humour, c’est Ben Barbaud, le père fondateur. Quand il passe discrètement sur le site, les spectateurs qui le reconnaissent le sollicitent pour un selfie comme ils le feraient avec un artiste. Le trentenaire s’exécute avec le sourire mais il n’a jamais recherché la notoriété et semble plutôt épargné par la surdimension de son ego. Déjà à l’origine du Furyfest de 2002 à 2005, il a eu l’idée du Hellfest l’année suivante, souhaitant poursuivre cette idée d’ une manifestation encore unique en France, pour les fans de musiques extrêmes, du heavy metal au punk en passant par le thrash, le death, le glam, le black metal ou bien encore le stoner ou le hard rock.

22.000 personnes se pressaient à Clisson pour cette première, les agriculteurs prêtant leurs champs en jachère pour l’accueil des voitures, la plantation encore un peu disparate des tentes ou camping car. C’était un peu roots mais déjà très organisé. On traversait les vignes, les chemins, mais au bout de la marche, il y avait les deux scènes et des concerts déjà top niveau. Treize ans plus tard, 156.000 personnes sont accueillies chaque année au Hellfest. Un succès XXL.

En treize ans, le Hellfest aura pourtant tout connu: de la canicule aux trombes d’eau, des cohortes d’intégristes portées par la très rigide Christine Boutin ou le non moins fervent catholique Philippe de Villiers dont les fidèles tentaient à coups de tracts de détourner les festivaliers de ce « repère satanique », des politiques qui n’ont jamais rien écouté dans le genre ni foulé les plaines clissonnaises mais prenaient appui sur le nom des groupes pour jeter la vindicte (comme si « Licorne pleine de grâce » aurait fait plus chic à leurs oreilles que « Suicidal Tendencies » ou « Black Sabbath »). Mais le Hellfest aura gardé le cap et survécu aux (heureusement rares) vents contraires pour s’imposer parmi les plus grands festivals d’Europe, le premier du genre en France. Au delà des chiffres de la fréquentation, Ben Barbaud et son équipe (quinze permanents désormais) ont décroché des titres essentiels : « meilleur grand festival » en 2014, 2015 et 2017 mais également « meilleur camping » en 2015 et 2016, « meilleure ambiance » en 2013 par le très sérieux site « Festival Awards ».

Car c’est là aussi que se joue la différence. Quand la concurrence se contente le plus souvent de planter deux immenses scènes de part et d’autres d’un terrain avec des stands de restauration pour tout complément, persuadés que les festivaliers ne penseront que musique, le Hellfest a toujours soigné son accueil afin que la fête commence sitôt sur le site. Les décors sont pensés, confiés à des artistes, spectaculaires de jour comme de nuit. Et chaque édition apporte son lot de surprises, son plaisir de la découverte. Au Hellfest, il y a la qualité de l’affiche, les meilleurs groupes du monde mais aussi le plaisir des yeux, ce sentiment de vivre trois jours en terrain connu mais dans un ailleurs unique. Une sorte de parenthèse enchantée où l’on oublie tout.

Depuis le changement de site provoqué par la construction du lycée sur l’ancien espace, le Hellfest dispose de 21 hectares (contre moins de 15 précédemment), toutes surfaces (dont le camping) confondues. Et aux deux Main Stages, se sont ajoutés la Valley, la Temple, la Altar, le Metal Corner, le Kult et la Warzone. Des pelouses ont été semées, des bancs, des sculptures, des stands au décor unique et forcément raccord avec l’ambiance ont été mis en place.

Statue hommage à Lemmy, Motörhead.

L’immense cathédrale a été dressée et c’est sous ses portes que transitent les festivaliers. Une statue en hommage à Lemmy Kilmister (le chanteur de Motörhead décédé à la fin 2015) a été inaugurée lors de l’édition suivante par Ben Barbaud et Phil Campbell, guitariste du groupe. La Warzone a également été totalement modifiée dans l’esprit Fort Alamo. « Une association d’anciens combattants avait eu vent de cette construction et trouvait que les miradors rappelaient les camps de concentration. Ce n’ était pas le cas mais nous avons préféré entendre leurs demandes et l’ équipe d’artistes à l’origine du projet a effectué quelques modifications, cela ne sert à rien d’être totalement fermés» raconte Alex Beurecq, responsable de la communication. 

Le décor se construit.

Autre ajout désormais essentiel, le mini « Camden » pour les premiers pas sur les lieux. Des immenses tentes pour le merchandising mais aussi et surtout des boutiques au décorum réplique du quartier londonien avec en place centrale, cet énorme crâne immaculé, peut être l’un des lieux les plus photographiés durant ces trois jours. A ranger aux rangs des oubliettes en revanche, les immenses pieuvres ornant le haut des Main Stage il y a deux ans. Dessinées par des artistes tatoueurs, elles étaient impressionnantes sur le papier… nettement plus « Foire du Trône » une fois construites et leur suppression n’aura fâché personne. Ce qui ne risque pas la destruction en revanche, c’est la superbe fontaine aux « Faucheurs » du VIP, encore plus impressionnante à la nuit tombée.

Le budget 2017 du Hellfest, estimé à 20 millions d’euros (dont 12 millions issus de la vente des pass et 0,2% de subventions publiques), consacrait un bon tiers aux concerts. Tout le reste, et en dehors des frais de fonctionnement classiques, va aux aménagements. Pour cette nouvelle et 14ème édition, un pont passerelle a été créé pour rallier la zone de production, la régie et le parking des tourbus, un revêtement bicouche a été posé et le terrain a été viabilisé en bas de site pour un accès plus facile à la quarantaine de loges nouvellement posées.

Un espace artistes comprenant coin restauration et terrasses avec vue sur les concerts complètera cet endroit que les festivaliers ne voient pas mais qui est une donne importante. « On a toujours eu la volonté de très bien accueillir les groupes, » poursuit Alex Beurecq. «Cela ressemble parfois à un gros challenge car il y a des demandes en tous genres sur les riders mais on essaie de les respecter. Ozzy Osbourne souhaitait des toilettes pour lui seul, il les a eues. Kiss, qui revient pour la troisième fois en juin, ne voulait pas être dérangé, y compris par les autres artistes qui auraient pu aussi être fans et les solliciter, alors ils ont demandé la privatisation de l’espace restauration et des sanitaires. Bien sûr, cela a été fait. D’autres, comme les membres de Satyricon, voulaient une salle de musculation alors on avait loué du matériel et créé une petite salle de sports. Un groupe qui sera bien reçu le fera savoir donc ce n’est pas accessoire. Et puis cela fait forcément plaisir quand on reçoit des mails de remerciements ensuite comme on en a eu après la venue des Guns et que l’entourage de Rammestein (et là je peux vous dire que c’était un vrai défi technique à relever) a fait part de sa satisfaction. Il y a bien quelques artistes (des américains notamment) qui se la jouent en blindant tout et même nous, nous n’ avons pas accès jusqu’à eux mais cela reste rare. Pour le moment franchement, tout a été assez simple à satisfaire. »

En dehors de l’espace artistes, la grande nouveauté bientôt révélée sera le relooking complet de l’ espace restauration. Il avait beau s’être considérablement amélioré (on se souvient du sol devenu amas de boues gluantes devant les stands voilà quelques années à cause des fortes pluies. Partir à la quête d’une Tartine de l’Enfer devenait plus hasardeux que le plus tordu parcours du combattant), d’immenses tablées avaient beau par la suite laisser éclater dans la bonne humeur tous les commentaires sur les concerts du jour, le coin n’était pas encore empreint de l’âme Hellfest. C’est désormais chose faite. Alliant fonctionnalité et mise en scène parfaites, l’espace devrait ravir les ventres affamés.

Depuis trois mois, les plus gros travaux sont en cours sous le regard de Ben Barbaud qui sillonne quotidiennement l’espace avec son vélo. Et depuis quelques jours, les monteurs sont également à pied d’oeuvre pour finir de planter le décor, une partie des éléments restant à temps plein, ce qui a fait du lieu un but de promenade ouvert toute l’année. Car c’est aussi ça le Hellfest, un festival à la réussite impressionnante mais en prise directe avec la vie clissonnaise. Dans ce pays du Gros Plan et du Muscadet, l’impact économique est énorme et ne s’arrête pas au nombre d’hectolitres vendus mais concerne également l’hôtellerie (devenue insuffisante, c’est souvent chez l’habitant que les festivaliers qui n’ont pas envie du camping trouvent refuge), l’alimentation (la grande surface locale vit trois jours de pure folie mais avec le Hellfest, c’est Noël en juin), la SNCF augmente ses trains, les cars se succèdent et les taxis additionnent les courses.

Il existe des dizaines de festivals de musique mais de cette envergure avec cette ambiance unique, ce public d’une courtoisie, d’une gentillesse jamais démenties, ces programmations qui d’année en année font le bonheur de tous, il n’y en a pas d’autres. L’édition 2017 avait vu s’envoler les pass trois jours en trois semaines, l’an dernier en trois jours alors que l’affiche n’avait livré aucun nom. 2019 aura frappé plus fort encore : au terme du dernier concert de l’an dernier, une vidéo avait levé le voile sur cinq groupes déjà signés : Mass Hysteria, Carcass, Manowar, qui ne s’était pas produit en France depuis dix ans, Dropkick Murphys, pour une date unique dans l’Hexagone et Slayer en pleine tournée d’adieux. Alors le pire (pour le festivalier qui n’a pu trouver un ordinateur à l’heure dite) s’est produit, les 55.000 sésames se sont envolés en moins de… trois heures !! Ne restaient plus que les quelques pass journaliers (qui partiront eux aussi en un éclair). Et cela ne se voit nulle part ailleurs.

Dans moins d’un mois, le 14ème Hellfest ouvrira ses portes. Ouverture anticipée (probablement en milieu de matinée du jeudi) pour tous ceux qui se sont offerts le bonus Knotfest (qui avait sa propre billetterie), autrement dit les concerts du festival itinérant porté par Slipknot avec Rob Zombie, Sabaton, Amon Amarch, Papa Roach, Powerwolf notamment. Le merch officiel du Hellfest ne sera disponible que le lendemain mais tout le reste sera déjà prêt. Un soir de plus dans le paradis du metal, ça ne se refuse pas.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

FESTIVAL : LES BELLES NUITS DE NORT-SUR-ERDRE

La 21ème Nuit de l’Erdre met l’accent sur les sensations urbaines du moment avec les déjà très plébiscités concert d’Eddy de Pretto et Soprano. Mais les amateurs de rock, de pop, d’électro et de chansons françaises seront également de la fête du 28 au 30 juin.

Personne n’a oublié l’incroyable programmation de la dernière Nuit de l’Erdre avec Shaka Ponk, Vianney, Triggerfinger, Bernard Lavilliers ou bien encore Orelsan. L’édition des vingt ans était forcément celle de toutes les surprises mais 2019 promet de frapper largement aussi fort avec des invités prestigieux et des rendez-vous déjà très attendus.

Disclosure. // Vendredi 28 Juin. 

Nekfeu. // Vendredi 28 Juin. 

Clara Luciani. // Vendredi 28 Juin. 

Vendredi, pour ouvrir les festivités, Disclosure, fer de lance de l’électro britannique, sera présent. Nekfeu, les quatre frères et soeurs des Ogres de Barback, Roger Hodgson, figure emblématique de Supertramp, se partageront également les deux scènes. 

Ils ne seront pas les seuls : Clara Luciani, l’étoile montante de la chanson française, Roméo Elvis, le rappeur belge qui a fait ses gammes avec succès bien avant que sa soeur fasse à son tour parler d’elle et le résumer en « grand frère d’Angèle » serait donc aussi réducteur qu’injuste. Autres participants à cette première soirée, les nantais de KoKoMo, qui ont viennent de sortir un nouvel album et que les programmateurs s’arrachent.

Enorme rendez-vous pour tous ceux qui ont raté leur passage dans la région ces derniers mois, Bon Entendeur, Gaëtan Roussel, Minuit (le groupe créé par Raoul Chichin et Simone Ringer, talentueuse descendance de Fred Chichin et Catherine Ringer des Rita Mitsuko), Vertical et les multirécompensés BigFlo et Oli seront là. 

Temps fort également, la venue d’Eddy de Pretto qui depuis deux ans truste tous les succès avec ses textes brillants et son rap musical qui ne déplairait pas à Nougaro. Dub Inc offrira la plage reggae et Editors déversera une déferlante de rock. Le groupe britannique porté par Tom Smith sait faire le show donc on peut s’attendre à un grand moment.

Histoire de finir cette nouvelle édition en apothéose, les organisateurs n’ ont pas mégoté : Après Inuit, Train to Roots et Louisett, les plaines de Nort sur Erdre verront sonner l’electro pop de Deluxe, la chanson française portée par la bande de joyeux drilles tarbais de Boulevard des Airs, Hubert-Félix Thiéfaine (qui fait un carton avec sa tournée anniversaire) et Soprano, pour tous ceux qui ont manqué son dernier Zénith à Nantes, sold out en l’espace d’un éclair, et qui ne veulent pas attendre son retour à la fin de l’année.

La seule inconnue sera la météo. Pour tout le reste, les organisateurs ont posé haut les balises. 

 – Informations et réservations : www.lanuitdelerdre.fr/billetterie 

Update // RUNNING ORDER. 

La cuvée prometteuse du 43ème Printemps de Bourges

La 43ème édition du Printemps de Bourges se déroulera du 16 au 21 avril prochains. Le festival berrichon, qui donne le La de la saison des festivals, mêlera comme à ses habitudes valeurs sûres (Hubert-Félix Thiéfaine, Zazie, Gaëtan Roussel), artistes plus récemment plébiscités (Clara Luciani, Jeanne Added) et nouvelles recrues des Inouïs, à qui on peut souhaiter une trajectoire aussi heureuse que celle d’Eddy de Pretto, Odezenne ou Radio Elvis, les deux derniers repassant cette année par Bourges. Et puis il y aura ce moment très attendu, un grand hommage rendu par Izia, Arthur et Ken Higelin à leur père disparu l’an dernier.

On a beaucoup fustigé le Printemps de Bourges, « rendez-vous parisien de province », « détour des pros ne venant que pour partager des verres entre gens de bonne compagnie ». Certains pensaient même que le départ de Daniel Colling, âme fondatrice, et l’arrivée de Gérard Pont transformerait le Printemps en énième festival, avec ses mêmes artistes que l’on retrouve partout quand ils sont en tournée, une sorte de Francofolies berrichonnes, Gérard Pont étant également grand ordonnateur de la manifestation rochelaise. Faire et laisser dire… Après les années difficiles, la météo catastrophique et les finances dans le rouge, le Printemps de Bourges a réussi à se redresser et trouver le rythme pour tenir la tête haute, une mutation sans se rogner et conserver ce qui est dans son ADN, la présentation au public de ceux qui feront la musique de demain, en parallèle de la présence de grosses têtes d’affiche.

Hommage à Jacques Higelin, 18Avril, le Palais d’Auron.

Pour cette 43ème édition, on peut d’ores et déjà affirmer que l’hommage rendu par les trois enfants de Jacques Higelin, Izia, Arthur et Ken et bon nombre de ses amis, dans un spectacle intitulé «Jacques, Joseph, Victor… dort » sera l’une des soirées marquantes. Autre évènement très attendu, le nouvel arrangement de « L’homme à la tête de chou » de Jean-Claude Gallota, un spectacle qui mêlera musique et danse et célèbrera Serge Gainsbourg et Alain Bashung. Dans un genre totalement différent encore, Rodolphe Burger se produira à l’Abbaye de Noirlac pour un spectacle spécialement conçu pour l’édifice millénaire.

Quatorze anciens Inouïs seront également de la fête avec notamment Aloïze Sauvage, Odezenne, ou Radio Elvis. La sélection des Inouïs 2019 sera quant à elle révélée le 21 Février. Au fil des ans, cette sélection est devenue une véritable référence et beaucoup se pressent pour bénéficier de ce « label ».

Aloïse Sauvage, 19Avril, l’Auditorium.

En plus des soirées hip-hop le 18 avril (avec entre autres, Dod Saint Jude et Pongo) et rock (Lady Bird, Rendez-vous…) le 19, la nouvelle scène de la chanson pop francophone sera aussi présente avec Hubert Lenoir, Requin Chagrin ou bien encore Bleu Toucan.

Hubert-Félix Thiéfaine, 17Avril, le W.

Zazie, 18Avril, le W.

Lou Doillon, 18Avril, l’Auditorium.

Aya Nakamura, 21Avril, le W.

Mais pour que la fête soit complète, il ne fallait pas oublier des têtes d’affiche fédératrices. Hubert-Félix Thiéfaine viendra donc célébrer ses 40 ans de carrière. Boulevard des Airs, Zazie, Lou Doillon, Charlie Winston, Gaëtan Roussel feront eux aussi le détour par le Berry. Tout comme la jeune Aya Nakamura, récemment nommée aux Victoires de la musique, qui se produira pour la première fois sur une scène du Printemps.

Jeanne Added, 19Avril, le W + le Palais d’Auron.

Vald, 18Avril, la Halle au Blé.

Gringe, 18Avril, la Halle au Blé.

Autres concerts très attendus, ceux de Jeanne Added, Victoire de l’artiste féminine de l’année, la talentueuse Clara Luciani, Ofenbach, Thérapie Taxi, Vitalic ou Salut c’est cool. La musique urbaine ne sera pas en reste avec Gringe, l’Ordre du Périph, Vald mais aussi Columbine ou Giorgio. La cuvée 2019 s’annonce prometteuse.

–  Programme complet et réservations sur printempsdebourges.com –