Chromatics sort son nouvel album et s’invite au Pitchfork parisien

Pour la 9ème année consécutive, le Pitchfork Music Festival installe à Paris, sous la grande halle de la Villette, sa déclinaison française. Du 31 Octobre au 2 Novembre, plus de cinquante artistes se partageront les scènes. Avec de grands retours et de belles surprises à la clé.

Neuf ans déjà que cette manifestation qui fait les belles heures de la fin juillet à Chicago a posé sa version française dans la capitale. Groupes indés, hip-hop, rock, dance ou electro, la grande Halle de la Villette a rapidement fait le plein et trouvé sa pleine justification. L’an dernier, Blodd Orange, Mac de Marco, Chvrches , Stephen Malkmus avec The Jicks ou bien encore DJ Koze avaient laissé des souvenirs impérissables. Pour cette nouvelle édition, ils seront plus de cinquante à se presser sur les quatre scènes, avec de belles surprises en perspective.

The 1975.

Toujours très attendu, ovationné lors des derniers Brit Awards, The 1975 et Matty Heally, son charismatique leader, continuent de s’imposer comme l’ un des grands noms de la scène britanniques. Entre rock alternatif et electro indé, The 1975 a multiplié les inspirations et sait d’entrée de jeu entrainer son public. 

Chromatics.

Tout aussi espéré, Chromatics débarquera avec une bonne partie de son nouvel album, « Closer to Grey », le premier opus depuis 2012 et une période ô combien compliquée (en 2016, après une expérience de mort imminente, Johnny Jewel avait détruit toutes les copies physiques de ce qui devait être leur nouvel album). C’est donc peu dire si la curiosité est totale pour les fans auxquels les EP, sortis au fil de ces sept ans, n’avaient pu suffire et avaient suivi les aventures du collectif entre espoirs et déceptions. Après  cette période mouvementée, Chromatics semble prendre un nouveau départ. Le mystère sera levé dans quelques jours…

Charli XCX.

Avec ses tubes entêtants, on ne présente plus Charli XCX, nouvelle reine de la planète pop. Ses apparitions en France sont toujours autant attendues. Elle aussi vient de sortir un nouvel album, sobrement intitulé « Charli », pour lequel elle s’est attachée la participation de Lizzo, Sky Ferreira et même (cocorico) de Christine and the Queens.

Belle & Sebastian.

Et puis, comment ne pas citer la présence de Belle & Sebastian? Après plus de vingt ans de cvarrière, les écossais n’ont rien perdu de leur fougue. Les joyeux drilles autour de Stuart Murdoch livrent cette même pop joyeuse, qui n’exclut ni la mélancolie ni la fragilité, mais sonne toujours juste et vraie.

Quatre noms dans une longue liste d’interprètes qui devrait laisser leurs empreintes dans cette nouvelle édition. Le compte à rebours est lancé !

Programmation complète :

Jeudi 31 octobre : Skepta, mura Masa, Hamza, Zola, Ateyaba, slowthai, Celeste, Charlotte Dos Santos, Duendita, Ezra Collective, Flohio, Kojaque, Kojeu Radical, Master Peace, Retro X, Sean, The Comet is coming, Yussef Dayes.

Skepta.

Ateyaba.

Zola.

Vendredi 1er Novembre : Chromatics, Belle & Sebastian, Prima Scream, John Talabot, Weyes Blood, Barrie, Briston Maroney, Chai, Desire, Helado Negro, Jackie Mendoza, Loving, Nelson Beer, Nilüfer Yanuya, Orville Peck, Sheer Mag, Sons of Raphael, Squid.

Primal Scream.

John Talabot.

Barrie.

Samedi 2 Novembre : The 1975, Charli XCX, 2manydjs, Agar Agar, Aurora, SebastiAn, Aeris Roves, BEA1991, Caroline Polachek, Ela Minus, Jamila Woods, Jessica Pratt, Khadyak, Kedr Livanskiy, Korantemas, Mk.gee, oklou, tobi lou.

Agar Agar.

Aurora.

SebastiAn.

– Pour tout renseignement : pitchforkmusicfestival.fr – 

FNAC LIVE, le révélateur de tous les talents

La neuvième édition du Fnac Live laissera résonner ses scènes du 3 au 5 juillet prochains. Trois jours de concerts entièrement gratuits dans le cadre unique du parvis de l’Hôtel de Ville de Paris avec des invités qui devraient attirer la foule des grands soirs : une trentaine d’artistes dont Eddy de Pretto, Clara Luciani, Stephan Eicher ou bien encore Radio Elvis.

Quiconque ne s’est jamais retrouvé prisonnier en voiture dans les rues adjacentes à la mairie de Paris un soir de Fnac Live ne peut imaginer la densité des foules drainées par cet évènement désormais incontournable. Neuf ans déjà que ces trois jours de musique entièrement gratuits créent une animation comparable au concert du 14 juillet aux abords de la Tour Eiffel. Plus de 100.000 spectateurs s’y pressent à chaque édition.

Aya Nakamura.

Eddy de Pretto.

Clara Luciani.

Flavien Berger.

En 2012, Pony Pony Run Run, Charlie Winston, Tryo et Dominique A (entre autres) se succédaient sur scène. Au fil des ans, Christophe, Bernard Lavilliers, -M- , Mika, Christine and the Queens, Julien Clerc, Julien Doré ou bien encore Benjamin Biolay s’y sont aussi produits. L’année dernière encore, personne n’a oublié la prestation de Sting, la magie de Gaël Faye ni celle d’ Angus et Julia Stone. A l’origine, celui qui était encore le « Fnac Indétendances » avait pour ambition d’offrir une pause musicale avec des artistes propres à réunir tous ceux qui sont parisiens en ce début d’été, des artistes confirmés ma is également des découvertes qui devraient gravir rapidement les rangs de la notoriété.

Stephan Eicher.

Roni Alter.

Anna Calvi.

Cette année, les organisateurs ont poursuivi cette carte de la diversité en réunissant Bertrand Belin, Eddy de Pretto, la très en vogue Aya Nakamura et l’élégante Clara Luciani, des noms que l’on ne présente plus aux cotés de Bon Entendeur, Anna Calvi, Johan Papaconstantino ou Hervé, nouveaux noms avec lequel le public fera plus ample connaissance. Temps forts très attendus : le live acoustique du très charismatique Stephan Eicher et le toujours très spectaculaire show d’ Etienne de Crecy. Le FNAC live n’a décidément rien perdu de ses envies initiales et continue à jouer son rôle d’agitateur de talents.

M.M.

Le programme soir par soir :

Mercredi 3 Juillet : Etienne de Crecy, Aya Nakamura, Suzane, Bon Entendeur, Leonie Pernet, Radio Elvis, Delgres sur la scène du Parvis // Stephan Eicher sur la scène du Salon. 

Jeudi 4 juillet : Eddy de Pretto, Silly Boy Blue, Flavien Berger, Nelson Beer, Clara Luciani, Pepite  et un artiste dont le nom sera connu le 25 juin sur la scène du Parvis // Bertrand Belin, Blick Bassy et Roni Alter sur la scène du Salon.

Vendredi 5 juillet : Agoria Live, Hervé, Columbine, Zed Yun Pavarotti, Glauque et deux artistes dont les noms seront révélés le 25 juin sur la scène du Parvis // Anna Calvi, Johan Papaconstantino et Canine sur la scène du Salon.

– La scène du parvis est en accès libre dans la limite des places disponibles (début des concerts à 17h), la scène du Salon (3, rue Lobau) est en accès gratuit sur invitations, à retirer dans les billetteries Fnac de la région Ile de France à compter du 2 juillet à midi et à raison de deux places par personne (début des concerts à 19h40 le 3 juillet, à 18 heures les jours suivants) –

HELLFEST : une mise en musique dans le moindre détail

Toujours plus beau, toujours plus fort. Le Hellfest s’apprête à ouvrir sa 14ème édition avec des artistes aussi prestigieux que Slayer, Kiss, Tool, Mamowar ou bien encore Dropkick Murphys, Def Leppard ou Gojira. Mais à Clisson, la programmation n’est pas la seule composante du succès. L’âme du Hellfest, c’est aussi le décor ultra léché, l’ambiance nourrie à coups de sculptures et créations uniques. Les nouveautés sont régulières et une belle surprise attend cette année les metalleux affamés.

C’est un môme de onze ans, déjà fou de musique, qui attend le rendez-vous avec les yeux brillants d’impatience et qui onze ans plus tard, fait toujours des petits bonds de joie une fois franchies les portes de la cathédrale pour son 12eme Hellfest. Il ne répète plus « On est heureux ici !» mais les mots résonnent toujours dans sa tête. C’est un vieux fan de Kiss presque septuagénaire qui saute chaque année sur la billetterie pour vivre ces trois jours avec ses potes d’enfance, vieux tee shirt relique ressorti des placards. Ce sont ces deux jeunes handicapés britanniques qui savourent le bonheur d’être près des immenses scènes sur des esplanades parfaites parce qu’ici, leur fauteuil roulant n’est pas un obstacle. Ce sont ces grappes de copines qui ont traversé l’Europe depuis la Finlande pour cette échappée de 72 heures parce que « ce Fest français, tu ne peux pas le raconter sans enthousiasme. C’est le meilleur, c’est tout! » Et l’on pourrait poursuivre longtemps encore la liste de ces fidèles, fans de metal mais pas seulement, fans aussi et avant tout de l’ambiance unique qui règne dans la manifestation clissonnaise.

Rammstein lors de leur passage au Hellfest en 2016.

Pour tous ceux là mais aussi pour la majorité des autres, le Hellfest est devenu une espèce de lieu sacré. Comme d’autres vont se perdre dans les grottes de Lourdes, eux passent par Clisson. C’est un rite, une sorte de passage obligé. Pour certains, « il faut faire le Hellfest au moins une fois dans sa vie », optique un peu extrême, sans mauvais jeu de mots, car ceux là viennent davantage « pour l’avoir fait » que pour la programmation ou l’amour de la musique. Mais le fait est là. La rançon du succès sans doute.

Ben Barbaud, fondateur du Hellfest.

Dans cette frénésie enthousiaste, il y en a un qui passe donc forcément pour « Dieu », même si c’est dit avec humour, c’est Ben Barbaud, le père fondateur. Quand il passe discrètement sur le site, les spectateurs qui le reconnaissent le sollicitent pour un selfie comme ils le feraient avec un artiste. Le trentenaire s’exécute avec le sourire mais il n’a jamais recherché la notoriété et semble plutôt épargné par la surdimension de son ego. Déjà à l’origine du Furyfest de 2002 à 2005, il a eu l’idée du Hellfest l’année suivante, souhaitant poursuivre cette idée d’ une manifestation encore unique en France, pour les fans de musiques extrêmes, du heavy metal au punk en passant par le thrash, le death, le glam, le black metal ou bien encore le stoner ou le hard rock.

22.000 personnes se pressaient à Clisson pour cette première, les agriculteurs prêtant leurs champs en jachère pour l’accueil des voitures, la plantation encore un peu disparate des tentes ou camping car. C’était un peu roots mais déjà très organisé. On traversait les vignes, les chemins, mais au bout de la marche, il y avait les deux scènes et des concerts déjà top niveau. Treize ans plus tard, 156.000 personnes sont accueillies chaque année au Hellfest. Un succès XXL.

En treize ans, le Hellfest aura pourtant tout connu: de la canicule aux trombes d’eau, des cohortes d’intégristes portées par la très rigide Christine Boutin ou le non moins fervent catholique Philippe de Villiers dont les fidèles tentaient à coups de tracts de détourner les festivaliers de ce « repère satanique », des politiques qui n’ont jamais rien écouté dans le genre ni foulé les plaines clissonnaises mais prenaient appui sur le nom des groupes pour jeter la vindicte (comme si « Licorne pleine de grâce » aurait fait plus chic à leurs oreilles que « Suicidal Tendencies » ou « Black Sabbath »). Mais le Hellfest aura gardé le cap et survécu aux (heureusement rares) vents contraires pour s’imposer parmi les plus grands festivals d’Europe, le premier du genre en France. Au delà des chiffres de la fréquentation, Ben Barbaud et son équipe (quinze permanents désormais) ont décroché des titres essentiels : « meilleur grand festival » en 2014, 2015 et 2017 mais également « meilleur camping » en 2015 et 2016, « meilleure ambiance » en 2013 par le très sérieux site « Festival Awards ».

Car c’est là aussi que se joue la différence. Quand la concurrence se contente le plus souvent de planter deux immenses scènes de part et d’autres d’un terrain avec des stands de restauration pour tout complément, persuadés que les festivaliers ne penseront que musique, le Hellfest a toujours soigné son accueil afin que la fête commence sitôt sur le site. Les décors sont pensés, confiés à des artistes, spectaculaires de jour comme de nuit. Et chaque édition apporte son lot de surprises, son plaisir de la découverte. Au Hellfest, il y a la qualité de l’affiche, les meilleurs groupes du monde mais aussi le plaisir des yeux, ce sentiment de vivre trois jours en terrain connu mais dans un ailleurs unique. Une sorte de parenthèse enchantée où l’on oublie tout.

Depuis le changement de site provoqué par la construction du lycée sur l’ancien espace, le Hellfest dispose de 21 hectares (contre moins de 15 précédemment), toutes surfaces (dont le camping) confondues. Et aux deux Main Stages, se sont ajoutés la Valley, la Temple, la Altar, le Metal Corner, le Kult et la Warzone. Des pelouses ont été semées, des bancs, des sculptures, des stands au décor unique et forcément raccord avec l’ambiance ont été mis en place.

Statue hommage à Lemmy, Motörhead.

L’immense cathédrale a été dressée et c’est sous ses portes que transitent les festivaliers. Une statue en hommage à Lemmy Kilmister (le chanteur de Motörhead décédé à la fin 2015) a été inaugurée lors de l’édition suivante par Ben Barbaud et Phil Campbell, guitariste du groupe. La Warzone a également été totalement modifiée dans l’esprit Fort Alamo. « Une association d’anciens combattants avait eu vent de cette construction et trouvait que les miradors rappelaient les camps de concentration. Ce n’ était pas le cas mais nous avons préféré entendre leurs demandes et l’ équipe d’artistes à l’origine du projet a effectué quelques modifications, cela ne sert à rien d’être totalement fermés» raconte Alex Beurecq, responsable de la communication. 

Le décor se construit.

Autre ajout désormais essentiel, le mini « Camden » pour les premiers pas sur les lieux. Des immenses tentes pour le merchandising mais aussi et surtout des boutiques au décorum réplique du quartier londonien avec en place centrale, cet énorme crâne immaculé, peut être l’un des lieux les plus photographiés durant ces trois jours. A ranger aux rangs des oubliettes en revanche, les immenses pieuvres ornant le haut des Main Stage il y a deux ans. Dessinées par des artistes tatoueurs, elles étaient impressionnantes sur le papier… nettement plus « Foire du Trône » une fois construites et leur suppression n’aura fâché personne. Ce qui ne risque pas la destruction en revanche, c’est la superbe fontaine aux « Faucheurs » du VIP, encore plus impressionnante à la nuit tombée.

Le budget 2017 du Hellfest, estimé à 20 millions d’euros (dont 12 millions issus de la vente des pass et 0,2% de subventions publiques), consacrait un bon tiers aux concerts. Tout le reste, et en dehors des frais de fonctionnement classiques, va aux aménagements. Pour cette nouvelle et 14ème édition, un pont passerelle a été créé pour rallier la zone de production, la régie et le parking des tourbus, un revêtement bicouche a été posé et le terrain a été viabilisé en bas de site pour un accès plus facile à la quarantaine de loges nouvellement posées.

Un espace artistes comprenant coin restauration et terrasses avec vue sur les concerts complètera cet endroit que les festivaliers ne voient pas mais qui est une donne importante. « On a toujours eu la volonté de très bien accueillir les groupes, » poursuit Alex Beurecq. «Cela ressemble parfois à un gros challenge car il y a des demandes en tous genres sur les riders mais on essaie de les respecter. Ozzy Osbourne souhaitait des toilettes pour lui seul, il les a eues. Kiss, qui revient pour la troisième fois en juin, ne voulait pas être dérangé, y compris par les autres artistes qui auraient pu aussi être fans et les solliciter, alors ils ont demandé la privatisation de l’espace restauration et des sanitaires. Bien sûr, cela a été fait. D’autres, comme les membres de Satyricon, voulaient une salle de musculation alors on avait loué du matériel et créé une petite salle de sports. Un groupe qui sera bien reçu le fera savoir donc ce n’est pas accessoire. Et puis cela fait forcément plaisir quand on reçoit des mails de remerciements ensuite comme on en a eu après la venue des Guns et que l’entourage de Rammestein (et là je peux vous dire que c’était un vrai défi technique à relever) a fait part de sa satisfaction. Il y a bien quelques artistes (des américains notamment) qui se la jouent en blindant tout et même nous, nous n’ avons pas accès jusqu’à eux mais cela reste rare. Pour le moment franchement, tout a été assez simple à satisfaire. »

En dehors de l’espace artistes, la grande nouveauté bientôt révélée sera le relooking complet de l’ espace restauration. Il avait beau s’être considérablement amélioré (on se souvient du sol devenu amas de boues gluantes devant les stands voilà quelques années à cause des fortes pluies. Partir à la quête d’une Tartine de l’Enfer devenait plus hasardeux que le plus tordu parcours du combattant), d’immenses tablées avaient beau par la suite laisser éclater dans la bonne humeur tous les commentaires sur les concerts du jour, le coin n’était pas encore empreint de l’âme Hellfest. C’est désormais chose faite. Alliant fonctionnalité et mise en scène parfaites, l’espace devrait ravir les ventres affamés.

Depuis trois mois, les plus gros travaux sont en cours sous le regard de Ben Barbaud qui sillonne quotidiennement l’espace avec son vélo. Et depuis quelques jours, les monteurs sont également à pied d’oeuvre pour finir de planter le décor, une partie des éléments restant à temps plein, ce qui a fait du lieu un but de promenade ouvert toute l’année. Car c’est aussi ça le Hellfest, un festival à la réussite impressionnante mais en prise directe avec la vie clissonnaise. Dans ce pays du Gros Plan et du Muscadet, l’impact économique est énorme et ne s’arrête pas au nombre d’hectolitres vendus mais concerne également l’hôtellerie (devenue insuffisante, c’est souvent chez l’habitant que les festivaliers qui n’ont pas envie du camping trouvent refuge), l’alimentation (la grande surface locale vit trois jours de pure folie mais avec le Hellfest, c’est Noël en juin), la SNCF augmente ses trains, les cars se succèdent et les taxis additionnent les courses.

Il existe des dizaines de festivals de musique mais de cette envergure avec cette ambiance unique, ce public d’une courtoisie, d’une gentillesse jamais démenties, ces programmations qui d’année en année font le bonheur de tous, il n’y en a pas d’autres. L’édition 2017 avait vu s’envoler les pass trois jours en trois semaines, l’an dernier en trois jours alors que l’affiche n’avait livré aucun nom. 2019 aura frappé plus fort encore : au terme du dernier concert de l’an dernier, une vidéo avait levé le voile sur cinq groupes déjà signés : Mass Hysteria, Carcass, Manowar, qui ne s’était pas produit en France depuis dix ans, Dropkick Murphys, pour une date unique dans l’Hexagone et Slayer en pleine tournée d’adieux. Alors le pire (pour le festivalier qui n’a pu trouver un ordinateur à l’heure dite) s’est produit, les 55.000 sésames se sont envolés en moins de… trois heures !! Ne restaient plus que les quelques pass journaliers (qui partiront eux aussi en un éclair). Et cela ne se voit nulle part ailleurs.

Dans moins d’un mois, le 14ème Hellfest ouvrira ses portes. Ouverture anticipée (probablement en milieu de matinée du jeudi) pour tous ceux qui se sont offerts le bonus Knotfest (qui avait sa propre billetterie), autrement dit les concerts du festival itinérant porté par Slipknot avec Rob Zombie, Sabaton, Amon Amarch, Papa Roach, Powerwolf notamment. Le merch officiel du Hellfest ne sera disponible que le lendemain mais tout le reste sera déjà prêt. Un soir de plus dans le paradis du metal, ça ne se refuse pas.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

FESTIVAL : LES BELLES NUITS DE NORT-SUR-ERDRE

La 21ème Nuit de l’Erdre met l’accent sur les sensations urbaines du moment avec les déjà très plébiscités concert d’Eddy de Pretto et Soprano. Mais les amateurs de rock, de pop, d’électro et de chansons françaises seront également de la fête du 28 au 30 juin.

Personne n’a oublié l’incroyable programmation de la dernière Nuit de l’Erdre avec Shaka Ponk, Vianney, Triggerfinger, Bernard Lavilliers ou bien encore Orelsan. L’édition des vingt ans était forcément celle de toutes les surprises mais 2019 promet de frapper largement aussi fort avec des invités prestigieux et des rendez-vous déjà très attendus.

Disclosure. // Vendredi 28 Juin. 

Nekfeu. // Vendredi 28 Juin. 

Clara Luciani. // Vendredi 28 Juin. 

Vendredi, pour ouvrir les festivités, Disclosure, fer de lance de l’électro britannique, sera présent. Nekfeu, les quatre frères et soeurs des Ogres de Barback, Roger Hodgson, figure emblématique de Supertramp, se partageront également les deux scènes. 

Ils ne seront pas les seuls : Clara Luciani, l’étoile montante de la chanson française, Roméo Elvis, le rappeur belge qui a fait ses gammes avec succès bien avant que sa soeur fasse à son tour parler d’elle et le résumer en « grand frère d’Angèle » serait donc aussi réducteur qu’injuste. Autres participants à cette première soirée, les nantais de KoKoMo, qui ont viennent de sortir un nouvel album et que les programmateurs s’arrachent.

Enorme rendez-vous pour tous ceux qui ont raté leur passage dans la région ces derniers mois, Bon Entendeur, Gaëtan Roussel, Minuit (le groupe créé par Raoul Chichin et Simone Ringer, talentueuse descendance de Fred Chichin et Catherine Ringer des Rita Mitsuko), Vertical et les multirécompensés BigFlo et Oli seront là. 

Temps fort également, la venue d’Eddy de Pretto qui depuis deux ans truste tous les succès avec ses textes brillants et son rap musical qui ne déplairait pas à Nougaro. Dub Inc offrira la plage reggae et Editors déversera une déferlante de rock. Le groupe britannique porté par Tom Smith sait faire le show donc on peut s’attendre à un grand moment.

Histoire de finir cette nouvelle édition en apothéose, les organisateurs n’ ont pas mégoté : Après Inuit, Train to Roots et Louisett, les plaines de Nort sur Erdre verront sonner l’electro pop de Deluxe, la chanson française portée par la bande de joyeux drilles tarbais de Boulevard des Airs, Hubert-Félix Thiéfaine (qui fait un carton avec sa tournée anniversaire) et Soprano, pour tous ceux qui ont manqué son dernier Zénith à Nantes, sold out en l’espace d’un éclair, et qui ne veulent pas attendre son retour à la fin de l’année.

La seule inconnue sera la météo. Pour tout le reste, les organisateurs ont posé haut les balises. 

 – Informations et réservations : www.lanuitdelerdre.fr/billetterie 

Update // RUNNING ORDER. 

La cuvée prometteuse du 43ème Printemps de Bourges

La 43ème édition du Printemps de Bourges se déroulera du 16 au 21 avril prochains. Le festival berrichon, qui donne le La de la saison des festivals, mêlera comme à ses habitudes valeurs sûres (Hubert-Félix Thiéfaine, Zazie, Gaëtan Roussel), artistes plus récemment plébiscités (Clara Luciani, Jeanne Added) et nouvelles recrues des Inouïs, à qui on peut souhaiter une trajectoire aussi heureuse que celle d’Eddy de Pretto, Odezenne ou Radio Elvis, les deux derniers repassant cette année par Bourges. Et puis il y aura ce moment très attendu, un grand hommage rendu par Izia, Arthur et Ken Higelin à leur père disparu l’an dernier.

On a beaucoup fustigé le Printemps de Bourges, « rendez-vous parisien de province », « détour des pros ne venant que pour partager des verres entre gens de bonne compagnie ». Certains pensaient même que le départ de Daniel Colling, âme fondatrice, et l’arrivée de Gérard Pont transformerait le Printemps en énième festival, avec ses mêmes artistes que l’on retrouve partout quand ils sont en tournée, une sorte de Francofolies berrichonnes, Gérard Pont étant également grand ordonnateur de la manifestation rochelaise. Faire et laisser dire… Après les années difficiles, la météo catastrophique et les finances dans le rouge, le Printemps de Bourges a réussi à se redresser et trouver le rythme pour tenir la tête haute, une mutation sans se rogner et conserver ce qui est dans son ADN, la présentation au public de ceux qui feront la musique de demain, en parallèle de la présence de grosses têtes d’affiche.

Hommage à Jacques Higelin, 18Avril, le Palais d’Auron.

Pour cette 43ème édition, on peut d’ores et déjà affirmer que l’hommage rendu par les trois enfants de Jacques Higelin, Izia, Arthur et Ken et bon nombre de ses amis, dans un spectacle intitulé «Jacques, Joseph, Victor… dort » sera l’une des soirées marquantes. Autre évènement très attendu, le nouvel arrangement de « L’homme à la tête de chou » de Jean-Claude Gallota, un spectacle qui mêlera musique et danse et célèbrera Serge Gainsbourg et Alain Bashung. Dans un genre totalement différent encore, Rodolphe Burger se produira à l’Abbaye de Noirlac pour un spectacle spécialement conçu pour l’édifice millénaire.

Quatorze anciens Inouïs seront également de la fête avec notamment Aloïze Sauvage, Odezenne, ou Radio Elvis. La sélection des Inouïs 2019 sera quant à elle révélée le 21 Février. Au fil des ans, cette sélection est devenue une véritable référence et beaucoup se pressent pour bénéficier de ce « label ».

Aloïse Sauvage, 19Avril, l’Auditorium.

En plus des soirées hip-hop le 18 avril (avec entre autres, Dod Saint Jude et Pongo) et rock (Lady Bird, Rendez-vous…) le 19, la nouvelle scène de la chanson pop francophone sera aussi présente avec Hubert Lenoir, Requin Chagrin ou bien encore Bleu Toucan.

Hubert-Félix Thiéfaine, 17Avril, le W.

Zazie, 18Avril, le W.

Lou Doillon, 18Avril, l’Auditorium.

Aya Nakamura, 21Avril, le W.

Mais pour que la fête soit complète, il ne fallait pas oublier des têtes d’affiche fédératrices. Hubert-Félix Thiéfaine viendra donc célébrer ses 40 ans de carrière. Boulevard des Airs, Zazie, Lou Doillon, Charlie Winston, Gaëtan Roussel feront eux aussi le détour par le Berry. Tout comme la jeune Aya Nakamura, récemment nommée aux Victoires de la musique, qui se produira pour la première fois sur une scène du Printemps.

Jeanne Added, 19Avril, le W + le Palais d’Auron.

Vald, 18Avril, la Halle au Blé.

Gringe, 18Avril, la Halle au Blé.

Autres concerts très attendus, ceux de Jeanne Added, Victoire de l’artiste féminine de l’année, la talentueuse Clara Luciani, Ofenbach, Thérapie Taxi, Vitalic ou Salut c’est cool. La musique urbaine ne sera pas en reste avec Gringe, l’Ordre du Périph, Vald mais aussi Columbine ou Giorgio. La cuvée 2019 s’annonce prometteuse.

–  Programme complet et réservations sur printempsdebourges.com – 

Le 14ème Hellfest toujours plus exceptionnel

Du 21 au 23 juin prochains, la 14ème édition du Hellfest a visé encore plus haut. Sur les scènes de Clisson, Kiss, Tool, Gojira, Manowar mais aussi Slayer, Carcass ou Eagles of Death Metal (entre autre) se succéderont. Dans cette déferlante de grands noms, choisir sera le plus compliqué, renoncer n’étant pas une option.

Content (comment ne pas l’être ?!), surpris aussi malgré tout car l’édition 2019 du Hellfest bouscule encore ses propres records, Ben Barbaud est décidément à la tête du festival parmi les plus dingues de la planète rock. L’an dernier, les pass trois jours étaient partis en trente heures. Cette année, il aura suffi de trois heures pour voir s’envoler les 55.000 précieux droits d’entrée alors que l’affiche n’avait révélé que cinq noms lors de la soirée de clôture en juin dernier. 

En même temps, ces noms n’étaient pas des moindres: aux côtés de Mass Hysteria et d’une grande soirée « française », les festivaliers apprenaient ainsi que Slayer refoulerait les stages de Clisson dans le cadre de sa grande tournée d’adieux, que Dropkick Murphys ferait le détour pour une date unique en France, que Manowar signerait son grand retour après dix ans d’absence et que les britanniques de Carcass seraient également présents. Pour une manifestation habituée à jouer le mystère bien au delà de l’ouverture de la billetterie, ce pan levé mettait déjà tout le monde sur les rangs impatients.

Tool // Main Stage 1 // Dimanche 23 Juin.

Kiss // Main Stage 1 // Samedi 22 Juin.

Mais la véritable star de cette quatorzième édition sera sans conteste (dixit leurs fans en tous cas), Tool, que le public réclamait depuis des années. L’équipe du Hellfest a enfin réussi à les signer Maynard James Keenan et ses acolytes et les américains boucleront le fest le dimanche soir avec un show annoncé comme énorme. D’autant plus exceptionnel que ce sera leur unique passage dans l’Hexagone.

Autre temps fort (sortez les mouchoirs et osez une dernière fois la palette de maquillage), les adieux de Kiss. Ce sera le troisième et probable dernier passage (encore qu’il ne faut jamais dire jamais… on a connu des adieux à épisodes successifs) des américains dans le cadre de leur tournée « End of the Road ». Pour mettre un point final à ses quarante cinq ans de carrière, Kiss n’a pas mégoté sur les frais. Avec de nouvelles tenues de scènes, des dates à foison entre les Etats Unis et l’Australie, en passant par l’Europe (l’Allemagne, l’ Ecosse et puis la France avec Clisson donc) et une mise en scène encore plus inoubliable.

Des adieux encore pour Slayer qui poursuit ses au revoir et reviendra une fois de plus au Hellfest, manifestation dont le groupe a toujours vanté le plaisir pris à y jouer. Les thrasheurs ne bouderont pas leur plaisir, de quoi partager une ultime date avant que les américains sonnent la note finale.

Manowar // Main Stage 1 // Vendredi 21 Juin.

Autre retour en tous points exceptionnels et là aussi en mode « ultime tour de piste avant séparation», celui de Manowar dix ans après son dernier concert en France. Joey  De Maio a décidé que les fans, qui guettaient ce moment avec impatience, seraient architectes de la set list en votant pour les morceaux interprétés sur scène. Presque quarante ans que les américains exportent leur heavy metal sur tous les continents. Ils promettent un show à la hauteur de la puissance de leurs partitions légendaires avec une imagerie encore plus impressionnante.

Il ne faudra pas non plus zapper Def Leppard, Within Temptation pour les amoureux du metal symphonique, les toujours un peu polémiques mais talentueux californiens d’ Eagles of Death Metal, les inoxydables barbus de ZZ Top, membres réguliers du Hellfest, Slash qui sera avec Myles Kennedy and the Conspirators, les anglais d’Architects dont les show hyper calés sont toujours des moments inoubliables, Trivium,  Sum 41, Lamb of God. Entre autres.

Enfin, à noter encore la grande soirée dédiée au rock français en première journée de Hellfest avec le retour des géniaux frères Duplantier avec Gojira, Dagoba, Ultra Vomit qui n’en finit pas de remplir des salles toujours plus grandes, No One is Innocent, dont la dernière prestation clissonnaise remonte à 2015, Klone, Lofofora et Mass Hysteria tous feux tous flammes avec un concert haut en surprise pensé spécialement pour cette date.

Impossible de citer tout le monde.Trois jours, cent-cinquante groupes gratin du gratin de la musique extrême ou plus simplement du rock décliné sous toutes ses formes, le Hellfest année 14 a du emprunter la devise de Fort Boyard : toujours plus haut, toujours plus fort. Bienheureux ceux qui pousseront les portes de l’Enfer le 21 juin prochain.

Magali MICHEL.

– UPDATE: RUNNING ORDER ! – 

Festival FACE & SI: l’adoré

Après les festivités du 20ème anniversaire, pas facile de garder le rythme et d’offrir une affiche toute aussi variée et grand public. Mais impossible n’est pas Face et Si. Les vendéens ont réussi une fois de plus ce grand rendez-vous de fin d’été avec des moments de partages totalement exceptionnels.

D’ abord, il y avait le soleil. Autant reprendre les bonnes habitudes et bénéficier de cette météo qui a été plutôt heureuse au fil de ces week-end de début septembre. Enfin presque… On se souviendra longtemps du déluge qui avait accompagné la vingtième édition, l’an dernier. Des trombes d’eau avaient contrarié les déplacements des artistes mais ils étaient tous arrivés à temps et le public, stoïque autant que passionné, n’ avait pas déserté les rangs de l’espace Beaupuy. Même en finissant détrempé, un concert de Patrick Bruel avec tous les titres qui ont jalonné sa carrière, ne se rate pas.

Nul besoin de parapluie ces 7, 8 et 9 septembre derniers. Mais plutôt de crème solaire! De quoi donner (et c’est un peu dommage) une impression de moindre affluence, notamment en ouverture de soirées, les festivaliers préférant traquer les coins d’ombre salvateurs, quitte à rester à l’oblique de la scène.

Theo Lawrence & The Hearts.

Une problématique qui n’existait pas dans la Longère, qui du coup, a connu un record de fréquentation. Bonne pioche pour Theo Lawrence and The Hearts vendredi soir. Largement inspiré par le blues, la soul et le rock sudiste, le groupe, originaire de la région parisienne, a livré de larges extraits de son premier album, le très réussi « Homemade lemonade ». Theo Lawrence a la voix affirmée. Musicalement, ça met tout le monde d’accord. Il y a fort à parier que cette bande là n’a pas fini de faire parler d’elle.

En pleine tournée anniversaire, IAM a été de tous les festivals pour souffler les vingt ans de l’album « L’ école du micro d’argent ». Pour que la fête soit complète et remercier leur public toujours aussi fidèle, les rappeurs de la cité phocéenne ont sorti le grand jeu : des lights impressionnantes et des décors XXL (si grands d’ailleurs qu’ils ne pouvaient entrer intégralement sur la scène de Mouilleron le Captif et dépassaient de chaque côté du rideau), deux semi remorques de matériels, un vrai barnum qui a forcément emporté toute l’assistance.

IAM.

On peut saluer au passage la volonté d’ Akhenaton et sa bande de ne pas avoir concocté des shows au rabais pour les festivals plus petits que les mastodontes du genre. Respect du public, qu’ils se produisent devant 35.000 personnes ou 3.500, c’est le même spectacle d’un bout à l’autre. Et on peut dire qu’ils ont mis l’ambiance. Impeccables, généreux et porteurs d’une bonne humeur contagieuse, les cinq artistes ont mouillé le tee shirt, fait danser petits et grands qui sont repartis en chantant encore.

Dans cette euphorie de fin de soirée, certains ont manqué le début du concert d’ Hyphen Hyphen. Chantant pour patienter, ils n’avaient pas compris que les niçois (salués par la Victoire de la Révélation scène de l’année) ne prendraient pas la suite des marseillais mais se produiraient dans la Longère. (Au fil de ces trois jours, il y a eu pas mal de distraits qui sont passés à côté du parcours de la programmation. On peut en sourire mais peut-être faudra t’ il envisager des panneaux plus grands ou des annonces l’an prochain.)

Marianne James.

En ce deuxième jour de Face et Si, la scissure générationnelle dominait : ce serait Julien Clerc pour les uns, Arcadian pour les autres mais retrouvailles devant Tryo.

Un peu plus tôt, les plus jeunes avaient aussi un programme dédié avec Marianne James (accompagnée de Sébastien Buffe et Philippe Begin) venue présenter les premières séances de« Tatie Jambon, le concert », son nouveau spectacle. La chevelure devenue peroxydée, la truculente interprète du drôlissime « Miss Carpenter », connue ensuite pour ses commentaires uniques dans « La Nouvelle Star » ou pour « L’Eurovision », a retrouvé Valérie Bour et concocté un show qui laisse dubitatif. « Tatie Jambon » est sans doute drôle par moments mais force le trait la plupart du temps, prend les parents à témoins de blagues que les enfants ne peuvent comprendre et voit même naître des moments assez improbables comme en ce samedi après midi. « Allez, je ne vous ai pas entendus, on tape plus fort dans les mains ! » scande Marianne James. « Par ici aussi, allez on se bouge! Toi, toi, toi aussi et vous dans les fauteuils !» continue t’elle en direction de jeunes handicapés lourds bien incapables de lui obéir. Ce couac mis ça part, l’ensemble reste poussif et mériterait à la fois plus de subtilité et une meilleure approche des plus jeunes, sauf à vouloir ramasser en priorité les viva des parents.

Arcadian.

Pas de bémol possible sur la prestation d’ Arcadian en revanche. Le trio, qui a connu l’entrée dans la notoriété avec The Voice, a enchaîné plus d’une centaine de concerts et vu les rangs de ses fans grossir de jour en jour. Succès mérité et qui n’est pas du à la seule « beaugossitude » de ces trois là. Musiciens accomplis, joyeux et généreux, ayant le sens du show et de la fête, ils ne laissent aucun répit et mettent l’ ambiance jusqu’à la dernière note. La tournée qui vient de s’ achever a été un véritable triomphe. C’est peu dire que leur nouvel opus est attendu avec impatience.

Il fête ses « Cinquante ans » de carrière avec une immense tournée empruntant les festivals et les plus grandes scènes et il était sacrément attendu par le public de Face et Si. Fringuant, Julien Clerc, ans, soixante dix ans, a l’élégance aussi éternelle que ses chansons. Le décor est à son image, la mise en scène soignée.

Julien Clerc.

Accompagné de huit musiciens dont un quatuor à cordes exclusivement féminin, l’interprète de « Melissa » alterne les différentes périodes de son répertoire. A écouter « La fille aux bas nylon », « la Californie », « Utile » ou « Fais moi une place », ce sont des pans de vie qui défilent et des souvenirs qui se rallument pour chacun. Un vrai moment de poésie au coeur de la soirée mouilleronnaise.

Pour laisser éclater son sens du show et du rythme pétaradant, Joseph Couturier s’ était glissé cette année parmi la joyeuse troupe de Tryo. Discrètement installé sur scène avec sa console, l’artificier vendéen a offert plus d’une heure de spectacle grandiose, offrant aux partitions de Tryo une palette aussi inattendue qu’exceptionnelle. Il est certes né dans le sérail avec un père parmi les plus grands artificiers actuels mais il a su tailler sa route en offrant sa propre vision du métier. En musique, il sait jouer sur la durée, laisser vivre ou suggérer les silences, le ciel devenant sa planche à dessin pour une création éphémère et unique dont le public massé devant la scène n’aurait pas voulu perdre la moindre lumière.

Tryo.

C’est donc les yeux un peu fatigués que les festivaliers ont réinvesti le site en ce troisième et dernier jour. Est-ce la faute à la météo qui aurait conduit certains vers les plages en début de journée, il n’y avait étonnement pas beaucoup de monde pour applaudir Amadou et Mariam. Le concert du duo malien était pourtant très réussi, avec de nouveaux titres mais également ceux qui ont assis leur notoriété comme « Dimanche à Bamako », « La Fête au village ».

A l’inverse, les organisateurs n’avaient pas dû prévoir qu’ Hoshi et son célèbre tube « Ta Marinière » trusterait autant de monde. Prévue dans l’après-midi sous la longère, la jeune femme aurait largement pu se produire sur la grande scène car ce sont plusieurs centaines de spectateurs qui n’ont pu accéder au concert faute de places. Un petit raté difficile à anticiper car le succès de cette toute jeune artiste ne cesse de grossir. La répartition des shows n’était probablement plus modifiable mais le mécontentement reste néanmoins légitime de la part de tous ceux qui avaient fait le déplacement pour l’applaudir.

Plein succès et rangs serrés en revanche pour Claudio Capéo et se musiciens. L’ alsacien bouclait en ce dimanche une tournée monumentale entamée à la fin 2016 (avec escales sold out dans tous les zéniths de France), portée par un album au titre éponyme qui a tout raflé et été vendu à plus de 800.000 exemplaires. Il y a deux ans, lorsqu’il participait à The Voice et s’offrait une identité originale avec son accordéon, personne n’aurait pu imaginer ce chemin aussi spectaculaire, pas plus que l’on aurait deviné le troublion énergique derrière l’interprète encore très sage d’ « Un homme debout ».

Claudio Capéo.

Face à un public venu spécialement pour lui, qui connaît le moindre de ses refrains par coeur, Claudio Capéo chante, bondit, parcourt la scène et installe la complicité. La fête est belle et la joie non feinte. L’émotion n’est pas absente et l’on voit même des larmes sur le visage de certains musiciens quand Claudio Capéo rappelle qu’il s’agit bien de l’ultime moment sur la route avant plusieurs mois.

Face et Si an 2018 ne pouvait rêver plus beau final, sous le soleil, en chansons et dans le partage total. Le festival de Mouilleron-le-Captif s’affirme une fois encore comme l’une des manifestations les plus souriantes et chaleureuses avec des bénévoles, de la technique à la confection des crêpes, de l’accueil à la restauration, aux petits soins du public. Exemplaire.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.