DAVID BAN ALPAGUE SON PREMIER ALBUM

Ce week-end, son Porthos faisait escale trois jours à Nantes. Quatre représentations des « Trois Mousquetaires » dont deux concerts bourrés de technologie et de caméras pour cause d’enregistrement du DVD. La nuit avait été quasi blanche mais David Ban ne se dépare ni de son sourire, ni de sa disponibilité. Heureux de ce rôle à succès. Impatient à l’idée de voir enfin se rapprocher la sortie de son premier album. 

Evidemment, tout le monde attendait Olivier Dion, sa pointe d’accent québecquois, son corps sculpté à la faveur des portés bien élevés de « Danse avec les Stars », ou Damien Sargue, le brun ténébreux, superbe dans Roméo et Juliette comme dans les Forever Gentlemen, ou bien encore Brahim Zaibat et sa souplesse féline, ce sens de la danse qui ne rechigne devant aucune pirouette même la plus extrême… et c’est finalement lui qui sort son épée du lot. Un pour tous mais au final, cela pourrait bien être tous pour David Ban. Car le chanteur-comédien-musicien excelle dans « Les Trois Mousquetaires ». Un dixième spectacle musical qui permet enfin de le mettre en haut de l’affiche avec un rôle à la pleine démesure de ses multiples talents. Le 29 Juin, sortira son premier album. On serait presque tenté de dire… enfin !

« C’est vrai, plus de deux ans depuis la fin de ma campagne participative… Mais je fais tout moi-même et un disque, c’est une montagne de choses à réaliser. Je compose textes et musiques. Une fois  le studio trouvé et l’enregistrement bouclé, il faut penser à la couleur générale de l’album, à la pochette, au livret, à la distribution, la promotion etc… Artiste volontairement indépendant, je n’ai pas toute une équipe dans un label qui planche pour moi mais ça me va parfaitement car je n’ai pas à me plier à des exigences artistiques qui ne sont en vérité que commerciales. Les textes sont les miens et franchement, je n’aurais jamais pu interpréter des paroles « sensées me correspondre totalement »… alors que ceux qui sont derrière les proposent à plein d’autres, le tout étant de fabriquer un produit qui ne durera peut être pas mais qui rapportera très vite de l’argent», souligne l’artiste. « Ce disque, « L’ Alpagueur », quand il sortira, je l’aurai pensé et créé de A à Z, avec tout de même le soutien musical et artistique d’une bande de potes fidèles et particulièrement doués comme Julien Lamassonne (guitare et voix), Emma Piettre (contrebasse et voix), Karoline Rose, avec laquelle je partage un duo (guitare et voix) ou bien encore mon vieux complice Nicolas Fageot (basse). Il sera multicolore, poétique, drôle, émouvant aussi parfois, sentimental mais surtout positif. Et je l’assumerai du 1er au 14ème titre.»

Des années que David Ban nourrit ce projet d’album. Des années que le public, avec lequel il a une relation très forte, de vrais échanges sans faux semblant, attend lui aussi. Devant l’hôtel où la troupe était logée, elles (car ce sont en majorité des femmes) attendant avec patience depuis au moins deux heures dans l’espoir d’une rencontre, le temps d’un selfie, d’une dédicace. David Ban n’est pas du genre à snober. Il a beau être un peu en retard sur le planning, il parle, écoute, sourit et enchaîne les clichés. Même scénario quelques secondes plus tard devant les grilles du Zénith. Une dizaine de fans campe depuis deux heures car le bus qui emporte danseurs et interprètes doit passer par là. Il descend et va à leur rencontre, pose avec le bout de chou qu’on lui met dans les bras.

« Franchement, si on n’est pas capable de ces instants là, il faut s’interroger. On a la chance d’être artistes parce que le public vient et achète des places, certains devraient s’en souvenir. Et puis ici, c’est très calme. Lorsque je jouais Danton dans « 1789, les Amants de la Bastille », je sortais devant le Palais des Sports de Paris et je donnais des concerts sauvages avec les premiers titres de l’album à venir. Une manière différente de rencontrer les gens et de voir les morceaux qui accrochent, d’écouter les retours… Avec « Les Trois Mousquetaires », je ne peux pas. Le rôle est beaucoup plus dense, extrêmement physique et je n’aurais pas pu enchaîner les deux.»

Avec « Les Trois Mousquetaires », David Ban endosse effectivement un rôle de poids puisqu’il est l’un des quatre personnages principaux mais il a surtout enfin la possibilité de montrer toute l’ étendue de son talent. Véritable performer, sachant aussi bien chanter (et avec quel timbre ! une voix chaude et grave, parfaitement reconnaissable qui peut tout se permettre) que jouer la comédie, il a réussi à convaincre les metteurs en scène québecquois de le laisser poser sa patine sur son personnage. Porthos y a gagné en humour, en intensité de jeu. Pour le reste, il est peut être d’une courte avance l’ainé des Mousquetaires, il n’en est pas moins affuté, agile, la musculature séduisante qu’il aurait tort de laisser cachée sous la tunique. (On se demande d’ailleurs combien de temps encore il échappera au casting de « Danse avec les Stars ». Ses acolytes s’y sont tous illustrés. Il a le profil idéal. Il a aussi l’envie. TF1 si tous nous entends….)

« Après « 1789 », il y avait eu l’aventure « Flashdance » qui avait permis au public de me voir autrement. Avec Porthos, c’est encore un cran au dessus. J’avais peur avant de m’engager que ces quatre mecs fassent un peu boys band… Mais on est loin de tout ça et je suis hyper heureux des commentaires que m’envoient tous ceux qui me découvrent. Pour autant, c’est ma dixième comédie musicale après des spectacles aussi importants pour moi que « Sol en Cirque », « Grease », « Hair », « Avenue Q » et bien sûr mon Danton de « 1789 ». Difficile de trouver plus fort désormais que ce rôle de Porthos et cette aventure entamée voilà deux ans. Alors ce rôle sera le dernier. Autant finir en beauté! »

Au terme de la tournée (le 1er juillet à Nice), David Ban remisera donc son épée et aura quartier libre pour assurer la promotion de « L’Alpagueur » tout juste né. Plus qu’une release party, le concert du 29 juin au Zèbre de Belleville (Paris) sera une vraie fête. Avec les copains, forcément (Julien Lamassonne, Emma Piettre, Caroline Rose, notamment ) mais aussi plein de surprises. Artiste prolixe, jamais à court d’imagination, David Ban s’enthousiasme en pensant aux opportunités offertes par ce lieu à l’ambiance un peu circacienne. La moitié des places a déjà été vendue alors que presque six semaines séparent encore de ce rendez-vous. De quoi le rassurer et lui donner envie de voir naître une tournée. En solo. Rien que pour lui et forcément avec une autre souplesse que ces grosses productions auxquelles il est rodé. « J’ai envie de voir les gens quand je joue, de croiser des regards. J’aime ces petites salles qui existent un peu partout en France et qui permettent une autre écoute. C’est encore à construire mais c’est une envie très forte qui j’espère verra vite le jour. »

C’est effectivement dans des salles plus intimistes que les textes de « L’ Alpagueur » prendront toute leur dimension. Car les fidèles qui connaissent son personnage de clown au coeur tendre savent aussi qu’il est riche de plein d’autres facettes. « Différemment différent » est un pur bijou de sensibilité. « S’aimer », « Je n’oublierai jamais », « Hors saison », « Viens ma belle » que David Ban offre en écoute dans la confidentialité d’une loge du Zénith à quelques minutes d’entrée en scène résonnent longtemps après. La musique accroche, les paroles frappent, la production est ultra bien léchée… On s’enflamme sur le titre qui serait le premier extrait car il y a du tube en puissance et on se dit chanceux d’avoir le privilège de cette avant première. « J’ai attendu longtemps donc je ne suis plus à quelques semaines près mais avoir le disque en mains sera l’ aboutissement d’un long parcours. Je n’aurai alors plus qu’une envie: le partager et voir l’accueil que lui réserve le public. »

Début de réponse le 29 juin. Ce soir là, « L’ Alpagueur » sera livré sur les fonts musicaux, en intégralité, surprises et inédits en prime. Et David Ban sera sans doute assez ému. Comédien peut être (une activité qui l’occupe déjà beaucoup mais qu’il se verrait bien poursuivre sur une scène de théâtre, lui l’habitué des productions pour la télé) mais certainement pas tricheur, ce soir là, il sera en équilibre sur le fil des émotions, sans filet mais avec ses musiques, ses mots et ses potes pour balanciers. On parie que la salle sera trop petite ?

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Crédit photo Live Alpagueur // André D. 

– Au «  Zèbre » de Belleville, Paris, le 29 Juin 2017. Réservations: www.billetweb.fr/david-ban-lalpagueur – 

Geoffrey Ploquin, un danseur en mouvements

En cinq ans et trois comédies musicales à succès, Geoffrey Ploquin est devenu un danseur très recherché. Un succès qui semble surprendre cet ancien élève du Conservatoire National de Paris, qui croit aux vertus du travail et ne se laissera jamais prendre par des sirènes de la renommée qui riment bien trop souvent avec éphémérité.

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Dans les couloirs du Zénith de Nantes, il rejoint les coulisses d’un pas souple mais sans précipitation. A une heure de la représentation, juste avant de passer entre les mains de la maquilleuse, il se plie avec sourire aux souhaits de la photographe, enfile l’un de ses costumes puis prend la pose au milieu du décor. Souriant, disponible et professionnel, la marque de fabrique de Geoffrey Ploquin (« Plok »), danseur de la troupe des «  Dix Commandements », actuellement en tournée à travers la France, qui à force de talent a imposé sa personnalité et réussit à ne plus être anonyme. Un constat qui l’amuse et qu’il met, avec une modestie non feinte, sur le compte de… sa coiffure ! « C’est l’effet dreads! On n’est pas si nombreux à avoir ces cheveux là, ça doit se remarquer davantage. » Le cheveu est long mais le raccourci un peu court!

Ses premiers pas, Geoffrey Ploquin les a effectués dans sa Charente natale, plus précisément à Mansle où est organisé chaque été (depuis près de trente ans) un grand festival de danse avec la possibilité pour les stagiaires de se confronter aux enseignements de professeurs de renom. Le virus est pris. Prêt à tous les sacrifices pour espérer un jour vivre de sa passion, Geoffrey Ploquin quitte à quatorze ans famille et amis et intègre le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, considéré comme l’un des plus grands établissements d’enseignement artistique au monde.
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J’étais encore jeune, ce n’était pas évident et nous devions nous plier à des règles strictes faites de rigueur et de discipline. Sans être aussi drastique, sans cet esprit un peu militaire que l’on prête à l’Opéra de Paris, c’était quand même très sévère avec son lot d’injustices car il fallait que le corps reste parfait, corresponde aux normes  alors que nous étions à un âge où la vie décide un peu toute seule. Toutes les heures de travail à la barre ou au sol ne pourront rien contre la croissance. Pour les filles, cela peut même être d’une cruauté inouïe. J’en conserve néanmoins de fabuleux souvenirs et la conscience d’avoir une base solide constituée de tous les indispensables. » Geoffrey Ploquin, bosseur et déjà talentueux, en sortira avec un Premier Prix, mention Très Bien. Plutôt une bonne accroche pour le CV!

Aventurier, se sentant « danseur citoyen du monde », le jeune diplômé rejoint alors la Compagnie Métros, à Barcelone. Trois années fortes avec des créations contemporaines qui se sont malheureusement terminées lorsque la compagnie a du se dissoudre, faute de trésorerie.

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Geoffrey Ploquin rentre en France. Il effectue un passage express par Toulouse avant de s’installer à Paris en 2011. C’est là que Rheda, le chorégraphe des « Enfants du Rock », de « Champs Elysées » mais aussi des concerts de Florent Pagny, Vanessa Paradis, entre autres, le contacte pour figurer dans un clip de Zazie (« Avant l’Amour »). Il ne lui en faut pas davantage pour se faire repérer. Dans la foulée, il passe le casting de « 1789, les Amants de la Bastille » produit par Dove Attia et Albert Cohen. Le monde de la comédie musicale lui ouvre ses premières portes.

« C’est une aventure humaine et professionnelle très particulière car le casting fait naître une troupe avec des personnalités qui ne se connaissaient par pour la plupart, sont censées porter un même objectif avec le même enthousiasme et humainement, il faut que ça marche compte tenu du temps à passer ensemble. Il y a les mois de répétition avant la première puis la longue tournée qui suit généralement les représentations parisiennes. C’est très long quand le succès est au rendez-vous. Pour le corps aussi, il faut rester vigilant. Je ne fais pas partie des intégristes de la nourriture qui compte les calories et traque les graisses. Quand on danse autant, l’organisme élimine de toutes façons. Il suffit de ne pas être dans l’excès. Le plus important me parait être le travail musculaire. Profiter d’un moment même devant la télé pour s’étirer, s’assouplir, penser à toujours s’échauffer soigneusement, rester à l’écoute. Il ne peut y avoir de carrière longue sans veiller à tout ça. »

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Après «1789, les Amants de la Bastille », Geoffrey Ploquin a été rappelé par Giuliano Peparini, le metteur en scène, pour intégrer la troupe de « La Légende du Roi Arthur ». La création  au Palais des Congrès (Paris) puis les semaines d’une tournée, autant de rythmes avec lesquels il faut composer. « A Paris, il y a davantage de représentations dans la semaine, six parfois. En tournée, c’est généralement le week-end que les séances sont concentrées. Il ne faut donc pas se laisser manger par ces emplois du temps atypiques. Le statut d’intermittence exige quarante trois cachets et ce statut est fragile. Il faut donc « exister » entre deux week-end, rester à l’écoute des castings, répondre aux sollicitations y compris les plus brèves », souligne le danseur.

« Je me suis souvent retrouvé sur des plateaux télé. C’est dense, bien rétribué et cela offre une mise en lumière parfois. Mais il y a tellement de professionnels à Paris que la concurrence est sévère et la sollicitation davantage liée au relationnel qu’au CV ou aux auditions. Il faut en avoir conscience et vivre les choses avec le maximum de recul et de sérénité. »

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De ses origines provinciales, Geoffrey Ploquin a gardé un calme qui ne cédera pas devant la frénésie parisienne. Les pieds sur terre, il reste concentré sur un quotidien qui passe désormais par l’ Histoire avec un grand H puisqu’il s’agit de celle des Dix Commandements. Près de deux mois de répétition à la Cité du Cinéma en Seine Saint-Denis et puis ces quatre représentations à l’Accord Arena de Paris (ex Bercy) en Novembre dernier devant plus de 25.000 spectateurs. La tournée française est en route, grand barnum impressionnant retraçant l’Egypte de Sethi, au XVème siècle avant JC. Coté musique, ces chansons de Pascal Obispo devenus culte depuis la version d’origine en 2000, « Mon Frère », « L’ Envie d’Aimer » et tous les autres titres que reprend haut la main la nouvelle distribution.

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A Nantes, la salle était comble et les deux représentations ont été ovationnées. Les dates d’ Epernay, Douai, Limoges et Montpellier prévues en ce mois de février sont pourtant reportées à une date ultérieure. « C’est compliqué car la période n’est pas idéale pour se mettre en route », observait Geoffrey Ploquin alors que l’annonce de ces reports n’étaient pas encore faite. « Financièrement, après les fêtes de fin d’année et les impôts qui arrivent, acheter une place de spectacle est un plaisir que tout le monde ne peut pas s’offrir. Bizarrement, il y a aussi des spectateurs qui découvrent notre passage tardivement. Je veux penser que le succès sera pourtant au rendez-vous. »

Le danseur réfléchit aussi à son avenir. La passion est intacte mais il a envie de franchir les frontières. « Je veux aller voir ce qui se fait en Europe. La Grande Bretagne, l’Europe du Nord sont parait-il riches de chorégraphes, de troupes impressionnantes. Je prépare un périple en aménageant ma voiture façon camping car. J’irai où me porteront les découvertes et les rencontres avec l’espoir d’apprendre et de danser. Encore mieux. Encore plus. Il faut savoir se réinventer sinon la passion aussi jouerait l’intermittence. » Que ses fans (dont certaines le suivent de ville en ville) se rassurent: la passion est encore vive et le temps n’est pas encore venu de se décrocher de l’affiche.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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Le Rouge et le Noir « rocke » gagnant !

Résolument moderne, sans comparaison avec les productions musicales actuelles, « Le Rouge et le Noir, l’opéra rock » relève haut la note le défi de l’adaptation de la célébrissime oeuvre de Stendhal. Voix, caractères, musiques, mise en scène… Tout est en place. Emotion(s) et plaisir garantis.

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D’abord, il y a le lieu, cette salle de théâtre parisienne des années vingt, conçue pour recevoir un peu plus de neuf-cents personnes entre parterre et balcon. Ce rideau de velours… Rouge, forcément! Loin des mégas productions du genre, l’opéra rock « Le Rouge et le Noir » a trouvé au Palace, l’abri idéal. L’atmosphère presqu’ intimiste ajoute au récit et permet de partager le cloisonnement que refuse Julien Sorel, son envie d’aimer en dehors de ses murs pour mieux nourrir ses ambitions sociales. Mais lorsque le rideau s’ouvre, c’est toute la scénographie moderne qui trouve sa place. Cinq musiciens jouent (et ne font pas semblant!) sur une mezzanine construite au dessus de la scène et s’inscrivent naturellement dans le spectacle. Des murs-écrans coulissants reçoivent les images qui deviennent alors des décors plus vrais que nature. Un jardin, une demeure bourgeoise, un intérieur, une geôle… Des contrastes qui cassent les codes et donnent une impression d’inédit pour décoiffer en finesse le roman de Stendhal.

Adapter ce classique parmi les classiques relevait pourtant du défi. Pour ne pas dire de l’improbable. Mais c’est bien connu, l’avenir sourit aux audacieux. Alors quand Sorel, auteur-compositeur-interprète, qui a emprunté son pseudo au personnage et connaît l’oeuvre dans ses moindres lignes, a décidé de présenter son projet avec Marie-Laure Combelles, sa fidèle complice, il espérait bien emporter Albert Cohen (le producteur réputé de « Mozart, l’opéra rock », de « 1789, les amants de la Bastille », entre autres) dans son enthousiasme. A l’évidence, il a su trouver les mots… Quelques semaines plus tard,  les signatures idéales pour donner à ce « Rouge et le Noir » ses dimensions opéra et rock étaient réunies.

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Alexandre Bonstein (chanteur, comédien, auteur de « Créatures », quatre fois nominé aux Molière) s’est chargé du livret. A lui les joies de la taille dans les six-cent-trente pages de l’oeuvre d’origine et cette obligation à ne pourtant jamais trahir! A ses côtés, deux références, François Chouquet, qui a mis en scène toutes les dernières productions d’ Albert Cohen et Laurent Seroussi, réalisateur de nombreux clips pour Calogero, Yaël Naïm. Le premier a planché sur les nombreuses parties purement théâtrales tandis que le second veillait à la partie scénique musicale et visuelle. Mais qui dit opéra rock dit chansons. Vincent Baguian, amoureux des mots, compositeur, interprète, signature de la plupart des titres des « Amants de la Bastille », de « Mistinguett, reine des années folles a partagé l’écriture avec Zazie, amie de longue date. Quant à la partition, elle a échu entre les notes de Sorel et de William Rousseau. Une référence de plus : la plupart des musiques de « Mozart, l’opéra rock » portent sa griffe. Il a aussi écrit pour Emmanuel Moire, Roch Voisine, Nolwenn Leroy, Florent Pagne… La liste est longue et a de quoi impressionner!

Ne restait plus qu’à dénicher ceux qui donneraient vie aux personnages. Bruno Berbérès, qui traque les talents de The Voice, disposait d’un beau vivier pour bâtir l’ossature du casting. Finaliste de l’édition 2015, musicien, Come s’est imposé naturellement. Il a le physique, le charisme, la fraîcheur (en dehors de la fameuse émission, on ne l’a encore vu dans aucune autre production), et l’envie. Il a aussi accessoirement la voix. A ses côtés, Haylen (dernière saison en date de The Voice) est une Louise de Rénal bluffante de vérité. Jouant juste, dotée d’une voix posée se promenant avec la même facilité sur toutes les hauteurs de gamme, elle est remarquable et provoque l’empathie sans jamais en rajouter. Julie Fournier (saison 5 de The Voice) campe une Mathilde de la Mole touchante. Quant à Yoann Launay, (de la même promotion que Come), il porte beau l’habit et le verbe de Géronimo. Son personnage, qui manie ironie et provocations, est totalement crédible et lui permet de mettre en exergue toute sa puissance vocale, comme dans cette scène assez étonnante où il partage l’affiche avec une castafiore… en carton !

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Impossible encore de ne pas citer Patrice Maktav (passé par le Cours Florent, la première Star Ac, Mozart l’opéra Rock et Mistinguett, reine des années folles, entre autres). Avec son jeu précis, aussi à l’ aise dans les scènes de théâtre que dans les chansons, il semble prendre beaucoup de plaisir à rendre antipathique Monsieur Valenod. Elsa Perusin campe son épouse toute aussi manipulatrice, Cynthia Tolleron est Elisa, la nurse, amoureuse secrète de Julien Sorel, Michel Lerousseau est le Marquis de la Mole et Philippe Escande, Monsieur de Renal.

Les costumes ont pris le parti d’un mixage hors du temps, un pan dans le passé, un autre dans les plis actuels. En jean slim noir, bottines en cuir, chemise blanche à jabots sous petit gilet brodé, Come-Julien Sorel a les atours rock’mantiques évidents et séduisants. Outre les murs écrans, un plateau tournant inattendu offre de jolis moments qui rajoute à l’émotion. Les titres devenus des tubes , comme « La Gloire à mes genoux » ou « Les maudits mots d’amour » rythment avec superbe mais on se laisse aussi emporter par les mises en scène d’« Il aurait suffi » (Come, Haylen, Julie Fournier), « Je vous laisse » (Haylen), « Que c’est bon d’être un bourgeois » (Yoann Launay) ou bien encore d’ « Eviter les roses «  (Come, Haylen).

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Dans les travées de velours, le public partage et se laisse totalement emporté. Aucun temps mort. Ca envoie et  Stendhal n’aurait sans doute pas renié les éclairages portés aux parts lumineuses comme aux recoins les plus sombres de ses protagonistes, qui font et se défont. Loin des énormes shows où tout est superlatif, « Le Rouge et le Noir, l’opéra rock » est une très belle réussite, de ces morceaux de choix inscrite sur la carte des spectacles et qui garantissent le plaisir. Deux heures intimistes et pourtant bien Rock’N’Roll.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Anthony Ghnassia. 

– Au Palace, 8 rue du Faubourg Montmartre 75009 Paris, du jeudi au dimanche, jusqu’au 30 Décembre 2016.  – 

Tous pour les 3 Mousquetaires !

Adapter le plus célèbre roman d’Alexandre Dumas, faire croiser le fer aux Mousquetaires devant un public qui a toujours adoré ces personnages mythiques et n’a pas oublié leurs transpositions sur grand écran, que ce soit avec Gene Kelly et Lana Turner ou avec Jean Marais quelques années plus tard, était un pari largement enthousiasmant. Mais insuffisant. Transformer l’histoire pour en faire un spectacle musical et « universel »… Le projet imaginé par Roberto Ciurleo, Gilbert et Nicole Coullier, Eleonore de Galard, déjà réunis à la production de « Robin des Bois » avec Matt Pokora, était nettement plus audacieux. Alors que le contexte n’incite pas au remplissage des salles, que le temps béni des comédies musicales triomphales comme « Notre Dame de Paris » ou « Mozart, l’Opéra rock » semble dépassé, ces Trois Mousquetaires sortent leur épée du jeu et font mouche. Gros succès en perspective.                    

D’abord il y a le casting mitonné avec tout le savoir faire de Bruno Berbérès, l’homme qui se cache derrière la plupart des succès récents. De Cléopâtre aux Dix Commandements, du Roi Soleil à Dracula ou Timéo, liste non exhaustive car il est partout. Bruno Berbères donc, qui ne s’est pas trompé en réunissant Olivier Dion – d’ Artagnan – (le chanteur québécois charmeur et ultra souriant que le public avait appris à mieux connaître l’an dernier durant sa participation réussie à « Danse avec les Stars »), Damien Sargue – Aramis –  qui avait tenu le rôle principal de « Roméo et Juliette », la comédie musicale imaginée par Gérard Presgurvic et est l’un des « Gentlemen Forever »,  Brahim Zaibat – Athos – qui prouve qu’on peut être un danseur surdoué, adoubé par Madonna et un interprète à la performance incroyable et David Ban – Porthos – qui depuis quinze ans enchaîne les rôles en leur donnant son charisme et, accessoirement, sa voix inoubliable.

Si tous sont réellement hyper précis et parfaits dans leur rôle, formant une équipe soudée à l’image du récit, David Ban est encore plus bluffant. Au sommet de son jeu, semblant ne jamais être entravé par les sollicitations physiques de ce Mousquetaire grande gueule et coureur de jupons, il a une énergie communicative, une voix qui semble avoir encore gagné en puissance et le public en redemande.

Photos LDD - Exclusif - Spectacle Les 3 Mousquetaires au Palais des Sports à Paris Photos LDD - Exclusif - Spectacle Les 3 Mousquetaires au Palais des Sports à Paris

Mais faire chanter et jouer quatre beaux garçons toutes tablettes de chocolat dehors ne pouvait  bien évidemment pas suffire. Il fallait que le reste de la distribution soit à la hauteur. Anne d’Autriche est portée par Victoria, qui avait laissé ses fans orphelins après la dernière du Roi Soleil voilà déjà dix ans, tristes de ne pas retrouver sa voix exceptionnelle sur d’autres projets. Constance est jouée par Megan, qui a la douceur parfaite. Christophe Héraut est un Cardinal imposant et puis il y a Golan Yosef, danseur spectaculaire, personnage principal du « Dracula » de Kamel Ouali en 2011, tout juste sorti de Cats, un physique qui ne laisse pas indifférent et qui sait faire entendre le Duc de Buckingham. Sans oublier enfin Emji, passée par La Nouvelle Star, qui prend visiblement du plaisir à camper la nocive Milady de Winter.

Pour assurer la mise en scène et donner des atours inédits et résolument modernes à cette histoire dont l’action se situe pour mémoire au 17ème siècle, les producteurs ont appelé deux monstres sacrés outre Atlantique : les québécois Dominic Champagne et René-Richard Cyr. A eux deux, ce sont des dizaines de prix récoltés, des succès par brassées et depuis treize ans, le triomphe de « Zumanity » du Cirque du Soleil à Las Vegas. Le tandem a travaillé avec les deux auteurs des chansons et du livret, Lionel Florence et Patrice Guirao. Là encore, Alexandre Dumas n’aurait pas douté. L’auteur de « Lucie » ou de « Savoir Aimer », devenus des standards de la chanson française a déjà co-signé avec son complice les paroles des « Dix Commandements », du « Roi Soleil », (entre autres) et plus récemment, de « Robin des Bois ». Quant aux chorégraphies, elles portent la griffe de Yaman Okur. Le champion du monde de break dance a lui aussi un joli parcours, fait partie des troupes des Dix Commandements, du Roi Soleil. Il a dansé aux côtés de Madonna et chorégraphié ses tournées de 2008, 2012 et 2015. Il était aussi à l’origine des danses de Robin des Bois. Bref, le CV avait de quoi rassurer.

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Mais chacun sait aussi que le succès n’est jamais garanti. Malgré l’excellence du casting, l’originalité de l’histoire, le teaser qui rend impatient, l’aventure peut être sans lendemain. Autant le dire d’emblée : ce ne sera pas le cas ici ! « Les Trois Mousquetaires » devrait même être l’un de fers de lance de la saison. Producteurs et interprètes avaient annoncé du «  grand spectacle », ils n’ont pas menti. Sur l’immense scène du Palais des Sports (accessible par des marches qui renforcent la proximité avec les interprètes), les tableaux s’enchaînent sans temps mort et laissent souvent bouche bée. Le rythme est précis, les personnages à l’aise dans leurs atours et le public va de surprise en surprise.

Ne cherchez pas de tenues d’époque sur les danseurs, n’imaginez pas les fastes classiques de la Cour! Ici, les ballets se font en slims, bustiers ou gilets argentés, les bottes ont des allures de Converse et les cheveux sont laissés libres la plupart du temps. Si la Reine a une robe à hauteur de sa majesté, les  hommes du Cardinal, imposants dans leur combinaison de cuir, bonnet et gilet pare-balle, semblent tout droit sortis du GIGN : les costumes aussi prennent le pari de la modernité mais ne perdent pas de leur superbe.

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Les quatre héros ont su donner à leur rôle la personnalité imaginée par Alexandre Dumas. On devine les heures d’entrainement qu’il leur a fallu pour maîtriser l’escrime, les sauts, tout en chantant. Ils se donnent à fond et déclenchent des cris enthousiastes à chaque apparition… Leur chemise largement ouverte n’y est sans doute pas non plus étrangère! Les chansons, taillées pour la scène, s’enchainent sans temps mort. Les tubes sont déjà nombreux et le public connaît par coeur les chansons des Mousquetaires mais également celles de Megan, de Victoria, en solo ou en duo avec Golan Yosef.

La scène de la traversée de la Manche par d’Artagnan-Olivier Dion, le très romantique (mais forcément aussi acrobatique) pas de deux de Brahim Zaibat-Athos, Buckingham-Golan Yosef dansant avec toute la troupe, torse nu, les ferrets offerts par la reine autour du cou, sur les notes de « On my mind » et mettant l’ambiance dans tout le Palais des Sports, David Ban-Porthos chantant au sommet d’une barre de pole dance sur lequel évoluent de magnifiques jeunes femmes, les quatre Mousquetaires sur leurs drôles de cheval, le retour victorieux de la joyeuse bande en uniformes bleus revisité… Difficile de choisir parmi les séquences. Le livret a délibérément épuré le roman original mais l’histoire conserve ses fondamentaux, la partition joue volontiers de la techno et flirte même avec des accords rappelant le célèbre « Pop Corn » de Hot Butter. C’est imprévu, inédit, chantant et efficacement rythmé.

Après deux heures trente aussi inventives, « Les Trois Mousquetaires » laissent le public repartir ébloui et joyeux. L’objectif est donc atteint. D’Artagnan n’a plus besoin de sa lettre recommandation. Il est entré dans la cour des grands.

Magali MICHEL.

Crédit photos // BestImage – Cyril Moreau. 

-Prolongations au Palais Des Sports jusqu’au 1er Janvier et en tournée dans toute la France ! // https://www.facebook.com/Les3Mousquetaires // http://www.les3mousquetaires-lespectacle.com– 

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Stendhal on the rocks: le bon cocktail du «Rouge et le Noir»

La troupe du « Rouge et le Noir » a dévoilé ce mardi huit titres de l’opéra rock qui s’installera au Palace (Paris) à la fin septembre. Plein d’humour, rythmé, loin des présentations parfois très (trop) sages, ce showcase a su mettre en lumière une troupe que l’on sent déjà soudée, des voix multicolores et des personnalités au charisme évident qui augurent d’un spectacle résolument actuel. Beaucoup plus rock qu’opéra.                 DSC_7651 DSC_7625

Albert Cohen l’a rappelé, quand on lui a suggéré cette adaptation musicale de l’oeuvre de Stendhal, il a eu un peu de mal à se projeter et ne se voyait pas vraiment arpenter ces sentiers de la littérature française . Classique parmi les classiques, ayant fait souffrir des milliers de lycéens auxquels échappait la dimension sociale et romantique de l’oeuvre, le producteur (« Mozart, l’Opéra Rock », «1789, les Amants de la Bastille », « Les 10 Commandements », « Mistinguett, reine des années folles», pour ne citer que ceux là) pensait l’aventure bien hasardeuse. Mais Sorel, auteur-compositeur-interprète (qui a emprunté son pseudo au personnage et connaît son Rouge et le Noir par coeur) aidé de sa complice, Marie-Laure Combelles, a su trouver les mots. Et l’enthousiasme a rapidement supplanté la curiosité.

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Il y avait un peu de l’incrédulité initiale d’Albert Cohen dans chacun en ce soir de présentation. « Le Rouge et le Noir.. !? Etrange comme idée, non ? (…)  Mais il y a quand même de belles signatures alors ça peut créer la surprise. » Des personnalités de renom, il est indéniable qu’autour du berceau, il y en a un joli nombre. Alexandre Bonstein (comédien, chanteur mais aussi auteur de « Créatures », quatre fois nominé aux Molières) s’est chargé du livret. C’est à lui que l’on doit la coupe sévère, les savants « mixages » dans les six-cent-trente pages de l’oeuvre d’origine mais qui jamais ne trahissent. A ses côtés, deux références encore, François Chouquet, complice de longue date d’Albert Cohen (« Mozart », «1789 », « Mistinguett», c’était déjà lui), partagera la mise en scène avec Laurent Seroussi, illustre réalisateur de clips (Gaëtan Roussel, Calogero, Yael Naïm…), plus spécialement chargé de la partie scénique musicale et visuelle.

Et puis, qui dit opéra rock dit chansons… La direction artistique de ce « Rouge et le Noir » a échu à Vincent Baguian, orfèvre du mot, auteur, compositeur, interprète, à qui l’on doit bon nombre des titres des derniers spectacles d’Albert Cohen et de Dove Attia. Il a convaincu Zazie, amie de longue date, d’écrire avec lui, William Rousseau (auteur pour de nombreux artistes et compositeur de la plupart des musiques de « Mozart », « Mistinguett») et Sorel bien sûr, signant les partitions.

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Ne restait plus qu’à trouver la distribution. Et c’est au désormais incontournable Bruno Berbérès, l’homme qui repère les talents de The Voice comme des principaux spectacles actuels, qu’a été confiée cette lourde tache. Côme, finaliste de l’édition 2015 de The Voice, s’est imposé assez vite. A vingt et un ans, totalement passionné, il apporte la fraicheur, l’enthousiasme et une forme de candeur qui rendent son Julien Sorel évident. Magnétique, Côme a un charisme bluffant, qui ne tient pas qu’à son physique de jeune premier. Il chante, se pose et impose. Lorsqu’il a débarqué en milieu de showcase, longue redingote noire, chemise blanche à jabot subtilement ouverte dans un slim en cuir noir, le ton était donné. « Rockmantique », comme avait souligné Zazie en début de soirée, vivant ses morceaux comme s’il était en concert, à l’image du parti pris de ce spectacle où chaque soir, les morceaux seront joués par quatre musiciens visibles sur scène, parfaitement intégrés dans la mise en scène. En plus du premier single sorti en février, Côme a interprété un titre bien rock, «Dans le noir, je vois rouge» puis, avec la troupe au grand complet, la très belle « Les maudits mots d’amour ».

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Autour de Côme, dans le rôle de Louise de Rénal, Haylen. La jeune femme s’est illustrée dans la dernière saison de The Voice avec sa voix puissante, son sens de la scène et une belle énergie.

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Julie Fournier, née voilà vingt et un ans dans une famille de musiciens, artiste jusqu’au bout des ongles, campera Mathilde de la Mole.

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Belle surprise pour tous ceux qui l’admiraient dans The Voice (même cuvée que Côme), Yoann Launay (team Zazie !) mettra son inventivité au service de Géronimo. Ce rôle de narrateur est fait pour lui. Le jeune homme a assuré avec humour, aisance et naturel, les enchaînements du showcase et lorsqu’il se mettait ensuite à chanter, sa voix puissante et rauque servie par ses qualités d’interprète a déclenché les applaudissements. Dans son perfecto noir, le décalage était chargé d’ironie lorsqu’il a interprété « Que c’est bon d’atre un bourgeois ». Il s’affirme déjà comme l’un des piliers du spectacle.

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Patrice Maktav, ancien de la première Star Academy, qui a écrit et composé pour Olivia Ruiz, formé au Conservatoire de Genève et au Cours Florent, acteur, chanteur, « crash poète » comme il aime à se qualifier, Lorenzo Da Ponte dans « Mozart, l’Opéra rock », superbe Léon Voltera dans «Mistinguett, reine des années folles », endossera les habits de Monsieur Valenod. Il a suffi de quelques accords avec Elsa Pérusin (Mme Valenod),  pour se dire une fois de plus que cet artiste n’a pas la carrière qu’il mérite et la renommée qui irait avec. Une chose est sûre : le couple Valenod, son exubérance, son absence de scrupule et son goût pour le kitsch, ne passera pas inaperçu avec ces deux personnalités fortes.
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Le Marquis de la Mole sera joué par Michel Lerousseau (aperçu dans de nombreuses séries TV et au théâtre dans « Queviva Offenbach », « Un violon sur le toit » ou plus, « Le voyage extraordinaire de Jules Verne ), Cynthia Tolleron (qui a fondé avec Julie Fournier le duo « Dyade »), ancienne également du Cours Florent, sera Elisa, la femme de ménage de Louise et Philippe Escande, fort de son parcours au théâtre et dans les comédies musicales (il revient d’une longue tournée en Corée avec «Mozart l’Opéra rock») sera Monsieur de Rénal.

Les huit titres présentés mardi soir (dont le désormais tube «La Gloire à mes genoux ») ont révélé une bande son vitaminée, rock et pop, cultivant l’ironie ou la tendresse, illuminant parfaitement les textes léchés écrits à quatre mains par le tandem Zazie-Baguian. « Ca me faisait rire de participer non pas à une comédie musicale mais à un opéra rock, et donc de proposer des textes qui racontent une histoire à un public qui peut les vivre comme dans un concert rock ou pop » avait expliqué Zazie en préambule. En final et en version chorale, la troupe a repris « Les maudits mots d’amour », le nouveau single de ce « Rouge et le Noir », qui sait parfaitement rester dans les mémoires.

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Il reste désormais quatre mois aux neufs comédiens et aux musiciens pour se préparer. Lever de rideau le 29 septembre, pour deux-cents représentations. Dans une rentrée qui s’annonce riche donc concurrentielle avec le retour des « Dix Commandements », de « Notre Dame de Paris », les inédits « Saturday Night Fever» ou bien encore « Hit Parade », cet opéra rock pourrait bien créer la surprise et mettre tout le monde d’accord.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

– http://lerougelenoir.fr –

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Julien Lamassonne double ses talents

La liste est longue de ses envies, de ses champs (chants!) du possible. Auteur, compositeur, arrangeur, interprète, et pour ajouter encore d’autres cordes à sa guitare, son instrument de prédilection, le voilà qui ne cache plus désormais ses envies de cinéma. Pas prioritairement pour s’exposer sur grand écran (on pourrait pourtant penser qu’avec un physique et un regard pareils, il n’aurait pas de mal à prendre la lumière) mais plutôt pour passer derrière la caméra. Ecrire, sa grande passion. Réaliser, un chemin pour son futur. Mais il ne perdrait pas de vue pour autant la musique, fil conducteur de sa vie. Car tant qu’à composer avec le rêve, il se verrait bien pouvoir enfin sortir cet album espéré depuis longtemps. Un album qu’il défendrait avec passion, lui qui a si souvent mis sa voix et ses notes au service des autres.                                 unnamed

« Mes grands-pères jouaient du piano, de l’accordéon, du violon, mon père et mon oncle faisaient de la guitare et je me souviens de ma mère chantant « Memory », le plus célèbre air de Cats, d’une façon incroyable… Avec une famille pareille, la voie était toute tracée, il était clair que je serai musicien. A cinq ans, j’écoutais aussi bien Mozart, Carmen que Maxime Leforestier, à treize ans, j’écrivais mes premières chansons. J’ai appris le piano par évidence, la guitare… presque par nécessité car c’était quand même plus facile à transporter, » sourit Julien Lamassonne.

Led Zep, Lenny Kravitz sortaient des riffs qu’il reproduisait avec un bonheur indicible alors après une année de fac option cinéma, il décide de mettre la musique en accord majeur. Débute un grand marathon des bars parisiens, la meilleure des écoles pour accrocher un public pas toujours attentif, l’apprentissage de l’humilité, une formation incomparable. «Pour moi, ça a été un vrai déclic. J’ai découvert des émotions, appris à composer avec toutes sortes de spectateurs, connu des échanges incroyables. J’ai aussi constaté que le plaisir ne me quittait pas, ce qui me confortait dans mes choix.»

En 2003, des copains l’informent qu’un producteur est à la recherche d’un artiste pour interpréter le générique d’un dessin animé. Ni une ni deux, Julien Lamassonne obtient de passer les auditions. De grands talents sont en concurrence… Mais c’est lui qui décroche l’enregistrement de « Code Lyoko ». La série de science-fiction a fait les belles heures de France 3 et de Canal J. Le générique est resté dans les mémoires de tous les fans du dessin animé.

En 2006, par un entrelacs de raisons diverses, lui, le parisien, se retrouve à représenter… la région Charente-Maritime afin de sélectionner le chanteur représentant la France à l’Eurovision. Il passe sans encombre toutes les étapes et figure dans le dernier carré lors d’une grande émission diffusée en direct sur France 3. « Ca peut surprendre, ça peut ne pas être compris… mais je ne voulais pas gagner ! Je sentais que ce truc là n’était pas pour moi et je me disais « pourvu que les gens ne votent pas pour moi!! » J’ai fini troisième et sincèrement ravi pour celle qui avait obtenu les faveurs du public. L’Eurovision, en tout cas à l’époque, franchement ce n’était pas très rock’n roll! »

On retrouve alors Julien Lamassonne à l’affiche de « Sol en Cirque », l’adaptation pour la scène du conte musical écrit trois ans plus tôt par Zazie, Vincent Baguian et Jean-Marie Léau, au profit de « Sol en Si » (Solidarité Enfants Sida), album qui avait connu un gros succès grâce à une belle brochette d’artistes (Cabrel, Maurane, Souchon, Le Forestier, Jonasz, Zazie elle même… ). Passionné par ce projet qui intègre de nouveaux interprètes, il avait passé le casting avec succès et décroché le rôle du zèbre, aux côtés d’ Ariane Pieri, de David Ban (pilier de nombreux spectacles, futur Portos des « Trois Mousquetaires », au Palais des Sports de Paris en septembre prochain). Le spectacle est magnifique, malheureusement la tournée s’arrêtera brutalement après la mise en liquidation de la société de production. « Le producteur a coulé le truc et c’est franchement dommage. L’aventure était belle, généreuse et aurait pu se poursuivre bien plus longtemps sans ces agissements regrettables. »

Jamais à court d’envies, Julien Lamassonne se recentre alors sur sa carrière de musicien. Il prête ses talents à de nombreux enregistrements, accompagne Sébastien Roch, le groupe MontparnassE (dont il arrange, dirige et réalise certains titres avec Emma Piettre au violoncelle), MontparnassE encore qu’il accompagnera quelques années plus tard pour la bande originale du « Coeur des Hommes 3 », de Marc Esposito. Il collabore aussi avec Calogero lors de l’enregistrement de la BO de « Mon Pote ».

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En 2007, avec la violoncelliste Emma Piettre, il monte le duo « Arthélie ». Un an plus tard, ils s’inscrivent au casting de « Stations Music », concours ouvert aux artistes jouant dans le métro, organisé par W9. « Il faut sans doute un peu de culot pour se poser dans un couloir et se mettre à jouer mais le métro est un passage qu’ont empreinté de nombreux musiciens. On apprend vite à repérer les bonnes stations, les horaires porteurs, 7h-9h et 17h-20h. Sur le grand nombre de candidats en lice, nous avons fini quatrièmes à l’issue d’une émission diffusée en direct sur la chaîne. Le drame de ma vie ces résultats pied de podium, » lance t’ il comme une boutade… Mais derrière le rire, on entend bien les notes désabusées.

« En 2010, j’avais participé à « X Factor ». Après la vague de sélections-éliminations au niveau national, j’étais arrivé dans les soixante dix derniers. Ma reprise de « Muse » avait séduit… Mais l’aventure s’est pourtant arrêtée là. Même chose avec « La Nouvelle Star ». Ma reprise de « Ziggy Stardust » a recueilli des commentaires enthousiastes mais ça n’est pas passé. Joies et mystères de ce métier… »

Repéré par Bruno Berbérès, le fameux « Monsieur Casting », l’homme de l’ombre à qui l’on doit une grosse part du succès de l’émission « The Voice » et des meilleures comédies musicales, Julien Lamassonne endosse alors le costume de l’Epouvantail dans « Dothy & le magicien d’Oz », la produite par Dove Attia  et Albert Cohen (dans laquelle figurent aussi d’actuels complices de « La Légende du Roi Arthur », David Alexis et Yamin Dib). Il répond ensuite à l’appel de Kamel Ouali pour «Dracula, l’amour plus fort que la mort », où il est la doublure de Julien Loko et Aymeric Ribot,

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« Etre doublure est assez particulier. Tu dois maitriser un rôle, voire deux, en ne sachant jamais quand tu devras les interpréter. Ni peut être même… si tu le feras un jour! Certains metteurs en scène le prévoient, d’autres jouent du peut-être, cela reste assez flou mais il faut entretenir la mémoire pour être prêt si le moment se présente. Je connais des chanteurs qui le vivent avec une certaine frustration. Je le considère plutôt comme une expérience supplémentaire, ce qui ne m’a pas empêché de demander à Dove Attia, qui m’a choisi comme doublure de Florent Mothe, rôle principal de « La Légende du Roi Arthur », si je ne pouvais pas être davantage utilisé. Il l’a compris, j’ai la chance d’avoir un solo et de jouer plusieurs personnages. J’en suis très heureux. J’ai remplacé Florent trois fois, notamment lorsque le spectacle a été nominé aux NRJ Music Awards. Je l’avais appris trois semaines à l’avance, ce qui restait confortable. Mais on ne peut pas demander à toute la troupe de troupe de revenir pour un filage intégral uniquement parce que la doublure va officier. Alors, il subsiste quand même une forme de stress, qui heureusement, n’exclut pas le plaisir. »

Le 25 Juin, la tournée s’achèvera. Exit l’Homme du Peuple, Urien. Remisés les costumes de la Table Ronde. Julien Lamassonne ignore encore le chemin qu’il prendra. Une certitude, les envies ne manquent pas. Celles conduisant au cinéma peut-être. Depuis plusieurs semaines, il exerce ses talents de réalisateur pour la web-série « C’est pas la bonne… », les aventures loufoques et très drôles imaginées (et jouées) par David Alexis et Yamin Dib, tournées entre deux représentations, sans vrais moyens mais qui commencent à bien cartonner et que l’on espère donc voir perdurer.

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« J’ai toujours été hanté par le cinéma. A vingt et un ans, j’écrivais mon premier court métrage et depuis trois ans, je m’y repenche plus sérieusement. Les techniques, les métiers, la façon d’écrire un scénario, le jeu du comédien, pour lequel j’avais déjà beaucoup appris avec Philippe Lelièvre, notre coach sur Dracula. J’ai suivi des stages de cascadeurs, par curiosité, parce que je me rêvais en super héros aussi. Au final, c’ est assez troublant, çà confronte à ses peurs… donc à soi-même. J’ai participé à des concours de courts-métrages aux thèmes imposés également, comme le fameux concours Nikon et ses « Je suis… » « Je suis un duel au sommet », « Je suis un choix », « Je suis un geste ». J’ai fini 36ème sur 1056, au classement du public. Ca donne envie de continuer! »

Julien Lamassonne a aussi tourné encore le pilote de « La vie rêvée », une très jolie série avec deux actrices, sur la vie réelle ou telle qu’imaginée par le grand public, de deux comédiennes. « J’explore, je découvre, je cherche. C’est passionnant. J’ai très envie de poursuivre la connaissance afin de pouvoir un jour faire le grand saut et tourner le film que j’ai en tête. »

En attendant, parce que sa voie trace le plus constant des chemins, Julien Lamassonne trouvera peut-être aussi la maison de disques qui lui permettra de signer pour l’album qu’il porte depuis pas mal de temps. Avec Emma Piettre, sa superbe compagne au violoncelle et aux choeurs, on se prend à imaginer ce que seraient ces titres. La reprise de « Délicate » de Damien Rice qui vient de leur permettre de figurer dans les dix finalistes du concours national « Il était une voix », organisé par la chaire de restaurants « Au Bureau », est un exemple éclatant. Avec leurs propres notes et ses histoires, lui le fin gourmet du mot juste qui a l’écriture en passion, avec sa seule voix ou leurs deux timbres mêlés, oui, on imagine et on se dit que le temps est venu qu’éclate enfin cet artiste encore trop méconnu. Aux Etats-Unis, où l’on n’emprisonne pas dans des cases réductrices, il crèverait l’affiche. En France, il détonne. Trop belle voix, trop belle gueule, trop musicien… Trop bien finalement ! Mais Julien Lamassonne veut rester confiant et il a raison. Il a la quarantaine (dans quelques jours) rugissante et il ne lâchera rien. Vienne le temps, sonne son heure !

Magali MICHEL.

Crédits photos tournage C’est Pas La Bonne & La Légende Du Roi Arthur // Sophie BRANDET.

Crédits photos autres // Cédric Desbonnet & Slimane Lalami.

 

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Fabien Incardona récolte les bonnes notes de sa détermination

Les télé-crochets ont été des concours de circonstances heureux permettant à Fabien Incardona d’entrer dans « La légende du Roi Arthur ». Si Méléagant ne décroche pas Excalibur, l’artiste lui a trouvé son public grâce à une voix exceptionnelle. Rencontre avec un auteur-compositeur, interprète qui n’a pas fini de surprendre.

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Depuis quelques semaines, le regard s’est souligné de crayon noir et donne à son regard vert une force supplémentaire. Un détail qui n’a pas échappé. Fabien Incardona ne prolonge pas hors scène les maquillages de Méléagant. Il n’a pas non plus été attaqué par la folie du personnage qu’il campe dans « La légende du Roi Arthur » depuis septembre dernier. C’est au contraire avec un sens aigu de sa carrière qu’il a entamé sa « mue ». La tournée de la comédie musicale s’achevant fin juin à Lille, celui qui a été l’une des grandes révélations du spectacle anticipe déjà l’après et se glisse dans les atours de celui qu’il sera au moment de la sortie de son album. En septembre si tout va bien.

Déterminé. Le qualificatif lui colle parfaitement. A six ans, Fabien Incardona glissait des cassettes dans son magnéto et lançait, sans doute possible, « je veux devenir une vedette! ». Vingt cinq ans plus tard, son parcours confirme qu’il ne s’agissait pas d’une lubie enfantine. Chanter, plus qu’une raison, une façon de vivre.

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« J’ai commencé à étudier le chant vers huit ans. Très jeune, je me suis produit sur scène. Toutes les occasions étaient bonnes pour apprendre. Et puis en 2006, j’ai eu la chance d’intégrer « Entrée des artistes », l’ émission-concours de Pascal Sevran et tout s’est accéléré. »

Quatre mille candidats pour dix huit places. Le challenge était beau mais Fabien Incardona avait l’envie en moteur. La voix était déjà remarquable, capable de décrocher toutes les notes, y compris les plus hautes. « Le programme, diffusé sur France 2, passait toutes les semaines. J’y suis resté six mois et j’y ai beaucoup appris. Le répertoire était celui de la chanson française la plus classique. Pascal Sevran, qui était un immense professionnel, était aussi très exigeant. Pas question de se rater! J’ai fini deuxième. De quoi me conforter encore dans mes envies de poursuite.» Il n’attendra d’ailleurs pas longtemps puisqu’on vient aussitôt lui proposer le casting de L’Eurovision. Michel Drucker à la présentation, Natacha Saint-Pierre, Charles Aznavour et Lara Fabian dans le jury. Même pas peur! Fabien Incardona fonce et se place deuxième. « C’est toujours à stress ce genre de concours, évidemment. Mais côtoyer des artistes de cette trempe, entendre leurs commentaires plus que positifs, a une fois de plus renforcé mes certitudes. Je ne me trompais pas de chemin! »

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Quelques mois plus tard, Gérard Presgurvic, metteur en scène de la comédie musicale « Roméo et Juliette, les enfants de Vérone », l’engage comme doublure pour la tournée asiatique et la reprise au Palais des Congrès de Paris. « L’expérience a duré six mois. On ne va pas se mentir, être doublure génère forcément des frustrations. Mais cela reste néanmoins un très beau moment. »

En 2011, Fabien Incardona quitte son Var natal pour Paris. Grand fan de Queen et des Doors, il devient alors la voix d’un groupe rock, « Gravity off », qui sortira un EP assez remarqué avec notamment « Purple and red » où sa voix fait des merveilles… et lui permet de se faire remarquer pour les castings de la troisième saison de « The Voice ». « Cela reste encore aujourd’hui un souvenir totalement incroyable. J’ai chanté « Wuthering Heights » de Kate Bush. C’est une chanson magnifique et assez difficile à interpréter. Comme cela était arrivé une ou deux fois depuis le début de l’émission, je n’avais pas été placé face aux fameux fauteuils rouges mais dans un cylindre de tissu. Du coup, le jury ne me voyait pas… mais je ne voyais rien d’autre non plus que ce rideau. A la fin, j’ai entendu le public hurler et applaudir avec enthousiasme. Je me suis dit, « c’est bon! » Et puis quand le rideau est tombé, j’ai vu qu’aucun ne s’était retourné. Le jury a beau m’avoir dit ensuite qu’il avait fait une erreur, ça a été une vraie douche froide. Un mélange d’immense incompréhension et de déception. Après… et bien il faut quand même avancer et ne pas rester focalisé sur cet échec! Il n’y a pas de chemin sans cailloux…»

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Le voilà donc essuyant les plâtres de « Rising Star », le télé-crochet dont M6 espérait beaucoup. Pas de fauteuils rouges cette fois mais un mur d’écran qui se lève en cas de succès. Fabien Incardona fera deux soirées, avec « Prendre racines » de Calogero et « SOS d’un terrien en détresse » de Balavoine. Dove Attia (producteur à succès de « Mozart, l’opéra rock », « 1789, les amants de la Bastille », pour ne prendre que les spectacles les plus récents) est devant sa télé. « Il me contacte et trois jours après, je suis face à lui. Il me parle avec cette passion qui lui est propre de sa prochaine comédie musicale, me dit qu’il me voit dans Méléagant, ce sombre personnage qui enlèvera Guenièvre, d’Arthur, joué par Florent Mothe, de cette légende de la Table Ronde et de Giuliano Peparini auquel il a confié la mise en scène… Qui n’aurait pas été convaincu ? J’étais sur un nuage. Les titres sont magnifiques. Après quatre mois au Palais des Congrès et quatre mois de tournée dans toute la France, je les interprète avec une envie intacte. Je m’autorise même parfois quelques notes supplémentaires. C’est le charme du spectacle vivant, rien n’est figé et on peut répondre aux attentes du public en se faisant plaisir. »

Entre les deux show de la journée, dans sa loge du Zénith de Nantes, Fabien Incardona est d’une disponibilité et d’un enthousiasme touchants. « Méléagant a quand même une personnalité de dingue. Sans mauvais jeu de mots. Il est torturé, complexe. J’ai longuement travaillé pour l’habiter tel que le souhaitait Giuliano Peparini. Nous avons tous énormément bossé le jeu d’acteur et pour beaucoup aussi, le maniement de l’épée. C’était une grosse pression, un rôle exigeant pour lequel j’ai du aller dans mes retranchements. Je n’en tire que des moments de bonheur. Il n’y a eu qu’un seul souci quand deux semaines avant la première, j’ai chuté en répétition dans une scène où je devais descendre en vitesse un escalier. Mes chaussures plateformes de treize centimètres m’ont trahi…. Une belle entorse. Une semaine d’angoisse et une légère modification prudente de mise en scène, rien de dramatique au final. »

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En juin pourtant, il faudra raccrocher l’épée. Fabien Incardona n’aura pas le temps de se laisser gagner par le vide laissé par la fin de la tournée, il sera en pleine finition de son album. « Je veux pouvoir en être fier, me dire qu’il me ressemble, que c’est bien celui dont je rêvais. Alors je ne fais aucune concession. Avec mon groupe, nous avions sorti un EP, réalisé grâce à MyMajorCompany. Plus deux-cents fans s’étaient associés au projet et avaient rapidement permis de récolter les 12000 euros nécessaires. Nous avons enregistré à Orléans et au bout d’un an, nous avions ces six titres,   toujours disponibles d’ailleurs sur les plateformes de téléchargements. « Change », le titre qui a donné son nom à l’EP a visiblement beaucoup plu. On a donné un concert à la Boule Noire, à Paris et ça a vraiment été une très belle date, un grand succès. Du coup, forcément, ça donne envie de revivre des moments aussi forts et ça exerce une petite pression. Il faut que ce soit à la hauteur de toutes les attentes, des miennes notamment! J’ai déjà plusieurs titres prêts et je poursuis avec Mike Dean, mon parolier, qui me connaît bien puisqu’il se trouve être aussi mon meilleur ami. Je trouve l’inspiration en Islande, pays qui m’est cher et où je reviens très souvent. Je me confronte à ces paysages exceptionnels, je me balade et je laisse venir les émotions. Je ne veux pas déflorer l’album alors je dirais juste que ça parlera de l’amour, de la vie… Ce sera très pop, avec une coloration indienne… je dois rencontrer des maisons de disques. Si tout va bien, la sortie se fera en septembre. En attendant, je travaille aussi mon look car nous sommes dans une société où l’image est primordiale. Je commence à me présenter tel que je me produirai sur scène. Je garderai ces bagues, souvenirs de mes voyages, ce collier, qui m’est cher. Et ce regard avec ce trait de crayon discret… J’espère que le public qui m’aimait dans « La Légende d’Arthur » me suivra dans ce nouveau chapitre encore plus personnel…»

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A priori, si l’on en juge par tous ceux qui l’ acclament et l’attendent après chaque représentation, Fabien Incardona a quelques raisons de rester confiant. Avec des compositions à la hauteur de cette voix incomparable, il décrochera lui aussi sa couronne.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET. 

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