France de Griessen: « Orphéon », un troisième opus rock, folk et ancré dans la nature

Quand certains sortent des albums avec la régularité du métronome (pour des raisons floues et  pas toujours artistiques), d’autres préfèrent vivre et puiser dans ce creuset l’encre de leur projet. France de Griessen a toujours été de ceux là. Mais ne vous fiez pas à ses apparences, la longue dame blonde a la guitare folk punk et surtout pas naïve. Quand le vécu n’échappe pas aux tourments, savoir que le roseau finit toujours pas l’emporter est un atout dans le jeu de la résistance. Et permet au final de livrer des albums d’une poésie et d’une force impressionnantes. Le troisième opus de l’auteure-compositrice-interprète belge est de ceux là.

Il s’appelle « Orphéon », mot qui sonne joli et qui interpelle. Alors on découvre que le mouvement des orphéons était un rassemblement festif de chorales, masculines à l’origine puis mixtes, non religieuses, composées de chanteurs de toutes classes sociales. Un mot qui va parfaitement à France de Griessen, elle, artiste par essence mais qui ne vivant pas dans une tour d’ivoire, milite au quotidien pour l’égalité, le respect des droits des plus faibles, la cause animale. « Ce mélange de joie de vivre, d’itinérance, de rassemblement populaire et de mixité pour faire voyager la musique…  C’est une idée forte qui a fait écho et forcément, je dirais presque par évidence, ce mot s’est imposé pour être le titre de l’album ».

Sept ans après « Electric Ballerina », trois ans après « Saint Sebastien » et ses courants  émotionnels très forts, le nouvel album de France de Griessen marque une sorte de rupture de ton. Bien sûr, il y a toujours cette voix reconnaissable, ce sens du verbe et ces histoires soigneusement contées. Mais il est frappé d’une évolution marquante dans la musique comme dans la production. La jeune femme souhaitait un disque qui reflète ses envies de percussions accrues, des sons organiques. Elle voulait créer un folk différent, proche de la nature. Elle a réussi au delà de ses ambitions.

« Pour ce nouvel album, j’ ai eu envie de quelque chose de plus tribal. Ce n’est pas de la« world music ». Je voulais réunir un maximum de percussions existantes et les utiliser avec la guitare folk comme s’il s’agissait d’instruments rock. Et que l’ensemble dessine un lien entre nous, les humains et les esprits de la nature.»

Il y a plusieurs années à Los Angeles, France de Griessen avait croisé Jamie Candiloro, réalisateur, musicien, percussionniste renommé, ingénieur du son, ayant travaillé avec R.E.M., Courtney Love, Willie Nelson notamment. « Je savais qu’il saurait parfaitement traduire mes envies. Alors je lui ai adressé quelques bandes démos pour vérifier quand même que mes idées lui parlaient. La synchronisation de nos agendas a pris du temps mais en deux séjours en Californie et dix jours chez lui au studio « Banana Chicken », nous avons réussi ces dix titres teintés de la couleur exacte que je leur souhaitais. Jamie Candiloro est un très grand ingénieur du son, une très belle personne. Je me sens réellement chanceuse d’avoir pu travailler avec quelqu’un comme lui. C’était une expérience très forte et unique car nous n’étions que nous deux. Je chantais , je jouais les guitares et quelques percussions. Jamie est derrière les percussions, la basse, la mandoline et divers autres instruments additionnels…

« Orphéon » est un album lumineux, inspiré, porteur de cet idéalisme dont ne se sépare jamais France de Griessen. Elle est une artiste « vraie », qui ne triche jamais et ne livrera jamais ses créations (elle a plein d’autres cordes à son talent, comme le dessin par exemple qu’elle décline en tous formats et expose régulièrement) que pour « trouver les gens pour qui ce que j’ai à partager peut apporter du sens, des émotions, une forme de beauté, de la poésie, une transformation. Car l’existence de ces personnes m’apporte autant en retour. La musique et l’art sont une expérience qui, lorsque nous tombons sur des artistes auxquels nous sommes sensibles, nous permet de comprendre « clairement des choses complexes », comme le précisent les dictionnaires. C’est une expérience unique, une transe salutaire. Quelque chose de magique. »

Certains la disent volontiers splendide héritière du punk dans sa signification la plus profonde. Sans doute. En « passeur », elle s’inscrit aussi dans la lignée de Bob Dylan, dans la musique comme dans les engagements, le rock en plus. Une sorte de folk sauvage mais parfaitement maitrisé. Un mouvement musical digne des meilleurs Orphéons.

Crédit photos // Richard Dumas.

A noter qu’ « Orphéon » (AAM Editions // disponible à partir du 20 avril), sous sa forme physique n’est pas un simple CD mais un superbe livre-disque (le livre largement illustré, de photos, textes, dessins et aquarelles est le carnet de route de cette aventure musicale ter poétique). Il sera disponible dans les librairies, les sites de vente en ligne et une sélection de disquaires. Pour sa version digitale, « Orphéon » est disponible sur Bandcamp.

– France de Griessen se produira en show case le 25 Mai à 18h, chez Gibert Joseph Music (34, Bld St Michel 75006 Paris) et d’autres rendez-vous sont prévus en avril et juin. Toutes les infos sont disponibles et mises à jour sur son site www.francedegriessen.com. – 

THE TEMPERANCE MOVEMENT AU FERRAILLEUR (NANTES) LE 2 AVRIL

Emmenés par le très charismatique chanteur Phil Campbell, les britanniques de « The Temperance Movement » et leurs mélodies mêlant country et pur rock avec une pincée de folk très anglais, seront en concert à Nantes (au Ferrailleur) ce 2 avril. Une date exceptionnelle à ne surtout pas manquer car leurs passages en France restent rares. Avant cette escale nantaise, il n’y a d’ailleurs que deux détours dans l’Haxagone, par le Rocher de Palmer (Cenon) le 1er avril et le Trabendo (Paris), la veille.

Sept ans que The Temperance Movement (autour de Phil Campbell, il y a aussi les guitaristes Luke Potashnick et Paul Sayer, et le batteur Damon) distille ses partitions si reconnaissables et les rangs de leurs fans ne cessent de grossir. C’est devenu un lieu commun de le signaler quand il s’agit de groupes de cette trempe mais il est évident que la scène est leur domaine et qu’ils ne sont jamais meilleurs que dans ces moments de proximité avec le public. A voir absolument.

Crédit photo // Rob Blackham.

PLEYMO EN TOURNEE FRANCAISE 

Le 29 Mars 2017, l’annonce avait déchaîné les enthousiasmes : Pleymo, groupe français de néo metal devenu mythique, allait se reformer et (mieux !) se produire en France, en Belgique et en Russie l’espace de quelques dates afin de célébrer les vingt ans du groupe. Succès immédiat et rush sur la billetterie, le concert du Trianon est sold out en quelques heures, un second passage parisien à l’ Olympia est organisé dans la foulée.

Véritables bêtes de scène, les six parisiens allient paroles savamment rappées à une musique bien vénère qui rappellent les plus beaux accords de Deftones ou Korn, un mixage détonnant qui a assuré leur succès jusqu’à leur séparation, laissant leurs milliers de fans dans l’attente de leur retour.

A force de l’évoquer vainement, certains avaient fini par ne plus y croire mais cette fois, Pleymo est bien de retour et prêt à en découdre. Enthousiaste, doté d’une envie de jouer à nouveau ensemble et de servir au public leurs meilleurs morceaux.

Sept villes ont été programmées dans l’hexagone, sept escales qu’il vaudra mieux ne pas manquer. Après Nimes (le 9 Mars), Villeurbanne (le 10), Ramonville (le 15), Cenon (le 16), Pleymo se produira à Nantes (Stéréolux) le samedi 17 Mars avant de rejoindre Lille (le 29), Strasbourg (le 30) et un final en apothéose à l’Olympia de Paris le 31.

Histoire de rajouter à la fête, Vegastar aussi reprend du service. Le quatuor français, entre rock, power pop, new wave et heavy metal, assurera la première partie.

Crédit photos: BERZERKER.

LE MONDIAL DU TATOUAGE POSE SON ENCRE DE 9 AU 11 MARS A LA VILLETTE

Plus de quatre-cent-vingt tatoueurs venus du monde entier, des concerts avec des artistes qui ont réservé leur sortie pour l’occasion, le Mondial du Tatouage, du 9 au 11 mars prochain à la grande halle de la Villette (Paris) promet une fois de plus des surprises et des moments uniques.

Les grincheux (ou les peureux) auront beau dire que la véritable originalité aujourd’ hui est de ne pas être tatoué, il n’en reste pas moins que les adeptes sont de plus en plus passionnés et les tatoueurs de plus en plus reconnus en tant qu’artistes, représentants cet art que l’on nomme « 10ème ». On dit d’ailleurs « mon » tatoueur comme on dirait « mon » médecin ou « mon » coiffeur. Il est ancré dans le carnet d’adresses, fait partie des repères et des personnes non interchangeables. Car un tatouage reste (a priori) gravé et à jamais marqué, il représente des moments de vie, des symboles, des rencontres, des joies ou des douleurs, un parcours. Alors sauf pour les « flash » qui réduisent un peu la part de créativité et surtout d’originalité puisqu’ ils se déclinent en série sur les bras ou les mollets, les tattoos sont des oeuvres à part entière, la traduction d’ une envie par un artiste en particulier, dont on aime la façon de faire, la finesse, le côté rock voire même l’humour. Logique alors que ces prestations représentent un coût, le tatoueur passant pas mal de temps avant le grand rendez-vous pour créer le dessin qui corresponde parfaitement aux attentes.

A la Villette, ce grand rendez-vous mondial devrait connaître le même succès que lors des éditions précédentes. Les 9, 10 et 11 Mars, ce sont plus de 35.000 visiteurs qui sont attendus, la plupart se pressant bien avant l’ouverture des portes pour être certains de repartir avec un tatouage de signatures légendaires réunis exceptionnellement pour l’occasion. Filipe Leu, Bill Salmon, Luke Atkinson, Kari Barba et pour la première fois lors de cette édition, Mark Mahoney.

Mass Hysteria.

Betraying the Martyrs.

Expérience insolite pour les novices, carrefour ultra attendu pour tous les autres, qui en profitent aussi pour découvrir les expositions, les séminaires, les dizaines d’autres surprises et bien sûr les concerts. Au programme de cette édition, Mass Hysteria, qui donnera vendredi 9 Mars l’ une des deux seules dates de l’année, en préambule à la sortie de son prochain album, annoncé pour la fin 2018. Le groupe phare du metal français a célébré ses vingt ans de carrière et n’ est pas prêt de s’arrêter. Avec « Matière Noire », ses musiciens ont même montré qu’ils n’en avaient peut être jamais eu autant sous le pied.

Autre groupe attendu le 9 Mars , Betraying the Martyrs. Les parisiens, qui suivent sans complexe leurs ainés de Gojira et trustent les scènes internationales, profiteront de l’occasion pour présenter leur nouvel album, « The résilient ». Avec le charismatique (et over tatoué) Aaron Matts au chant, le groupe offre un cocktail explosif parfaitement dosé.

Graveyard.

Black Moth.

The Red goes Black.

Samedi 10, les suédois de Graveyard présenteront leurs morceaux faits d’un étonnant mélange rock-blues-jazz et folk, librement inspiré de Black Sabbath, des Stones ou bien encore de Led Zeppelin. Ce sera leur unique date en France.

Autre groupe à l’affiche ce soir là, Black Moth, né de la scène underground de Leeds, influencé par la culture trash. présents depuis plusieurs années dans tous les festivals d’ Europe, ils présenteront leur nouvel album « Anatomical Venus ».

Pour le dernier soir, la scène sera laissé à The red Goes Black, groupe de rock nourri au son des Doors, des Stones ou bien encore de Muddy Watters. Le groupe sortira bientôt son nouvel album, concocté sous la houlette de Ryan Gilligan et Michael Brauer (une dizaine de Grammy Awards pour son travail avec Coldplay et John Mayer).

– Mondial du Tatouage, 9/10/11 Mars, Grande Halle de La Villette, Paris. www.mondialdutatouage.com –

Un 4ème jour et une 4ème tête d’affiche pour le Download Festival France !

Les premiers noms avaient fuité bien avant l’annonce officielle : Foo Fighters, Guns’N’Roses seraient de la fête. Puis avait été intronisé Ozzy Osbourne. De quoi attendre la suite avec impatience… en jetant éventuellement un regard sur l’affiche de la petite soeur madrilène. On pariait alors sur Marylin Manson, en pleine tournée mondiale. Bien vu! Mais ce qui n’avait pas été anticipé en revanche, c’est ce line up incroyable et cette surprise inattendue : le Download France ne se déroulerait plus sur trois jours mais sur quatre avec débord le lundi pour fermer le ban en apothéose avec les Guns ‘N’ Roses justement.

On peut lire et relire l’affiche, l’effet ne disparait toujours pas : le cocktail des talents qui se succéderont sur la base de Brétigny-sur-Orge pour cette troisième édition du Download français, du 15 au 19 Juin prochains, est la meilleure recette proposée depuis longtemps.

Underoath, les suisses d’ Eluveitie, Converge et leur punk hardcore que les scènes du monde entier s’arrache, Powerwolf, Ghost que l’on n’ espérait pas de retour sitôt dans les festivals et l’inoxydable et presque septuagénaire (il les fêtera en décembre) Ozzy Osbourne, « The Prince of Darkness » pour boucler la journée du vendredi… On a connu pire ouverture!

Ozzy Osbourne.

Autant être présent dès l’ouverture des portes le lendemain car sont déjà annoncés, While She Sleeps, qui aura fait un petit détour par Paris (à la Maroquinerie) en janvier, les Nantais d’Ultra Vomit qui jouent sold out à chaque date depuis la sortie de « Panzer Surprise », leur dernier album en date, et sont encore plus délirants avec leur metal parodique sur une grande scène, les excellents suédois de Meshuggah, Turbonegro, les norvégiens et leurs partitions entre punk, heavy metal et rock, The Offspring encore (on se souvient avec enthousiasme de la façon dont la bande de Noodles et Dexter Holland avait emporté le Main Square d’Arras en 2016) et enfin, Marylin Manson.

Marilyn Manson.

L’américain ne laisse personne indifférent, avec lui c’est passion ou détestation, pas de place pour les sentiments tièdes. Son dixième album studio, sorti le mois dernier et qu’il a co-produit avec Tyler Bates, est considéré comme l’un de ses meilleurs disques. La tournée américaine a été interrompue cet automne, un élément de décor (un pistolet) étant tombé sur l’artiste. Elle doit reprendre ces jours-ci, Maryline Manson ayant annoncé qu’il était impatient de revenir sur scène pour défendre « Heaven upside Down ». Quand on connaît son tempérament, on n’a pas de mal à imaginer ce que ce retour va pouvoir dégager en énergie.

Frank Carter.

The Hives.

Foo Fighters.

Dimanche, les Main Stages verront évoluer Wolf Alice, Frank Carter et the Rattlesnakes, qui a déjà trusté pas mal de scènes françaises l’an dernier et connu un succès impressionnant. Slaves, Dead Cross (où l’on retrouve le chanteur de Faith No More et l’ancien batteur de Slayer), les suédois de The Hives, toujours aussi élégants et maîtres dans l’art du « garage punk », avec leurs refrains comme autant d’hommages aux années soixante. Lors de la première édition française du Lollapalooza, sur l’Hippodrome de Longchamp, ils avaient fait chanter l’immense foule pressée devant eux devenue soudain immense chorale et piste de danse.

Ultra attendus par leurs milliers de fans déçus de n’avoir pu décrocher le précieux sésame pour leur récent concert à l’AccorHotels-Arena, les Foo Fighters auront l’honneur de finir la journée. Depuis vingt-cinq ans (déjà), Dave Grohl, l’ex batteur de Nirvana, n’a jamais rompu avec le succès. « Concrète and Gold », le neuvième album studio du groupe, est sorti en septembre. Dans une salle, les concerts du groupe sont toujours plus « confinés », ce n’est pas une facilité du genre de l’écrire car certains évoluent à l’identique quelle que soit la dimension de la scène. On sait que ce n’est pas le cas avec les Foo Fighters qui se livrent généralement à de véritables shows, portés par une set list hyper calibrée, lors de leur passage dans les festivals.

Guns ‘N’ Roses.

La grand’ messe du 3ème Download aurait pu s’arrêter là, l’affiche aurait été au delà de toutes attentes. Mais cette année, coup de poker imprévu, Live Nation, grand ordonnateur du Download offre à son festival une rallonge de taille, une quatrième journée bouclée par les Guns ‘N’ Roses ! Axl Rose, Slash et consorts repasseront par la France après leur Stade de France triomphal de cet été. Près de trente-cinq ans après leur formation, les américains n’ont jamais failli, allant jusqu’ à se classer parmi les meilleurs groupes de tous les temps.

Guns ‘N’ Roses est le seul nom à avoir été révélé pour ce jour « bonus ». Les surprises sont toujours les bienvenues mais l’essentiel semble quand même là et on n’en voudra pas aux groupes précédents de « porter » vers cet évènement qui bouclera le festival. Vous avez dit impatience ?

Magali MICHEL.

Crédit photos The Hives // Frank Carter & The Rattlesnakes // Sophie BRANDET. 

– Mise en vente des Pass 1,3 et 4 jours lundi 13 Novembre à 10h. www.downloadfestival.fr – 

Les belles histoires en « ACTE 1 » de Charlie Boisseau !

Il a pris son temps, plus de temps que prévu même probablement, mais cette fois Charlie Boisseau peut laisser s’échapper les treize titres d’ « Acte 1 ». Un premier album qu’il a enregistré avec passion, soucieux du moindre détail. En veillant à l’harmonie générale, il cherchait aussi à ne surtout pas se perdre de vue pour livrer un disque qui lui ressemble pleinement. Objectif largement réussi.

Alors que chaque dernière de comédie musicale laisse sur le sable des dizaines de chanteurs portés par l’espoir de livrer « leurs » compositions, certains se laissent tenter par les sirènes de labels qui, au final, ne leur donneront aucune carte blanche mais leur feront poser leurs voix sur des partitions écrites par les compositeurs maison… pour des paroles qui ne leur ressemblent en rien. Louis Delort (finaliste de The Voice, « 1789, les Amants de la Bastille ») a ainsi repris sa liberté et refusé de poursuivre avec un second album dans lequel il aurait  encore l’impression de se trahir. Le jeune homme a préféré s’éloigner et c’est sur la base d’un crowdfunding largement réussi qu’il peaufine actuellement ses prochains titres.

David Ban, auteur-compositeur-interprète vu, pour les plus récents, dans « 1789, les Amants de la Bastille », Flashdance » et « Les Trois Mousquetaires » a pris son temps, bénéficié d’un crowdfunding au succès spectaculaire puis veillé sur chaque étape comme un artisan entrepreneur pour sortir au début de l’été un disque magnifique, « L’ Alpagueur » qui n’obéit à aucune concession. Florent Mothe (« Mozart, l’Opéra Rock ») avait lui aussi souvent expliqué ne pas vraiment se reconnaître pleinement dans son premier opus. « Danser sous la pluie », sorti en 2016, n’a sans doute pas encore trouvé sa vraie destinée mais l’album porte de très beaux textes, c’est musicalement réussi et la réalisation est aussi moderne que léchée.

Dans ces torrents d’incertitudes qui charrient plus de désillusions que de succès, où le talent seul ne sert quasiment à rien, Charlie Boisseau a donc eu de la chance. Et c’est sans doute ce facteur là qui lui permet de faire la différence et livrer ce 6 octobre un premier album à son image, dans lequel rien n’a été décomposé pour copier-coller ce qui tourne en boucle dans les radios. Rien n’a été imposé, ni paroles ni musiques. Et cette opportunité là, exceptionnelle, c’est à sa rencontre avec Jeff Barnel qu’il la doit. Le compositeur de tant de succès (« Salma ya salama », « Mourir sur scène » pour Dalida, « Le géant de papier » pour Jean-Jacques Lafon, « Salut à toi l’artiste », pour Nicole Rieu lors de son passage au concours de l’ Eurovision 1975… Excusez du peu! et puis tant d’autres titres pour Ginette Reno, la grande star québecoise, Demis Roussos, Claude François, Marie Laforêt, Herbert Léonard…) l’a découvert tout bêtement en regardant la troisième saison de « The Voice » en 2014. Et il a  immédiatement cru dans le talent de ce jeune candidat encore un peu gauche, aidé de sa seule guitare mais laissant déjà voir tout son potentiel artistique grâce à une voix incomparable.

Trois ans de complicité et un passage de Charlie sous la cotte de maille de Lancelot pour la « La Légende du Roi Arthur » plus tard, la patience et le travail ont payé, le respect et l’amour réciproques de ces deux là ne se sont jamais démentis, bien au contraire. Ils pourraient être père et fils mais à les observer vivre, on dirait plutôt deux frères, deux amis qui se chicaneraient sans arrêt, le plus jeune sachant parfaitement ce qui fait réagir son aîné, lequel veille tel un Gemini Cricket sur le parcours artistique de son cadet aux allures de chien fou.

Ce soir de fin septembre au Réservoir, le club néo baroque de Paris, il le sollicite Charlie Boisseau son producteur-mentor. Stressé par ce show case qui livrera une huitaine de titres sur les treize que compte l’album, il veut que tout soit impeccable et s’inquiète du moindre détail.  Pas de quoi déstabiliser Jeff Barnel qui a trop vécu pour mettre à mal sa force tranquille. Même si son propre calme n’est qu’apparence, il tient le cap en souriant. Il sait que son protégé embarquera la salle.

Une heure plus tard effectivement, Charlie Boisseau et ses quatre musiciens ont été longuement ovationnés. Si certains titres forts comme « Perdue » (magnifiquement poignant, en toute subjectivité assumée) n’ont pas été de la partie, « La vie en deux », la bouleversante « Naufragé », «Aime moi moins fort» qui sous ses airs dansants permet de belles envolées vocales et bien sûr, «J’en ai des tas», le premier extrait largement plébiscité, ont reçu une ovation légitime. Mention spéciale également au deuxième single «Pourquoi tu t’en vas» (qui a même été rejoué dans une magnifique version piano-voix), qui marche déjà très fort.

Au milieu de ses musiciens, seul au piano ou avec  sa guitare, Charlie Boisseau aime la scène et cela se voit. Il a gagné en maturité pendant la réalisation de son album, affirmé sa voix. Les mois de comédie musicale lui ont donné une autre aisance et il n’hésite pas à bouger davantage (ce n’est pas encore suffisant pour « Danse avec les Stars » mais en bossant encore un peu le jeu de jambes, ça peut se tenter). Souriant. Toujours. Un peu rassuré peut être aussi par ces échos largement positifs.

« C’est vrai que la date de sortie initiale a été repoussée, pour des raisons multiples, des choix de réalisation, des hésitations sur le nombre de titres. Mais avec le recul, je pense que ce parcours a été nécessaire et a permis cet « Acte 1 » dont je suis très fier et très heureux, » commente Charlie Boisseau au lendemain de son concert. « Les show cases que nous avons faits cet été, ce concert hier soir qui était en quelque sorte ma première date parisienne, ont permis de voir les réactions des spectateurs, les morceaux sur lesquels les gens semblent le plus accrocher. C’est toujours très émouvant de voir un public reprendre tes chansons. Tous les chanteurs font ce métier pour connaître ça. J’ai hâte désormais que l’album sorte. Et que la tournée se mette en place. »

« C’ est vrai que j’ai eu de la chance. Jeff (Barnel) m’a appris énormément. Il me fait confiance dans mes choix, il se passionne et quand je suis au piano, que je fredonne en yaourt, je le voix parfois surgir de la pièce voisine et dire « enregistre, enregistre! » Cet enthousiasme est tellement positif, un appui incroyable. Lorsqu’il est sceptique, je peux hésiter mais je me range souvent de son avis car son expérience et ses qualités de musicien sont incontestables. Comme j’écris énormément, parfois trois chansons par jour, savoir faire le tri entre ce qui mérite d’être conservé ou pas, n’est pas toujours simple. Mais Jeff est là qui veille! » lance le jeune homme en riant.

Il écrit, il compose et… il chante Charlie Boisseau. Lorsqu’il évoque ceux qui l’inspirent, ce qu’il écoute dans son ipod ou à la radio, il traduit en chantant. Que ce soit Slimane, Big Flo et Oli, Ben Mazué, Aliose ou Julia Michaels, il fredonne leurs refrains. Spontanément. Puis conclut par un «j’adore!» enthousiaste.

Plus que quelques heures et les trois coups d’ « Acte 1 » résonneront. Les treize titres jouent la diversité des émotions comme des rythmes et composent un album équilibré, plein de toute la personnalité de son auteur. « Jonathan » qui aborde le thème de la transplantation cardiaque,  «Naufragé», superbe et ô combien d’actualité sur la question des migrants, « Perdue », entendue avant l’album dans une version piano-voix mais trouvant ici un autre magnifique habillage à la guitare, il est bien difficile de dire ceux qui visent le plus fort. Si chacun aura ses préférences en fonction de ses sensibilités (comment ne pas citer « A contre amour »?), il en est une qui devrait mettre tout le monde d’accord et signe le tube en devenir, c’est « Rien ». Et ce rien là est énorme. Lever de rideau le 6 Octobre, « Acte 1 » sera alors dans les bacs, avec une surprise à la clé: l’annonce d’un concert à l’Alhambra (Paris) le 28 mars prochain.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– Pour réserver vos places pour le concert à l’Alhambra, Paris: http://www.alhambra-paris.com/charlie-boisseau – 

LE FESTIVAL LOLLAPALOOZA DEBARQUE CET ETE A PARIS

Paris deviendrait-elle le dernier spot indissociable de tout festival de renommée mondial? Après le Download qui a désormais sa version française depuis l’an dernier, c’est au Lollapalooza de venir squatter l’Hippodrome de Longchamp les 22 et 23 juillet prochain. Deux jours de pure folie avec des artistes aussi prestigieux que les Red Hot Chili Peppers, Lana Del Rey, Imagine Dragons ou encore London Grammar.

Unanimement considéré comme le plus grand festival du monde avec plus de 120.000 spectateurs par jour, le Lollapalooza, mis en place en 1991 par Perry Farrel, le charismatique leader des Jane’s Addiction,  réunit chaque été plus de 120.000 spectateurs par jour. En stand by entre 1998 et 2003, le rendez-vous ne cesse de se développer depuis son retour. Le succès est tel que la formule s’est exportée au Chili puis à Sao Paulo au Brésil en 2012, puis encore à Buenos Aires en Argentine en 2014. L’ essaimage européen débuté par Berlin, voilà deux ans, se poursuit donc par la France. Et c’est assez logiquement Paris qui a été retenu.

The Weeknd.

Imagine Dragons.

London Grammar.

L’idée est bonne puisqu’outre la forte attractivité de la capitale, aucun autre évènement majeur ne vient se mettre en concurrence à cette même date. Il y a bien la possibilité d’un gros concert au Stade de France mais une date, un artiste seul, ne suffiront pas à jouer les trouble billetterie. Les organisateurs ont de toutes façons mis toutes les chances de leurs côtés avec une affiche exceptionnelle réunissant une cinquantaine d’artistes qui se succéderont durant tout le week-end sur les quatre scènes. Une programmation large mais haut de gamme pour séduire tous les publics.

Red Hot Chili Peppers.

Lana Del Rey.

Dj Snake.

 

La preuve : Samedi 22 juillet, place sera offerte à The Weeknd, Imagine Dragons, London Grammar, The Roots, The Hives, LP, Martin Solveig, Tchami, Skepta, Glass Animals, Milky Chance, Kaleo, Yellow Claw, Oliver Heldens, Crystal Fighters, Jauz, Joyride, Bear’s Den, Black Tiger Sex Machine, Tiggs da Author, Anna Kova, Jeremy Loops, Max Jury, Moksi et Cinnamon.

Dimanche 23 Juillet, après DustyCloud, Henri PFR, Tess, Don Broco, Oscar and the Wolf, Seasick Steve, Tom Odell, Nightmre, Slushii, Alan Walker, Don Diablo, Rival Sons, Walk off the Earth, La Femme, Editors, Liam Gallagher créera l’évènement, suivi par les français de IAM, Mashmello, les Pixiers, Alt-J, DJ Snake, la très rare Lana Del Rey et les Red Hot Chili Peppers.

Live Nation, grand ordonnateur de ce premier Lollapalooza français a fixé le billet journalier à 79 euros. A longchamp, avec un line up aussi recherché, le galop d’essai s’annonce gagnant.

M.M.

– Plus d’infos sur www.lollaparis.com et www.facebook.com/lollapaloozafr/ –