Golan Yosef réussit son grand écart : premier EP prometteur

Un CV artistique à faire renoncer la concurrence, un physique de mannequin, un cerveau en constante réflexion, une gentillesse naturelle… la vie parfois livre ses cadeaux par brassées. Certains trouvent le moyen de faire la fine bouche et tentent de persuader que ce sont des cadeaux empoisonnés qui brident leur crédibilité. Pas lui, qui prend les choses avec un naturel déconcertant, ignore les éventuels coups bas et n’avance qu’à coup de passion et d’énergie positive. Après des années à squatter le haut des affiches en tant que danseur, c’est comme auteur-compositeur-interprète que Golan Yosef va poursuivre le chemin. Et le premier morceau augure d’un avenir lumineux.

Des années qu’il attendait ce moment, celui de se poser et de pouvoir présenter ses propres créations, ses musiques, son univers mais le tourbillon de sa vie l’avait entraîné sur les scènes du monde entier et c’est en tant que danseur que le jeune homme avait été applaudi.

Né voilà 36 ans d’une mère néerlandaise et d’un père israélien, Golan Yosef a enfilé ses premiers chaussons à l’âge de six ans et quatre ans plus tard, il intégrait l’Académie Nationale de Ballet d’Amsterdam d’où il ressortira diplômé en 2001. Durant cette période, il participe à de nombreux spectacles, est sélectionné pour le Concours de l’Eurovision des Jeunes Danseurs (il permet aux Pays-Bas de se classer à la 3ème place). Il rejoint ensuite les rangs du Scapino Ballet Rotterdam puis ceux de la Compagnie « Ballet des Jeunes d’Europe » avant de partir à Barcelone pour la très prestigieuse compagnie « Metros », dirigée par Ramon Oller. Le jeune homme y restera trois ans puis signera avec le Ballet national de Marseille, période durant laquelle il décrochera également le 1er prix de danse en solo du « Tanz Festival » de Stuttgart. 

Un parcours impressionnant, jalonné de récompenses, mais c’est avec un film que Golan Yosef verra soudainement sa popularité grimper. En 2006, il devient Joaquin dans les « Cheetah Girls 2 », une production Disney Channel, un rôle où il peut montrer ses dons pour la danse mais également pour la comédie. Le téléfilm est un succès planétaire. Diffusé pour la première fois aux États-Unis en août, il fait un carton en France à la fin de l’année. Les fans qui suivaient les aventures de Raven Simone et ses copines new yorkaises ont le coeur qui s’emballe pour Joaquin, le bel amoureux de Dorinda, la passionnée de danse. « C’est assez incroyable ce qui s’est passé à ce moment là », se souvient Golan Yosef. « Tu travailles depuis des années avec chaque jour une discipline nécessaire pour que ton corps ne te lâche pas, tu fais des concours qui te ramènent des prix et cela te fait plaisir et la célébrité, ce n’est pas du tout un truc auquel tu penses. Et puis soudain, il suffit d’un téléfilm pour que tout s’accélère. »

Un passage par le Cadar Lake Contemporary Ballet de New York et un rôle dans un film de l’espagnol Albert Espinosa plus tard, Golan Yosef est en effet appelé (via Facebook!) par Kamel Ouali pour passer le casting du rôle titre de « Dracula, l’amour plus fort que la mort », aux côtés de Nathalie Fauquette, Ginie Line, qui s’était déjà illustrée dans « Les 10 Commandements » et Anaïs Delva, entre autres. « Cela a été une expérience incroyable. Dracula était un rôle passionnant à jouer. En tant que danseur, c’était une très très belle aventure. » Après des mois au Palais des Sports de Paris et une tournée en province, Dracula range sa cape. Golan Yosef aura gagné le coeur d’un public désormais mordu !

La suite, c’est un film américain de science-fiction, « L’agence », réalisé par George Nolfi puis une nouvelle comédie musicale, « Love Circus », à l’automne 2014. « Pour la première fois, je pouvais aussi chanter donc c’était particulièrement attirant pour moi. Ça me permettait de faire ce que je voulais pour la suite, ne plus être uniquement danseur. » 

Décidément chouchou des metteurs en scènes de comédies musicales, Golan Yosef rejoindra ensuite les rangs de « Cats », à Mogador. Il y campe Rum Tum Tugger, le chat exubérant et éternel séducteur et peut là aussi allier le chant à la danse. Puis il devient Duc de Buckingham dans « Les Trois Mousquetaires » à partir de la rentrée 2016. Le spectacle est haut en couleurs, porté par une distribution forte (Damien Sargue, « la personne la plus gentille que j’ai croisée dans ce métier », Christophe Héraut, David Ban, Victoria Petrosillo) mais la mise en scène a des partis pris étonnants, des raccourcis dans l’histoire mais surtout une exploitation des danseurs bien trop réduite (notamment quand on a avec soi un talent comme celui de Golan Yosef). De quoi générer de belles frustrations, de la part du public et on l’imagine, sans doute aussi du côté des interprètes.

« Je ne suis pas pour les critiques une fois les choses finies mais c’est vrai que c’était dommage. Tous les danseurs ont été assez peu sollicités et nous n’avons jamais bien compris pourquoi.  Une chose est sûre, quand la dernière a été donnée, je me suis dit qu’il était temps que je me pose et que j’avance mon projet dans la musique. C’est difficile de se réaliser quand on est un artiste pluridisciplinaire mais j’ai senti que c’était le bon moment. J’avais toujours composé, écrit des poèmes, des petites histoires devenues des chansons, composé des mélodies. La musique était une sorte d’amant secret que je n’avais plus envie de cacher. J’avais envie de montrer mon univers, qui j’étais vraiment. »

Perfectionniste, marqué par ses années de dur apprentissage de la danse, Golan Yosef ne fait rien en amateur. Lorsqu’il bosse, c’est à fond. Avec Nathalie Dupuy, qui fut sa coach vocal sur « Dracula » (Nathalie Dupuy oeuvre aussi depuis longtemps aux côtés des candidats de The Voice, sur TF1, après avoir travaillé sur la plupart des comédies musicales à succès de la dernière décennie), tout d’abord. Puis avec Steve Kalfa aux « Ateliers de l’Ouest », auprès duquel il améliore encore son jeu d’acteur, à l’AID, où dans une section ouverture pour des artistes déjà confirmés, il suit pendant un an des ateliers d’écriture. « Il fallait que je fasse le tri, presque le vide. Que je prenne le temps de redevenir presqu’un enfant. Je me suis imprégné de tous ces apprentissages si riches et j’ai beaucoup progressé. »

De sa jeunesse dans un quartier populaire d’Amsterdam, où la musique jouait la mixité et ignorait les frontières, auprès d’une mère qui écoutait aussi bien Brel que Bruel, les Beatles ou Paul Simon, Golan Yosef a conservé une ouverture d’esprit, une curiosité tous azimuts. Mais ce qu’il « aime entendre n’est pas forcément ce qu’il écrit. (…)  J’ai beaucoup écouté de hip hop et j’ai été un fan absolu de Michael Jackson car il y avait tout chez lui, la musicalité, la danse. J’ai appris la guitare assez jeune et j’ai toujours eu cet instrument près de moi lorsque je parcourais le monde. Ce n’est que beaucoup plus tard que je me suis mis au piano. J’adore les musiques qui balancent mais ce que je compose est différent. Je dirais que selon les morceaux, c’est pop-rock ou pop-folk. Une émotion, une pensée ou bien encore une voix suffit parfois à inspirer une chanson. »

«  « Girl You’re Free », le premier extrait de mon futur EP, est venu très rapidement. Je l’ai écrit en une heure, de façon très fluide. C’est une chanson qui parle de la femme, libre d’aimer sans appartenir, libre de réaliser ses rêves et d’exprimer ses sentiments à voix haute ou de partir en voyage sur un coup de tête. On vit dans un monde où il est essentiel de se sentir le plus libre possible et ce n’est pas normal de savoir qu’aujourd’hui des femmes sont oppressées. J’avais envie de faire passer ce message et de le partager à un maximum de monde. Je suis heureux de tous les retours positifs que cette chanson provoque. Si elle peut apporter du positif dans la vie de tous les jours ou même, changer la façon de regarder les femmes et l’amour alors je serais le plus heureux… »

« J’ai hâte de voir ce que donnera la suite. Cela fait cinq ans que je travaille sur cet album et je voudrais que l’EP, qui viendra tout d’abord, me présente tel que je suis, qu’il soit en anglais et en français car dans ma vie, je mélange les deux au quotidien. Il y aura aussi probablement un titre où les couplets seront en français et le refrain en hébreu car ce sont aussi mes racines. Pour toutes les chansons en tous cas, je veux que les mélodies soient fortes et que l’ensemble soit positif, même s’il existe un peu de nostalgie. »

Pour cette nouvelle aventure, Golan Yosef a su s’entourer. On trouve à ses côtés Damien Silvert, coach vocal pour de nombreux artistes et sur de nombreux spectacles (il était de l’aventure des « Trois Mousquetaires ») et Manuel Larrouy, auteur-compositeur, rencontré au Studio des Variétés, qui a permis d’affiner la direction musicale. C’est lui qui a signé les arrangements de « Girl You’re Free ». « Jusqu’à présent, tout a été autoproduit. J’ai eu la chance d’avoir près des moi des gens qui ont cru en moi, ce qui est déjà beaucoup, et qui ont eu envie d’accompagner mon projet. Mais je n’ai pas envie de faire partie de ces gens qui travaillent avec des amis et qui ne les paient pas. C’est trop facile aujourd’hui de solliciter des techniciens ou des artistes et de ne pas les rétribuer. Je m’y refuse. C’est pour cette raison que j’ai lancé un crowdfunding, avec des contreparties exclusives. Il permettra de réaliser le clip de « Girl You’re Free » avec des artistes de la région parisienne. Des danseuses de tous horizons et de tous âges que j’admire et peut-être moi comme un clin d’oeil, rien n’est encore définitif. Les repérages ont déjà été effectués, le réalisateur est en Australie mais il va largement contribuer et diriger notre cinéaste sur place. Je suis très impatient… »

Durant le confinement, Golan Yosef, discret et réservé par nature, a beaucoup échangé sur les réseaux sociaux. « J’ai été surpris comme tout le monde car je ne m’attendais pas à cet arrêt total. Je venais de finir une session de mannequinat, un film dans lequel je devais jouer a été reporté à une date encore inconnue, c’était un moment assez bizarre (…) Avec les fans, on s’est apporté un réconfort mutuel et j’ai trouvé ces moments assez incroyables. J’étais d’autant plus touché qu’avant cela, je pensais que les gens étaient fans des personnages que j’interprétais et vraiment pas de moi. J’ai hâte de les retrouver lorsque sera venu le temps des concerts. En juillet sortira une deuxième chanson puis l’EP à la fin de l’été. Dans un monde idéal, j’aurais une équipe autour de moi qui gérerait toute l’intendance, tout ce qui n’est pas artistique car faire des choix, trouver des partenaires, cela prend beaucoup de temps. Mais je n’ai pas envie de me plaindre. Je suis sur le chemin que j’ai eu envie de suivre. Les premiers échos sont ultra positifs. Alors je me dis que j’ai de la chance. » De la chance, sans doute mais surtout d’incroyables atouts dans son jeu. Quand on a ce physique là, cette bienveillance, cette voix et ce sens du rythme, un talent qui frôle la provocation à force d’évidence, comment imaginer que le succès pourrait échapper? Golan, you’re free!

Magali MICHEL

Crédit photos par ordre d’apparition // Luizo Vega, Kriss Logan, Monsieur Kay, Cedar Lake, Roberto Frankenberg, Cats, Monsieur Kay, Luizo Vega, Monsieur Kay, Kriss Logan.

Pour télécharger Girl You’re Free: https://music.apple.com/fr/album/girl-youre-free-acoustic-version

Pour participer au Crowdfunding: https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/ep-golanyosef

– Pour suivre Golan Yosef: facebook // instagram

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