La SACEM rétribuera les lives sur internet

Depuis la fermeture des salles de plus de mille personnes et la mise en place du confinement à la mi-mars, les artistes ont cherché à rompre le silence et conserver le lien avec leur public par le biais de lives sur les réseaux sociaux comme Instagram ou Facebook ou sur internet, directement sur Youtube. Des rendez-vous recherchés qui ont même donné aux organisateurs des idées. C’est ainsi que le Printemps de Bourges s’est réinventé à travers un « Printemps imaginaire ». Il y a eu aussi le Festival « Je reste à la maison ». Les enfants n’étaient pas oubliés, Aldebert et son « Tour de la Maison » régulier organisait de belles récréations après les cours faits par papa-maman. Chacun y est allé de sa note. Le violoniste virtuose Renaud Capuçon a offert chaque jour des minutes assez exceptionnelles. D’autres, comme Tryo, l’ont joué « chorale » grâce à un savant mixage d’écrans et des réalisations bien ficelées. Si ces minutes égayaient un moment totalement imprévisible, elles ne devaient pourtant pas faire oublier la crise que traverse le monde de la culture. La scène française est totalement à l’arrêt et n’a aucune date de sortie de tunnel.

La SACEM a pris conscience du phénomène et décidé la mise en place d’une « rémunération exceptionnelle de droits d’auteurs spécialement adaptés à la diffusion de livestreams ». Elle a signé des accords avec Google et Facebook. Jusqu’à présent, les mastodontes du web ne disposant d’aucun outils pour totaliser les lives (ou même seulement les reconnaître), l’affaire était complexe et ne retenait que les sons « enregistrés » pour lesquels Youtube, Instagram et Facebook versaient les droits normaux à la SACEM. Cette dernière, face à la multiplication des lives a décidé de faire bouger les lignes et de leur reverser une partie des droits reçus. 

Les adhérents de la SACEM pourront donc déclarer les lives musicaux qu’ils ont organisés depuis le 15 mars (et jusqu’au 10 Juillet au moins, date connue à ce jour de fin d’état d’urgence sanitaire). Les droits seront calculés selon deux critères : le nombre de vues et la durée de la prestation. Les tarifs se colleront à ceux d’un concert gratuit dans une petite salle auxquels s’ajouteront ces nouvelles « variables » que sont les nombres de vues. Concrètement, d’après les premiers éléments connus, le live d’un seul morceau rapportera 10 euros (minimum), une prestation, 46,35 euros jusqu’à 20 minutes, 76 euros au delà. Et il faudra ajouter 0,001 euro par vue (tarif qui est déjà celui des vues sur Youtube).

Enfin, comme c’est toujours le cas avec la Société des Auteurs et Compositeurs, si la personne qui interprète un titre n’est pas celle qui a écrit ou composé, c’est cette dernière qui percevra les droits. Mais de toutes façons pas avant 2021. 

Reste à savoir si ces nouvelles dispositions perdureront. Ce serait assez légitime. Le président de la République invitait récemment les artistes à se « réinventer » et prônait l’idée des « captations »… Les rémunérer semblerait donc logique.

M.M.

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