Un mois de festival à vivre depuis chez soi : le Ferrailleur ambiance le confinement

La pandémie ayant confiné la moitié de la planète et mis à l’arrêt toutes les activités non nécessaires, le virus jouant sans doute avec un temps d’avance pendant, hélas, encore plusieurs semaines, nul besoin d’avoir appris à lire dans le marc de son expresso pour deviner que les rassemblements ne sont pas pour demain. Qu’il s’agisse des plus courus comme le Hellfest à Clisson (et d’ailleurs Ben Barbaud, son fondateur, l’évoque déjà depuis plusieurs jours), les Vieilles Charrues à Carhaix (où le staff ne cache pas son inquiétude) ou bien la Nuit de L’Erdre, à Nort-sur-Erdre (où l’organisation affiche son pessimisme et réclame d’urgence une prise de position claire du Gouvernement). Les Francos de La Rochelle n’ont encore pas communiqué, imaginant peut-être que juillet les plaçait encore à distance plus favorable. Il est vrai que son premier responsable, Gérard Pont (Morgane Production) qui veille également sur le Printemps de Bourges, reste probablement refroidi par la suppression de l’édition 2020 du festival berrichon. 

Dans ce flou bien peu artistique, il en est qui revendique leur maintien coûte que coûte, estimant que la casse serait trop sévère financièrement. C’est le cas du Motocultor (Saint-Nolff) par exemple, organisé à la mi-août ou Solidays, fin juin, qui appuie sur la nécessité de la manifestation organisée sur l’Hippodrome de Longchamp, pour continuer sa mission elle aussi sanitaire. 

Reste que ce fichu Covid-19 et son scénario à rendre gentillet le plus imaginatif des films d’horreur a tout détruit sur son passage. Et que tous les secteurs de l’économie vont être lourdement impactés, la culture payant elle aussi son lourd tribu dans le domaine. Doit-on pour autant précipiter les choses, penser finances avant santé, la jouer perso plutôt qu’intérêt collectif? Peut-on décemment (à supposer que les temps de montage et de mise en place aient pu rester dans les clous) voir se masser des centaines, des milliers parfois, de spectateurs au pied des scènes alors que le corps médical mondial lutte et rappelle que faute de médicaments, la distanciation sociale reste la seule et unique protection contre la maladie? Quel organisateur pourrait refuser de l’entendre et laisser naître dans les jours qui suivent un cluster aux conséquences dramatiques? Afin de ne pas laisser le champs libre aux doutes, on peut imaginer que les décisions gouvernementales mettront fin aux débats et que les travées des festivals ne laisseront pas résonner le chant de la désolation.

Dans l’attente, et pour ne pas rester silencieux durant cette période assez anxiogène, où la solitude (même à plusieurs) finit par booster la déprime, les initiatives se sont multipliées. Des lives ont fleuri sur les réseaux sociaux, des concerts aux balcons se sont mis en place, des festivals ont même vu le jour comme le #festivaljerestealamaison, ce festival organisé du 1er au 7 avril avec des concerts pour enfants de 16h à 17h, suivis d’une quinzaine de prestations chaque soir, avec des artistes aussi divers que Yael Naïm, Julien Granel, Oxmo Puccino, Silmarils, Didier Wampas, Aldebert. Un superbe élan collaboratif et des concerts « comme si on y était », chaque soir sur Facebook.

A Nantes, c’est le Ferrailleur, l’une des salles chéries du public, qui a eu envie de maintenir le lien avec ceux qu’elle ne peut plus accueillir dans son antre du quai des Antilles. Avec les studios Bellarue 17, ses dirigeants ont imaginé un « Ferrailleur à la maison », autrement dit, la diffusion de live exclusifs enregistrés pour une grande partie d’entre eux, à l’occasion de ses 10 ans, en mai 2017. Avec de jolies têtes d’affiche et de beaux souvenirs pour tous ceux qui étaient là voilà deux ans, de belles surprises et des découvertes pour les autres. « Le Ferrailleur à la maison » s’égraine jusqu’au 3 Mai, à 18h sur Facebook (à noter que le replay du concert de No One est déjà dispo sur : bit.ly/Replay/NoOne. Il sera dispo jusqu’à la fin du confinement, tout comme celui de Mass Hysteria sur www.facebook.com/le.ferrailleur.nantes)

Magali MICHEL.

Demandez le programme !

No One is Innocent: 1er avril.

Dancefloor Disaster: 5 avril.

Mass Hysteria: 8 avril.

La Rumeur: 12 avril.

Corbeaux: 14 avril.

Crimson Daze: 17 avril.

20 seconds falling Man: 19 avril.

Lysistrata: 22 avril.

Papier Tigre: 26 avril.

Grauss Boutique: 28 avril.

Totorro: 30 avril.

Goutez electro: 3 Mai.

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