Le deuxième album d’Auden est enfin en chemin

En janvier, Auden a livré un nouveau titre, prélude à son second album. Livraison intégrale en fin d’année. Enfin… tout court.

Six ans qu’Auden a percé l’écume de notre quotidien et laissé son « Sillon » définitivement gravé dans nos mémoires. Des titres forts, intemporels, habillés avec la précision du scalpel. Et depuis six ans, on se surprend à guetter la suite des « Amours mortes », à rêver à d’autres morceaux de même couleur que « Pour mieux s’unir ». Mais Auden nous laissait telles des Pénélope espérant vainement ce second album qui ne pointait jamais le bout de ses refrains…

Pour autant, le compositeur ne restait pas sans noircir des copies. Warner Chapell l’a sollicité pour de nombreux projets. Il a ainsi travaillé sur les albums de Rose, Zaz, Robi. « Après de nombreuses sessions d’écriture, j’ai eu cette chance assez rare de pouvoir choisir les projets auxquels j’avais envie de collaborer. Ils ont été accompagnés de très belles rencontres. Je trouve qu’il n’y a pas de projet plus abouti que lorsque ces histoires que l’on met en musique se doublent d’une amitié forte. On se parle plus vrai. On se dit mieux les choses et ce que l’on écrit en bénéficie forcément. Avec Rose notamment, c’est ce qui s’est passé. »

Le temps n’ayant rien à entraver, Auden a donc consacré de long mois à d’autres albums que le sien. Il a aussi trouvé du temps pour « Triicks », son side project avec Loane Alone. Un univers musicalement différent de celui dans lequel il nous avait entrainés, plus électro… Mais la patine de la mélancolie, elle, est bien là.

Il y a trois ans, Auden semblait pourtant nous avoir entendu et révélait tout de go boucler l’écriture de son nouvel opus. Mais il existe des océans moins agités que ceux du milieu musical. Le partenariat avec Polydor (Universal) a pris fin et il a fallu reconstituer tout l’équipage avant de remettre la voilure. Et en attendant, bâillonner les sirènes… Jusqu’ à ce début d’année qui a permis de constater que l’horizon était enfin dégagé.

Par la grâce d’une splendide complicité avec Bertrand Belin, Auden a livré un premier extrait de l’album à venir. « Docile » a toutes les caractéristiques chères au musicien d’origine bretonne. La mélancolie et la juste poésie des mots, cette voix à nulle autre pareille. « Bertrand Belin est quelqu’un que j’adore, qui marque le paysage musical français… Alors je l’ai contacté, » confie Auden. « Je lui ai demandé s’il pouvait m’écrire un texte. Deux ou trois jours après, il y avait cette version. » Et donc ce sublime « Docile » qui donne le la à l’album, composé a priori de dix titres.

« Il sera moins chargé que le précédent au niveau de la production. Ce sera moins « chirurgical », moins pesé jusque dans la moindre sonorité et de fait, plus épuré, presque minimaliste, » poursuit le musicien. « Cette mélancolie dont on me parle souvent sera par contre toujours présente… Mais j’ai appris à l’accepter. Il n’y a rien de volontaire ni de préfabriqué, c’est juste moi. Tout simplement. »

Pour l’épauler dans cette aventure, Auden a sollicité le complice des premières heures, Olivier Coursier d’Aaron, rencontré en 2010 à l’occasion des Rencontres, dans le cadre des Trans Musicales de Rennes. Le duo ayant été prolixe et talentueux, les liens humains très forts, il aurait été dommage de ne pas poursuivre. Bastien Burger (musicien, compositeur pour Izia Higelin entre autres) prêtera aussi ton talent. « Ce sont des gens que j’apprécie humainement et que j’admire professionnellement. Je livrerai à Olivier des morceaux déjà très printés et il fera les arrangements. »

Fin mai, un deuxième extrait intitulé « Tiens moi » devrait être révélé. Et à la fin de l’année, l’album voguera vers le public. « La période est compliquée pour chacun; pour nous artistes, cela engendre aussi toutes sortes d’interrogations. Est-ce le moment de livrer des chansons ? Est-ce qu’il faut attendre ? Est-ce que l’on doit profiter du confinement pour reprendre ce qui a déjà été écrit mais repose dans un tiroir… L’y remettre ou après relecture, le laisser exister ? (À titre personnel, je doute énormément. Mais arrive toujours le moment où on sent l’évidence, celle qui invite à lâcher la chanson pour la faire exister telle qu’elle est devenue à ce moment précis.) Je pencherais plutôt du coté de ceux qui livrent des choses, histoire d’égayer et remplir le moment présent. A défaut de concerts en public, il se passe plein de trucs sur internet. Les réseaux fleurissent de Facebook live de très nombreux artistes. Sur Instagram aussi et ça fait du bien. La musique est nécessaire. Elle l’est plus encore dans une période aussi inédite, et assez anxiogène malgré tout, que celle que nous traversons. Alors j’encourage tout le monde à faire son live. »

Et lui en sera-t’il ? « Au risque de surprendre, je réfléchis plutôt à de la musique ambiante. Mais je répondrai bien évidemment présent. » Cette fois, le navire Auden est bel et bien reparti à l’abordage de nos vies. Quelques échos pour traverser le tunnel puis ce nouveau titre qui résonnera en mai avant l’intégrale pour la fin de l’année. Et des concerts dans la foulée. En attendant, il faudra être « Docile ».

Magali MICHEL.

Crédit photos // François Berthier et Gildas Raffenel.

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