Gaël Faye présent pour l’avant première Nantaise de « Petit Pays »

En partenariat avec la FNAC, le Gaumont de Nantes accueillait ce 22 Février l’avant-première de « Petit Pays », réalisé par Eric Barbier à partir du livre de Gaël Faye. Un film bouleversant suivi d’une rencontre chargée d’émotions avec l’auteur du scénario, le réalisateur et Isabelle Kabano, l’une des interprètes principales, impressionnante de justesse et de vérité.

Dans l’après-midi, Gaël Faye avait rencontré les lecteurs à qui son « Petit Pays », roman partiellement autobiographie sorti voilà quatre ans, avait coupé le souffle. Il importe peu de savoir la part de fiction et la part de vécu, ce bouquin magnifique, d’une sincérité sans faille, porté par le regard lucide mais bourré de tendresse de ce gamin dont les parents se déchirent sur fond de guerre civile au Burundi et de génocide des Tutsis, est une leçon de vie. Rarement la fin aussi tragique et prématurée de l’enfance avait été abordée aussi magistralement. Avec la résilience qui malgré tout l’emporte.

Auréolé de nombreux prix (Prix du premier roman français, Goncourt des Lycéens, Prix du roman FNAC, Prix du roman des étudiants France Culture-Télérama), le succès du livre était largement mérité et a permis de porter un autre regard sur Gaël Faye, auteur-compositeur-interprète, rappeur et donc écrivain franco-rwandais déjà salué par le prix Charles Cros des lycéens de la nouvelle chanson francophone.

Vainqueur en 2018 de la Victoire « Révélation scène » de l’année, Gaël Faye passe avec le même succès de l’écriture à l’interprétation et enchaîne les collaborations de Flavia Coelho à Oxmo Puccino, de Ben l’Oncle Soul à Saul Williams.

Aujourd’hui, c’est sans lui que son oeuvre s’exporte. Même s’il a suivi l’élaboration du scénario et rejoint l’équipe de tournage sur place. Ce n’était en aucun cas un manque de confiance, encore moins une main mise. Mais la curiosité d’apercevoir un bout de la mise en images de cette histoire qui est en partie la sienne. Quand on a lu le livre et eu la chance de découvrir un mois avant sa sortie nationale le film réalisé par Eric Barbier, on comprend son émotion. Rien ne manque. Tout sonne vrai. Jean-Paul Rouve, en père de famille, laisse loin derrière lui son personnage des Tuche. Isabelle Kabano, comédienne, née à Bujumbura (comme Gaël Faye), en mère au destin tragique, est saisissante et entraîne dans le tourbillon de ses errances les plus tragiques. Certaines scènes (comme celle où elle raconte à sa petite fille comment elle a retrouvé le corps de ses cousins) laissent deviner un vécu, des souvenirs douloureux de sa propre famille. Isabelle Kabano le confirmera : vingt-quatre ans plus tôt, elle même creusait les fosses communes dans l’espoir d’y retrouver sa grand-mère et sa cousine…) Les autres interprètes, des gamins aux « anciens », la plupart amateurs, sont eux aussi d’une exactitude bluffante. Et c’est une salle entière qui s’est levée pour applaudir longuement réalisateur, auteur et actrice à l’occasion de cette avant-première. Des applaudissements nourris comme pour faire entendre le bruit de la vie qui revient après ces éclats de famille au coeur de l’histoire.

De bonne augure pour la destinée de « Petit Pays », le film. Une jolie manière de saluer Gaël Faye déjà parti pour Brooklyn où il enregistre son prochain album. Des concerts sont déjà annoncés : le 29 mai à la Sirène (La Rochelle), le 30 à Angoulême, le 13 juin à Neufchâtel (entre autres) et puis des festivals dont Les Vieilles Charrues le 18 juillet, les Escales (Saint-Nazaire), le 26 juillet. 

M.M.

Laisser un commentaire

Back to top