Ludi, le regard de Chassol sur les jeux d’enfants

Quand on rencontre Christophe Chassol, on voit tout de suite que l’homme est brillant.
Musicien, compositeur, et surtout génie des ultrascores comme ils les appellent, ces samples organiques sur lesquels viennent s’apposer des musiques, le CV de Chassol est bien rempli. Avec Ludi dont la sortie est prévue le 6 mars, ce film-performance-concert inspiré du du roman d’Herman Hesse « Le jeu des perles », le pianiste montre que la musique ne se résume pas au format habituel du couplet, refrain, couplet. Incroyable moment ce 13 février à l’Embarcadère de Saint-Sébastien-sur-Loire.

Plus connu du grand public comme chroniqueur sur France Musique, Chassol est pourtant une référence pour ses pairs. Né en Martinique, il intègre à quatre ans le conservatoire, à quinze une école de jazz avant de rejoindre le Berklee College of Music de Boston. Tour à tour chef d’orchestre, compositeur pour le cinéma ou la publicité ou encore musicien pour Phoenix et Sebastien Tellier, mais aussi arrangeur pour Solange ou Frank Ocean (rien que ça!), le désormais parisien est un touche à tout de talent. 

Loin des sirènes de la célébrité et de l’argent facilement gagné avec la publicité, Chassol crée ces ultrascores, au départ un simple dossier pour ranger son bureau d’ordinateur… Mais le projet était né. Des reportages en Inde, au milieu du Gange, à la Nouvelle Orléans, le musicien a trouvé sa formule gagnante avec ses discours devenus de véritables mélodies. 

Couper des vidéos, les jouer en boucle et ajouter des partitions par dessus… Il fallait y penser. Bluffant au possible, en ce jeudi 13 février, le public venu le rencontrer en amont de son concert du soir  à l’Embarcadère, la salle de Saint-Sébastien sur Loire (Loire-Atlantique), est interloqué. Avec un extrait de « Phantom du Paradise » de Brian de Palma, un dialogue au départ des plus banals devient une chanson presque réelle avec une phrase samplée et Christophe Chassol jouant par dessus. Your name is not on the music… Mais le nom de Chassol est définitivement inscrit sur ces ultrascores.

Avec « Ludi », le pianiste s’attaque au jeu. Le fait de jouer dans sa globalité. Des jeux d’enfants, aux parcs d’attractions, Chassol choisit ses endroits à filmer afin que se forme un fil rouge, comme la partie idéale, inspirée de celui des Perles de Verre. Le concept de la compétition, pour Chassol, ne sert à rien, alors, dans ses parties à lui, il n’y a ni gagnant ni perdant. 

De ses parties de jeux, le musicien avait d’abord dévoilé « Les anneaux de Saturne » puis « Savana, Céline, Aya pt. 1 & 2 » tourné à Puteaux où les claquements de mains des petites filles dans une cour de récréation deviennent chanson à part entière. 

C’est dans des montagnes russes japonaises que l’on retrouvait Chassol pour le dernier extrait révélé avant le grand jour. L’ ambiance y est vertigineuse, presque hallucinatoire. Ce tour de grand huit est de loin le plus impressionnant des trois trailers. On s’y croirait. 

Le public a pu découvrir en avant première la dernière création de celui que l’on peut largement considérer comme un génie des temps modernes. Avec « Nola chérie » ou encore « Indiamore », on connaissait le talent du compositeur; « Ludi » impressionne encore davantage. Touchant, bluffant, et surtout beau, c’est le film à ne manquer… A vos agendas donc! Le 6 Mars prochain.

Sophie BRANDET.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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