Asa, la vérité des notes, la force des maux

Asa était de retour sur la scène de Stéréolux à Nantes ce 13 Février. Un moment de pure grâce porté par un nouvel album très fort.

Douze ans après des débuts fracassants auréolés du Prix Constantin saluant un premier album magnifique, Asa (prononcez Asha) reprend la route. « Lucid », son cinquième opus, percute fort et frappe toutes les émotions avec justesse. Sur scène, la jeune femme n’a jamais semblé aussi à l’aise. Entre pudeur et vérités.

Asa est sans conteste de ces artistes à part, qui taillent leur chemin sans amertume ni regrets, armés de leur seule envie de créer et de faire entendre leur voix. Quitte à ce que les médias ne soient pas toujours aussi disponibles. Dans une époque kleenex où le formatage prend souvent le dessus sur le talent, il n’est pas facile pour un artiste de ne pas se laisser happer par les sirènes vantant d’autres accords. De résister et de ne surtout pas renoncer. Par chance, Asa a toujours tenu malgré un parcours à chaos variables mais au talent jamais démenti.

A vingt-quatre ans en 2006, lorsque la franco-nigériane signe pour son premier album au titre éponyme, ses chansons en anglais et en langue yoruba, accompagnées en autres par Malik Mezzadri, le célèbre flûtiste de jazz, le succès ne se fait pas attendre. « Jailer », l’un des morceaux phares, devient le tube que tout le monde reprend. Dans la foulée, elle livre « Live in Paris » en 2009 et surtout le sublime « Beautiful Imperfection » un an plus tard puis « Bed of stone » en 2014. 

Adulée par son public, respectée par ses pairs, Asa collabore avec des artistes aussi différents que Tiken Jah Fakoly ou Yannick Noah. Elle refuse les chapelles, les enfermements et garde l’envie intacte. Bonne pioche puisqu’en 2015, « Bed of Stone » figure parmi les nominations aux Victoires de la Musique catégorie « Musiques du Monde ».

Mais c’est sur scène que la jeune femme est sans doute la plus impressionnante. « Lucid », sorti à l’automne dernier, est un album qui porte au plus près sa générosité et sa vérité. Tout sonne juste et entraine dans un tourbillon, entre rires et larmes, amour et désespoir. Pas de guimauve ni de paillettes. Juste cette voix si reconnaissable qui transporte des sentiments par rafales. 

Parfait mélange de soul, reggae et folk, l’album est riche de titres forts. Quatorze morceaux dont les déjà fameux « Good Thing » et « The beginning » auxquels la musicienne donne vie avec force, showgirl incontestablement mais toute en sobriété. Comme si « ne pas en faire trop » restait son credo. Avec ses quatre musiciens, un décor fait de lights imaginatives, Asa déroule les morceaux et installe une forme de conversation avec son public, comme les confessions d’une vie qui pourraient être celles de chacun. Et le partage est total. D’une force rare. Il est des concerts qui laissent des traces. Celui là en était incontestablement.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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