ANGELE, DERNIERS PETITS TOURS AVANT DE SE FAIRE LA BELLE

Angèle repassait par Nantes en ce début février. Un concert impressionnant dans un zénith plein à craquer devenu chorale d’un soir.

Il y a deux ans, encore quasiment inconnue du public français, Angèle se glissait dans la programmation du Printemps de Bourges et laissait le public bouche bée. « Retiens son nom ! Dans les mois qui viennent, elle va exploser ! Tu verras, le pari est sans risque, » assuraient les connaisseurs. Le pari semblait effectivement sans risque… Il n’a pas fallu longtemps à la jeune belge pour enchaîner les concerts dans des salles de plus en plus grandes, se produire devant les dizaines de milliers de spectateurs des festivals et faire de son premier album un succès commercial comme on en voit peu.

De vidéos souvent déjantées sur Instagram à cette série de concerts à l’AccorHotels Arena de Paris (Bercy) sold out depuis des mois, qu’il est incroyable ce parcours. Il paraitrait presque loin ce fameux concert au Printemps de Bourges quand on la voit en ce soir du 6 février sur la scène du Zénith de Nantes (où la salle en capacité maximale, 9.000 places, aurait pu accueillir trois fois plus de fans). 

Accompagnée par six danseuses hip-hop, Angèle a tout d’une performeuse qui ferait le show depuis des lustres. Une aisance évidente, des regards complices avec le public. Elle se glisse toujours derrière son piano, montrant là aussi qu’elle a appris les gammes dans les meilleurs conservatoires de Bruxelles (elle pourrait largement donner des concerts sur sa seule interprétation des meilleurs morceaux jazzy) mais elle sait aussi que le show a besoin d’autre chose, d’une scénographie originale sur laquelle là encore elle fera la différence.

Alors même ceux qui ne sont toujours pas conquis ne peuvent le nier, coté spectacle, Angèle ne mégote pas. Les décors ont grossi au fur et à mesure que les salles prenaient de l’ampleur. Pas une question de taille mais d’originalité. Angèle est aussi jolie qu’elle est fine mais elle arpente la scène avec l’énergie d’une marathonienne. Les chorégraphies sont modernes (parfois surprenantes), elle se fond parmi les six danseuses sans faux pas. Et la set list, vingt titres, tous des tubes, de « La Thune » à « J’ai vu », en passant par « La loi de Murphy », « Jalousie », « Balance ton quoi », « Flou », Tout oublier » , « Perdus » (rien que des tubes on vous dit !) transforme la salle en immense karaoké. Presque trop même pourrait-on dire car plus de la moitié du temps, c’est cette chorale d’un soir que l’on entend bien plus que l’artiste. Mais là est sans doute la rançon d’un succès aussi phénoménal que récent. 

Dans quelques jours, Angèle disparaitra puis reviendra le temps de quelques petits tours dans les principaux festivals de l’été. Puis elle s’éclipsera à nouveau pour une durée indéterminée le temps de composer son prochain opus. Le temps de vivre pour elle aussi sans doute et de ne pas se laisser happer par ce tourbillon. Le temps peut être également de laisser reposer son histoire et, en toute intelligence, comprendre que la surmédiatisation pourrait aussi finir par jouer contre elle. Ne pas risquer le « trop », écrire son album tranquillement, loin des regards. Et créer le manque.

« Brol » a été auréolé de tous les ors et platines. Le second connaitra t’il la même histoire ? Réponse dans quelque mois. En attendant, cette courte mais exceptionnelle success story, la plus incroyable des histoires belges, poursuit sa route.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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