Mika au Zénith de Nantes: l’enfant terrible a le sens du show

Il l’a dit et répété : « Ce soir, c’est vendredi, dans quelques jours c’est Noël. Alors on a tout notre temps et on va faire la fête. » Et la fête, il l’a créée avec un sens du show et une énergie impressionnants. En plus d’une heure trente de concert sur la scène du Zénith de Nantes, Mika a livré une performance joyeuse, dansante et haute en couleurs.

Il était probablement temps qu’il revienne à sa véritable passion, à ce qui fait de lui cet artiste un peu à part, trublion à la folie créatrice, à la voix hors norme et à l’énergie toujours positive et pleine de bonne humeur. A force de le croiser le samedi soir en juré de The Voice, l’émission à succès de TF1, certains en auraient presque fini par oublier combien Mika était aussi et avant tout un compositeur, chanteur de grande classe, cet artiste franco-libanais dont les succès ont résonné un peu partout dans le monde. 

En reprenant la route avec son « Révélation Tour », bâti autour de « My name is Michael Holbrook », opus sorti en octobre dernier, le trentenaire remet les pendules à l’heure et prouve que «  Relax (take it easy) » ou bien « Grace Kelly » voilà plus de dix ans, n’étaient pas le fruit du hasard. Pas plus que son succès international.

Dopé à l’envie, impatient à l’idée de ce retour sur scène, Mika a conçu un show sans temps mort. L’histoire qu’il raconte est la version revisitée de sa propre vie, remplie d’humour, de second degré mais aussi de tendresse. De chaque coté de scène, entre une avancée aux couleurs gay friendly, ceux qui sont sensés représenter ses parents : un gorille femelle avec son collier de perles et un mâle version pile que l’on pourrait penser échappé de l’atelier de Rodin! Le ton est donné. Les premiers accords d’ « Ice Cream » et « Dear Jealousy », extraits de son nouvel opus, lancent le tourbillon de folie dans lequel il entrainera le public sans jamais le lâcher.

« Relax » fait chanter et danser dans le moindre recoin du Zenith. Le temps dehors est maussade, la période est compliquée pour des dizaines de raisons mais Mika a la bonne humeur si contagieuse qu’il réussit l’exploit de tout mettre à distance l’espace de cette soirée.  

Lorsqu’il descend dans les travées, parcourant la fosse comme les gradins pour chanter « Big Girl (you are beautiful) », la complicité avec le public se manifeste encore plus fort. Ultra souriant, généreux, sa longue silhouette qui frôle les deux mètres déambule en musique, immortalisée par des centaines de smartphones. Les yeux des plus jeunes pétillent comme s’ils avaient croisé le Père Noël.

« Underwater » livre ses envolées lyriques. La voix est unique. La partition, mélodie puissante et toute en émotion, frappe fort. Le moment est magnifique. Tout comme « Happy ending » pour lequel le chanteur réussira l’exploit, dans l’immense zénith nantais où le silence s’est installé, de reprendre les derniers couplets a capella. On ne peut qu’admirer et saluer. Impressionnants et magiques aussi ces passages réguliers devant le clavier d’un piano blanc cerné de lumières et s’envolant dans les airs…

« Love Today » et « We are golden » donneront l’occasion de repousser vers le haut le curseur de la joie. Mika l’élégant a troqué son costume saumon et sa chemise blanche à jabot pour un costume bleu ciel pour finir sur l’incontournable « Grace Kelly », la chanson qui lui a fait rencontrer le succès. « Tiny Love » et « Stay High » boucleront cette soirée. Une  parenthèse enchantée où la joie avait pris toute sa place parmi les notes.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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