Izia ouvre les portes de sa magnifique Citadelle

Izia a offert au public nantais de Stéréolux une soirée très dense, entre bonheur, nostalgie et manque. Pour la rejoindre vers sa Citadelle où flottait la bannière de l’ Amour, des ponts chargés bâtis à l’émotion.

Elle est entrée dans la lumière habillée de son sourire, enveloppée dans sa combinaison en lurex, chemisier noué sous la poitrine. Lumineuse, presque magnétique. Et le public de Stéréolux lui a réservé une ovation avant même qu’elle fredonne ses premiers refrains. Izia a repris la route avec «Citadelle», son quatrième opus arrivé en octobre dans les bacs et elle était attendue avec un enthousiasme qui a du éteindre ses doutes éventuels : des semaines que la date nantaise était sold out.

Il est vrai que cet album a quelque chose de particulier, une sorte de passerelle posée entre deux émotions majeures : la mort du père tant aimé, le grand Jacques Higelin (le 6 avril 2018), et la naissance de son premier enfant, le 1er août suivant. Réfugiée dans la cité corse de Calvi, là où la jeune femme a ses repères familiaux, Izia y a donc conçu « Citadelle », un disque magnifique qui conte le tumulte provoqué par ces sentiments contraires, ces bouleversements absolus.

S’il est manifeste que Jacques Higelin se retrouve derrière les superbes « Calvi », « Idole » ou le bouleversant « Dragon de métal », qui évoque avec une tendresse rare le manque de ce père unique, Izia n’a pas pour autant tissé un album larmoyant. Ce ne serait pas la marque familiale de la jouer plaintif. Dans la tribu Higelin, depuis le chef de famille jusqu’à la benjamine en passant par Arthur H. oui Ken Higelin, les deux grands frères, le pied de nez est une évidence, la politesse du désespoir parfois mais aussi une manière élégante de ne jamais perdre de vue la vie et l’amour quand bien même rôderait la mort.

Pas de mélo non plus dans la partition. Avec l’appui de son compagnon, le musicien Bastien Burger, Izia a fait évoluer ses sonorités et se glisse avec aisance dans une electro-pop inattendue. De nouveaux rivages qui lui vont bien. Le déhanchement est joyeux et l’énergie inaltérable. Il y a une vraie envie, un plaisir manifeste à se retrouver devant ce public qui la soutient depuis ses débuts.

Si certains prenaient la gamine pour une « fille de » voilà dix ans, quatre albums plus tard, elle s’est définitivement affranchie des critiques acerbes et s’affirme comme une artiste avec laquelle il faut désormais compter. Elle sera d’ailleurs dans de nombreux festivals cet été dont les Francofolies de la Rochelle. Une manifestation où plane l’ombre tutélaire de son père tant de fois applaudi sur la grande scène de Saint-Jean d’Acre mais où la jeune femme prouvera, comme elle l’a fait devant le public nantais, qu’elle n’est pas la « gardienne du temple ». A l’aube de ses trente ans (qu’elle soufflera en septembre prochain), Izia trace sa route. Il n’y avait pas de citadelle imprenable: Izia a eu raison de croire qu’un jour elle existerait par son seul prénom.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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