Dernier abordage français pour Coeur de Pirate

Il y a dix ans, Coeur de Pirate (Béatrice Martin à la ville) faisait une entrée fracassante, tous tatouages dehors, avec sa voix fluette, son talent de pianiste et des chansons qui parlaient de sa vie, de ses erreurs et de ses envies. Des centaines de concerts plus tard, elle a accroché des millions de fans qui suivent avec fidélité les errances de ses coups de coeur, une vie personnelle surmédiatisée. Coeur de Pirate bouclait à Nantes ce 30 Octobre sa tournée française.

Difficile d’imaginer que la jeune femme qui s’assoit sur les marches au bas et au sommet desquelles jouent ses quatre musiciens, est une jeune femme de bientôt trente ans. Dans sa robe courte vermillon, converse immaculée aux pieds, elle a gardé l’allure adolescente. Et pourtant, Béatrice Martin a laissé toute sa place à Coeur de Pirate, artiste désormais auréolée de nombreux disques d’or, forgée par des milliers de kilomètres à travers le monde pour passer de scène en scène. 

Dix ans. Dix ans de tout. Dix ans de vie, avec ses hauts et ses plus bas, creuset dans lequel elle puise la matière de ses chansons. Sans tricherie. Sans faux semblant. Avec la désarmante vérité des enfants et une émotion non feinte. C’est sans doute cette transparence à peine voilée que le public apprécie et la raison pour laquelle il la suit avec fidélité.

Ce soir là, sur la scène de Stéréolux à Nantes, Coeur de Pirate boucle une longue tournée à travers la France avant de poursuivre ailleurs en Europe. Elle a toujours affirmé ne pas savoir le chemin que prendrait sa carrière mais elle se laisse emporter avec fougue sur les traverses de ses dates.

En plus de quatre-vingt dix minutes, c’est tout le parcours qui défile, les titres les plus emblématiques de ses cinq albums qui se succèdent, de quoi ravir une assistance (dont beaucoup de jeunes enfants) toute acquise à ses partitions. « Combustible », « Ensemble », « Les amours dévoués », « Francis » bien sûr ou bien encore « Drapeau blanc », la salle est comble et joue les choeurs discrets mais enthousiastes. 

Lorsque résonnent les premiers accords de la très belle « Place de la République », c’est comme un vent d’émotion qui balaie les travées. Avec sa voix incomparable, derrière son piano à queue, Coeur de Pirate installe l’émotion avec une force tranquille à laquelle personne ne saurait résister. Les chagrins bien écrits ont toujours quelque chose d’universel. 

« Saint Laurent » ne pouvait pas manquer ce rendez-vous, « Oublie moi », Comme des enfants » non plus, qui laissent « Dans la nuit » et « Prémonition » boucler ce rendez-vous mêlant subtilement les émotions les plus contrastées de ce moment conclu par une ovation finale, salle debout. 

L’accueil mitigé réservé à « En cas de tempête, ce jardin sera fermé » sorti l’an dernier mettra-t’il un frein à de nouvelles pérégrinations ? L’avenir le dira. Mais son public n’a manifestement pas envie de lui lâcher la main.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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