ANGÈLE EMPORTE LE PUBLIC DU PRINTEMPS DE BOURGES !

Véritable phénomène, adoubé par les médias comme par le monde pourtant pas toujours confraternel de la musique, Angèle foulait sa première scène berrichonne ce 26 avril. Et le moins que l’on puisse dire est que la jeune belge a convaincu avec une facilité déconcertante.

Chaque édition du Printemps de Bourges voit fleurir des artistes dont la croissance fulgurante ne s’explique sans doute que par le meilleur des terreaux, l’authenticité d’un talent que rien ne saurait plus arrêter. Ce fut le cas avec Vianney, dont le premier passage au Printemps en 2015, en ouverture de Yael Naïm, est resté dans les mémoires. Comme celui d’Eddy de Pretto en 2017, qui figurait alors dans la sélection des Inouïs. L’édition 2018 sera marquée par la grâce d’Angèle. La facilité avec laquelle ce petit bout de femme haut comme trois pommes, à la silhouette déliée mais si gracile, a embarqué le public du Palais d’ Auron, un soir où l’affiche misait aussi sur Eddy de Pretto (en plein bond dans l’espace de la reconnaissance et de la notoriété) et Charlotte Gainsbourg a laissé sans voix (sans mauvais jeu de mots).

Elle ne s’est pas démontée. Avec ses trois musiciens, petit haut immaculé sur large pantalon couleur gazon, drapé dans un kimono fleuri rapidement abandonné, la jeune artiste belge de vingt et ans, a bondi, parcouru la scène, montré ses talents de pianiste autant que le jeu de sa voix. Le timbre est fluet mais s’impose naturellement, la gestuelle dynamique mais sans excès racoleurs. Angèle est une enfant de la balle et connaît les sens à s’interdire pour réussir une présence sur scène. La faute probable à un père musicien, Marka, sorte d’Elvis Presley belge, très connu et reconnu de l’autre coté de la frontière, un père que la jeune fille qui a suivi un cursus musical complet, a accompagné au piano deux années durant. 

Impossible de ne pas citer non plus sa mère, Laurence Bibot, star du stand up, aussi drôle que séduisante, et Roméo Elvis, le grand frère qui grimpe quatre à quatre les marches de la renommée du rap. Angèle, née Van Laeken, a la chance en héritage, musicalité, sens du phrasé et beauté dans les gênes mais elle a aussi très vite appris que rien ne remplacerait jamais le travail. 

Alors loin de tout miser sur l’aspect « jolie blondinette », elle a misé sur d’autres codes pour ne pas finir en déroute comme trop de ses congénères dans un milieu où le succès ne dure parfois que le temps d’une chanson. Travaillant ses partitions, scrutant chaque son de ses paroles, misant sur l’authenticité de son sens de l’autodérision, elle a bouté le duckface de son Instagram (où la suivent près de 240.000 followers) et préféré offrir des vidéos parfois gentiment barrées, toujours drôles, jouant sur les maux et les degrés, ne cherchant pas la séduction 2.0 à coups de filtres ou de poses dans des situations plus ou moins fictives. Et le public a suivi, lui qui était venu par curisioté après l’avoir découverte dans « La loi de Murphy », chanson en franglais où se succèdent les temps et contretemps d’une journée bien pourrie. Le clip (sorti il y a six mois) a déjà été vu près de huit millions de fois. « Je veux tes yeux », dernier succès en date, devrait connaître les mêmes sommets puisqu’il a déjà engrangé trois millions trois cent mille vues. 

Aussi à l’aise dans son répertoire naissant que dans les reprises qui l’accompagnent sur la route des scènes, Angèle livre une version émouvante du « Bruxelles » de Dick Annegarn, ce qui ne cesse de surprendre les sceptiques qui la pensaient encore trop jeune pour pareille histoire.

Cette pause tendresse bouclée, la jeune femme quitte son clavier pour faire bouger la foule et les premiers rangs, qui l’attendaient bien avant son entrée sur scène, ont l’enthousiasme communicant. 

Il y a les « it girls » qui ne font rien et se contentent de poser toutes marques dehors pour demander à être suivies. Et puis il y a les jeunes femmes qu’il ne faut surtout pas perdre de vue car elles ont le talent en bandoulière. Angèle aime bien mettre son doigt dans son nez. Si, si, elle fait ça et même que ça l’amuse. Et même que c’est drôle cette façon d’agir en enfant pas toujours bien élevé. Angèle n’en est qu’à son (premier) Printemps. La récolte du premier album à venir s’annonce abondante. C’est beau à voir un fruit encore naissant mais déjà tellement mûri par le talent.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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