France de Griessen: « Orphéon », un troisième opus rock, folk et ancré dans la nature

Quand certains sortent des albums avec la régularité du métronome (pour des raisons floues et  pas toujours artistiques), d’autres préfèrent vivre et puiser dans ce creuset l’encre de leur projet. France de Griessen a toujours été de ceux là. Mais ne vous fiez pas à ses apparences, la longue dame blonde a la guitare folk punk et surtout pas naïve. Quand le vécu n’échappe pas aux tourments, savoir que le roseau finit toujours pas l’emporter est un atout dans le jeu de la résistance. Et permet au final de livrer des albums d’une poésie et d’une force impressionnantes. Le troisième opus de l’auteure-compositrice-interprète belge est de ceux là.

Il s’appelle « Orphéon », mot qui sonne joli et qui interpelle. Alors on découvre que le mouvement des orphéons était un rassemblement festif de chorales, masculines à l’origine puis mixtes, non religieuses, composées de chanteurs de toutes classes sociales. Un mot qui va parfaitement à France de Griessen, elle, artiste par essence mais qui ne vivant pas dans une tour d’ivoire, milite au quotidien pour l’égalité, le respect des droits des plus faibles, la cause animale. « Ce mélange de joie de vivre, d’itinérance, de rassemblement populaire et de mixité pour faire voyager la musique…  C’est une idée forte qui a fait écho et forcément, je dirais presque par évidence, ce mot s’est imposé pour être le titre de l’album ».

Sept ans après « Electric Ballerina », trois ans après « Saint Sebastien » et ses courants  émotionnels très forts, le nouvel album de France de Griessen marque une sorte de rupture de ton. Bien sûr, il y a toujours cette voix reconnaissable, ce sens du verbe et ces histoires soigneusement contées. Mais il est frappé d’une évolution marquante dans la musique comme dans la production. La jeune femme souhaitait un disque qui reflète ses envies de percussions accrues, des sons organiques. Elle voulait créer un folk différent, proche de la nature. Elle a réussi au delà de ses ambitions.

« Pour ce nouvel album, j’ ai eu envie de quelque chose de plus tribal. Ce n’est pas de la« world music ». Je voulais réunir un maximum de percussions existantes et les utiliser avec la guitare folk comme s’il s’agissait d’instruments rock. Et que l’ensemble dessine un lien entre nous, les humains et les esprits de la nature.»

Il y a plusieurs années à Los Angeles, France de Griessen avait croisé Jamie Candiloro, réalisateur, musicien, percussionniste renommé, ingénieur du son, ayant travaillé avec R.E.M., Courtney Love, Willie Nelson notamment. « Je savais qu’il saurait parfaitement traduire mes envies. Alors je lui ai adressé quelques bandes démos pour vérifier quand même que mes idées lui parlaient. La synchronisation de nos agendas a pris du temps mais en deux séjours en Californie et dix jours chez lui au studio « Banana Chicken », nous avons réussi ces dix titres teintés de la couleur exacte que je leur souhaitais. Jamie Candiloro est un très grand ingénieur du son, une très belle personne. Je me sens réellement chanceuse d’avoir pu travailler avec quelqu’un comme lui. C’était une expérience très forte et unique car nous n’étions que nous deux. Je chantais , je jouais les guitares et quelques percussions. Jamie est derrière les percussions, la basse, la mandoline et divers autres instruments additionnels…

« Orphéon » est un album lumineux, inspiré, porteur de cet idéalisme dont ne se sépare jamais France de Griessen. Elle est une artiste « vraie », qui ne triche jamais et ne livrera jamais ses créations (elle a plein d’autres cordes à son talent, comme le dessin par exemple qu’elle décline en tous formats et expose régulièrement) que pour « trouver les gens pour qui ce que j’ai à partager peut apporter du sens, des émotions, une forme de beauté, de la poésie, une transformation. Car l’existence de ces personnes m’apporte autant en retour. La musique et l’art sont une expérience qui, lorsque nous tombons sur des artistes auxquels nous sommes sensibles, nous permet de comprendre « clairement des choses complexes », comme le précisent les dictionnaires. C’est une expérience unique, une transe salutaire. Quelque chose de magique. »

Certains la disent volontiers splendide héritière du punk dans sa signification la plus profonde. Sans doute. En « passeur », elle s’inscrit aussi dans la lignée de Bob Dylan, dans la musique comme dans les engagements, le rock en plus. Une sorte de folk sauvage mais parfaitement maitrisé. Un mouvement musical digne des meilleurs Orphéons.

Crédit photos // Richard Dumas.

A noter qu’ « Orphéon » (AAM Editions // disponible à partir du 20 avril), sous sa forme physique n’est pas un simple CD mais un superbe livre-disque (le livre largement illustré, de photos, textes, dessins et aquarelles est le carnet de route de cette aventure musicale ter poétique). Il sera disponible dans les librairies, les sites de vente en ligne et une sélection de disquaires. Pour sa version digitale, « Orphéon » est disponible sur Bandcamp.

– France de Griessen se produira en show case le 25 Mai à 18h, chez Gibert Joseph Music (34, Bld St Michel 75006 Paris) et d’autres rendez-vous sont prévus en avril et juin. Toutes les infos sont disponibles et mises à jour sur son site www.francedegriessen.com. – 

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