CHINESE MAN, LIBRES VOYAGEURS

Chinese Man a fait escale au Zénith de Nantes ce 28 octobre. Un show énorme, une première date avec la bande au grand complet et des « partners in crime » aussi prestigieux que le Quatuor Elixir et Mariama. Impressionnant. 

Cinq ans après « Racing with the Sun », un album qui avait fait l’unanimité, Chinese Man a frappé tout aussi fort en février dernier avec son nouvel opus, « Shikantaza », conçu entre Marseille (la ville mère), l’antre ardéchoise du groupe et… Bombay. Le premier emportait dans un voyage à rebondissements et jouait à saute refrains sur tous les continents, celui ci conduit vers davantage d’introspection, entre grande modernité et ancrage dans le respect des traditions. Sur scène, le groupe réussit le mixage spectaculaire de ce double périple. Et le spectateur reste bouche bée, oreilles tendues vers ces flows impressionnants et ces images ininterrompues qui s’enchainent sur les écrans géants.

A les regarder évoluer dans le cadre de cette nouvelle tournée, plus de treize ans après leur formation dans les confins d’Aix-en-Provence, une petite décennie après le début de la vraie reconnaissance, on ne peut s’empêcher de penser que les membres de Chinese Man n’ont sans doute jamais été aussi performants et maîtres de ce qu’ils ont envie de partager. Textes léchés, compositions ultra soignées (dix sur seize sont exclusivement instrumentales dans le dernier disque en date), rythmes improbables qui ne laissent rien au hasard et surtout aucune place au répit, avec « Shikantaza », le groupe a effectué un retour vers ses sources orientales. Et chacun se laisse prendre doucement par cette invitation au lâcher prise, à la cueillette de l’instant présent,. Au carpe diem selon les us indiennes.

On savait depuis la précédente tournée au moins, que le groupe avait grandi et réussi à faire de ses concerts des shows énormes qui ne s’expliquent pas par la seule originalité de ses vidéos. Celle là ne fait que confirmer. Les  musiciens dégagent davantage de pêche, prennent un plaisir accru qui diffuse inévitablement dans l’assistance.

Plus hip hop que précédemment, plus ancrée « musiques urbaines « aussi souvent, l’énergie no limit n’exclut pas pour autant les plages plus mélancoliques, plus lourdes de questionnements. Pour ces morceaux où violons et violoncelle s’inscrivent en majeur sur les partitions, le quatuor Elixir a rejoint Chine Man. En chemise traditionnelle de soie rouge, les musiciennes imposent leur maestria et offrent toute leur ampleur à ces plages uniques entre deux moments couleur reggae, funk ou rap.

Le jazz n’est pas non plus oublié. Ce soir là au Zénith de Nantes, le public a eu la chance d’entendre la superbe Mariama et son timbre magnifique, un temps suspendu qui prenait tout son sens à cet instant du concert.

En près de deux heures de show, Chinese Man n’a jamais failli avec son objectif d’excellence. Le son était excellent et parfaitement dosé (ce qui n’est pas toujours le cas avec ce genre de musique, malheureusement). Les 3 DJs n’ont rien lâché. Youthstar, Taïwan MC et Illaman se sont répondus dans des joutes verbales à couper le souffle et leurs invités ont ajouté les notes supplémentaires pour faire de ce moment un voyage assez incroyable. Un bel hommage aux groupes libres et aux labels indépendants.

Magali MICHEL.

Crédit Photos // Sophie BRANDET.

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